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 L'HYMNE DE LA FLEUR

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Nine
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MessageSujet: L'HYMNE DE LA FLEUR   Lun 4 Jan - 1:26

L'HYMNE DE LA FLEUR


"Flower duet" from Lakme
composed by Leo Delibes
Natalie Dessay - Soprano
Delphine Haidan - Mezzo soprano
Orchestre National du Capitole de toulouse
Michel Plasson - conductor



Je suis un mot que préfère puis reprend la nature et qu'elle cache en son coeur, puis redit.
Je suis une étoile tombée de la toile azurée sur le tapis vert.

Je suis la fille des éléments, conçue par l'hiver, enfantée par le printemps,
élevée par l'été et endormie par l'automne.

Je suis le cadeau des amoureux,
la couronne des noces et le dernier présent d'un vivant à un mort

Le matin, je participe avec la brise à annoncer la venue de la lumière.
Le soir, je m'associe avec les oiseaux pour lui faire mes adieux.

Je me balance dans les plaines pour les orner et soupire dans l'air pour le parfumer.
Quand j'enlace le sommeil, la nuit me regarde de ses mille yeux et, quand je me réveille,
je regarde avec l'unique oeil du jour.

Je bois la rosée du matin comme du vin,
j'écoute les chants des merles et je danse au rythme des ovations de l'herbe.

Je regarde toujours le haut pour voir la lumière, pour ne pas voir mon ombre.
C'est une sagesse que l'homme n'a pas encore apprise.

KHALIL GIBRAN


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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Lun 4 Jan - 1:34

LEGENDE DU CHRYSANTHEME



Il y avait au Japon, un jardinier amoureux.

Sa belle était coquette, elle avait de nombreux soupirants et il redoutait de la perdre.
Souvent dans le jardin, tout en soignant ses fleurs, il interrogeait le ciel :

« Combien de temps ma bien-aimée me sera-t-elle fidèle ? pourrais-je la garder toujours ? »
Bien sur, le ciel ne lui répondait pas et quand il voyait sa fiancée
si belle souriant à tous ceux qui la courtisaient son pauvre coeur était malade.
Comment lui, modeste homme de la terre pouvait-il espérer garder pour lui seul
cette fleur ravissante dont la vue charmait les princes.

La jeune fille entourée de ses admirateurs ne semblait pourtant voir que lui ;
pour lui ses yeux étaient plus doux, son sourire plus tendre,
pour lui elle chantait ses plus belles chansons.
« Oui, mais pour combien de temps se demandait le jardinier ?
Elle est si belle, je suis si pauvre, si modeste.
Un jour c’est certain, un de ces princes va me la prendre. »
Pour l’instant la belle lui gardait sa préférence.
« Combien de temps ? Combien de temps ? demandait-il aux fleurs. Combien de temps »,
demandait-il aux arbres ?
« Combien de temps, Rosée du matin ? Combien de temps, Ombres du soir ? »

Ni l’herbe ni les fleurs, ni les arbres, ni les escargots, ni les coccinelles,
ni les vers de terre, ni les légumes, ni les hérissons,
jamais aucun des hôtes du jardin ne lui répondait.
Un jour qu’avec angoisse il interrogeait des marguerites,
une larme tomba sur une des fleurs et un génie sortit d’une corolle,
tout habillé de jaune avec un large col blanc.
« Pourquoi ces larmes gentil jardinier ? Qui d’entre nous t’a fait du chagrin ? »
« Personne, jamais personne dans ce jardin ne m’a fait de peine ;
c’est vous au contraire qui me consolez ; »
« Pourquoi, gentil jardinier, as-tu besoin d’être consolé ? »
« C’est ma fiancée, Génie des Marguerites ; elle est si belle et moi je suis si pauvre !
Un pauvre petit rien du tout et je voudrais tant qu’elle m’aime toujours ! »

« Toujours, je ne sais pas, dit le génie en montrant une fleur.
Mais je te promets l’amour de ta fiancée pour autant d’années que cette corolle a de pétales. »
Le jardinier cueillit la fleur, compta les pétales, hocha la tête.
Alors il prit à son revers une longue épingle et effilocha la corolle.
Elle eut bientôt tant de pétales qu’il devint impossible de les compter.

