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 L'HYMNE DE LA FLEUR

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Nine
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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Dim 28 Fév - 12:39

Les femmes sont sur la terre


Recueil: Les contemplations.

Les femmes sont sur la terre
Pour tout idéaliser ;
L'univers est un mystère
Que commente leur baiser.

C'est l'amour qui, pour ceinture,
A l'onde et le firmament,
Et dont toute la nature,
N'est, au fond, que l'ornement.

Tout ce qui brille, offre à l'âme
Son parfum ou sa couleur ;
Si Dieu n'avait fait la femme,
Il n'aurait pas fait la fleur.

A quoi bon vos étincelles,
Bleus saphirs, sans les yeux doux ?
Les diamants, sans les belles,
Ne sont plus que des cailloux ;

Et, dans les charmilles vertes,
Les roses dorment debout,
Et sont des bouches ouvertes
Pour ne rien dire du tout.

Tout objet qui charme ou rêve
Tient des femmes sa clarté ;
La perle blanche, sans Eve,
Sans toi, ma fière beauté,

Ressemblant, tout enlaidie,
A mon amour qui te fuit,
N'est plus que la maladie
D'une bête dans la nuit.

Victor Hugo.
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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Dim 28 Fév - 12:46

Histoire du muguet


Il semble que le muguet aussi appelé lys des vallées, une plante originaire du Japon, soit présente en Europe depuis le Moyen-Age.
La plante à clochettes a toujours symbolisé le printemps et les Celtes lui accordaient des vertus porte-bonheur.



LE TEMPS DU MUGUET

L'histoire du muguet est longue et a évoluée à travers le temps,
mais il reste un symbole et est toujours associé au mois de Mai.

Les Celtes fêtaient au début du mois de mai, le premier jour de l’année.
Pendant cette célébration, ils honoraient le muguet pendant les festivités.

Puis au Moyen Age, comme Mai annonçait les fiançailles,
le muguet changea de signification,
jusqu'à ce qu'on l'accroche au dessus du seuil de sa bien aimée.

Puis à la Renaissance, Charles IX remet en avant cette coutume.
Mais cette tradition ne reste pas fixée,
car le 1er mai devint le seul et unique jour où l'on utilisait le muguet
grâce à une coutume née dans le milieu de la mode.
En effet, le premier de ce mois,
les petites mains recevaient de la part des couturiers,
un brin de muguet, garantissent le bonheur.

La fleur est aussi celle des rencontres amoureuses.
Longtemps, furent organisés en Europe des "bals du muguet".
C'était d'ailleurs l'un des seuls bals de l'année où les parents
n'avaient pas le droit de cité.
Ce jour-là, les jeunes filles s'habillaient de blanc et les garçons
ornaient leur boutonnière d'un brin de muguet.

Les ouvriers s'approprièrent cette coutume et le brin de muguet
devint le symbole de la fête du travail et du premier mai.
Il n'est pas rare de voir les français acheter quelques brins de muguet
dans la rue ou chez les fleuristes à cette occasion,
que cela soit pour leurs amis ou une petite composition pour leur bien aimée.



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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Jeu 4 Mar - 11:28

Le Coquelicot
Yves Jamait




Le coquelicot de ta bouche
Effleure le grain de ma peau
Dès que son pétale le touche
Comme des mots
Comme des mots éclos de ta bouche
Colorant le grain de ma peau
Ce sont tes baisers qui font mouche
Rouge la peau

Un soleil impudique de lumière éclabousse
La soie de cette robe que du doigt je retrousse
Mes mains qui papillonnent sur ton ventre composent
Cette même harmonie que ton souffle transpose
L'envie de croquer dans la chair de ce fruit là me tente
Mes tes yeux malicieux me regardent et m'invitent à l'attente, pourtant

Le coquelicot de ta bouche
Effleure le grain de ma peau
Dès que son pétale le touche
Comme des mots
Comme des mots éclos de ta bouche
Colorant le grain de ma peau
Ce sont tes baisers qui font mouche
Rouge la peau

Mais tu oscille entre pudibonde et gourgandine
Retirant cette étoffe qui voilait ma rétine
Je balbutie un peu avant de fermer les yeux
Invité au voyage bien au-delà de six cieux
Puis tu poses ton doigt sur mes lèvres et m'incites à me taire
Et je sens tes cheveux sur mon ventre et je me laisse faire

