H A R M O N Y


 
AccueilFAQS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 LEGENDES DE PROVENCE

Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3, 4  Suivant
AuteurMessage
Nine
Admin
avatar

Nombre de messages : 10433
Date d'inscription : 03/05/2008

MessageSujet: LEGENDES DE PROVENCE   Mer 24 Juin - 17:53

La légende de la fée aux yeux bleus



Les histoires qui traversent le temps et que ma grand-mére nous racontaient.
Relais à faire passer aussi à vos enfants.

On raconte qu'une trés jolie fée aux longs cheveux blonds et aux yeux bleus, prénommée Lavandula, aurait vu le jour au milieu des lavandes sauvages de la montagne du Lure.

Les années passèrent et l'envie lui vint un jour de s'installer. Ne sachant pas où elle se voyait domiciliée, elle décida de feuilleter son cahier de paysages pour faire un choix éclairé. Son survol s'arrêta brusquement sur la page présentant les terres incultes de la Provence.

Bouleversée par la tristesse du panorama, la fée se mit à pleurer. En tombant sur le livre, ses larmes de couleur lavande tachèrent la page de bleu. Dans l'espoir de réparer sa maladresse, Lavandula tenta en vain de sécher ses yeux bleus et d'essuyer la page, mais l'effet contraire se produisit. Les gouttelettes se répandirent sur le paysage de la Provence.

Désespérée, la fée traça un grand pan de ciel bleu au-dessus du sol taché pour dissimuler son erreur.

C'est depuis ce jour que la lavande pousserait allégrement sur les terres de la Provence et que les jeunes filles de la région auraient dans les yeux une étincelle bleu lavande, surtout devant le spectacle qu'offre le ciel bleuté tombant sur les champs de lavande en fin de journée.


Dernière édition par Nine le Jeu 25 Juin - 1:56, édité 5 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
Nine
Admin
avatar

Nombre de messages : 10433
Date d'inscription : 03/05/2008

MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mer 24 Juin - 18:01

La légende des cigales



Cette légende se déroule au temps où les anges venaient passer leurs vacances en Provence.

Ils arrivérent par un matin de très grand soleil et furent étonnés de ne pas rencontrer âme qui vive entres les calanques et les terres cultivées. Ils s'exaspérent d'apercevoir de nombreux champs en friche. Eux qui rêvaient de voir des potagers et des vergers prospères.

Trés déçus, ils allèrent voir le curé du village, pensant le voir dans sa prière. Il était allongé sous le boutis faisant une sieste majestueuse. Le curé expliqua et précisa que les gens du coin se tenaient sagement à l'ombre des oliviers, afin de se préserver du soleil torride.

L'un des anges dit:" Mais quand travaillent-ils alors ?"
-A la fraîche! répondit l'ecclésiastique.
Un peu à la rosée aussi. Ceci explique le piteux état de leurs terrains.

Les anges aux ailes dorées s'en retournèrent conter leur aventure à Dieu qui décida aussitôt de créer une nouvelle espèce d'insecte.

Lorsque que la saison se faisait plus torride, les insectes se mettraient dans les pins et exécuteraient des notes stridentes d'une musique exacerbée, afin d'empêcher les habitants du pays de dormir exagérément.

C'est ainsi que naquirent les cigales, en parfaite symbiose désormais avec "l'art de vivre" en Provence.





Dernière édition par Nine le Mer 24 Juin - 18:51, édité 5 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
Nine
Admin
avatar

Nombre de messages : 10433
Date d'inscription : 03/05/2008

MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mer 24 Juin - 18:08

Les secrets du Mistral.




Il existe bien des légendes sur ce vent qu'est le mistral. Bien qu'il soit le maître de tous les vents, il n'en demeure pas moins qu'il hante la Provence. Il balaie de son souffle les terres de Provence. On dit que le mistral est un vent grincheux et impérieux.

On prétend, qu'il prend naissance au sein des marais du Vivarais sous l'arche géante d'un rocher ajouré, d'où surgit son sonore bruit. Là, il se gonfle et amplifie ses tourbillons, se gonfle et renforce ses bourrasques, avant de partir en rafales.

Inquiets devant ses imprévisibles accés de colère, des villageois décidèrent un jour de le "barricader". Pendant que le mistral était calme, les habitants clouèrent sur chaque pilier du bloc, de solides planches, très dures et très épaisses.
Il y à des années de cela, des menuisiers les avaient coupées dans des troncs d'oliviers centenaires. Ils les avaient rabotées, poncées, taillées, si bien qu'elles avaient acquis une solidité à toute épreuve.

