Nombre de messages: 8763 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: MARC CHAGALL Lun 27 Avr - 17:46
"Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d'amour et d'espoir." - Marc Chagall
MARC CHAGALL Vitebst (Biélorussie) 1887 - Saint Paul de Vence 1985 (Moyshe Shagal, dit) Né en 1887 dans le quartier juif de Vitebsk en Russie. Issu d’un milieu modeste, il grandit dans un shtetl de Biélorussie.
Son enfance est imprégnée de culture et de traditions religieuses. 1906, Malgré mille difficultés, il étudie la peinture dans sa ville natale à l’atelier de Yéhouda Penn, peintre juif qui lui inculque les premiers éléments de son art. En 1907, il part pour Saint Pétersbourg où il s’inscrit à l’Ecole Impériale d’Encouragement des Arts, qu’il quitte en 1908. En 1909, il fait la connaissance de Bella Rosenfeld, cadette d’une famille de bijoutiers et étudiante à Moscou. Aussitôt naît entre eux un amour profond et exclusif.
Les amants bleus
A Saint Pétersbourg, quelques amateurs d’art commencent à s’intéresser à son œuvre. Grâce au mécène Vinaver, Chagall arrive à Paris en 1911 et s’installe à la Ruche, où vivent déjà Jean-Paul Laurens, Fernand Léger et Modigliani. Il rencontre aussi Max Jacob, André Salmon, Guillaume Apollinaire et se lie d’une grande amitié avec Blaise Cendrars. Il fréquente les académies de la Palette et de la Grande Chaumière et expose pour la première fois en 1912 au Salon des Indépendants. 1913 - Chagall participe au Salon des Indépendants d’Amsterdam. 1914 - Première exposition personnelle à Berlin Il fait un voyage à Vitebsk pour rendre visite à sa famille et à sa fiancée, mais la guerre l’empêche de rentrer en France. 1915 - Il épouse Bella, leur fille naîtra un an plus tard. 1917 - Nommé Commissaire pour les Arts par Lounatcharsky, rencontré à Paris et ministre de la culture et des Arts de Russie. Chagall rêve alors de transformer sa ville natale en centre artistique.
Il dirige ensuite la nouvelle académie d’art de Vitebsk, inaugurée en 28 janvier 1919. 1920 - Chagall quitte définitivement Vitebsk et part s’installer à Moscou où il rencontre Alexeï Granovsky, directeur du théâtre juif Kamerny pour lequel il réalise des décors de théâtre. 1921 - Il est à Moscou avec sa famille et enseigne le dessin dans les colonies d’orphelins de guerre. 1922 - Au cours de l’été, il quitte la Russie et commence à écrire son récit autobiographique Ma vie, qui paraîtra en France en 1931. 1923 - il regagne Paris via Berlin où il s’initie aux techniques de la gravure. A Paris, avec Bella et Ida, Chagall retrouve son atelier à la Ruche mais les toiles qu’il avait laissées avant de partir ont disparu. Il y en avait plus de 150. Elles furent vendues pendant son absence. 1926 - Le marchand d’art Vollard lui demande d’illustrer Les Âmes mortes de Gogol, les Fables de La Fontaine puis la Bible, qui lui donne l’occasion de se rendre en Palestine en 1931. En 1933, a lieu une grande rétrospective de son œuvre.
Chagall séjourne en Hollande en 1932, en Espagne en 1934, en Pologne en 1935 et en Italie en 1937. En 1937, il devient citoyen français. La Seconde Guerre mondiale survient. Chagall et sa famille se réfugient à Blois avant de rejoindre André Lhote à Gordes en Provence. Au cours d’une visite à Marseille, il est pris dans une rafle, puis relâché sur l’ordre du Consul des Etats Unis. Conscient du danger, il quitte la France pour New York via l’Espagne le 7 mai 1941, grâce à l’intervention de Varian Fry, citoyen américain, qui avait pour mission de sauver les intellectuels et les artistes menacés par les nazis. Septembre 1944 - Bella meurt. Les deux années qui suivent sont difficiles. Chagall, solitaire, s’installe dans une petite ferme à quelques heures de New York. il se remet péniblement au travail et crée en 1945 les décors et costumes pour l’Oiseau de feu à l’Opéra de New York, commandés par Balanchine.
