Nombre de messages: 9069 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: L'HYMNE DE LA FLEUR Lun 4 Jan - 1:26
L'HYMNE DE LA FLEUR
"Flower duet" from Lakme composed by Leo Delibes Natalie Dessay - Soprano Delphine Haidan - Mezzo soprano Orchestre National du Capitole de toulouse Michel Plasson - conductor
Je suis un mot que préfère puis reprend la nature et qu'elle cache en son coeur, puis redit. Je suis une étoile tombée de la toile azurée sur le tapis vert.
Je suis la fille des éléments, conçue par l'hiver, enfantée par le printemps, élevée par l'été et endormie par l'automne.
Je suis le cadeau des amoureux, la couronne des noces et le dernier présent d'un vivant à un mort
Le matin, je participe avec la brise à annoncer la venue de la lumière. Le soir, je m'associe avec les oiseaux pour lui faire mes adieux.
Je me balance dans les plaines pour les orner et soupire dans l'air pour le parfumer. Quand j'enlace le sommeil, la nuit me regarde de ses mille yeux et, quand je me réveille, je regarde avec l'unique oeil du jour.
Je bois la rosée du matin comme du vin, j'écoute les chants des merles et je danse au rythme des ovations de l'herbe.
Je regarde toujours le haut pour voir la lumière, pour ne pas voir mon ombre. C'est une sagesse que l'homme n'a pas encore apprise.
KHALIL GIBRAN
Dernière édition par Nine le Lun 4 Jan - 10:14, édité 1 fois
Nine Admin
Nombre de messages: 9069 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR Lun 4 Jan - 1:34
LEGENDE DU CHRYSANTHEME
Il y avait au Japon, un jardinier amoureux.
Sa belle était coquette, elle avait de nombreux soupirants et il redoutait de la perdre. Souvent dans le jardin, tout en soignant ses fleurs, il interrogeait le ciel :
« Combien de temps ma bien-aimée me sera-t-elle fidèle ? pourrais-je la garder toujours ? » Bien sur, le ciel ne lui répondait pas et quand il voyait sa fiancée si belle souriant à tous ceux qui la courtisaient son pauvre coeur était malade. Comment lui, modeste homme de la terre pouvait-il espérer garder pour lui seul cette fleur ravissante dont la vue charmait les princes.
La jeune fille entourée de ses admirateurs ne semblait pourtant voir que lui ; pour lui ses yeux étaient plus doux, son sourire plus tendre, pour lui elle chantait ses plus belles chansons. « Oui, mais pour combien de temps se demandait le jardinier ? Elle est si belle, je suis si pauvre, si modeste. Un jour c’est certain, un de ces princes va me la prendre. » Pour l’instant la belle lui gardait sa préférence. « Combien de temps ? Combien de temps ? demandait-il aux fleurs. Combien de temps », demandait-il aux arbres ? « Combien de temps, Rosée du matin ? Combien de temps, Ombres du soir ? »
Ni l’herbe ni les fleurs, ni les arbres, ni les escargots, ni les coccinelles, ni les vers de terre, ni les légumes, ni les hérissons, jamais aucun des hôtes du jardin ne lui répondait. Un jour qu’avec angoisse il interrogeait des marguerites, une larme tomba sur une des fleurs et un génie sortit d’une corolle, tout habillé de jaune avec un large col blanc. « Pourquoi ces larmes gentil jardinier ? Qui d’entre nous t’a fait du chagrin ? » « Personne, jamais personne dans ce jardin ne m’a fait de peine ; c’est vous au contraire qui me consolez ; » « Pourquoi, gentil jardinier, as-tu besoin d’être consolé ? » « C’est ma fiancée, Génie des Marguerites ; elle est si belle et moi je suis si pauvre ! Un pauvre petit rien du tout et je voudrais tant qu’elle m’aime toujours ! »
« Toujours, je ne sais pas, dit le génie en montrant une fleur. Mais je te promets l’amour de ta fiancée pour autant d’années que cette corolle a de pétales. » Le jardinier cueillit la fleur, compta les pétales, hocha la tête. Alors il prit à son revers une longue épingle et effilocha la corolle. Elle eut bientôt tant de pétales qu’il devint impossible de les compter.
