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Sujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE Ven 3 Juil - 1:40
RITES ET COUTUMES DU MARIAGE PROVENCAL
creation C. Lacroix
Les croyances populaires
En Provence la tradition voulait que l’on ne se marie pas durant les mois de mai, juillet, septembre et novembre.
On ne se mariait pas non plus pendant le Carême, ni même pendant la période de l’Avent (avant Noël).
Les jours fastes pour se marier étaient le mardi, le jeudi et le samedi. On ne célébrait pas d’union les lundi et vendredi.
Le mariage, le même jour, de deux frères ou de deux sœurs portait malheur.
La robe du mariage ne devait pas entrer dans la maison avant le matin de la cérémonie.
Au cours de la cérémonie religieuse, au moment de s’agenouiller, si le jeune marié arrivait à poser le genoux sur la robe de sa future femme, c’est lui qui aurait autorité dans le couple. Mais si la jeune fille n’entendait pas être dominée, elle devait plier le doigt quand le garçon lui passait la bague.
La cérémonie religieuse
Lors de la bénédiction par le prêtre des jeunes mariés, deux jeunes filles tenaient un voile au-dessus de la tête de la mariée. Ce rite fait référence à l’Ancien Testament, où il est dit "Toute femme qui prie ou prophètise la tête découverte fait affront à son chef".
Ceci serait, sans doute, la raison pour laquelle la coiffe de la mariée se compose souvent d’un voile.
La mariée ne nouait sa coiffe qu’au moment d’offrir à la Vierge, son bouquet composé de fleurs blanches.
A la sortie de l’église les Nòvi devaient passer sous un arceau fleuri en se donnant le bras. Le mari remettait à sa femme, la clé de la demeure qu’elle devait accrocher au clavié fixé à sa ceinture. Une coupe de blé était alors remise à la jeune mariée qui devait jeter le contenu sur les parents de son époux afin d’indiquer son intention d’apporter la prospérité dans sa nouvelle famille.
On retrouve par ailleurs, une variante de ce rite où les enfants au bas des marches de l’église criaient :
"Vivo li Nòvi"
Les invités du cortège lançaient à la volée des dragées et de la monnaie. Si l’on n’en jetait pas, les enfants criaient :
"Es malant, lou nòvi, es malant. A manja de coucourdo e lou bouioun i a fa mau"
"Il est malade, le marié, il est malade. Il a mangé de la courge et le bouillon l’a indisposé". Les jeunes mariés devaient, ensuite, sauter une barre fleurie, ou ruban, symbole de leur passage dans une nouvelle vie.
"Cette barre vous invite à la sauter, joyeux, unis, vous en trouverez tant dans la vie, courage, amour, union et vive l’avenir"
Le repas de noces
Au cours du repas les jeunes époux devaient manger la soupe dans la même écuelle. Puis on remettait à la mariée trois petits pains. Elle en donnait deux à sa famille et un à ses amis signifiant ainsi qu’elle se devait d’être économe et de nourrir d’abord sa famille sans cependant ignorer ses amis.
Le chiffre maléfique
Le chiffre neuf avait une signification maléfique, on ne se mariait donc pas les 9, 19 et 29 du mois.
"Lou Noù porto doù" Le neuf porte deuil. Le sel pour écarter le mauvais sort
Pour éloigner le mauvais sort on mettait du sel dans la poche du costume du Marié et dans les chaussures de la Mariée.
Enterrement de vie de garçon, de jeune fille
*
Le fiancé :
En Provence, comme ailleurs, il est d'usage d'enterrer sa vie de garçon en compagnie de ses meilleurs amis autour d'un bon repas.
En Haute Provence, les jeunes gens qui considèrent que le mariage leur enlève un camarade, demandent une compensation. L'enterrement de sa vie de garçon est l'occasion d'une cérémonie au cours de laquelle on simule des funérailles. Une caisse de mort est portée par l'ami le plus proche du futur marié, qui marche en tête de cortège en jouant le rôle du croque-mort. Il porte en guise de cravate un lacet de cuir autour du coup. La nuit le cortège s'avance dans la rue principale de la ville et se rend au domicile du Novi (futur marié) où un bon repas est servi.
*
La fiancée :
La fiancée, est tenue à plus de réserve. Pour elle, tout ce déroule le dimanche qui précède son mariage. On dit que l'on garde la Novi (future mariée). Dans certains villages de la Haute Provence, la future mariée, est reçue, ce jour là, dans la maison qu'elle va habiter après le mariage. Dans tous les cas elle réunit ses meilleures amies et leur offre une collation composée de gâteaux et de fruits. C'est l'occasion pour elle de présenter son trousseau à ses amies. Il est bien entendu que les garçons sont exclus de cette réunion.
Dans la Vallée Blanche on appelle ce jour le dimanche des Épingles. Toujours le dimanche qui précède son mariage la future mariée remet aux jeunes gens du village une carte d'épingles.
Le Charivari
Cette coutume concernait les veufs et les veuves qui se remariaient, mais aussi le jeune marié "étranger au pays", qui n’était pas du même village que sa promise. Le marié devait alors payer une "amende" aux jeunes gens du pays.
On appelait cela "la peloto". Il était, par exemple, chargé de payer à boire à tous les garçons du village.
Nine Admin
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Sujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE Sam 4 Juil - 13:13
L’Arlésienne
Pour aller au village, en descendant de mon moulin, on passe devant un mas bâti près de la route au fond d’une grande cour plantée de micocouliers. C’est la vraie maison du ménager de Provence, avec ses tuiles rouges, sa large façade brune irrégulièrement percée, puis tout en haut la girouette du grenier, la poulie pour hisser les meules, et quelques touffes de foin brun qui dépassent...