En 1946, il regagne Paris pour quelques mois, le temps d’assister à la première rétrospective de son œuvre au musée d’Art moderne, et repart aussitôt pour New York. En 1948, il revient définitivement en France, son atelier est dévasté. En 1952, il épouse Valentine Brodzky et s’installe dans le midi. Il répond à de nombreuses commandes d’Etat, notamment la décoration murale du Parlement de Jérusalem, le plafond de l’Opéra de Paris (1963) et les peintures murales de l’Opéra de New York, mais aussi les vitraux de la cathédrale de Metz, de la cathédrale de Reims et ceux de la synagogue de Hadassa à Jérusalem. En 1970, une rétrospective de son œuvre a lieu au Grand Palais à Paris. En 1973, l’inauguration du musée national Message biblique Marc Chagall à Nice consacre définitivement sa gloire. Chagall meurt à l’âge de 97 ans à Saint Paul de Vence.
Le cirque bleu " Mon cirque se joue dans le ciel. ”
Technique du pochoir
Le pochoir est une technique qui était en vogue au début du vingtième siècle, entre autre dans l'Art Déco. Pour achever des nuances, une méthode ingénieuse, quoique étendue et très compliquée, est découverte plus tard par Jacomet, avec des résultats spectaculaires. Chagall a publié un recueil de treize pochoirs titré Couleur amour en 1957-58. Jacomet a dû travailler sans doute pendant des mois à ce tirage de 320 exemplaires. Le recueil est paru sur papier à forme créé spécialement à l'occasion.
Dima galerie d'art, 22 rue des Rosiers 75004 Paris
Dernière édition par Nine le Lun 27 Avr - 19:13, édité 4 fois
Nine Admin
Nombre de messages: 8763 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: MARC CHAGALL Lun 27 Avr - 18:01
"La terre qui avait nourri les racines de mon art était Vitebsk mais mon art avait besoin de Paris comme un arbre a besoin d’eau." - Marc Chagall
music: Unter dayne vayse shtern "Under your white stars", a prayer-lyric, written by Israeli-Yiddish poet Abraham Sutsever
Dernière édition par Nine le Lun 27 Avr - 18:07, édité 2 fois
Nine Admin
Nombre de messages: 8763 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: MARC CHAGALL Lun 27 Avr - 18:05
"Chagall ? Ivre d’images" - André Malraux
Marc Chagall: The Three Candles, 1938-40, private collection
Nine Admin
Nombre de messages: 8763 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: MARC CHAGALL Lun 27 Avr - 18:38
Dès 1910, Marc Chagall se rend à Paris afin de parfaire son art.
Il s'inspirera alors de la fin du mouvement du fauvisme et de la naissance du cubisme. Si plus tard on dira que Marc Chagall appartient au surréalisme, il n'adhérera à aucun mouvement artistique. Chagall considère Paris comme sa ville adoptive et la peint très souvent, toutefois, même dans ses oeuvres parisiennes, il n'oublie pas ses origines russes car il y insère des éléments de sa vie russe.
Vers 1922, il commence à avoir beaucoup de succès et on rencontre des expositions de Marc Chagall surtout aux Etats-Unis. Mais, étant de confession juive, Marc Chagall souhaite fuir l'antisémitisme naissant et prend la nationalité française en 1935. Malgré cela, il se voit contraint de quitter l'Europe en 1941 pour l'Amérique.
Après la guerre, Marc Chagall revient en Europe afin d'exposer ses oeuvres. Peu avant, en 1922, Chagall fait la rencontre qui bouleversera sa carrière : Vollard, éditeur de livres lui commande des gouaches qui illustre les Fables de La Fontaine ainsi que des illustrations pour la Bible. Dès lors, la création biblique devient le sujet central de ses peintures. Dans les années 1970, Marc Chagall propose ses tableaux bibliques à l'Etat Français qui l'expose par la suite au Louvre.
