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Sujet: Re: LEONARD COHEN Dim 29 Jan - 4:24
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Leonard Cohen, confessions de l’âme grave
Avec «Old Ideas», l’artiste canadien revient après sept ans de silence. Un album profond et spirituel sur l’amour, la perte et la déchéance
A mi-chemin de ses Old Ideas, de ses vieilles idées, il y a ces mots, dont la franchise ne laisse que des miettes aux répliquants: «I’ve got no future, I know my days are few» («Je n’ai pas de future, je sais que mes jours sont comptés»). L’aveu en impose.
Il désarçonnera peut-être tous ceux qui font du temps qui passe un territoire de déni. Leonard Cohen, lui, accepte son statut d’homme au crépuscule de sa vie. Le déclin est assumé et se prête aux rimes du poète. L’artiste canadien a aujourd’hui 77 ans. Sur ses épaules asséchées, il porte quatre décennies consacrées à la broderie fine.
Derrière lui, des romances par dizaines ont bâti un séducteur aux allures vénérables: «Ain’t No Cure for Love», «Everybody Knows», «Suzanne», «Hallelujah», «A Thousand Kisses Deep»… Ces pierres angulaires dans la grammaire de la sensualité ont habillé aussi, en notes et en vers, les amours et les déchirements de deux générations de suiveurs. Le filon se poursuit maintenant, avec d’autres ballades qui grossissent un bagage déjà imposant.
Old Ideas paraît aujourd’hui et rompt un silence de sept ans. Une éternité qui a ceci de bluffant qu’elle permet de mesurer une fois encore la persistance d’une esthétique aux rides profondes et aux charmes demeurés intacts. La voix grave revient et un monde immuable resurgit.
Certes, on ne saura sans doute jamais ce qui a poussé le chanteur à prolonger son art. Son passé récent ouvre le champ des hypothèses qu’on n’avoue à personne. Il y a quatre ans, il faut s’en souvenir, l’état piteux de ses finances l’obligeait à reprendre la route. «Il faut se remettre à bosser», disait-il à l’époque. Du coup, la tournée mondiale qui s’en est suivie a pris des proportions imposantes et a laissé à chaque escale des traces indélébiles. Le Montreux Jazz Festival, d’ailleurs, se souvient encore de son passage.
Dans les salles du monde, les aléas pécuniaires ont cédé leur part d’ombre à la grâce du personnage. Une grâce que Leonard Cohen renouvelle dans les studios avec dix chansons qui placent l’artiste là où tous l’attendaient. On pourrait chercher, dans les dix nouveaux épisodes du crooner, les indices d’une mutation, d’un détour vers de nouvelles contrées esthétiques. Ce serait peine perdue.
Dans Old Ideas, il n’y a que les signes du temps pour imposer de nouvelles lois: la voix du chanteur n’a peut-être jamais atteint des abîmes aussi profonds. Les mots n’ont jamais coulé avec autant de paresse, suspendus sur des syllabes faussement incertaines. Et puis il y a la noirceur de certains thèmes, à peine effleurés dans le passé de l’artiste, désormais au centre d’une partie de ses textes.
Leonard Cohen l’annonçait il y a quelques mois en guise de préambule: sa plume raconterait comme toujours des histoires d’amour et de sexe, mais elle mettrait aussi en mots les affres de la perte et de la mort.
L’éternel don Juan aux airs déchus délaisse ainsi une part importante des armes qui ont fait le séducteur imparable. Le temps impose désormais d’autres déclarations. Celle-ci, par exemple, lâchée il y a quelques jours, «Au point où j’en suis, être un homme à femmes implique une bonne dose d’humour», laisse penser que l’artiste met un genou à terre et semble s’éloigner des vanités du passé.
On retrouve alors, à plusieurs reprises dans cette œuvre, un chanteur grave et spirituel. Un tournant ? Pas complètement. Les préambules étaient là, dans Dear Heather, il y a sept ans déjà. Il faut les entendre aujourd’hui, plus puissants que jamais, dans les vociférations de «Darkness», chanson qui avance par pulsations ralenties, sur un rock somnolent. Entre ses rythmes chaloupés, les mots sont des secousses, placés comme des caresses et des gifles à la fois. Eros et Thanatos y cohabitent. Un voile épais de résignation couvre cette bouleversante complainte existentielle. Ailleurs, d’autres drames effleurent. L’amour révolu notamment, l’amour à jamais perdu; la déchéance physique aussi, dont on découvre les morsures en filigrane.
Un album testamentaire ? On pourrait le croire sans doute si le pessimisme feutré de Leonard Cohen n’avait accompagné une part substantielle de sa production. Le chanteur a eu un jour cette phrase qui a tout dit de son regard sur le monde: «Le pessimisme prédit la pluie. Moi je suis trempé depuis longtemps.»
Alors oui, les gouttes tombent toujours sur son borsalino et sur ses costards impeccables. Avec insistance et peut-être avec plus d’intensité qu’à l’époque de Songs of Leonard Cohen (1967) ou de New Skin for the Old Ceremony (1974).
