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 LEGENDES DE PROVENCE

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Nine
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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Ven 10 Juil - 2:03

LES SAINTES MARIES DE LA MER




0n y venait de toute la Provence, du Languedoc et d'ailleurs. Surtout d'ailleurs pour les gitans qui parcouraient les longues routes de l'Europe, menant pendant des semaines leurs roulottes de bois à ce rendez-vous sacré. Toute une population convergeait vers les Saintes-Maries-de-la-Mer en l'honneur de Marie Salomé, Marie Jacobé et Sara, l'humble servante noire, la patronne des gitans. Tous les ans depuis le Moyen Âge, les 2/4 et 25 mai, la foule envahit le village camarguais et conduit les reliques des saintes à la mer pour une bénédiction purificatrice. L'histoire de ce pèlerinage se perd dans celle de la fondation même de la ville.

LE MYSTERE DE SARA



On connaît la légende de cette barque sans voile ni rames, chassée de Palestine après la mort du Christ, qui accosta le rivage camarguais. À son bord se trouvaient Marie Salomé, mère des apôtres Jean et jacques le Majeur, Marie Jacobé - selon saint jean la sœur de la Vierge , Marie-Madeleine, Lazare et sa sœur Marthe, ainsi que Maximin et Joseph d'Arimathie qui transportait le Saint-Graal.

Les avis divergent sur la présence de Sara la Noire à bord.

Était-elle leur servante? Était-elle égyptienne ?

Sara campait avec sa tribu en pleine forêt de pins parasols, à l'endroit où s'élève aujourd'hui Aigues-Mortes. Avertie miraculeusement elle courut vers la mer et, s'étant dévêtue, elle étendit sur les vagues sa robe qui la porta vers les saintes. Baptisée de leurs mains, elle les conduisit au temple païen où affluaient les grands pèlerinages.

Il est plus vraisemblable que Sara appartenait à une tribu celto-ligure indigène, et fort probable que Marie Salomé et Marie Jacobé, restées pour évangéliser la région, aient transformé l'autel païen en oratoire chrétien.

À leur mort, très vite un culte se répandit avant que la construction de l'église-forteresse au XIIè siècle ne le confirme. Au XIVè siècle, le pèlerinage est déjà très populaire, notamment lorsque la célébration des saintes est fixée en 1343 au 25 mai pour la première et au 22 octobre pour la seconde.

Il prendra une tout autre ampleur après 1448, quand les fouilles entreprises par le roi René sous l'autel de l'église découvrent les reliques des saintes femmes. Elles furent mises dans des châsses richement ornées et transportées dans la chapelle haute. C'est lui aussi qui fit creuser la crypte où les gitans venaient vénérer Sara, leur patronne. Sainte Sara, connue aussi sous le nom de Sara-la-Kali ("Sara la Noire"), Sara e Kali en langue romani.

Depuis cette époque, chaque 24 mai après-midi est consacré à la descente des reliques, lors d'une cérémonie chantée.



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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Ven 10 Juil - 2:32

UNE GUITARE DE LEGENDE

Un son de Camargue : Manitas de Plata répond en musique les mots sont superflus à Denise Glaser.
Vidéo rare
1969


Manitas de Plata joue toujours avec une magie absolue, une note ou deux, qu'mporte....MANITAS A JOUE.
Il fait partie du patrimoine culturel de la Camargue, comme le vent, les chevaux et les oiseaux, c'est un homme libre, un artiste virtuose.
LE FILS DU VENT

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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Sam 11 Juil - 15:18

Endroit magnifique La Plage du Grand Radeau... trés sauvage réservé aux Saintois... Site exceptionnel entre mer et marais, paysage magnifique... Sensation de liberté...



En Camargue la mer gagne chaque jour sur la terre.

La Méditerranée a ses petites marées, les lacs aussi, les flaques et toutes les étendues de liquide aussi petites soient-elles.
On ne perçoit vraiment les marées de Méditerranée que les jours sans vent.

Après avoir franchi le Petit Rhône sur un bac. (le bac du Sauvage)
Nous traverserons des étendues de marais, parmi les oiseaux, avant d’arriver dans une pinède sauvage qui s’étend jusqu’à la mer, il n'est pas rare d'y croiser des chevaux blancs venus eux aussi voir la mer.



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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Dim 12 Juil - 2:04

FILLES DU SUD



... David a bien vaincu tous les géants
l'Espoir a bien ouvert les océans .... Elle imagine !
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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mar 14 Juil - 1:47

LA CATARINETO OU LA COCCINELLE



En Provence, la catarineto, c'est-à-dire la coccinelle ou encore bête à Bon Dieu,
permet de tirer les augures... aux jeunes filles qui la questionnent lorsqu'elles
en voient une se poser quelque part :

Digo me, catarineto,
Ounte passarai
Quouro me maradarai ?

Dis-moi, coccinelle,
Où j'irai
Quand je me marierai ?

La réponse est, figurez-vous, dans la direction prise par le petit insecte
lorsqu'il s'envole !

On dit que si la coccinelle monte vers le ciel cela signifie que tous les
bonheurs seront acquis...

En revanche, la demoiselle se fera nonne si la catarineto se dirige vers l'église.



LEGENDE DE LA CATARINETO



On m'a raconté un soir à la veillée, cette légende, qui date d'un temps très ancien... alors que le roi René régnait sur toute la Provence. Les vieux paysans disent qu'elle est véritable, et je le crois aussi.

J'étais, ce soir-là, dans un vieux "mas" de Provence, et femmes et jeunes filles travaillaient auprès du grand feu de bois. Les petits enfants assis sur le sol levaient des visages éblouis vers le "Conteur", qui allait les transporter dans un autre monde, avec sa belle histoire. Et le conteur, qui avait une voix chantante et chaude comme tous les hommes de Provence, commença...

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

Cela se passait au royaume de Provence. Le roi René était bien triste, car son unique fille était aveugle. Mais tous ses sujets sefforçaient de le consoler, disant qu'avec l'aide de la "Bonne mère" tout s'arrangerait bien un jour et que la princesse finirait par guérir et épouser le beau prince de Lorraine qui la voulait comme femme. Mais le roi demeurait toujours triste. Aussi, paysans, serfs, ouvriers, bourgeois, tous faisaient de leur mieux pour le contenter et effacer son chagrin.
Tous... sauf un... On ne le connaissait pas. On l'appelait le "brigand". Mais on ne savait as très bien qui l était. Tout ce qu'on savait, c'est qu'il était certainement l'auteur de tous les méfaits et de tous les désordres, et vraiment ce n'était pas beau lorsqu'on pensait à la bonté du roi René. Mais le roi n'était pas seulement bon, il était juste, comme doivent l'être tous les chefs, et l'on était sûr que le jour où le brigand serait arrêté, le roi le punirait à mort.


Il y avait, ce matin-là, grande agitation au palais des Baux. Un ministre à longue barbe était venu dire confidentiellemet au roi que ç'allait fort al sur la côte. En effet, une bande de pirates, ou peut-être un pirate tout seul (s'il était très puissant et très diabolique, cela serait encore possible), devait débarquer la nuit pour causer des "malheurs" aux pauvres pêcheurs. A l'aube, ceux-ci se réveillaient et trouvaient leurs poulaillers sans poules, leurs bergeries sans moutons, et leurs beaux figuiers sans figues... Cela ne pouvait plus durer. Il fallait que Sa Majesté fasse quelque chose. Le peuple n'était pas content...
Toujours ce "brigand" !

Le roi tira sa barbe, se cacha le front dans ses mains et prit une grande décision... car il ne badinait pas avec les affaires de l'Etat. Il ordonna que tous ses policiers se répandent sur la côte et capturent ce terrible brigand. Cela n'amusait pas du tout les policiers, mais ils étaient obéissants etdévoués et ils partirent, bien sûrs de ramener le coupable...