Concernant le style de Marc Chagall, il faut savoir qu'il s'est inspiré, avant tout de ses rêves. On parle alors de « chromatisme onirique » pour décrire l'oeuvre de Marc Chagall. Au sujet des matériaux employés, vous constaterez vite en regardant son oeuvre que de très différentes techniques ont été employées : gouache, aquarelle, pastel, encre, collage ou encore gravure. Pour terminer, lorsque l'on observe l'étendue de l'oeuvre de Marc Chagall, on se rend compte qu'il a beaucoup peint de vitraux. Plusieurs églises, cathédrales, chapelles ou encore synagogues, en effet, lui en ont commandé.
Songe d'une nuit d'été
D'autres grandes institutions ont été très intéressées par son talent. On pense par exemple à l'Opéra de Paris ou au siège new-yorkais de l'ONU qui lui ont demandé de décorer les lieux. Aujourd'hui, si vous souhaitez admirez les oeuvres de Marc Chagall, sachez que le Musée National Marc Chagall, à Nice, lui est entièrement consacré. chagall
Vous y découvrirez la majeure partie de ses tableaux depuis sa vie à Vitebsk jusqu'à son installation à Vence (en France, dans les Alpes-Maritimes) en 1948.
La biographie de Marc Chagall, pour finir, s'achève le 28 mars 1985 où il décède à Saint Paul de Vence, en France, alors qu'il est reconnu et célèbre partout dans le monde.
Dernière édition par Nine le Lun 27 Avr - 18:56, édité 1 fois
Nine Admin
Nombre de messages: 8763 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: MARC CHAGALL Lun 27 Avr - 18:40
La création, par Chagall.
musée "Message biblique" à Nice. Ne manquez pas de visiter ce musée car les toiles font un mur entier et il est impossible de reproduire les authentiques couleurs de Chagall qui sont si riches.
Qui d'autre que Chagall saurait mieux reproduire la beauté et la richesse de la création.
Scrutez les moindres détails de ce tableau et vous y découvrirez jusqu'aux plus humbles signes d'amour que l'on peut trouver dans le créé :
de l'amour humain (en bas à droite) à la fête (le peuple qui danse en haut à gauche).
Au coeur de l'amour de Dieu pour son peuple, on trouve évidemment l'Ange qui porte Adam endormi (avant la création de la femme, "chair de la chair" (Génèse 2,23) de l'homme?), mais aussi dans la spirale de la création qui brosse l'essentiel de l'histoire de l'homme, on trouve le don de la Loi au peuple hébreu, et le sacrifice du Christ, pierre d'angle de la restauration de la création.
Nine Admin
Nombre de messages: 8763 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: MARC CHAGALL Lun 27 Avr - 18:51
Depuis son enfance où Chagall allait voir les spectacles ambulants des tziganes, le cirque est un thème privilégié de son œuvre. Ce spectacle qui allie la musique, la couleur, les hommes et les animaux, synthétise l'univers pictural de l'artiste.
Nine Admin
Nombre de messages: 8763 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: MARC CHAGALL Lun 27 Avr - 19:10
"L’amour de ma mère pour moi était si grand que j’ai travaillé dur pour le justifier. ”
Dernière édition par Nine le Lun 27 Avr - 23:23, édité 3 fois
Nine Admin
Nombre de messages: 8763 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: MARC CHAGALL Lun 27 Avr - 19:15
LE PLAFOND DE L'OPERA GARNIER
Par Pascaline Vallée •
Si vous avez déjà pénétré dans le temple de la danse et de la musique qu’est l’Opéra Garnier de Paris, vous avez sûrement été impressionné par le faste et l’abondance de ses décorations intérieures. Miroirs gigantesques, femmes-torchères, lampes et tableaux s’entremêlent en une valse dorée. Un peu plus, et vous croiriez entendre résonner dans la galerie le rire d’une jeune danseuse ou le doux murmure de la foule rassemblée à l’entracte… Ces quelques tourbillons dans la tête, vous avez ensuite vu les portes d’une loge s’ouvrir devant vous et vous offrir l’entrée de la salle. Et alors, - oh surprise! - au milieu des dorures et des drapés, s’étale un plafond qui semble un peu anachronique. Peint par Chagall, il diffuse en effet ses couleurs chatoyantes et ses formes étirées sur le classicisme rouge et or de la salle.
