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Sujet: LEONARD COHEN Sam 7 Juin - 12:24
Biographie de Leonard Cohen par Georges Lang, 1997 avec la participation de Leonard Cohen.
Lorsque l’on évoque Leonard Cohen, le monde se partage immédiatement en deux camps : les contres, les indifférents, ceux qui le trouvent triste et barbant, rasant, et les pour, les admirateurs, ceux qui voient en lui un grand auteur-compositeur, un spécimen unique dans l’histoire du rock. Mais dans un cas comme dans l’autre, Leonard Cohen ne laisse personne indifférent, ce qui est sans doute la marque de son immense talent. Un talent dont la parution du CD More Best Of, un portrait de l’artiste couvrant les années 84 à 97 permet une nouvelle fois de mesurer toute l’étendue
Leonard Cohen est né en 1934 dans la province du Québec, à Westmount, un quartier riche et anglophone de Montréal, d’une famille juive russo-polonaise. Il est très tôt passionné par la littérature et la poésie où ses goûts ne se limitent pas uniquement aux auteurs anglo-saxons.
Leonard Cohen :
Quand j’étais jeune j’ai commencé à lire vraiment avec les romanciers français comme Camus et Sartre comme tout le monde ! Je lis très peu de poésie maintenant, mais j’étais très influencé par quelques poètes. Parmi eux Federico Garcia Lorca, le grand poète espagnol, William Butler Yeats, le poète irlandais et… la Bible, les poésies de la Bible, beaucoup. Real Audio
A 17 ans Leonard Cohen entreprend des études d’histoire à l’université de Mc Gill, tout en écrivant ses premiers poèmes. Parallèlement il s’intéresse déjà à la musique et il participe à la formation d’un trio de country-musique et de folk "Les Buckskin Boys". En 1956, il publie un premier recueil de poèmes Let Us Compare Mythologies grâce à une souscription lancée dans le journal de l’université : le McGill News Paper ; d’une manière générale le livre est bien reçu, même si ses ventes ne dépassent pas les quelques centaines d’exemplaires.
En 59, avec l’aide d’une bourse qui lui est allouée par les affaires culturelles du gouvernement canadien, Leonard Cohen se rend en Europe.
Leonard Cohen séjourne quelques temps à Londres, puis en Grèce où il loue une maison sur l’île d’Hydra qui n’est pas encore le haut lieu touristique qu’elle est devenue aujourd’hui. C’est à l’époque un refuge très apprécié des artistes qui y trouvent l’accueil et le calme propice à l’inspiration. C’est à Hydra où il va finalement séjourner 7 ans que Leonard Cohen écrit Flowers for Hitler un recueil de poèmes très controversé qui paraît en 1964 ou il raconte notamment sa rencontre avec Marianne Ihlen, sa compagne dans une librairie de l’île. Il publie aussi deux romans : The Favorite Game en 63 (un portrait d’un artiste jeune juif dans Montréal) et Beautiful Losers en 66, décrit comme une désagréable épopée religieuse d’une grande beauté. Lors de la publication de Beautiful Losers, le Boston Globe écrit : "James Joyce n’est pas mort. Il vit à Montréal sous le nom de Leonard Cohen", ce qui est certes élogieux mais ne nourrit pas son homme car le livre se vend mal; 3000 exemplaires au États-Unis et un millier au Canada et Leonard Cohen voit bien qu’il lui faut trouver une autre voie pour gagner sa vie. La musique s’impose tout naturellement à Cohen car depuis son enfance et au travers de son expérience avec les "Buckskin Boys", elle a toujours occupé une place de choix dans sa vie.