Les explorations poétiques, les voyages dans les abîmes de l’âme se gardent pourtant de verser dans le désespoir. Tous les remparts sont là: la plume pour avancer par allusions, pour raconter la mélancolie sans jamais y plonger entièrement. Les musiques aussi, dont l’élégance compassée frôle par endroits le kitsch (ces éternels chœurs féminins…) mais garde une modernité qui tient du mystère.
Et, au fond, c’est toute l’énigme de Leonard Cohen qui se déploie dans ses vieilles idées. Celui d’un chanteur terriblement contemporain, dont les codes surannés et les gimmicks usés conservent du véritable crépuscule.
Leonard Cohen, «Old Ideas » (Columbia/Sony Music)
Rocco Zacheo / Le Temps.ch
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Bridget
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Sujet: Re: LEONARD COHEN Mar 31 Jan - 4:59
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La 11e réincarnation de Leonard Cohen
Chapeau noir, costume sombre, lunettes de soleil... le duo formé par Leonard Cohen et son manager, Robert Kory, a un petit air de Blues Brothers, quand il pénètre sous les ors du salon des Aigles, pour la conférence de presse organisée, le soir du 16 janvier, à l'Hôtel de Crillon, place de la Concorde à Paris.
On n'apprécie guère, habituellement, ce genre d'exercice destiné à évacuer collectivement les obligations promotionnelles. Comment créer en présence d'une quarantaine de journalistes, venus de toute l'Europe, la complicité d'un entretien qu'on rêverait d'avoir en tête-à-tête avec le chanteur et poète canadien à l'occasion de la sortie d'Old Ideas, son douzième album, le premier enregistré en studio depuis sept ans ?
Mais voilà : petit bonhomme aux rondeurs affables et au sourire carnassier, Robert Kory a décidé que son client, icône de la ballade intimiste, pouvait dorénavant s'éviter, à 77 ans, l'interminable marathon des interviews. Sans doute également parce qu'il sait que le charme de l'élégant gentleman produit toujours son effet.
De fait, celui que ses détracteurs surnommaient ironiquement "Laughing Len" ("Leonard le marrant"), en référence à sa voix funèbre et à son incurable pessimisme, emballe son public en maniant avec classe autodérision et humour pince-sans-rire. "Je ne vous ferai pas face pendant la diffusion du disque, pour ne pas influencer vos réactions, qu'elles soient positives ou de rejet, déclare-t-il en prélude. De toute façon, je ne connais pas pire juge ou critique de mon oeuvre que moi."
Un sourire malicieux toujours dessiné sur son visage d'homme à femmes devenu vénérable sage, Cohen répond en s'adaptant aux particularismes géographiques de chacun. A un journaliste portugais : "J'ai toujours aimé le fado, un des premiers disques que j'ai achetés était un album d'Amalia Rodrigues." A un confrère espagnol : "J'adore le flamenco. J'en joue sur ma guitare... quand personne n'écoute ! J'ai même eu l'honneur d'entendre certaines de mes chansons chantées en espagnol par le regretté Enrique Morente."
Si Old Ideas creuse les sombres thématiques du répertoire "cohenien" (la vieillesse, la mort, l'impossible renoncement à l'amour physique...), le chanteur a toutes les raisons d'être d'humeur avenante : ce retour en studio lui vaut des louanges que n'avaient pas suscitées ses deux précédents albums.
Et il fait suite à près de trois ans d'une tournée triomphale lancée comme une bouée de sauvetage à un artiste qui, il y a sept ans, connut une mésaventure dévastatrice. Est-ce à cela qu'il fait allusion quand, dans les salons du palace, il confie : "On a toujours à apprendre. On ne vient jamais à bout de sa propre bêtise et de son incompétence. Les occasions de s'humilier sont infinies" ?
L'histoire commence en 2004, lorsque Leonard Cohen apprend que Kelley Lynch, sa manageuse de l'époque, chargée de ses affaires depuis dix-sept ans, l'a ruiné en détournant plusieurs millions de dollars qu'il avait mis de côté pour sa retraite. Fruit, entre autres, de la vente de son catalogue d'édition à Sony, cet argent avait été placé dans des fonds d'investissement dont les comptes étaient libres d'accès à cette femme de confiance.
L'habitué des vertiges existentiels tombe alors dans un gouffre financier. "Du jour au lendemain, il ne pouvait même plus retirer d'argent avec sa carte de crédit", assure Robert Kory, en aparté, après la conférence de presse. Obligé d'hypothéquer sa maison pour payer les frais de procédures judiciaires, Leonard Cohen s'est tourné vers cet avocat, connu pour avoir permis à Mike Love, un des musiciens des Beach Boys, de récupérer ses droits sur les tubes du groupe. "Nous découvrions chaque jour l'ampleur de l'escroquerie, se souvient Kory. Cinq, puis 7, puis 10, puis 12 millions de dollars... Jusqu'au bout, Leonard a été d'un calme étonnant. Sa longue pratique du zen a été déterminante."