Le coquelicot de ta bouche
Effleure le grain de ma peau
Dès que son pétale le touche
Comme des mots
Comme des mots éclos de ta bouche
Colorant le grain de ma peau
Ce sont tes baisers qui font mouche
Rouge la peau

S'il n'y a plus de mots sur le bout de nos langues
Que le verbe nous manque, l'amour en est plus beau
Le coquelicot de ta bouche
Effleure le grain de ma peau
Dès que son pétale le touche
Comme des mots
Comme des mots éclos de ta bouche
Colorant le grain de ma peau
Ce sont tes baisers qui font mouche
Rouge la peau


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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Jeu 4 Mar - 11:31

LE COQUELICOT DU DIMANCHE

... C'est un dimanche comme tant d'autres
Qui déjà me vide le coeur
Une petite bête noire se vautre
Impunément sur mes humeurs
J'ai la déprime à fleur de peau
Et l'automne dans les entrailles ...


yves jamait

... Le vois-tu venir mon amour
Ce dimanche avec sa gueule moche
Ce cancrelat qui tourne autour
De ce jour triste comme un son d'cloche
Oh temps suspends mes heures de vol
Et couvre mon coeur de patine
Quand la déprime me racole
Que ses maux de passe me chagrinent
Entends-tu la marche funèbre
De cette semaine qui crève
A cette détresse une trêve
Poser ma bouche sur tes lèvres ....


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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Jeu 4 Mar - 11:41

Elle ne voit que du rouge, coquelicot c'est son nom ...
la fleur du BLues




La première fois que je l'ai vue
Elle dormait, à moitié nue
Dans la lumière de l'été
Au beau milieu d'un champ de blé
Et sous le corsage blanc
Là où battait son coeur
Le soleil, gentiment
Faisait vivre une fleur
Comme un petit coquelicot, mon âme
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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Jeu 4 Mar - 12:24

LA LEGENDE DU COQUELICOT



Il était une fois ...

Une mère était partie la recherche de son fils disparu.
Elle marcha, marcha pendant des jours entiers.
Avec le temps, ses souliers se sont usés si bien qu 'un matin,
elle les abandonna sur le bord d un ruisseau pour continuer sa route les pieds nus.

Un morceau de bois lui coupa le pied gauche,
laissant ainsi une trace de sang, à chacun de ses pas,
comme une trace de son voyage.
Elle traversa plaines et montagnes durant des jours, des mois, des années.
Avec le temps, le sang sécha et se transforma en une belle fleur rouge que l on appelle
coquelicot

Aujourd'hui, ont peut encore voir tout le chemin que cette brave femme
a parcouru pour rechercher son fils,
en observant les champs de Coquelicots dans le paysage sur la planète Terre.

*******************
Historiquement ce conte ressemble à celui de la mythologie Grecque :

Une légende raconte que Déméter, divinité agraire,
restait inconsolable de la perte de sa fille, Perséphone.
Celle-ci avait été enlevée par Hadès, dieu des Enfers.
Déméter obtint de Zeus que sa fille revienne sur terre sous forme d’une fleur.
Ce retour est désormais marqué par la floraison des coquelicots,
dont Déméter buvait les décoctions pour apaiser son chagrin lié a la perte de sa fille.





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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Jeu 4 Mar - 13:19

le coquelicot a fait chanter
les poètes francophones
.




Ou francophiles, ainsi que le Maître italien Angelo Branduardi,
auquel on doit cette délicate ciselure, je ne résiste pas au plaisir
de vous en livrer quelques pétales :

Coquelicot dans la récolte

Chaude nuit des étés passés tu as grandi déjà
les grands feux se sont allumés
au lit des champs couleur de joie

Coquelicot dans la récolte
demain demain bouquet tu seras
et curieuse tant et plus
tu cherches qui te cueillera

Ils retournent tous dans les champs
en farandoles pour t'émouvoir
jusqu'à l'aube tu surveilleras leurs feux
et jusqu'au soir

Coquelicot dans la récolte
demain, demain, bouquet tu seras
et curieuse tant et plus
tu cherches qui te cueillera

Tu es la branche plus belle et ils sautent pour t'avoir
tu es la pomme nouvelle
qu'ils mordront sans le savoir
Coquelicot dans la récolte
demain, demain, bouquet tu seras

et curieuse tant et plus
tu cherches qui te cueillera...