Ce n'est qu'au bout de cinq longs mois qu'ils ramenèrent aux Baux un pauvre homme en haillons, vêtu d'un vieux pantalon couleur de rouille, et d'une chemise verte déchirée, un pauvre homme au visage maigre et à la barbe grise. Il avait des cheveux trop longs, une allure sale et un foulard rouge noué sur la tête. Un vrai forban, celui-là ! Les "gens" du village se mirent derrière leur fenêtre pour le regarder passer, et un frisson de terreur les empêchait de parler...

Les mains du forban étaient trapues, de grosses mains pour étrangler les poulets, et ses pieds nus étaient couvert de poussière. Il avait un air bourru et regardait tout le monde comme s'il n'avait jamais rien vu. Pourtant on était étonné de voir qu'il avait des yeux tout bleus, tout clairs, comme l'eau de la mer. Car un forban ne doit pas avoir des yeux clairs, mais des yeux ténébreux, noirs comme la nuit, et un regard sombre, "par en-dessous".

Pourtant les policiers étaient sûrs que c'était bien "lui" !

Alors on le conduisit vers le trône du roi, qui siégeait, ce jour-là, sur la place publique pour rendre la justice.
Le roi le regarda longeument et, se tournant vers ses policiers, leur demanda :
- Êtes-vous bien sûrs que c'est lui ?
Car il ne voulait pas accabler un homme innocent. Mais tous les policiers inclinèrent la tête gravement.
- Ce ne peut être que lui, Majesté...
- Bon, dit le roi.
Et il rendit sa sentence.
- Tu aura la tête tranchée, dit-il à l'homme.

Mais le forban avait l'air triste, toujours le même air. Et, après-tout, peut-être ne tenait-il pas tant que ça à la vie. Il inclina la tête et ne dit pas un mot.
- Que peux-tu dire pour ta défense, lui demanda encore le roi.
Mais il ne voulait rien dire, et les gens commençaient à être étonnés. Pourquoi n'essayait-il pas de s'expliquer ?

C'était sûrement qu'il était coupable. Et une rumeur sourde courait parmi l'assemblée.
- Qu'il meure, qu'il ait la tête tranchée...

On monta donc l'échafaud sur la place publique. Le roi, quelques jours plus tard, prit place sur l'estrade couverte de velours rouge, et la reine était auprès de lui. La foule avait le droit d'assister, les femmes étiaient très émues, mais les hommes disaient qu'il fallait bien que justice se fasse et qu'ainsi il n'y aurait plus de vols dans le pays.

Le brigand monta vers l'échafaud l'air résigné. Il n'enleva même pas son foulard rouge et tendit sa tête au bourreau...
Mais brusquement il la releva.
- Attendez ! supplia-t-il... Pauvre bête !
Personne n'y comprenait rien.

Mais le forban d'un geste très doux chassait du revers de la main un tout petit insecte qui se trouvait là sur la planche.
- Va-t-en, petite, tu te ferais tuer.

C'était une coccinelle. Une petite "bête à bon Dieu" comme on les appelle ici, avec un dos rouge taché de petits points noirs.
Et la bête à bon Dieu s'envola bien vite.

Mais la reine s'était relevée brusquement, et elle avait saisi les mains du roi...
- Arrêtez ! arrêtez ! qu'on ne tue pas cet homme !
Le roi fit un signe au bourreau et delanda à la reine ce qui la poussait à demander cette grâce.
- Voyons, dit la reine, un homme qui, au moment de mourir, pense à sauver la vie d'une petite coccinelle, cet homme-là ne peut être un méchant brigand, ce n'est pas possible !
Le roi réfléchit en tirant sa barbe et il trouva que la reine avait raison.
Il ordonna que l'on ramène cet homme vers sa cellule et fit faire d'autres recherches par d'autres policiers. Il fit bien. On découvrit un jour, à l'aube, le bateau du vrai "forban", qui n'avait pas encore mis les voiles vers le large... Et on arrêta un vrai brigand, une vraie brute qui se débattit et cria des paroles de haine...

Le roi relâcha le premier et, pour le consoler de toutes ses tristesses et de toutes ses misères, il lui donna des champs et un "mas" afin qu'il vive en paix. L'homme vécut très vieux, dit-on... Et il était entouré de bêtes de toutes sortes qu'il élevait avec la plus grande douceur...
FIN

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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mar 14 Juil - 3:03






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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mer 15 Juil - 1:19

LA LEGENDE DU PUITS A SOUHAITS




Voici narrée ici pour vous la très belle et très édifiante légende de Raimbaud II , Comte d'Orange, telle qu'elle est, encore de nos jours, transmise dans les veillées.

Nous sommes en l'An de Grâce 1095, par un de ces jours d'été torrides que seule génère la Provence intérieure.
Raimbaud II, Seigneur des lieux, parcourt ses terres : Croisé, il doit quitter bientôt la doulce terre de France pour s'en aller en terre sarrazine.

Homme juste, aimé de ses sujets, il a reçu moult témoignages d'encouragement.
Chacun y est allé, selon ses moyens, de son obole : qui a donné une poule, des oeufs, du bois, de menus objets confectionnés par les femmes et filles, pour aider au départ du Seigneur, fils de Raimbaud Ier et de la très belle et si douce Rosamée, grand'tante de la reine Blanche, ( mère du futur Roi Saint Louis) morte en pleine jeunesse.

D'elle, Raimbaud II a hérité des yeux d'un bleu de ciel, tandis qu'il a la prestance et la chevelure brune de ses ancêtres provençaux.
Épuisés par leur longue course sous le soleil, assoiffés, Raimbaud II et Aldran, son fougueux destrier noir, parviennent au lieu dit "Clos de l'Escarrat "

Devant l'humble chaumière où elle vit avec ses parents, Valère et Jeanne, et ses deux jeunes frères, Clément et Jerphanion, Thibaude voit le cavalier mettre pied à terre, et reconnaît en lui son Seigneur. Vivement, elle pose la corbeille de linge qu 'elle ravaudait, défroisse son tablier immaculé sur lequel s'accroche le soleil et, gracieuse, fait la révérence avant de s'enquérir de ce en quoi elle peut être utile.

Raimbaud II lui ordonne simplement de tirer du puits un bon seau d'eau fraîche, afin de pouvoir étancher sa soif et celle de sa monture.

La jeune fille a tôt fait de le satisfaire.

Pour la remercier, Raimbaud II sort quelques pièces de sa bourse et les lui remet. Il s'apprête à remonter à cheval quand la jeune fille lève hardiment son regard vers lui et entreprend de lui expliquer que ce puits à l'eau si pure est " un puits à souhaits " et que tous ceux qui, s'y étant désaltérés, y jettent quelques pièces, voient leurs voeux exaucés.

Avant qu'il ait pu ébaucher le moindre geste pour l'en empêcher, la jeune fille laisse tomber dans l'eau toutes les pièces contenues dans ses mains. Raimbaud II, surpris, lui demande alors pourquoi elle s'est ainsi défaite d'un argent qui aurait, de toute évidence, pu être bien utile à sa famille .

" Bon Seigneur, je vous sais partir bientôt pour la Croisade et viens de faire dans l'eau du puits le voeu de vous y voir réussir la prise d'Antioche et Jérusalem, avant de nous revenir sauf et glorieux "

Raimbaud II inclina la tête et partit, songeur.

Le Comte Raimbaud II d'Orange se croisa, partit, prit Antioche, puis Jérusalem.
Un matin de l'été 1098, il monta à cheval et partit apparemment sans but défini, pour se retrouver tout soudain près du "Clos de l'Escarrat" Avançant doucement vers la maisonnette, il aperçut Thibaude, penchée sur un ouvrage de broderie, entrelaçant patiemment plumes et laines filées. Sentant tout à coup un regard posé sur elle, Thibaude releva la tête et son sourire s'épanouit : ce sourire qui, dans l'horreur des combats, avait accompagné le valeureux chevalier, mois après mois.

Raimbaud II hissa prestement la jeune fille devant lui sur le dos d'Aldran, et tous trois prirent le chemin que leur réservait la destinée :

ils s'aimèrent d'une passion dévorante eurent de nombreux enfants, fruits de cet immense amour, et expirèrent en communion fusionnelle dans les bras l'un de l'autre, le même jour, terrassés par la peste bubonique. Même l'eau du puits n'avait pu les sauver...Mais leurs âmes ardentes sont encore présentes au bord de la margelle du puits du " Clos de l'Escarrat ".