Pour le meilleur et pour le pire, les cinq années d'isolement que le chanteur s'était accordées dans le monastère bouddhiste de Mount Baldy, une montagne de la Sierra Madre, ont aussi favorisé l'escroquerie de la manageuse. Il y conserve néanmoins ses habitudes, sous l'égide de son maître, Roshi, aujourd'hui âgé de 104 ans. "C'est un honneur pour moi d'être proche de lui, de le fréquenter, nous rappelle le chanteur. Son enseignement n'est pas religieux, il apprend à observer et analyser la nature des choses (...). Il s'agit d'une initiation à l'engagement, à vivre au sein d'une communauté, à être attentif à ses sentiments et à ceux des autres."
En attendant la conclusion d'un long et chaotique chemin juridique pouvant éventuellement lui permettre de récupérer sa mise (Kory explique que, si Kelley Lynch est pour l'instant insolvable, il a récupéré plusieurs millions de dollars auprès des impôts, correspondant aux taxes que Cohen avait payées sur des sommes lui ayant été volées), le chanteur, poussé par son avocat-manageur, a choisi de se remettre au travail.
Alors qu'il avait quasiment abandonné la scène, il a dû repartir en tournée pour des raisons d'abord financières. Mais le succès et le plaisir ont dépassé ses espérances et, au lieu des quelques dizaines de spectacles prévus, il donnera finalement, en trois ans, près de 250 concerts.
L'occasion de mesurer la fidélité de son public. De constater aussi que, sur le tard, un de ses vieux titres, Hallelujah, paru sans succès en 1984, s'était élevé au rang de classique par la grâce de multiples reprises (celle de Jeff Buckley étant la plus célèbre des près de 200 versions existantes).
Pour ce retour sur scène, Robert Kory a tendu un cordon sanitaire autour de l'artiste. "Pour être tout à fait serein et concentré, pour qu'il soit à l'aise avec sa voix, il fallait lui éviter toute dissipation extérieure", explique le manager, qui priva les journalistes d'interview et refusa mêmes les rencontres avec de célèbres admirateurs. "J'ai dû dire non à Shimon Pérès et à Joni Mitchell (idole folk et ex du Canadien), rigole Kory, Bono s'est cassé cinq fois les dents."
La dynamique positive de ces concerts a engendré la naissance d'Old Ideas. Cohen imagine repartir bientôt sur la route et dit travailler sur un nouvel album. La mort, n'en doutons pas, sera encore son compagnon de route. Et après ? "Le concept de réincarnation est pour moi difficile à appréhender. Mais, si je dois vraiment revenir sur terre, alors que ce soit dans la peau du chien de Lorca, ma fille !"
Stéphane Davet Le Monde 30/01/2012.
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Bridget
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Sujet: Re: LEONARD COHEN Mar 31 Jan - 5:07
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Pied de nez à la dictature du temps présent
Critique | LEMONDE | 30.01.12
Dans une discographie studio assez rare - onze productions depuis 1968 -, le nouvel album de Leonard Cohen, Old Ideas, est son plus abouti depuis vingt ans (The Future) et l'une des bonnes surprises de ce début d'année.
Par son titre déjà, comme un pied de nez à la dictature du temps présent (vieilles idées), celle de la génération Twitter qui annule toute idée de passé ou de futur. Par sa manière musicale ensuite, qui ne cède à aucune mode (quelques travers de synthétiseurs mal maîtrisés avaient gâché de précédents enregistrements). L'ambiance est au folk tranquille, allant de temps à autre vers des motifs du pourtour méditerranéen avec de discrètes variations vers l'Orient.
Les arrangements et la production fine valorisent des gouttelettes de piano, le grain d'une guitare acoustique, un violon, des choeurs féminins, comme une caresse en contraste avec la raucité vocale de Cohen.
Envoûtant
Si, en la matière, la clarté et la justesse se sont certes enfuies, la marque Leonard Cohen est toujours là, le débit entêtant et envoûtant, dans la lenteur, une façon d'appuyer chaque mot, de s'en régaler, de les parler plus que de les chanter. Les mélodies enfin ont cette simplicité d'apparence à laquelle, comme souvent avec Leonard Cohen, il ne faut pas toujours se fier.
Pas de révolution stylistique donc pour Leonard Cohen - celle-là c'est Phil Spector qui la lui a magistralement fournie en 1977 dans Death of a Ladies'Man. Ni dans les thèmes explorés depuis des décennies : l'errance, la passion amoureuse (Anyhow, Crazy to Love You), la relation à la spiritualité (Amen, Come Healing, superbe), l'entrée dans les ténèbres au bout du chemin de la vie...
Tout cela avec grâce et, plus important, sans pathos.
Sylvain Siclier.
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Bridget
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Sujet: Re: LEONARD COHEN Mar 31 Jan - 5:16
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L'interview de Léonard Cohen en exclusivité et sans traduction ( pour mieux entendre sa belle voix ! )
Elle a été réalisée le lundi 16 janvier lors de la conférence de presse internationale à l'Hotel Crillon.
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Bridget
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Sujet: Re: LEONARD COHEN Lun 26 Mar - 16:07
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LEONARD COHEN
A l' Olympia Du 28 au 30 septembre 2012
Ouverture des ventes vendredi 30 mars à 10h00
"Baby I've been here before, I know this room I've walked this floor."