Pourquoi cette maison m’avait-elle frappé ? Pourquoi ce portail fermé me serrait-il le cœur ? Je n’aurais pas pu le dire, et pourtant ce logis me faisait froid. Il y avait trop de silence autour... Quand on passait, les chiens [ page ]n’aboyaient pas, les pintades s’enfuyaient sans crier... A l’intérieur, pas une voix ! Rien, pas même un grelot de mule... Sans les rideaux blancs des fenêtres et la fumée qui montait des toits, on aurait cru l’endroit inhabité.
Hier, sur le coup de midi, je revenais du village, et, pour éviter le soleil, je longeais les murs de la ferme, dans l’ombre des micocouliers... Sur la route, devant le mas, des valets silencieux achevaient de charger une charrette de foin... Le portail était resté ouvert. Je jetai un regard en passant, et je vis, au fond de la cour, accoudé,— la tête dans ses mains,— sur une large table de pierre, un grand vieux tout blanc, avec une veste trop courte et des culottes en lambeaux... Je m’arrêtai. Un des hommes me dit tout bas :
— Chut ! c’est le maître... Il est comme ça depuis le malheur de son fils.
A ce moment une femme et un petit garçon, vêtus de noir, passèrent près de nous avec de gros paroissiens dorés, et entrèrent à la ferme. L’homme ajouta :
— ...La maîtresse et Cadet qui reviennent de la messe. Ils y vont tous les jours, depuis que l’enfant s’est tué... Ah ! monsieur, quelle désolation ! ... Le père porte encore les habits du mort ; on ne peut pas les lui faire quitter... Dia ! hue ! la bête !
La charrette s’ébranla pour partir. Moi, qui voulais en savoir plus long, je demandai au voiturier de monter à côté de lui, et c’est là-haut, dans le foin, que j’appris toute cette navrante histoire... ―――――――
Il s’appelait Jan. C’était un admirable paysan de vingt ans, sage comme une fille, solide et le visage ouvert. Comme il était très beau, les femmes le regardaient ; mais lui n’en avait qu’une en tête, — une petite Arlésienne, toute en velours et en dentelles, qu’il avait rencontrée sur la Lice d’Arles, une fois. — Au mas, on ne vit pas d’abord cette liaison avec plaisir. La fille passait pour coquette, et ses parents n’étaient pas du pays. Mais Jan voulait son Arlésienne à toute force. Il disait :
— Je mourrai si on ne me la donne pas. Il fallut en passer par là. On décida de les marier après la moisson.
Donc, un dimanche soir, dans la cour du mas, la famille achevait de dîner. C’était presque un repas de noces. La fiancée n’y assistait pas, mais on avait bu en son honneur tout le temps... Un homme se présente à la porte, et, d’une voix qui tremble, demande à parler à maître Estève, à lui seul. Estève se lève et sort sur la route.
— Maître, lui dit l’homme, vous allez marier votre enfant à une coquine, qui a été ma maîtresse pendant deux ans. Ce que j’avance, je le prouve : voici des lettres ! ... Les parents savent tout et me l’avaient promise ; mais, depuis que votre fils la recherche, ni eux ni la belle ne veulent plus de moi... J’aurais cru pourtant qu’après ça elle ne pouvait pas être la femme d’un autre.
— C’est bien ! dit maître Estève quand il [ page ]eut regardé les lettres ; entrez boire un verre de muscat. L’homme répond :
— Merci ! j’ai plus de chagrin que de soif.
Et il s’en va. Le père rentre, impassible ; il reprend sa place à table ; et le repas s’achève gaiement...
Ce soir-là, maître Estève et son fils s’en allèrent ensemble dans les champs. Ils restèrent longtemps dehors ; quand ils revinrent, la mère les attendait encore.
— Femme, dit le ménager, en lui amenant son fils, embrasse-le ! il est malheureux... ―――――――
Jan ne parla plus de l’Arlésienne. Il l’aimait toujours cependant, et même plus que jamais, depuis qu’on la lui avait montrée dans les bras d’un autre. Seulement il était trop fier pour rien dire ; c’est ce qui le tua, le pauvre enfant ! ... Quelquefois il passait des journées entières seul dans un coin, sans bouger. D’autres jours, il se mettait à la terre avec rage et abattait à lui seul le travail de dix journaliers... Le soir venu, il prenait la route d’Arles et marchait devant lui jusqu’à ce qu’il vît monter dans le couchant les clochers grêles de la ville. Alors il revenait. Jamais il n’alla plus loin.
De le voir ainsi, toujours triste et seul, les gens du mas ne savaient plus que faire. On redoutait un malheur... Une fois, à table, sa mère, en le regardant avec des yeux pleins de larmes, lui dit :
— Eh bien ! écoute, Jan, si tu la veux tout de même, nous te la donnerons...
Le père, rouge de honte, baissait la tête...
Jan fit signe que non, et il sortit...
A partir de ce jour, il changea sa façon de vivre, affectant d’être toujours gai, pour rassurer ses parents. On le revit au bal, au cabaret, dans les ferrades. A la vote de Fonvieille, c’est lui qui mena la farandole.
Le père disait : « Il est guéri. » La mère, elle, avait toujours des craintes et plus que jamais surveillait son enfant... Jan couchait avec Cadet, tout près de la magnanerie ; la [ page ]pauvre vieille se fit dresser un lit à côté de leur chambre... Les magnans pouvaient avoir besoin d’elle, dans la nuit.
Vint la fête de saint Éloi, patron des ménagers.
Grande joie au mas... Il y eut du château-neuf pour tout le monde et du vin cuit comme s’il en pleuvait. Puis des pétards, des feux sur l’aire, des lanternes de couleur plein les micocouliers... Vive saint Éloi ! On farandola à mort. Cadet brûla sa blouse neuve... Jan lui-même avait l’air content ; il voulut faire danser sa mère ; la pauvre femme en pleurait de bonheur.