Depuis lors, l'eau du puits du " Clos de l'Escarrat " est restée fameuse par tout le Comté d'Orange et au-delà

En 1678, en curant son puits, tari à la suite d'une exceptionnelle sécheresse, le fermier Abel Gondrand récupéra une telle quantité de pièces d'or qu'il put faire construire une belle bastide devenue :
" Le Mas du Clos de l'Escarrat "
http://www.bed-breakfast-provence.fr/indexF.html

Julie SAINT-AIX.
Professeur agrégé d'Histoire . Spécialiste des Croisades
Experte en contes et légendes en langue occitane.
Principaux ouvrages "Lou ligendou da païs d'Aurenjo e da
Jounquiero en Prouvenço". Collection "Le Clos des Princes"
Editions "La Pastourelle". Aurenjo.
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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mer 15 Juil - 1:52

LA LEGENDE DE LA PIERRE DE LA FEE
( péiro de la fado )





Il était une fois une fée qui aimait à se déguiser en bergère. Ainsi travestie, elle s'en allait, sous les bosquets d'orangers et de grenadiers, et jouait de la mandoline.

La fausse bergère, gràce à sa beauté et, peut-être, à quelque mélodie magique, parvint à inspirer une grande passion à un jeune génie du voisinage qui finit par lui demander sa main.
La fée consentit à la lui accorder, s'il acceptait , de son côté, que le mariage fût celebré sur une table formée de trois pierres dont elle lui fit un portrait minutieux.

Le jeune homme reconnut dans la description de sa bien-aimée les pierres qui, depuis dix siècles avaient dévalé la montagne de Fréjus pour s'entasser au bas de la gorge voisine. Réunissant toutes ses forces physiques et surnaturelles, il parvint à dresser les deux premières pierres, mais fut incapable de déplacer la troisième.

Accablé, il crut avoir perdu la main de la bergère.

Mais la fée, à qui il n'était pas indifférent le prit de pitié.
La nuit suivante, elle s'approcha de la pierre récalcitrante et traça autour d'elle un cercle magique.

Sur le champ, une immense flamme s'éleva et la lourde dalle fut transportée sur les deux autres.
A l'aube, la bergère magicienne surveilla son amant pour partager sa joie au moment où il découvrait le prodige.

Mais le jeune homme comprit seulement qu'il était un bien modeste génie et qu'il était condamné à mourir parce qu'il aimait une fée plus habile que lui.

Il mourut donc, bientôt suivi par la fée folle de désespoir.




le dolmen de Draguignan
Le dolmen de la Pierre de la fée est situé sur la route de Montferrat.
Ce dolmen, classé monument historique est l'un des plus imposant de Provence.
A l'origine, sépulture collective, il date de la fin du néolithique (2500/2000 avant J.C.) Les dalles qui subsistent, supportent une "table supérieure" pesant plus de 20 tonnes. Elle contenait les ossements de plusieurs individus accompagnés d'offrandes (outils en silex, parures en os et en pierre).
Il est source de nombreuses histoires.
La légende de la fée Esterelle en fait un lieu de fécondité et Jean de Nostredame l'évoque dès le XVIè siècle.


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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mer 15 Juil - 3:33


La Croix de Camargue est l'un des symboles incontournables de la Camargue.




Elle fut dessinée en 1924 par le peintre Hermann-Paul, et symbolise foi, espérance et charité, vertus mentionnées dans la Bible, dans la première lettre aux Corinthiens.

Fusion de trois symboles en une croix marquant la piété de cette terre protestante, la croix est composée d'une ancre, d'un coeur et de trois tridents de gardian.

L'ancre est celle des pêcheurs de Camargue aussi bien que celle de la barque des Saintes-Maries venues, selon la légende, évangéliser la terre camarguaise et y porter l'Espérance.
Le coeur tient pour la charité, et les tridents formant la croix rappellent dans une même unité la foi chrétienne et les gardians, munis de ces piques pour gérer les troupeaux de taureaux.

Elle orne traditionnellement l'intérieur des maisons comme les places publiques des villages de Camargue, Le Cailar, Mauguio, les Saintes-Maries, et est un élément essentiel du folklore local.


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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mer 15 Juil - 14:28

LES GARDIANS



Sur leurs blancs chevaux, ils vont de-ci, de-là,
gardians de Camargue qui battent la charge
à coups d'éperons. Petits-fils des Croisés,
les tridents croisés, ils sont les défenseurs,
gardiens du terroir, que nous leur avons confié.

Le gardian (du provençal gardian, littéralement « gardien ») est le gardien d'une manade camarguaise ou troupe de taureaux ou de chevaux élevée en semi-liberté et appartenant à un manadier.

Les manadiers, éleveurs de troupeaux de taureaux, veillent sur leur manade (troupeau) aidés par des gardians montés sur des chevaux.

Le taureau"lou biòu" comme on le nomme en provençal, est élevé "en liberté" pour courir dans les fêtes.

Très souple, adroit, résistant, il faut voir ce cheval blanc galoper dans l'immense étendue plate, sa longue crinière au vent et sa non moins longue queue.

Mais avant de pouvoir monter ce cheval à l'instinct sauvage, il faut le dresser. Après cette longue et difficile opération ponctuée de bonds, de ruades, de cabrages, il acceptera la selle.



La selle camarguaise, différente de sa cousine anglaise, comporte un troussequin élevé en forme de dossier et un pommeau également élevé. Bien calé sur sa selle, les pieds bloqués par des étriers métalliques en forme de cage, le gardian peut ainsi affronter à vive allure les mille obstacles du terrain.

Une large palette de traditions équestres

Les Jeux Gardians effectués dans les arènes :
Abrivado :
encadrer les taureaux lors des courses à travers la ville.

Bandido :
raccompagner les taureaux énervés après les courses.

D’anciennes et riches traditions remontant au Moyen-Âge qui sont entretenues par deux associations :

* La confrérie des Gardians de St Georges, qui compte 300 gardians professionnels.
* La Nacioun Gardiano, association plus polyvalente et folklorique regroupant des amateurs.

Les Gardians cristallisent autour d’eux une véritable identité régionale
C’est dans l’expression occitane gardo-besti, qui signifie garde-bestiaux, que se trouve l’origine du terme gardian.
Les gardians se regroupent chaque année le 1er mai pour la Fête des gardians. Fondée en 1512, la Confrérie des gardians constitue la plus ancienne manifestation de ce type existant encore aujourd’hui en France.
Elle avait pour mission de venir en aide aux vieillards, aux pauvres et aux infirmes de la Confrérie.
Saint Georges, patron des gardians, dont l’effigie figure sur l’étendard du groupement, est le protecteur des cavaliers. A l’origine le gardian n’a pas de tenue spéciale.
C’est le marquis de Baroncelli, quand il créa la “Nacioun Gardiano” en 1817, qui leur imposa un costume pour donner plus d’unité et plus de cachet à la confrérie.

Ces traditions sont intimement ancrées dans la région. Certains critiquent un engouement actuel qui serait excessif et qui aurait des dérives folkloriques néfastes sur l’authenticité des traditions.



Avant le XXe siècle, les gardians ont une tenue adaptée à leur travail et à la saison; l'outil des gardians à pied est le bâton, celui des gardians montés est le trident; leur habitation la cabane en roseaux.

Cabane de gardian


Sa forme bien particulière aux murs blanchis à la chaux, son toit de roseaux surmonté d'une croix. Le plus souvent sans fenêtre, seule une porte vitrée laisse entrer le jour dans l'unique pièce.

Voilà ce qu'en dit Alphonse Daudet dans un poème écrit en Provençal :

Comme il fait bon quand le mistral
Frappe à la porte avec ses cornes
Etre tout seul dans la cabane
Tout seul comme un mas de Crau
Et voir par un petit trou
Là-bas, loin, dans les salicornes
Luire les marais de Giraud
Et ne rien entendre que le mistral
Frappant à la porte avec ses cornes,
Puis de temps à autre les clochettes
Des chevaux de la tour de Brau.