Nous sommes très heureux d'annoncer le retour de l'immense Leonard Cohen, pour 3 représentations exceptionnelles à l'Olympia les 28, 29 & 30 septembre 2012.
Après un retour magistral en 2008, Leonard Cohen avait par la suite entamé une tournée à succès en France. Il revient cette année pour nous présenter son nouvel album.
Artiste incontournable à la fois songwriter, musicien, poète, écrivain, et dessinateur, nombreux sont ceux pour qui Leonard Cohen est une légende vivante. Ses explorations sur les thèmes spirituels, relationnels, romantiques et politiques, ont influencé un nombre incalculable d'écrivains et de musiciens contemporains.
Leonard Cohen vient d'atteindre un sommet artistique d'une rare beauté, avec sa dernière oeuvre "Old Ideas" sortie le 31 janvier dernier (Sony Music). Il s'agit de son premier album studio depuis 8 ans.
Cet album de dix chansons aborde poétiquement certains des plus profonds dilemmes de l'existence humaine - la relation à un être exceptionnel, l'amour, la sexualité, la perte et la mort. Sans doute l'album le plus spirituel de l'artiste, "Old Ideas" transmet au mieux toute la pudeur des sentiments de Leonard Cohen.
Alors que l'enregistrement de "Old Ideas" a concrètement débuté en janvier 2011, certaines de ses nouvelles compositions étaient en travaux depuis quelques années. Deux morceaux "Amen" et "Lullaby" avaient déjà été enregistrés en 2007 tandis que des versions plus anciennes de "Lullaby" et "Darkness" avaient été jouées sur scène pendant la dernière tournée de Leonard Cohen.
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Bridget
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Sujet: Re: LEONARD COHEN Sam 21 Avr - 7:27
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Leonard Cohen remporte le prix Glenn-Gould 2012
Leonard Cohen a reçu, le 9e prix Glenn-Gould pour sa contribution exceptionnelle au domaine artistique.
Le chanteur de 76 ans a été sélectionné par un jury composé de personnalités internationales, incluant le réalisateur canadien Atom Egoyan, l'acteur et écrivain britannique Stephen Fry et le pianiste américain Gary Graffman.
Le prix est accompagné d'une bourse de 50 000 $ et d'un chèque de 15 000 $ que M. Cohen pourra remettre à un jeune musicien prometteur de son choix.
Le travail de Leonard Cohen sera honoré lors de plusieurs événements au cours de l'année.
Le prix, qui est considéré par plusieurs comme le prix Nobel du domaine artistique, est remis en l'honneur du pianiste canadien Glenn Gould.
Le pianiste de jazz Oscar Peterson et le violoncelliste Yo-Yo Ma figurent parmi les lauréats des éditions précédentes.
http://glenngould.ca/
Une impressionnante liste de vedettes rendra hommage à Leonard Cohen à l'occasion du Gala du Prix Glenn Gould le 14 mai 2012.
Les Cowboy Junkies, John Prine et Adam Cohen feront des prestations.
Leonard Cohen sera présent pour recevoir son prix.
TORONTO, le 10 avril 2012 /CNW/ - Un groupe éclectique de musiciens et d'artistes joueront en l'honneur du chanteur, auteur-compositeur, poète et romancier emblématique Leonard Cohen neuvième lauréat du Prix Glenn Gould, le lundi 14 mai 2012 à 20 h 30, au Massey Hall de Toronto (178, rue Victoria). M. Cohen sera présent à cette cérémonie pour recevoir son prix.
Les billets pour le Gala concert du Prix Glenn Gould en l'honneur de Leonard Cohen seront mis en vente au grand public le 12 avril à 11 h.
Annoncée comme Gala concert du Prix Glenn Gould en l'honneur de Leonard Cohen, la prestigieuse soirée sera animée par Colm Feore et comprendra des prestations musicales des Cowboy Junkies, d'Adam Cohen, de Serena Ryder, de la chanteuse folk Basia Bulat, des chanteurs-compositeurs country primés John Prine, James McMurtry et Jimmie Dale Gilmore.
Il y aura également des lectures de poèmes présentées par Gordon Pinsent, accompagné de Greg Keelor (Blue Rodeo) et de Travis Good (les Sadies). L'ancienne gouverneure générale et amie de longue date de Leonard Cohen, la très honorable Adrienne Clarkson, lui rendra également hommage.
Le Prix Glenn Gould, d'une valeur de 50 000 $ CA, a été qualifié de « prix Nobel des arts » et est remis tous les deux ans à une personne vivante pour l'ensemble de son œuvre ayant contribué de manière unique à enrichir la condition humaine par les arts. Après avoir reçu son prix, M. Cohen remettra le City of Toronto Glenn Gould Protégé Prize de 15 000 $ CA à un ou une jeune artiste exceptionnel(le) de son choix.
Chanteur, musicien, poète, romancier et artiste visuel de premier rang, Leonard Cohen a créé une œuvre originale éblouissante qui touche des millions de vies depuis six décennies.
