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Sujet: Re: GRETA GARBO LA DIVINE Mer 22 Avr - 13:59
2010 BIOPIC GARBO
un film prévu pour 2010 qui racontera la vie de Greta Garbo.
Et c'est une actrice suédoise relativement inconnue, Anna-Karin Eskilsson, originaire de Östersund, mais vivant maintenant à New-York depuis 14 ans, qui a décroché le rôle. Elle était en concurrence avec Uma Thurman entres autres. C'est son premier grand rôle elle a déjà eut de nombreux petits rôles dans des séries télévisés et films. Le tournage de "Garbo" commencera l'année prochaine aux USA et en Europe. le budget du film tourne autour de 100 000 millions de couronnes (10 millions d'Euros)
Le film est écrit et réalisé par Buddy Bregman.
Nine Admin
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Sujet: Re: GRETA GARBO LA DIVINE Mer 22 Avr - 22:53
La femme fantôme
Le poète Philippe Soupault, en 1951, racontait l'événement que fut, le 21 janvier 1926 aux Ursulines, la projection de "la Rue sans joie". Il évoquait pour la première fois « le romantisme sur l'écran », et l'Allemagne d'après-guerre, si vivante et morbide à la fois. Et il ajoutait:
« La-dessus se greffe l'apparition de cette femme étonnante, Greta Garbo. Elle m'a donné une impression de fantôme, mais avec le charme du fantôme. Elle a été l'apparition d'un fantôme qui n'était pas tellement étrange que féminin. Elle n'avait même pas ce que l'on a appelé plus tard le sex-appeal. Elle correspondait à nos préoccupations féminines, si je puis dire. Nous poètes surréalistes, nous cherchions évidemment cette femme fantôme. C'était la femme qui aurait pu être une apparition dans les Chants de Maldoror, qui aurait pu être ce que Rimbaud désirait. »
A l’usage des jeunes générations, il faudrait dresser le catalogue des extases superlatives qu’inspira Garbo au faîte de sa renommée. Pour tous elle fut « la Divine » et aussi « l’Incomparable ». Pour d’autres elle fut « Poésie, Aurore et Musique ». Les Anglais virent en elle « le Symbole supra-humain de l’Autre Femme ». Les Allemands, à la tête volontiers métaphysique, la reconnurent comme « le Symbole suprême de la Tragédie insondable ». Il fut aussi question de « Glaçon embrasé » et de « Torche glacée ». Aux USA, quelqu’un vit en elle « la mystérieuse, insondable et inaccessible Essence de l’Indéfinissable ».
C’est Truman Capote, encore lui, qui touche au plus près la vérité lorsqu’il écrit :
« Garbo a apporté au cinéma un sens de la poésie dont nul autre, avant elle, ne s’était approché, à l’exception peut-être de Charlie Chaplin. Même dans ses premiers films, si démodés ou ridicules qu’ils nous paraissent aujourd’hui, elle illumine tout ce qui l’entoure ; son art, très classique, est dominé par une authenticité qui ne lui permet guère, même pour un instant, de sortir du vrai. »
Nine Admin
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Sujet: Re: GRETA GARBO LA DIVINE Mer 22 Avr - 23:14
Une réflexion de Roland Barthes sur Greta Garbo :
“Garbo appartient encore à ce moment du cinéma où la saisie du visage humain jetait les foules dans le plus grand trouble, où l’on se perdait littéralement dans une image humaine comme dans un philtre, où le visage constituait une sorte d’état absolu de la chair, que l’on ne pouvait ni atteindre ni abandonner. (…) C’est sans doute un admirable visage-objet (…) ce n’est pas un visage peint, c’est un visage plâtré, défendu par la surface de la couleur et non par ses lignes (…). Même dans l’extrême beauté, ce visage non pas dessiné, mais plutôt sculpté dans le lisse et le friable, c’est-à-dire à la fois parfait et éphémère, rejoint la face farineuse de Charlot, ses yeux de végétal sombre, son visage de totem. (…)” (Mythologies p. 71.)