Car ce plafond n’est évidemment pas contemporain de la construction du bâtiment. C’est en 1964, près d’un siècle plus tard, qu’André Malraux, alors ministre de la culture, propose à Marc Chagall cette entreprise monumentale. Après de justes hésitations, celui-ci accepte et se lance dans l’immense travail que représente une œuvre de 220m², où les sujets doivent occuper l’espace tout en se liant avec harmonie. Pour ce faire, Chagall décide de partager son œuvre en cinq zones de couleurs, peuplées chacune de compositeurs mythiques plongés dans leur univers.
Cet art de manipuler et de faire jouer les couleurs a d’ailleurs toujours caractérisé le peintre. Révélé à lui-même par la découverte des Impressionnistes et des premiers Expressionnistes de 1900, Chagall poursuit dès lors la libération de la couleur et de la ligne engagée par eux. À vingt-deux ans, fasciné par Paris et sa “lumière-liberté”, Chagall s’y rend, et rencontre Modigliani, Apollinaire et Cendrars, et les acteurs du mouvement Cubiste. Mais jamais, malgré des influences certaines, Chagall ne se laissera enfermer dans quelque catégorie ou école que ce soit, échappant à toutes les conventions selon sa propre fantaisie.
Ainsi, en peignant ce plafond, c’est dans son univers personnel que l’artiste nous invite. Dans ce monde où l’apesanteur règne, évoluent des personnages esquissés, parfois transparents, entourés d’objets disparates. Et toujours se dégage cette impression de vie et de mouvement. Dans un enchevêtrement de courbes, Chagall nous révèle un monde idéal, flottant, sorte de paradis lyrique. Berlioz y côtoie Wagner sur un fond vert peuplé de muses, tandis qu’à l’opposé, dansent autour de Tchaïkovski et d’Adam le célèbre cygne et les danseuses de Gisèle. Entre ces deux zones, s’étirent le bleu de Mozart et Moussorgski, le rouge de Ravel et Stravinsky, et le blanc cassé de Rameau et Debussy. Partout, des éléments - femmes, oiseaux, étoiles cubistes - attirent le regard, fenêtres sur un monde inconnu. Cette myriade féerique entoure par ailleurs Beethoven, Gluck, Bizet et Verdi, placés dans l’anneau central. Ainsi, dans cette disposition centrifuge, Chagall recrée une sorte de cosmogonie des Grands Maîtres.
Si cette œuvre se veut le reflet du monde. Elle reste toutefois une image déformante, révélatrice d’une “nature supérieure” qu’évoque Apollinaire dans ses écrits sur l’art. Lors de l’inauguration, Chagall déclare :
“j’ai voulu en haut, tel un miroir, refléter en bouquet les rêves, les créations, des acteurs, des musiciens, me souvenir qu’en bas s’agitent les couleurs des habits du spectateurs”.
Le peintre a donc su créer un univers en osmose avec le monde qu’il surplombe, et dont il exalte l’essence lyrique.
On se doit par ailleurs, devant cette harmonieuse combinaison de couleurs, d’évoquer les recherches de Kandinsky. En effet, dans Du Spirituel dans l’art, l’artiste russe établit un lien entre l’utilisation des couleurs par le peintre et la manipulation de l’archet par le musicien. Chacun à sa manière, se propose en effet de faire vibrer l’instrument qu’est l’âme du spectateur. Or, quelle œuvre se charge mieux que celle de Chagall d’établir une correspondance entre art visuel et musical?
Œuvre quelque peu contestée à sa création, le plafond de l’Opéra Garnier peint par Chagall est pourtant un exemple de l’entente artistique entre les siècles, et marie avec volupté le monde « classique » de l’opéra et l’univers actuel des spectateurs. Abolissant la frontière entre réel et imaginaire, il fait par là même tomber la barrière des conventions, seul obstacle à l’extase artistique.
Marc Chagall (1887-1985), plafond de l’opéra Garnier, 1964. Crédit photographique : Jean-Pierre Delagarde. Guillaume Apollinaire, Méditations esthétiques, éditions Hermann, 1965.
