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 PHILIPPE JAROUSSKY

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liliane
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MessageSujet: Re: PHILIPPE JAROUSSKY   Lun 8 Fév - 23:30

VICTOIRES DE LA MUSIQUE CLASSIQUE 2010

ARTISTE LYRIQUE DE L'ANNEE



Le contre-ténor Philippe Jaroussky a été sacré ce soir artiste lyrique de l'année
lors des 17e Victoires de la musique classique, retransmises sur France 3 et France Inter
en direct du Corum de Montpellier.
Le falsettiste (chanteur émettant en voix de fausset, de tête),
qui fêtera ses 32 ans le 13 février, est un habitué des Victoires:
révélation en 2004, déjà artiste lyrique en 2007,
il a été récompensé pour son album Carestini en 2008
et participait à l'enregistrement "Lamenti" primé l'année dernière.
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Bridget



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MessageSujet: Re: PHILIPPE JAROUSSKY   Dim 14 Fév - 11:50










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liliane
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MessageSujet: Re: PHILIPPE JAROUSSKY   Jeu 12 Aoû - 16:51

Connaître et apprivoiser sa voix


AFP/JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN


Cela s'appelle un coup de bol : le contre-ténor Philippe Jaroussky a un trou dans son emploi du temps. Un rendez-vous a été annulé entre son retour du Concertgebouw d'Amsterdam, où il s'est produit le 5 juillet, et son séjour à Cologne, du 12 au 19 juillet, afin d'enregistrer un récital d'airs d'opéra de Caldara avec les musiciens de Concerto Köln, qu'il donnera en concert au Théâtre des Champs-Elysées le 1er décembre.

"Jarouss" a donc une heure de libre ce 7 juillet à 11 heures dans un café, près du métro Temple, à Paris. Des vacances dans la vie de ce chanteur d'à peine 32 ans ? "Je n'ai jamais vraiment arrêté de chanter. Je n'ai jamais vraiment pris de vacances, s'exclame-t-il, mais j'ai la ferme intention de faire un énorme break de huit mois en 2013. J'aurai 35 ans et je me poserai la question de savoir comment et pourquoi je continue, à quel rythme, et si j'ai ou non envie de faire autre chose."

En attendant 2013, Jaroussky a développé un système qu'il appelle ses "microvacances", un laps de deux ou trois heures qu'il s'octroie, comme ce lendemain de concert à Amsterdam, où il a pris le temps de visiter le Musée Van Gogh avant de s'étendre sur la pelouse au soleil. "Pour nous les artistes, les vacances sont quelque chose de très subjectif, car on a la chance de vivre de notre passion. Notre rapport au travail est à la fois une nécessité et une drogue."

Pour être en bonne intelligence avec cette passion (dans tous les sens du terme), le chanteur éprouve le besoin de contrôler en permanence cette mécanique de haute précision qu'est la voix. Il prend toujours de nombreux cours avec la professeure de ses débuts, Nicole Fallien. "Même quand je suis en voyage, je l'appelle. Je chante par téléphone et elle me donne son avis. Elle a des oreilles de sorcière !" Le chanteur a aussi des masseurs attitrés, qui pratiquent différentes techniques - "Une heure d'un bon massage équivaut à une semaine de vacances."

Le reste est affaire de discipline de vie, notamment avant un concert. "Je dîne légèrement la veille, en évitant les aliments qui génèrent de l'acidité dans l'estomac. Puis je dors au minimum douze heures d'affilée. Enfin, j'observe la fameuse règle de sécurité du silence : quinze heures pendant lesquelles il ne faut même pas parler."

Philippe Jaroussky a peu à peu appris à connaître et à apprivoiser sa voix, en même temps qu'il apprenait, par elle, à mieux se connaître lui-même. "Ma voix me bonifie. Cela vient peut-être du fait d'être en permanence dans un état vibratoire supérieur à la normale : grâce à elle, j'ai l'impression de prodiguer plus d'attention aux choses et d'être d'une redoutable lucidité. Le plus difficile a été de concilier le moi sur scène avec le moi dans la vie."