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Barthes met en évidence, ensuite, comment le visage de Garbo se lie à une dimension idéale de la beauté où rien ne bouge: “Elle est toujours elle-même (…) le même visage de neige et de solitude.” De neige car elle est comme tombée du ciel, et porte en elle un idéal de “clarté” et de “solitude”, car elle est absolue, pure essence. C’est un visage qui ne peut pas se comparer à un autre.
Dernière édition par Nine le Mar 1 Sep - 3:21, édité 1 fois
Nine Admin
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Sujet: Re: GRETA GARBO LA DIVINE Mer 29 Avr - 22:31
Fiançailles avec Stokowski: une mesure pour rien
l'Enigme Garbo Un grand récit de John BAINBRIDGE Adaptation française de Louis MARTIN-CHAUFFIER
GARBO était au sommet de la gloire. Plus «Divine», plus adorée, plus riche, plus énigmatique, plus «Sphinx suédois» que jamais. Elle avait été la reine Christine, Anna Karénine, la Dame aux Camélias, elle venait d'être Marie Walewska en novembre 1937. Les grandes héro ï nes du roman du de l'histoire ne pouvaient plus avoir, pour le monde entier, un autre visage que le sien. Le roi de Suède venait de la décorer de l'ordre très ancien «Littris et Artibus». Les chroniqueurs cherchaient en vain quelques échos à sensation. Il semblait que, plus elle donnait la vie à des créatures brûlantes de passion, plus elle-même s'effaçait, dérobée comme derrière le rideau noir dont elle faisait envelopper le plateau pour que la métamorphose pût s'accomplir loin des regards, comme un rite secret.
Quand Stokowski parut. En cette fin de 1937, Léopold Stokowski avait cinquante-cinq ans.
Il était l'un des plus célèbres et, sinon le plus grand, sans conteste le plus flamboyant chef d'orchestre des Etats-Unis. Sûr de lui, de sa beauté, de son génie et de son charme irrésistible. Tout, autour de lui. s'ordonnait comme une symphonie, au gré de sa baguette magique, pour sa gloire et sa joie. Le vent de la victoire soulevait ses longs cheveux blancs, comme des ailes. Après avoir dirigé pendant vingt-quatre ans l'orchestre de Philadelphie, Stokowski, homme à la page, s'intéressait au cinéma. Il débarqua à Hollywood pour jouer dans un film le rôle d'un chef d'orchestre illustre qui suscite une passion immortelle.
Mais il avait un autre et puissant désir: connaître Greta Garbo, la séduire, fixer l'insaisissable et forcer la farouche.
Elle dément son mariage: “Je n'ai jamais eu envie d'être conduite à l'autel”
L'ENTREPRISE fut menée tambour battant par un homme qui ne doutait pas du succès. «Stocky, dit un témoin, ne s'attarda pas à l'ouverture: Présenté à Garbo par sa vieille amie Anita Loos, l'auteur de «Les hommes préfèrent les blondes», il déclara tout de suite à la plus célèbre des blondes qu'ils étaient faits l'un pour l'autre, qu'ils étaient Wagner et Cosima. D'ailleurs les Dieux ayant ainsi décidé, ils n'avaient plus qu'à obéir.»
Greta, impressionnée par cette certitude pressante assaisonnée de mysticisme, céda à la loi du plus fort, proie docile, ravie au fond d'être conquise. Tout Hollywood fut vite au courant. On les voyait partout ensemble. Elle, qui ne sortait guère, fréquenta les soirées, dansa la rumba avec ce prétendant qui aurait pu être con père et qu'elle appelait «my boy friend».
Une idylle si passionnée comporte nécessairement un enlèvement et le clair de lune italien. Stokowski loua, pour un mois, près de Naples, à Ravello, un magnifique et ancienne villa, Cimbrone, à flanc de montagne, qui dominait l'un des plus beaux paysages du monde. Il y arriva en février 1938. Garbo, venant de Suède, le rejoignit huit jours plus tard. Elle débarqua, vêtue d'un pantalon de flanelle bleue et de deux lainages. C'était l'a toute sa garde-robe de lune de miel. De la vieille valise fatiguée qui composait son seul bagage, la distinguée gouvernante ne retira qu'une paire d'espadrilles blanches, un lot de lunettes de soleil, un maillot de bain, une paire de pyjamas et des pots de confiture.
