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Sujet: GUISEPPE VERDI Jeu 23 Avr - 22:33
Giuseppe Fortunino Francesco Verdi
compositeur romantique italien, né le 10 octobre 1813 aux Roncole et mort le 27 janvier 1901 à Milan. Son œuvre, composée essentiellement d’opéras très populaires de son vivant, connaît encore aujourd’hui un grand succès.
Verdi est l’un des compositeurs d’opéra italien les plus influents du XIXe siècle, bien au-delà de Bellini, Donizetti et Rossini. Ses œuvres sont fréquemment jouées dans les maisons d’opéra du monde entier et, dépassant les frontières du genre, certains de ses thèmes sont depuis longtemps inscrits dans la culture populaire comme « La donna è mobile » de Rigoletto, le « Brindisi » de La traviata, le chœur « Va, pensiero » de Nabucco ou la « Marche triomphale » d'Aida. Bien que ses compositions soient parfois critiquées pour utiliser un diatonisme sacrifiant au goût populaire plutôt qu’un idiome musical purement chromatique et pour leur tendance au mélodrame, les opéras de Verdi dominent encore le répertoire de l'art lyrique un siècle et demi après leur création.
Visionnaire et engagé politiquement, il demeure, aux côtés de Garibaldi et Cavour, une figure emblématique du processus de réunification de la péninsule italienne, le Risorgimento.
OPERA NABUCCO T.N.P direction Nelo Santi 1979
Lorsque Verdi naît, le 10 octobre 1813, dans le petit village des Roncole, proche de Busseto, le département français du Taro est alors sous domination napoléonienne. Les troupes autrichiennes reprennent cependant le Duché de Parme et Plaisance à peine quelques mois plus tard, en février 1814. La région restera sous le règne de l’archiduchesse Marie-Louise d'Autriche, l’ex-impératrice des Français, jusqu’à la mort de celle-ci en 1847. Verdi aura malgré tout été français durant les quatre premiers mois de sa vie, ce que semble avoir voulu dissimuler sa mère. Sans doute pour des motifs stratégiques de carrière future, elle a constamment déclaré à son fils qu’il était né le 9 octobre 1814.
Verdi a d’ailleurs tout au long de sa vie fêté son anniversaire les 9 octobre. L’acte de naissance de Verdi porté à l’état-civil de la commune de Busseto est ainsi rédigé en français :
« L’an mil huit cent treize, le jour douze d’octobre, à neuf heures du matin, par devant nous, adjoint au maire de Busseto, officier de l’état civil de la Commune de Busseto susdite, département du Taro, est comparu Verdi Charles, âgé de vingt huit ans, aubergiste, domicilié à Roncole, lequel nous a présenté un enfant du sexe masculin, né le jour dix courant, à huit heures du soir, de lui déclarant et de la Louise Uttini, fileuse, domiciliée aux Roncole, son épouse, et auquel il a déclaré vouloir donner les prénoms de Joseph-Fortunin-François. »
Issu d'une famille pauvre, et malgré ses dons évidents, il connut une première formation quelque peu difficile. Refusé par le conservatoire (Milan) comme pianiste en raison de défauts techniques rédhibitoires, il fut encouragé dans la voie de composition, et Vicenzo Lavigna lui révéla Mozart et Haydn.
Il eut la chance exceptionnelle d'obtenir d'emblée une commande de la Scala de Milan, et y fit représenter son premier opéra Oberto (1839), avec un succès suffisant pour se voir aussitôt reclamer une autre oeuvre par ce théâtre. Verdi compose vingt-huit opéras. Parmi les plus célèbres : Nabucco, Macbeth, Rigoletto, La Traviata, Aïda, La force du destin, Il Trovatore, Don Carlo...
Il abandonne progressivement le bel canto classique au profit d'une expression vocale plus dramatique ; les dernières oeuvres de Verdi verront la disparition du récitatif et l'avènement d'un discours musical continu. Ses dons de mélodistes stupéfiants, sa finesse psychologique pénétrante et la spontanéité des émotions qu'il exprimait lui ont assuré l'immortalité.
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Nine Admin
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« Tout un chacun devrait éprouver du respect en face de l’humanité qui souffre » Giuseppe Verdi
C'est avec l'organiste du village que Giuseppe Verdi commence son éducation musicale. Il peut se consacrer à la musique grâce à l'aide matérielle d'un ami de son père, Antonio Barezzi, dont il épousera la fille. Il est tout d'abord refusé au conservatoire de Milan.
Il y reste toutefois trois ans et prend des leçons de composition avec Vincenzo Lavigna, chef d'orchestre au théâtre de la Scala. Alors que son premier opéra 'Oberto' est bien accueilli par le public, il est terrassé par les décès successifs de deux de ses enfants et de sa femme et pense arrêter la composition.
Mais il se ressaisit et son opéra 'Nabucco', présenté à la Scala, est un succès. Par la suite, il écrit la fameuse trilogie : 'Rigoletto' (1851), 'Le Trouvère' (1853) et 'La Traviata' (1853).
Il écrit jusqu'en 1890 et ses deux dernières oeuvres, 'Otello' (1887) et 'Falstaff' (1893), sont des testaments de fraîcheur et de fantaisie.
Son nom sur les murs d'Italie :
L'Italie du Nord est annexée par l'Autriche. Giuseppe Verdi connaît un grand succès dans son pays et devient un signe de ralliement pour les patriotes qui déjouent la surveillance de la police autrichienne en écrivant 'Verdi' sur les murs, qu'il faut lire : 'Victor-Emmanuel, roi d'Italie !'.
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Nine Admin
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Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Jeu 23 Avr - 23:07
THEATRE LA SCALA DE MILAN
"Par souci de la mode, par désir de faire neuf, par affection de savoir, on renie notre art, notre instinct, notre façon de faire ; c'est absurde et stupide". Giuseppe Verdi
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Nine Admin
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Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Jeu 23 Avr - 23:32
Les origines de la vocation musicale
Le petit Giuseppe grandit au contact des musiciens ambulants qui font halte à l’auberge.
De même, bien que Verdi l’ait certainement ignoré, musicalement, « l’enfant n’était pas né de rien » comme il se plaisait à le laisser penser.
On trouve en effet au XVIIIe siècle, dans la branche bolonaise de la famille Uttini, deux cantatrices, un ténor, contemporain et connu de Mozart et un compositeur, Francesco Antonio Uttini (1723-1795). Ce dernier, marié à une nièce d’Alessandro Scarlatti, est l’auteur d’une vingtaine d’opere serie, de chœurs pour les tragédies de Racine et de la messe de couronnement de Gustave III de Suède dont l’assassinat sera le thème du Bal masqué en 1859.