Nine Admin
Nombre de messages: 8763 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: MARC CHAGALL Lun 27 Avr - 22:48
Les vitraux de Marc Chagall à Reims ont 30 ans
1974 - 2004
L’ensemble des vitraux de cette chapelle a été réalisé en 1974 par Marc Chagall, artiste d’origine biélorusse, qui a grandi au sein d’une famille juive traditionnelle. Avec son style propre, l’artiste contemporain a voulu conserver à l’édifice son exceptionnelle unité, et intégrer sa composition dans l’ensemble séculaire.
Chagall admirait la pure rigueur de Reims, unique pour son unité, mais avec esprit il me disait aussi en ressentir le « caractère officiel » et la froide ordonnance temporelle des cérémonies royales.
La fenêtre centrale évoque les deux grandes figures de l’Ancien et du Nouveau Testament que furent Abraham et Jésus : le sacrifice d’Abraham, figure de celui du Christ, son alliance avec Dieu, sa filiation avec le Christ en croix qui accomplit le salut promis par Dieu. Nous apercevons le Christ sortant vivant du tombeau, dans le rouge de la gloire. Les principaux moments de la vie d’Abraham sont rassemblés dans la partie inférieure de cette fenêtre.
On y voit à droite la vision d’Abraham, Abraham recevant les trois Anges, Abraham et Melchisedech, à gauche le Songe de Jacob, Abraham bénissant Isaac, et le sacrifice d’Isaac. La composition supérieure de cette fenêtre nous montre le Christ en Croix, la Déposition de Croix et la Résurrection.
La fenêtre de droite intègre quelques-unes des grandes heures de Reims : le baptême de Clovis, le sacre du jeune Saint-Louis et de Charles VII en présence de Jeanne d’Arc, prolongent en quelque sorte l’arbre de Jessé dans le Nouveau Testament. A la suite de David et de Salomon, et à l’exemple du Bon Samaritain, les rois doivent, tel Saint-Louis, accomplir leur mission avec justice et sagesse.
La Rosace enfin figure le rayonnement de l’Esprit Saint, entre le Christ et la main de Dieu créateur qui couronne la composition.
La Cathédrale de Reims étant sous le vocable de la Vierge, la fenêtre de gauche représente l’Arbre de Jessé. Toute l’attente de l’Ancien Testament est exprimée dans la fenêtre de gauche. L’arbre de Jessé déploie la généalogie des rois de Juda ; A son faîte, nimbés du vert du renouveau, la Vierge et l’enfant, annoncés par les prophètes situés dans la rosace.
Du flanc de Jessé couché sort la tige génératrice des Rois de Juda, dont le peintre a retenu les trois grandes figures de Saul, de David et de Salomon, et qui s’épanouit pour donner naissance à la Vierge tenant l’enfant entouré du peuple en prière.
La rosace montre les prophètes annonciateurs du Christ couronné par le Chandelier à sept branches, symbole biblique de l’esprit divin.
A la filiation des Rois de Juda, répondent dans la fenêtre de droite quelques grands moments de la vie des Rois de France dont Reims est la cathédrale des Sacres : le baptême de Clovis et le sacre de Charles VII en présence de Jeanne d’Arc. Le registre supérieur de la fenêtre évoque les paraboles du Bon Samaritain et du Royaume des Cieux, données comme exemple aux rois de la terre. La rosace enfin évoque les figures apocalyptique des quatre évangélistes, surmontées de la couronne royale, de la main de justice et de l’épée.
Toujours dans le même esprit, et avec le même souci de conserver à l’édifice son caractère exceptionnel d’unité, Chagall adopta pour cet ensemble un parti de taches colorées sur un grand fond bleu, réunissant les trois fenêtres et modulant de l’une à l’autre les bleus froids aux bleus chauds, suivant l’orientation de celles-ci. Des petites esquisses colorées, où sur une variation de bleus s’inscrivent les taches géométriques des tissus ou des papiers colorés ou découpés, aux grandes maquettes définitives, où la composition s’équilibre, le dessin se révèle et la couleur s’exalte. Chagall réussit un mariage mystique avec l’édifice. Pas question ici d’épouser une forme ou un langage déjà parfaitement dits par les verriers anciens. Loin de toute matérialité, Chagall revit l’impulsion d’une haute époque, par-delà les limites du temps ou d’un espace, librement, spirituellement.