Philippe Jaroussky supporte mal d'être l'objet de désirs et de fantasmes. Il voudrait ne pas être aimé seulement pour sa voix, même s'il se dit de plus en plus qu'elle et lui sont au fond indissociables. Au point que la frontière entre l'art et la vie en devient parfois floue. Le chanteur avoue par exemple avoir été déprimé par le rôle-titre d'Il Sant Alessio, de Landi, un rôle de martyr sacrificiel qu'il interprétait en 2007 sous la direction de William Christie.

De même qu'il s'est surpris à de vifs mouvements d'humeur, à force de chanter Néron dans Le Couronnement de Poppée, de Monteverdi, toujours sous la direction de William Christie, au Teatro real de Madrid en mai. "Je ne sais pas si c'était de porter un costume d'empereur, d'avoir exigé le suicide de Sénèque et de m'apprêter à répudier mon épouse Octavie pour Poppée, mais à partir du troisième acte, je me sentais devenir féroce et il m'est arrivé en répétition d'envoyer bouler l'assistant ou le metteur en scène !"

Avec quatre-vingts concerts et quinze programmes différents par an, Philippe Jaroussky a conscience du risque qu'il prend. Perfectionniste, il refuse l'idée de ne pas être toujours à 100 % et de perdre progressivement ce qu'il appelle la sincérité pour céder à une forme de facilité - apathie expressive, tics d'interprétation à l'instar de ces cadences indéfiniment reprises parce qu'on sait qu'elles plaisent au public : "Quand on est un jeune artiste, on veut prouver qu'on peut chanter fort, juste et vite, reconnaît-il. On a peur de trop croire à ce qui nous arrive. Après dix ans de carrière, il y a comme une forme d'épure qui se met en place. On est toujours dans la perspective de s'améliorer - gagner en aigus, en graves, en projection, en qualité expressive -, mais on a accepté d'être un artiste."

Marie-Aude Roux
http://www.lemonde.fr/culture/article/2010/08/12/connaitre-et-apprivoiser-sa-voix_1398296_3246.html#xtor=RSS-3208
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Nine
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MessageSujet: Re: PHILIPPE JAROUSSKY   Dim 22 Aoû - 9:20

VIVALDI
Cantata: Qual per ignoto calle, RV677
II. Aria "Quel passagier son io"

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MessageSujet: Re: PHILIPPE JAROUSSKY   Dim 22 Aoû - 9:27

Ave Regina coelorum
(Andrea Mattioli)

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MessageSujet: Re: PHILIPPE JAROUSSKY   Mer 10 Nov - 23:51

Philippe Jaroussky, Caldara In Vienna




Jaroussky ressuscite Caldara
(Caldara, Philippe Jaroussky, Opéra)
Album disponible sur: http://links.emi.com/CALDARA ...
Philippe JAROUSSKY
- Caldara in Vienna. Parution le 29 octobre 2010.

Trente ans, trois disques d'or consécutifs, des salles combles,
des rappels sans fin... Philippe Jaroussky est LE chanteur que l'on s'arrache aujourd'hui.
Philippe Jaroussky remet aujourd'hui à l'honneur Antonio Caldara, un compositeur jadis célèbre, injustement oublié, dont l'art subtil et virtuose s'accorde parfaitement au sien.

Antonio Caldara est né à Venise en 1671, dans une famille de violonistes.
Comme beaucoup de musiciens talentueux de son époque,
il fût rapidement invité à se rendre auprès des Cours européennes,
Mantoue, Rome, Paris, Vienne enfin,
où il se fixa, comme maître de chapelle de Charles VI.

Caldara composa près de 3000 pièces, dans à peu près tous les domaines.
La maigre discographie ne rend guère compte de cette oeuvre très importante,
à l'exception de quelques pièces instrumentales et de musique religieuse.

Récemment, Max-Emmanuel Cencic et Sandrine Piau
ont enregistré plusieurs jolies cantates profanes.
Toutefois, sur une production lyrique de près de 90 oeuvres,
seule "La Clemenza de Tito" a été gravée au disque,
par une maison italienne très confidentielle.

