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 PAPILLON - HENRI CHARRIERE

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liliane
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MessageSujet: PAPILLON - HENRI CHARRIERE   Mer 22 Juil - 16:38

HENRI CHARRIERE



« La gifle a été si forte que je ne m’en suis relevé qu’au bout de treize ans. En effet, ce n’était pas une baffe ordinaire et, pour me la balancer, ils s’étaient mis à beaucoup »
Henri Charrière

BIOGRAPHIE


1906 : Le 16 novembre, Henri Antonin Charrière naît à Saint-Etienne-de Lugdarès en Ardèche




Fils d'une famille d'instituteurs tous deux âgés de 30 ans, Joseph Gabriel et Marie-Louise Thierry, originaires de Gras (Ardèche) et de Sorgues (Vaucluse), installés dès leur mariage à Saint-Étienne-de-Lugdarès, en Ardèche, finalement mutés en 1908, à Pont d'Ucel. Il a deux soeurs : Yvonne et Hélène


22 juillet 1909 - UCEL



1917 : le 7 Octobre, sa mère décède d'une maladie contagieuse contractée auprés des blessés indochinois qu'elle soignait. Son père (qui décédera en 1950) épousera le 17 avril 1930 celle que Henri Charrière appelera Tante Ju. Il effectue ses études en internat à Aubenas



1925 : Le 2 mai, il s'engage pour 3 ans dans la marine, où, forte tête, il ira en section spéciale, à Calvi, et se fera tatouer un papillon sur le torse

1927 : Il est réformé, suite à une mutilation volontaire du pouce
De retour en Ardèche, il travaille de ci, de là, joue au rugby (à Aubenas), et

1928 : Il monte à Paris, vit avec Georgette FOUREL (dite Nénette), de petite délinquance, lorsque le 26 Mars 1930, Roland Legrand, blessé par balle, de 3 coups de revolver dans le ventre, à 3 h 30 mn du matin, décédera à l'Hôpital Lariboisière, le 27 Mars à 0 h 10 mn, après avoir déclaré à la police le nom du tireur, Papillon Roger (alors que Charrière était connu sous le pseudo de Papillon Pouce Coupé)

1930 : le 7 avril, Il est arrêté pour meurtre

1931 : Premier procès. Devant le vide du dossier et de nombreuses irrégularités, il frôle l’acquittement.
Second procès : le 27 octobre 1931, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité pour « homicide sans préméditation ».



le 22 décembre, pendant son incarcération et avant son départ pour le Bagne, il épouse Nénette à la Mairie du 1er arrondissement de Paris

1933 : Arrivée au bagne, à Saint Laurent du Maroni. 43 jours après il commence ses tentatives d'évasion jusqu'en 1944 ou il réussit enfin la belle



1945 : Il s'installe à Caracas et exerce plusieurs métiers qui lui permettent de vivre.
Rencontre à Caracas avec Rita Alcover propriétaire de l’Hôtel Veracruz à Caracas et qui l’accompagnera jusqu’à sa mort.





en 1948 dans le patio de l'Hôtel Veracruz


1956 : Il devient citoyen du Vénézuela.

1967 : Sa condamnation est prescrite.

1968 : Un an après le tremblement de terre qui l'a complètement ruiné, inspiré par le succès du livre d’Albertine Sarrazin "L’astragale » Il écrit en l’espace de trois mois « Papillon », dans des cahiers écoliers encouragé par Rita et Clotilde (fille de Rita).



1969 : Publication à PARIS du livre PAPILLON. Gros succès. Plus de 12 millions d'exemplaires



1970 : le 6 janvier, publication dans France Soir du livre en bandes dessinées.

Le divorce d'avec Nénette est prononcé le 8 juillet , Il régularise aussitôt son union avec Rita.




1970 : Il obtient sa grâce et s’installe dans le sud de l' Espagne, à Fuengirola



1971 : Tournage de « Popsy Pop » dans lequel il a un rôle, film de Jean Herman (alias Jean Vautrin) avec Claudia Cardinale et Stanley Baker




1972 : Second livre : « Banco », chez Robert Laffont.



1973 : Sortie du film « Papillon », avec Steve Mac Queen, pour lequel il a été le conseiller technique. Le film sort à New York le lendemain de sa mort.





1973 : Il est enterré au cimetière de Lanas, près de sa mère, selon sa volonté.


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MessageSujet: Re: PAPILLON - HENRI CHARRIERE   Mer 22 Juil - 16:54

PAPILLON - LE LIVRE



Ce livre n’aurait sans doute jamais existé si, en juillet 1967, dans les journaux de Caracas, un an après le tremblement de terre qui l’avait ruiné, un jeune homme de 60 ans n’avait entendu parler d’Albertine Sarrazin. Elle venait de mourir, ce petit diamant noir tout d’éclat, de rire et de courage.
Célèbre dans le monde entier pour avoir publié en un peu plus d’un an trois livres dont deux sur ses cavales et ses prisons.
En juillet 1967, Charrière va à la librairie française de Caracas et achète l’Astragale.