Cette austère personne, Suissesse romande qui avait passé presque toute sa vie au service de l'aristocratie britannique, prisait fort peu les actrices. Quand elle vit ce déballage, son dédain devint du dégoût.
La solitude propice aux grandes amours dura exactement trois jours. Le temps qu'il fallut pour qu'une armée internationale de journalistes, ayant repéré la trace de la Divine, fit de l'hôtel Camso son quartier général. Un commando s'empara de «Stocky», qui, se croyant tranquille, était descendu téléphoner à l'hôtel. Le maestro mentit effrontément. Les reporters lui demandaient si Greta Garbo était avec lui, s'il l'avait épousée ou s'il allait le faire: «Qui ça? Garbo? répondit Stocky, très surpris. Ah! oui, l'actrice de cinéma. Je n'ai pas las moindre idée de l'endroit où elle peut être en ce moment, mais sûrement pas avec moi.»
Sur quoi, il battit prudemment en retraite. Mais quand les journalistes, pas dupes, donnèrent le lendemain l'assaut à Cimbrone, la villa était en état de siège: grille cadenassée, pancarte: «Défense d'entrer», et la garnison en alerte, composée de deux carabiniers et de trois chiens policiers.
Faute de pouvoir forcer cette défense, la presse inventa des histoires. On avait vu Garbo traire une vache, «Emma», dans l'étable de la villa, tandis que Stokowski caressait doucement la tête de la bête. Ou encore Stocky offrait, avec des ronds de bras, des camélias blancs à sa belle, qu'il appelait sa «Dame aux camélias».
On ne sut que plus tard comment vivaient les assiégés. Le matin, Greta descendait, un pot de confitures à la main, dont elle étalait de grandes cuillerées sur un bol de flocons de mais. Le café pris, elle remontait le pot, qu'elle enfermait à clé dans une armoire. Auparavant, elle se livrait sur le terrasse, en compagnie de Stocky, à une vigoureuse gymnastique suédoise. Elle dirigeait l'exercice en chantonnant: «Une, deux, une, deux… Monsieur Stokowski ne connaît pas la cadence… une, deux, une, deux…» A midi juste, on déjeunait de carottes crues, tantôt rouges, tantôt jaunes pour varier le menu et sans sel. Le soir, salade et fruits crus. Mais le goûter, entre 3 h 30 et 4 h 30, menaçait de ruiner l'efficacité de ce régime ascétique: Garbo se bourrait alors de sandwiches, de miel, de gâteaux et de confitures.
A 8 heures, elle montait se coucher, emportant de l'huile et du sel. Avec le sel elle se lavait les dents. Pour l'huile, on n'a jamais su si elle la buvait ou se l'appliquait sur le visage.
Partie pour l'Europe avec Stokowski, elle rentre seule, le 7 octobre 1938. Elle déclare: «Je n'ai rien à dire de ma vie privée.»
Après trois semaines de siège, un armistice fut conclu par Stokowski: les assaillants auraient droit à une interview, moyennant quoi ils laisseraient le couple jouir en paix de sa dernière semaine. Stocky introduisit donc solennellement la délégation de correspondants dans la bibliothèque de Cimbrone, où Greta était assise sur un sofa. A leur entrée, elle se leva et se mit à faire les cent pas devant la grande cheminée tandis que le maître se retirait, assez nerveux. Elle démentit le bruit de son mariage, nia qu'elle y pensât pour l'avenir:
– Il y a des gens qui veulent se marier, d'autres pas. Je n'ai jamais eu envie d'être conduite à l'autel.
Elle se tut un instant, contemplant par la porte-fenêtre la baie d'Amalfi ensoleillée. Puis reprit brusquement:
– Je n'ai pas beaucoup d'amis. Je ne connais presque rien. Mon ami, Mr. Stokowski, qui est tout pour moi, m'a proposé de me faire découvrir quelques-unes des belles choses du monde. J'ai accepté avec enthousiasme. J'étais assez na ï ve pour penser que je pourrais voyager sans être reconnue et pourchassée. C'est cruel d'embêter les gens qui ne demandent qu'à vivre en paix.