C'est donc avec une vive impatience que j'attendais
le récital découverte de Philippe Jaroussky, qui a choisi de se concentrer
sur la production lyrique viennoise de Caldara,
la plus fertile, celle durant laquelle naquirent ses grands chefs-d'oeuvre.
Il est intéressant de noter que les arias sélectionnés, tous inédits, s
ont extraits d'opéras que Caldara composa sur des livrets
écrits spécialement pour lui par le grand Métastase :
La Clémence de Titus, Achille in Siria, L'Olimpiade,
Demofoonte, Temistocle, Scipione nelle Spagne, Ifigenia in Aulide,
Lucio Pappiro dittatore, Enone et Adriano in Siria.

Ce qui frappe d'emblée, à l'écoute de ces airs,
est la forte personnalité de l'écriture de Caldara.
Subtilité des ruptures rythmiques, usage habile du contrepoint,
caractère souvent surprenant des développements mélodiques,
Caldara avait du métier, cela s'entend.
A défaut d'avoir la partition sous le nez,
on ne peut mesurer les parts respectives du compositeur et de l'interprète
dans les ornements et les cadences mais, d'emblée,
on en perçoit le raffinement et l'originalité.

La pureté du timbre de Jaroussky et la parfaite mesure de son expressivité
servent à merveille ces airs,
pour la plupart magnifiques
(le "Vado, o sposa" extrait d'Enone, est d'une rare beauté),
qui ne laissent pour seul regret que celui de ne pouvoir découvrir
dans leur intégralité les oeuvres dont ils sont issus.
Mais cela viendra, sans nul doute.

On doit enfin mentionner le soin, assez inhabituel pour l'époque,
notamment dans ce répertoire bien souvent au service du seul chant,
avec lequel Caldara élabore les parties instrumentales.

La direction brillante et nerveuse d'Emmanuelle Haim,
à la tête du Concerto Köln lui rend pleinement hommage.

JEF pour CitéGAY ( http://jefopera.blogspot.com/ )
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Bridget



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MessageSujet: Re: PHILIPPE JAROUSSKY   Ven 19 Nov - 1:37


Philippe Jaroussky, la voix du ciel


Par Thierry HILLERITEAU / Le Figaro

À 32 ans, le contre-ténor est une star en France comme à l'étranger. Son nouvel album dédié à Caldara caracole déjà en tête des ventes.



« Avec Caldara, je voulais montrer que, contrairement aux idées reçues, sa musique viennoise n'était pas composée pour répondre aux goûts de l'empereur, affirme Philippe Jaroussky.

Depuis trois ans, ses disques se vendent comme des petits pains. Son tout nouveau ne déroge pas à la règle: avec 1700 exemplaires écoulés en France dès la première semaine, il est déjà numéro un des charts, devant le CD de Cecilia Bartoli sorti trois semaines plus tôt.

Rien, chez ce tranquille jeune homme à la voix d'or, ne traduit pourtant la «starification» dont il fait l'objet depuis plusieurs années.

Philippe Jaroussky n'a de mots que pour la musique. Une musique à laquelle il n'hésite pas à consacrer aujourd'hui des mois entiers de recherche.
Il est intarissable sur Antonio Caldara, compositeur prolixe mais méconnu de la fin du XVIIe siècle, chez qui il a puisé les treize titres inédits de son album Caldara in Vienna (Virgin).

«J'ai parcouru quarante manuscrits de ses opéras avant de trouver les airs que je souhaitais, explique-t-il.
Au départ, je ne pensais pas lui consacrer tout un album. Je suis juste allé voir chez lui par curiosité, car je voulais faire un disque autour du poète Métastase dont il avait été l'un des tout premiers à mettre les mots en musique.»



Cette quête d'inédits a de plus en plus la cote chez les chanteurs classiques.
«C'est pour nous l'occasion de nous concentrer sur la musique elle-même, sans avoir à subir le poids des interprétations de référence», avoue humblement Jaroussky.
L'occasion, surtout, de maîtriser un programme dans sa conception de A à Z.


La force de ces chanteurs, stars des temps modernes dont il fait aujourd'hui partie, c'est d'avoir su transcender l'interprétation pour faire valoir une personnalité artistique complète, aussi compétente en matière de technique vocale qu'érudite en matière d'histoire de la musique.

«Avec Caldara je voulais montrer que, contrairement aux idées reçues, sa musique viennoise n'était pas composée pour répondre aux goûts de l'empereur, argue-t-il en fin connaisseur. Les airs pour castrats que je chante ont tous été écrits lorsqu'il officiait à Vienne et montrent combien son langage subtil fuyait la séduction immédiate de la virtuosité en vogue à l'époque.»

