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Sujet: Re: SERGE GAINSBOURG Ven 25 Sep - 11:29
ANNA
Gainsbourg toujours
Diffusée à la télévision en 1967, Anna, la comédie musicale avec Anna Karina et Jean-Claude Brialy, signée par Gainsbourg et filmée par Pierre Koralnik, sortira pour la première fois en DVD le 2 novembre prochain.
Le téléfilm sera édité avec un CD qui comprendra 28 titres, dont certains inédits jusqu'ici, dans lesquels Anna Karina chante en duo avec Eddy Mitchell. Une exposition de photos devrait avoir lieu au Cinéma du Panthéon, à Paris. Le 4 janvier paraîtront trois autres coffrets Gainsbourg : l'un rassemblant ses 45-tours originaux, les deux autres ses musiques de film.
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liliane Admin
Nombre de messages: 11867 Age: 65 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: SERGE GAINSBOURG Mer 20 Jan - 6:01
Gainsbourg en librairie
La déferlante Gainsbourg a commencé il y a quelques temps déjà et les librairies ne sont pas en reste. Ce n’est probablement pas près de s’arrêter et il est bon de savoir prendre un peu de recul pour différencier l’œuvre inspirée de la pompe à billets.
Un premier ouvrage est directement signé par le réalisateur Joann Sfar qui réalise son rêve de transformer Gainsbourg en personnage de BD. Peu de rapport avec le film si ce n’est l’auteur, mais une passion qui transpire à chaque page. Deux ouvrages découlent de ce travail de titans (43 carnets, 1800 dessins) : « Gainsbourg (hors champ) », une bande dessinée, et « Gainsbourg (images) », un recueil de dessins accompagné de citations de l’artiste.
La vie de Gainsbourg a été maintes fois racontée et le fan averti ne découvrira rien à la lecture de l’ouvrage « Serge Gainsbourg » de la collection Beau Livres de Timée Editions. De Lucien Ginzburg à Gainsbarre, c’est par grandes thématiques qu’est développée la vie de cet homme plein de paradoxes. Du génie qui se prenait pour un raté, il ne reste que des photos et des anecdotes pour le grand public. Un livre pour ceux qui veulent savoir qui il a été dans les grandes lignes, ceux qui découvrent sur le tard celui de nos contemporains qui mérite le plus sa place auprès des plus grands hommes qui ont fait les classiques de notre culture.
Enfin, le plus gros morceau de cette sélection, le making of BD du film de Joann Sfar Gainsbourg (vie Héroïque) par Mathieu Sapin. « Feuille de chou » se présente comme le journal de cet auteur de bande dessinée. Il se retrouve à espionner tout le monde sur le tournage du film que son pote prépare. Probablement l’œuvre la plus éloignée du matériau original, mais l'une des plus intéressantes si on la compare aux habituels discours promo que nous livrent par exemple les bonus de DVD. Comme une petite sourie armée d’un appareil photo, d’un stylo et d’un carnet, il rapporte des anecdotes de tournage, toujours teintées d’humour. Les quelques confidences recueillies ne sont jamais déplacées, jamais de trop, même si l’auteur ne se prive pas de balancer ou dire ce qu’il pense. Une bonne BD pour ceux qui veulent se rendre compte du travail de reconstitution fourni, pour les fous de cinéma ou les passionnés de neuvième art.
Voilà de quoi se faire une idée pour ceux qui veulent dépenser quelques euros dans les linéaires consacrés que ne manqueront pas de mettre en avant les librairies et autres grandes surfaces culturelles. On retiendra surtout le travail réalisé par Mathieu Sapin qui dépasse largement le cadre de l’ouvrage dédié à l’artiste, et celui de Joann Sfar réalisé en parallèle du film, et l’accompagne comme si tout était lié par une seule force : la passion pour l’homme, et surtout le personnage.