C’est cependant plus en direction de l’environnement social que directement familial qu’il convient de rechercher les origines de cette vocation. L’Italie du XVIIIe siècle s’enthousiasme pour l’art lyrique et bien sûr, ni le duché de Parme et Plaisance ni la ville de Busseto ne sont exempts de cette passion. Le petit Giuseppe est dès sa prime enfance au contact des musiciens ambulants qui font halte à l’auberge des Roncole. L’enfant essaye les instruments, chante avec les chœurs, engrange les souvenirs qui nourriront plus tard l’inspiration populaire de ses opéras.
Mais tout « plongé dans l’extase» qu’il ait pu être à l’écoute des orgues de Barbarie de passage, cette vocation n’aurait pas eu de suite sans la tendre attention que Carlo et Luigia pouvaient accorder à Peppino au sein d’une cellule familiale inhabituellement réduite pour l’époque.
Le jeune Verdi aurait peut-être aussi évolué dans l’échelle sociale sans nécessairement devenir musicien si don Pietro Baistrocchi, le maître d’école, organiste de l’église des Roncole et ami de la famille, n’avait pris conscience du caractère exceptionnel de cet attrait de l’enfant pour la musique.
Attrait qu’il avait pu remarquer lorsque Peppino restait des heures à l’écouter jouer le répertoire tant sacré que profane.
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Nine Admin
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Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Ven 24 Avr - 0:03
La Traviata ou quand le sacrifice de l'Amour le ressuscite...
La Traviata, opéra en 3 actes de Giuseppe Verdi et dont le texte est de Francesco Maria Piave, d’après le roman d’Alexandre Dumas fils, La Dame aux camélias
La Traviata
Tout l’opéra repose sur les talents de l’héroïne (soprano) et fait partie d’une trilogie composée en 1853 par Verdi. Y prédominent belles mélodies, airs envoûtants et suprématie des chœurs chers à Verdi. La première représentation eut lieu au théâtre La Fenice à Venise, le 6 mars 1853. Contrairement au succès actuel, la Traviata (qui signifie en italien « la femme perdue ») connut un échec retentissant lors de sa création. Les raisons imputées à cet échec furent diverses, mais le choix du compositeur de prendre pour héroïne une femme et de surcroît, une courtisane, y fut pour beaucoup. Fait nouveau pour l’époque et première dans l’histoire de l’opéra, en ce milieu de XIXe siècle, le sujet pouvait heurter les sensibilités dans une Italie profondément catholique.
La Traviata est aujourd’hui l’un des opéras les plus populaires du répertoire lyrique.
Si la ressemblance avec le sujet de la Dame aux Camélias d’Alexandre Dumas fils est incontestable, nous pouvons aussi voir dans cette œuvre les amours tumultueuses de Verdi avec la cantatrice Giuseppina Strepponi.
Raison pour laquelle nous devinons, sous les traits de Violetta, la cantatrice et sa vie tumultueuse. C’est donc plus Giuseppina que nous retrouvons dans l’héroïne de Verdi que Marguerite Gautier, la demi-mondaine de Dumas. Violetta aime profondément Alfredo pour se sacrifier, tout comme Giuseppina le fait avec Verdi. Le personnage de Dumas ne se sacrifie pas de la même façon.
La Traviata arrive donc après ces nombreuses péripéties et s’inscrit comme une œuvre plus mature et abouti avec les deux autres de la trilogie populaire. Verdi reprend l’histoire de La Dame aux Camélias de Dumas. Il s’agit donc d’un drame amoureux dénonçant aussi les convenances de la société bourgeoise. L’héroïne, malade mais éperdument amoureuse, lutte contre la volonté du père de son amant père de lui refuser l’amour du héros.
L’opéra est en trois actes :
L’acte I nous fait découvrir l’amour des deux protagonistes, Violetta, courtisane alors frivole et Alfredo, fils de bonne famille. C’est la joie qui domine alors. Mais le drame s’installe dans l’acte II entre les ennuis financiers, le refus du père d’Alfredo de voir son fils déshonoré : C’est la rupture.
L’acte III voit Violetta malade et seule apprend qu’Alfred n’a cessé de l’aimer malgré la volonté d’un père très arrêté sur les convenances. Certains voient dans le thème un parallèle avec la vie amoureuse de Verdi, lui aussi en lutte avec les convenances, entretenant une relation avec une cantatrice. L’opéra repose donc sur ce rôle féminin dédié à une Soprano.
Il sera d’ailleurs magnifié par la grande Maria Callas qui vivait elle aussi une histoire d’amour si proche. Il faut en effet toute la maestria d’une grande interprète pour rendre la partition de ce rôle si difficile, notamment dans le grand air de Violetta.
L’opéra laisse planer les ténèbres de la mort du début à la fin même si de grands airs de fêtes nous font croire à une guérison. Ces airs entrainant aux chœurs exaltants nous transportent alors que la souffrance de Violetta nous émeut, la lutte d’Alfredo nous révolte.
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Nine Admin
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Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Ven 24 Avr - 0:08
Verdi à Parme
la genèse douloureuse de Traviata. Très peu d'opéras furent à ce point le miroir de la vie privée de leur auteur et on ne peut évoquer derrière le personnage de Violetta l'ombre de Giuseppina Strepponi, alors compagne de Verdi.
Giuseppina Strepponi
Rencontrée par le compositeur en 1839, lors d’un séjour à Milan, Giuseppina Strepponi fut d’emblée un soutien actif pour sa carrière. Cantatrice déjà reconnue, elle usa alors de toute son influence pour faire jouer la partition de « Orbeto, comte de Bonifacio » à la Scala. Ayant commencé de travailler le rôle principal, elle n’en assura pourtant pas la création qui connut un succès considérable pour un compositeur encore largement inconnu à cette époque (il fut donné 31 fois en deux saisons).
Verdi était marié, depuis 1836, à Margherita Barezzi, pianiste et chanteuse émérite et fille de son protecteur Antonio Barezzi, responsable de la philharmonie de Bruseto, la ville natale du compositeur. Le couple semblait heureux malgré les soucis financiers et les deuils successifs frappant leur progéniture.