Leonard Cohen :
J’aimais bien toutes les oeuvres de Segovia et les guitaristes flamenco, les folkloriques portugais, les fados, toutes les chansons du Moyen-Est et naturellement les musiques pop dans les juke-box de tous les cafés de Montréal. Real Audio
Leonard Cohen décide de se rendre à Nashville pour tenter d’enregistrer un album de country-western. En chemin il fait halte à New York où il découvre Joan Baez, Bob Dylan, Phil Ochs, Joni Mitchell et Tim Buckley. Cohen se met alors à fréquenter Greenwich Village où il tente de placer ses chansons auprès des artistes de la scène folk et c’est ainsi qu’il rencontre Judy Collins.
Leonard Cohen :
J’ai rencontré Judy Collins à New York un certain moment et j’ai joué quelques chansons pour elle et elle m’a dit qu’elle n’aime pas exactement … elle aime ce que je fais mais si j’ai quelque chose dans l’avenir… Quand j’ai terminé Suzanne je lui ai téléphoné de Montréal et je lui ai chanté cette chanson et elle a dit qu’elle veut l’enregistrer cette chanson et elle m’a aidé beaucoup.
La version de Suzanne qui figure sur l’album In My Life de Judy Collins permet à Leonard Cohen de se faire un petit nom sur la scène new-yorkaise. Il rencontre ainsi Allen Ginsberg et Andy Warhol, ainsi que des musiciens comme Lou Reed, Jakson Brown et Nico. Il fait aussi la connaissance du producteur et découvreur de talent John Hammond qui l’aide à signer chez C.B.S., la maison de disque de Bob Dylan. Un premier album, Songs Of Leonard Cohen paraît en janvier 68. Pour les Américains, Songs of Leonard Cohen n’est que l’œuvre d’un auteur relativement connu qui veut prouver qu’il sait aussi écrire des chansons. Pour les Européens c’est une découverte totale puisque aucun de ses livres n’a encore été traduit. L’album parfaitement maîtrisé pour une première oeuvre est une suite de classiques, de Suzanne à So Long Marianne en passant bien sûr par Sisters Of Mercy.
.../... :star:
Nine Admin
Nombre de messages: 8718 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: LEONARD COHEN Sam 7 Juin - 12:26
Leonard Cohen est à la mode
et sa maison de disques le presse de réaliser un second album, il choisit de le faire à Nashville qui est, rappelons-le, le but initial de son passage à New York, et c’est Bob Johnston qui a déjà à son actif des albums de Simon et Garfunkel, Johnny Cash et Bob Dylan qui est chargé de la production. Le résultat: Songs From A Room qui est publié en avril 69.
Le premier album de Leonard Cohen a reçu un accueil enthousiaste en Europe où des chansons comme Suzanne, Sisters Of Mercy et So Long Marianne sont mises au rang de classique. Un an plus tard, Songs From A Room, son deuxième album qui s’ouvre sur Bird On A Wire ne déçoit pas. Cohen y aborde des problèmes comme la religion, l’histoire, l’engagement politique à coté du suicide et de la drogue. C’est un énorme succès en Angleterre où l’album se classe N°2 ainsi que dans les pays francophones où l’on s’attarde sur sa version bilingue de la Chanson du Partisan d’Anna Marly.