Direction d'orchestre et création contemporaine


Les débats musicologiques, Philippe Jaroussky y est habitué.
Lui qui découvrit la voix de contre-ténor en chantant par-dessus les disques de la Callas a dû affronter les foudres des nombreux mélomanes qui jugent encore que les voix de mezzo-soprano sont les plus à même de rendre la puissance des grands castrats d'autrefois.

«Je ne pense pas que les rôles de castrats ne doivent échoir qu'à des hommes, je trouve simplement que mezzos et contre-ténors se complètent : la particularité des castrats, ce n'était pas tant leur virtuosité dans l'aigu que ce mélange de force et de fragilité qu'on trouvait dans leurs voix.

De toute façon, on est loin d'en avoir fini avec eux, alors je me garderais bien de trancher le débat.»

Il a pour l'instant bien d'autres projets.
Comme la direction d'orchestre, qu'il pratique à la tête de son ensemble Artaserse (avec lequel on le retrouvera le 11 décembre au Théâtre des Champs-Élysées pour un duo avec Andreas Scholl).

Sans oublier la création contemporaine: en 2012, il participera à la création à Paris de l'opéra de Suzanne Giraud autour du Caravage.

Et aussi des projets transversaux frayant avec le jazz ou la comédie musicale, histoire de rappeler que l'on peut être contre-ténor, spécialiste du baroque, et ne pas se prendre systématiquement au sérieux.

Carte blanche au Théâtre des Champs-Élysées, à Paris, les 1er,11 et 17 décembre, avec une kyrielle d'invités surprises dont l'éclectique quatuor Ébène.


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liliane
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MessageSujet: Re: PHILIPPE JAROUSSKY   Mer 1 Déc - 6:46

Jaroussky, l'ange lucide



Si son dernier disque affiche des airs de « L'Olimpiade », de « La Clémence de Titus » et d'« Iphigénie en Aulide », ils ne sont pas signés Vivaldi, ni Mozart, ni Gluck, mais Antonio Caldara (1). Philippe Jaroussky se propose en effet de faire redécouvrir ce Vénitien installé à la cour de Charles VI à Vienne, où il achève sa brillante existence en 1736. « Je reste étonné qu'un compositeur de ce talent suscite si peu de curiosité. Ses opéras se maintiennent à un niveau souvent supérieur à ceux de Vivaldi et brillent d'une inspiration permanente. Sur la trentaine que j'ai pu lire en partitions, aucun ne fait entendre deux airs similaires. »

De la fureur à la tendresse, cette anthologie d'airs inédits déploie en effet une large palette de sentiments tout en valorisant l'orchestre. Vedette du chant baroque dont le seul nom suffit à remplir les salles, Philippe Jaroussky a l'intelligence de mettre sa notoriété au profit de musiciens oubliés. Il interprète ainsi Jean-Chrétien Bach, Benedetto Ferrari ou des airs méconnus du temps de Mazarin alors qu'il triomphe dans Haendel, Vivaldi ou Monteverdi. « Il est de la responsabilité de l'artiste de ne pas toujours aller dans le sens du public. Avec l'expérience, on sait ce qui plaît. Un air virtuose fera toujours plus d'effet qu'une pièce sacrée plus contemplative. » Et quand on a la chance de disposer d'une voix d'ange et de pouvoir réussir des vocalises diaboliques, quelques numéros pyrotechniques font facilement l'affaire.

Incursion dans le XIX e

Philippe Jaroussky a pourtant surpris en s'intéressant à l'univers secret de la mélodie française (2). Un baroqueux égaré en plein XIX e ? Un compagnon d'armes des héros antiques alangui dans les salons proustiens ! « Je pense qu'on a pu s'étonner de m'entendre chanter français, moi qui suis habitué à l'italien. Evidemment, les enjeux n'ont rien à voir avec l'opéra du XVIIIe siècle écrit pour faire briller les castrats. La mélodie sollicite d'autres expressions, d'autres couleurs et envisage différemment le texte. Il faut rester simple et savoir dire le poème. Mais je dois quand même rappeler que c'est avec les mélodies de Fauré que j'ai appris à chanter. » Il s'initie à la musique avec le piano et le violon, qui lui ont appris la rigueur et lui donneraient facilement l'ascendant sur un orchestre le jour où il déciderait d'y consacrer du temps.