Angelo Branduardi
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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Lun 22 Mar - 12:47

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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Jeu 1 Avr - 0:43

LE TOURNESOL



LA LEGENDE DU TOURNESOL

On dit qu’il y a des milliers d’années,
le monde était partagé entre le Soleil (le jour) et les Etoiles et la Lune (la nuit).

Ainsi donc, la Terre connaissait une partie dominée par les ténèbres
et une autre maîtrisée
par le Soleil (la Lumière).
Mais le fort désir de la Lune était que l’obscurité puisse vaincre,
de cette manière elle allait
devenir la maîtresse de la Terre, tandis que le Soleil serait asservi.

Par conséquent, entre la Lune et le Soleil, éclata la guerre.

Le Soleil avait une fille qui s’appelait Hélianthe.
Mais elle ne ressemblait pas aux autres de son âge,
pas seulement grâce à sa beauté sans pareille mais surtout à sa vaillance.
Elle proposa donc à son père de lutter l’un près de l’autre contre la Lune.
“ Nous devons vaincre ” - dit-elle, sinon nous serons enveloppés par les ténèbres.
“ J’en suis d’accord ”, répondit le Soleil inquiet. “
Mais n’oublie pas que je suis vieux et
qu’il me manque la force de lutter. De plus,
elle a aussi de son côté les Etoiles et leur victoire est presque assurée ”.
Mais c’est moi qui vais lutter près de toi ”, l’encouragea Hélianthe.
“ Non ma fille - C’est trop dangereux
et de toute façon nous n’aurons aucune chance de réussite ”, ajouta son père.

N’écoutant pas son conseil, Hélianthe participa au combat comme un homme.
A la suite d’une bataille acharnée, le Soleil fut déclaré victorieux.
C’est alors que sa fille révéla son beau visage.
La Lune vit ainsi que son vainqueur avait de
longs cheveux blonds comme les épis d’or,
flottant sur ses épaules et de très beaux yeux noirs.
Furieuse, elle lui lança un sortilège :

“ Que tu sois à tout jamais une plante,
que “ le Tournesol ” devienne ton nom
et quand il fera soleil que tu regardes toujours vers ton père ” !

A cause du maléfice de la Lune, la fille se métamorphosa en une fleur de toute beauté.
Ses cheveux blonds se transformèrent en grands pétales jaunes
et ses yeux noirs en semences.

Et jusqu'à nos jours, le sortilège n’a pas été rompu.
Hélianthe, métamorphosée en fleur,
regarde encore et toujours vers son vieux père
le Soleil.


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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Dim 4 Avr - 0:42

L'INTERIEUR DE LA ROSE



Où est, pour cet intérieur,
Un palpable contour ? Sur quelle douleur
pose-t-on cette gaze ?
Quels ciels reflètent
dans le lac intérieur
de ces roses écloses,
insouciantes, vois :
comment elles reposent
dans le délié des choses,
comme si la main qui tremble
ne pouvais les effeuiller.
Elles peuvent à peine
se tenir ; beaucoup se laissèrent
combler et débordent
d’espace intérieur
dans les jours qui toujours
plus plein se closent
jusqu'à ce que l’été devienne chambre,
une chambre dans un rêve.

RAINER MARIA RILKE
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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Mer 7 Avr - 23:28

Vert Paradis


(extrait)

Un vieux jardin cerclé de murets chargés d'ans, tout frémissant d'abeilles,
laissé à l'abandon,
riche d'herbes variées et d'arbres sombres qui est le paradis des oiseaux.
Il y sont les maîtres. Et ce n'est pas le moindre parfum de ce lieu merveilleux
où le seul chant du rossignol suffit à rendre plus beau et plus profond
un silence d'herbes où bronzent, dans un rayon d'or, la mouche bleue, la guêpe et le taon.
C'est une vie pleine de merveilles comme celle de jadis au fin fond de notre mémoire.
La musique du silence et celle de l'oiseau restent en dehors du temps.