Leonard Cohen effectue sa première tournée Européenne en 70 accompagné du groupe "The Army" au sein duquel on remarque un certain Charlie Daniels au violon et à la guitare acoustique. A Aix en Provence on frôle la catastrophe lorsque Cohen qui, rappelons le, vit en Grèce se voit traité de fasciste par des spectateurs qui lui reprochent de cautionner le régime des colonels
Leonard Cohen :
J’ai pas passé beaucoup de temps quand les colonels étaient là ; j’ai passé du temps dans les années 60 la plus part du temps, mais j’avais des amis là-bas pendant tout ça et j’avais une vie, c’est pas une question de supporter le untel ou quelque chose comme ça !. Real Audio
A l’île de Wight, Leonard Cohen fait un triomphe dont on retrouve un extrait sur l’album Songs Of Love And Hate en avril 71. Entre temps il s’est installé à Nashville. C’est donc très logiquement dans cette ville qu’il a enregistré le disque avec toujours Bob Johnston aux commandes et le groupe "The Army" pour l’accompagner. C’est la première fois qu’apparaissent des arrangements de cuivres et de cordes. Elles sont l’œuvre de Paul Buckmaster dont Leonard Cohen avait apprécié le travail sur un album d’Elton John. Songs Of Love And Hate contient quelques grands titres de Cohen comme Famous Blue Raincoat ou Joan Of Arc. Pourtant l’album s’attire les foudres d’une certaine critique qui lui reproche son manque de sobriété musicale
Leonard Cohen prend alors quelques distances avec la chanson et en 73, Columbia doit se contenter de publier un album public Live Songs où l’on trouve quand même 5 inédits ! S’il reste absent de la scène musicale, Cohen n’en est pas moins actif mais dans d’autres domaines. En vrac, il publie un nouveau recueil de poésies The Energy Of Slaves, il fait deux enfants : Adam et Lorca à sa compagne Suzanne, il quitte Hydra et il rejoint Israël en pleine guerre du Kippour par devoir et comme alibi pour s’éloigner de la maison confie-t-il ! On retrouve d’ailleurs un aspect guerrier dans le nouvel album de Cohen New Skin For The Old Ceremony qui paraît finalement en septembre 74. Ici les chansons ont pour titre Field Commander Cohen, Who by fire, This is a War, ce qui révèle une certaine humeur belliqueuse. On retient aussi Lover Lover Lover le tube de l’album et Chelsea Hotel dédié à la mémoire de Janis Joplin. Les arrangements ont été confiés à John Lissauer qui a su mettre en valeur la voix de Cohen et lui redonner le souffle qu’il semblait avoir perdu.
Après New Skin For The Old Ceremony, le rythme de parution des albums de Leonard Cohen ralentit sérieusement. A part un Greatest Hits en novembre 75, c’est le silence à tel point que Bob Dylan dédicace son album Desire à Leonard s’il est encore dans le coin. Cohen répond en l’invitant à chanter sur son nouvel album Death Of Ladies Man. Le disque a été réalisé par Phil Spector, le producteur génial des Ronets, et autre Ike et Tina Turner. On s’étonne que Cohen ai choisi Spector qui traîne une réputation de paranoïaque, de fou dangereux. A moins que ce soit Spector qui ai choisi Cohen.
Leonard Cohen : :star:
On a eu un ami mutuel et il m’a appelé à un concert que j’ai donné dans le Troubadour alors Phil est venu et il nous a invité à sa maison, il fermé la porte et on avait pas le droit de sortir, moi je lui ai dit "si nous sommes ici, allons nous faire quelque chose ensemble" et c’est commencé comme ça. Real Audio
C’est la première fois que Cohen travaille en duo. Lui se chargeant des textes et Spector de la musique. En studio, l’ambiance est inquiétante avec des gardes du corps armés jusqu’aux dents, des balles et des bouteilles de vins qui jonchent le sol. Pour finir Phil Spector confisque les bandes de l’album et les mixe tout seul, sans l’avis de l’artiste !. Le résultat, contestable et contesté en son temps, poussera Cohen à revenir à une forme plus traditionnelle pour son disque suivant.
L’album Recent Songs paraît en septembre 79. On y retrouve une instrumentation plus proche de l’image habituelle de Leonard Cohen avec parfois des accents orientaux ou mexicains comme sur Un Canadien Errant une vieille chanson du Québec écrite en 1847 par Gerain Lajoie. Désormais Cohen prend son temps .De toute façon, c’est un perfectionniste, un travailleur acharné qui n’est jamais satisfait de son travail. Et ce temps il le lui faut pour écrire des chansons.