C'est quand même plus "optimiste" que l'effeuillage de la marguerite, on compte les augures de cinq en cinq ... un peu, beaucoup,passionnément, à la folie, et ... pas du tout. le Chrysanthème fait durer le plaisir Mais essayez d'effeuiller cette fleur de Toussaint ? là il faudrait une patience tout orientale ou comment restez ZEN ! un exercice "sain".
La marguerite est une fleur
Je t’aime un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout ... La marguerite est considérée par la majorité d’entre nous comme une fleur, n’en faites rien car il s’agit en réalité de plusieurs fleurs. La marguerite est une plante herbacée de la famille des composées, car composée elle l’est assurément (tout comme l’edelweiss), d’inflorescences, qui sont un groupement de fleurs disposé sur une extension de la tige.
La majorité des plantes à fleurs présentent plus d’une fleur à l’extrémité de leurs tiges et c’est le cas pour la marguerite dont les inflorescences forment les capitules (petites fleurs serrées les unes contre les autres) qui est le centre de la marguerite constitué d’une multitude de petites fleurs jaunes de forme tubulaire, disposées sur un "plateau" ; entouré par des fleurs blanches dites ligulées (à la forme de lamelles), qui ressemblent à des pétales mais qui sont en réalité des fleurs disposées en couronne, chacune munie de cinq pétales soudés entre eux.
Ainsi, lorsque vous effeuillerez une marguerite pour votre bien-aimé, songez que ce n’est pas une fleur mais un groupement de fleurs que vous serez en train d’éplucher. Nin@rtmony
Dernière édition par Nine le Lun 4 Jan - 11:46, édité 9 fois
Nine Admin
Nombre de messages: 9069 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR Lun 4 Jan - 1:47
Les mots qu'on n'a pas prononcés sont les fleurs du silence . Proverbe japonais
Dernière édition par Nine le Dim 10 Jan - 0:58, édité 2 fois
Nine Admin
Nombre de messages: 9069 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR Mar 5 Jan - 0:49
L' HOMME AU BOUQUET DE FLEURS
... Un bouquet d'fleurs à la main Il sort du magasin Il avance de bon coeur Où va donc cet humain Qui porte un bouquet d'fleurs Où va donc cet humain Qui porte un bouquet d'fleurs
Vers quel rencard Quel amant dans l'placard Quelle inconnue Dans la toile entrevue Quelle fête des mères Quel ami sincère Quelle moitié d'aveu Quel amour qui flanche Quel drôle de cheveu Sur sa manche ...
Maxime Le forestier
Nine Admin
Nombre de messages: 9069 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR Ven 8 Jan - 13:35
En automne, je récoltai toutes mes peines et les enterrai dans mon jardin. Lorsque avril refleurit et que la terre et le printemps célébrèrent leurs noces, mon jardin fut jonché de fleurs splendides et exceptionnelles.
Khalil Gibran
Nine Admin
Nombre de messages: 9069 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR Dim 10 Jan - 0:22
La légende de Narcisse En grec ancien Νάρκισσος / Nárkissos Son nom semble lié au grec ancien narkê : sommeil.
Le fleuve béotien Céphise, et la nymphe Léiriopé, eurent un fils qu'ils nommèrent Narcisse. Un oracle du devin Tirésias, ayant anoncé que l'enfant vivrait vieux s'il ne prenait pas connaissance de lui, Narcisse fût élevé dans l'ignorance de son image... À seize ans, Narcisse, qui était d'une grande beauté, fût désiré par nombre de jeunes filles et de jeunes hommes, mais demeurait insensible à l'amour.
La nymphe Écho en mourut, à l'exception de sa voix qui répercute toujours les sons et les paroles àtravers les forêts.
Une des victimes de Narcisse formula le voeu qu'à son tour Narcisse aime, mais qu'il ne puisse jamais posséder l'objet de son amour. Némésis, la déesse de la vengeance, exauça ce voeu ....
Un jour de grande chaleur, Narcisse, fatigué par la chasse, vint s'étendre près d'une source, dans un endroit reculé de la forêt, là même où la nymphe Écho s'était réfugiée... Tandis qu'il tentait de se désaltérer, Narcisse découvrit dans l'eau l'image d'un visage inconnu. Séduit pas la beauté de l'inconnu, il en tomba éperdument amoureux.
Désormais insensible au monde, Narcisse fût d'abord plongé dans le ravissement. Puis l'amour se fit cruel, puisque les deux amants, malgré leur désir mutuel, ne pouvaient se rejoindre.