Ses carrières parallèles de musicien et d'écrivain se sont sans cesse mutuellement nourries au cours des décennies; ses chansons reflètent une richesse littéraire rarement observée dans le monde de la musique populaire alors que sa poésie et sa prose reposent sur une intense musicalité.
Book of Longing (2006), recueil de prose, de poésie et de dessins de Leonard Cohen, a été le premier recueil de poèmes à se hisser en tête des succès de librairie au Canada; il a été à l'origine d'une collaboration musicale et théâtrale mémorable avec le compositeur Philip Glass
Leonard Cohen est l'un des artistes vivants les plus suivis aujourd'hui. Il a influencé des générations d'auteurs-compositeurs et sa musique a été saluée par d'autres artistes dans des albums hommage parus en France, en Norvège, au Canada, en Espagne, en République tchèque, en Afrique du Sud et aux États-Unis.
« Hallelujah », l'une des chansons les plus connues et les plus aimées de M. Cohen a été reprise par plus de 150 artistes, dont Willie Nelson et Bono.
Sa musique a également été beaucoup entendue au cinéma et à la télévision. L'immense contribution de M. Cohen à la musique a été reconnue dans de nombreux documentaires, prix et albums hommage. Il continue de raffiner et d'approfondir son art et, à titre de musicien, il explore continuellement de nouveaux territoires.
Au sujet de son Prix Glenn Gould, M. Cohen a déclaré ce qui suit : « Je tiens à remercier la Fondation Glenn Gould de sa gentillesse. C'est un grand honneur, enrichi par mon amour de l'œuvre de Glenn Gould et par notre reconnaissance collective pour sa présence revigorante et continue dans le monde de la musique et de l'imagination. »
Les bénéfices du gala concert serviront à financer les activités de la Fondation Glenn Gould.
Le gala concert du Prix Glenn Gould et le dîner seront un préambule au 80e anniversaire de naissance de Glenn Gould, le 25 septembre 2012, qui sera souligné par de grands événements commémoratifs partout au Canada et dans le monde rendant hommage à la contribution durable de cette icône canadienne à la musique et à la culture mondiale.
La Fondation Glenn Gould commémore l'esprit et l'héritage de Glenn Gould en célébrant l'excellence, en faisant la promotion de la créativité et en transformant des vies par le pouvoir de la musique et des arts; elle le fait par l'intermédiaire d'activités qui lui sont propres, comme la remise du Prix Glenn Gould.
Ce prix international est remis tous les deux ans à une sommité vivante dont l'œuvre artistique a apporté une contribution unique.
La Fondation utilise le prix pour stimuler des projets ayant un impact et une signification dans la société, comme le reflète sa devise : « From Celebration to Inspiration to Transformation » (de la célébration à l'inspiration à la transformation, traduction libre).
Les nominations sont faites par le grand public; un lauréat est par la suite choisi par un jury international qui se réunit à Toronto pour délibérer.
À titre d'hommage au talent artistique de Glenn Gould et aux contributions sur plusieurs plans qu'il a faites à la culture, le prix fait la promotion du lien vital entre l'excellence artistique et la transformation des vies.
Parmi les anciens lauréats, on compte
José Antonio Abreu, Ph.D. (2008), fondateur d'El Sistema, programme gratuit d'enseignement de la musique pour les enfants et les jeunes du Venezuela;
Pierre Boulez (2002);
Oscar Peterson (1993)
et Yo-Yo Ma (1999).
Pour obtenir de plus amples renseignements sur la Fondation, le prix et les lauréats, veuillez consulter www.glenngould.ca.
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Bridget
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And who by fire, who by water, who in the sunshine, who in the night time, who by high ordeal, who by common trial, who in your merry merry month of may, who by very slow decay, and who shall I say is calling?
And who in her lonely slip, who by barbiturate, who in these realms of love, who by something blunt, and who by avalanche, who by powder, who for his greed, who for his hunger, and who shall I say is calling?
And who by brave assent, who by accident, who in solitude, who in this mirror, who by his lady's command, who by his own hand, who in mortal chains, who in power, and who shall I say is calling?
Qui par le feu ?
Qui par le feu ? Qui par l'eau ? Qui au grand soleil ? Qui dans la nuit ? Qui par grand épreuve ? Qui par jugement ? Qui en ton joli, joli mois de mai ? Qui par lente déchéance ? Et qui appelle, le dirais-je ?
Qui dans sa fuite solitaire ? Qui par les barbituriques ? Qui dans ces royaumes de l'amour ? Qui par quelque chose d'émoussé ? Qui par l'avalanche ? Qui par la poudre ? Qui pour son appétit ? Qui pour sa faim ? Et qui appelle, le dirais-je ?
Qui par courageuse montée ? Qui par accident ? Qui en solitude ? Qui en ce miroir ? Qui sur l'ordre de son amie ? Qui de sa propre main ? Qui en des chaînes mortelles ? Qui au pouvoir ? Et qui appelle, le dirais-je ?
http://www.leonardcohensite.com/songs/who_by.htm
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Bridget
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Sujet: Re: LEONARD COHEN Ven 28 Sep - 10:29
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Leonard Cohen "Moments of" Old Ideas by Dominique Issermann
« Moments Of », c’est le titre de ce projet qui voit collaborer deux artistes uniques : Dominique Issermann, photographe reine que l’on ne présente plus, et Leonard Cohen, poète troubadour qui, à bientôt 80 ans, continue d’épater, de bousculer, d’émouvoir
Le second a demandé à la première de réaliser huit clips d’une minute trente inspirés des chansons de son dernier album, « Old Ideas ».