A son réveil, le mistral se mit à souffler sur ces planches, mais elles resistèrent à sa forçe ravageuse et à ses accès de colère. Le mistral fût prisonnier et ne put donc plus s'évader.
Le Mistral, très fâché, leur dit:

"- Quand je parviendrai à me libérer, je déracinerai tout sur mon passage, les tuiles, les arbres, les clôtures. Il ne restera rien!"
"- Raison de plus, pour te laisser enfermé..." s'écrièrent les villageois.
"- Je vous maudis !" Dit le mistral.
"- Que tout soit désolation. Que vos terres soient infestées de moustiques. Que l'eau soit en putréfaction et que vos maisons soient sales. Que les fièvres fassent périr vos enfants et vos vieillards ! Ainsi vous regretterez vos agissements..."


L'éte venu, une chaleur insoutenable s'abattit sur la Provence. Bientôt se manifestèrent les signes avant-coureurs d'une épidémie. Des odeurs effroyables envahirent les rues et ruelles. Des insectes agressifs piquèrent les enfants à la peau veloutée et les anciens à la peau ridée.
Tous les malheurs du monde semblaient s'abattre sur le village. Ils décidèrent alors de libérer le vent, car son passage dans la région était finalement bénéfique. Il asséchait les terres détrempées, dissipait les nuages et les brumes étouffantes. Il aidait aussi à mûrir les fruits. Il faisait du bien à la nature.

Les villageois décidèrent, donc, de libérer le vent.

"Sinon, la peste s'abattra sur nos troupeaux. Il vaut mieux être transpercés de froid et qu'il emporte quelques branches sur son passage, plutôt que de prolonger cette mauvaise plaisanterie."

Le mistral entendit une partie des débats entre paysans et prit la parole. Il promit doucement: "Si vous me laissez sortir, je ne déracinerai pas vos arbres fruitiers, les tuiles de vos maisons, les clôtures de vos jardins..."

Tous furent perplexes, mais finirent par le libérer.
Aussitôt, le mistral s'engouffra dans l'ouverture et se rua dehors. Les paysans , muets et craintifs, attendaient sans bouger. C'est alors, qu'un enfant, s'approcha du maître des vents, et protesta:

" Et ta promesse, alors ?"
Le vent déchaîné s'apaisa tout de suite.

Subitement, il câlina les arbres, il frôla les tuiles des maisons, il chatouilla les clôtures des jardins.

Bientôt, les misères qu'avaient enduré les braves paysans furent reléguées au rang des mauvais souvenirs ainsi que cette histoire éprouvante et épouvantable du maître des vents.

Il s'en alla alors souffler ailleurs, dans la vallée du Rhône grondant et grommelant, grognant, vers les plaines du midi ...




Dernière édition par Nine le Mer 24 Juin - 18:54, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
Nine
Admin
avatar

Nombre de messages : 10433
Date d'inscription : 03/05/2008

MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mer 24 Juin - 18:11

Le secret de la Fontaine de Vaucluse.




Parti pour faire danser les filles de l'Isle sur la Sorgue, le vieux ménétrier Basile s'endormit à l'ombre un chaud jour, sur le chemin de Vaucluse. Apparut une nymphe qui, belle comme l'onde claire, prit la main du dormeur et le conduisit au bord de la vasque où s'épanouit la Sorgue. Devant eux, l'eau s'entrouvit et les laissa descendre entre deux murailles de liquide cristal au fond du gouffre.

Aprés une longue course souterraine, la nymphe, au milieu d'une souriante prairie semée de fleurs surnaturelles, arrêta le ménétrier devant 7 gros diamants. Soulevant l'un d'eux, elle fît jaillir un puissant jet d'eau.

Voilà, dit elle, le secret de la source dont je suis gardienne pour la gonfler je retire les diamants, au septième, l'eau atteint " le figuier qui ne boit qu'une fois l'an" et elle disparut en réveillant Basile.

Voilà, vous savez la légende du secret de la Fontaine de Vaucluse.

*(La Fontaine de Vaucluse n'a jamais livré le secret de ses origines, malgré les plongées effectuées par le Cdt Cousteau avec le Bathyscaphe.)