A minuit, on alla se coucher. Tout le monde avait besoin de dormir... Jan ne dormit pas, lui. Cadet a raconté depuis que toute la nuit il avait sangloté... Ah ! je vous réponds qu’il était bien mordu, celui-là... ―――――――
Le lendemain, à l’aube, la mère entendit quelqu’un traverser sa chambre en courant. [ page ]Elle eut comme un pressentiment :
— Jan, c’est toi ?
Jan ne répond pas ; il est déjà dans l’escalier.
Vite, vite la mère se lève :
— Jan, où vas-tu ?
Il monte au grenier ; elle monte derrière lui :
— Mon fils, au nom du ciel !
Il ferme la porte et tire le verrou.
— Jan, mon Janet, réponds-moi. Que vas-tu faire ?
A tâtons, de ses vieilles mains qui tremblent, elle cherche le loquet... Une fenêtre qui s’ouvre, le bruit d’un corps sur les dalles de la cour, et c’est tout...
Il s’était dit, le pauvre enfant : « Je l’aime trop... Je m’en vais... »
Ah ! misérables cœurs que nous sommes ! C’est un peu fort pourtant que le mépris ne puisse pas tuer l’amour ! ... Ce matin-là, les gens du village se demandèrent qui pouvait crier ainsi, là-bas, du côté du mas d’Estève...
C’était dans la cour, devant la table de pierre couverte de rosée et de sang, la mère toute nue qui se lamentait, avec son enfant mort sur ses bras.
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Nine Admin
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Sujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE Lun 6 Juil - 10:05
Une Arlesienne vaut bien un prélude Georges Bizet y a pensé !
Dernière édition par Nine le Mar 21 Juil - 1:34, édité 1 fois
Nine Admin
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Sujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE Lun 6 Juil - 13:07
Aux Baux de Provence la Chèvre d'or erre à la pleine lune dans les palais abandonnés et le long des abîmes.
« Selon la tradition un roi Maure venu d'Espagne avait tenté en vain de s'emparer des Baux.
Abd al-Rhaman emportait dans sa fuite un butin qu'il voulut mettre à l'abri provisoirement. Il pénétra dans le Val d'Enfer et aperçut l'entrée d'une grotte, le « Trou des fées ».
Riant des mises en garde de son serviteur, il choisit dans un troupeau qui paissait une petite chèvre blanche pour lui montrer le chemin. Il fut assailli par une multitude de chauves-souris très agressives, qui l'obligèrent à pénétrer dans un antre éclairé de torches où vivait la sorcière Taven, « la masco ». Celle-ci l'oblige à poursuivre son chemin en pénétrant dans le voile brumeux qui l'enveloppait. Le Maure y aperçut un trou devant lequel sept chats montaient la garde. Il y entra et découvrit une nouvelle galerie souterraine où la masco préparait ses filtres et potions.
La sorcière lui tendait trois fioles contenant chacune un liquide. L'une était en forme de fleur, l'autre en forme de boule blanche, la troisième en forme de croc, et lui conseilla de se fier à l'instinct de sa chèvre. La petite chèvre s'engagea dans le passage de gauche et Abd al-Rhaman dut lui emboiter le pas sans que la masco ait eu le temps de l'avertir des risques qu'il y encourait. Il marcha dans un long corridor puis pénétra dans une chambre où poussait une gigantesque mandragore à la silhouette et au visage humains. Elle emprisonna l'intrus et tenta de l'étouffer entre ses dix bras mouvants.
Le Maure jeta quelques gouttes de la fiole en forme de fleur sur son adversaire qui, aussitôt, relâcha son étreinte et périclita. Après avoir descendu les marches d'un escalier vertigineux tous deux arrivèrent dans une salle peuplée de fantômes. Abd al-Rhaman choisit alors de déboucher la fiole en forme de boule blanche et en aspergea les revenants qui disparurent immédiatement. Les deux protagonistes continuèrent d'avancer à tatons et finirent par apercevoir une lueur rougeâtre. « Le soleil » s'écria le Maure, qui se précipita en avant mais la chèvre refusa de l'accompagner. Il la força à le suivre et ayant remarqué une excavation à l'arrière d'un rocher, il estima avoir trouvé la cachette qu'il cherchait. Il y entassa les pièces d'or, les bijoux d'argent, les pierreries et les autres richesses. Quant il eut fini, il se retourna et se trouva nez à nez avec une imposante bête noire aux canines luisantes comme des lames d'acier, aux yeux incandescents comme un brasier.
Comprenant qu'il s'était trompé et qu'il avait pris ce regard pour la lumière du soleil couchant, le roi Maure chercha la fiole en forme de croc. Mais il l'avait fait tomber en ouvrant son manteau pour en sortir les sacs dans lesquels il transportait son trésor. N'écoutant que son courage il engagea avec le monstre un combat mortel. Quand la lune brilla de tout son éclat, le compagnon d'Abd al-Rhaman vit surgir de la grotte la petite chèvre couverte de poudre d'or, le trésor ayant été réduit en cet état par la violence de l'affrontement. Après une longue et vaine attente, il s'enfuit au galop et raconta son histoire à un vieux berger.
Puis il rejoignit la côte où il s'embarqua pour l'Espagne. Selon la tradition des Baux, la Chèvre d'or continua à errer autour du Trou des fées et dans le Val d'Enfer. Des pâtres l'aperçurent parfois, mais ceux qui la suivirent ne revinrent jamais de leur voyage dans les profondeurs de la grotte. »
La légende dit qu'on trouve de fins fils d'or dans la colline accrochés aux herbes et certains soirs, la Cabro d'or sauter de rochers en rochers. Et surtout, il ne faut pas la suivre...
Dans les Bouches-du-Rhône, la Chèvre d'or aurait fréquenté le lieu-dit « La Bastide Forte », situé sur la commune d'Eguilles.
Arles, on croyait que la Chèvre d'or passait tous les matins sur la colline de Montmajour.