« Serge Gainsbourg, ouvrage collectif » – Timée éditions – Parution janvier 2010 – Prix : 19 euros. « Feuille de chou : journal d'un tournage » – de Mathieu Sapin – Editions Delcourt G. Productions – Parution 22 janvier 2010 – Prix : 29,90 euros « Gainsbourg, images - de Joann Sfar » – Editions Dargaud – Parution décembre 2009 – 11 euros.
Yohan Labrousse (20 janvier 2010) http://www.commeaucinema.com/a-lire/gainsbourg-en-librairie,176039
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liliane Admin
Nombre de messages: 11867 Age: 65 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: SERGE GAINSBOURG Mer 20 Jan - 6:47
Samedi 6 février à 01:30, M6 diffusera le concert de Serge Gainsbourg, enregistré en 1989 au Zénith de Paris lors de sa dernière tournée.
Après l’indéniable succès de ses deux derniers albums, « Love on the beat » et « You’re under arrest », Serge Gainsbourg se lance en 1989 dans sa dernière et sa plus ambitieuse tournée. Enregistré au Zénith avec ses musiciens américains, ce programme est...
un excellent moyen de redécouvrir l’œuvre d’un des plus grands artistes français au sommet de sa carrière.
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Bridget
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Sujet: Re: SERGE GAINSBOURG Ven 22 Jan - 6:16
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UN JOUR, UN DESTIN - SERGE GAINSBOURG : LE PRIX DE LA GLOIRE
Mardi 26 janvier à 22h45
Magazine. Proposée et présentée par Laurent Delahousse. Préparée par Laurent Delahousse, Frédéric Martin et Renaud Hetru. Réalisée par Serge Khalfon. Produite par Magneto Presse.
Un film de Florent Chevolleau. Montage de Anne Rochefort.
Serge Gainsbourg, c’est une vie marquée par les excès en tous genres, les scandales médiatiques et évidemment quelques unes des plus belles mélodies de la chanson française. Mais tout cela n’est qu’une partie de l’histoire. L’homme était bien plus complexe et plus mystérieux… Gainsbourg c’est aussi un enfant marqué par l’infamie de l’étoile jaune qui échappera à la traque des nazis, un artiste peintre qui brûlera finalement ses toiles et un homme complexé qui finira par croire qu’il était laid.
Et puis le talent et l’ambition l’emporteront, l’artiste timide et réservé deviendra alors le roi de la provoc’, le séducteur des plus jolies femmes de son époque et un compositeur populaire. Grâce à des archives inédites et aux témoignages de ses proches parmi lesquels Lise Lévitsky, sa première femme qui s’exprime pour la première fois, Jane Birkin, Bambou ou encore Juliette Gréco, UN JOUR / UN DESTIN vous fait découvrir l’intimité de Serge Gainsbourg, ses tourments, ses failles et aussi ses secrets. Il est des femmes et des hommes dont le destin était de s’inscrire dans l’histoire.
Gravés dans la mémoire collective, leurs noms évoquent des moments forts, des drames et des mystères… Des vies hors normes. Des destins connus dont on ignore pourtant beaucoup. Vous découvrirez que plus il y a de lumière, plus ces destins sont faits d’ombre…
Dernière édition par Bridget le Sam 19 Fév - 8:21, édité 2 fois
Nine Admin
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Sujet: Re: SERGE GAINSBOURG Lun 8 Fév - 16:37
LA NOYEE VIDEO RARE SOURCE INA
retrouver ce média sur www.ina.fr
LA NOYEE Serge Gainsbourg
Tu t'en vas à la dérive Sur la rivière du souvenir Et moi, courant sur la rive, Je te crie de revenir Mais, lentement, tu t'éloignes Et dans ma course éperdue, Peu à peu, je te regagne Un peu de terrain perdu.
De temps en temps, tu t'enfonces Dans le liquide mouvant Ou bien, frôlant quelques ronces, Tu hésites et tu m'attends En te cachant la figure Dans ta robe retroussée, De peur que ne te défigurent Et la honte et les regrets.
Tu n'es plus qu'une pauvre épave, Chienne crevée au fil de l'eau Mais je reste ton esclave Et plonge dans le ruisseau Quand le souvenir s'arrête Et l'océan de l'oubli, Brisant nos cœurs et nos têtes, A jamais, nous réunit.