C'est alors que Narcisse comprit qu'il brûlait d'amour pour sa propre image. Consumé par son impossible amour, il dépérit peu à peu et mourut sous les yeux de la nymphe Écho, réclamant seulement de ne jamais cesser de contempler ce qu'il ne pouvaitposséder.
Ses soeurs, les Naïades et les Dryades, le pleurèrent. Or, au moment d'accomplir les rites funéraires, le corps de Narcisse avait disparu... À la place où reposait sa dépouille, une fleur jaune safran dont le coeur était entouré de feuilles blanches, avait pris naissance.... Le Narcisse.
Nine Admin
Nombre de messages: 9069 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR Dim 10 Jan - 0:46
Mignonne, allons voir si la rose
Rose du rosier Pierre de Ronsard
Mise en musique, chantée, récitée par des générations d’écoliers, cette ode à Cassandre est depuis 1550 la plus célèbre invitation à jouir de l’instant. Cassandre, fille d’un banquier italien, a transcendé le poète au point que celui-ci l’a idéalisé et élevé au rang des muses.
Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avait déclose Sa robe de pourpre au Soleil, A point perdu cette vêprée Les plis de sa robe pourprée, Et son teint au vôtre pareil.
Las ! voyez comme en peu d’espace, Mignonne, elle a dessus la place, Las ! las ! ses beautés laissées choir! Ô vraiment marâtre Nature, Puisqu’une telle fleur ne dure, Que du matin jusqu’au soir !
Donc, si vous me croyez mignonne, Tandis que votre âge fleuronne En sa plus verte nouveauté, Cueillez, cueillez votre jeunesse : Comme à cette fleure la vieillesse Fera ternir votre beauté.
RONSARD
Nine Admin
Nombre de messages: 9069 Date d'inscription: 03/05/2008
Quand les fleurs se mettent à parler... Le langage des fleurs nous permet d'exprimer nos sentiments de façon très délicate, chaque fleur étant chargée d'un message particulier que le destinataire peut choisir de comprendre ou non...
Dernière édition par Nine le Dim 10 Jan - 9:12, édité 3 fois
Nine Admin
Nombre de messages: 9069 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR Dim 10 Jan - 1:11
Symbolique des fleurs
Fleur éphémère de la pensée... Dont les parfums purs ont hanté Baudelaire ... De son ardeur divine Où l’amante grise sa peine Où l’amant se réjouit un instant De l’orgueil sacré à l’éternel volupté.
Les fleurs symbolisent dans le monde entier la jeunesse, la joie de vivre et la victoire (provisoire) de la vie sur la mort. Cependant selon les civilisations, les fleurs n'ont pas la même importance ni la même symbolique.
Dans la symbolique chrétienne les fleurs représentent ce qui est agréable à Dieu et la joie simple devant la nature, mais aussi le caractère éphémère de la beauté terrestre. Dans la Bible, de nombreuses fleurs apparaissent, chacune recouvrant une symbolique morale. La rose rouge représente la plaie du Christ et l'amour céleste; la rose blanche tout comme le lys désignent la Vierge, la perfection et la pureté. L'ancolie marque la présence du Saint-Esprit, l'iris désigne la douleur et l'oeillet incarne le Christ.
Le taoïsme est depuis plus de 2000 ans la principale religion chinoise. La fleur la plus importante dans le monde asiatique est le lotus. Cette fleur s'ouvre au lever du soleil et se referme à son coucher, c'est pourquoi elle est comparée au dieu du Soleil. Dans la pratique du yoga, la maîtrise des énergies qui parcourent le corps est comparée à l'éclosion d'une fleur de lotus sur le sommet de la tête. Ce lotus suprême est appelé dans le taoisme « fleur d'or ». De même dans le bouddhisme, le lotus symbolise la connaissance qui conduit aux réincarnations. De manière générale, c'est une fleur associée aux immortels et donc à la pureté et à la vertu de l'homme.
