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 CHRISTIAN LACROIX

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Nine
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MessageSujet: CHRISTIAN LACROIX   Ven 17 Oct - 13:12

Christian Lacroix est un grand couturier français (né en 1951). coeur



En 1951, le 16 mai, il naît à Arles, en Provence dans une famille très portée sur l'élégance vestimentaire et la mode. Enfant, il rêve de voyages : Barcelone, Venise, Londres, etc. Il découvre dans le grenier de ses grands parents maternels des volumes reliés de La Mode Illustrée de 1860.

En 1969, passionné d'art, il entreprend des études d'histoire de l'art à la faculté des Lettres de Montpellier. Il participe à des groupes informels d'esthètes originaux et découvre le couturier Jean Bouquin de Saint-Tropez.



En 1971, il poursuit ses études à la Sorbonne à Paris puis à l'École du Louvre pour devenir conservateur de musée. Il rencontre Jean-Jacques Picart, attaché de presse pour de nombreuses maisons de luxes dont Hermès, Guy Paulin et Jean Patou qui lui ouvrent leurs portes. Il rencontre également Françoise, sa future femme, qui le soutient lorsqu'il décide de se lancer dans la mode. En 1981, il entre chez le grand couturier Jean Patou

La Provence, les Cévennes (Tarabias), l'Espagne, Venise, Londres les traditions Gitanes, les corridas, la Camargue, les couleurs chaudes, les costumes et traditions du XVIIIe siècle du XIXe siècle et XXe siècle, les contes de fée l'inspirent. Ses créations sont des mélanges insensés de style qui plaisent. Il reçoit aux États-Unis l'Award du créateur étranger le plus influent. love



En 1987, il ouvre alors sa propre maison de couture Christian Lacroix avec l'appui de la société de luxe Louis Vuitton Moët Hennessy SA, numéro un mondial du luxe dirigé par Bernard Arnault, et réalise son premier défilé de haute couture sur le thème de la Camargue, et d'Arles. Il est également nommé directeur artistique de la maison de couture Florentine Emilio Pucci.



Christian Lacroix dessine aussi des costumes de scène d'opéra et de théâtre pour la création de Tarnished Angel à l'Opéra de Paris, Chantecler, Les Noces de Figaro, Carmen, Phèdre, Cassandre, Othello, Don Juan, Les Enfants du paradis, Cyrano de Bergerac, Bérénice, Cendrillon, ect.

Dès 1988, il lance une collection de prêt-à-porter de luxe inspirée par le métissage des cultures.

En 1995, il crée une ligne de linge de maison, draps et éponges à laquelle il ajoute en 1998 une ligne de porcelaine, d'orfèvrerie et de cristal, d'assiettes, de tasses à déjeuner, de verre, d'objets de décors, etc.

En 2000, il organise la signalétique de l'exposition La beauté en Avignon et confirmant son intérêt pour le design, il crée l'habillage des voitures du TGV Méditerranée. L'année suivante, il dessine le timbre de Saint-Valentin émis par La Poste.



Ses activités de création se diversifient, en 2004, il lance une première collection pour homme, crée des uniformes d'Air France et des illustrations du Petit Larousse. En 2005, il décore l'hôtel parisien du Petit Moulin et propose un nouveau design des voitures du TGV.

En janvier 2005, suite à un désaccord sur la stratégie de développement de la maison Christian Lacroix entre Christian Lacroix et Bernard Arnault, et à des résultats chroniques jugés insuffisants par ce dernier, Bernard Arnault décide de vendre la maison de couture au groupe Falic Group pour un montant non communiqué. Le PDG de la maison de couture Geoffroy de la Bourdonnaye affirme que rien ne va changer dans l'activité de la maison Christian Lacroix.



La société Falic Group, des trois frères Falic, est une filiale basée en Floride de Duty Free America numéro deux de la distribution en boutique hors taxe aux États-Unis et leader en Amérique du sud.