L’échec cuisant de l’opéra suivant « Un giorno di regno », retiré de l’affiche après la première représentation, succédant de peu au décès prématuré de Margherita en 1840, acheva de plonger Verdi dans un désespoir tel qu’il songea un temps à renoncer définitivement à toute activité musicale. Il fallu toute l’énergie de ce provincial acharné et décidé à reconquérir le cœur du public de la célèbre scène milanaise pour surmonter ces épreuves. Et en 1842, ce fut le triomphe de « Nabucco » (57 représentations rien que pour le mois d’août 1842 !). Ce succès fut aussi largement du au talent de Giuseppina Strepponi créatrice du rôle d’Abigaille, rôle extrêmement difficile s’il en est, terreur de bon nombre d’interprètes. Dans une Italie en partie sous occupation autrichienne, le destin du peuple hébreux exilé à Babylone prenait une résonance qui n’échappa pas non plus à la censure et qui contribua à ériger Verdi en symbole musical du patriotisme italien, le nom du compositeur devenant l’acronyme du mot d’ordre de ralliement à l’unité du pays. Le célèbre « Chœur des esclaves », véritable hymne national pour tous les italiens, témoigne encore de la force de ce symbole musical.
A l’époque de la création de « Nabucco », Giuseppina Strepponi, pourtant à peine âgée de 27 ans, était déjà usée vocalement et physiquement par une carrière trop dense et une vie privée agitée qui faisait scandale, la diva multipliant les liaisons et les grossesses « illégitimes ». « Nabucco » signa la fin prématurée de sa carrière et le début d’un grand amour avec son auteur.
Verdi enchaîna succès sur succès (« I Lombardi », « Ernani », « Macbeth ») et devint le chef de file de l’opéra italien de son temps. Giuseppina Strepponi qui enseignait désormais le chant l’accompagnait dans tous ses déplacements en Europe. Le couple affichait publiquement sa liaison, subissant ainsi l’opprobe d’une société prude et donc peu encline à tolérer l’union libre, même chez un homme reconnu et respecté par ailleurs.
C’est au cours d’un séjour à Paris, de décembre 1851 à mars 1852 que le couple assista à une représentation de « La Dame aux Camélias », pièce d’Alexandre Dumas fils qui connaissait un grand succès. Le sujet d’une femme rejetée par la bonne société à cause de son passé libertin, toucha Verdi qui demande illico à son librettiste Francesco Maria Piave de s’en inspirer tout en demeurant le plus près possible du texte original.
On sait que celle qui inspira à Dumas Fils le personnage de sa pièce, Marie Duplessis, était une authentique femme libérée, une mondaine qui ne cessa de défier l’hypocrisie de la bourgeoisie dominante. Elle fut la maîtresse de l’écrivain, lequel ne se remit jamais de sa mort prématurée. Il exhuma même clandestinement le corps de sa bien aimée afin d’en contempler une dernière fois le visage. La relation particulièrement tragique qu’il fit de cet épisode frappe encore par son pathos désespéré ainsi que par les détails réalistes sur l’état de putréfaction du corps. Ce que l’on sait moins c’est que Giuseppina Strepponi n’approuva pas le choix de Verdi de mettre en musique le drame de Dumas fils car elle pressentait que le public et la « bonne société » ne manqueraient pas d’établir un rapprochement entre elle-même et le personnage sulfureux de Violetta. « Traviata » sera toujours un point de discorde dans le couple, d’une solidarité pourtant indéfectible dans les nombreuses épreuves qu’il traversera au cours de presque soixante années de vie commune.
En fait, avec « Traviata », Verdi voulut régler ses comptes avec la population de Brusseto qui avait marqué son hostilité à son retour dans sa ville natale en 1849, en compagnie de Giuseppina Strepponi par des insultes publiques et des jets de pierre réguliers contre la maison où s’était installé le couple. Même son ex-beau père, Antonio Barezzi, avait adressé des reproches amers contre celui qu’il n’avait pourtant jamais cessé de soutenir, y compris après le décès de sa fille Margherita. Verdi, dans une lettre de réponse cinglante, en appela au respect de sa vie privée, dans la mesure où « cette liberté d’action qu’on respecte même dans les pays les moins civilisés » lui conférait le droit de vivre avec :
« une femme libre, indépendante, aimant la vie solitaire et disposant de moyens qui suffisent à ses besoins ».
Les nombreuses vexations infligées à Giuseppina Strepponi suscitèrent un vif ressentiment chez Verdi qui, toute sa vie durant, tint la population de Brusseto dans le plus grand mépris.
La création de « Traviata » à la Fenice de Venise, le 6 mars 1853, fut un demi scandale mais aussi un demi succès. La direction avait refusé de placer les personnages à l’époque contemporaine et avait imposer à Verdi une transposition désastreuse dans le siècle de Louis XIV, transposition qui fut la seule autorisée en Italie du sud jusqu’en 1917 ! Verdi n’eut d’ailleurs jamais le bonheur de voir son plus célèbre opéra joué dans des costumes et décors conformes au livret. A cette scénographie ridicule, il faut ajouter que Verdi, ne pouvant pas obtenir l’interprète escomptée, dut se contenter de la soprano Fanny Salvini Donatelli, très à l’aise dans le registre coloratur et les vocalises du premier acte mais nettement plus gênée par celui, plus dramatique, des deux suivants. Dotée en outre d’un tour de taille assez conséquent, elle eut bien du mal à se rendre crédible dans le rôle d’une tuberculeuse souffreteuse, s’attirant les ricanements d’un public qui n’en attendait pas tant. Pour parachever le tableau, les deux principaux rôles masculins étaient tenus par des chanteurs pas très au faîte de leurs moyens.
Bien qu’usant de procédés stylistiques totalement tributaires des principes musicaux du Bel Canto, « Traviata », par son sujet « sociologique », sa trame dramatique « psychologique » et sa contemporanéité, aux antipodes de l’historicisme romantique alors en vigueur, constitue bel et bien le prototype de l’opéra « vériste ». Le personnage de Violetta, victime expiatoire de l’hypocrisie sociale, annonce, sous bien des aspects, celui de « Madama Butterfly » de Puccini, autre héroïne tragique sacrifiée sur l’autel d’une société machiste et bien pensante. Elle trouve cependant une devancière fameuse en son temps : le personnage principal de « La Juive » de J-F.Halévy qui choisit d’assumer jusqu’au supplice une judaïté supposée quitte à sacrifier son amour et sa vie.
Mais la critique, elle, se montra favorable à Verdi, soulignant l’exceptionnelle maîtrise de la partition. Elle permit ainsi à « Traviata » d’entamer une carrière triomphale en Europe et surtout d’enfanter une nouvelle génération d’héroïnes d’opéra insoumises jusque dans la mort dont la « Carmen » de Georges Bizet et la « Lulu » d’Alban Berg représentent les exemples les plus achevés.