En Amérique du Sud la fleur a également une symbolique forte, notamment dans la civilisation aztèque. La fleur se manifeste dans de nombreux aspects de cette société, tout d'abord dans le calendier aztèque, qui ne comprend que 20 jours, dont le dernier est appelé « fleur ». Il est dans ce cas symbole de tout ce qui est fait avec goût. La fleur est également un symbole divinatoire en étant les attributs de la Déesse de la fécondité et de la sexualité, et ceux du Dieu des plantes psychoactives sacrées appelé Prince des Fleurs ou gardien divin du « rêve fleuri ». Les fleurs à quatre pétales sont plus particulièrement appréciées car elles représentent le plus famillier hiéroglyphe aztèque, « la fleur solaire », symbole de la divinité, du centre du monde, du ciel, du temps et de l'espace.
Dernière édition par Nine le Mar 12 Jan - 0:27, édité 4 fois
Nine Admin
Nombre de messages: 9069 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR Lun 11 Jan - 9:38
Fleur éphémère de la pensée Ta poésie se meurt aujourd’hui Aux brûlures des mots De ses lettres de chair et de sang Que personne n’écrit vraiment. ... à part Emilie, parce qu'elle est "jolie" !
Je te cueille depuis tant d’années Que tes essences n’ont plus de secret.
Nine Admin
Nombre de messages: 9069 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR Mar 12 Jan - 0:35
A L'EAU DE LA CLAIRE FONTAINE
Dans l'eau de la claire fontaine Elle se baignait toute nue. Une saute de vent soudaine Jeta ses habits dans les nues.
En détresse, elle me fit signe, Pour la vêtir, d'aller chercher Des monceaux de feuilles de vigne, Fleurs de lis ou fleurs d'oranger.
Avec des pétales de roses, Un bout de corsage lui fit. La belle n'était pas bien grosse Une seule rose a suffit.
Avec le pampre de la vigne, Un bout de cotillon lui fit, Mais la belle était si petite Qu'une seule feuille a suffi.
Elle me tendit ses bras, ses lèvres, Comme pour me remercier... Je les pris avec tant de fièvre Qu'ell' fut toute déshabillée.
Le jeu dut plaire à l'ingénue, Car, à la fontaine souvent, Ell' s'alla baigner toute nue En priant Dieu qu'il fit du vent, Qu'il fit du vent...
Nombre de messages: 9069 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR Sam 16 Jan - 8:53
SAMBA FLEURIE
Stacey Kent « Samba Saravah ».
Légende des fleurs
J'ai découvert et lu un très beau livre : "Légendes de fleurs" . Les textes sont de michel Lis, jardinier très connu sur France Inter et les illustrations de Corinne Merlès. La préface est de Eve Ruggiéry. En voici un extrait :
"l'édelweiss, un vrai lion"
"On lui donnerait vraiment le bon Dieu sans confession, tant cette fleur des neiges, cette reine des glaces, vit près du ciel. N'allez pourtant pas croire à toutes les promesses de cette plante des cimes que les botanistes nomment Léontopodium (patte de lion) et ceux qui risquent leur vie pour la cueillir au sommet des montagnes, près des neiges éternelles. Ce « lion des Alpes », cette « étoile d'argent » offre ailleurs une fleur plus blanche que lorsqu'elle est cultivée en plaine, dans un jardin.
Innocent edelweiss en robe de peluche qui symbolise la protection dans le langage des fleurs.
Il a pourtant d'autres pouvoirs bien plus terrifiants si l'on en croit quelques légendes suisses et autrichiennes. porté sur soi, l'edelweiss vous rend parfaitement invisible temps que vous ferez le... bien ! Dans le Tyrol on affirme que seul un sorcier - ou une sorcière ayant vendu son âme au diable jouera de son pouvoir d'invisibilité pour se livrer à des actes démoniaques.
En Suisse, encore plus terrible, une mère peut se servir de ce « lion des Alpes » pour punir le meurtrier de son enfant, à condition toutefois que dernier ne connaisse pas l'antidote.
En effet, porté sur soi un pied d'edelweiss entier, arraché un vendredi, par une nuit de pleine lune et enveloppé dans un linge blanc sur lequel auront marché un âne et un boeuf, permet de se rendre invulnérable aux balles de fusil comme à la lame d'un couteau ! " L'edelweiss candide est donc aussi une arme redoutable pour celui qui sait s'en servir."