2006 Christian Lacroix est président du conseil d'administration du centre national du costume de scène, inauguré le 1er juillet 2006, à Moulins dans l'Allier

Source : fr.wikipedia.org/.../ikipedia.org/wiki/Christian_Lacroix

lien a regarder absolument wink3

http://www.christian-lacroix.fr/francais/biograph/bio.htm


http://www.christian-lacroix.fr/


:sunny: CHRISTIAN LACROIX AU MUSÉE RÉATTU en Arles Du 17 mai pour la nuit des musées, au 31 octobre 2008

Christian Lacroix investit le Musée de son enfance : De mai à octobre 2008, le Musée emblématique de la Ville d’Arles, invite un des plus célèbres arlésiens, Christian Lacroix, à revisiter plus de 2.000 m2 du fameux Palais Renaissance.

Sous ses mains habiles et créatrices, Christian Lacroix met en scène les collections anciennes et contemporaines des artistes Réattu, Picasso, Clergue, Alechinsky, Zadkine….et d’autres artistes complices (Othoniel, Firman...) ainsi que ses propres créations objets, costumes, éclairages, sols "cousus mains" ... sur la thématique autour du corps, du pli, de la chevelure et du mode de "l’incursion-excursion".

Le Musée Réattu se transforment dès lors en atelier vivant, en laboratoire où chacun pourra vivre sa propre expérience artistique, instruire ses cinq sens, en associant patrimoine et modernité, naturel et culturel, émotion et innovation…Un événement exceptionnel, un vagabondage signé Christian Lacroix ! :malelovies:

Un blog que j 'aime bien heureux

http://paris.blog.lemonde.fr/2008/03/20/graphic%E2%80%99-christian-lacroix-histoires-de-mode-au-musee-des-arts-decoratifs/

MANITAS DE PLATA UN HOMMAGE A DON PABLO PICASSO, une musique aux couleurs d'ARLES ... en souvenir de Christian Lacroix :star:


Découvrez Manitas De Plata!


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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Ven 17 Oct - 13:17



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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Ven 17 Oct - 13:23



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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Sam 18 Oct - 14:41

Merci Nine pour ces informations sur celui que l'on appelle :

Le petit Mozart de la mode.

merci
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mer 28 Jan - 13:19

Fidèle à ses origines, Christian Lacroix a présenté une collection printemps-été 2009 très arlésienne.


Les robes aux imprimés pois, rayures ou fleuris sont courtes et légères et les pantalons brodés d’or assortis d’un boléro confèrent une allure de toréador à la femme Lacroix.



Comme fil conducteur, le créateur a mis en scène sa fleur fétiche ! De gigantesques œillets brodés sur des robes et des vestes ou imprimés sur des tissus noirs accompagnent chaque tenue.

A l’honneur également chez Lacroix pour ce printemps-été: le nœud. Plaqué dans la nuque des modèles, arrangé avec un foulard autour du cou ou encore placé en succession sur une jupe. Une collection prêt-à-porter très couture.
Aurore Charlot ELLE


> Voir le défilé en vidéo

http://www.elle.fr/elle/mode/les-defiles-de-mode/printemps-ete-2009/femme/paris/defile-christian-lacroix/defile-christian-lacroix/(gid)/728537

Christian Lacroix nous présente sa nouvelle collection au sein du jardin des tuileries à Paris. c’est un retour aux broderies qui parent les bustiers et les pantalons. Collection graphique et fleurie qui nous rapelle les origines provençales du créateur.




coeur flower
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Jeu 19 Fév - 23:46

Exposition « Christian Lacroix, costumier »
au National Museum de Singapour


Organisée par le Centre National du Costume de Scènes
du 20 Mars au 14 Juin 2009

Cette exposition a reçu le soutien de l’ambassade de France à Singapour.

Le grand couturier Christian Lacroix, reconnu pour avoir marqué de son empreinte la tendance des années 80 avec ses couleurs chatoyantes et de ses ornements extravagants, présente, lors de cette exposition exclusive, vingt ans d’une splendide collection de costume créés pour le ballet, le théâtre et l’opéra.