Scan couverture exemplaire personnel d'Henri Charriière


Sur la bande du livre 123e mille. Il le lit et, simplement, se dit :
« C’est beau, mais si la môme, avec son pied cassé et allant de planque en planque, a vendu 123 000 livres, moi, avec mes trente ans d’aventures, je vais en vendre trois fois plus ».
Pas une fois il n’a pensé, alors qu’il les racontait tous les soirs au comptoir du bar devant des clients captivés, à écrire une ligne de ses aventures : c’est un homme d’action, de vie, de chaleur, une généreuse tempête à l’œil malin, à la voix mériodionale chaude et un peu rocailleuse qu’on peut écouter pendant des heures car il raconte comme personne, c’est à dire comme tous les grands conteurs.
Trois jours après avoir lui l’Astragale, il écrit les deux premiers cahiers d’un seul jet, des cahiers format écolier, à spirale. Le temps de recueillir un ou deux avis sur cette nouvelle aventure, peut être plus surprenante pour lui que toutes les autres, Il attaque la suite début 1968. En deux mois il termine les treize cahiers

Jean Pierre Castelnau

L'HISTOIRE


Dans le milieu on l’appelait Papillon : jamais là où on le croyait, arrivant quand on ne l’attendait plus, allant « de fleur en fleur ». C’étaient les années 30. Et, en 1930, précisément il tombe. Il est arrêté pour un meurtre qu’il n’a pas commis, qu’il a nié jusque sur son lit de mort.


Quarante-trois jours après son arrivée au bagne, Papillon s'en évade :
2 700 km en mer, l'île de Trinidad, les Anglais (fair-play),
la Colombie et ses cachots sous-marins,
les indiens Guajiros, les cavales de Baranquilla, le retour au bagne,
La Réclusion (Papillon restera deux ans dans une cage à fauves),
les nouvelles tentatives d'évasion,
la vie trafiquante du bagne où tout le monde est partie prenante,
et, enfin, au bout de treize ans, la Grande Cavale, la dernière, réussie celle-là, au prix d'une volonté farouche de survivre : à la traversée de l'océan dans un canot d'abord, à l'enfermement dans un bagne, au Venezuela ensuite.
Puis au bout de toutes ces épreuves, de toutes ces souffrances, cette fois, il y a la Liberté





POLEMIQUE


Bien entendu le succès phénoménal du livre a suscité, comme cela arrive évidemment chaque fois que quelqu’un réussit, de nombreuses polémiques sur la véracité des aventures relatées sur douze cahiers écolier et écrites en 3 mois.
Il n’a jamais nié qu’il avait romancé son histoire et a gagné tous les procès qui lui ont été intentés.

Son éditeur, Robert Laffont, a d'ailleurs confirmé dans son Itv à Libération en 1999, ce qu'Henri Charrière a toujours soutenu.





Le petit fils de Guillaume SELZNEC a également témoigné :

Non seulement un grand film, un grand livre, mais l'histoire vécue d'un homme, mr CHARRIERE !
Qui s'est echappé, et c'est le seul qui a réussit à rejoindre l'Europe en vie !

témoignages du petit fils de Guillaume SEZNEC =

"Mon grand père a bien connu PAPILLON, il c'est échappé en même temps que lui,mais s'est fait reprendre par les "mercenaires" des bagnes, payés à cet effet ( tous d'anciens forçats )
Ce film culte sur l'enfer carcéral dénoncant par un autre livre de SEZNEC ( l'enfer du bagne ) car il rappelle que le BAGNE est une invention exclusive FRANCAISE et seule à avoir cette horreur
Alors que la France est la maman de la DECLARATION DES DROITS DE L'HOMME !
Les 2 bagnes français furent détruits à la libération sur ordre du général De gaulle !"


Charrière a certainement puisé son inspiration pour certaines évasions. Mais cela ne diminue en rien l’originalité du personnage méridional, excellent narrateur, grande gueule, truand , sentimental, qui a néanmoins réussi à sortir du bagne.


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MessageSujet: Re: PAPILLON - HENRI CHARRIERE   Mer 22 Juil - 22:45

Dans son numéro du 2 août 1969, Paris Match publie un reportage de Gérald Asaria, photos de Patrice Habans, intitulé :

Papillon retourne au bagne



Le bagne ne lui a pas survécu.
Aujourd’hui à Saint-Laurent, comme aux îles, l’enfer vert a tout envahi.
Les lianes et les racines ont fissuré les murs des cachots, écarté les grilles des cellules, écroulé les toits de tôle ondulée. Derrière ses barreaux, Papillon voyait une fois par semaine une exécution à la guillotine. Aujourd’hui, il ne reste que les cinq pierres du socle sur lequel elle reposait. Dans la grande salle commune, on voit encore des restes de briques frappées des initiales « AP « (administration pénitentiaire).
Charrière avait toujours refusé de s’intégrer dans cet univers. Il n’avait qu’un besoin : l’argent, qui lui permettait de s’évader.