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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mer 15 Juil - 19:31

LA PRIERE DU CHEVAL





Tu m’as conquis,
Sache me garder.
Je te servirai,
Si tu es juste et respectueux,
Attentif à mon humeur,
Si tu sais me parler,
Mesurant ma peine
Et me soignant comme un frère,
N’oubliant jamais que le cheval
Est plus de la moitié du cavalier.


Le cheval Camargue est présent dans le grand delta du Rhône depuis la nuit des temps.
Cheval de travail pour la conduite des troupeaux de taureaux Camargue et pour les travaux agricoles, le cheval Camargue était aussi un cheval de combat pour la cavalerie française et les camisards Cévenols des guerres de religion...

"La plus noble conquête que l'homme ait jamais faite
est celle de ce fier et fougueux animal,
qui partage avec lui les fatigues de la guerre
et la gloire des combats"

Extrait de l'histoire naturelle de Buffon (1707-1788)



Buffon, dans ces lignes admirables, nous rappelle l'inclination et le respect que l'homme a toujours éprouvés pour ce compagnon de combat, de travail ou de passion au fil des siècles.

En Camargue, très ancrés dans des traditions agricoles et pastorales, des hommes vouent à leurs chevaux, indispensables à leur survie et par une heureuse prédestination que l'élevage du taureau a maintenu jusqu'à nos jours, un véritable culte d'amour, plus vivace que jamais.

C'est pourquoi, non loin du village du Cailar, village reconnu comme étant la capitale de la Bouvine, face aux immenses étangs de cette petite Camargue, la mémoire locale rapporte qu'un cavalier, souhaitant rendre le plus beau des hommages à son compagnon, le fit enterrer droit, sellé, bridé, un trident à son côté, lui gardant pour l'éternité toute la fierté de sa race.

Cette région immense, allant du Languedoc à la Provence, voue unanimement un soin et un respect indéfectible à ce cheval Camargue.

D'après des ossements identiques, retrouvés en Saône et Loire, sur les bords de la mer quaternaire, en pleine région marécageuse, et après avoir suivi les rives du Rhône, il semblerait que le cheval Camargue est le digne descendant de ce cheval de Solutré, que son milieu avait façonné à son image.

Comme aujourd'hui encore, les étendues sauvages et quasi-désertiques ou marécageuses de la Camargue gardent à cette race les mêmes traits originaux.
Face à une nature, où, au fil des saisons, sous les étoiles qui lui servent d'abri, se succèdent chaleur et glaciales intempéries, sa robustesse et sa résistance se sont mariées intimement pour donner à ce cheval cette endurance que les manadiers et les gardians lui reconnaissent dans l'activité essentielle qu'ils maintiennent grâce à eux :

l'élevage du taureau.




Robuste, vif et rapide dans l'action, mais aussi rustique, par les rudes tâches qui lui étaient dévolues à l'origine, ce cheval Camargue est plus séduisant que jamais. Sa courte encolure, ses membres forts, son crin fourni et sa robe blanche, que l'on dit grise aussi, en font le compagnon idéal des Camarguais, comme des amoureux de grands espaces.

Car, pour aborder cette nature sauvage, pour s'imprégner de ce silence le long des marais immenses, où seuls des bruits d'ailes ou le cri des taureaux se font entendre, le cheval Camargue sera votre meilleur guide, sinon, très bientôt, votre meilleur ami.

HEUREUX QUI COMME ULYSSE
Georges brassens


...Battus de soleil et de vent
Perdus au milieu des étangs
On vivra bien contents
Mon cheval, ma Camargue et moi
Mon cheval, ma Camargue et moi ...

Bercé par le choc de ses sabots sur cette terre magnifique, entre ciel et eau, vous goûterez aux instants magiques, où tout devient éternité dans cette complicité étrange et si belle de l'homme et de l'animal.


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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Jeu 16 Juil - 1:32

poème sur la Camargue



Je suis ...

Je suis né, dans un coin sauvage
où les taureaux noirs sont les rois;
et fus bercé dès mon jeune âge
par les flamants roses en émoi.

Ma maison était toute blanche,
au milieu des pins et des joncs;
et le mistral avec les branches,
me composait de belles chansons.

Je suis né, sur ce sol aride
où comme Attila, le soleil
fait à la terre mille rides
pour en étouffer le réveil.

Mais lorsque la lune apparaît
et que sa clarté innonde
les roubines et les grands marais,
on croirait voir le bout du monde.

Je suis né, dans la plaine immense
où galopent les blancs chevaux;
au loin il y a des camps où dansent
les bohémiens près des chariots.

Et j'ai suivi la farandole
qu'accompagnent les tambourins,
traîné dans cette ronde folle
où chacun me tendait la main.

Ami le souhait que je vais faire
en priant Dieu de l'exaucer
c'est m'endormir en cette terre
dans ma CAMARGUE où je suis né !!

Jean-Marc ALLEGRE
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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Jeu 16 Juil - 2:12

GALOP DE CAMARGUE
Hommage de Manitas de Plata avec José Reyes



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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Jeu 16 Juil - 2:35

La jeune fille de Manosque



Dans l'histoire légendaire de la Provence, il est question d'une jeune fille de Manosque qui, pour échapper aux entreprises amoureuses de François Ier, se défigura de la manière la plus cruelle.

Le 17 janvier 1516, le roi arriva à Manosque, en revenant d'Italie, après la bataille de Marignan. Le premier consul de la cité, Antoine Voland, vint à sa rencontre et lui fit présenter les clefs de la ville par sa fille qui était belle à ravir.

Le roi friand, on le sait, de jolies filles, regarda Mademoiselle Voland d'un air qui lui fit comprendre le danger qu'elle allait courir ; aussi, arrivée chez elle, exposa-t-elle sa figure aux vapeurs du souffre enflammé et se défigura horriblement.

Lorsque le roi voulut faire violence à la pauvre enfant, il fut arrêté par cette laideur et la vertueuse jeune fille sauvegarda ainsi son honneur au prix de sa beauté.

Cette légende, dans laquelle se trouvent une date précise et le nom de l'héroïne, pour en imposer davantage à la crédulité, n'est, fort probablement, qu'un récit très inexact d'un fait réel de minime importance et peut-être a-t-on « prêté au riche », car on sait combien la réputation de galanterie de François Ier est bien établie.

Mais il n'en demeure pas moins que François 1er était un grand séducteur ... mais les filles de Provence ne s'en laissent pas compter, prince ou berger elle n'écoutent que leur coeur, le Mistral leur souffle toujours la bonne réponse.

Et ici on ne dit pas "coup de foudre" mais "coup de Mistral"... Mademoiselle Voland n'avait rien entendu ce jour là ! certainement le premier échec de François qui n'était pas Premier du coté de Manosque.

Dans l'histoire de la Provence, il y a plusieurs aventures sensationnelles, de filles et de femmes qui firent les choses les plus extraordinaires pour sauvegarder leur vertu, et qui purent, ainsi, échapper, parfois, aux entreprises brutales des séducteurs.
Mais quand l'amour est là elles affrontent toutes les épreuves.



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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Jeu 16 Juil - 3:04

LES CROYANCES POPULAIRES ET L'AMOUR



Si une jeune fille monte sur la queue d’un chat elle attendra neuf mois pour se marier.

Pour rêver à celui que vous épouserez, ramasser 3 herbes différentes dont vous ignorez le nom.

Les jeunes filles se peignent au clair de lune pour trouver un mari et avoir une belle chevelure.

"Nouvelle lune, nouveau croissant Montre-moi en rêvant L’époux de mon vivant Lui et son métier à la main Pour qu’il m’aide à gagner du pain"

Il faut dire en se couchant
Lune, belle lune, faites qu’en dormant je rêve à mon amant, lui, son nom ou quelqu’un de sa maison.

Il faut compter chaque soir neuf étoiles pendant neuf mois. Pendant la neuvième doit apparaître l’amoureux.