Un reporter lui demanda si elle formait pour l'avenir quelque projet de mariage. Elle réfléchit un instant: – Le mariage? Je ne saurais le dire. Il me semble qu'il n'y a pas de loi qui régisse vos actions. Je ne fais jamais de projets. Elle n'en avait jamais tant dit.
Une semaine plus tard, Greta et «l'homme qui était tout pour elle» partirent pour un grand voyage en Afrique du Nord et à travers l'Europe, qui, au début du mois de mai, les amena en Suède. Greta avait acheté en 1936, à une soixantaine de kilomètres de Stockholm, pour 55 000 dollars, une grande propriété, «Harby» sur le bord du lac Sillen. Une belle maison de quinze pièces, entourée de champs et de forêts. De l'autre côté du lac, elle avait en outre acquis un lopin de terre pour éviter d'être espionnée. Des pancartes: «Défense d'entrer», «Propriété strictement privée» posées partout signalaient la présence de la vedette aussi sûrement que si elle avait fait hisser sur le toit son pavillon personnel.
ILS passèrent là trois mois tranquilles. Parfois, Garbo et Stocky se rendaient en voiture au village voisin. Greta, pour y faire le marché. Elle marchandait jusqu'aux carottes. Les fiançailles ne paraissaient plus faire de doute. Fin juillet, Stokowski rentra seul aux Etats-Unis. Garbo demeura deux mois seule à Harby, puis s'embarqua pour New York. Dès l'arrivée, à la surprise générale, elle accueillit à bord les journalistes. Elle ne dit mot de Stokowski. On lui demanda si elle avait l'intention de jamais se marier: «Si je trouvais la personne qu'il me faut pour partager ma vie, répondit-elle, il est probable que je me marierais.» L'épisode Stocky paraissait dépassé. A bord, elle avait souvent rendu visite à un bébé qui venait de naître.
Bonne occasion de savoir son opinion sur les enfants: «J'ai toujours été profondément intéressée par les bébés. Je pense que la naissance est toujours un miracle.» Aimerait-elle donc avoir des enfants? Elle secoua la tête:
«Non, le monde est maintenant un endroit trop compliqué… Je ne voudrais pas élever un fils pour l'envoyer à la guerre.»
Après avoir passé quelques jours à New York, elle regagna Hollywood. Elle ne revit jamais Stokowski. Une fois de plus, la flambée ne laissait même pas de cendres.
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Nine Admin
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Sujet: Re: GRETA GARBO LA DIVINE Mer 29 Avr - 22:48
Une musique dont l'intensité va bien au personnage de la Divine.
Leopold Stokowski conducting his arrangement of Bach's Tocatta and Fugue in D Minor with the Philadelphia Orch. for Victor in 1934. It was also recorded in 1927 and was considered the first truly successful orchestral record by many who were critical of records. Bach was not particularly well known in the 1920's and Stokowski's symphonic arrangements changed that.
Leopold Stokowski(1882-1977) was conductor of the Philadelphia Orchestra since 1912 to 1940, and this transciption was make in 1920s. Before WW2, its record which is Leopold Stokowski and the Philadelphia Orchestra was big hit record all of the world. In movie "FANTASIA", Toccata and Fugue is the first music which is played by Leopold Stokowski conducting and the Philadelphia Orchestra in 1940. Stokowski recoded in 1927 and 1934 with the Philadelphia Orchestra for Victor.
This music is arranged by many arrangers. But I think Stokowski's version is still 1best one.
Dernière édition par Nine le Mar 1 Sep - 3:30, édité 2 fois
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Sujet: Re: GRETA GARBO LA DIVINE Mer 29 Avr - 23:12
En 1925, le metteur en scène Moje Stiller arrive à Hollywood en compagnie d'une jeune sauvageonne jugée sans séduction. C'est Greta Garbo. Son premier film, Le Torrent , est un triomphe. Elle est sacrée vamp et le séducteur de l'écran, John Gilbert, achète pour elle un yacht de 100 000 dollars. Mais elle ne montera jamais à bord. En 1926, la M.G.M. lui signe un contrat fabuleux: 100 millions par an. Mais, en plein triomphe, elle demeure «la petite fille qui a peur du monde»