Non loin d'Arles, à Cordes, la Cabre d'or règne autour du mystérieux souterrain taillé dans le roc, en forme d'épée, ainsi que près de Vallauris, du Val d'Or, sur ce plateau semé d'étranges ruines, qu'on appelle également Cordes ou Cordoue.
À Biot, le « Jardin de la Chèvre d'or » doit son nom à une ruine romaine et à la légende selon laquelle une chèvre d'or y garderait à jamais un trésor caché en ces murs.
Dans le Var, la Chèvre d'or aurait été présente en haut du Céran, un lieu situé dans les environs de Draguignan. Elle est connue aussi à Trigance, un village du Haut-Var, limitrophe des Alpes de Provence où les Templiers qui possédaient une commanderie auraient, selon la légende, caché un trésor.
« Et toujours, la Chèvre d'or est associée au souvenir des Sarrasins... »
Nine Admin
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Sujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE Lun 6 Juil - 13:38
LE SEIGNEUR DES BAUX Dans la tradition médievale des troubadours, reprise par Angelo Branduardi, sur des superbes photos .
il vous conte le Seigneur des Baux de Provence.
L'étoile de Balthazar
Enfin, les seigneurs des Baux- prirent possession de l'antique piton et planèrent longtemps, toutes serres ouvertes, au-dessus de ces riches régions. Ils prétendaient descendre des Baltes, non des habitants de la Baltique moderne, mais des hardis, rejetons sacrés d'une redoutable famille de Wisigoths.
Les seigneurs des Baux portaient sur leurs armes l'étoile à seize rais, comète mystérieuse dont les héraldistes ignorent l'origine.
La tradition populaire y voit l'étoile du roi mage Balthazar, dont ces princes voulaient aussi tirer leur sang.
"A l'asard Bautezar!" criaient-ils fièrement.
Par une rencontre des plus inattendues, cette étoile était également l'emblème des Tziganes qui l'avaient apportée d'Orient. Pour les Provençaux, du reste, il n'y a pas ici l'ombre d'un mystère : Balthazar est bien venu aux Baux.
Quand et comment, nul ne le sait, mais de jeunes garçons portent encore son nom.
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Nine Admin
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Sujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE Mar 7 Juil - 0:28
LA LEGENDE DES PENITENTS DES MEES
Cela s’est passé au temps où les Sarrasins avaient envahi le pays.
Ils s’étaient installés dans la vallée du Jabron.
Quelques seigneurs du coin décidèrent de les attaquer par une belle nuit d’été. Ils les vainquirent et lorsqu’ils pénétrèrent dans leur château, ils trouvèrent dans une chambre 7 belles mauresques effrayées qui demandaient grâce.
Un fameux Rimbaud devait les ramener en Arles afin de les remettre aux autorités, mais il eut pitié de ces femmes aux yeux tristes et décida de les enfermer et de garder leur beauté pour lui seul, dans un château aux Mées.
Dans tout le pays, on ne parlait que de Rimbaud enfermé avec ses sarrasines.
Le prieur de Paillerols ordonna que les Mauresques soient conduites à la Durance afin de rejoindre Arles en radeaux.
Le jour dit,tous les moines étaient là en bordure du chemin. Personne ne respirait, on entendit même comme de profonds murmures d'admiration.
Les moines avaient le cœur qui battait sous les scapulaires, leurs yeux étincelaient.
Qu'allait-il arriver ?
De l'autre côté de la Durance le grand Saint-Donat, l'ermite de Lure, surveillait ses ouailles et comprit ce qui allait se passer.
Pour préserver du péché les moines, il les pétrifia tous sur place dans leur robe de bure.
Le prieur a conservé sur sa poitrine sa croix de bois que l'on peut voir encore aujourd'hui accrochée au rocher.
Il y a ainsi des tentations pétrifiantes.
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Nine Admin
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Sujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE Mer 8 Juil - 2:01
Comment évoquer la Provence sans vous montrer Monsieur JULES RAIMU, acteur magistral voilà un extrait du film d'un autre homme qui a fait la fierté de la Provence, pour l'avoir si bien racontée dans ses livres et ... au cinéma Monsieur Marcel Pagnol. LA FILLE DU PUISATIER
mais comment çà se passe pour un premier né en Provence ? écoutez et regardez çà existe encore, tout comme "ces messieurs des aéroplanes"
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Nine Admin
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Sujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE Mer 8 Juil - 2:23
NAISSANCE EN PROVENCE Autrefois, en Provence, comme dans bien des régions, les sages-femmes s'occupaient des naissances, ne faisant appel aux médecins que lors des incidents.
Après la naissance du nouveau-né, la tradition voulait que les premières personnes venant voir le bébé lui présentent des présents symbolisant des vœux : ces offrandes présentées étaient en fait les suivants :
du pain, du sel, une allumette, un œuf ainsi que du miel. Ces présents se rattachaient aux vœux suivants :
Que siègue bon coume dou pan : (qu'il soit bon comme du pain) Que siègue san coume la sau : (qu'il soit sain comme le sel (symbole de santé) Que siègue dre coume uno brouqueto : (qu'il soit droit comme une allumette) Que siègue plèn coume un ioù : (qu'il soit plein comme un œuf (comblé de biens matériels et spirituels) Que siègue dous coume lou mèu : (qu'il soit doux comme le miel)
Cette tradition se perd aujourd'hui dans nos familles, à l'heure ou les présents ressemblent plus à des jouets, habits ou tout autre objet beaucoup plus terre à terre...
Satisfaire les «envies»
Pendant la grossesse il était recommandé de satisfaire les envies de la femme enceinte afin de ne pas attenter à l'aspect physique du futur enfant, croyance tellement forte que, dans certaines régions, la coutume préconisait que
"Toute femme enceinte pourra, à cause de son état, cueillir des fruits plein ses mains, dans la propriété d'autrui, ou les mangera là même sans pouvoir en emporter de plus."