C'est quand même plus "optimiste" que l'effeuillage de la marguerite,
on compte les augures de cinq en cinq ...
un peu, beaucoup,passionnément, à la folie, et ... pas du tout.
le Chrysanthème fait durer le plaisir
Mais essayez d'effeuiller cette fleur de Toussaint ?
là il faudrait une patience tout orientale
ou comment restez ZEN ! un exercice "sain".

La marguerite est une fleur

Je t’aime un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout ...
La marguerite est considérée par la majorité d’entre nous comme une fleur,
n’en faites rien car il s’agit en réalité de plusieurs fleurs.
La marguerite est une plante herbacée de la famille des composées,
car composée elle l’est assurément (tout comme l’edelweiss), d’inflorescences,
qui sont un groupement de fleurs disposé sur une extension de la tige.

La majorité des plantes à fleurs présentent plus d’une fleur à l’extrémité de leurs tiges
et c’est le cas pour la marguerite dont les inflorescences forment les capitules
(petites fleurs serrées les unes contre les autres)
qui est le centre de la marguerite constitué d’une multitude
de petites fleurs jaunes de forme tubulaire, disposées sur un "plateau" ;
entouré par des fleurs blanches dites ligulées (à la forme de lamelles),
qui ressemblent à des pétales mais qui sont en réalité des fleurs disposées en couronne,
chacune munie de cinq pétales soudés entre eux.

Ainsi, lorsque vous effeuillerez une marguerite pour votre bien-aimé,
songez que ce n’est pas une fleur mais un groupement de fleurs que vous serez en train d’éplucher.
Nin@rtmony



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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Lun 4 Jan - 1:47






Les mots qu'on n'a pas prononcés sont les fleurs du silence .
Proverbe japonais



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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Mar 5 Jan - 0:49

L' HOMME AU BOUQUET DE FLEURS




... Un bouquet d'fleurs
à la main
Il sort du magasin
Il avance de bon coeur
Où va donc cet humain
Qui porte un bouquet d'fleurs
Où va donc cet humain
Qui porte un bouquet d'fleurs

Vers quel rencard
Quel amant dans l'placard
Quelle inconnue
Dans la toile entrevue
Quelle fête des mères
Quel ami sincère
Quelle moitié d'aveu
Quel amour qui flanche
Quel drôle de cheveu
Sur sa manche ...

Maxime Le forestier

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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Ven 8 Jan - 13:35



En automne, je récoltai toutes mes peines
et les enterrai dans mon jardin.
Lorsque avril refleurit
et que la terre et le printemps célébrèrent leurs noces,
mon jardin fut jonché de fleurs splendides et exceptionnelles.

Khalil Gibran
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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Dim 10 Jan - 0:22

La légende de Narcisse
En grec ancien Νάρκισσος / Nárkissos
Son nom semble lié au grec ancien narkê : sommeil.



Le fleuve béotien Céphise, et la nymphe Léiriopé,
eurent un fils qu'ils nommèrent Narcisse.
Un oracle du devin Tirésias, ayant anoncé que l'enfant
vivrait vieux s'il ne prenait pas connaissance de lui,
Narcisse fût élevé dans l'ignorance de son image...
À seize ans, Narcisse, qui était d'une grande beauté,
fût désiré par nombre de jeunes filles et de jeunes
hommes, mais demeurait insensible à l'amour.

La nymphe Écho en mourut, à l'exception de sa voix qui
répercute toujours les sons et les paroles àtravers les forêts.

Une des victimes de Narcisse formula le voeu
qu'à son tour Narcisse aime, mais qu'il ne puisse jamais
posséder l'objet de son amour.
Némésis, la déesse de la vengeance, exauça ce voeu ....



Un jour de grande chaleur, Narcisse, fatigué
par la chasse, vint s'étendre près d'une source,
dans un endroit reculé de la forêt, là même
où la nymphe Écho s'était réfugiée...
Tandis qu'il tentait de se désaltérer, Narcisse
découvrit dans l'eau l'image d'un visage inconnu.
Séduit pas la beauté de l'inconnu,
il en tomba éperdument amoureux.

Désormais insensible au monde, Narcisse fût d'abord
plongé dans le ravissement.
Puis l'amour se fit cruel, puisque les deux amants,
malgré leur désir mutuel, ne pouvaient
se rejoindre.