La Fontaine



Avec un écoulement total moyen de 630 millions de m3 par an, cette source est la première de France, et une des plus importantes au niveau mondial, par son volume d’eau écoulé. Elle résulte de l’émergence d’un immense réseau souterrain. Source fraîche et paisible en été, bouillonnante et impétueuse au printemps-automne, la Fontaine, véritable caprice de la nature ne cesse d’intriguer curieux et chercheurs depuis l’antiquité.
Les eaux qui bondissent à Fontaine de Vaucluse proviennent de l’infiltration des eaux de pluie et de la fonte des neiges du sud du Mont Ventoux, des Monts de Vaucluse et de la Montagne de Lure qui représentent un « impluvium » de 1240 km2 et dont l’unique issue demeure la Fontaine.
Si les crues spectaculaires du printemps-automne suscitent l’étonnement et l’admiration des visiteurs (90m3 par seconde) par contre, l’écoulement régulier durant l’été et durant les saisons d’absence de pluie reste plus énigmatique pour les spécialistes.
Réalisant des expériences de coloration dans les cours d’eau souterrains du massif calcaire, les spéléologues ont mis en évidence l’existence de collecteurs, véritables drains naturels alimentant la Fontaine de Vaucluse.
La fin du XIX° siècle voit se dérouler la première tentative de plongée du conduit noyé de la Source, et plus d’un siècle d’audacieuses explorations permettent aujourd’hui de comprendre partiellement le mystère de son fonctionnement et l’origine des eaux.

L’exploration du Gouffre
1878 : OTONELLI, scaphandrier marseillais, atteint –23m en scaphandre lourd.
1938 : NEGRI pense trouver le fond à –30m.
1946 : COUSTEAU et son équipe atteignent –46m.
1954 : MAGRELLI atteint la côte –25m.
1955 : L’ OFRS (équipe COUSTEAU) effectue 80 plongées, atteint –74m et sonde jusqu’à –84m.
1967 : L’équipe COUSTEAU immerge le Télénaute, appareil qui parvient à –106m.
1974 : Le GRSA effectue un relevé du gouffre. Suite à cette plongée, un arrêté interdit les explorations.
1981 : La Société Spéléologique de Fontaine de Vaucluse (SSFV) reprend les recherches.
TOULOUMDJIAN aidé de la COMEX atteint –153m en scaphandre autonome.
1983 : HASENMAYER, plongeur allemand, atteint la profondeur exceptionnelle de –205m en scaphandre autonome.
La SSFV et l’ACRC immergent le Sorgonaute et atteignent –245m avec un engin filoguidé.
1984 : Descente et implosion du Sorgonaute II à –205m.
1985 : La SSFV et la Société MIC immergent le porte instruments MODEXA qui s’immobilisera à
–308m sur un fond sablonneux après avoir localisé deux galeries direction Sud Est.
1986 : L’ ACRC tente une nouvelle expérience et doit abandonner le Sorgonaute III vers –200m . L’appareil de mesure reste prisonnier du gouffre.
1989 : La SSFV munie du Spélénaute observe à nouveau le conduit, dresse une nouvelle coupe du gouffre jusqu’à –308m et tente de pénétrer dans les galeries repérées en 1985, mais celles-ci trop étroites ne permettent pas le passage du Spélénaute.
1993 : Nicolas HULOT, pour l’émission USHUAIA, plonge jusqu’à –40m.
1996 : La SSFV munie du Spélénaute découvre une immense salle à –174m.
2004 : Exploration de la galerie du Prado (découverte par Cousteau en 1950). Le Spélénaute utilisé pour cette opération à –135m accompagné d’un plongeur réalisera la jonction par –120m. Les 2 conduits se rejoignent au sommet du grand puits. ( - - - )


Dernière édition par Nine le Jeu 25 Juin - 1:53, édité 9 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
Nine
Admin
avatar

Nombre de messages : 10433
Date d'inscription : 03/05/2008

MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mer 24 Juin - 18:17

La chèvre maudite



Il était une fois une chèvre très capricieuse qui avait été condamnée à séjourner aux enfers. Mais son comportement turbulent lui a valu l'autorisation de quitter ce lieu.

Un jour paraît-il, une femme qui se promenait très tard dans les rues désertes, rencontra cet animal capricieux qui rôdait cherchant de quoi se nourrir.

Il saisit la pauvre femme pour la dévorer au fond de sa caverne.