Mais pour le moment, à trente-deux ans, c'est sa voix céleste qui lui offre mille projets parmi lesquels, au Théâtre des Champs-Elysées, trois concerts en décembre, dont un programme Purcell avec Andreas Scholl, autre contre-ténor recherché, et un opéra contemporain la saison prochaine sur un livret de Dominique Fernandez. Lucide, Philippe Jaroussky sait pourtant que la beauté et l'ambiguïté du timbre de contre-ténor, ce chanteur qui investit le répertoire des chanteuses, ne suffisent plus, que « le public désire aussi des artistes qui ont de la présence et peuvent incarner des personnages ». C'est pour ça qu'on l'aime.


(1) « Caldara à Vienne », avec Concerto Köln, sous la direction d'Emmanuelle Haïm. 1 CD Virgin Classics.
(2) « Opium ». 1 CD Virgin Classics.


PHILIPPE VENTURINI, Les Echos
http://www.lesechos.fr/culture-loisirs/sorties/musique/020934828447-jaroussky-l-ange-lucide.htm

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MessageSujet: Re: PHILIPPE JAROUSSKY   Lun 13 Déc - 23:59

Le glorieux mois de décembre
de Philippe Jaroussky

LEMONDE


Voici l'enregistrement de "Lo seguitai felice"
contre-ténor Philippe Jaroussky pour son nouvel album
"Caldara in Vienna".
Ce chef-d'œuvre est disponible sur www.philippejaroussky.fr
ou le site de Virgin Classics.

Philippe Jaroussky est l'un des rares chanteurs capables de remplir
trois fois une salle de 2 000 places en moins de trois semaines.


Ce que confirme le premier concert de la "Carte blanche" que lui consacrait,
le 1er décembre, le Théâtre des Champs-Elysées, à Paris,
et qui continuera les 11 et 17 décembre.

A 32 ans, le contre-ténor "à la voix d'ange" est un musicien accompli
doublé d'un technicien de haut vol.
La voix, pour n'avoir pas une grande projection, est d'une clarté rayonnante :
ronde et souple dans l'aigu, le médium sûr, la virtuosité ardente,
à l'instar de celle des castrats dont le contre-ténor s'est fait le preux défenseur.

Rien ne réussit mieux à Jaroussky que les airs d'élégies ou de lamentos,
où son art de la messa di voce, ce son tenu, filé d'un seul souffle,
qui va s'élargissant de la nuance piano jusqu'au forte pour revenir
sans rupture à son point de départ, fait merveille.

Minois charmeur

Le programme du récital est consacré - à l'exception d'un sublimissime
"Alto giove" tiré du Polifemo de Porpora - à Antonio Caldara (1670-1736),
Vénitien et compositeur d'opéras, comme Vivaldi,
également prolixe (3 000 oeuvres) et comme lui mort à Vienne dans la même rue.

Le disque, Caldara in Vienna, qui vient de sortir chez Virgin Classics, est déjà un succès.
Dans la vie, le musicien est d'une grande courtoisie,
l'esprit vif et l'oeil pétillant, jolies manières et minois charmeur,
avec cette modestie touchante
- il s'étonne toujours, au fond, d'être devenu ce qu'il est.
Idem sur scène, où rien n'indique une récente et triomphale tournée en Allemagne,
qui a consacré de beaux débuts sur la scène de la Philharmonie de Berlin, le 28 novembre.

Car Jaroussky excelle plus que d'autres dans l'exercice du récital.
Il est certes excellemment accompagné par les musiciens du Concerto Köln
(dans le disque, ils sont sous la direction d'Emmanuelle Haïm).
Mais c'est toute l'exigence, la générosité et la probité de l'artiste Philippe Jaroussky
qui nous ferait presque oublier, chemin faisant, que,
si Caldara ne cède pas aux facilités séductrices de Vivaldi,
il n'en possède pas toujours le génie et l'inspiration.
Philippe Jaroussky. Théâtre des Champs-Elysées (TCE),
Paris 8e. Les 11 et 17 décembre à 20 heures. Tél. : 01-49-52-50-50. De 5 € à 95 €.