A l'approche de l'accouchement, l'usage voulait que la future maman mette elle-même, dans de l'eau, des roses de Jéricho ( Anastatica hierochuntica ) qui devaient s'ouvrir, signe d'une heureuse délivrance, rassurante dans un contexte dominé par la peur pour elle-même et pour l'enfant.
Bèu nas, bèu cas
Lorsque l'événement attendu s'était déroulé dans les meilleures conditions possibles en présence souvent d'une ou deux voisines apportant leur aide à la sage-femme, on demandait à celle-çi, si c'était un garçon, de faire bonne mesure en coupant le cordon ombilical ; pendant que la sage-femme soignait la mère, nos voisines s'emparaient de l'enfant, petit corps tout mou considéré souvent comme inachevé, pour l'examiner et, dans certain cas, lui façonner un peu, qui le front, qui le menton, qui le nez, faisant pour cet appendice, si c'était un garçon, des pronostics pour le futur :
bèu nas, bèu cas ( beau nez, beau... zizi ).
Si, au moment de l'accouchement, l'enfant conservait, collé sur le crâne, un morceau de placenta, on disait qu'il était né coiffé, signe de chance dans sa vie.
Les voisines s'occupaient toujours du bébé, le lavant, l'habillant, le saucissonnant bien droit dans plusieurs langes et molletons serrés par des bandelettes qui le transformaient pour plusieurs mois en petite momie.
Quant à la maman, pour la réconforter, on lui faisait boire un bol de « lait de poule » ( jaunes d'œuf délayés dans du sucre ou du miel et du lait ) aromatisé, si la délivrance avait été longue et difficile, le plus souvent avec une goutte de gnole ou, de rhum dans les familles plus aisées.
En Arles on aromatisait à l'anis pour un garçon et à l'essence de lavande pour une fille.
Pour consoler la mère qui venait d'accoucher d'une fille au lieu du garçon espéré, on lui disait :
Vau mies la chato facho que lou drole à far ( Vaut mieux la fille non souhaitée et faite que le garçon à faire ).
«A fa uno pichouno»
Leurs tâches achevées, les commères, nos voisines, se livraient aux «assabé» ( annonces ) informant de la naissance les proches, famille et voisins, selon un rituel immuable, criant simplement
«A fa uno pichouno» ( A fait une fille ), si c'était une fille
ou, pour un garçon, ce qui comptait beaucoup plus,
«A fa n' bèu pichoun» ( A fait un beau garçon )
Dernière édition par Nine le Jeu 9 Juil - 3:32, édité 1 fois
Nine Admin
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Sujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE Mer 8 Juil - 3:20
La Rose de Jericho
Une plante miraculeuse, capable de survivre même à la chaleur et au froid extrême sans eau et sans terreau! Vous pouvez la faire renaître et la faire sécher quand vous voulez et toutes les fois que vous le désirez.
Sans jardin et sans terreau, dans votre chambre ou dehors. A première vue on ne dirait pas que cette tubercule morte donnerait une plante vivante.
Mode d´emploi:
Pour faire revivre la Rose de Jericho vous pouvez arroser la tubercule avec de l'eau froide, ou chaude et elle peut même résister à l'eau bouillante. La Rose a besoin de 90 minutes pour sa renaissance miraculeuse, les feuilles s´ouvrent et la Rose reprend une couleur vivante.
Maintenant vous pouvez la mettre dans une assiette et l´arroser chaque jour avec de l´eau fraiche. Mais après huit jours il faut la remettre dans un lieu chaud et sec et au bout de deux jours elle sera complètement desséchée.
La Rose de Jericho est immortelle et vous pouvez de nouveau assister à sa renaissance si vous voulez, il suffit de la tremper de nouveau dans l'eau !
Histoire:
C'étaient d'abord les croisés et plus tard des pèlerins médiévaux qui importaient la Rose de Jericho en Europe comme une curiosité. Elle était si appréciée que plusieurs familles de nobles en France la portent dans leurs armes.
Les Légendes:
Selon la légende se serait la Sainte Vierge qui aurait donné la bénédiction et la vie éternelle à la rose de Jéricho lors de sa fuite de Nazareth en Egypte. (pour d'autres, toujours lors de sa fuite, elle étendit les langes de l'enfant Jésus sur la terre tapissée de cette plante. Dieu dit que la fleur touchée par Marie ne devait pas périr et serait immortelle). D´après un pèlerin du 16E siècle, Rudolphe von Suchem, des roses ont séchées sur le chemin utilisé par la Sainte Vierge et que ces roses porteraient le nom de "Rose de Jericho“.
-La Rose de Jericho apporterait le bonheur et la bénédiction dans les maisons. La Rose humide est utilisée pour améliorer l'air et le purifier. La Rose sechée aurait la puissance de chasser la maladie.
-D´après les érudits de l'époque, la Rose aurait des vertus curatives, surtout l'eau dans laquelle la Rose s´est épanouie si elle est utilisée pour boire, pour des baignades et pour des compresses.
Les herboristes de l'Orient l´utilisait pour soulager les douleurs de l`accouchement. Les femmes du Désert boivent l`eau dans laquelle a été trempée la Rose pour guérir des maladies et pour faciliter l`accouchement.
Selon la vitesse à laquelle s'épanouirait la Rose dans l'eau, les femmes savaient si l'accouchement serait facile ou difficile.
Mais comment ces croyances ou traditions sont elles arrivées en Provence ?
Nul ne le sait ..... chez moi on en avait une qu'on faisait éclore pour la veillée du repas de Noel.
Je pense que le nom de Rose de Jéricho (Fleur de Résurrection, fleur de rocher, fleur de Doradilla ou fleur de la Passion) est une référence à la ville biblique de Jéricho qui renaît sans cesse de ses cendres.
Nine Admin
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Sujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE Jeu 9 Juil - 2:22
A Mireille... de Frédéric Mistral Avec tant de soleil qu'une fille est tombée Entre les bras du Rhône tout près de la madone Les musiques jolies et le chant des cigales Venus de l'Italie en passant par les Alpes Viennent pour la bercer en Méditerranée Ecoutez-le chanter quand souffle le Mistral Le beau pays qui est le mien.