Nine Admin
Nombre de messages: 8763 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: MARC CHAGALL Lun 27 Avr - 22:56
Autoportrait, 1914 Huile sur papier Musée d'art de Philadelphie
Interview historique de Marc Chagall (INA).
Vous savez, "je ne suis pas un fabriquant de tableaux". Marc Chagall
L'homme est âgé, mais il n'y a pas d'âge. La voix est voilée, mais elle n'est pas vieille. C'est une voix emplie d'accents, de pays, de couleurs aussi. C'est une musique qui monte, une sorte de 'cantus firmus', ligne mélodique en notes longues qui ignore les péripéties, les altérations, les ornements, les affectations. Elle est le guide, la lumière du peintre qui se glisse depuis le coeur de son doute jusqu'à la douceur des joies pures. Une voix qui ressemble à ce que son oeuvre a de plus magnifique, ce qui reste quand on croit qu'il n'y a plus rien : l'universalité. Jean-Yves Patte & Patrick Frémeaux
Nombre de messages: 8763 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: MARC CHAGALL Lun 27 Avr - 23:36
La mariée à l'éventail
Nine Admin
Nombre de messages: 8763 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: MARC CHAGALL Sam 23 Mai - 0:05
… l’Art, qui habite la même rue que la Vie, mais en un lieu différent, l’Art qui soulage de la vie sans pourtant soulager de vivre, et tout aussi monotone que la vie – simplement en un lieu différent. Fernando Pessoa
Les amoureux dans le ciel
Nine Admin
Nombre de messages: 8763 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: MARC CHAGALL Sam 23 Mai - 0:16
THEME LISTE DE SCHINDLER ITZHAK PERLMAN Violon
La fenêtre est-elle une ouverture sur le monde ou sur l'image ?
Chagall en fait un objet de recherche qui ne cessera d'être présent dans son oeuvre.
liliane Admin
Nombre de messages: 8416 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: MARC CHAGALL Dim 21 Fév - 21:17
Ce Chagall que Paris veut détruire Pendant longtemps, Nuit d'hiver de Chagall est resté en territoire tchèque, propriété d'un collectionneur privé. Puis deux versions du tableau ont surgi. Laquelle est de trop ? Retour sur une histoire rocambolesque.
19.02.2010 | Vladimir Snidl, Michaela Muzikova | Hospodárské Noviny
Nuit d'hiver, Marc Chagall - gouache sur 66,7 x 51,1 cm, peint en 1929-1930
Comment prouver lequel est le vrai, lequel est le faux ? La police tchèque a du mal à y voir clair. Nuit d'hiver, une œuvre méconnue de Chagall, est restée pendant plus de soixante ans en territoire tchèque, cachée de tous. Aujourd'hui, la justice française affirme que le tableau est un faux et que, conformément à la législation hexagonale, il doit être détruit. L'argument des experts : un tableau identique a été vendu aux enchères à Londres pour la somme de 400 000 livres. "Nous voulons obtenir la confrontation physique des deux tableaux, afin de les évaluer. C'est seulement de cette façon que l'on pourra indiquer lequel des deux est l'original", insiste Petr Kral, inspecteur de la police tchèque.
C'est à la fin des années 1920 que Nuit d'hiver est exécuté par Chagall. Le peintre tchèque Vladimir Sychra (1901-1963) l'acquiert à Paris peu après. "Il l'a acheté directement au peintre. Admirateur inconditionnel de Chagall, il souhaitait avoir en sa possession une de ses toiles", assure Frantisek Nabelek, un membre de la famille Sychra. Le tableau reste ensuite pendant plusieurs décennies chez Sychra, son existence étant connue de seulement quelques spécialistes et amis. Après la mort de Sychra, sa femme en hérite et le conserve jalousement tel un joyau familial.