Il n’y a pas de cimetière pour les bagnards. Quand un forçat meurt, on va le jeter à la mer. Ce qui attire les requins, c’est le son de la cloche que l’on sonne à la chapelle.
Ils sont toujours au rendez-vous, les croque-bagnards.
Aux durs, c’est la manière qu’à chacun de se procurer de l’argent. Il y a la pêche. Les femmes des surveillants connaissent toutes mon nom :
« Papillon, vendez-moi deux kilos de rougets ». Mais la meilleure débrouille, la plus dangereuse aussi, c’est d’être teneur de jeux. Dos au mur, pour éviter les coups de couteaux, le teneur de jeux prélève 5 % sur chaque coup joué gagnant.


Le « plan » est un tube d’aluminium merveilleusement poli, qui s’ouvre en le dévissant juste au milieu. Il contient 5600 F en billets neufs.
C’est mon coffre-fort. Il fait partie de moi-même. C’est ma vie, ma liberté que je porte en moi ? On peut me mettre à poil, on ne le trouvera pas.
La septième vague, celle de la liberté.
Il vient de sortir de la réclusion. Papillon n’a qu’une idée : recommencer. Il est sur l’Ile du Diable, l’île des déportés politiques où Dreyfus a passé 5 ans. Ici, impossible de construire un bateau. Il n’y a rien sauf des noix de coco. Avec deux sacs à pommes de terre et une trentaine de noix desséchée enveloppées de leur fibre, il arrive quand même à fabriquer un radeau de fortune. Pas de pagaies, les vagues doivent d’abord l’emporter loin de l’île puis le pousser vers la terre ferme. Il passe 60 heures sous un soleil brûlant accroché à ses sacs sans toucher terre.
« La cavale de réussite, ça va être la plus idiote. »


juste en bas du banc de Dreyfus, venant face à d’immenses rochers, les vagues attaquent, se cassent et se retirent avec violence.
La lame de fond, deux fois plus haute que toutes les autres, se répète seulement toutes les 7 vagues. Je l’appelle Lisette. Elle arrive droite, comme la flèche d’une église avec son coutumier fracas étourdissant.
Je me jette avec mon sac. Lisette nous aspire vers le large, avec une vitesse vertigineuse.
Le soleil tape avec une force du diable sur mon crâne qui commence à bouillir. Mon radeau vient de tourner et j’ai failli me noyer. Je n’arrive pas, malgré mes efforts, à retourner les sacs et à monter dessus.
Mon visage est en feu, j’ai soif et j’ai faim. Mes lèvres sont craquelées et me brûlent.
Au bout de ses « cavales » les indiens et encore le bagne.
Il est arrivé à pieds dans une tribu d’indiens sauvages au Vénézuela.
Les Guajors acceptent parmi eux cet homme épuisé, qui avec ses tatouages, ressemble à un totem. Il y vit 6 mois, s’y marie 2 fois et devient pêcheur de perles. Mais il comprend que s’il ne s’arrache pas à ce monde paisible, il en deviendra le prisonnier.
Aujourd’hui, la tribu a disparu. Massacrée sans doute. Seule restait une vieille indienne qui racontait la légende d’un homme blanc qu’on avait surnommé El Pintado (le tatoué) et adopté. C’est aussi au Vénézuela qu’uil connaîtra son dernier bagne, le pire d’Eldorado. Là, lors de son pèlerinage, il y a retrouvé trois détenus, ses anciens compagnons de misère.


Mes femmes ne me lâchent pas. Quand Lali est à la pêche, Zoraïma est avec moi. Lali est la meilleure plongeuse de toutes les filles du village. C’est toujours son bateau qui ramène le plus d’huîtres et les plus grosses. Indiens Guajiros, je vous ai tous beaucoup aimés et je vous aimerai toujours. Cette tribu redoutée autant par les autres que par les blancs a été pour moi un havre pour souffler, un refuge sans pareil contre la méchanceté des hommes.
Ces hommes sont les survivants de son livre
Un homme est depuis 25 ans l’ami de Papillon à Caracas, l’ex caporal Bolagno, aujourd’hui colonel et dans six mois général.
Le soir, je donnais des leçons de mathématiques à Francesco Bologno, un caporal de la garde nationale, qui prépare un concours d’entrée à une école d’officiers. Avant de partir, il m’a offert des effets presque neufs et qui me vont très bien. Je sortirai du bagne vêtu correctement grâce à lui.
En parcourant à nouveau la route de ses évasions, Papillon a retrouvé à chaque étape des hommes qui sont les témoins de sa vie. Les physionomies ont changé. Après quelques instants d’incrédulité, ils tombent dans les bras l’un de l’autre.