Mireille, poème le plus connu de Frédéric Mistral, est un hymne à l'amour, enchâssé dans une immense fresque de la Provence rurale rhodanienne. C'est le drame de la mésalliance archaïque, la dénonciation de l'injustice sociale portée par une voix aux accents universels, encore imprégnée des utopies révolutionnaires.
La jeune fille paiera de sa vie la transgression suprême du monde paysan, la négation de la propriété du sol. Elle tombera frappée par le soleil pour avoir placé l'amour humain au-dessus du rang social et de la fortune.
La Mireille de Mistral, chercheuse, elle aussi d’absolu, ne peut consentir à aimer un autre jeune homme que Vincent, le vannier, parce que son père, le riche Ramon, refuse, inflexible, ce gendre sans fortune, Mireille, désemparée, s’en va prier les Saintes aux Saintes-Maries-de-la-Mer.
Elle mourra, au pied de l’église forteresse, après avoir été frappée d’insolation pendant sa traversée de la vaste plaine de la Crau. Mort toute symbolique pour cette jeune fille pure, au rêve brisé.
C’est pour évoquer le souvenir immortel de son héroïne que Mistral décida d’offrir la statue de Mireille à la commune des Saintes. Hélas, il mourut avant de pouvoir réaliser son rêve et ce fut sa veuve qui, fidèle au vœu du poète, la fit placer le 26 septembre 1920 sur la Place Frédéric Mistral qui fut rebaptisée Place Mireille. La statue fut inaugurée par Frédéric Mistral neveu accompagné d’un défilé de cavaliers de la Nacioun Gardiano avec, en croupe, les santenco.
La statue de Mireille a été réalisée par Marius Jean Antonin Mercié. Né à Toulouse, Antonin Mercié a étudié à l'École des Beaux-Arts de Paris où il fut l'élève de François Jouffroy et d’Alexandre Falguière. En 1868, il remporta le premier grand Prix de Rome avec "Thésée vainqueur du Minotaure". Ses nombreux bustes, statues et médaillons vaudront à Antonin Mercié une médaille d'Honneur à l'Exposition universelle de 1878 et le Grand Prix à celle de 1889.
Le sauvetage de Mireille L'histoire foisonne de Grands hommes; d'autres plus discrets la traversent, ne laissant trace de leur héroïsme que dans la mémoire incertaine de quelques contemporains. Julien DURAND est de ceux-là. Qui de nous sait ce que cet homme a fait pour notre terre? Qui en Provence ou en Camargue se souvient encore de lui? Pourtant, durant la deuxième guerre mondiale, Julien Durand a tout simplement sauvé lla statue d'Antonin Mercié.
La famille Durand, établie à Nîmes, vénérait la Camargue et se rendait régulièrement au pèlerinage des Saintes-Maries, emmenant avec elle le jeune Julien, qui grandit dans le respect des traditions et de la culture provençale. Durant la deuxième guerre mondiale, Julien, qui exerçait alors le métier de ferrailleur, dut, sous la contrainte, transporter à la fonderie les métaux réquisitionnés par l'armée ennemie.
En 1943, il fut envoyé aux Saintes-Maries où il découvrit avec effroi que la pièce qui allait être fondue n'était autre que la statue de Mireille! La statue déboulonnée fut chargée dans un camion et conduite sous bonne escorte à l'entrepôt de Nîmes pour y être pesée et dès le lendemain matin fondue. Mais Julien Durand ne pouvait se résoudre à laisser faire une telle ignominie. Mireille, "la fillette" comme l'appelait Mistral, si douce, si pure, transformée en pièce d'armement, il ne pouvait le supporter!
Sa décision fut prise : il la sauverait envers et contre tous. Il la cacha, et pendant toute la nuit il récupéra du cuivre afin d'atteindre le poids de la statue. Au matin, tremblant que le subterfuge ne soit découvert, il conduisit sa cargaison à la décharge. Le poids correspondait aux métaux qui avaient été pesés la veille, personne ne vérifia ce qui était déversé dans le brasier, et le vieux cuivre fut fondu à la place de Mireille.
Après la guerre, la population des Saintes-Maries se désolait de la perte irréparable de la statue. Quel ne fut pas son étonnement de voir arriver un jour Monsieur Durand qui ramenait Mireille!
Grâce au courage d'un homme et à sa détermination, sur la place du même nom se dresse désormais toujours encore la "Mireille", hommage vibrant à la poésie de Frédéric Mistral et à la Provence toute entière.
Alors si un jour vous passez par là et que vous voyez MIREILLE... ayez une pensée pour Monsieur JULIEN DURAND.... D’après un article de P. Aubanel paru dans l’Espero n°6
Quelques mots de Vincent à Mireille à propos des vertus Saintoises :
...Et vous aussi, mademoiselle, Dieu vous maintienne en bonheur et beauté! Mais si (jamais) un chien, un lézard, un loup, ou un serpent énorme, Ou toute autre bête errante, Vous fait sentir sa dent aiguë; Si le malheur accable vos forces, Courez , courez aux Saintes ! vous aurez tôt du soulagement...
Nine Admin
Nombre de messages: 8686 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE Ven 10 Juil - 1:03
LES SAINTES MARIES DE LA MER
0n y venait de toute la Provence, du Languedoc et d'ailleurs. Surtout d'ailleurs pour les gitans qui parcouraient les longues routes de l'Europe, menant pendant des semaines leurs roulottes de bois à ce rendez-vous sacré. Toute une population convergeait vers les Saintes-Maries-de-la-Mer en l'honneur de Marie Salomé, Marie Jacobé et Sara, l'humble servante noire, la patronne des gitans. Tous les ans depuis le Moyen Âge, les 2/4 et 25 mai, la foule envahit le village camarguais et conduit les reliques des saintes à la mer pour une bénédiction purificatrice. L'histoire de ce pèlerinage se perd dans celle de la fondation même de la ville.