La pauvre malheureuse supplia la chèvre et lui promit de ne jamais dire mot sur leur rencontre et de ne plus circuler seule dans la nuit.
La chèvre l'épargna... Mais la retint prisonnière.

La pauvre femme était enfermée depuis des années dans la tannière, puis bénéficia , par la grâce de Dieu de l'opportunité inespérée de s'enfuir.
Elle s'échappa sans demander son reste. Elle s'empressa de rentrer chez elle, mais personne ne la reconnut.

Elle semblait avoir vieilli d'au moins dix décennies, tant elle avait subi de privations et autres mauvais traitements !
Elle s'en fût alors, refusée, reniée, repoussée, condamnée comme une parasite, une pestiférée, à errer à son tour...

S'il est une morale à cette histoire, peut-être invite t-elle à ne pas s'attarder dans des lieux obscurs et peu sûrs.


Dernière édition par Nine le Jeu 25 Juin - 3:42, édité 8 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
Nine
Admin
avatar

Nombre de messages : 10433
Date d'inscription : 03/05/2008

MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mer 24 Juin - 18:22

LA COULOBRE.





La Coulobre était une salamandre géante, qui vivait sous un rocher recouvert par les eaux de la Sorgue.

Mais la salamandre géante ne trouvait pas de mari. Le seul qui voulut bien d'elle était un dragon hideux, qui l'abandonna peu de temps après leurs noces pour aller terroriser les pauvres gens sur les terres de Provençe.

La Coulobre allait être mère, elle cachait sa honte au fond d'une vallée souterraine. Un soir, un saint du nom de Véran passa par là. Il portait la bonne parole dans les villes et villages. Il redonnait espoir aux pauvres gens qui contèrent l'histoire de cet animal, devenu légendaire.
Le Saint décida d'affronter le monstre.

Il guetta longtemps prés du gouffre et vit sortir des eaux, un serpent géant à la tête immonde, au corps visqueux couvert d'écailles phosphorescentes et muni d'ailes de chauve-souris. Au moment où l'animal se jeta sur Véran, il fît le signe de croix. Aussitôt, une blessure apparut sur le côté de l'animal qui poussa un gémissement terrible, avant de s'enfuir. La Coulobre vola longtemps, avant de pouvoir se poser. A bout de force et de douleur, elle heurta un mont rocheux, puis elle s'effrondra. On la crut morte.

Plus tard, naquit en ce lieu, un hameau portant le nom du Saint. Mais la Coulobre reparut. Elle logeait sous un rocher, au fond de la Sorgue. Et ne sortait que pour jeter son dévolu sur de jeunes gens qui lui plaisaient et qui pourraient faire de bons maris. Mais personne ne voulut d'une créature aussi laide.

Des siècles plus tard, un jeune Italien acheta une maison sur une rive de la Sorgue. Un jour, il aperçut la plus belle femme qu'il eût jamais rencontré. Elle était blonde comme les blés et son visage plus doux que la brise de l'été. Le jeune étranger en tomba amoureux. Il apprit que la jeune femme se nommait Laure. Mais elle était déjà mariée au Seigneur Hugues de Sade.

Le jeune homme tenta de l'oublier. Mais il lui écrivit des poèmes.

Cependant, la Coulobre nourrissait en secret l'espoir de l'emmener vivre avec elle et ses enfants. La Coulobre était à la surface de l'eau et contemplait amoureusement sa maison. La Coulobre vit entrer chez son bien-aimé, une femme merveilleuse.

Folle de rage et de douleur, elle bondit à la surface de l'eau, au moment ou le poète alla poser un baiser sur sa main. Laure poussa un cri et s'évanouit. Le jeune Italien transperça l'animal avec son épée. Le cadavre de la Coulobre vogua au gré des flots où il fût englouti à nouveau.
Devenu célèbre par ses écrits, le poète Italien repartit en Italie. Il apprit que Laure était morte le jour des ses 40 ans emportée par une épidémie de peste.

Il revint dans sa maison de la rive sur la Sorgues qui conservait le souvenir de Laure. Il y vécu 16 années.

Il rôdait parfois aux abords où avait disparu la Coulobre. Il ne voyait que surgir des petites salamandres, tachetées d'or, dont on disait dans la région qu'elles étaient les enfants du monstre et qu'elles n'avaient jamais grandi, faute de parents à aimer.