A Trinidad, c’est l’avocat Bowen. Il s’appelle Master Bowen. Il est avocat. Il a son bureau à Trinidad.
Ce fut notre première soirée d’hommes libres. Je ne l’oublierai jamais. Pas un mot du passé, aucune question indiscrète. Merci Maître Bowen d’avoir fait de moi un autre homme.
A Georgetown, dans un café, d’anciens durs, Pierrot le fou qui m'attendait à la sortie de réclusion en me passant autour du cou une musette pleine de tabac, de chocolat, de lait Nestlé. Il est là, avec son chien Blackeye, ses amis René, Maurice et Julot avec qui il sable le champagne.

L’un est Toulonnais, Jules Julot fait des chaussures en balata, sorte de caoutchouc naturel. Le seul défaut c’est que si c’est trop exposé au soleil ça fond.





A Saint Laurent du Maroni enfin, c’est Badin, l’horloger savoyard qui fut conduit à la guillotine par erreur. L’horloger était dans une cellule de condamné à mort. Un matin on monte la guillotine et on ouvre brusquement sa porte. Les hommes se jettent sur lui. On l’attache. On va pour le basculer quand arrive le commandant. Il s’aperçoit à temps que les gaffes se sont trompés. Le lendemain, le savoyard avait des cheveux tous blancs. Il a été gracié et condamné à perpet.
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MessageSujet: Re: PAPILLON - HENRI CHARRIERE   Jeu 23 Juil - 9:00

BANCO



Trois ans après la sortie de Papillon, Henri Charrière nous conte la suite de son aventure, explique.

Car ce papillon avait sur les ailes des points d'interrogation.

D'où venait-il ? Qui était-il avant ? Qu'avait-il fait après ?

Dans BANCO, Papillon raconte, et son récit apporte la réponse à ces questions.

C'est toute l'histoire turbulente, impétueuse, en dents de scie, dure, tendre, violente, marquée par deux visages de femmes, d'une boule de feu de la vie.

Aventures, succès, échecs, enfance, condamnation, premier livre, Papillon dit tout ce qu'il a à dire.

Par un très grand conteur, l'histoire fabuleuse d'un homme qui, sorti un baluchon au bras d'un bagne des tropiques, s'est retrouvé à force de ruse, de naïveté, d'amour, de courage et de rires, à Paris avec un livre sous le bras. Un Paris qui l'a alors consacré pour le monde après l'en avoir rayé 40 ans avant.


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MessageSujet: Re: PAPILLON - HENRI CHARRIERE   Jeu 23 Juil - 9:37

Dans BANCO (le titre original étant "les douze bancos de Papillon"), Charrière raconte les douze coups où il joua sa liberté et souvent sa vie pour réaliser son rêve, son idée fixe à la sortie du bagne : se venger du procureur, des faux témoins, des "poulets" qui l'y avaient envoyé. Des poulets surtout, en jetant une bombe au 36 Quai des Orfèvres.

En attendant de pouvoir réaliser les moyens de ses ambitions, il fait n'importe quoi à Caracas. Par exemple, il transforme toute belle américaine qui se range à l'endroit propice dès que son propriétaire a le dos tourné et grâce à une banderole adéquate en gros lot d'une loterie improvisée dont il se met à vendre les billets jusqu'au retour du propriétaire.

Ou bien, il pique leur fric aux chercheurs de diamants - des hommes qui avaient toujours un couteau sur eux- à la passe anglaise avec des dés imperceptiblement limés, sur une couverture soigneusement plissée.

Ou bien, dans son garage, le "Garage franco-vénézuélien", il fabrique des bombes pour faire sauter le Président Bétancourt. "Là, je ne cache pas que je me suis conduit comme un s........ Faire ça à des gens à qui je devais ma liberté, ce n'était pas très élégant".

Ou alors, il creuse avec un spécialiste des coffre-forts, un tunnel de 24 mètres de long sous une banque pour un hold up qui n'aura jamais lieu : le tunnel s'effondre.

Il lui arrive aussi de monter des affaires honnêtes, comme son entreprise de pêche et d'exportation de crevettes à Maracaïbo en 1961. La vertu n'est jamais récompensée. "Un Américain m'a fait marron. Avec deux DC 8, il est venu chercher 50 tonnes de crevettes. Il s'est envolé avec ses deux avions. Je ne les ai plus revus. 70 000 dollars perdus. La ruine."

Sur les douze bancos, deux seuls ont réussi.

Le premier, c'est sa rencontre avec Rita en 1949. Chercheur de diamants, il découvrit une perle. Entré à l'hôtel Vera Cruz pour trouver une chambre, il trouva une femme, la patronne, RITA (Minouche dans l'intimité). "Une femme que je connaissais depuis toujours, avec qui je vivais depuis des années, qui hantait mes rêves dans les cachots de la réclusion, avec qui je m'envolais dans les étoiles". Pour gagner le septième ciel naturellement".



"Cette rencontre m'a équilibré et m'a, peu à peu, fait renoncer à le vengeance. Le Quai des Orfèvres en somme doit gros à Rita."