Sur Arte, récital Caldara diffusé le 26 décembre à 19 h 15.
Sur la chaîne de télévision Mezzo : "Faramondo", d'Haendel, le 15 décembre,
et concert "Jaroussky and Friends", le 17 décembre à 20 heures.
Sur France Musique, retransmission des deux premières "cartes blanches" au TCE :
le 24 décembre, à 12 h 30, et le 3 janvier 2011, à 12 h 30.


Marie-Aude Roux

http://www.lemonde.fr/culture/article/2010/12/03/le-glorieux-mois-de-decembre-de-philippe-jaroussky_1448564_3246.html
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MessageSujet: Re: PHILIPPE JAROUSSKY   Mar 14 Déc - 0:11

Tutto fa nocchiero esparto, from Ifigenia in Aulide (1718)
Antonio Caldara. Philippe Jaroussky


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MessageSujet: Re: PHILIPPE JAROUSSKY   Mar 15 Mar - 20:43

Orlando Furioso
la magie noire



Il aura fallu deux cent cinquante ans pour que le public parisien
découvre l’opéra Orlando Furioso, de Vivaldi.
Les ombres et les sortilèges d’une belle légende envahissent
le Théâtre des Champs-Elysées jusqu’à la folie.

Orlando Furioso: la magie noire

La contralto québécoise Marie-Nicole Lemieux brûle les planches.

La distribution est époustouflante :

Philippe Jaroussky, avec sa voix de cristal est le contre ténor le plus en vue d’aujourd’hui.
La contralto québécoise Marie-Nicole Lemieux brûle les planches
aussi bien vocalement que scéniquement dans une interprétation
travestie fulgurante du célèbre Roland, paladin de Charlemagne.

Quant au maestro Jean Chrisophe Spinosi, mi-corse mi-breton,
il s’était révélé sur cette même scène, dans cette même œuvre donnée en 2003,
alors en version de concert, puis enregistrée dans la foulée pour Naïve.
Il a fallu plus de sept années pour que ce succès du disque classique
revienne en version scénique avec quasiment les mêmes interprètes
au Théâtre des Champs-Elysées.

Que faire de ces airs sublimes et de ces personnages égarés sur l’île bucolique
et enchantée de la sorcière Alcina?
Le metteur en scène libano-anglais de culture française Pierre Audi
les a installés dans un palais vénitien de l’époque de Vivaldi (1678-1741).
Et là, dans une atmosphère d’ombre traversée de quelques lumières,
de noir vêtus, les héros tirés de l’Arioste par Vivaldi se désirent, se déchirent,
s’aiment, se jalousent, se trahissent.
Entre plaintes, passions et douleurs, à coups de serments et de sortilèges,
ils errent sans autre but que d’assumer les pulsions de leurs âmes
et la sensualité exacerbée de leurs corps.

L’existentialisme n’est pas loin.

Rarement les tourments de l‘homme et de la femme modernes autour
d’amours contrariées n’ont été aussi magnifiquement sublimées,
la constance et la fidélité aussi puissamment exaltées :
trois longues heures et demi de magie noire qui laisse le spectateur
scotché sur son fauteuil.
Si vous n’avez pas la chance – c’est complet -
d’assister à une représentation,
vous trouverez votre bonheur en écoutant la version,
avec à peu près les mêmes interprètes, que vient de rééditer la firme Naïve.
Avec :

Marie-Nicole Lemieux, contralto
Jennifer Larmore, mezzo-soprano
Philippe Jaroussky, contre-ténor
Jean-Christophe Spinosi, chef d’orchestre


Orlando Furioso, d’Antonio Vivaldi. Théâtre des Champs-Elysées.
Jusqu’au 22 mars. Tel : 01 49 52 50 50 www.theatrechampselysees.fr

Diffusion sur la chaîne Mezzo en direct le 18 mars et sur France Musique,
le 7 mai.
Représentations à l’Opéra de Nice du 30 mars au 5 avril
et à l’Opéra de Nancy du 22 au 30 juin)

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PHILIPPE JAROUSSKY

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