Nine Admin
Nombre de messages: 9274 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: SERGE GAINSBOURG Lun 8 Fév - 16:47
Serge GAINSBOURG ET L'ECRITURE
Il est intéressant de souligner l'importance de la rime chez Gainsbourg. Toujours précise, toujours stricte; la rime, élément musical par excellence, va parfois jusqu'à phagocyter le texte, le plier à sa mesure.
Elle n'en n'est plus alors un simple accessoire mais la colonne vertébrale, celle qui le tient debout. Comme tout joueur, Gainsbourg a ses martingales. Orfèvre en la matière, il joue en permanence avec la notion de retour. Cette notion, constitutive de l'écriture du texte de chanson, y est présente à plusieurs niveaux.
D'abord le vers, je vous rappelle que le mot vers vient du latin versus, qui signifie retourner la charrue au bout du sillon. Ensuite au niveau du pied, puisque le vers français issu du latin d'église est monosyllabique, c'est le retour d'une unité de mesure qu'est la syllabe. Enfin au niveau de la rime, le retour des sonorités identiques en fin de phrase.
Ces trois éléments rythmiques et prosodiques, Gainsbourg les utilise de façon stricte. Et c'est peut être là qu'il faut, au risque de choquer les puristes, considérer Gainsbourg comme un auteur classique.
Iconoclaste dans le ton ou la forme, Gainsbourg reste presque toujours classique dans la métrique et la prosodie. Si, comme on l'a vu, il s'autorise une exception, il se dépêche d'en faire un système comme pour mieux marquer la licence poétique. Besoin de reconnaissance ou conformisme inattendu, Gainsbourg ne s'autorise pas par exemple les audaces ou les innovations d'un Boris Bergman vis a vis de la rime ou de la métrique. La mesure garde le dessus. Gainsbourg tire la langue mais la ménage.
Dans Teenie Weenie Boppie, on trouve un bel exemple de ce classicisme:
Un grand Garçon en habit sudiste Lui tend ses deux mains gantées de blanc A son doigt une fauve améthyste En la griffant s'est teintée de sang.
Quatrain presque pompier. N'empêche que l'écriture est fluide et que le style, à défaut d'être novateur, s'oblige à l'esthétisme.
Gainsbourg habille ses provocations d'une élégance convenue, comme il met un blazer bleu sur son jean. Seulement voilà, la coupe comme la toile sont de la meilleure qualité. Au delà du classique on est déjà dans le standard. A peine écrites, les chansons de Gainsbourg entrent dans cette catégorie. Hors mode même quand elles flirtent avec l'air du temps et du coup éternelles. On ne manquera pas, à raison, d' y voir une forme de génie (fut-il dit «mineur»).
C'est que, quel que soit le système choisi, il y a une telle rigueur dans l'exploitation de ses contraintes que l'exercice de style touche à la perfection, celle qui ne recouvre l'émotion que pour mieux la faire ressentir. Cette émotion habillée de style, elle est toujours là. Parfois grossier, voire même scato (eau et gaz à tous les étages, des vents des pets des poums...), Gainsbourg ne sera jamais vulgaire. Style oblige.
Gainsbourg, homme pudique (homme pudique comme on dirait homme public) se méfie des mots. L'émotion il faut aller la chercher derrière. S'ils ne la disent pas, il la portent.
C'est là où je crois qu'il faut peut-être relativiser le qualificatif d'art mineur qu'on reprend trop facilement à toutes les sauces. Si la chanson ne demande pas forcément d'initiation à l'auditeur, celle de Gainsbourg, comme d'ailleurs celle d'autres auteurs majeurs (Roda-Gil, Vian, Boris Bergman, ou Jacques Duvall...) demande un travail.
Si la devise de Descartes était «J'avance masqué»; Gainsbourg, fin lettré, a su faire du style un masque derrière lequel il peut dire sans trahir, oser sans offenser, choquer sans avilir.