Il explique tout cela dans un chapitre intitulé "Rita et mon nid" qui fera pleurer les midinettes.


Le deuxième banco réussi, c'est son aventure d'écrivain, sa transformation de bagnard et d'aventurier en best-seller, ce qu'il appelle "l'Apothéose". Cela, il le doit à Albertine Sarrazin.

Pour que la chrysalide devienne Papillon, il fallut rien de moins qu'un tremblement de terre. Celui de Caracas en Juillet 1967.

Après le tremblement de terre, il fallut refaire les peintures, boucher les fissures. Pour protéger les moquettes, on les recouvrit de journaux. Et là, de nouveau, l'oeil de Papillon tombe sur la mort d'Albertine.

"J'y vis un signe du destin. Depuis 20 ans, je me disais : le jour où tu écriras, ce sera un coup de canon".
Il se le disait depuis qu'en 1948, un journaliste français, P R Tranié, avait remporté sur 56 confrères un concours de reportage grâce à la seule interview d'Henri Charrière qui, à ce moment-là, tenait un restaurant à Caracas. "C'est donc que j'intéresse, se dit alors Papillon et si j'écris comme je parle....."
La mort d'Albertine, le tremblement de terre le décidèrent : il écrivit comme on charge au canon. La suite, on la connaît.

En racontant ses bancos, Papillon fait des retours en arrière. On découvrira "un Papillon qu'on ne connaît pas". Celui sans doute qui se confie modestement :
"Je ne suis pas un super homme, pas un héros, pas même un caïd, seulement un homme qui aime la vie, la liberté, l'aventure."
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MessageSujet: Re: PAPILLON - HENRI CHARRIERE   Jeu 23 Juil - 10:58

Pour en terminer avec le chapitre Papillon, écrivain, la troisième aventure qu'il avait l'intention de raconter, mais que sa maladie ne lui a pas permis de concrétiser, c'était :

LES 112 JOURS DE RITA



Qui était Rita ?

Dans l'esprit de beaucoup, Rita Alcover était vénézuelienne. Tout faux.

Elle est née à Tanger au Maroc, le 15 octobre 1910, de parents d'origine espagnole, a vécu à Casablanca.

Elle s'est mariée très jeune et a eu une fille Clotilde née le 15 février 1933.

Son mari, joueur invétéré, poursuivi par ses créanciers, a dû quitter le Maroc. Il l'a entraînée alors dans une aventure aussi tumultueuse que celle de Papillon.

Laissant Clotilde, provisoirement sous la garde de sa famille, ils se sont embarqués clandestinement à bord d'un petit bateau avec 14 autres personnes. Aucune commodité, voyage assis, espaces restreints vue la taille du rafiot. Ils ont affronté des tempêtes et toutes les vicissitudes d'un voyage en mer dans de telles conditions. Il y avait avec eux une majorité d'espagnols, un portugais, un allemand.

Après bien des périples, ils sont enfin arrivés au Vénézuela au bout du 112ème jour. La liberté, enfin.

A partir de là, chacun des époux a mené sa route. Rita avait un peu d'argent avec elle et a acheté le petit hôtel où un beau jour, elle a vu arriver un homme qui travaillait dans la Compagnie Pétrolière RICHMOND.
Dès qu'il est entré, ses jambes se sont mises à trembler et elle s'est assise. C'était un homme brûlé par le soleil, grand, avec un corps d'athlète et des gestes de grand seigneur. Il s'est approché d'elle, comme s'il l'avait reconnue, ainsi qu'il l'a raconté dans BANCO.




J'ai bien entendu fait ce topic, en hommage à ma tata RITA qui est venue vivre à Toulon près de nous dès que son mari est décédé. Clotilde, qui l'avait rejointe à Caracas une fois installée, est également décédée le 20 mars 1986, à l'âge de 53 ans.

J'avais promis à ma tante de l'écouter raconter ses 112 jours et de rédiger ses mémoires. Prise par le tourbillon de ma propre vie, je n'ai pas eu le temps de le faire. Elle est décédée trop tôt.


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MessageSujet: Re: PAPILLON - HENRI CHARRIERE   Jeu 23 Juil - 12:48

PAPILLON ET LES CELEBRITES


BRIGITTE BARDOT - AVORIAZ


JACQUES CHANCEL - RADIOSCOPIE


LEO FERRE - OCTOBRE 1969



FRANCOISE HARDY - CARACAS


ERIC TABARLY - SYLVIE VARTAN - JOHNNY HALLIDAY


ROMAN POLANSKY - JP CASTELNAU - GENEVE


GEORGES SIMENON - SUISSE



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MessageSujet: Re: PAPILLON - HENRI CHARRIERE   Jeu 23 Juil - 13:06

HENRI CHARRIERE ET LE CINEMA


POPSY POP




Drame
1970 durée 100' Couleur
Réalisation, scénario et dialogues de Jean HERMAN (alias Jean VAUTRIN)
Co-scénariste Henri CHARRIÈRE
Directeur de la photographie Jean-Jacques TARBÈS
Musique de Frédéric BOTTON



avec

Claudia CARDINALE
Stanley BAKER
Georges AMINEL
Marc MAZZA
Moune DE RIVEL
Ginette LECLERC
Leroy HAYNES
Henri CHARRIÈRE
Joachim HANSEN
Roberto GARCIA
Marco CHACIN
Mayra CHARDIET
Mireilla DELGADO
Alfredo JOSS







Popsy Pop, une stripteaseuse, et Marcou, un vieux truand aux abords de la retraite, ont préparé un fabuleux hold-up qui les mettra en possession d'un stock de diamants entreposé dans les coffres de la banque de la mine de Vista Alegre.