Yves RINALDI
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Nine Admin
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Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Ven 24 Avr - 0:37
L'AIR LE PLUS CELEBRE DE LA TRAVIATA
Angela Gheorghiu (Soprano) and Roberto Alagna (Tenor) perform La Traviata - Brindisi by Verdi, during the Prom at the Palace event held to celebrate the Queen's Golden Jubilee, 2002.
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Nine Admin
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Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Ven 24 Avr - 0:50
LA FORZA DEL DESTINO Giuseppe Verdi
Version "de Milan", 1869
Le titre dit tout: comment de faibles héros peuvent-ils se défaire de la loi des dieux et de la destinée? Le Fatum est une donnée importante du théâtre verdien. Souvent les filles y sont sacrifiés, l'amour brûlé sur des autels voraces et l'innocence corrompue ou pervertie par la barbarie d'un système sans compassion.
Maestro Ricardo Muti
De quoi tailler de beaux airs pour une soprano tendre mais impuissante, un ténor héroïque souvent vainement vaillant, surtout une basse ou un baryton ténébreux, manipulateur. S'agissant de La Force du destin, dont le livret est adapté par Piave d'après Don Alvaro o la Fuerza del Sino (1835) de Banquedano, l'opéra est en quatre actes. Verdi ajoute une scène d'après Schiller (Camp de Wallenstein, 1799), un auteur qu'il estime beaucoup. La partition est créée à Saint-Pétersbourg en 1862.
Pas de salut pour Leonora ni Alvaro
Leonora a voulu fuir son père, le Marquis de Calatrava, pour suivre son amant, Don Alvaro. Mal lui en a pris, le géniteur les surprend et le fiancé le tue. Coupable, rongée par le remord inspiré par un désir déraisonnable, Leonora rejoint les ordres. Le frère de Leonora, Don Carlos de Vargas a juré de venger l'honneur paternel et de tuer l'assassin de son père. D'ailleurs celui-ci réussit à le trouver,... dans le couvent de la Madone des Anges où Alvaro est devenu le populaire et estimé Père Raphaël. Les deux hommes se battent en duel... Leonora sort de son ermitage reconnaît Alvaro qu'elle n'a jamais cessé d'aimer, mais son frère Carlos la poignarde avant d'expirer. Accablé par la perte définitive de celle qu'il avait cru morte, Alvaro se jette dans un précipice. On échappe pas ainsi à son destin: chacun doit payer pour les fautes qu'il a commises. Ainsi périssent les héros auxquels toute idée de pardon est exclue.
Lontine Price
Verdi a près de 50 ans lorsqu'il livre son nouvel ouvrage pour le théâtre Impérial de Saint-Pétersbourg. Derrière lui, il a déjà connu les succès depuis 10 ans déjà grâce à la trilogie gagnante celle de Rigoletto (1851), Il Trovatore (1853) et La Traviata (1853). Il vient d'épouser (1859) la cantatrice Giuseppina Strepponi avec laquelle il vivait en concubinage, sans manquer de semer le trouble dans l'âme bien pensante des habitants de Busseto et Sant'Agata, le village où il habite une riche demeure.
Dramaturge exigent, et même perfectionniste, le compositeur reprendra plusieurs de ses opéras après leur création. La Forza del destino, comme Simon Boccanegra, Macbeth, Don Carlos, n'échappe pas à cette règle qui révèle une quête insatisfaite de la vérité théâtrale. Après la création russe, l'ouvrage est donc le sujet d'un cycle de modifications: Verdi restaure et réadapte scènes et fin de l'acte IV. Cette seconde version dite de Milan, est créée à La Scala en 1869. Après la verve et le brio de Rossini, le lyrisme extatique de Bellini, l'intensité dramatique de Donizetti, Verdi ajoute sa manière propre, celle d'un auteur occupé par l'expression voire par des caractères justes et de forts contrastes.
Les personnages de La Forza del Destino illustrent bien dans la typologie des personnages verdiens, cette affection pour des êtres brûlés, solitaires, auxquels toute idée de bonheur, de répit, de détente est étrangère. Ces victimes du système social (dont Verdi a beaucoup souffert dans sa vie personnelle) n'ont que la mort pour issue. Etres déchirés, torches vivantes s'exprimant de façon radicale et passionnée: en somme d'excellents sujets de dramatisation musicale.
Et je rajoute que c'est mon opéra favori de Verdi.
une autre interpretation par James Levine
"LA FORZA DEL DESTINO", OUVERTURE, FROM GIUSEPPE VERDI. THE PREMIERE WAS IN 1862, ST. PETERSBURG. METROPOLITAN OPERA HOUSE, JAMES LEVINE CONDUCTING. 1984...magnifique !
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Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Ven 24 Avr - 1:49
VERDI c'est aussi des requiems.
Celui là est grandiose Extrait du Dies Irae du requiem de Verdi, orchestre philharmonique de Berlin mené par Abbado
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Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Ven 24 Avr - 10:01
RIGOLETTO
LA donna e mobile « Souvent femme varie. Et bien fol qui s'y fie. » François 1er
Rigoletto (1851) fait figure de pièce maîtresse, volet du tryptique de la maturité, avec La Traviata et Le Trouvère (1853). L'action superbement traitée par Verdi, d'après Victor Hugo (Le roi s'amuse) resplendit par ses éclairs fulgurants en particulier dans la scène finale de la tempête où se précipite l'action: meurtre de la fille, à cause du père qu'une malédiction conduit à commettre l'impensable, le plus effroyable des sacrifices...
Le premier des opéras romantiques de Verdi, Rigoletto est contemporain de La Traviata. Victor Hugo a fourni avec Le Roi s'amuse la matière d'un livret particulièrement dramatique. Le bouffon d'un prince garde jalousement sa merveille de fille. Le prince s'en amourache et pour la séduire se déguise en étudiant. Le tout se termine dans un bain de sang.
DVD - Rigoletto (Verdi) Wixell, Pavarotti, Gruberova, Viena Philharmonic, Riccardo Chailly. Directed by Jean-Pierre Ponnelle.
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Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Ven 24 Avr - 11:25
IL TROVATORE
Livret de Salvatore Cammarano D'après le drame d'Antonio Garcia Gutiérrez
Après les trois premières représentations de Rigoletto, Verdi retourne à Busseto.
C’est pour lui une épreuve de plus de retrouver sa mère gravement malade. Elle meurt le 30 juin 1851.
A la fin de l’année il quitte Busseto pour Paris avec la Strepponi, façon d’échapper aux médisances qui circulent sur leur compte.