Présenté par The New York Times comme "un couturier inimitable pour son flair théâtral", Christian Lacroix est célèbre pour des modèles qui jouent avec les couleurs chaudes de la région méditerranéenne, des tissus expérimentaux et des formes élaborées qui portent les symboles de nombreuses cultures et de folklores qui n’ont cessé de le fasciner depuis sa jeunesse.



L’inspiration de Lacroix pour des œuvres telles que Carmen, La Gaîté parisienne, Othello, Cosi Fan Tutte ou encore Phèdre est tout à fait éclectique, impliquant une grande variétés de sources, la rendant à la fois historique et moderne.

Pour la première fois en Asie, 80 costumes de spectacle et 60 croquis, de la collection du Centre National du Costume de Scènes (Moulins, France) et du créateur lui-même, seront exposés au Musée National de Singapour de mars à juin 2009.

www.cncs.fr
www.nationalmuseum.sg

Exposition « Christian Lacroix, costumier »
Lieu : National Museum de Singapour, Exhibition Gallery 1 et Canyon (Basement)
93 Stamford Road Singapore 178897
Horaire : tous les jours de 10h à 20h
Date : du 20 Mars au 14 Juin 2009
Guichet : National Museum of Singapore, 93 Stamford Road, Singapore 178897 Stamford Services Counter, 10am – 7.30pm Daily.

flower

http://www.ambafrance-sg.org/article.php3?id_article=1455
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Dim 29 Mar - 15:26

CHRISTIAN LACROIX, RÉTRO MAIS PAS TROP !




Esprit Jolie Madame pour son tailleur haute couture été 2009. | Photo DR



Il connaît l’histoire du costume sur le bout de son crayon. Pendant trente ans, dans ses collections, il s’en est inspiré. Aujourd’hui il s’en désintéresse.

Catherine Schwaab - Paris Match

Paris Match. Qu’évoque pour vous le mot rétro ?
Christian Lacroix. Je l’ai vu naître ! Vers 1966, quand Twiggy jouait les stars du muet en couverture du “Vogue” anglais ; on commençait, pour la première fois dans l’histoire de la mode, à hanter les greniers de famille et les puces plutôt que les boutiques, sauf quand elles proposaient des inspirations 20 ou 30. A Londres où j’allais, tout s’inspirait d’un mélange Art nouveau-Art déco. Les années 60-70 ont vécu à partir des années 30-40 à New York, Londres, Milan et Paris. Voyez la collection “Occupation” de Saint Laurent en 1971. Il s’agissait de capturer des attitudes, des matières, des ambiances, une sophistication, un maquillage et des accessoires largement en voie de disparition. Le monde commençait à s’accélérer et on avait envie de retenir les parfums évanouis, ressusciter un paradis perdu. Avec les crises successives, on a assisté à la fin des Trente Glorieuses optimistes qui avaient encore un sens de l’avenir, du progrès. Ensuite, inquiétude, chômage et difficultés augmentant, on s’est tourné vers le passé enjolivé pour se rassurer. Nos parents et grands-parents s’étonnaient que nous leur empruntions des vêtements qui, pour eux, représentaient la guerre, les restrictions, les années noires, quand nous y trouvions le témoignage d’un art de vivre perdu. J’ai aimé ça. Aujourd’hui et après quarante ans de rétroviseur passionné, quasi maladif, pour moi dont la principale occupation aura été, de scruter, sonder, fouiller le passé pour le faire revivre, je commence à regarder vers demain. Je vérifie un peu ce que voulait peut-être dire le titre du livre de Simone Signoret, “La nostalgie n’est plus ce qu’elle était”. Sans doute parce que je les ai trop explorées, ces images me semblent exsangues, usées jusqu’à la corde, transparentes. Jusqu’à ce que j’en trouve d’inédites ! Mais je crois que désormais, seul leur aspect historique me séduira. Je m’en inspirerai moins. J’assiste aujourd’hui au retour des années 80, je n’ai aucune envie de les reporter, elles n’ont pas pour moi l’“exotisme” qu’elles peuvent avoir pour des gens plus jeunes.