Leonard Cohen : :star:
J’ai honte mais c’est vrai il y a des gens qui écrivent des très grandes chansons dans un taxi ou sur une serviette dans un café mais je ne sais pas; peut-être je suis-je paresseux ou lent, je ne sais pas, mais ça prend des mois, même des années. Real Audio
En 1984, Leonard Cohen publie un recueil de psaumes Le Livre De Miséricorde et il tourne même dans un épisode dans la série télévisée "Deux flics à Miami". Son rôle, celui du grand patron d’Interpol, sera malheureusement coupé au montage. Plus sérieusement il passe de l’autre coté de la camera pour réaliser I Am A Hotel un film d’une demie-heure dont il est aussi le scénariste et qui gagne le premier prix au festival international de télévision de Montreux. En 84, toujours, Leonard Cohen écrit le texte de la comédie musicale de Lewis Furey Night Magic qui est portée à l’écran avec dans les principaux rôles : Carole Laure, Nick Mancuso, Jean Carmet et Stéphane Audran. Un nouvel album de Leonard Cohen Various Positions paraît en décembre 84. Il y développe sa réflexion sur la religion au travers de titres comme Hallelujah :star: ou The Law, véritables psaumes contemporains émanant très certainement d’une longue et pénible odyssée spirituelle.
I Am Your Man :sunny: parait en 1988. Cet album a été enregistré principalement à Montréal et mixé à Los Angeles, là où réside désormais Leonard Cohen, mais s’il a choisi la Californie ce n’est ni pour son soleil, ni pour ses palmiers.
Leonard Cohen : J’aime bien la Californie parce que c’est la fin du monde, de l’essence de l’apocalypse, même le tremblement de terre, la société à même dans une condition de déchiré, même le paysage mental est dans un état d’explosion.
I Am Your Man est un disque résolument moderne qui n’a rien à envier aux autres productions de son époque et où l’on découvre pour la première fois dans l’œuvre de Cohen des séquenceurs et des synthétiseurs. Autres signes des temps, deux clips tournés en France à Cabourg et à Trouville accompagnent les singles I Am Your Man et First We Take Manhattan.
En novembre 92, vingt cinq ans après Suzanne et Bird on the Wire, Leonard Cohen est à nouveau sous les feux de l’actualité avec son nouvel album The Future. Il s’est écoulé 4 ans depuis I Am Your Man, c’est long et Leonard Cohen s’en explique.
Leonard Cohen :
Mon fils a eu un accident de voiture et j’ai arrêté complètement parce qu’il a passé 6 mois à l’hôpital et à cause de ça j’ai arrêté complètement et c’était un peu dur de recommencer. Mais quand même ça prend des années pour perfectionner, pour préciser une strophe, une ligne, même un mot.
Comme à l’habitude c’est un disque grave, sur des thèmes sombres, J’ai vu l’avenir, chérie et c’est le meurtre, ça va déraper dans toutes les directions chante Cohen dès le premier morceau de l’album. Pourtant, comme à chaque fois, la séduction opère et on se laisse prendre. Leonard Cohen c’est l’art de faire du beau avec du triste même s’il prétend que ses chansons sont pleines de rires étouffés et ses fidèles en redemandent.
En juin 94, Leonard Cohen nous propose Cohen Live, un album public enregistré lors de ses tournées mondiales de 1988 et 1993. Le disque couvre la période 67-88, mais il s’attache plus particulièrement au début, là où sont les classiques du poète de Montréal. Leonard Cohen à coutume de dire qu’il construit ses chansons comme des Volvos, c’est à dire pour une bonne trentaine d’années. Et c’est vrai que des titres comme Joan Of Arc, Suzanne, There is a War n’ont pas pris une ride. Les arrangements et une interprétation remaniés permettent encore mieux d’en apprécier la modernité.