Car son amie est peu acceptée par la population de son village ; aussi écrit-il les paroles suivantes au père de sa défunte femme, Margherita Barezzi :
« Vous vivez dans un pays où les gens ont la mauvaise habitude de s’immiscer souvent dans les affaires d’autrui et de désapprouver tout ce qui n’est pas conforme à leur idées …. Une femme habite chez moi. Elle est libre, indépendante, elle aime, comme moi, une vie solitaire qui la mette à l’abri de toute obligation. Ni moi, ni elle ne devons rendre compte de nos actions à qui que ce soit».
De son passage dans la capitale française, Verdi laisse l’engagement ferme de composer un opéra en quatre ou cinq actes sur un livret de Scribe pour la fin de l’année 1854 (ce seront «Les Vêpres Siciliennes »).
De retour à Busseto en mai 1852, les peines se succèdent ; le vieux père de Verdi tombe gravement malade, et Salvatore Cammarono, chargé de travailler sur le livret du « Trovatore », meurt le 17 juillet 1852. C’est le poète napolitain Leone Emanuele Bardare qui reprend la tâche.
L’ouvrage s’inspire du drame avec lequel Antonio García Gutiérez, poète espagnol eut un grand succès lors de sa parution en 1836.
C’est donc dans cette période douloureuse que le compositeur termine dans les moindres détails la musique de l’opéra qui met le mieux en valeur les qualités particulières de son esprit et de son âme.
L’œuvre est voilée de mélancolie et le poids de la solitude dans laquelle il s’enferme y est pour beaucoup.
D’abord prévu pour Naples, mais depuis « Luisa Miller » Verdi est définitivement fâché avec la direction du théâtre, « Il Trovatore » est cédé au Théâtre Apollo de la ville de Rome.
Puis en août 1852, Louis-Napoléon Bonaparte devenu président de la république nomme Verdi Chevalier de la Légion d’Honneur. C’est son ministre de l’intérieur, Léon Escudier, qui se rend en personne en Italie pour remettre les insignes de l’Ordre.
Il retrouve Giuseppina Strepponi qui enseigne le chant à Paris depuis l'automne 1846, et ils s'installent près de Paris, à Passy, officialisant ainsi leur relation amoureuse. C'est là qu'il compose Il Corsaro, commandé par le Teatro Grande de Trieste.
"Quand j'ai commencé à choquer le monde musical avec mes péchés, on subissait la calamité des primas donnas, des Rondos, maintenant, c'est la tyrannie des chefs d'orchestres ! Mauvais, très mauvais ! mais des deux maux, je préfère le premier !."
G. Verdi à Giulio Ricordi, le 18 mars 1899
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Nine Admin
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Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Ven 24 Avr - 13:01
AIDA
Regards sur Aïda
Aïda est l’opéra de Verdi le moins connu. Cette affirmation peut paraître paradoxale pour une partition qui fait la joie des publics de tous les opéras en herbe de la terre.. c’est là que réside le terrible malentendu d’Aïda :
quand le mélomane y entend une succession de scènes intimes qui traitent du conflit insoluble entre l’éthique et la nature, entre la loi morale et les exigences de la vie, un drame où l’amour, la jalousie, le devoir, l’honneur et la trahison se heurtent terriblement.
Mais Aïda a ses problèmes. Surtout son livret dont le scénario fait preuve d’une désinvolture historique digne d’Hollywood au temps de Cecil B. de Mille. Ce scénario fut conçu par le célèbre égyptologue français Auguste Mariette, qui créa aussi les décors et costumes, afin de garantir la justesse historique de la production. L´action se déroule au temps des pharaons et relate l´histoire de Radamès, général égyptien, qui dédaigne l´amour de la fille du roi d´Egypte en faveur d´Aïda, une jeune esclave qui n´en est pas moins la fille du roi d´Ethiopie, ennemi mortel du roi d´Egypte. Par amour pour elle, il trahit son pays et est condamné à être enterré vif; Aïda le suit dans la mort.
Dès 1870, le bruit courrait que le projet du livret était l’œuvre du vice-roi d’Egypte, le khédive Ismail Pacha. Pour des raisons politiques, Ismail Pacha essayait de faire reconnaître en droit la validité du pouvoir que sa famille exerçait en fait depuis plus de soixante ans de façon indépendante de la tutelle du sultan turc. Mais le passé de l’Egypte était totalement inconnu du monde politique. Ismail Pacha avait fait ses études en France et était donc plus familier avec l’histoire de Rome qu’avec celle des pharaons. D’où ces non-sens historiques : une action qui se déroule dans le temple de Vulcain (dieu romain !) à Memphis, dans la vallée du Nil, un morceau de bravoure qui ressemble étrangement à un triomphe romain et un supplice que le monde des pharaons a toujours ignoré : la mort du héros condamné à être enterré vivant.
Au sein de l’œuvre de Verdi, Aïda est considérée comme une œuvre de consolidation, dans laquelle le compositeur met à profit ses années d’expérience avant de se forger le nouveau langage audacieux de ses derniers opéras. Chronologiquement, Aïda (1871) se situe entre Don Carlos (première version) (1867), les révisions de La Forza del destino (1869) et la Messa di requiem (1874).
En 1870, le vice-roi d'Egypte fit à Verdi la commande de Aïda qui serait représenté à l'occasion de l'ouverture du canal de Suez; il reçut 100.000 francs d'honoraires. Aïda est le chef d'oeuvre des opéras sérieux de Verdi, quoique l'influence de Lohengrin de Wagner y soit sensible.
Franco Zeffirelli Production of Verdi's Aida with Violeta Urmana, Carlo Guelfi and Ildiko Komlosi. La Scala 2007
"Aida" ouvre les Chorégies d'Orange
L'opéra de Verdi a inauguré le festival de musique lyrique avec ses fidèles, dont le ténor Roberto Alagna.
L '"Aida" de Verdi a inauguré avec succès samedi 8 juillet au soir les Chorégies d'Orange. Une production novatrice et sobre qui consacrait trois grands artistes de la musique classique :
le chef Michel Plasson, le ténor Roberto Alagna et le metteur en scène Charles Roubaud. Roberto Alagna incarne le général Radamés qui, au temps des pharaons égyptiens, revient dans son pays, après sa victoire sur les Ethiopiens.
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Nine Admin
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Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Ven 24 Avr - 13:16
NABUCCO
THE FAMOUS CHORUS "VA PENSIERO SULL´ALI DORATE" FROM VERDI´S "NABUCCO". METROPOLITAN OPERA HOUSE, JAMES LEVINE CONDUCTING. 2001.