Dernière édition par Nine le Mer 24 Juin - 19:13, édité 7 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
Nine
Admin
avatar

Nombre de messages : 10433
Date d'inscription : 03/05/2008

MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mer 24 Juin - 18:25

Les charbons ardents de l'Archange Gabriel



La Provence a une renommée de terre de bien-être, de l'art de vivre et de la gastronomie.

Dans ce pays de ripailles, les habitants n'hésitent pas, même en période de Carême, à organiser de grandes fêtes où se cotoient les mets savoureux et les vins les plus fameux.

Une légende confirme ces affirmations.

Un jour le Seigneur se mit en colère, suite à cette attitude peu respectueuse. Il décida donc d'infliger pénitence à ses paroissiens et, pour ce faire , les priva de feu.

Adieu bouillabaisse, soupe au pistou, ratatouille et autres parfums du terroir !

Adieu banquets à l'ombre des platanes , fêtes aux cabanons ou repas champêtres sous les oliviers !

Les Provençaux avaient perdu la joie de vivre, de festoyer. Ils restaient chez eux et devenaient rancuniers. Ils ruminaient. Ils rouscaillaient.

Dieu le remarqua et constata, que les choses ne faisaient qu'empirer.

C'est alors que l'Archange Gabriel eut l'idée de proposer un pacte avec habitants fanfarons et prétentieux. Le chef ailé rêvait secrètement d'une paix étendue sur la terre entière. En échange de ce charbon ardent, il espérait obtenir des Provençaux la promesse de se comporter pieusement.

Ils ne se laissèrent point séduire et préférèrent offrir à ce ministre de désirs divins des caisses pleines d'or plutôt que de prononcer des paroles qui de toute façon ne seraient pas honorées. Tous méprisèrent ce marché, sauf une vieille femme rusée qui accepta de discuter avec l'auxiliaire du Très-Haut.

Pendant la conversation, elle toucha discrètement les charbons ardents du bout de sa canne, puis refusant l'accord, prît congé et s'éloigna d'un air dégoûté.

Gabriel remonta dans les cieux, soudain, un délicieux fumet vint lui titiller les narines. Il se pencha pour regarder l'origine géographique de cette bouffée odorante, enivrante et envahissante. Il observa avec stupeur que le peuple Provençal faisait bombance. Il saisit aussitôt que la mégère lui avait dérobé le charbon et compris qu'elle ne lui rendrait jamais.

Le voyageur peut encore le vérifier agréablement aujourd'hui, s'il s'attable au côté des provençaux autour d'une brandade ou d'une grillade relevée d'herbes de Provence, d'anchoïade ou de tapenade du pays des cigales et de senteurs et saveurs subtiles des herbes de la garrigue.



Dernière édition par Nine le Jeu 25 Juin - 3:05, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
Nine
Admin
avatar

Nombre de messages : 10433
Date d'inscription : 03/05/2008

MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Jeu 25 Juin - 2:40



Le Semeur de vent.

Bien qu'il soit le maître des vents, le mistral n'est pas seul à balayer de son souffle les terres de Provence. Ainsi, on raconte que la ville de Nyons souffrait autrefois d'une sécheresse si terrible que ses habitants se rendirent à Arles, afin de prier un certain Césaire de leur venir en aide et de leur apporter un peu de fraîcheur.

Pris de compassion devant la mine désolée des habitants de Nyons, dont les champs ressemblaient à un désert aride, dont les ânes, les chiens et les nouveau-nés mouraient comme des mouches, dont les ruisseaux et la rivière avaient cessé de chanter, dont les puits n'étaient plus que des gouffres sans fond, Césaire, que l'on qualifiait de saint homme depuis qu'il avait accompli quelques prodiges de bonté, décida de prendre les choses en main.

Il s'en fut d'abord constater sur place les dégâts et, pris lui-même de malaise dans la fournaise infernale qu'était devenue la vallée, il s'en fut par les routes et les sentiers à la recherche d'un souffle frais.
Il marcha longtemps, les vêtements trempés de sueur, les pieds gonflés de fatigue et couverts de la poussière des chemins. Ses pas le conduisirent enfin en un lieu tout planté de résineux.