C'est alors que Narcisse comprit qu'il brûlait
d'amour pour sa propre image.
Consumé par son impossible
amour, il dépérit peu à peu et mourut sous
les yeux de la nymphe Écho,
réclamant seulement de ne jamais cesser
de contempler ce qu'il ne pouvaitposséder.

Ses soeurs, les Naïades et les Dryades,
le pleurèrent.
Or, au moment d'accomplir les rites funéraires,
le corps de Narcisse avait disparu...
À la place où reposait sa dépouille,
une fleur jaune safran dont le coeur était
entouré de feuilles blanches, avait pris naissance....
Le Narcisse.


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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Dim 10 Jan - 0:46

Mignonne, allons voir si la rose


Rose du rosier Pierre de Ronsard

Mise en musique, chantée, récitée par des générations d’écoliers,
cette ode à Cassandre est depuis 1550 la plus célèbre invitation à jouir de l’instant.
Cassandre, fille d’un banquier italien,
a transcendé le poète au point que celui-ci l’a idéalisé et élevé au rang des muses.

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu cette vêprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.

Las ! voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place,
Las ! las ! ses beautés laissées choir!
Ô vraiment marâtre Nature,
Puisqu’une telle fleur ne dure,
Que du matin jusqu’au soir !

Donc, si vous me croyez mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleure la vieillesse
Fera ternir votre beauté.

RONSARD

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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Dim 10 Jan - 0:51

ESPRIT DE FLEUR





Si les Japonais, à travers leur art IKEBANA applique l'esprit ZEN aux fleurs,
chez nous on les fait parler, elle ont un langage codé et précis, que je vous invite
à découvrir ici :
http://www.artmony.biz/arts-et-traditions-f90/dites-le-avec-des-fleurs-t2415.htm

Quand les fleurs se mettent à parler...
Le langage des fleurs nous permet d'exprimer nos sentiments de façon très délicate,
chaque fleur étant chargée d'un message particulier que le destinataire peut choisir de comprendre ou non...


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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Dim 10 Jan - 1:11

Symbolique des fleurs



Fleur éphémère de la pensée...
Dont les parfums purs ont hanté Baudelaire ...
De son ardeur divine Où l’amante grise sa peine
Où l’amant se réjouit un instant De l’orgueil sacré à l’éternel volupté.

Les fleurs symbolisent dans le monde entier la jeunesse,
la joie de vivre et la victoire (provisoire) de la vie sur la mort.
Cependant selon les civilisations, les fleurs n'ont pas la même importance ni la même symbolique.

Dans la symbolique chrétienne
les fleurs représentent ce qui est agréable à Dieu et la joie simple devant la nature,
mais aussi le caractère éphémère de la beauté terrestre.
Dans la Bible, de nombreuses fleurs apparaissent, chacune recouvrant une symbolique morale.
La rose rouge représente la plaie du Christ et l'amour céleste;
la rose blanche tout comme le lys désignent la Vierge, la perfection et la pureté.
L'ancolie marque la présence du Saint-Esprit, l'iris désigne la douleur et l'oeillet incarne le Christ.

Le taoïsme
est depuis plus de 2000 ans la principale religion chinoise.
La fleur la plus importante dans le monde asiatique est le lotus.
Cette fleur s'ouvre au lever du soleil et se referme à son coucher,
c'est pourquoi elle est comparée au dieu du Soleil.
Dans la pratique du yoga, la maîtrise des énergies qui parcourent le corps
est comparée à l'éclosion d'une fleur de lotus sur le sommet de la tête.
Ce lotus suprême est appelé dans le taoisme « fleur d'or ».
De même dans le bouddhisme, le lotus symbolise la connaissance qui conduit aux réincarnations.
De manière générale, c'est une fleur associée aux immortels et donc à la pureté et à la vertu de l'homme.