Sa musique sonne comme un hymne de liberté Sa bouée de sauvetage viendra d’un livret qu’on lui propose ayant trait au roi Nabuchodonosor. Verdi se laisse emporter par son sujet et compose l’opéra « Nabucco », qui triomphe le 9 mars 1842 grâce, en partie, à l’interprétation de la diva Giuseppina Streponi. Ce soir-là, les Italiens font le lien entre la souffrance des hébreux dans cet opéra et la leur. La musique de Verdi résonne comme un hymne de la liberté. Le compositeur est instantanément projeté à l’avant de la scène politique de son pays. Aucun autre musicien n’a connu de consécration populaire aussi rapide. L’Italie le réclame à cors et à cris.
Nabucco
La bible fait largement écho des turbulences qui au VIIième siècle Av JC bouleversent le moyen orient. Déjà sous la pression des Scythes et des révoltes intérieures, l’empire Assyrien est défait par Babylone et les Mèdes. Ninive est prise et totalement détruite en 612 av JC.
Nabuchodonosor II fait alors de Babylone le centre de l’empire Néo-babylonien et s’empare de Jérusalem en 597. Il emmène en captivité le roi Joachim, une bonne part de la noblesse juive et nomme Zédécias, l’oncle de Joachim, gouverneur de la ville. Ce dernier, poussé par les Egyptiens adopte une politique ouvertement anti-babylonienne.
En 587, Nabuchodonosor s’empare une nouvelle fois de la ville et déporte une nouvelle fois la population.
L’action se situe au moment de la prise de la ville. Verdi décompose « Nabucco » en quatre parties sous titrées d’une citation du livre de Jérémie.
Bien que sa fille soit prisonnière des juifs, Nabucco entre dans la ville et ordonne la destruction du temple de Salomon. Fénéna est épargnée par Ismael (neveu de Zédécias) et la population est amenée à Babylone.
Là, Fénéna, devenue régente de la ville en l’absence du roi, commence à libérer les juifs. Nabucco de retour du champ de bataille se proclame Dieu. La réplique ne tarde pas et il est de suite frappé par la foudre. Abigaille, une esclave qui se crue longtemps être sa fille, prend alors le pouvoir et fait enfermer Fénéna et son père pour préparer l’exécution des juifs.
Il faudra le repentir de Nabucco pour que lui vienne une aide qui lui permettra de reprendre sa couronne et libérer la population de Jérusalem.
A cette époque les déportations se pratiquent régulièrement. Toutefois, il s’agit de priver la petite partie de la population très cultivée du territoire conquis pour l’utiliser dans l’administration de Babylone. L’opéra donne donc ici une dimension dramatique.
L'ouverture de Nabucco Mastro Riccardo Muti
C’est cette immense fresque lyrique qui a permis à Verdi de devenir célèbre. Tous les ingrédients de son génie s’y déploient :
un orchestre à la force dramatique intense, des choeurs lyriques donnant au peuple le statut d’un véritable personnage, et des solistes dont les prouesses vocales laissent les auditeurs toujours impressionnés par le mélange de virtuosité et de subtilité psychologique. L’opéra a vite connu un succès mondial grâce au chœur «Va pensiero» qui est immédiatement devenu l’hymne à la liberté qu’ont chanté tous les peuples opprimés. Comme L’Hymne à la joie de Beethoven, Nabucco est devenu une oeuvre universelle.
En 2008 représentation au Stade de France : http://www.nabucco-lespectacle.com/
Nine Admin
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Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Ven 24 Avr - 23:03
Documentaire Les Grands Compositeurs, Verdi Collections de 10 Films : Les Grands Compositeurs. Version Française : Post Production et Voix off /JNV productions / Jeremy Nedjar
Nine Admin
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Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Lun 27 Avr - 16:18
Faut-il encore présenter le Requiem de Verdi ? Donné pour la première fois à l'église Saint-Marc de Milan sous la direction de Verdi lui-même en 1874. Un monument de la musique romantique. Une Messe de Requiem qui déchaîne les forces telluriques, volcaniques , les ébranlements céléstes. les foudres musicales voisinant avec les plus doux moments de grave félicité.
UC Davis Symphony Orchestra and University Chorus Jeffrey Thomas, conducting, with Arianna Zukerman, soprano; Judith Malafronte, mezzo-soprano; Steven Tharp, tenor; David Arnold, baritone, and alumni chorus. Verdi: Requiem.
Nine Admin
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Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Lun 27 Avr - 16:25
L'histoire de Guiseppe Verdi s'achève ici, mais son coeur continue de battre à travers sa Musique.
FILMATO AUTENTICO DEI FUNERALI DI GIUSEPPE VERDI
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Nine Admin
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Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Lun 27 Avr - 16:49
Une belle déclaration d'Eric Emmanuel Schmitt
"La musique est liée à ma vie intime et ma vie spirituelle. Elle nous aide à construire nos vies spirituelles, nous apaise, nous console, nous redonne de la joie, nous rend allègre, nous fait danser, chanter. On ne parle pas de ce pouvoir hallucinant.
On a des conversations stupides du genre "J'aime tel chanteur, tel musicien", "Est-ce que tu as entendu cette version ?"
Des conversations de golfeurs qui parlent de trous.
L'art peut nous apporter ce que la philosophie est impuissante à faire.
La philosophie cherche à comprendre.
Tandis que l'art exalte, célèbre. La peinture célèbre le visible, la musique l'invisible. Le romancier est celui qui célèbre la vie humaine et sa complexité. L'art nous aide à vivre."
liliane Admin
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Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Jeu 1 Oct - 23:06
Le Requiem de Verdi, dirigé par Antonio Pappano Par Bertrand Dermoncourt, publié le 01/10/2009
Une nouvelle mouture du Requiem de Verdi, après les versions de référence de Karajan, de Giulini ou de Muti ? Oui, c'est possible. A la tête du choeur et de l'orchestre de l'Académie Sainte-Cécile de Rome, à la densité impressionnante, et d'un quatuor vocal exceptionnel (Villazon, Pape, Harteros, Ganassi), Antonio Pappano vient de relever ce défi. Et de proposer une autre lecture, ouvertement mystique, de ce chef-d'oeuvre dont on croyait connaître les moindres facettes. Ce nouveau Requiem, d'une ardeur sombre, évite en effet le sentimentalisme complaisant et les épanchements faciles que l'on entend trop souvent. Il brûle d'un feu ardent, qui consume autant qu'il console.