Les mots de Leonard, les images de Dominique, entièrement réalisées avec son iPhone, sont mis au service d’une entreprise sensuelle et belle, en noir et blanc, bien sûr, qui joue avec l’ombre et la lumière, le flou et le net…
Leonard Cohen, hiératique, n’apparaît qu’à la toute fin pour illustrer la magnifique chanson « Show Me the Place ».
A voir sur www.issermann.com/oldideas** C.G.
* En concert à l’Olympia, les 28, 29 et 30 septembre. ** A voir aussi sur l’application « Leonard Cohen », disponible sur l’App Store.
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Bridget
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Sujet: Re: LEONARD COHEN Sam 29 Sep - 5:04
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Ferveur religieuse pour Leonard Cohen à l'Olympia
PARIS - Leonard Cohen a été accueilli par le public avec une ferveur quasi-religieuse vendredi pour le premier des trois concerts que le crooner canadien donne à l'Olympia jusqu'à dimanche.
A 78 ans, le crooner canadien a donné ce vendredi soir le premier concert d'une série de trois à l'Olympia à Paris. Dans une première partie, le chanteur canadien a surtout entonné les titres de son dernier album "Old Ideas" sorti en janvier dernier avant de revisiter ses tubes devant ses fans conquis. Reportage signé Sandrine Etoa-Andegue. France Info
Le chanteur canadien Leonard Cohen sur scène à l'Olympia, le 28 septembre 2012 @afp.com/Thomas Samson
A tout juste 78 ans, le poète a donné un concert de plus de trois heures, entrecoupé d'un entracte, devant un public de fidèles qui avait déboursé entre 100 et 167 euros pour venir l'écouter.
"Merci pour cet acceuil si chaleureux et si généreux. Nous sommes heureux de jouer dans cette salle légendaire. Je ne sais pas si nous nous reverrons, mais je vous promets que ce soir on vous donnera tout ce qu'on a", a-t-il promis en début de soirée dans un français parfait.
Entouré de ses cinq musiciens et de se fidèles choristes (Sharon Robinson et les Webb Sisters), le Canadien transforme la scène en un confortable salon, entouré de grands rideaux blancs et recouvert de grands tapis.
En costume noir et borsalino, Leonard Cohen est l'élégance incarnée, qui prend soin de mettre en avant ses collaborateurs et écoute respectueusement leurs solos.
Lui s'agenouille pour interpréter ses titres les plus intimes ("Dance me to the end of love", "Bird on the wire"...), bat la mesure du pied quand il se fait crooner, joue de la guitare, des claviers ou de la guimbarde.
La voix est toujours aussi grave, mais désormais un peu voilée quand il chante "Suzanne" ou "Sisters of Mercy".
Les arrangements sont mélancoliques pour des versions souvent très longues de ces grands succès, qui en diluent l'intensité.
Cette ambiance feutrée fait ressortir la vigueur des titres de son dernier album "Old Ideas", paru en janvier dernier. Porté par des tonalités jazz et blues, ils sont concentrés dans la première partie du concert.
Dans la salle assise, l'ambiance est presque religieuse.
Le public applaudit à tout rompre entre chaque chanson et offre même plusieurs standing-ovation au poète. Mais dès qu'il se met à chanter, le silence se fait.
Le concert pâtit de cette ferveur muette, jusqu'à la deuxième partie, où Leonard Cohen à force de traits d'humour et par la grâce de "I'm your man" et "Hallelujah" parvient enfin à entraîner son public dans une dernière valse.
Par AFP
Quand le public chante avec Leonard Cohen à l'Olympia
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Dernière édition par Bridget le Lun 1 Oct - 17:40, édité 1 fois
Bridget
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Sujet: Re: LEONARD COHEN Lun 1 Oct - 17:40
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OLYMPIA PARIS 28/09/2012
. La set list du Vendredi 8/09/2012
First Set
Dance Me to the End of Love
The Future
Bird on the Wire
Everybody Knows
Who by Fire
Darkness
Sisters of Mercy
Hey, That's No Way to Say Goodbye
Amen
Come Healing
In My Secret Life
Going Home
Waiting for the Miracle
Anthem
Second Set
Tower of Song
Suzanne
Night Comes On
Heart with No Companion
The Gypsy's Wife
The Partisan
Democracy
Coming Back to You (performed by the Webb sisters)
Alexandra Leaving (performed by Sharon Robinson)
I'm Your Man
Hallelujah
Take This Waltz
Encore:
So Long, Marianne
First We Take Manhattan
Encore 2:
Famous Blue Raincoat
If It Be Your Will (performed by the Webb sisters)
Save the Last Dance for Me (The Drifters cover)
Encore 3:
I Tried to Leave You [/left]
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Dernière édition par Bridget le Lun 11 Fév - 13:21, édité 1 fois
Bridget
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Sujet: Re: LEONARD COHEN Ven 14 Déc - 11:46
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Leonard Cohen en concert à Paris Bercy le 18 juin 2013
On l'imaginait plutôt donner des concerts dans des salles feutrées comme l'Olympia en septembre 2012.