Ce village, né de la ruée vers le diamant, n'est relié au reste du Venezuela que par un bateau vétuste qui remonte l'Orénoque. Silva, l'inspecteur de la compagnie, est aussitôt séduit par Popsy Pop et, comme sa vigilance se relâche, cela permet à Marcou et à ses complices indigènes de réaliser leur coup. Le trésor capturé, un hélicoptère doit emmener le petit groupe. Mais au dernier moment, Popsy Pop, munie du sac de diamants, fausse compagnie à Marcou et prend place, toute seule, dans l'hélicoptère en laissant tomber l'échelle de corde. Les trois complices, restés au sol, sont empoignés et torturés par les mineurs.


Seul Marcou échappera à leur vindicte. Avec Silva, il part à la recherche de Popsy Pop. Les liens qui unissent les deux hommes forment un mélange de complicité et d agressivité. Leur quête les mènera à Caracas, San Juan et Haïti. Silva récupérera finalement les diamants, après avoir été mis en contact avec une pseudo-mission religieuse qui opère dans les environs. Et Marcou, resté seul, face à face avec Popsy Pop, n'aura pas le courage de se venger.

Le film a rencontré peu de succès.


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MessageSujet: Re: PAPILLON - HENRI CHARRIERE   Jeu 23 Juil - 14:07

Papillon est un film américain réalisé par Franklin J. Schaffner, sorti en 1973.




Synopsis

Ce Film raconte les péripéties et les tentatives d'évasions du Bagne de Cayenne d'un détenu Henri Charrière, surnommé "Papillon".

Fiche technique

* Réalisation : Franklin J. Schaffner
* Scénario : Dalton Trumbo et Lorenzo Semple Jr d'après le roman éponyme de Henri Charrière.
* Production : Franklin J. Schaffner et Robert Dorfmann
* Société de production : Twentieth Century Fox
* Musique : Jerry Goldsmith
* Photographie : Fred Koenekamp
* Montage : Robert Swink
* Pays d'origine : États-Unis
* Format : Couleurs
* Genre : Aventure
* Durée : 145 minutes
* Date de sortie : 1973




Distribution

* Steve McQueen : Henri 'Papillon' Charriere
* Dustin Hoffman : Louis Delga
* Victor Jory : Indian chief
* Don Gordon : Julot
* Anthony Zerbe : Toussaint Leper














ANECDOTES LIEES AU FILM


"Pendant le tournage du film Steve Macqueen est tombé malade.
Il a appris peu après qu'il était atteint d'un cancer. Son cachet de 5 millions de dollars pour ce film constituait un record"

"C'est Clotilde, la fille de Rita Charrière, qui voulait que le rôle soit interprété par un français, Jean-Paul Belmondo, en l'occurence."

"Dustin Hoffman est affublé de lunettes pourvues de verres très épais. A tel point que l'acteur devait porter en plus des lentilles de contact qui lui permettaient de voir correctement au travers."

"Henri Charrière n'était pas très content de certaines scènes du film qui ne suivaient pas le livre. Sa maladie et sa mort ne lui ont pas permis d'intervenir."


EXTRAITS DE FILM



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MessageSujet: Re: PAPILLON - HENRI CHARRIERE   Dim 26 Juil - 13:06

LE PAPILLON



Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l'aile du zéphyr nager dans un ciel pur,
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S'enivrer de parfums, de lumière et d'azur,
Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
S'envoler comme un souffle aux voûtes éternelles,
Voilà du papillon le destin enchanté
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté.

Alphonse de LAMARTINE
---------------------------
A Liliane,
Merci de nous avoir conté la fabuleuse histoire de Papillon, avec des photos et documents d'une collection privée, extraordinaire destin, et je n'ai trouvé que ce petit poème d'Alphonse de LAMARTINE pour lui rendre hommage. On dirait qu'il l'a écrit pour LUI.
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MessageSujet: Re: PAPILLON - HENRI CHARRIERE   Ven 7 Aoû - 2:32

CHANSON DEDIEE A PAPILLON


Je veux des ailes comme Papillon
quitter mon île
et sortir de prison
Je veux m'évader comme Papillon

Par Killing Lawrence
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MessageSujet: Re: PAPILLON - HENRI CHARRIERE   Sam 8 Aoû - 10:10


Se définissant lui-même comme «un bricoleur polyvalent», Jack Rollan (1916-2007) fut tour à tour ou tout à la fois poète, humoriste, musicien, compositeur, chansonnier, chroniqueur, écrivain, éditeur, homme de radio et de théâtre, publicitaire et bédéiste. Mais aussi grand provocateur et ennemi juré des bien-pensants.