Nombre de messages : 12593 Age : 66 Localisation : dans la galaxie Date d'inscription : 02/05/2008
Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Jeu 16 Sep - 6:40
liliane Admin
Nombre de messages : 12593 Age : 66 Localisation : dans la galaxie Date d'inscription : 02/05/2008
Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Sam 2 Oct - 10:24
Diffusion en direct du Stade de France de l'opéra de Verdi Aïda
ce samedi 2 octobre à 20h35 sur la chaîne France ô
Bridget
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Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Sam 3 Sep - 19:13
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Petit retour en arrière , 14 Mars 2011 .
À l'Opéra de Rome, le chef Riccardo Muti a choisi un symbole fort en jouant le chef-d'œuvre de Verdi pour le 150e anniversaire de l'unité italienne.
Une invitation à lire le texte ci-après et à écouter la vidéo en référence
Magique et magnifique.
Le 12 mars dernier, Silvio Berlusconi a dû faire face à la réalité. L’Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa création et à cette occasion fut donnée, à l’opéra de Rome, une représentation de l’opéra le plus symbolique de cette unification : Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo Muti.
Nabucco est une œuvre autant musicale que politique : elle évoque l'épisode de l'esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple.
Mais avant la représentation, Gianni Alemanno, le maire de Rome, est monté sur scène pour prononcer un discours dénonçant les coupes dans le budget de la culture du gouvernement. Cette intervention politique, dans un moment culturel des plus symboliques pour l’Italie, allait produire un effet inattendu, d’autant plus que Sylvio Berlusconi en personne assistait à la représentation …
Riccardo Muti, le chef d'orchestre, raconte ce qui fut une véritable soirée de révolution :
« Nous avons commencé l’opéra, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux chant *Va Pensiero*, j’ai immédiatement senti que l’atmosphère devenait tendue dans le public. Au moment où les gens ont réalisé que le *Va Pensiero* allait démarrer, la salle s ’est remplie d’une ferveur viscérale car les esclaves chantent alors: « Oh ma patrie, si belle et perdue ! ».
Alors que le Chœur arrivait à sa fin, dans le public certains s’écriaient déjà : « Bis ! » Le public commençait à crier « Vive l’Italie ! » et «Vive Verdi ! » Muti hésitait à accorder le « bis » pour le *Va pensiero*. Mais le public avait déjà réveillé son sentiment patriotique. Le chef d’orchestre s’est alors retourné faisant face à la fois au public et à M. Berlusconi, et voilà ce qui s'est produit :
On entend crier dans le public : "Longue vie à l'Italie !"
Le chef d'orchestre Riccardo Muti :
"Oui, je suis d'accord avec ça, "Longue vie à l'Italie" mais... Je n'ai plus 30 ans et j'ai vécu ma vie, mais en tant qu'Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j'ai honte de ce qui se passe dans mon pays.
Donc j'acquiesce à votre demande de bis pour le "Va Pensiero". Ce n'est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Chœur qui chantait "O mon pays, beau et perdu", j'ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l'histoire de l'Italie est bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment "*belle et perdue*."
[Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène]
"Si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble."
C’est alors qu’il invita le public à chanter avec le Chœur des esclaves. Tout l’opéra de Rome s’est levé. Et le Chœur s’est lui aussi levé. Ce fut un moment magique dans l’opéra. Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à l’attention des politiciens.
Regardez ce moment magique !
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Bridget
Nombre de messages : 2333 Age : 65 Localisation : Paris Date d'inscription : 13/05/2008
Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Jeu 1 Aoû - 19:19
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Les Chorégies d'Orange célèbrent l'anniversaire de Giuseppe Verdi
Deux cents ans après la naissance de Giuseppe Verdi, les Chorégies d'Orange rendent hommage au compositeur italien. Son "Bal masqué" sera joué au théâtre antique les 3 et 6 août.
Un spectacle grandiose dans un lieu tout aussi exceptionnel.
"Le bal masqué" ("Un ballo in maschera") est un opéra en trois actes sur fond d'intrigues amoureuses et de conspiration meurtrière. A Boston, le Gouverneur Riccardo di Warwick (Ramon Vargas) s'apprête à donner un bal durant lequel son ami et néanmoins rival Renato (Lucio Gallo) compte bien se venger, car Riccardo aime sa femme, Amelia (Kristin Lewis).
Une passion qui le conduira au trépas.
L'opéra mis en scène par Jean-Claude Auvray sous la direction musicale d'Alain Altinoglu sera retransmis en direct sur
France 2 le mardi 6 août à partir de 21h45.
Verdi Un Ballo in Maschera
Opéra en trois actes, Livret de Antonio Somma, d’après le livret d'Eugène Scribe pour l’opéra d’Auber, Gustave III ou Le Bal masqué.
Direction musicale Alain Altinoglu
Mise en scène Jean-Claude Auvray Scénographie Rudy Sabounghi* Costumes Katia Duflot Éclairages Laurent Castaingt Chorégraphie Béatrice Massin*
Amelia Kristin Lewis Ulrica Sylvie Brunet-Grupposo Oscar Anne-Catherine Gillet
Riccardo Ramón Vargas Renato Lucio Gallo Samuel Nicolas Courjal Tom Jean Teitgen Silvano Paul Kong
Orchestre National Bordeaux-Aquitaine Chœurs des Opéras de Région Compagnie Fêtes Galantes
Altinoglu, un chef amoureux des voix
Fasciné par les chanteurs, le chef d'orchestre promet Un bal masqué, de Verdi, mémorable aux Chorégies d'Orange.
C'est un trentenaire discret, Alain Altinoglu. Sa baguette, pourtant, est l'une des plus prisées de l'opéra.
Du Metropolitan de New York au Staatsoper de Vienne, toutes les grandes scènes lyriques s'enflamment pour le chef français. Samedi prochain, c'est aux Chorégies d'Orange, l'ultrapopulaire festival d'opéra, qu'il faut l'entendre : il y dirigera la première d'Un bal masqué, opéra-tube de Verdi, devant le Théâtre antique et ses quelque 8.000 spectateurs. Avec ce feu, cette classe, et surtout cet amour des voix qui font sa renommée.
Le chef est d'ailleurs ici bien loti. Il y a le Mexicain Ramón Vargas, chantant main sur le cœur comme les grands ténors old school, dans le rôle phare de Riccardo ; la mezzo Sylvie Brunet, timbre sublime, en Ulrica ; ou encore la très alerte Anne-Catherine Gillet dans le rôle virtuose du page Oscar. Un plateau de rêve!