Etait-ce la présence des arbres ? il s'y sentit bien comme par un matin d'avril. En s'asseyant sur une racine affleurant le sol, Césaire comprit que l'ombre n'était pas seule responsable du bien-être qui l'envahissait. Un vent léger serpentait entre les troncs, faisant vibrer les branches comme les cordes d'un instrument de musique... Alors, le voyageur réalisa qu'il était parvenu au bout de son errance. Écoutant la mélodie subtile qui tanguait et enflait autour de lui, il murmura :
- Comme la chanson de cette brise est douce ! On dirait celle d'une cithare...

Ses paroles s'envolèrent sur un tourbillon d'aiguilles de pins dans un fin rayon de soleil. Et il lui sembla lire en elles le nom de cet endroit magique :

Citharista. Puis les lettres du mot dansèrent, montant au ciel à travers les brindilles et redescendant en piqué comme une escadrille d'abeilles. Elles valsèrent un moment, avant d'atterrir doucement sur un monticule de sable, où elles s'éparpillèrent, se mélangèrent et s'assemblèrent en un nouveau nom déformé : Ceyreste. Césaire eut à peine le temps de le prononcer, qu'elles s'effacèrent soudain, dans le souffle venu de la mer toute proche.

Afin de ne pas les laisser disparaître à tout jamais, le voyageur retira l'un de ses gants et tenta de les y récupérer. Le vent s'engouffra dans l'étui de peau et Césaire, aussitôt, le referma et le lia avec un lacet de cuir.

Bien qu'il eut beaucoup de peine à repartir de cet endroit idyllique, il se remit en marche en direction de Nyons. La route était longue et il craignait que la sécheresse persistante n'y eût décimé tous les habitants. Aussi, afin d'y retourner plus vite, tenta-t-il d'arrêter sur la route un charretier qui passait par là, transportant des bottes de foin :

- Brave homme, emmène-moi dans ta carriole avant que ne meurent les gens à qui je dois ramener ce gant.
- Qu'y a-t-il dans ce gant ? demanda le charretier.
- De la graine de vent.
- Du vent ? Tu te moques de moi... Puisque c'est comme ça, je ne te prendrai ni sur le banc à côté de moi ni sur mes bottes de foin.
Et le bonhomme s'éloigna.

Un peu plus loin, Césaire croisa un cavalier et le pria de l'emmener :
- Brave homme, emportez-moi en croupe sur votre cheval avant que ne meurent les gens à qui je dois ramener ce gant.
- Et qu'y a-t-il dans ce gant ?
- De la graine de vent.
- Du vent ? Tu te moques de moi... Ce gant doit contenir des pièces d'or et bien d'autres choses précieuses. Donne-le moi, si tu veux que je t'emmène.
Et, devant le refus de Césaire, le cavalier partit au grand galop. Avant de reprendre sa route, le voyageur ôta le second de ses gants, le remplit de pierres et le mit dans sa poche. Un peu plus loin, il croisa un garçon, monté sur une mule. Et il lui demanda :

- Brave homme, peux-tu m'emmener sur ta mule avant que ne meurent les gens à qui je dois rapporter ce gant ?
- Et qu'y a-t-il dans ce gant ?
- De la graine de vent.

Le garçon éclata de rire en brandissant un couteau :
- Du vent ? Je ne te crois pas. Ce gant est tout gonflé de ducats. Donne-le moi !
Aussitôt, Césaire sortit de sa poche le second de ses gants et le tendit au brigand en disant :

- Regarde : mon premier gant est peut-être gonflé mais il est tout léger, léger... Prends plutôt celui-là, il est vraiment lourd de ducats, de bijoux et de pierres précieuses...

Méfiant, le garçon descendit de sa monture afin de s'emparer du gant de cailloux et de le soupeser. Césaire en profita pour sauter sur la mule et pour s'en aller, portant son gant empli de graine de vent.
Quand il arriva enfin à Nyons, le ville se trouvait dans un état de désolation indescriptible. Les rares habitants qui avaient survécu à la canicule vinrent à sa rencontre et lui demandèrent :

- Alors ? Tu nous a ramené du vent ?
- Le voici, répondit le voyageur en montrant son gant.
La bouche desséchée, les veux exorbités, les gens eurent encore la force de se mettre en colère :
- Tu te moques de nous ? À supposer que tu aies réussi à y emprisonner le moindre souffle d'air, ce gant contient à peine de quoi donner une bouffée à un petit enfant. Tu nous a trahis, va-t-en !
- Très bien, répondit Césaire en jetant son gant contre un rocher brûlant sous le soleil torride.