Dès 1963, Jack Rollan tient une rubrique dans La Suisse : il reprend la chronique de Ruy Blag et compose "La ballade du dimanche" jusqu'en 1965. Sa chronique se transforme alors en reprenant sa marque de fabrique : Le bonjour de Jack Rollan paraîtra, d'abord tous les deux jours, puis quotidiennement, jusqu'en 1974. Elle illustre la vie mouvementée de l'artiste. La collaboration est stoppée net, à la suite de la non-publication par la rédaction de La Suisse d'un billet consacré à la mort dans les bras d'une prostituée du cardinal Jean Daniélou (1905-1974).

Il consacre sa chronique à Henri Charrière le 21 octobre 1969 :

MINUTE PAPILLON !

A Henri Charrière,

Puisque tu passes dans le secteur, tu auras peut-être deux minutes pour lire ce bonjour - mieux : ce salut.

Donc, je suis entrain de livre le bouquin qui porte ton nom. Je l'avoue, j'étais plutôt méfiant en ouvrant les ailes de ton Papillon. La publicité faite autour de ce bagnard évadé qui écrit comme il parle, qui tutoie tout le monde, qui tue les traîtres, qui respecte les femmes, qui méprise les maquereaux et qui décide qu'on a le droit de cambrioler les banques mais pas les mercières, tout ce battage me cassait, si j'ose te le dire ainsi, un peu les pieds.

Et puis, Edouard m'a prêté le bouquin. Edouard, c'est mon pote. Il joue du tuba comme Dieu le Père et, le reste du temps, il fait de la voile sur le lac de Thoune en rêvant des Iles Sous le Vent. Si je l'écoutais, je passerais mes journées à lui hisser le grand foc en lui chantant "le 31 du mois d'a-oût". Comme j'ai autre chose à faire, il se venge en disant que j'ai peur de faire naufrage sous ses ordres.

Ayant appris tes cavales maritimes, il s'est jeté sur le premier libraire et t'a lu en deux jours. (Il faut te dire qu'à l'orchestre symphonique, le tuba a de grands moments de libres). Il vient de me passer le bouquin en disant : "Quand tu auras lu ça, tu n'auras plus peur de venir sur mon bateau"...

J'en suis à la page 168, tu sais, quand tu quittes tes belles indiennes, tes deux femmes aimantes et leurs compagnons si nobles et fraternels. Ah ! quelle mauvaise idée tu as là, Papillon, de quitter ce paradis terrestre où tu vivais à poil, sans argent, face à l'océan, entouré de ces "sauvages" purs comme les perles que tu pêchais avec eux, et que ton départ bouleverse....

On sent bien que tu as tort de repartir alors que le livre devrait s'arrêter là et que personne ne te l'aurait publié si tu n'avais pas été te rechercher pour 300 pages de nouveaux malheurs....

Tant pis pour toi, tant mieux pour nous parce que ton "récit", Pappi, ça vaut tous les romans du monde.

Ah ! mec, pour un qui ne sait pas écrire, comment que tu causes ! Tu veux que je te dise ? En plus de tout ce que l'on a proclamé depuis que te voilà célèbre, tu es un poète. Quand tu parles du soleil, on cligne des yeux. Quand tu cours dans la brousse, on court avec toi. Oui, un poète. Ne ris pas, il n'y a rien de déshonorant à cela et la corporation est pleine de type peu recommandables aux yeux des procureurs. Comme Verlaine qui, d'une prison écrivait : "Dis, qu'as tu fait toi que voilà, de ta jeunesse ?"

Toi, Papillon, de ta jeunesse, tu as fait trente ans plus tard les 168 pages (c'est là que j'en suis) les plus utiles, je crois, que j'ai lues jusqu'ici.

Car grâce à toi, plus personne, jamais, n'aura le droit de douter, de renoncer, de désespérer.

Si j'étais ministre de l'Education nationale, je ferais distribuer ton livre dans toutes les écoles.

Il est aussi bon et important que Robinson Crusoé.

Salut, Papillon !




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MessageSujet: Re: PAPILLON - HENRI CHARRIERE   Jeu 13 Aoû - 20:03

Bravo Liliane, beau travail, très bien résumé, tata Rita doit être fière de toi !

J'espère que cela donnera envie à tous ceux qui ont accès à ce topic de lire le livre qui est un vrai trésor !
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liliane
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MessageSujet: Re: PAPILLON - HENRI CHARRIERE   Jeu 13 Aoû - 21:05

Oui, d'autant qu'il y a plusieurs projets en cours de feuilletons ou de film (notamment par un portugais), mais tout le monde attend que les héritiers veuillent bien donner leur accord.