Mais lorsque revient la nuit sur le monde,
c'est encore l'oiseau du jardin qui va chanter.
Vie, seule présence dans l'ombre épaisse,
le ruisseau dévale de son eau chantante,
comme pour l'enluminer à la clarté de la lune.
C'est la fraîcheur de la feuille qui boit la nuit,
le reflet de l'arbre percé par les rais humides du ciel.
Soutenu au fin fond du firmament par le grand souffle,
lent et puissant de la terre, le chant des grillons est l'adagio des ténèbres,
le chant surgi du coeur de toute chair vivante,
et qui rassemble la paix de la voûte étoilée.

Bientôt au lac voisin chantera le coeur des reinettes et celui du peuple de l'eau.
Viendra l'ombre toute frissonnante de ce chant.
Quel pas saura être suffisamment léger pour courir sans bruit
sur le fil de l'herbe souple et s'enivrer de la voix du chanteur,
sans couper ni rompre un tel enchantement lunaire ?

Je me souviens d'une nuit si claire où nous allâmes manger des cerises
sur un arbre aux feuilles luisantes.
les crêtes de l'herbe scintillaient sous la belle lumière de la lune.
Dans le jardin voisin, voix solitaire et aussi pure que le ciel,
le rossignol disait toute l'émotion de sa chair.
Les cerises étaient fraîches comme le gel. Le temps n'existait plus.
Nous étions perdus dans un monde de songes,
encerclés par ce fil lumineux et sombre par endroits,
ruisseau de chant coulant dans la nuit.

Max Rouquette Verd paradis (en occitan)
CRDP Montpellier 1993
Traduction : J. G. Riquelme


Max Rouquette (1908-2005) est le poète montpelliérain
qui a redonné ses lettres de noblesse à la poésie occitane
et a suscité son renouveau.
Grâce à lui, l' Occitanie peut s'enorgueillir d'une production poétique
très riche et de grande qualité.
Verd paradis est son oeuvre la plus connue :
il y retrace le paradis de l'enfance en communion avec la nature.
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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Sam 10 Avr - 21:00

Les Roses de Saadi



J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir.

Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées,
Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée...
Respires-en sur moi l'odorant souvenir.

Marceline DESBORDES-VALMORE
Poésies posthumes (1860)
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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Lun 3 Mai - 11:35

Il sera ici question d’un magicien
qui donne vie à de belles Anglaises


Vous savez de ceux qui ont des foulards de soie plein les poches
et sortent des colombes et des lapins blancs de leur chapeau.
Il s’appelle David
non pas Copperfield, bien qu’il ait de grandes espérances,

David Austin.



Comme tous les magiciens, il vit dans un endroit très loin d’ici,
au nom difficile à prononcer —Wolverhampton, dans une maison au milieu des bois.
Et véritablement comme par magie,
chaque matin des centaines de fleurs apparaissent sous ses pas.
On dit de lui qu’il a les pouces verts mais moi je sais bien qu’en vérité
il a des doigts de rose, comme l’aurore.

Voici son histoire telle qu’elle m’a été rapportée.

Il était une fois le fils d’un laboureur …

Monsieur Austin Père était cultivateur en Angleterre
et possédait de belles et bonnes terres à blé.
Son fils, notre David, en bon Anglais, aimait les roses dans le secret de son cœur.
Las, point de fleurs dans les champs de blé…

Un beau matin, David s’essaya à planter quelques pieds de roses
dans un des champs paternels.
Puis par un autre jour d‘été, il prit un pinceau et tenta de marier ses roses
avec d’opulentes, froufroutantes et somptueuses créatures.
Elles portaient des noms délicieux, de courtisanes ou de sultanes,
La Rubanée, Belle de Crécy, La plus Belle des Ponctuées ou Perle des Panachées …
La magie opéra, de leurs amours naquit une rose merveilleuse,
ronde et divinement tournée dans ses atours satinés.

Il venait de découvrir les roses anglaises.
Le lendemain, il se reposa car Dieu ne fit pas la Terre en un jour …

David avait un but avoué,
retrouver l’alchimie qui faisait les roses si parfumées et si pleines de grâce.
Dans ces temps-là, la mode était aux fleurs raides et étroites,
perchées sur de longues tiges maigres, les roses de fleuristes,
dénuées de toute senteur, aux couleurs «métalliques et criardes» (je cite David).