La prochaine date de concert en France du canadien Leonard Cohen se fera dans l'enceinte du Palais Omnisports de Paris-Bercy le 18 juin 2013. Un choix qui permettra au plus grand nombre (près de 17 000 spectateurs) de voir en chair et en os cette légende vivante de la pop, l'auteur de classique comme "Suzanne", " The Partisan" ou "Hallelujah". A ne pas rater !
Mise en vente des billets pour le concert de Leonard Cohen à Bercy : le 19/12 à 10h00
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Dernière édition par Bridget le Lun 11 Fév - 13:23, édité 1 fois
Bridget
Nombre de messages: 2119 Age: 63 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: LEONARD COHEN Lun 11 Fév - 13:21
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Leonard Cohen 1
Chroniques Les disques rayés | François Gorin / Télérama
Avec Leonard, ça a commencé là : It's four in the morning / the end of december…
Vieille voix d'homme encore jeune remâchant des bouts de phrase avec rime interne. Il écrit une lettre. Est-ce que ça s'entend dès la première fois ? Assis à sa table, il demande à l'autre type s'il va mieux. A New York, il fait froid. J'ai senti le froid de New York la première fois. C'était en Suisse et il avait neigé. Peut-être n'était-ce pas la première fois. Ce que je captais à 14 ans de cette histoire de chers ennemis ? Pas grand-chose et presque tout je crois. Cette lenteur délétère. Cette valse ankylosée, ce sirtaki transi. Leonard le Grec, déjà.
Mon premier alcool ? Le fameux imper bleu , your famous blue raincoat , déchiré à l'épaule, porté donc par un homme ? J'aimais qu'il n'y ait sur la pochette que du noir et cette tête d'homme mal rasé, ivre ou juste en extase ou en rage, qui savait ?
Cohen était ainsi tous les personnages de ses chansons d'amour et de haine. Même Jeanne d'Arc ? Ce titre en lettres blanches était parfait. Songs of love and hate. Jamais rien entendu de tel. You're living for nothing now…
Bien sûr je comprenais. La voix suit le stylo, l'encre noire sur fond neige, elle s'éteint avec la phrase, puis reprend.
Que savait-on de Leonard en 1971 ? Poète canadien… En plus des premiers disques on trouvait chez 10/18 The Favorite Game et Les Perdants magnifiques. Ma sœur avait l'un des deux, j'ouvrais pour renifler les pages. And you treated my woman / to a flake of your life… and when she came back / she was nobody's wife…
Cruauté, ressentiment. Voix tirant des phrases à la fois revanche et… hommage. Parler de l'amour comme de la guerre, et vice-versa. C'était une tête de guerrier sur la pochette. Fatigué, hilare. Tant d'autres allaient courir après cette lenteur narcotique et ne rattraperaient pas Leonard. Ses mots plus lourds que l'air mais aussi ce qu'il y a entre et qui n'est plus de la poésie, déjà de la musique.
Leonard Cohen (2)
Chroniques Les disques rayés | François Gorin / Télérama
Allez on en chante une autre, les gars. Celle-là a pris un goût de vieux et d'aigre… Une bouteille passe de main en main, réactivons le moteur.
A la fin de la première face, Cohen déjà poussait une voix qui s'en éraille sur Diamonds in the mine - manifestement pas très sobre au moment de cracher dans le micro.
Songs of love and hate fut enregistré à Nashville, cinq jours en septembre 1970. Je tiens ça de la coquette réédition qui fait ressembler le disque à un petit livre. Un poète ivre engueulant l'univers au pays des cowboys ?
Dylan aussi était passé par là. Blonde on Blonde, 1966, le même Bob Johnston aux manettes, les requins de séance qui jouent aux cartes entre les prises, pendant que le fantôme de l'électricité gratte fébrilement le papier.
Plus tard, en repensant à Sing another song, boys, j'y verrai l'empreinte de l'ange serpentin. Mais en 1971, je ne suis pas encore dylanien, dylanisé, dylanifié. Alors tout ce que chante Leonard est encore à Leonard et c'est justice. Les mots qui font l'écume de ce flot postillonné… ah, they'll never ever reach the moon / at least not the one that we're after…
Quelle est sa lune alors ? She waves a nazi dagger… (innocent, j'entendais « nasty »)… Et puis le plus mordant, insidieux, perturbant : ah, she's eaten, she's eaten, with desire…
Qui chantait mieux avant lui le désir des femmes ? Il observe un couple, il raconte ensuite la chose à son cercle de potes avinés. Il fait ça d'une façon telle qu'on a envie d'y être, on a envie de brailler avec lui, parmi eux, d'empoigner la bouteille qui passe.
L'orgue Hammond hennit, grince, comme chez… oui, bon. Tout tangue. La vérité crue des archives, c'est que les musiciens autour de Cohen ne sont pas ses potes, mais des pros comme Charlie Daniels.