Nine Admin
Nombre de messages: 9274 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: SERGE GAINSBOURG Lun 8 Fév - 16:56
"UN ART MINEUR "
Emission APOSTROPHE/Guy Beart la polémique ...
II fut un temps où j'avais sur la chanson cette phrase acidulée : “Un art mineur destiné aux mineures”.
Qu'on le prenne comme I'on veut, quant à moi qui ne trouve dans cette définition absolument rien de blessant pour qui que ce soit, exception faite pour moi-même, je resterai sur ma position, car a-t-on besoin d'être initié dans une discipline qui n'en connaît aucune ?
Je dis que tout art qui se peut aborder sans initiation préalable ne peut être qu'un art mineur, et se pourrait-il que I'on puisse approcher et décrypter Paul Klee sans avoir connu et compris (”comprendre, c'est egaler”, disait Raphaël) Fra Angelico, Mantegna, Delacroix, Manet, Cézanne, Juan Gris et Max Ernst ? Et comment comprendrait-on Francis Bacon sans avoir étudié Paul Klee ?
Une fois subie I'initiation, à chacun de trouver son style et sa voie et de s'assurer s'il y a lieu de son génie. II en est de même pour I'approche de Rimbaud, Alban Berg et Le Corbusier. Or, dans un art mineur comme le mien, il nous suffira de viser juste de I'oeil qui nous reste, roi chez les aveugles, bien sûr, que sont les autres, et faire mouche. Ainsi voulais-je dire que les tireurs d'élite n'auront jamais que du talent tandis que le génie visionnaire, ignorant les cibles immediates et autres disques d'or et pointant son arc vers le ciel selon les lois d'une balistique implacable, ira percer au coeur les générations futures.
Je me suis laissé dire que Marlon Brando se mettait des boules Quiès pour ne point entendre les répliques de ses partenaires et qu'ainsi, totalement isolé et tétanisé par son auto-admiration, son jeu y gagnait en intensité dramatique. Peut-être devrais-je en faire autant. Mais comment savoir alors si je plais toujours aux mineures ?
Serge Gainsbourg
S’il y a une chose que Lucien Ginzburg détestait c’est bien la chanson… L’auteur de La Javanaise a toujours insisté – avec théâtralité – sur le fait que la chanson était un “art mineur” et il a traîné un complexe persistant de n’être qu’un artiste de music-hall. Lui qui se destinait à la peinture. L'expression "Art mineur" appliquée à la chanson nous vient de Serge Gainsbourg, parce que disait-il - et on l'oublie un peu – elle ne nécessite pas d'initiation, au contraire par exemple de la peinture. Et il est en effet avéré que tout un chacun – et c'est très bien ainsi – peut fredonner quelques notes et écrire quelques vers pour au final produire ce qu'il est convenu d'appeler une chanson. mais il y a chansons et chansons ... ! l'art et la manière. Il suffit de consulter le TOP 50 actuel ou de tourner le premier robinet à musique pour s'en rendre compte. Nin@rtmony
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Nine Admin
Nombre de messages: 9274 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: SERGE GAINSBOURG Lun 8 Fév - 17:40
L'ORFEVRE ABSOLU
L'anamour de gainsbourg Quel parolier n'a jamais rêvé d'avoir, ne serait-ce qu'une journée, son incroyable talent d'écriture ? Certains se focalisent sur le sens des mots qu'ils écrivent en oubliant totalement les sonorités, la mélodie des phrases. D'autres au contraire travaillent les sons, les allitèrent, les télescopent, mais oublient complètement que les paroles doivent avoir un minimum de sens.
Gainsbourg, lui, alliait ces deux versants de l'écriture avec une grâce inégalée.