La grande époque des roses françaises était bien passée et on ne trouvait
plus leurs corolles chiffonnées qu’au hasard des vieux jardins de curé,
antiques rosiers aux façades des maisons de pierre
et dont l’odeur de juin fait tourner la tête.

Remontons un peu le temps.

Au 19e siècle, la France s’enorgueillissait de produire les plus belles roses.
Dans une époque de cocottes et de demi-mondaines,
leurs corolles imitaient la lingerie fine, ondulées et volantées,
délacées et rougissantes.

Leur teint d’opale, leurs parfums capiteux faisaient faire des folies
à des hommes engoncés dans leurs faux-cols et leurs fracs de drap noir.
Des hommes d’église, perdant toute retenue, délaissaient leur ministère
pour s’adonner à cette coupable passion,
créer des roses scandaleusement parfumées et désirables,
aux lourds pétales d’une douceur de peau, portant des noms de femmes évocateurs
(comme la célèbre Cuisse de nymphe émue).

La maison Guillot, créée en 1829, fut un des fleurons de cette folie douce,
créant des roses à perdre haleine.
Leur catalogue fait penser à l’annuaire d’un pensionnat de jeunes filles
ou à quelque bal des débutantes.
Elisa Boëlle, Emmanuella de Mouchy, Cecile Brunner, Laure Davoust,
Ghislaine de Féligonde et autres Zéphirine Drouhin
vivent pour l’éternité dans ces fleurs exceptionnelles à qui on donna un jour leur nom.

Puis la folie s’éteignit, les «rosomanes»
comme on appelait les fous de roses sombrèrent dans l’oubli.

David voulait juste retrouver cette débauche des sens,
ces roses si belles et si parfumées, d’une beauté si fatale.
Que peut-il se passer dans la tête d’un respectable Anglais ?
On les sait légèrement excentriques.
Ils peuvent faire la guerre pour une rose.
Lui voulait rendre la vie plus belle avec ses fleurs.

Sa première création fut donc un rosier du nom de Constance Spry,
une splendeur au parfum de myrrhe, croisement entre Dainty Maid,
rosa multiflora moderne et Belle Isis, rosa gallica.
Ce fut la première rose anglaise de l’histoire.
Bien d’autres devaient suivre.

***********************

L’histoire est belle mais si vous voyiez les roses…
Une débauche de pétales en satin de soie,
mollement disposés en coupe avec des bords chiffonnés
et ourlés comme un jupon de marquise
(sachez qu’une rose dite moderne compte 20 à 30 pétales
quand les roses anglaises en ont au moins cent).
Des couleurs aux délicatesses de porcelaine de Chine et qui privilégient
toutes les déclinaisons autour du rose parce que
« le rose est la vraie couleur des roses »
(je cite) …

Leur palette est celle d’un peintre fou d’amour :

du rose le plus pâle, imperceptible frisson d’incarnat posé sur un nuage de crème,
au rose carminé le plus vif en passant par des nuances de coquillage,
de dragée, d’aube, de lait à la fraise.
Des rouges ponceau, sombres et veloutés comme un rideau de théâtre.
Des cramoisis somptueusement lumineux.
Les blancs les plus purs, les plus laiteux, parfois à peine ombrés d’une touche de fard.
Des senteurs à faire pâlir Sheherazade et tous les jardins du prophète.
Leur fond est toujours ce merveilleux parfum de rose ancienne
mais chacune a sa particularité.

Ma préférée Abraham Darby,
au coeur abricoté qui se noie doucement dans un rose de chair,
sent véritablement l’abricot mûr, une senteur fruitée qui embaume les soirs d’été.
Ses fleurs sont immenses et les abeilles aiment à se perdre
dans l’étourdissante pénombre de ses corolles diaprées.
Heritage, parfait coquillage d’un rose de nacre, libère des arômes citronnés,
le citron frais et doux de ces eaux de cologne espagnoles qu’on trouve en Andalousie.