On le sait, Leonard Cohen est un adepte du bouddhisme zen qu’il pratique de longue date avec son ami et professeur Sasaki Roshi, une moine Japonais âgé de 90 ans. Entre 1994 et 1996, Leonard Cohen passe l’essentiel de son temps à méditer au centre zen du Mont Baldy en plein désert californien avant de franchir le pas et d’être ordonné officiellement moine bouddhiste le 9 août 96 sous le nom de Jikan, ce qui signifie "le silencieux". Pour tous ses fans la question est de savoir si depuis sa retraite monacale du Mont Baldy, Jikan-Cohen éprouve encore le besoin d’écrire des chansons et de les faire partager au monde. Il semble bien que oui. En attendant ses nouvelles créations, Sony publie aujourd’hui More Best Of, un portrait de l’artiste recoupant la seconde partie de sa carrière et recoupant ses morceaux clés de ses 4 derniers albums . En prime 2 inédits The Great Event et Never Any Good.
Beaucoup d’artistes on chanté Cohen sur disque ou sur scène tel que Neil Diamont, Diana Ross, Joan Baez, Joe Cocker, Bob Dylan ou plus récemment le regretté Jeff Buckley :star: . On se souvient aussi en 1987 de Famous Blue Raincoat, un album de Jennifer Warnes entièrement consacré aux chansons de Leonard Cohen.
De I’Am Your Fan en 91 et de Tower Of Songs en 95, hommage de la scène alternative, de la pop, du rock de la country au grand homme de Montréal. Toutes ces initiatives font de Leonard Cohen, ce pessimiste dans l’âme, ce personnage énigmatique et charmeur, un artiste aujourd’hui unanimement reconnu et respecté. Elle sont aussi une preuve de l’immense talent d’écriture de celui qu’on à appelé un jour "le dépressif non chimique le plus puissant du monde".
Voilà, vous connaissez un peu mieux maintenant l’histoire de Leonard Cohen...
PS. Si certaines grosses erreurs ont été corrigées, nous en avons laissé quelques-unes. De plus, Leonard Cohen ne vit plus au centre Zen de Mount Baldy depuis le printemps 1999, il vit maintenant à Los Angeles. Patrice Clos.
Margitza-yeah
Nombre de messages: 275 Age: 28 Date d'inscription: 20/05/2008
p.S. Le fils dont il parle, Adam, chantait Halleluya au Troccadeo En octobre 1973 pendant la guerre de Yom Kipour il est arrive en Israel et chantait a Sinai pour les soldats, quelquefois pour tres petites groupes meme pendant les bombardements. Il y restait qeulques semaines.
Nine Admin
Nombre de messages: 8718 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: LEONARD COHEN Sam 7 Juin - 18:05
Merci Osnath c'est tres émouvant comme nouvelle, j imagine un peu une telle chanson dans le décor du Sinaï :star: et dans de telles conditions çà me donne le frisson.
Nine Admin
Nombre de messages: 8718 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: LEONARD COHEN Dim 8 Juin - 15:51
VIDEO HALLELUYAH Leonard Cohen
Nine Admin
Nombre de messages: 8718 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: LEONARD COHEN Dim 8 Juin - 15:56
VIDEO DANCE ME TO THE END OF LOVE
Invité Invité
Sujet: Re: LEONARD COHEN Dim 8 Juin - 16:09
* Il a ecrit une chanson d'apres Kol Nidray la priere du premiere jour de l'annee
Who by fire
* Everybody knows
Dernière édition par osnath le Dim 22 Juin - 18:03, édité 2 fois
liliane Admin
Nombre de messages: 8045 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: LEONARD COHEN Mar 10 Juin - 9:55
HALLELUYA !