Il n'eut pas plutôt accompli son geste que la pierre se fendit en un craquement gigantesque. Des profondeurs du sol monta alors un souffre frais, fleurant bon la terre mouillée par des eaux obscures. Ce vent tout neuf s'élança en volutes dans la vallée, effleura la rivière sans la traverser, lui redonnant sa mélodie, longea les murs de la ville en rafraîchissant leurs pierres, s'engouffra dans ses ruelles, redonnant vie aux chiens et aux nouveau-nés ainsi qu'aux ânes dans les prés, faisant à nouveau chanter les ruisseaux et clapoter le fond des puits...
Avant de s'en aller, Césaire baptisa ce vent le Pontias. Et c'est toujours ce vent qui ne cesse de souffler dans cette vallée, sans se réchauffer, ni en hiver, ni en été, ni tiède, ni froid, mais toujours là, comme si la mer se trouvait juste à
côté.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
Nine
Admin
avatar

Nombre de messages : 10433
Date d'inscription : 03/05/2008

MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Jeu 25 Juin - 3:24

LA CHEVRE DE MONSIEUR SEGUIN




Ah ! qu’elle était jolie la petite chèvre de M. Seguin !

Qu’elle était jolie avec ses yeux doux, sa barbiche de sous-officier, ses sabots noirs et luisants, ses cornes zébrées et ses longs poils blancs qui lui faisaient une houppelande !

Et puis, docile, caressante, se laissant traire sans bouger, sans mettre son pied dans l’écuelle. Un amour de petite chèvre ! M. Seguin avait derrière sa maison un clos entouré d’aubépines. Il avait attaché la petite chèvre à un pieu, au plus bel endroit du pré, en ayant bien soin de lui laisser beaucoup de corde.

Mais un jour, elle se dit en regardant la montagne :

« Comme on doit être bien là-haut .Quel plaisir de gambader dans la bruyère sans cette maudite longe qui vous écorche le cou ! » A partir de ce moment, l’herbe du clos lui parut fade. Elle maigrit, son lait se fit rare. C’était pitié de la voir tirer tout le jour sur sa longe, la tête tournée du côté de la montagne en faisant Mê ! tristement.

M. Seguin s’apercevait bien que sa chèvre avait quelque chose, mais il ne savait pas ce que c’était...

Un matin, comme il achevait de la traire, elle se retourna et lui dit dans son patois :

« Écoutez, monsieur Seguin, je me languis chez vous, laissez-moi aller dans la montagne.
Ah ! mon Dieu ! Blanquette, tu veux me quitter !
Oui, monsieur Seguin.
Tu es peut-être attachée de trop court, veux-tu que j’allonge la corde ?
Ce n’est pas la peine, monsieur Seguin.
Alors, qu’est-ce qu’il te faut ? Qu’est-ce que tu veux ?
Je veux aller dans la montagne, monsieur Seguin.
Mais, malheureuse, tu ne sais pas qu’il y a le loup dans la montagne...

Que feras-tu quand il viendra ?

Je lui donnerai des coups de cornes, monsieur Seguin.
Le loup se moque bien de tes cornes. Il m’a mangé de biques autrement encornées que toi... Tu sais bien, la vieille Renaude qui était ici l’an dernier ? une maîtresse chèvre, forte et méchante comme un bouc. Elle s’est battue avec le loup toute la nuit... puis, le matin, le loup l’a mangée.
Pauvre Renaude ! Ça ne fait rien, monsieur Seguin, laissez-moi aller dans la montagne.


Bonté divine ! dit M. Seguin. Encore une que le loup va manger... Eh bien, non... je te sauverai malgré toi, coquine ! et de peur que tu ne rompes ta corde, je vais t’enfermer dans l’étable, et tu y resteras toujours. » Là-dessus, M. Seguin emporta la chèvre dans une étable toute noire dont il ferma la porte à double tour. Malheureusement, il avait oublié la fenêtre, et à peine eut-il le dos tourné que la petite s’en alla.

Quand elle arriva dans la montagne, ce fut un ravissement général. Jamais les vieux sapins n’avaient rien vu d’aussi joli. On la reçut comme une petite reine. Les châtaigniers se baissaient jusqu’à terre pour la caresser du bout de leurs branches. Les genêts d’or s’ouvraient sur son passage et sentaient bon tant qu’ils pouvaient.