Votre inspiration plonge-t-elle forcément dans une forme de passé ?
Ma nostalgie est évidente. Parce que, enfant et adolescent, c’est costumier de théâtre ou de cinéma que je voulais être, pas couturier. Mais j’ai du mal aujourd’hui à revisiter avec plaisir mes débuts. Bien sûr, il y a un esprit, des formes et un certain style qui demeurent, mais je n’aurais pas grand intérêt à singer mes premières collections.

Et pour vous, le passé, la nostalgie commencent quand ?
Il y a un purgatoire, un laps de temps d’une vingtaine d’années ou plus pour que le désuet, l’obsolète, le démodé, le kitsch ou même le ridicule se patinent assez pour devenir charmeurs, affectifs, séduisants. “C’était mieux avant”, et 2010 fascinera 2030 très probablement. Je crois que l’on reste aussi amoureux de ses premières amours, de l’adolescence, de l’insouciance. Beaucoup de filles restent coiffées comme elles l’étaient lors de leurs premiers succès amoureux. Pour les garçons, les choses évoluent moins, mais on voit des messieurs de 60 ans très 1970. Pour ma part, j’ai l’impression, aujourd’hui, de porter la même chose qu’en 1966, l’année où j’ai été le plus heureux.

Y a-t-il des objets, des formes, des films qui, automatiquement, stimulent votre inspiration ?
Tous les films en noir et blanc du cinéma français, anglais ou américain, jusqu’aux “sixties”. Et au-delà, la peinture des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, les photos.

Comment interprétez-vous la tendance rétro qu’on observe un peu partout dans le design et la mode (voitures, électroménager, parfums, vêtements... sans parler du vintage) ? Vieillissons-nous tournés vers nos souvenirs ?
Il semble que les années d’après guerre, dans leur optimisme, leur confiance en l’avenir, ont eu la force, le dynamisme et l’inspiration nécessaires pour créer des objets, des approches esthétiques que l’on ne saurait atteindre dans des périodes de difficulté comme la nôtre. Tout ce qui a été fait, de fin 1940 à fin 1960, est insurpassé, presque parfait, en un mot “moderne”. Rien d’aussi innovant ne semble atteignable aujourd’hui. Quand le profit est plus important que la culture, que le paraître et l’avoir prennent le pas sur l’être, la créativité décélère, stagne. L’après-guerre – et surtout les années 60 – était malgré tout viscéralement un moment d’espoir, de progrès, de réflexion, de remise en question, un équilibre entre deux mondes. C’est pourquoi ce qui a été créé à ce moment-là fut si brillant et ne fait que prendre plus de valeur chaque jour à nos yeux fascinés : on avait les moyens d’aller au bout des idées, de faire place à l’utopie, l’innovation ne pouvait ni ne devait avoir de limites. Aujourd’hui, nous sommes des geais se parant des plumes du paon comme chez La Fontaine.

Quelle époque vous plaît le plus en matière de créativité vestimentaire ?
Quasi toutes et par-dessus tout leur mélange. Disons, les périodes charnières, souvent de crise : le Directoire, les années 10, la fin des années 30...

Comment notre vieille Europe doit-elle se servir de son passé pour avancer ?
En le conjuguant avec l’avenir, ce que savent faire les Japonais, les Italiens, les Anglais et moins les Français. A Tokyo, on peut trouver sous le même toit une pièce pour la cérémonie du thé, des kimonos et toute une technologie de pointe. Les fabricants italiens aussi sont autant attachés à l’artisanat traditionnel qu’à l’innovation, en Angleterre les us et coutumes victoriens voisinent toujours avec les post-punks ou tout ce que le style actuel a de plus pointu. En France, on a souvent eu tendance à mépriser le passé tout en restant frileux face à la modernité, les technologies modernes. Il n’y a pas de recette. En revanche, une certaine confiance est nécessaire pour se projeter vers l’avenir. Peut-être devrait-on s’inspirer davantage du fond que de la forme : reprendre et surtout prolonger les réflexions qui ont fait les années fastes au lieu de se contenter de pasticher leurs formes et contours, encore et encore. Ce qui était considéré comme “design” (le vocable opposé à “rétro” à l’époque) ou “moderne” lorsque j’étais ado n’a pas changé d’un iota : ce sont toujours les mêmes dans les boutiques
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Nine
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mar 14 Avr - 0:42