En Amérique du Sud
la fleur a également une symbolique forte, notamment dans la civilisation aztèque.
La fleur se manifeste dans de nombreux aspects de cette société,
tout d'abord dans le calendier aztèque, qui ne comprend que 20 jours,
dont le dernier est appelé « fleur ». Il est dans ce cas symbole de tout ce qui est fait avec goût.
La fleur est également un symbole divinatoire
en étant les attributs de la Déesse de la fécondité et de la sexualité,
et ceux du Dieu des plantes psychoactives sacrées appelé Prince des Fleurs ou gardien divin du « rêve fleuri ».
Les fleurs à quatre pétales sont plus particulièrement appréciées
car elles représentent le plus famillier hiéroglyphe aztèque,
« la fleur solaire »,
symbole de la divinité, du centre du monde, du ciel, du temps et de l'espace.

LE TEMPS DES FLEURS




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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Lun 11 Jan - 9:38

Fleur éphémère de la pensée
Ta poésie se meurt aujourd’hui Aux brûlures des mots
De ses lettres de chair et de sang Que personne n’écrit vraiment.
... à part Emilie, parce qu'elle est "jolie" !




Je te cueille depuis tant d’années
Que tes essences n’ont plus de secret.

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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Mar 12 Jan - 0:35

A L'EAU DE LA CLAIRE FONTAINE



Dans l'eau de la claire fontaine
Elle se baignait toute nue.
Une saute de vent soudaine
Jeta ses habits dans les nues.

En détresse, elle me fit signe,
Pour la vêtir, d'aller chercher
Des monceaux de feuilles de vigne,
Fleurs de lis ou fleurs d'oranger.

Avec des pétales de roses,
Un bout de corsage lui fit.
La belle n'était pas bien grosse
Une seule rose a suffit.

Avec le pampre de la vigne,
Un bout de cotillon lui fit,
Mais la belle était si petite
Qu'une seule feuille a suffi.

Elle me tendit ses bras, ses lèvres,
Comme pour me remercier...
Je les pris avec tant de fièvre
Qu'ell' fut toute déshabillée.

Le jeu dut plaire à l'ingénue,
Car, à la fontaine souvent,
Ell' s'alla baigner toute nue
En priant Dieu qu'il fit du vent,
Qu'il fit du vent...

Georges Brassens



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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Sam 16 Jan - 8:53

SAMBA FLEURIE

Stacey Kent
« Samba Saravah ».




Légende des fleurs

J'ai découvert et lu un très beau livre : "Légendes de fleurs" .
Les textes sont de michel Lis, jardinier très connu sur France Inter
et les illustrations de Corinne Merlès. La préface est de Eve Ruggiéry.
En voici un extrait :

"l'édelweiss, un vrai lion"

"On lui donnerait vraiment le bon Dieu sans confession,
tant cette fleur des neiges, cette reine des glaces, vit près du ciel.
N'allez pourtant pas croire à toutes les promesses de cette plante des cimes
que les botanistes nomment Léontopodium (patte de lion)
et ceux qui risquent leur vie pour la cueillir au sommet des montagnes,
près des neiges éternelles.
Ce « lion des Alpes », cette « étoile d'argent »
offre ailleurs une fleur plus blanche que lorsqu'elle est cultivée en plaine, dans un jardin.

Innocent edelweiss en robe de peluche qui symbolise
la protection dans le langage des fleurs.

Il a pourtant d'autres pouvoirs bien plus terrifiants si l'on en croit
quelques légendes suisses et autrichiennes.
porté sur soi, l'edelweiss vous rend parfaitement invisible temps que vous ferez le... bien !
Dans le Tyrol on affirme que seul un sorcier - ou une sorcière
ayant vendu son âme au diable jouera de son pouvoir d'invisibilité
pour se livrer à des actes démoniaques.

En Suisse, encore plus terrible, une mère peut se servir de ce « lion des Alpes »
pour punir le meurtrier de son enfant,
à condition toutefois que dernier ne connaisse pas l'antidote.

En effet, porté sur soi un pied d'edelweiss entier, arraché un vendredi,
par une nuit de pleine lune et enveloppé dans un linge blanc sur lequel
auront marché un âne et un boeuf,
permet de se rendre invulnérable aux balles de fusil
comme à la lame d'un couteau !
" L'edelweiss candide est donc aussi une arme redoutable pour celui qui sait s'en servir."