A 73 ans, Leonard Cohen reprend la route. Quinze ans que le barde canadien n’avait pas donné de concerts, presque autant, avoue-t-il, qu’il n’a pas touché à une guitare. Pas grave, Leonard, tu te contenteras de chanter. D’autant que sa voix, déjà grave à l’orée de sa carrière, a encore baissé d’une octave. C’est du moins ce qu’affirme Henk Hofstede, leader des Nits, qui vient d’enregistrer un magnifique album de reprises cohenniennes. Le retour scénique de l’auteur de « Bird on a wire » ne va certes pas chambouler le Landernau mondial de la musique. Mais ça remue des tas de souvenirs. Je me souviens d’avoir harcelé l’unique vendeur de disques de Fontainebleau pour qu’il commande le premier album de Cohen, sur la foi d’une coupure de presse dans laquelle il était écrit que l’artiste « ressemblait à Dylan, mais en plus beau ». Je me souviens d’avoir été intrigué par la fille qui posait nue sur le verso de la pochette de « Songs from a room ». D’avoir bossé les accords de « Suzanne » pour frimer devant une demoiselle qui portait le même prénom. D’avoir acheté, dans la collection 10/18, les deux romans qu’il a écrits, « The Favourite Game » et « Beautiful Losers », mais ne les avoir pas lus jusqu’au bout. Surtout, je me souviens d’avoir rencontré le Maître. C’était, je crois, en 1988, à l’époque de « I’m your man », un des derniers bons disques de Cohen, il faut l’avouer. Sur la photo de pochette, il dégustait une banane. Je me souviens lui avoir posé un tas de questions un peu débiles, genre « Suzanne, elle a vraiment existé ? », ou « Vous connaissez Graeme Allwright qui a traduit vos chansons en français ? ». C’est tout juste si je ne l’ai pas interrogé sur les rigueurs du climat canadien… Bref, une interview ordinaire et un peu bêbête, à laquelle se prêtait le maestro avec une bonne volonté touchante et dans un français parfait. Avec nous, il y avait un photographe. Qui faisait tranquillement son boulot, c’est-à-dire figer la scène pour la postérité. A la fin de la rencontre, ledit photographe me demande « est ce que je peux poser une question, moi aussi ? » Bien sûr, mon vieux, vas-y, réponds-je avec une indulgente condescendance. « M’sieur Cohen, questionne donc mon acolyte entre deux clics, est-ce que vos origines judaïques ont une influence sur votre œuvre ? » Aïe, me dis-je, la gaffe, il va se mettre en colère, on va se faire virer. Pas du tout. La réponse qui suivit fut non seulement longue, sincère, érudite, passionnante et émouvante, mais elle constitua la teneur principale de mon article. Moi, le journaliste aux prétentions professionnelles, je venais de me faire damer le pion. Et de recevoir une belle leçon : les questions les plus directes sont toujours les meilleures. Depuis, à chaque fois que j’interviewe quelqu’un, le souvenir de Leonard revient me hanter. Un sacré souvenir, y’a pas photo. Philippe BARBOT http://barbot-pointbarre.blogspot.com/2008_01_01_archive.html
Dernière édition par liliane le Dim 30 Nov - 10:48, édité 3 fois
Bridget
Nombre de messages: 1304 Age: 59 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: LEONARD COHEN Dim 15 Juin - 14:33
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Le morceau que j'ai le plus écouté de Léonard Cohen , extrait de l'album " Songs from a Room " paru en 1969 est sans sans doute
Bird on a wire
L'album a été enregistré à Nashville, capitale de la country, où Leonard Cohen désirait déjà enregistrer son premier album. La production est assurée par Bob Johnston qui a déjà produit Bob Dylan, Simon & Garfunkel et Johnny Cash.
Malgré un enregistrement difficile où Leonard Cohen se sent oppressé par sa maison de disques, Songs from a Room devient un des albums du chanteur canadien les plus appréciés, pour son ambiance sombre et sa sonorité acoustique et country.
Le morceau Bird on the wire a eu une grande influence dans le milieu country. Il a été repris par de nombreux artistes tels que Johnny Cash, Willie Nelson, ou encore Joe Cocker.
Même si Leonard Cohen l'a décrit comme étant une simple chanson country, les paroles, parlant de le volonté d'être libre en s'affranchissant même de l'amitié et de l'amour des siens, en ont touché plus d'un .
Voilà , c'est ce que j'appelle une " madeleine " :
Like a bird on the wire, like a drunk in a midnight choir I have tried in my way to be free. Like a worm on a hook, like a knight from some old fashioned book I have saved all my ribbons for thee. If I, if I have been unkind, I hope that you can just let it go by. If I, if I have been untrue I hope you know it was never to you.