Arles, c'était une autre histoire, l'autre côté de la vie, le jeudi, le dimanche, l'autre famille, la Provence.
Mes grands parents maternels habitaient un dédale de pièces carrelées de rouge surmonté
d'un grenier où je devais découvrir
un trésor: des volumes reliés de
La Mode Illustrée de 1860.
Si j'aime tant le rose saumoné,
c'est peut-être à cause d'une pauvre robe de bal en tissu de guerre,
et le pourpre chocolaté à cause d'une autre en crêpe marocain, toutes deux oubliées là. Le vrai dieu de mon univers d'enfant c'était mon grand-père maternel, patriarche élégantissime
à la Jules Berry.
Sa fille, ma mère, avait adopté
une élégance "sport" particulière
à ces années et assez efficace:
long manteau beige ou roux à boutons énormes, twin-set de maille, chemisier blanc, jupe droite, béret
et chaussures de daim ou de lézard, l'hiver.
L'été était plus typique: larges plissés soleil et imprimés provençaux,
vichy rose et ceinture or, chambray gris et broderie anglaise.

******************************ARLES******************************************


L'homme d'Arles revient chez lui. Il a enfin accepté la proposition de François Hébel de diriger "artistiquement" les rencontres.

"Je suis un coucou, un voyeur, un voleur." Chic garçon, Lacroix. Chic parce que portant beau. Chic parce que parlant bien. Chic parce que, tout le monde le dit, de sa maison de couture aux ateliers des Opéras où il adore créer décors et costumes, des photographes aux mannequins, Lacroix est un type bien. Sa ressemblance avec Patrick Modiano induit quelque chose de secret, de tu. L'intime avec lui se délivre au coin des souvenirs et des photos. Arles est en lui comme lui en Arles. "Ma peau, ce sont les pierres d'ici... Ce sont les églises où, lorsque j'étais gamin, tout s'entassait comme dans un musée, chaos de statues, de bustes, de sarcophages. Arles, c'est Cocteau qui venait souvent..."

L'homme des collections est-il collectionneur ? Il l'est. Amoureux "des photos en longueur, de celles qui racontent une histoire de désirs". "J'aime l'histoire des autres. J'aime m'y installer. Je suis un collectionneur imaginaire : je construis cette collection dans ma tête, et je voyage en chambre." Il évoque ce plaisir sensuel, pour lui homme de tissus, de découper les journaux, d'amasser des cartons, qu'il oublie... Sa mémoire dérange ce qu'il choisit, découpe, assemble : "Un jour, j'ai vu un portrait double de Joachim Schmid. C'est la première photo que j'aie jamais eu envie de posséder. Clichés trouvés, négatifs abandonnés prennent avec lui un statut qui me comble."

Voici l'une des facettes de l'éventail, ce goût pour le collage et pour l'anonymat. Joachim Schmid est en bonne place au musée Réattu, que Lacroix a transformé en un gigantesque rêve de conte. Ses robes spectaculaires, les photos de Lucien Clergue ou les fleurs géantes des moquettes qu'il a dessinées offrent un cadre sublime aux beautés du peintre Réattu ou à Simon Vouet... C'est la manière Lacroix. Donner au spectateur le privilège de se croire unique parce qu'il lui fait toucher des yeux... l'unique.