En 1987, l'affaire commence. "La veuve de Sychra a reçu à cette époque la visite de deux messieurs : Jan Dvorak, un historien de l'art, et Milan Heidenreich, un émigré tchèque. Ils voulaient la persuader de vendre la toile", raconte Emil Celeda, un ancien policier reconverti en marchand de tableaux. Selon Celeda, la veuve, résolue à ne pas se séparer du tableau, aurait toutefois autorisé Dvorak à en prendre des clichés. L'intéressé confirme aujourd'hui cette information. "C'est vrai, il s'agissait d'une toile rare, je voulais donc en conserver une trace. Mais Heidenreich a pris mes négatifs. J'ignore ce qu'il en a fait." Un faux de très grande qualité aurait ensuite été exécuté, vraisemblablement en Allemagne, à partir des photos prises par Dvorak.
Survient le premier mystère : selon Celeda, rien ne permet d'affirmer que Heidenreich soit ait gardé le faux, soit l'ait échangé, chez la veuve de Sychra, contre l'original. Ce qui est sûr, c'est qu'en 1991 il apporte "son" Chagall à Paris, où le Comité Chagall lui délivre une attestation d'authenticité [réunissant les héritiers de Chagall et leurs représentants, ce comité veille à défendre le droit moral du peintre]. "Il est très difficile de faire apparaître la contrefaçon d'une toile telle que Nuit d'hiver. Les couleurs, diluées à l'eau, sont impossibles à dater", commente Celeda. La même année, Heidenreich envoie le tableau à Londres. Il y est vendu aux enchères pour 400 000 livres.
Apparaît alors le deuxième mystère : "Avant que la vente n'ait lieu, Heidenreich meurt dans un accident de voiture, dans des circonstances mystérieuses. Et l'on ignore l'identité de celui qui a encaissé l'argent de la vente aux enchères", affirme Celeda. Mais, entre-temps, la veuve de Sychra est décédée, laissant en héritage à sa famille la toile de Chagall. "En apprenant qu'un tableau identique avait été vendu à Londres, nous avons fait expertiser le nôtre en République tchèque. Or l'expertise a prouvé l'authenticité de notre Chagall à nous", raconte Frantisek Nabelek, un parent de la veuve Sychra. Un collectionneur tchèque achète le tableau et décide en 2003 de le présenter pour expertise au Comité Chagall. "Le Comité déclara qu'il s'agissait d'un faux, exécuté à la même période que l'original", nous précise M. Vyskocil, l'avocat du collectionneur tchèque, qui souhaite garder l'anonymat.
Les Français confisquent alors la toile, s'appuyant sur l'obligation de la détruire en tant que faux. La désapprobation du propriétaire tchèque conduit l'affaire devant le tribunal de grande instance de Paris. "Entre-temps, en République tchèque, nous avons porté plainte. On espère que la police pourra prouver que la toile expertisée par le Comité Chagall en 1991 est un faux", affirme l'avocat Vyskocil. Encore faut-il la localiser. "Nous nous sommes adressés à la maison de ventes aux enchères de Londres et attendons les informations sur l'acquéreur du tableau", précise l'inspecteur Petr Kral. Le tribunal français, lui, attend le résultat de l'enquête tchèque. Pourtant, s'il décide, ultérieurement, que le Comité Chagall doit détruire la toile, la police tchèque sera impuissante. "Si les lois françaises l'autorisent, on ne peut rien y faire", conclut Petr Kral, un responsable de la police tchèque.
PORTRAIT L'étrange monsieur Heidenreich
Ancien pilote de moto, Milan Heidenreich (1938-1991) émigre en Suède dans les années 1960. Il se lie sur place avec des groupes d‘immigrés tchèques - notamment les membres du comité à l'origine de la Charte 77 - et finance des activités dissidentes dans son pays d'origine. La police secrète tchèque commence à s‘intéresser à lui. Dans les années 1980, Heidenreich accepte de collaborer avec elle.
D‘après les archives de celle-ci, il entretient des contacts avec, entre autres, le groupe de musique ABBA, l‘écrivain Pavel Tigrid, personnage important de la dissidence tchèque à Paris, et les joueurs de l'équipe tchèque de hockey sur glace. Après 1989, il revient en Tchéquie, s'investit dans l'art et parvient à réunir une collection admirable de peintres tchèques du XXe siècle. Il meurt en 1991 dans un accident de voiture dont les causes n'ont jamais été élucidées.