Nine Admin
Nombre de messages: 9274 Date d'inscription: 03/05/2008
« Prendre les femmes pour c’quelles ne sont pas… et les laisser pour ce qu’elles sont ». Ainsi parlait Serge Gainsbourg. Sous cette apparente mysoginie se cachait une profonde tendresse. Si Gainsbourg s’est beaucoup affiché avec des femmes, il n’a pas toujours vécu des histoires d’amour. Et les histoires d’amour n’ont pas non plus fini en beauté. Pas toutes. « J’en ai connu beaucoup à l’horizontale, mais je ne peux pas dire qui : ce serait de la délation », disait-il, gentleman mais entretenant savamment le doute.
Nine Admin
Nombre de messages: 9274 Date d'inscription: 03/05/2008
Dépression au-dessus du jardin Ton expression est au chagrin Tu as lâché ma main Comme si de rien n'était de l'été c'est la fin les fleurs ont perdu leurs parfums Qu'emporte un à un Le temps assassin
Dépression au-dessus du jardin J'ai l'impression que c'est la fin Je te sens soudain Tellement lointain Tu t'es égaré en chemin Tu essaies de me faire croire en vain Que l'amour reviendra l'été prochain
Chanson écrite pour C. Deneuve qu'il a repris en live lors d'un concert au Casino de Paris
Nine Admin
Nombre de messages: 9274 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: SERGE GAINSBOURG Dim 14 Fév - 12:09
UN INEDIT RARE SERGE GAINSBOURG COMME UN BOOMERANG
Bridget
Nombre de messages: 2207 Age: 64 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: SERGE GAINSBOURG Dim 28 Fév - 14:24
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ACOUSTIC Emission spéciale Serge Gainsbourg TV5 / Monde 25 Février 2010
La nouvelle scène francophone rend hommage à Serge Gainsbourg dans « Acoustic ». À l’occasion de l’anniversaire de la mort du chanteur disparu le 2 mars 1991 et alors que le film « Gainsbourg, vie héroïque » de Joann Sfar vient de sortir en France et sera à l’affiche dans de nombreux pays à travers le monde, l’émission musicale de TV5MONDE propose une spéciale avec 9 titres de « l’homme à tête de chou » revisités par les artistes d’aujourd’hui :
Benjamin Biolay "La ballade de Melody Nelson"
Vincent Delerm "La ballade de Johnny Jane"
Julien Doré "SS in Uruguay"
Gonzales "Le poinçonneur des Lilas"
Grace "Ces petits riens"
Ibrahim Maalouf "Requiem pour un con"
Ariane Moffatt "Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve"
Coeur de Pirate "Je suis venu te dire que je m'en vais"
Emilie Simon "La javanaise"
Benjamin Biolay - La ballade de Melody Nelson Gainsbourg - Vannier / Mercury Universal
Julien Doré - SS in Uruguay Gainsbourg / Mercury Universal
Gonzales - Le poinçonneur des Lilas Gainsbourg / Mercury Universal
Emilie Simon - La javanaise Gainsbourg / Mercury Universal
Vincent Delerm - Ballade de Johnny Jane Gainsbourg / Mercury Universal
Ibrahim Maalouf - Requiem pour un con Gainsbourg / Mercury Universal
Dernière édition par Bridget le Sam 19 Fév - 8:23, édité 1 fois
Nine Admin
Nombre de messages: 9274 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: SERGE GAINSBOURG Ven 16 Avr - 5:20
Lise Lévitsky et Serge Gainsbourg 44 ans d'amour
La première femme de Serge Gainsbourg, chez elle, à L'Hermitage-Lorge, dans les Côtes-d'Armor. Lise Lévitsky, 84 ans, vient d'écrire Lise et Lulu.
Entretien.
Comment est née cette histoire d'amour qui a duré 44 ans ?
C'était le 5 mars 1947. Quand j'ai rencontré Lucien (le vrai prénom de Gainsbourg) à l'Académie Montmartre, c'était un petit Juif russe. Moi aussi j'étais russe, mais d'une famille d'aristocrates épouvantablement antisémites. Notre amour a été une fête extraordinaire. Nos deux familles ne s'aimaient pas. On voulait vivre un amour libre, à la manière de Sartre et Beauvoir. C'était la bohème. Je ne voulais pas dépendre d'un homme, j'étais secrétaire du poète surréaliste Georges Hugnet et dans des maisons d'édition. Je peignais, Lulu assez peu. Il disait pourtant qu'il était destiné à devenir un grand peintre.