Like a baby, stillborn, like a beast with his horn I have torn everyone who reached out for me. But I swear by this song and by all that I have done wrong I will make it all up to thee. I saw a beggar leaning on his wooden crutch, he said to me, "You must not ask for so much." And a pretty woman leaning in her darkened door, she cried to me, "Hey, why not ask for more?"
Oh like a bird on the wire, like a drunk in a midnight choir I have tried in my way to be free.
Traduction de Jean Guiloineau
L'oiseau sur le fil
Comme l'oiseau sur le fil Comme l'ivrogne dans une église J'ai tenté d'être libre à ma façon Comme le ver au bout du fil Comme le chevalier d'un ancien livre J'ai gardé pour toi ma chanson Si je fus cruel J'espère que tu pourras l'oublier Si je fus injuste J'espère que tu sais que ce ne fut pas pour toi
Comme un enfant mort-né Comme une bête encornée J'ai déchiré ceux qui tendaient la main vers moi Mais je jure par cette chanson Et le mal fait dans ma maison Que je réparerai pour toi J'ai vu un mendiant appuyé sur son ombre Il m'a dit : "Tu ne dois pas trop demander" Et une jolie femme devant sa porte sombre Elle m'a crié : "Hé, pourquoi ne pas plus demander"
Comme un oiseau sur le fil Comme un ivrogne dans une église J'ai tenté d'être libre à ma façon.
Dernière édition par Bridget le Lun 13 Sep - 14:00, édité 1 fois
Bridget
Nombre de messages: 1304 Age: 59 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: LEONARD COHEN Dim 22 Juin - 14:03
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Léonard COHEN sera sur scène le 8 Juillet 2008 , dans le cadre du 42 eme Festival de Jazz de Montreux
DATE CITY VENUE
23-Jun-08 Montreal, QC, Canada Place Des Arts 24-Jun-08 Montreal, QC, Canada Place Des Arts 25-Jun-08 Montreal, QC, Canada Place Des Arts 29-Jun-08 Glastonbury, United Kingdom Glastonbury Festival 01-Jul-08 Oslo, Norway Aliset Stadium 03-Jul-08 Helsingborg, Sweden Open Air 05-Jul-08 Copenhagen, Denmark Rosenborg Castle 06-Jul-08 Arhuus, Denmark Raadhus
08-Jul-08 Montreux, Switzerland Montreux Jazz Festival
09-Jul-08 Lyon, France Les Nuits De Fourvieres 10-Jul-08 Bruges, Belgium Cactus 12-Jul-08 Amsterdam, Holland Westerdam 16-Jul-08 Edinburgh, United Kingdom Castle 17-Jul-08 London, United Kingdom O2 Arena 19-Jul-08 Lisbon, Portugal Passeio Maritimo 22-Jul-08 Nice, France Jazz Festival 25-Jul-08 Lorrach, Germany Stimmen Der Welt 27-Jul-08 Lucca, Italy Summer Festival 28-Jul-08 Rome, Italy Cavea Auditorium 03-Aug-08 Ledbury, United Kingdom Big Chill
Dernière édition par Bridget le Lun 13 Sep - 13:48, édité 1 fois
Invité Invité
Sujet: Re: LEONARD COHEN Dim 22 Juin - 17:43
Belle version d'Esther Offarim
Bridget
Nombre de messages: 1304 Age: 59 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: LEONARD COHEN Lun 7 Juil - 22:54
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ARTE : 14 / 07 / 08
22:45
Hommage à Leonard Cohen Leonard Cohen au Festival International de Jazz de Montreal 2008
Hommage à Leonard Cohen (Canada, 2008, 90mn) ZDF Réalisateur: Pierre Lamoureux
En ouverture du 29e Festival de Jazz de Montréal le 26 juin, un concert hommage au grand Leonard Cohen, avec une pléiade de stars au micro et le retour sur scène de cette icône de la chanson après quinze ans d'absence.