On s'attendait à la mode. Le piège. Il le détourne sans renier ses admirations. Alors que Richard Avedon est célébré au Jeu de Paume, à Paris, Lacroix offre à Arles la dernière pirouette du maître : ses adieux à la mode. Connaissant Paolo Roversi et Peter Lindbergh depuis, il leur donne des églises pour montrer... des nus, des fantômes. Chérissant le Second Empire, il dit "oui" à l'exposition des Insoumises , ces courtisanes dont la préfecture de police tirait le portrait... Il demande à tous d'ouvrir pour lui un petit tiroir secret : Patrick Swirc se livre, Bacon torturé ; Françoise Huguier, grande amie de Lacroix, raconte les femmes de Saint-Pétersbourg ; l'Indien Achinto Bhadra montre ses portraits de rescapées de la prostitution... L'Anglais Tim Walker, nouvelle star de la photo de mode, découvre son univers à la Lewis Carroll. Et la mode... en carnets, en blogs, en images.

L'Arlésien est enfin revenu chez lui. Le petit garçon qui se rêvait conservateur de musée cherche encore des yeux, adulte, l'accordéoniste unijambiste près du garage de son enfance. Il a pour lui, aujourd'hui, sa ville "charnelle, violente, vampire, élégante". Arles, la croix de Lacroix.






de Christian Lacroix à l'Arlésienne

A la poursuite de l'Arlésienne

C'est une quête d'autant plus trépidante et excitante qu'on la sait presque impossible. Les filles d'Arles iront toujours plus vite qu les créateurs et leurs modes qu'elles précèdent et suscitent.

Ce qui explique qu'assez souvent et avec conviction totale, à la question gigantesque « qu'est-ce que la beauté ? » Je réponds : « L'Arlésienne ». C'est la poursuite inextinguible d'un idéal insaisissable et précis à la fois, tant le parfum dans son sillage est fort, opulent, qulque peu hypnotique, fait de sensualité, d'élégance et d'authenticité.

Cette femme, son allure et ses atours sont enracinés dans la terre, les pierres et notre chair. On voudrait l'enfermer dans son folklore alors qu'elle est ancrée dans l'actualité la plus virulente, connectée à l'époque, aux problèmes sociaux économiques, religieux, politiques.

On voudrait la codifier à l'aune de ses rubans, au nombre de ses épingles, à l'ampleur de ses jupons alors qu'arlésienne elle reste, en jeans et en chemise d'homme aussi bien en « chapelle », « gansé » ou « Mireille ».
On voudrait la réduire à une icône de musée, si vivant fût-il, alors qu'elle est actrice de sa ville, de son pays et du monde. Aucune région n'a pratiqué ses modes et son costume d'une façon aussi viscérale, naturelle, totale, englobant toutes les couches de la société, traversant les siècles et les « Tendances » de Paris et de ses diktats, ceux de la rue comme ceux de la Haute couture qu'Arles ne s'est jamais laissé imposer, n'y choisissant que ce qui lui sied, transformant les goîts du jour en costume de toujours. Comme si les gravures (ou photos) de la capitale avaient été scrutées, disséquées, adaptées, tremplin d'une créativité locale.

La taille monte ou descend chez Rose Bertin. Mais de la Roquette à la Cavalerie en passant par l'Hauture, les structures restent inspirées par ce « je ne sais quoi » qui fait le goût des arlésienne, non pas obsolète ou décalé, mais libre.

Les modistes du Palais Royal se surpassent. Mais elles ne sauraient rivaliser avec cette alchimie obscure des rubans et des velours, des borcarts et des dentelles, des satins et des bijoux où s'expriment chaque quartier, chaque village, chaque famille.

Les jupes s'allongent, gonflent ou raccourcissent avenue Montaigne. Mais les héritières de l' « atelier de couture » de Raspal les adaptent leur propre morphologie, les confrontent à leurs envies, les recréent selon leurs propres goûts.