Quand l'amoureux est enfin là, et qu'arrive le grand jour ..

Pour la nuit de noces, une personne de la famille glisse sous le matelas des jeunes mariés, un petit bouquet de lavande. Cela doit entretenir la passion au sein du couple.
Lavande que l’on retrouve également dans le trousseau de la mariée pour lui assurer une belle descendance.
Et enfin, parfumer ses draps et oreillers d'essence de lavande c'est assurer un souffle du Paradis à celui qu'on aime.

C'est le parfum de la fée de l'amour.

La Fée Lavande

"Je m'appelle Vande et mes yeux sont bleus comme les épis
que j'ai décorés, ravie,en naissant,
moi, la fée chérie des dieux de Provence.
Et depuis, je danse et cours dans les champs avec fée des vents.
Je bénis, j'adore, j'embaume, je colore tous les alentours.
J'aime les décors au bleu de velours
Voilà que mes fleurs parfument à leur tour les armoires,
les draps, les heures et les amours.
Elles purifient les maisons, délogent moustiques et démons...
Les lavandières le savent bien qui m'ont élue comme patronne
et me supplie chaque matin pour que la lessive rayonne.
"Tiens,voici la Vande" disent-elles, elle sent si bon!
Mettez-en dans votre savon et respirez en abondance
de ses fleurs la divine essence pour retrouver tout votre entrain."
Je suis Vande, fée des esprits sains.
Et je vous Salue bien!


***C'est la fête de la lavande et je vois au fond de tes yeux
Qu'à la fête de la lavande un amour est né pour nous deux
Un amour qui sent la lavande sur un ciel qui a tant de bleu
Car la fête de la lavande c'est le bleu le bleu de tes yeux***

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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Ven 17 Juil - 1:17

LA LEGENDE DE L' HOMME A LA CERVELLE D'OR



« Malgré ses airs de conte fantastique, cette légende est vraie d’un bout à l’autre… »
écrit Alphonse Daudet dans la Légende de l’homme à la cervelle d’or.
Vous vous demanderez pourquoi certains écrivains ont recours à la fiction pour transmettre des vérités ou des leçons.

En lisant votre lettre, madame, j'ai eu comme un remords. Je m'en suis voulu de la couleur un peu trop demi-deuil de mes historiettes, et je m'étais promis de vous offrir aujourd'hui quelque chose de joyeux, de follement joyeux.

Pourquoi serais-je triste, après tout ? Je vis à mille lieues des brouillards parisiens, sur une colline lumineuse, dans le pays des tambourins et du vin muscat. Autour de chez moi tout n'est que soleil et musique ; j'ai des orchestres de culs-blancs, des orphéons de mésanges ; le matin, les courlis qui font : « Coureli ! coureli ! », à midi, les cigales ; puis les pâtres qui jouent du fifre, et les belles filles brunes qu'on entend rire dans les vignes...

En vérité, l'endroit est mal choisi pour broyer du noir ; je devrais plutôt expédier aux dames des poèmes couleur de rose et des pleins paniers de contes galants.

Eh bien, non ! je suis encore trop près de Paris. Tous les jours, jusque dans mes pins, il m'envoie les éclaboussures de ses tristesses... À l'heure même où j'écris ces lignes, je viens d'apprendre la mort misérable du pauvre Charles Barbara; et mon moulin en est tout en deuil.
Adieu les courlis et les cigales ! Je n'ai plus le coeur à rien de gai... Voilà pourquoi, madame, au lieu du joli conte badin que je m'étais promis de vous faire, vous n'aurez encore aujourd'hui qu'une légende mélancolique.

Il était une fois un homme qui avait une cervelle d'or ; oui, madame, une cervelle toute en or. Lorsqu'il vint au monde, les médecins pensaient que cet enfant ne vivrait pas, tant sa tête était lourde et son crâne démesuré. Il vécut cependant et grandit au soleil comme un beau plant d'olivier ; seulement sa grosse tête l'entraînait toujours, et c'était pitié de le voir se cogner à tous les meubles en marchant... Il tombait souvent.

Un jour, il roula du haut d'un perron et vint donner du front contre un degré de marbre, où son crâne sonna comme un lingot. On le crut mort, mais en le relevant, on ne lui trouva qu'une légère blessure, avec deux ou trois gouttelettes d'or caillées dans ses cheveux blonds.

C'est ainsi que les parents apprirent que l'enfant avait une cervelle en or.

La chose fut tenue secrète ; le pauvre petit lui-même ne se douta de rien. De temps en temps, il demandait pourquoi on ne le laissait plus courir devant la porte avec les garçonnets de la rue.

- On vous volerait, mon beau trésor ! lui répondait sa mère...

Alors le petit avait grand-peur d'être volé ; il retournait jouer tout seul, sans rien dire, et se trimbalait lourdement d'une salle à l'autre...

À dix-huit ans seulement, ses parents lui révélèrent le don monstrueux qu'il tenait du destin; et, comme ils l'avaient élevé et nourri jusque-là, ils lui demandèrent en retour un peu de son or. L'enfant n'hésita pas ; sur l'heure même - comment ? par quels moyens ? la légende ne l'a pas dit -, il s'arracha du crâne un morceau d'or massif, un morceau gros comme une noix, qu'il jeta fièrement sur les genoux de sa mère... Puis, tout ébloui des richesses qu'il portait dans la tête, fou de désirs, ivre de sa puissance, il quitta la maison paternelle et s'en alla par le monde en gaspillant son trésor.

Du train dont il menait sa vie, royalement, et semant l'or sans compter, on aurait dit que sa cervelle était inépuisable... Elle s'épuisait cependant, et à mesure on pouvait voir les yeux s'éteindre, la joue devenir plus creuse. Un jour enfin, au matin d'une débauche folle, le malheureux, resté seul parmi les débris du festin et les lustres qui pâlissaient, s'épouvanta de l'énorme brèche qu'il avait déjà faite à son lingot : il était temps de s'arrêter.

Dès lors, ce fut une existence nouvelle. L'homme à la cervelle d'or s'en alla vivre, à l'écart, du travail de ses mains, soupçonneux et craintif comme un avare, fuyant les tentations, tâchant d'oublier lui-même ces fatales richesses auxquelles il ne voulait plus toucher... Par malheur un ami l'avait suivi dans sa solitude, et cet ami connaissait son secret.

Une nuit, le pauvre homme fut réveillé en sursaut par une douleur à la tête, une effroyable douleur ; il se dressa éperdu, et vit, dans un rayon de lune, l'ami qui fuyait en cachant quelque chose sous son manteau... Encore un peu de cervelle qu'on lui emportait !...

À quelque temps de là, l'homme à la cervelle d'or devint amoureux, et cette fois tout fut fini... Il aimait du meilleur de son âme une petite femme blonde, qui l'aimait bien aussi, mais qui préférait encore les pompons, les plumes blanches et les jolis glands mordorés battant le long des bottines.

Entre les mains de cette mignonne créature - moitié oiseau, moitié poupée -, les piécettes d'or fondaient que c'était un plaisir. Elle avait tous les caprices; et lui ne savait jamais dire non ; même, de peur de la peiner il lui cacha jusqu'au bout Ie triste secret de sa fortune.

- Nous sommes donc bien riches ? disait-elle.

Le pauvre homme lui répondait :

- Oh ! oui... bien riches !

Et il souriait avec amour au petit oiseau bleu qui lui mangeait le crâne innocemment. Quelquefois cependant la peur le prenait, il avait des envies d'être avare ; mais alors la petite femme venait vers lui en sautillant, et lui disait :

- Mon mari, qui êtes si riche! achetez-moi quelque chose de bien cher..

Et il lui achetait quelque chose de bien cher.

Cela dura ainsi pendant deux ans ; puis, un matin, la petite femme mourut, sans qu'on sût pourquoi, comme un oiseau... Le trésor touchait à sa fin ; avec ce qui lui restait, le veuf fit faire à sa chère morte un bel enterrement.