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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Sam 16 Jan - 23:52

Les Roses d'Ispahan





Le parfum évocateur d'un nom sonore et odorant.
Les Mille et Une Nuits, les jardins de l'amour, les lampes merveilleuses,
les génies prévenants, les belles princesses, les sources de lait et miel,
les vallées de la jeunesse éternelle, les élixirs et les filtres qui font voyager dans le temps,
les tapis volants, les êtres fantastiques,
les cités invisibles de murailles plus hautes que les cieux,
les sables ardentes du désert et les frais oasis
où se racontent des histoires à la lumière de la lune ...

Leconte De Lisle, le grand poéte Parnassien,
qui sans doute avait lu une transcription du parchemin de la Rose Pourpre
ou Les lèvres métaphysiques,
va écrire un poème dédié à cette rose d'enivrante odeur qui lui rappelait sa bien aimée.

Les roses d'ispahan

Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse,
Les jasmins de Mossoul, les fleurs de l'oranger
Ont un parfum moins frais, ont une odeur moins douce,
O blanche Leïlah ! que ton souffle léger.

Ta lèvre est de corail, et ton rire léger
Sonne mieux que l'eau vive et d'une voix plus douce,
Mieux que le vent joyeux qui berce l'oranger,
Mieux que l'oiseau qui chante au bord du nid de mousse.

Mais la subtile odeur des roses dans leur mousse,
La brise qui se joue autour de l'oranger
Et l'eau vive qui flue avec sa plainte douce
Ont un charme plus sûr que ton amour léger !

O Leïlah ! depuis que de leur vol léger
Tous les baisers ont fui de ta lèvre si douce,
Il n'est plus de parfum dans le pâle oranger,
Ni de céleste arome aux roses dans leur mousse.

L'oiseau, sur le duvet humide et sur la mousse,
Ne chante plus parmi la rose et l'oranger ;
L'eau vive des jardins n'a plus de chanson douce,
L'aube ne dore plus le ciel pur et léger.

Oh ! que ton jeune amour, ce papillon léger,
Revienne vers mon coeur d'une aile prompte et douce,
Et qu'il parfume encor les fleurs de l'oranger,
Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse !

Charles-Marie Leconte De Lisle
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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Mar 26 Jan - 1:02

LEGENDE DU BLEUET



il y a fort longtemps,
une nymphe tomba amoureuse d'un beau jeune homme au regard bleu azur.
Afin de cacher cette idylle inavouable,
la nymphe entraina son amant dans un champ de blé et là,
a l'abri des regards indiscrèts, ils s'aimèrent.
Prudente, la nymphe décida,
pour mettre l'etre aimé a l'abri de la colère des dieux,
de le changer en une élégante fleur à la couleur bleu azur,
inspirée par l'iris céruléen du galant...

pour ceux qui ne croirait pas à cette histoire,
en russe, le bleuet se dit basilek,
en souvenir du jeune homme transformé en fleur qui s'appelait Basile...
c'est aussi depuis ce jour que l'eau de bleuet (son infusion)
soulage les yeux irrités par les larmes
et que les femmes qui veulent attirer les hommes portent sur leur poitrine une fleur de bleuet.

divination amoureuse

Mesdames, si vous souhaitez choisir entre deux amoureux,
préparez deux enveloppes contenant chacunes une fleur de bleuet.
Sur la première écrivez le nom d'un de vos prétendant,
sur la seconde celui de l'autre.
Ouvrez les au bout de quelques jours et choisissez celui dont la fleur est resté la plus fraiche...
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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Mar 26 Jan - 1:19

LE POT DE FLEURS



Parfois un enfant trouve une petite graine
Et tout d'abord, charmé de ses vives couleurs,
Pour la planter il prend un pot de porcelaine
Orné de dragons bleus et de bizarres fleurs.

Il s'en va. La racine en couleuvres s'allonge,
Sort de terre, fleurit et devient arbrisseau ;
Chaque jour, plus avant, son pied chevelu plonge,
Tant qu'il fasse éclater le ventre du vaisseau.

L'enfant revient ; surpris, il voit la plante grasse
Sur les débris du pot brandir ses verts poignards ;
Il la veut arracher, mais la tige est tenace ;
Il s'obstine, et ses doigts s'ensanglantent aux dards.

Ainsi germa l'amour dans mon âme surprise ;
Je croyais ne semer qu'une fleur de printemps :
C'est un grand aloès dont la racine brise
Le pot de porcelaine aux dessins éclatants.

THEOPHILE GAUTHIER
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