Toute la montagne lui fit fête. Plus de corde, plus de pieu... rien qui l’empêchât de brouter à sa guise. Et quelle herbe ! Savoureuse, fine, dentelée, faite de mille plantes. Et les fleurs ! De grandes campanules bleues, des digitales de pourpre à longs calices, toute une forêt de fleurs sauvages débordant de sucs capiteux !

La chèvre blanche se vautrait là-dedans et roulait le long des talus, pêle-mêle avec les feuilles tombées et les châtaignes. Puis, tout à coup, elle se redressait d’un coup sur ses pattes. Hop ! la voilà partie la tête en avant, à travers le maquis.

Elle s’avança au bord d’un plateau, une fleur de cystise aux dents, et aperçu en bas, tout en bas dans la pleine, la maison de M. Seguin avec le clos derrière. Cela la fit rire aux larmes.

« Que c’est petit ! Comment ai-je pu tenir là-dedans ? » se dit-elle.

Tout à coup, le vent fraîchit. La montagne devint violette ; c’était le soir. En bas, le clos de M. Seguin disparaissait dans le brouillard, et de la maisonnette on ne voyait plus que le toit avec un peu de fumée. Un gerfaut la frôla de ses ailes en passant.

Elle tressaillit. Puis ce fut un hurlement dans la montagne : « Hou ! hou ! »

Elle pensa au loup.

Au même moment une trompe sonna bien loin dans la vallée. C’était ce bon M. Seguin.

Hou ! hou ! faisait le loup.

Reviens ! reviens ! criait la trompe. Blanquette eut envie de rentrer ; mais en se rappelant le pieu, la corde, la haie du clos, elle pensa qu’elle ne pourrait plus se faire à cette vie et qu’il valait mieux rester.

La chèvre entendit derrière elle un bruit de feuilles. Elle se retourna, et vit dans l’ombre deux oreilles courtes, toutes droites, avec deux yeux qui reluisaient.

C’était le loup. Énorme, immobile, il était là, regardant la petite chèvre blanche et la dégustant par avance. Comme il savait qu’il la mangerait, le loup ne se pressait pas.

Blanquette se sentit perdue... Un moment, en se rappelant l’histoire de la vieille Renaude, qui s’était battue toute la nuit pour être mangée le matin, elle se dit qu’il vaudrait peut-être mieux se laisser manger tout de suite ; puis, s’étant ravisée, elle tomba en garde, la tête basse et la corne en avant, comme une brave chèvre de M. Seguin qu’elle était. Seulement pour voir si elle pourrait tenir aussi longtemps que la Renaude...

Le monstre s’avança, et les petites cornes entrèrent en danse. Ah ! la brave chevrette ! Plus de dix fois, elle força le loup à reculer pour reprendre haleine. Alors, la gourmande cueillait en hâte encore un brin de sa chère herbe, puis elle retournait au combat, la bouche pleine.

Cela dura toute la nuit. De temps en temps la chèvre de M. Seguin regardait les étoiles danser dans le ciel clair et elle se disait :

« Oh ! pourvu que je tienne jusqu’à l’aube... »

L’une après l’autre, les étoiles s’éteignirent. Blanquette redoubla de coups de cornes, le loup de coups de dents... Le chant du coq monta d’une métairie.
Enfin ! dit la pauvre bête, qui n’attendait plus que le jour pour mourir ; et elle s’allongea par terre dans sa belle fourrure blanche toute tachée de sang. Alors le loup se jeta sur la petite chèvre et la mangea.

Alphonse Daudet
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
Nine
Admin
avatar

Nombre de messages : 10433
Date d'inscription : 03/05/2008

MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Jeu 25 Juin - 4:04

UNE CHANSON POUR LE MISTRAL

LE MISTRAL

Certaines légende l'ont fait naître du rocher d'un village du Vivarais' mais il arrive du Nord' soufflantdans la vallée du Rhône (il redouble de vitesse à partir de Valence où il prend le nom de mistral)y prenant tout son élan ' avant de s'abattre sur la plaine du Comtat-Venaissin et Avignon.Ici rien n'est orienté au Nord 'les maisons s'ouvrent au Sud ' Les haies de cyprés 'de peupliers 'decannes abritent les cultures et les hommes.

"Le mistral et la tramontane sont la respiration du bon Dieu"
Ecoutez -le :
quelle tempête! Où va-t-il? Et d'où vient -il ?
"Tu es pour nous un vrai fléau et pourtant nous t' aimons roi des vents " Frédéric Mistral