Apparemment, ils doivent avoir trop de sous, ils préfèrent en perdre.

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MessageSujet: Re: PAPILLON - HENRI CHARRIERE   Lun 22 Mar - 11:35

ENVIE D'EVASION ...


"Même pourchassé
il n’a pas l’air pressé
le papillon".
Garaku


Je ne sais pas pourquoi aujourd'hui j'ai envie d'évasion ...
MOI AUSSI !
Une envie de faire le mur, de me jeter du haut d'une falaise pour rejoindre l'autre rive,
alors je pense à
PAPILLON

Symbolisme Amérindien :

Le papillon est le symbole de la métamorphose, du changement.
Il nous enseigne qu'il faut laisser nos désirs se réaliser, de changer nos vies,
de créer de nouvelles situations pour améliorer notre quotidien.

Il y a 4 étapes à faire pour devenir un papillon ;
la 1 ère est l'œuf, la naissance de l'idée, ensuite,
l'état de larve qui est de savoir si on réalise son projet.
Ensuite, il y a le cocon où il faut amener ce projet à soi, le relier à notre personne.
Et vient l'éclosion, la naissance du projet tant couvé.
Ces étapes se répètent tout au long de notre vie, car des idées,
des projets nous en avons plusieurs dans une seule vie.
La force du papillon nous aide à mettre de l'ordre dans nos pensées, d'avancer consciemment

En psychanalyse :
il est symbole de renaissance.
Dans l'antiquité romaine, l'âme quittant le corps prenait la forme d'un papillon ;
Psyché est représentée sous forme d'une petite fille ailée, semblable à un papillon.

Chez les Aztèques :
il est le symbole de l'âme ou du souffle vital.
Du fait de sa couleur et de ses battements d'ailes,
on l'associe aussi à la flamme. L'homme suit le cycle du papillon.

Selon la mythologie irlandaise :
c'est celui de l'âme débarrassée de son enveloppe charnelle,
comme dans la symbolique chrétienne.

le papillon n'est pas recensé dans les dictionnaires de mythologie égyptienne
alors que, dans la mythologie grecque, le papillon est symbole d'immortalité.
" Le papillon, c'est l'âme humaine comme le souligne l'étymologie:
"psyché" en grec désigne à la fois l'âme et le papillon."

En Asie :
les papillons sont apparus dans les arts non seulement
pour leur qualité décorative mais aussi pour leur valeur sacrée.
Ils symbolisent l’immortalité, l’amour éternel et la joie.
Ils incarnent souvent l’âme d’une personne vivante.
Ils intéressent pour ses métamorphoses :
la chrysalide contient les possibilités de l'être.
Il est aussi symbole de résurrection.

Au Japon :
le papillon est l’emblème de la femme en raison de sa grâce et de sa légèreté
mais il représente aussi l'inconstance.
Lorsqu’ils sont deux,les papillons symbolisent la fidélité conjugale.

En Chine et au Vietnam :

il sert à exprimer un voeu de longévité. Parfois associé au chrysanthème,
il signifie l'automne.
Créature pleine de grâce, le papillon est le symbole de l'amour.
Tel un amant qui recueille un baiser sur les lèvres de l'être aimé,
il boit le nectar au coeur de la fleur.

LEGENDE

Il existe en Chine une pièce de théâtre très célèbre intitulée Les amants papillons,
qui raconte l'histoire d'une jeune fille, Zhu Yingtai.
Elle était intelligente et voulait étudier mais, dans la Chine ancienne
les filles ne pouvaient pas faire d'études.
Elle se déguisa donc en garçon. En classe,
elle tomba amoureuse d'un jeune homme, Liang Shangbo,
étudiant brillant mais pauvre. Malheureusement,
elle était déjà promise en mariage à un autre jeune homme, riche et stupide.

Un jour, elle avoua à Liang Shangbo qu'elle était une fille et qu'elle l'aimait.
Liang l'aimait aussi, mais il tomba malade de ne pouvoir l'épouser et mourut.
Désespérée, Zhu Yingtai se suicida pour rejoindre son bien-aimé.
Alors, tous deux se transformèrent en papillons et purent
ainsi vivre librement leur amour.

REFLEXION

Analogie entre l'homme en devenir et la chenille :
La chenille dans sa chrysalide
(son cocon = son monde, l'oeuf d'où surgira l'être métamorphosé)
se transforme pour devenir ses beaux papillons légers et gracieux.
Comme la chenille, l'homme,
le cherchant travaille sur lui et se transforme en se métamorphosant en ce qu'il devient.

Analogie entre l'âme et le papillon :

L'âme emprisonnée dans un corps matériel ne recouvre sa liberté
qu'en s'échappant à l'heure de la mort.
Sa "résurrection" ressemble à la renaissance du papillon
qui avant de libérer ses ailes doit travailler à son développement
dans sa chrysalide parce qu'il n'est au départ qu'une chenille.


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