D'autant qu'il y a dans l'œuvre ces lenteurs majestueuses, ces sautillements faussement festifs, ces pics dramatiques dont Altinoglu pourrait vous parler pendant des heures. Le tout sur fond d'amour et de sang à la cour de Suède et vous frôlez la plus puissante des soirées lyriques de l'été.
Une scène plus vaste que les plus grands opéras du monde
Bien sûr, les mises en scène à Orange ne brillent jamais par leur audace, et celle-ci ne devrait pas faire exception. Bien sûr, les imprévus climatiques sont ici légion. "Mais dès que cesse le mistral, quelle magie! s'enthousiasme le chef. Avec le ciel étoilé et la statue d'Auguste qui vous regardent, c'est un bonheur d'y diriger." Doublé d'une gageure technique.
Sur cette scène plus vaste que les plus grands opéras du monde, le chef défie carrément la physique. "Avec plus de 30 m de distance entre le chanteur et moi, explique Altinoglu, il y a un décalage entre le son et l'image. Je vois les bouches bouger, mais j'entends les chants un peu après." Les contraintes du grandiose.
Alain Altinoglu est un vrai chef lyrique, de ceux qui savent écouter les voix, tempérer leurs fragilités, retards et caprices. "Oui, j'adore les chanteurs, confie-t-il. Mon rôle, c'est de les accompagner, de les soutenir…"
Sa marque? Un certain enrobement, une souplesse, un je-ne-sais-quoi qui fait briller l'ensemble. Et les chanteurs, il les a pratiqués. Il a démarré sa carrière comme pianiste répétiteur. Loin des feux de la scène, le poste consiste à remplacer l'orchestre lors des répétitions et implique une grande proximité avec les interprètes.
Atypique, le chef n'a jamais pris un seul cours de direction d'orchestre - "Mais bon, Pierre Boulez non plus!" - et a failli, après le bac, entrer en maths sup. Il a gardé de ses passions scientifiques un goût pour l'analyse et le décorticage des partitions.
Entre un père prof de math et une mère pianiste, tous deux Arméniens de Turquie, on comprend les hésitations du jeune Altinoglu.
D'ailleurs, il n'a pas encore remisé son piano aux oubliettes. Avec sa femme, la mezzo Nora Gubisch, il forme un couple clavier-voix qu'on entendra le 8 août prochain au festival de L'Emperi, à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), dans un programme Manuel de Falla, tandis qu'on attend leur troisième album commun pour l'automne.
Pour autant, Altinoglu pense à prendre une certaine distance avec ce monde lyrique, qu'il aime tant. "Il m'arrive de rester pendant six ou sept semaines à New York ou Tokyo pour une production d'opéra. Nora, elle aussi, chante beaucoup à l'étranger. Pas simple pour la vie de famille!" Mais on ne quitte pas comme ça Verdi. Après le Bal masqué d'Orange, direction l'Opéra de Vienne en septembre pour Simon Boccanegra…
Un bal masqué, avec l'Orchestre national de Bordeaux-Aquitaine, Théâtre antique d'Orange. Les 3 et 6 août à 21 h 30. Rens. : www.choregies.fr Et le mardi 6 août à 21h50 sur France 2.
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Sujet: Re: GUISEPPE VERDI Mer 5 Aoû - 1:25
Opéra 04 aoû 2015 disponible jusqu’au 05/02/2016
Il Trovatore de Verdi aux Chorégies d’Orange 2015
Cet opéra romantique de Verdi fait partie, avec Rigoletto et La Traviata, de la célèbre trilogie du compositeur italien
"Le plus grand compositeur italien vivant" : voici le titre brigué par Verdi autour de 1853. Bellini et Donizetti sont morts et Rossini a renoncé à composer des opéras, la voie est libre. Avec Le Trouvère, Verdi écrit une succession d’airs et d’ensembles lumineux et exigeants.
« Donnez-moi les quatre plus belles voix du monde »
Arturo Toscanini, un des plus grands chefs d'orchestre du siècle dernier, aurait dit cette phrase lorsqu'on lui a demandé de monter l'opéra. Cette version aux Chorégies d’Orange est à la hauteur de cette exigence puisqu'elle est interprétée par des grands chanteurs du moment : la soprano Hui He, la contralto Marie-Nicole Lemieux, le ténor Roberto Alagna de retour aux Chorégies d'Orange et le baryton George Petean. Cette phrase de Toscanini fut également illustrée en 1993 par ce double casting fait par le Metropolitan Opera de New York, avec Placido Domingo et Luciano Pavarotti incarnant tous les deux Manrico :
L'histoire du Trouvère, relativement difficile à raconter Alors que La Traviata et Rigoletto ont des livrets relativement simples, celui du Trouvère est difficile à résumer. L'opéra est une adapation d’un drame très en vogue au milieu du XIXème siècle : au XVe siècle, le comte de Luna est amoureux de Leonora, qui elle-même est amoureuse du mystérieux trouvère Manrico qui vient chanter sous ses fenêtres. Mais celui-ci n’est autre que l’un des chefs de la rébellion qui sévit dans la ville. Il serait aussi le fils de la gitane Azucena, hantée par la mort horrible de sa mère, brûlée vive car elle était soupçonnée d’avoir jeté un sort sur le petit frère du comte de Luna. Retrouvez tout le livret ici.
Les derniers airs bel cantistes de Verdi, expressivité et tension Cet opéra exige deux chanteuses et trois chanteurs excellents pour interpréter des airs difficiles et empreints de bel canto (voir la définition du bel canto). La première du Trouvère au Teatro Apollo de Rome fut un triomphe, relaté par une journaliste de l’époque racontant que les rues de Rome raisonnaient au son des acclamations de la foule : « Verdi est le plus grand compositeur que l’Italie ait jamais connu ».
Distribution
Date :04 août 2015Durée :2h 50minGenre :MusiqueFestival :Chorégies d'OrangeAuteur : Salvatore Cammarano Compositeur : Verdi Metteur en scène : Charles Roubaud Chef d'orchestre : Bertrand de Billy Orchestre : Orchestre National de France Acteurs (+rôles) : Leonora, Hui He / Azucena, Marie-Nicole Lemieux / Inès, Ludivine Gombert / Manrico, Roberto Alagna / Il Conte de Luna, George Petean / Ferrando, Nicolas Testé / Ruiz, Julien Dran / Un Vecchio Zingaro, Bernard Imbert / Production :Act4 productions
Scénographie : Dominique Lebourges Chœurs : Chœurs des Opéras Grand Avignon, de Nice et de Toulon Provence-Méditerranée Costumes : Katia Duflot Éclairages : Jacques Rouveyrollis Vidéos : Camille Lebourges