Dernière édition par Nine le Mer 24 Fév - 10:11, édité 1 fois
Nine Admin
Nombre de messages: 9069 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR Sam 16 Jan - 23:52
Les Roses d'Ispahan
Le parfum évocateur d'un nom sonore et odorant. Les Mille et Une Nuits, les jardins de l'amour, les lampes merveilleuses, les génies prévenants, les belles princesses, les sources de lait et miel, les vallées de la jeunesse éternelle, les élixirs et les filtres qui font voyager dans le temps, les tapis volants, les êtres fantastiques, les cités invisibles de murailles plus hautes que les cieux, les sables ardentes du désert et les frais oasis où se racontent des histoires à la lumière de la lune ...
Leconte De Lisle, le grand poéte Parnassien, qui sans doute avait lu une transcription du parchemin de la Rose Pourpre ou Les lèvres métaphysiques, va écrire un poème dédié à cette rose d'enivrante odeur qui lui rappelait sa bien aimée.
Les roses d'ispahan
Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse, Les jasmins de Mossoul, les fleurs de l'oranger Ont un parfum moins frais, ont une odeur moins douce, O blanche Leïlah ! que ton souffle léger.
Ta lèvre est de corail, et ton rire léger Sonne mieux que l'eau vive et d'une voix plus douce, Mieux que le vent joyeux qui berce l'oranger, Mieux que l'oiseau qui chante au bord du nid de mousse.
Mais la subtile odeur des roses dans leur mousse, La brise qui se joue autour de l'oranger Et l'eau vive qui flue avec sa plainte douce Ont un charme plus sûr que ton amour léger !
O Leïlah ! depuis que de leur vol léger Tous les baisers ont fui de ta lèvre si douce, Il n'est plus de parfum dans le pâle oranger, Ni de céleste arome aux roses dans leur mousse.
L'oiseau, sur le duvet humide et sur la mousse, Ne chante plus parmi la rose et l'oranger ; L'eau vive des jardins n'a plus de chanson douce, L'aube ne dore plus le ciel pur et léger.
Oh ! que ton jeune amour, ce papillon léger, Revienne vers mon coeur d'une aile prompte et douce, Et qu'il parfume encor les fleurs de l'oranger, Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse !
Charles-Marie Leconte De Lisle
Nine Admin
Nombre de messages: 9069 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR Mar 26 Jan - 1:02
LEGENDE DU BLEUET
il y a fort longtemps, une nymphe tomba amoureuse d'un beau jeune homme au regard bleu azur. Afin de cacher cette idylle inavouable, la nymphe entraina son amant dans un champ de blé et là, a l'abri des regards indiscrèts, ils s'aimèrent. Prudente, la nymphe décida, pour mettre l'etre aimé a l'abri de la colère des dieux, de le changer en une élégante fleur à la couleur bleu azur, inspirée par l'iris céruléen du galant...
pour ceux qui ne croirait pas à cette histoire, en russe, le bleuet se dit basilek, en souvenir du jeune homme transformé en fleur qui s'appelait Basile... c'est aussi depuis ce jour que l'eau de bleuet (son infusion) soulage les yeux irrités par les larmes et que les femmes qui veulent attirer les hommes portent sur leur poitrine une fleur de bleuet.
divination amoureuse
Mesdames, si vous souhaitez choisir entre deux amoureux, préparez deux enveloppes contenant chacunes une fleur de bleuet. Sur la première écrivez le nom d'un de vos prétendant, sur la seconde celui de l'autre. Ouvrez les au bout de quelques jours et choisissez celui dont la fleur est resté la plus fraiche...
Nine Admin
Nombre de messages: 9069 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR Mar 26 Jan - 1:19
LE POT DE FLEURS
Parfois un enfant trouve une petite graine Et tout d'abord, charmé de ses vives couleurs, Pour la planter il prend un pot de porcelaine Orné de dragons bleus et de bizarres fleurs.
Il s'en va. La racine en couleuvres s'allonge, Sort de terre, fleurit et devient arbrisseau ; Chaque jour, plus avant, son pied chevelu plonge, Tant qu'il fasse éclater le ventre du vaisseau.
L'enfant revient ; surpris, il voit la plante grasse Sur les débris du pot brandir ses verts poignards ; Il la veut arracher, mais la tige est tenace ; Il s'obstine, et ses doigts s'ensanglantent aux dards.
Ainsi germa l'amour dans mon âme surprise ; Je croyais ne semer qu'une fleur de printemps : C'est un grand aloès dont la racine brise Le pot de porcelaine aux dessins éclatants.