Cette 29e édition débute par un hommage à l'un des plus grands auteurs-compositeurs-interprètes de notre temps, Leonard Cohen.
Intronisé cette année au célèbre "Panthéon du rock", le chanteur, poète et romancier, né à Montréal en 1934, compte aujourd'hui plus de quarante années de chansons, émaillées d'incontestables classiques, de "Suzanne" à "Everybody knows" en passant par "So long, Marianne" ou "Bird on a wire".
Avec sa voix grave, si caractéristique, ses arrangements minimalistes et ses paroles envoûtantes, Leonard Cohen a exercé une influence considérable sur de nombreux artistes. Son répertoire fait depuis longtemps l'objet de reprises parfois inspirées, comme la sublime version d'"Hallelujah" revue par John Cale et interprétée par le regretté Jeff Buckley, ou encore la toute récente interprétation de "Suzanne" par Alain Bashung.
Une pléiade de grands noms participe à ce concert exceptionnel : Katie Melua, Michael Bublé, Damien Rice, Kate & Anna McGarrigle, Martha Wainwright, Rufus Wainwright, Win Butler / Regine Chassagne (Arcade Fire), Madeleine Peyroux, KD Lang, Buffy Ste-Marie, Chris Botti, Ron Sexmith, Steven Page (Barenaked Ladies), Zachary Richard, Jennifer Warnes, Regina Spektor interprètent tour à tour les compositions de Leonard Cohen. En bonus, les meilleurs moments du concert donné la veille par Leonard Cohen himself !
Dernière édition par Bridget le Lun 13 Sep - 13:52, édité 1 fois
Bridget
Nombre de messages: 1304 Age: 59 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: LEONARD COHEN Mar 8 Juil - 21:16
. Léonard Cohen sera pour 3 soirs à l'Olympia à Paris au mois de Novembre 2008 !
Mise en vente des places demain matin à 8 heures
Bridget
Nombre de messages: 1304 Age: 59 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: LEONARD COHEN Lun 14 Juil - 22:56
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THE PARTISAN 1969
Cette chanson est en une adaptation de la "COMPLAINTE DU PARTISAN", écrite à Londres en 1943 par Emmanuel d'Astier de la Vigerie (surnommé "Bernard" dans l'armée des ombres") et Anna Marly pour la musique.
Cette chanson rescapée de la DCA est devenu une chanson populaire dans les années 50. Elle est désormais moins connue que le presque homonyme "Chant des Partisans" de Kessel et Druon. Cette dernière fut notamment "relancée" par le discours d'André Malraux de 1964 (transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon de Paris).
Finalement, Leonard Cohen redonna vie à "La complainte..." en 1969, avec sa version ("The partisan"), où il a mêlé la version anglophone de Hy Zaret à quelques vers originaux, chantés directement en français.
When they poured across the border I was cautioned to surrender This I could not do I took my gun and vanished.
I have changed my name so often I've lost my wife and children But I have many friends, And some of them are with me.
An old woman gave us shelter, Kept us hidden in the garret, Then the soldiers came ; She died without a whisper.
There were three of us this morning I'm the only one this evening But I must go on The frontiers are my prison
Oh, the wind, the wind is blowing Through the graves the wind is blowing Freedom soon will come Then we'll come from the shadows.
Les allemands étaient chez moi Ils m'ont dit : "résigne-toi" Mais je n'ai pas peur J'ai repris mon âme J'ai changé cent fois de nom J'ai perdu femme et enfants Mais j'ai tant d'amis J'ai la france entière Un vieil homme dans un grenier Pour la nuit nous a caché Les allemands l'ont pris Il est mort sans surprise
Oh, the wind, the wind is blowing Through the graves the wind is blowing Freedom soon will come Then we'll come from the shadows
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Dernière édition par Bridget le Lun 13 Sep - 13:55, édité 3 fois