LE MYSTERE DE SARA
On connaît la légende de cette barque sans voile ni rames, chassée de Palestine après la mort du Christ, qui accosta le rivage camarguais. À son bord se trouvaient Marie Salomé, mère des apôtres Jean et jacques le Majeur, Marie Jacobé - selon saint jean la sœur de la Vierge , Marie-Madeleine, Lazare et sa sœur Marthe, ainsi que Maximin et Joseph d'Arimathie qui transportait le Saint-Graal.
Les avis divergent sur la présence de Sara la Noire à bord.
Était-elle leur servante? Était-elle égyptienne ?
Sara campait avec sa tribu en pleine forêt de pins parasols, à l'endroit où s'élève aujourd'hui Aigues-Mortes. Avertie miraculeusement elle courut vers la mer et, s'étant dévêtue, elle étendit sur les vagues sa robe qui la porta vers les saintes. Baptisée de leurs mains, elle les conduisit au temple païen où affluaient les grands pèlerinages.
Il est plus vraisemblable que Sara appartenait à une tribu celto-ligure indigène, et fort probable que Marie Salomé et Marie Jacobé, restées pour évangéliser la région, aient transformé l'autel païen en oratoire chrétien.
À leur mort, très vite un culte se répandit avant que la construction de l'église-forteresse au XIIè siècle ne le confirme. Au XIVè siècle, le pèlerinage est déjà très populaire, notamment lorsque la célébration des saintes est fixée en 1343 au 25 mai pour la première et au 22 octobre pour la seconde.
Il prendra une tout autre ampleur après 1448, quand les fouilles entreprises par le roi René sous l'autel de l'église découvrent les reliques des saintes femmes. Elles furent mises dans des châsses richement ornées et transportées dans la chapelle haute. C'est lui aussi qui fit creuser la crypte où les gitans venaient vénérer Sara, leur patronne. Sainte Sara, connue aussi sous le nom de Sara-la-Kali ("Sara la Noire"), Sara e Kali en langue romani.
Depuis cette époque, chaque 24 mai après-midi est consacré à la descente des reliques, lors d'une cérémonie chantée.
Dernière édition par Nine le Ven 10 Juil - 1:32, édité 1 fois
Nine Admin
Nombre de messages: 8686 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE Ven 10 Juil - 1:32
UNE GUITARE DE LEGENDE Un son de Camargue : Manitas de Plata répond en musique les mots sont superflus à Denise Glaser. Vidéo rare 1969
Manitas de Plata joue toujours avec une magie absolue, une note ou deux, qu'mporte....MANITAS A JOUE. Il fait partie du patrimoine culturel de la Camargue, comme le vent, les chevaux et les oiseaux, c'est un homme libre, un artiste virtuose. LE FILS DU VENT
Nine Admin
Nombre de messages: 8686 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE Sam 11 Juil - 14:18
Endroit magnifique La Plage du Grand Radeau... trés sauvage réservé aux Saintois... Site exceptionnel entre mer et marais, paysage magnifique... Sensation de liberté...
En Camargue la mer gagne chaque jour sur la terre.
La Méditerranée a ses petites marées, les lacs aussi, les flaques et toutes les étendues de liquide aussi petites soient-elles. On ne perçoit vraiment les marées de Méditerranée que les jours sans vent.
Après avoir franchi le Petit Rhône sur un bac. (le bac du Sauvage) Nous traverserons des étendues de marais, parmi les oiseaux, avant d’arriver dans une pinède sauvage qui s’étend jusqu’à la mer, il n'est pas rare d'y croiser des chevaux blancs venus eux aussi voir la mer.
Nine Admin
Nombre de messages: 8686 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE Dim 12 Juil - 1:04
FILLES DU SUD
... David a bien vaincu tous les géants l'Espoir a bien ouvert les océans .... Elle imagine !
Nine Admin
Nombre de messages: 8686 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE Mar 14 Juil - 0:47
LA CATARINETO OU LA COCCINELLE
En Provence, la catarineto, c'est-à-dire la coccinelle ou encore bête à Bon Dieu, permet de tirer les augures... aux jeunes filles qui la questionnent lorsqu'elles en voient une se poser quelque part :
Digo me, catarineto, Ounte passarai Quouro me maradarai ?
Dis-moi, coccinelle, Où j'irai Quand je me marierai ?
La réponse est, figurez-vous, dans la direction prise par le petit insecte lorsqu'il s'envole !
On dit que si la coccinelle monte vers le ciel cela signifie que tous les bonheurs seront acquis...
En revanche, la demoiselle se fera nonne si la catarineto se dirige vers l'église.
LEGENDE DE LA CATARINETO
On m'a raconté un soir à la veillée, cette légende, qui date d'un temps très ancien... alors que le roi René régnait sur toute la Provence. Les vieux paysans disent qu'elle est véritable, et je le crois aussi.
J'étais, ce soir-là, dans un vieux "mas" de Provence, et femmes et jeunes filles travaillaient auprès du grand feu de bois. Les petits enfants assis sur le sol levaient des visages éblouis vers le "Conteur", qui allait les transporter dans un autre monde, avec sa belle histoire. Et le conteur, qui avait une voix chantante et chaude comme tous les hommes de Provence, commença...