Cloches à toute volée, lourds carrosses tendus de noir chevaux empanachés, larmes d'argent dans le velours, rien ne lui parut trop beau. Que lui importait son or maintenant ?... Il en donna pour l'église, pour les porteurs, pour les revendeuses d'immortelles : il en donna partout sans marchandises... Aussi, en sortant du cimetière, il ne lui restait presque plus rien de cette cervelle merveilleuse, à peine quelques parcelles aux parois du crâne.

Alors on le vit s'en aller dans les rues, l'air égaré, les mains en avant, trébuchant comme un homme ivre. Le soir, à l'heure où les bazars s'illuminent, il s'arrêta devant une large vitrine dans laquelle tout un fouillis d'étoiles et de parures reluisait aux lumières, et resta là longtemps à regarder deux bottines de satin bleu bordées de duvet de cygne.

« Je sais quelqu'un à qui ces bottines feraient bien plaisir »,

se disait-il en souriant ; et, ne se souvenant déjà plus que la petite femme était morte, il entra pour les acheter. Du fond de son arrière-boutique, la marchande entendit un grand cri ; elle accourut et recula de peur en voyant un homme debout, qui s'accotait au comptoir et il regardait douloureusement d'un air hébété. Il tenait d'une main les bottines bleues à bordure de cygne, et présentait l'autre main toute sanglante, avec des raclures d'or au bout des ongles.

Telle est, madame, la légende de l'homme à la cervelle d'or.

Malgré ses airs de conte fantastique, cette légende est vraie d'un bout à l'autre... Il y a par le monde de pauvres gens qui sont condamnés à vivre avec leur cerveau, et payent en bel or fin, avec leur moelle et leur substance, les moindres choses de la vie. C’est pour eux une douleur de chaque jour ; et puis, quand ils sont las de souffrir…

Alphonse Daudet
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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Lun 20 Juil - 0:08

LA LEGENDE DU DRAC





Un soir, le vieux Saint Césaire, qui habitait Arles, alla prendre l’air du coté du Rhône. C’était un soir de Mistral et le fleuve descendait vers la mer avec des vagues rageuses. Le vieil homme se tenait sur la berge et regardait la puissance de la nature. Il bénit les eaux et alors qu’il s’apprêtait à rentrer chez lui, il aperçut une jeune femme qui émergeait de l’onde.

Saint Césaire très étonné regarda la femme s’avancé vers lui.

Elle lui dit :

"J’étais entrain de laver la chemise de mon enfant, lorsqu’elle m’échappa des mains et en voulant la rattraper j’ai glissé sur les galets, et je me suis retrouvé entraînée au fond du fleuve."

Saint Césaire lui répondit :

-Sortez de l’eau mon enfant et rentrez chez vous maintenant rejoindre votre famille.

Quelques jours plus tard, il revit la jeune femme qui regardait le Rhône d’un air absent. Il s’approche d’elle et lui demande si tout va bien.

Oh mon père bénissez-moi, je ne reconnais pas mon enfant et mon mari me croyait morte, les voisins me disent que je suis partie pendant sept ans. Lorsque je suis tombée à l’eau, le courant m’a envoyé au fond du Rhône.

Là dans une caverne, le Drac ma demandé, pour sauver son enfant de lui donner le sein. Je ne pouvais pas refuser, car il me promit de me relâcher aussitôt son enfant rassasié.
Alors je pris son enfant et je l’allaitais. Un coupe se remplissait de gouttes d’eau et lorsqu’elle fut pleine, l’enfant sauta de mes genoux et parti vers son père, qui fou de joie de retrouver son enfant me relâcha.

Le Saint bénit la femme, pour lui enlever le mauvais esprit. Elle pu ainsi retrouver les siens et recommencer une vie heureuse.

D’après la légende, le Drac est un monstre qui vivait au fond du Rhône, ce serait le fils du Léviathan qui vivait en asie. Une foie adulte il du quitter son père et partit à la recherche d’un lieu.

En passant prés de l’embouchure du Rhône, il le trouva si puissant qu’il décide de mesurer sa force au fleuve et commença à remonter celui-ci.

Une fois parvenu à la hauteur d’Arles, le monstre n'a pu continuer sa remontée et décida de s’y installer.

******
Monstre polymorphe, invisible aux humains, le Drac vivait caché au plus profond du Rhône. De temps à autre, il sortait de l'eau pour faire son repas de quelque habitant imprudent.
Le drac est un dragon qui vit dans des sources et des cours d’eau. Il fait partie de l’univers fantastique du fleuve. Pour dévorer sa victime , il sort de l’eau, prend sa victime puis disparait soudainement.

Le Drac est un animal légendaire. Il aurait des nageoires transparentes, des doigts, des orteils palmés comme un flament de Camargue, des yeux évoquant une tristesse, et des cheveux longs et verdâtres.

Cet animal veille sur des trésors et des passages secrets. En sortant de l’eau, il capture ces proies.

VOILA LA VERSION DE BEAUCAIRE ...


Il existe plusieurs version de la légende, toute parlent de la ville de Beaucaire comme point de départ...

Un dragon vivait dans cette région hantant les bords du Rhône. Il attirait dans l’eau les jeunes gens par des pierres précieuses puis se nourrissait d’eux.

Un jour, la femelle du dragon eut un bébé dragon et le drac eut ainsi besoin d’une nourrice. Il s’approcha d’une jeune femme seule qui lavait son linge dans l’eau du fleuve puis la séduisit comme à son habitude mais ne la tuât pas. Il l’emmenât dans son antre où se trouvait le bébé dragon.

Il lui donna une boite de graisse humaine dont elle devait enduire chaque soir son fils avant de se laver les mains avec une eau spéciale. Cette opération permettait de rendre le petit dragon invisible aux humains. Mais, un soir, elle oublia de se nettoyer les mains et se frotta les yeux. Elle pouvait maintenant voir le dragon alors qu’il était invisible. Elle fut libérée au bout de sept ans où elle retrouva une vie normale. Cependant, quelque temps plus tard, elle alla saluer le drac qui se promenait dans Beaucaire.
Le dragon, mécontent d’être vu, lui creva un oeil avec ses griffes.
Le dragon ne fut ensuite plus jamais vu à Beaucaire ni dans le Rhône.


Vers 1250, le Drac, diable dragon ou les deux à la fois, ait enlevé une lavandière des bords du Rhône, sous les eaux duquel il avait établi sa demeure. Il la garda pendant 7 ans pour servir de nourrice au Dracounet, son fils, et lui rendit sa liberté quand son rejeton fut sevré. Pendant ces 7 années, la nourrice devait frotter le corps du Dracounet avec un baume et, aussitôt après, se laver soigneusement les mains. Elle oublia un jour de le faire, se frotta l'oeil droit avec la main souillé du baume et acquit ainsi, à son insu, le pouvoir de voir les choses cachées, si bien que, quelques années plus tard, à la foire, elle reconnut le Drac déguisé en marchand. Celui-ci se vengea en lui crevant l'œil droit d'un coup de griffe.


A Beaucaire, dans la Gard, on raconte qu'un esprit des eaux, appelé le Drac, guette les lavandières. Agenouillées sur les bords du Rhône, occupées à leur pénible besogne, leur regard s'émerveille soudain lorsque le fleuve se couvre de reflets extraordinaires : en son fond, étincellent des bijoux.

On raconte que l'une d'elles, en proie à un vif étonnement, laisse tomber son battoir, tente de le rattraper et voilà qu'elle bascule dans les flots. L'esprit malin, au corps de dragon, rit de sa tromperie. Il tient sa proie, car grâce à cette femme, son fils privé de mère, pourra survivre. Pendant sept ans, elle l'allaitera. Jamais la lavandière ne reparaîtra…


Ce serait pour chasser ce mauvais esprit, dit-on depuis lors, qu'un dragon orne les battoirs des lavandières de Beaucaire.

... Et bien sûr que moi, petite j 'avais très peur du drac ... la nuit tombée j'évitais de marcher aux alentours du Rhône et je n'osais jamais jeter un cailloux .. de peur de réveiller le monstre.