Un jour, vous vous retrouvez chez Dali...
Pendant quatre mois ! Le poète pour qui je travaillais, malade, ne pouvait plus m'employer, je n'avais plus de logement. Sa femme m'a passé les clés d'un appartement que Dali n'occupait pas. Il y avait des tableaux partout. Lulu, au service militaire, me rejoignait quand il avait une permission. Il avait 21 ans et moi 23. Gala, femme de Dali, inquiète qu'une jeune femme occupe son appartement, est venue compter les draps. Même pas les tableaux, les draps ! Dali est venu le lendemain, avec du champagne, excuser sa femme. Il nous a ouvert une pièce, tapissée d'astrakan noir, du sol au plafond. Lucien était suffoqué : qu'on puisse fouler ça aux pieds était merveilleux. C'est de là que lui est venue l'idée, bien plus tard, de tapisser de noir son appartement de la rue de Verneuil.
Cette première période s'est achevée dans la douleur.
Oui, petit à petit, l'amour libre s'est transformé en tromperies. Lulu vivait des aventures de 24 heures et moi de longues histoires. Jaloux, il exige qu'on se marie, j'accepte en pleurant. Je n'ai plus de liberté, je ne vois plus mes amis, sa mère me surveille. On est en 1959. Il ne veut plus peindre, je me sens trahie. J'entre dans une profonde dépression et nous divorçons. Puis je me remarie... Lui est avec Brigitte Bardot.
Mais l'histoire n'est pas finie...
On ne s'est pas vus pendant des années. Un jour, en mai 68, sur le pont Louis Philippe, on tombe nez à nez. Le début d'un long « revenez-y ». C'est son tour d'être déprimé après que Bardot l'a quitté. Mais chacun est libre, c'est très amusant. Après, mon téléphone sonne régulièrement : « C'est moi, viens ! » Il avait horreur de la solitude. Il y avait un tel défilé de bonnes femmes, je devais représenter un point fixe dans sa vie. Même plus tard, plus vieille, je me suis toujours sentie valorisée avec lui. Dès qu'il revenait, quelle fête ! On était de vieux amis, comme frère et soeur aussi. Un jour où je lui demandais ce qu'il pensait de notre relation, il m'a répondu : « Elle est pérenne et incestueuse ». Même si j'ai voulu parfois le détester, je continue de l'aimer, c'est l'homme le plus extraordinaire que j'ai eu.
Qu'est-ce qui explique son image de séducteur ?
Les femmes tombaient dès qu'il posait son regard sur elles. Le regard du peintre. Il poursuit celle qu'il a choisie d'une attention extrême, irrésistible. Elle croit qu'elle est intéressante. Elle est, en fait, comme un papillon sur une épingle et il la peint. Il est très attentif. Je n'ai jamais connu quelqu'un cherchant autant à faire plaisir, à avoir une relation aussi égalitaire avec une femme. Aucun geste autoritaire, un mot de trop ou une grivoiserie. Lulu, c'est le respect total, le contraire du misogyne. Sa voix aussi m'a toujours touchée, il pouvait dire n'importe quelle connerie avec, ça passait.
Décririez-vous un trait méconnu de Lucien-Serge ?
Gainsbourg, c'est une histoire triste. Il ne se pardonnait pas d'avoir abandonné la peinture, il se sentait en faute. Ce n'est pas pour rien qu'il se représentait en Saint-Sébastien, le martyr transpercé de flèches.
Avez-vous un regret ?
Je suis la seule des femmes qu'il a connues à avoir entendu le téléphone, quand il a appelé le matin de sa mort. J'étais ici, dans ma maison, en Côtes-d'Armor. Il m'a dit : « Je ne veux pas mourir ». J'ai répondu des banalités, du genre « Mais non, t'inquiète pas... » Il est mort le soir même. Je n'ai pas été à la hauteur.