Evelyn, grande fleur d’un rose chaud infusé d’or,
a un parfum si fort et si délicat de rose et de mangue
qu’elle a été utilisée par un parfumeur.

Othello, aux sombres pétales de velours presque noirs,
comme empourprés de sang et qui fanent d’un mauve si délicat,
a ce parfum puissant, poivré, presque suffocant qu’on ne respire
qu’au cœur des roses les plus rouges.
Parfum de passion qui vous emporte.

Sweet Juliet, Othello, Golden Celebration,
Abraham Darby, Heritage, Sharifa Asma…
j’ai depuis longtemps des roses anglaises dans mon jardin
et j’attends chaque année avec impatience l’époque des premiers boutons
comme un cadeau à chaque fois renouvelé.
Comment imaginer que ces tristes morceaux de bois noir
vont donner vie à ces Merveilleuses aux robes couleur du temps ?
S’il ne s’agit pas là de magie, je ne crois plus en rien…

*******************

Notice technique
(il le faut bien !)

La création des roses se fait avec un pinceau, comme un tableau de maître.
Le créateur, nommé hybrideur,
prend quelques grammes de pollen d’une rose A et les dépose
avec délicatesse sur le pistil de la rose B.
Il met le tout sous cloche et sème ensuite les graines de cynorhodon (fruit du rosier)
issues de cette union pour créer de nouvelles roses.
Les bébés se développent diversement et seules quelques roses retiendront l’attention.

Voici résumé très brièvement le travail de créateurs comme David Austin.
Sachez toutefois que cela prend jusqu’à sept longues années
avant de voir apparaître la merveille, la rose parfaite.

Les roses anglaises allient les qualités des roses historiques
(parfum, beauté, nombre de pétales) aux avantages des roses modernes
(vigueur, résistance aux maladies et aux parasites).

Elles offrent de plus un très gros avantage, elles « remontent »,
c’est-à-dire qu’après leur première floraison,
elles refleurissent encore plusieurs fois, parfois jusqu’à Noël.
Là où les roses anciennes ne fleurissent la plupart du temps qu’une seule et fabuleuse fois.
Il suffit de couper les fleurs fanées et les tiges refont des boutons.

David Austin continue de produire et de créer des roses en Angleterre.
On les trouve dans beaucoup de jardineries (Truffaut, Delbard, Jardiland).
Il vend également sur catalogue, une pure merveille sur papier glacé,
envoyé gracieusement sur demande.
Les vendeurs parlent français.

Son site web :
http://www.davidaustinroses.com/french/Advanced.asp

seul EMILE ZOLA peut conclure en beauté :

« Autour d’eux les rosiers fleurissaient.
C’était une floraison folle, amoureuse, pleine de rires rouges, de rires roses,
de rires blancs. Les fleurs vivantes s‘ouvraient comme des nudités,
comme des corsages, laissant voir les trésors des poitrines.
Il y avait là des roses jaunes effeuillant des peaux dorées de filles barbares,
des roses paille, des roses citron, des roses couleur de soleil,
toutes les nuances des nuques ambrées par les cieux ardents.
Puis les chairs s’attendrissaient,
les roses Thé prenaient des moiteurs adorables,
étalaient des pudeurs cachées… »

(La faute de l’abbé Mouret).

superbe livre qui se passe au Paradou, quelque par en Provence,
terre chère à mon coeur.

Merci à Monsieur de Furetière (1619-1688)
dont le Dictionnaire recèle tant de joyaux versicolores.
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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Mar 4 Mai - 0:18

LE JARDIN DES ROSES
PAR AUSTYN


Il ne crée pas de roses mais des chansons ..

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MessageSujet: Re: L'HYMNE DE LA FLEUR   Mer 12 Mai - 2:09

FLEURS ET BULLES

Les Fleurs d'Hibiscus sont 100% naturelles et sont cueillies
à la main en Australie.

Découvrez le charme de cette fleur, qui,
lorsque vous verserez du champagne dessus,
se déploiera lentement au fond de votre flûte au contact des bulles.
Admirez et dégustez la fleur ...
un raffinement extrême !



Une fleur d'hibiscus s'épanouissant dans une jolie coupe de champagne
c'est magique.
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L'HYMNE DE LA FLEUR

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