Aujourd'hui encore a Arles quand le Rhône déborde de son lit on dit qu'il est en " colère".

Un monstre du Lockness en Provence ? c'est pas banal comme légende.

Evocation aux Fées de l'Eau



"Oh Fées cristallines, gracieuses et ondoyantes qui habitez les eaux claires
des fontaines, les cascades, le lit des rivières, les étangs, les lacs et la
pluie du ciel.
Je veux moi aussi devenir une eau féconde pour la terre et
mes semblables, et pleurer des larmes de joie en recevant et en donnant
l'Amour humain.

Je promets de respecter l'eau du ciel et de la terre.

Faites tomber sur moi une eau abondante de perles et de fleurs d'Amour.
Que mon coeur s'ouvre à ce doux sentiment.
Que l'Eau d'Amour et de Vie se déverse en moi et autour de moi et comble mes jours.
Que vos serviteurs, Ondines etOndins travaillent à m'envoyer l'Amour que je sollicite.

Soyez en remerciées, Oh, cristallines Fées de l'Eau."





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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Lun 20 Juil - 15:07




La Camargue n'a pas d'histoire « humaine ».

A l'origine sont les étangs, et les taureaux. Toute la Camargue est en eux. Puis viennent les hommes libres. La Camargue est hors de l'histoire :
elle était là, fabuleusement belle aux yeux de ses gens, et l'homme s'y est logé. Les littérateurs ne s'y sont pas trompés qui, régulièrement, renvoient leurs héros à leur origine :

la mer, les étangs, le Rhône.

Devenir Camarguais comme les gens du delta, profondément, c'est cela :
entrer dans ce pays avec passion, et ne plus en sortir. Se fondre aux éléments. Il n'y pas d'alternative :

sous peine de rester « parisien », ou « camarguais d'opérette ».

Ce qui tue la Camargue ? Ce ne sont pas les usines de Salin, ni même les touristes, mais le filet de clôtures barbelées jeté sur un espace sauvage qu'il domestique, c'est-à-dire assassine.

Le temps Camarguais se love dans un temps mythique, originel, toujours dépassé.
Les Alpilles au contraire vivent seulement au présent.
Les Baux veillent sur l'histoire arrêtée, le thym et le romarin ont toujours la même senteur.
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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mar 21 Juil - 0:41

LES CONTES DE MA PROVENCE



"On ne donne pas rendez-vous à ses rêves.
Ils viennent vous rendre visite quand ils en ont envie et pas quand vous en avez besoin".


Yvan Audouard, un enfant de la Provence.
Ecrivain, humoriste, conteur, dialoguiste, rédacteur du Canard Enchaîné,
Yvan Audouard est né en 1914 à Saïgon et mort à l'age de 90 ans.

Edtions Le Pré aux Clercs, Paris, 1986.

Dernière de couverture:

"Dans les villages de Provence, il y a toujours quelqu'un qui se souvient de tout.
Il ne se rappelle pas les dates, il lui arrive de confondre les siècles.
Mais il n'a oublié ni le parfum des heures, ni la couleur des jours, ni le son des voix.

Pour Yvan Audouard, la Provence, ce n'est pas seulement le témoignage des pierres ou les confidences des paysages, ou l'éternité mouvante du ciel.
La Provence, c'est le récit qu'elle se fait au jour le jour, c'est l'image d'elle-même qu'elle crée à longueur de soleil, c'est le spectacle de son histoire qu'elle s'offre depuis deux mille ans.

La Provence est un discours qui traverse les siècles comme un fleuve et réinvente sans arrêt le présent et le passé.

Les monuments s'effritent, la terre elle-même change, les anciens hochent la tête et ne reconnaissent plus son visage.

Pourtant, de Manosque aux Saintes-Maries-de-la-Mer, de Carpentras à Brignoles, à l'ombre des platanes, les Provençaux continuent de se raconter les secrets et les fables, que le temps loin d'user enrichit."

******
Il avait l'art de la formule dans la citation :

La femme d'Einstein n'était pas la moitié d'un imbécile !

Les vers de terre s’enfoncent dans le sol pour ne pas tomber amoureux des étoiles.

En Provence, le soleil se lève deux fois : le matin, et après la sieste.



la Pastorale sur un texte d'Yvan Audouard

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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mar 21 Juil - 2:08

La Création du Monde




racontée par Yvan Audouard dans " Ma Provence à moi"

C'est Mathias, quatre vingt dix sept ans, baile-gardian au Mas des Bernacles en Camargue, pour qui la création du monde était un secret de famille, qui le raconte, comme jamais personne ne l'a raconté:

"Au commencement, Dieu dit :

Que le silence soit! Et le silence fut.

A l'époque il n'y avait pas de grillons....Les grillons ont été inventes plus tard, pour faire remarquer comme le silence est beau (...)
Après il a fait le soleil. Au début, il était timide! Pour un oui, pour un non, il allait se cacher. Il n'avait pas confiance !
Cà ne lui est venu que beaucoup plus tard la confiance... .
lorsqu'il a compris que çà valait la peine qu'il se donne du mal pour tout faire briller.
Le Troisième jour.......

Le troisième jour....
Le troisième jour, il a fait la pluie. Sans l'eau douce toutes les choses seraient âpres, amères, dures.
Le monde serait un rocher qui s'effrite, un rocher sans oiseaux dessus et sans anguilles dans les creux. ..

Un désert sans vigne, sans clairette de Bellegarde, sans oliviers, sans eau douce pour mettre dans le pastis....
Le quatrième jour, il a donné aux hommes des raisons de vivre! Il leur a donné le cheval et le taureau. Il n'a pas pu attendre le bon Dieu; il a voulu se faire plaisir aux yeux......

Le cinquième jour.......

Le cinquième jour:

Le cinquième jour, le Paradis à commencé.

Avec la création de la Farandole. Le bon Dieu a fini de planter le décor. il a crée les astres et les étoiles, par-ci, par-là, pour faire joli.
Puis il a frappé dans les mains et il a dit: Attention! la Farandole va commencer!...

Le bon Dieu avait gardé le plus beau pour la fin.
Le sixième jour, il a créé l'Arlésienne!..




A l'époque, elle s'appelait Eve. Et même sans le costume vous l'auriez reconnue. Vous ne pouviez pas vous y tromper.
La grâce du cou, la minceur de la taille, la douceur du parler, et cette façon si légère q'elle avait de poser le pied sur le sol que tu as l'impression qu'elle glisse sur les eaux.
Une vraie merveille.

Alors le septième jour......

Le septième jour, Dieu a inventé la sieste.

Pourtant, il n'avait pas les muscles fatigués. Ni la tête, mais il avait l'oeil, à force de regarder les belles choses, qui commençait à parpaléger.
Il s'est mis à l'ombre d'un figuier qu'il venait de créer spécialement pour ça. Il a jeté un regard sur le monde. Il l'a trouvé beau. Et il a poussé un soupir de satisfaction.

Alors il, il s'est allongé le dos dans l'herbe.
Il a rabattu son chapeau de paille sur le front, il a soufflé sur un moustique qui jouait de la musique autour de lui, il s'est mis les deux mains sous la nuque et il s'est endormi avec la satisfaction du devoir accompli....."

A la prochaine.........
******
Yvan Audouard nous a quitté dans la nuit du 20 au 21 mars 2004.

A cause « d’une sieste qui a mal tourné » comme il l’aurait dit dans une de ces boutade dont il avait le secret. Il avait quatre-vingt dix ans.
Au « Canard enchaîné » où il a collaboré pendant plus de cinquante ans, on le jugeait comme « un conteur hors pair, toujours prêt à raconter une anecdote, à faire marrer son monde et à tailler des croupières aux cons, pétillant d’humour, d’humeur, et de bonne humeur.
_________________
___________


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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mar 21 Juil - 2:23


Bizet - L'Arlesienne Suite No.2 IV. Farandole
Conductor : Claudio Abbado Berliner Philharmoniker / New Year's Eve Gala 1998

FARANDOLE AU MOULIN de Léo Lelé



La farandole Arlésienne, danse régionale et provençale, évoque une opposition forte entre la façon locale de danser et celles de deux localités voisines:
Trinquetaille, qui est en fait un faubourg d'Arles, mais sur la rive droite du Rhône, là où je suis née, et Saint-Rémy-de-Provence situé dans les Alpilles.