Que reste-t-il de lui aujourd'hui ?
La poésie. Il était la poésie incarnée. Rimbaud devait être de la même espèce.
Recueilli par Marie-Claudine CHAUPITRE. Ouest France
Nombre de messages: 9274 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: SERGE GAINSBOURG Lun 19 Avr - 17:25
L'AMOUR CACHE DE GAINSBOURG
Lise Lévitzky,la première femme de Serge Gainsbourg sort un livre sur son "Lulu"
« C’est moi, viens tout de suite. » L’appel de Serge Gainsbourg arrivait à n’importe quelle heure. Pour Lise Lévitzky, sa première femme, c’était Lulu qui lui téléphonait en urgence. Alors, Lise partait rejoindre l’homme de sa vie. Sauf le samedi 12 mars 1991. « Nous prononçons quelques mots banals. On se salue, on se quitte, on raccroche. Quelques heures plus tard, seul chez lui, Lulu meurt. »
Dans son livre, Lise et Lulu, écrit avec la collaboration du journaliste Bertrand Dicale, un des meilleurs spécialistes de la chanson française, elle vide son sac de souvenirs. L’épouse de l’ombre, âgée aujourd’hui de 84 ans, parle pour la première fois de ses quarante années de passion en dents de scie. Quand elle le rencontre, le mercredi 5 mars 1947, Gainsbourg s’appelait Lucien Ginsburg. Ce Lulu de 19 ans ne pensait pas au show-biz mais voulait devenir un peintre célèbre. Lise avait elle aussi l’ambition de faire une carrière d’artiste peintre.
C’est dans l’atelier de l’académie de Montmartre qu’ils se côtoient. Le mercredi 5 mars comptera d’autant plus pour Lise que ce jour-là, elle fête ses 21 ans, à l’époque l’âge de la majorité.
Elle est désormais libre vis-à-vis de sa famille qui veut l’obliger à abandonner ses pinceaux pour être une virtuose du piano. Très belle, elle affriole les messieurs devant lesquels elle défile comme mannequin de lingerie. Mais la jeune fille, terriblement marquée par un père incestueux qui pour lutter contre le bolchevisme s’engagera dans une unité SS et sera porté disparu sur le front de l’Est, ne s’en laisse pas conter.
Ne jamais rien devoir à un homme, telle est sa devise. Et elle ricane quand on lui parle de mariage. Pourtant, le samedi 3 novembre 1951, elle se marie avec Lulu à la mairie de Mesnil-le-Roi. Il fallut que Gainsbourg, ou plutôt Lucien Ginsburg insiste beaucoup, se traîne presque à ses pieds, pour qu’elle consente à l’épouser. Jusque-là, le couple avait pris modèle sur Sartre et Beauvoir et leurs relations contingentes. En réalité, Lulu est fou de jalousie malgré ses propres écarts amoureux. « Il me recommande de ne pas le tromper, ça lui ferait trop mal. » Le futur Gainsbarre est un romantique absolu.
Lise et Lulu divorceront le 9 octobre 1957.
« Je suis libre. C’est comme si on m’enlevait un énorme poids des épaules. Lucien boude toujours. » Ils célébreront l’événement au champagne et s’offrent une… nuit de noces à l’hôtel ! Gainsbourg scelle avec son ex-femme un pacte d’amour en mêlant leur sang. Une façon de ne jamais se quitter. Rendez-vous clandestins, amants intermittents.
Lise Lévitzky a été le backstreet de Gainsbourg qui abandonna la peinture par détestation de l’art abstrait. « Si c’est ça, l’art moderne, je n’ai rien à voir là-dedans », dit-il après avoir vu triompher Yves Klein. Lise, retirée dans les Côtes-d’Armor, est persuadée du génie pictural de Lulu malgré sa remarque :
« Je sais peindre, mais je n’ai rien à dire. »
Jean-Claude LAMY MIDI LIBRE
"Lise et Lulu", Lise Lévitzky, avec Bertrand Dicale, First Éditions, 17,90 €.