Et je crois que si les hasards de ma vie avaient été autres, j'aurai pu faire là, entre Crau et Camargue, ma maison de couture idéale. Elle n'aurait pas été moins contemporaine ni moins populaire et m'aurait permis d'exprimer sur place ma gratitude envers ce théâtre des modes passées, présentes et futures que m'a offert cette ville. J'ai ouvert les yeux sur des arlésiennes en soie fluide et pastel. Puis il y a eu la faille, la moire, et les taffetas les plus obscurs. Plus tard, la résurrection de tous les imprimés, des cretonnes et des indiennes. Mais c'est à Paris (et maintenant à Miami !) que se trouvent les « commanditaires décisionnaires ». Et c'est Faubourg Saint-Honoré, à deux pas de chez Féraud, qu'ont essaimé gilets, fichus, châles, gardian et gardiannes, cahermire, croix, cigales et ex-voto, tabliers, jupons et « droulets » faisant de bien des New-yorkaise ou Milanaises, Moscovites ou Tokyoïtes, Pékinoises ou Londoniennes, des arlésiennes en puissance. Je répète souvent que je suis un adulte assez chanceux pour avoir vécu des rêves si fous que l'enfant que j'étais ne les envisageait peut-être même pas. Car si l'on m'avait dit, les soirs exaltés de « Pégoulade », lorsque je guettais le c'ur battant l'arrivée de la Reine d'Arles, que j'apporterai trente ans plus tard un petit quelque chose à ce défilé, en le prolongeant des Lices vers les podiums de Paris et les boutiques de la planète, je ne l'aurais bien sûr pas cru.

Nos arlésiennes sont donc un peu partout, prêtant un peu de leur secret de par le monde. Mais elles restent uniques. L'arlésienne n'est pas, en effet, qu'une garde-robe. C'est une marque de fabrique, un caractère, un état d'esprit. Un art de vivre, une philosophie. Une « attitude » à la fois exigeante et généreuse, spirituelle et charnelle, maternelle et innovante, hiératique et populaire. Bref, un idéal.

Christian Lacroix


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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mar 14 Avr - 1:31




Christian Lacroix a inscrit son amour pour Arles sur le sable des arènes avec l'inoubliable fresque de la feria du riz 2005. L'occasion aussi d'exprimer en mots la passion qu'il nourrit pour sa ville natale où il a acheté une maison après des années d'absence.




"Lorsque les Jalabert m'ont invité à réaliser cette fresque pour la corrida goyesque, j'ai été ravi, ému, conquis. Cette proposition tombe à un moment où j'avais envie de revenir pour des raisons personnelles, après sept ans d'absence à Arles. Je pense qu'il est bien de laisser des plages énormes d'absence, six ans, ce n'est pas rien dans la vie d'une ville.

Et ce matin, j'ai été re-séduit par la ville. C'est comme lorsqu'on retrouve une ancienne maîtresse ou d'anciens amis sous un nouveau jour, c'était beau et c'était bien. Nietzche dit "il faut avoir un chaos en soi-même pour accoucher d'une étoile qui danse". Quand on est arlésien, on est jamais en paix ! Mais j'étais content et j'ai trouvé la ville superbe ce matin. Elle avait une sorte d'aura.

Arles n'est pas une ville banale, cette ville ne génère pas des gens banals, on a tous des histoires en nous. Autant je n'ai pas la fibre patriotique lorsque l'on parle des choses nationales, autant sur Arles, c'est de la chair vive… Si je n'étais pas né à Arles je ne ferais pas le travail que je fais. C'est tout et son contraire, la richesse et la pauvreté. Arles est comme une vie rétive, difficile qui est aussi somptueuse, sublime, riche et généreuse. Une ville à l'élégance farouche.