Tant pis je préfère l'autre vérité, celle des écoutes nocturnes, débraillées, polluantes. Avec Leonard je ne connaîtrai jamais l'addiction. Mais son disque noir me hante. La preuve encore demain.
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Bridget
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Sujet: Re: LEONARD COHEN Lun 11 Fév - 13:39
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Leonard Cohen (3)
Les disques rayés | François Gorin / Télarama
Imaginons quelqu'un qui snobe Leonard Cohen. Il pourrait vous faire écouter ça pour illustrer son dédain. Quoi, ça ? Love calls you by your name.
Est-ce que j'étais bien sûr de l'aimer au tout début ? Cette litanie sur fond de friselis de guitare à poète maudit. Ces stances lancinantes, chargées de bourdon. Ces once agin… once agin…
J'avais élu le morceau, bon à coller sur une bande magnétique (mais oui, les petits magnétos à bande, ça existait avant les mini-cassettes, fin de la parenthèse vieux con). Je n'avais pas de place pour tout l'album noir (il m'est arrivé de couper des morceaux avant la fin pour cette raison, fin de la…).
Maintenant je vois que sur l'album c'est la seule chanson datée de 1967. Donc retoquée sans doute du premier disque. Celui arrangé par John Lissauer (ici c'est Paul Buckmaster, plus connu ensuite pour son boulot chez Elton John). Celui avec Suzanne. Jamais adoré celle-là. Il y a du Suzanne bis dans Love calls you by your name (la raison de son éviction ?).
Comme il y a du So long, Marianne bis dans le fabuleux Sing another song, boys (n'ai-je pas écrit hier qu'il était fabuleux ?). Maintenant j'entends mieux shouldering your loneliness.
On peut donc « épauler sa solitude » comme un fusil ? Le maître mot ici est between. Après il y a toutes ces choses reliées entre elles. Pas des bagatelles : l'océan et la veine ouverte. Le traître et la douleur. Des plus légères : le danseur et sa canne. Le clair de lune et la promenade. Mais c'est toujours le between qui reste. L'amour t'appelle par ton nom. Entre quoi vient-il, Cohen ?
Entre Dylan et Brassens ? Entre Sinatra et Neil Young ? Entre Johnny Cash et Joni Mitchell ?
Pourquoi se poser ces questions-là aujourd'hui ? Je n'en ressentais nullement le besoin la semaine dernière, moins encore en 1971. Tout a commencé avec Famous Blue Raincoat, disais-je. Mais celle-là aussi gémit, stoïque et loyale, du fond de la même nuit des temps. Elle sait des choses.
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Dernière édition par Bridget le Jeu 14 Fév - 11:18, édité 1 fois
Bridget
Nombre de messages: 2119 Age: 63 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: LEONARD COHEN Lun 11 Fév - 13:53
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Leonard Cohen (4) toujours un peu malicieux....
Chronique Les disques rayés François Gorin / télérama
Avant de devenir, de l'avis général, un chanteur qui écrit des poèmes, Leonard Cohen fut un poète se mettant à chanter
Sortir un album tel que Songs of Leonard Cohen paraît aujourd'hui d'une évidence absolue. En 1967, on aurait voulu vous y voir, dans les bureaux de la Columbia. Il a une tête à être le père de Dylan, dit l'un. Il fait la gueule sur les photos, fait l'autre.
Aucun texte un peu psychédélique dans tout l'album. Le folk à guitare, ça a fait long feu, non ? Il faudra soigner les arrangements. Et puis, cette voix d'outre-tombe…
Depuis quelques années, le susdit Bob a ouvert la porte à des timbres, disons, différents. Mais ça ne se bouscule pas encore. Bientôt Randy Newman, Neil Young, pour ne citer qu'eux, vont en tirer le bénéfice.
La chance de Leonard Cohen est d'être soutenu par John Hammond. Qui délègue la production de l'album à John Simon. Le poète voulait moins de violons. La fiancée de Simon fit les chœurs. La voix de Cohen est posée, profonde, et pas si grave que ses variantes à venir. Les chansons, toutes, sont d'une maturité confondante.
Que leur auteur soit alors âgé de 33 ans n'explique pas tout. Plusieurs vies paraissent les nourrir.
Les hôtesses ont nom Suzanne et Marianne, une pour chaque face. Les vraies splendeurs suivent.
La mélodie de Hey that's no way to say goodbye est imparable mais depuis que j'ai entendu Roberta Flack s'en emparer, ce n'est plus tout à fait pareil.
Teachers a quelque chose d'étonnamment velvetien. Sisters of mercy est typique de cette manière qu'a Cohen d'appeler song pas mal de ses chansons. On entend, on voit, ces « sœurs de la charité » (fort compatissantes au solitaire) être à la fois sujet et matrice : and later, they brought me this song…
Le réconfort ici apporté rend le narrateur généreux. Il ne souhaite qu'une chose, c'est que son auditeur les rencontre aussi, les sisters. Toujours un peu malicieux, Leonard chante une main ouverte et c'est beau.