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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mar 21 Juil - 12:31

LE MISTRAL SOURCE D'INPIRATION

Georges Brassens évoque souvent ce "joli vent dans ses écrits", il connait le Mistral lui qui est né à SETE, pas très loin de la petite Camargue

LE CHAPEAU DE MIREILLE



Le chapeau de Mireille,
Quand en plein vol je l'ai rattrapé,
Entre Sète et Marseille,
Quel est le bon vent qui l'avait chipé?
Le chapeau de Mireille,
Quand en plein vol je l'ai rattrapé,
Entre Sète et Marseille,
Quel joli vent l'avait chipé?
C'est pas le zéphyr,
N'aurait pu suffire,
C'est pas lui non plus
L'aquilon joufflu,
C'est pas pour autant
L'autan.
Non, mais c'est le plus fol
Et le plus magistral
De la bande à Eole,
En un mot: le mistral.
Il me la fit connaître,
Aussi, dorénavant,
Je ne mouds plus mon blé
Qu'à des moulins à vent.

Quand la jupe à Mireille
Haut se troussa, haut se retroussa,
Découvrant des merveilles:
Quel est le bon vent qui s'est permis ça?
Quand la jupe à Mireille
Haut se troussa, haut se retroussa,
Découvrant des merveilles:
Quel joli vent s'est permis ça?
C'est pas le zéphyr,
N'aurait pu suffire,
C'est pas lui non plus,
L'aquilon joufflu,
C'est pas pour autant
L'autan.
Non, mais c'est le plus fol
Et le plus magistral
De la bande à Eole,
En un mot: le mistral.
Il me montra sa jambe,
Aussi reconnaissant,
Je lui laisse emporter
Mes tuiles en passant.

Quand j'embrassai Mireille,
Qu'elle se cabra, qu'elle me rembarra,
Me tira les oreilles,
Quel est le bon vent qui retint son bras?
Quand j'embrassai Mireille,
Qu'elle se cabra, qu'elle me rembarra,
Me tira les oreilles,
Quel joli vent retint son bras?
C'est pas le zéphyr,
N'aurait pu suffire,
C'est pas lui non plus
L'aquilon joufflu,
C'est pas pour autant
L'autan.
Non, mais c'est le plus fol
Et le plus magistral
De la bande à Eole,
En un mot: le mistral.
Il m'épargna la gifle,
Aussi, dessus mon toit
Y avait une seule girouette,
Y en a maintenant trois.

Et quand avec Mireille
Dans le fossé on s'est enlacés,
A l'ombre d'une treille,
Quel est le bon vent qui nous a poussés?
Et quand avec Mireille
Dans le fossé on s'est enlacés,
A l'ombre d'une treille,
Quel joli vent nous a poussés?

C'est pas le zéphyr,
N'aurait pu suffire,
C'est pas lui non plus
L'aquilon joufflu,
C'est pas pour autant
L'autan.
Non, mais c'est le plus fol
Et le plus magistral
de la bande à Eole,
En un mot: le mistral.
Il me coucha sur elle,
En échange aussitôt
Je mis une voile de plus
A mon petit bateau.

Quand j'ai perdu Mireille,
Que j'épanchai le coeur affligé
Des larmes sans pareilles,
Quel est le bon vent qui les a séchées?
Quand j'ai perdu Mireille,
Que j'épanchai le coeur affligé
Des larmes sans pareilles,
Quel joli vent les a séchées?
C'est pas le zéphyr,
N'aurait pu suffire,
C'est pas lui non plus
L'aquilon joufflu,
C'est pas pour autant
L'autan,
Non, mais c'est le plus fol
Et le plus magistral
De la bande à Eole,
En un mot: le mistral.
Il balaya ma peine
Aussi, sans lésiner
Je lui donne toujours
Mes boeufs à décorner.



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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mar 21 Juil - 20:33

BRASSENS A FAIT SOUFFLER LE MISTRAL ...

A Paris sur le pont des Arts !



Le Vent

Si, par hasard
Sur l'Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent fripon
Prudenc', prends garde à ton jupon
Si, par hasard
Sur l'Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent maraud
Prudent, prends garde à ton chapeau

Les jean-foutre et les gens probes
Médis'nt du vent furibond
Qui rebrouss' les bois, détrouss' les toits, retrouss' les robes
Des jean-foutre et des gens probes
Le vent, je vous en réponds
S'en soucie, et c'est justic', comm' de colin-tampon

Si, par hasard
Sur l'Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent fripon
Prudenc', prends garde à ton jupon
Si, par hasard
Sur l'Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent maraud
Prudent, prends garde à ton chapeau

Bien sûr, si l'on ne se fonde
Que sur ce qui saute aux yeux
Le vent semble une brut' raffolant de nuire à tout l'monde
Mais une attention profonde
Prouv' que c'est chez les fâcheux
Qu'il préfèr' choisir les victimes de ses petits jeux

Si, par hasard
Sur l'Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent fripon
Prudenc', prends garde à ton jupon
Si, par hasard
Sur l'Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent maraud
Prudent, prends garde à ton chapeau
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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mer 22 Juil - 2:57

L'EAU DE PROVENCE

"L'aigo es d'or" (l'eau c'est de l'or) en Provence, c'est une histoire qui remonte à la nuit des temps.
Durant des siècles, nos ancêtres ont dû batailler ferme pour maîtriser, à travers des terres enfiévrées de soleil, de caillasse et de vent, les petits ruisseux qui font les grandes rivières et autres sources miraculeuses, car tout le monde le sait :

l'eau, c'est la vie.



Le jardinier du roi Soleil, un certain Lenotre s'est inspiré du parc de PONTEVES à CARCES,dans le var, pour réaliser Versailles !
çà c 'est de l'info ... écoutez bien c'est joliment raconté.

Un havre de fraicheur a decouvrir.
Bordee par la Montagne Sainte-Victoire a l'Ouest et arrose par le fleuve Argens est ses nombreux affluents.
la Provence verte fut longtemps appelée "le chateau d'eau du Var", une Provence authentique, dédiee depuis des siecles a la culture de la vigne et de l'olivier, c 'est la Provence verte.
Ici :
http://www.cc-comtedeprovence.fr/la-cccp-presentation/les-13-communes/carces/index.htm
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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mer 22 Juil - 13:41

EN ARLES


Van Gogh

Dans Arles où sont les Alyscamps
Quand l’ombre est rouge, sous les roses,
Et clair le temps,

Prends garde à la douceur des choses.
Lorsque tu sens battre sans cause
Ton coeur trop lourd

Et que se taisent les colombes
Parle tout bas, si c’est d’amour
Au bord des tombes.

Paul-Jean TOULET


C’est un des plus grands poètes de la littérature française.

Il naquit à Pau en 1867.
Il mourut à Guéthary en 1920.

Il aima l’alcool, les femmes et les paysages. Il fit de grands voyages. Il but, joua, se drogua.
Figure du Paris 1900, ami intime du compositeur Claude Debussy, il connut des petites femmes et de malins plaisirs, abusa de l’opium et du whisky soda. Il fut un noctambule, un séducteur.
Il fut surtout un grand poète.

Prenez garde !

Ces vers rendent fous. Ceux qui les lisent ne peuvent les oublier.

A la moindre occasion, ils les récitent, les chantent, les marmonnent, les chuchotent, les déclament.

Ils évoquent Arles, les Alyscamps, parlent d’amour et de colombes avec des mines gourmandes et des airs de conspirateurs.
Prends garde à la douceur des choses, dites vous? Alors il est too late. Vous êtes charmé.

Ces vers vous montent à la tête et vous coulent dans les veines. Impossible de vous en défaire.
Vous venez d’entrer dans la plus discrète et la plus fervente des confréries:

les lecteurs de Paul-Jean Toulet.


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