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Cela se passait au royaume de Provence. Le roi René était bien triste, car son unique fille était aveugle. Mais tous ses sujets sefforçaient de le consoler, disant qu'avec l'aide de la "Bonne mère" tout s'arrangerait bien un jour et que la princesse finirait par guérir et épouser le beau prince de Lorraine qui la voulait comme femme. Mais le roi demeurait toujours triste. Aussi, paysans, serfs, ouvriers, bourgeois, tous faisaient de leur mieux pour le contenter et effacer son chagrin. Tous... sauf un... On ne le connaissait pas. On l'appelait le "brigand". Mais on ne savait as très bien qui l était. Tout ce qu'on savait, c'est qu'il était certainement l'auteur de tous les méfaits et de tous les désordres, et vraiment ce n'était pas beau lorsqu'on pensait à la bonté du roi René. Mais le roi n'était pas seulement bon, il était juste, comme doivent l'être tous les chefs, et l'on était sûr que le jour où le brigand serait arrêté, le roi le punirait à mort.
Il y avait, ce matin-là, grande agitation au palais des Baux. Un ministre à longue barbe était venu dire confidentiellemet au roi que ç'allait fort al sur la côte. En effet, une bande de pirates, ou peut-être un pirate tout seul (s'il était très puissant et très diabolique, cela serait encore possible), devait débarquer la nuit pour causer des "malheurs" aux pauvres pêcheurs. A l'aube, ceux-ci se réveillaient et trouvaient leurs poulaillers sans poules, leurs bergeries sans moutons, et leurs beaux figuiers sans figues... Cela ne pouvait plus durer. Il fallait que Sa Majesté fasse quelque chose. Le peuple n'était pas content... Toujours ce "brigand" !
Le roi tira sa barbe, se cacha le front dans ses mains et prit une grande décision... car il ne badinait pas avec les affaires de l'Etat. Il ordonna que tous ses policiers se répandent sur la côte et capturent ce terrible brigand. Cela n'amusait pas du tout les policiers, mais ils étaient obéissants etdévoués et ils partirent, bien sûrs de ramener le coupable...
Ce n'est qu'au bout de cinq longs mois qu'ils ramenèrent aux Baux un pauvre homme en haillons, vêtu d'un vieux pantalon couleur de rouille, et d'une chemise verte déchirée, un pauvre homme au visage maigre et à la barbe grise. Il avait des cheveux trop longs, une allure sale et un foulard rouge noué sur la tête. Un vrai forban, celui-là ! Les "gens" du village se mirent derrière leur fenêtre pour le regarder passer, et un frisson de terreur les empêchait de parler...
Les mains du forban étaient trapues, de grosses mains pour étrangler les poulets, et ses pieds nus étaient couvert de poussière. Il avait un air bourru et regardait tout le monde comme s'il n'avait jamais rien vu. Pourtant on était étonné de voir qu'il avait des yeux tout bleus, tout clairs, comme l'eau de la mer. Car un forban ne doit pas avoir des yeux clairs, mais des yeux ténébreux, noirs comme la nuit, et un regard sombre, "par en-dessous".
Pourtant les policiers étaient sûrs que c'était bien "lui" !
Alors on le conduisit vers le trône du roi, qui siégeait, ce jour-là, sur la place publique pour rendre la justice. Le roi le regarda longeument et, se tournant vers ses policiers, leur demanda : - Êtes-vous bien sûrs que c'est lui ? Car il ne voulait pas accabler un homme innocent. Mais tous les policiers inclinèrent la tête gravement. - Ce ne peut être que lui, Majesté... - Bon, dit le roi. Et il rendit sa sentence. - Tu aura la tête tranchée, dit-il à l'homme.
Mais le forban avait l'air triste, toujours le même air. Et, après-tout, peut-être ne tenait-il pas tant que ça à la vie. Il inclina la tête et ne dit pas un mot. - Que peux-tu dire pour ta défense, lui demanda encore le roi. Mais il ne voulait rien dire, et les gens commençaient à être étonnés. Pourquoi n'essayait-il pas de s'expliquer ?
C'était sûrement qu'il était coupable. Et une rumeur sourde courait parmi l'assemblée. - Qu'il meure, qu'il ait la tête tranchée...
On monta donc l'échafaud sur la place publique. Le roi, quelques jours plus tard, prit place sur l'estrade couverte de velours rouge, et la reine était auprès de lui. La foule avait le droit d'assister, les femmes étiaient très émues, mais les hommes disaient qu'il fallait bien que justice se fasse et qu'ainsi il n'y aurait plus de vols dans le pays.
Le brigand monta vers l'échafaud l'air résigné. Il n'enleva même pas son foulard rouge et tendit sa tête au bourreau... Mais brusquement il la releva. - Attendez ! supplia-t-il... Pauvre bête ! Personne n'y comprenait rien.
Mais le forban d'un geste très doux chassait du revers de la main un tout petit insecte qui se trouvait là sur la planche. - Va-t-en, petite, tu te ferais tuer.
C'était une coccinelle. Une petite "bête à bon Dieu" comme on les appelle ici, avec un dos rouge taché de petits points noirs. Et la bête à bon Dieu s'envola bien vite.
Mais la reine s'était relevée brusquement, et elle avait saisi les mains du roi... - Arrêtez ! arrêtez ! qu'on ne tue pas cet homme ! Le roi fit un signe au bourreau et delanda à la reine ce qui la poussait à demander cette grâce. - Voyons, dit la reine, un homme qui, au moment de mourir, pense à sauver la vie d'une petite coccinelle, cet homme-là ne peut être un méchant brigand, ce n'est pas possible ! Le roi réfléchit en tirant sa barbe et il trouva que la reine avait raison. Il ordonna que l'on ramène cet homme vers sa cellule et fit faire d'autres recherches par d'autres policiers. Il fit bien. On découvrit un jour, à l'aube, le bateau du vrai "forban", qui n'avait pas encore mis les voiles vers le large... Et on arrêta un vrai brigand, une vraie brute qui se débattit et cria des paroles de haine...
Le roi relâcha le premier et, pour le consoler de toutes ses tristesses et de toutes ses misères, il lui donna des champs et un "mas" afin qu'il vive en paix. L'homme vécut très vieux, dit-on... Et il était entouré de bêtes de toutes sortes qu'il élevait avec la plus grande douceur... FIN