Mon départ d'Arles correspond à l 'âge où on a tous envie de ruer dans les brancards, de fuir loin des parents. C'était aussi la période où le voyage initiatique était de "monter" à Paris pour faire un métier. Mais je ne me suis jamais senti frustré, même adolescent, de ne pas être parisien car même à l'époque Paris venait ici, le monde entier venait ici. Hemingway venait ici. Luis Miguel Dominguin venait ici avec Lucia Bosé. Avec Cocteau ou Picasso. Ici, nous n'avions pas l'impression d'être dans une province perdue, nous avions l'impression d'être au cœur du monde"



«Je suis parti des motifs d'une cape de paseo. Ce motif ornera le centre de la piste avec quelques dessins autour. J'ai également utilisé une épaulette de torero du XIXe siècle pour composer le reste des motifs du pourtour afin de rester dans l'ambiance goyesque et du costume. Je ne voulais en effet rien faire de trop contradictoire ou contemporain par rapport à cet événement traditionnel. », explique le couturier.
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Jeu 28 Mai - 10:03

Christian Lacroix serait en cessation de paiements
[ 28/05/09 - 07H40 - AFP ]
La maison de haute couture Christian Lacroix, propriété du groupe américain Falic, s'est déclarée en cessation de paiements vendredi 21 mai, après l'effondrement des ventes de prêt-à-porter féminin, selon l'édition de jeudi du journal Le Figaro.
"Les représentants des salariés en ont été informés hier" (mercredi), indique le journal.
Le Tribunal de commerce de Paris "devrait se prononcer la semaine prochaine sur un redressement judiciaire ou une liquidation", mais une liquidation est "peu probable" car "les actionnaires souhaitent présenter un plan de continuation", est-il ajouté.
"Les ventes de prêt-à-porter féminin, l'essentiel de l'activité, sont en recul de 35%" et Christian Lacroix a perdu "10 millions d'euros en 2008" pour un chiffre d'affaires de 30 millions, précise Le Figaro.
Selon le PDG de Christian Lacroix cité par le quotidien, c'est la forte chute du marché américain, "qui souffre depuis près d'un an de façon assez violente", qui explique en grande partie ces résultats.
Depuis un an, Falic avait cherché à se désengager de la maison de haute couture, des discussions ayant démarré en avril avec un investisseur dont l'identité n'est pas connu.
Si les discussions "n'aboutissaient pas, les actionnaires se disent prêts à financer un plan de continuation", mais cela impliquerait des suppressions parmi les 125 emplois, d'après Le Figaro.

http://www.lesechos.fr/info/conso/afp_00151787-christian-lacroix-serait-en-cessation-de-paiements.htm
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mer 8 Juil - 10:29

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J'oubliais !
Les robes de mariées...
Depuis ma première collection,
je crée toujours des mariées
qui oscillent entre image pieuse, Macarena de Séville
et princesses des Mille
et Une Nuits !

J'ai même repris des traditions du XIX ème siècle qui voulaient des mariées de rouge ou de noir vêtues. La robe de mariée dans tous les cas doit être exceptionnelle pour un jour exceptionnel. J'aime qu'elle ait plusieurs vies, classiquement grandiose pour la cérémonie religieuse, libérée de la traîne ou de la jupe pour danser.
De l'Arlésienne à la bergère
de conte de fée, faille, piqué, taffetas, tulle, broderies, dentelles, le répertoire est inépuisable et je ne compte pas l'épuiser...










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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Lun 20 Juil - 16:06

Le groupe Bernard Krief Consulting déposera lundi prochain au tribunal de commerce de Paris une offre de reprise pour la maison de couture Christian Lacroix, a annoncé lundi à Reuters son président Louis Petiet. "La haute couture fait partie du patrimoine national et nous pensons que Christian Lacroix est le plus grand créateur contemporain", a déclaré l'homme d'affaire qui est également maire UMP de Verneuil-sur-Avre. Le patron eurois a précisé qu'il comptait développer des synergies avec les autres entreprises que possède son groupe dans le secteur du textile et de la distribution. Le groupe Bernard Krief Consulting a profité de la crise pour racheter des entreprises en difficultés comme l'équipementier automobile Heuliez ou l'entreprise de textile DMC. "Dans les cinq ans qui viennent nous pensons multiplier par cinq le chiffre d'affaires", a-t-il ainsi avancé, ajoutant qu'il était à sa connaissance le seul repreneur potentiel intéressé par la haute couture. Les autres acheteurs seraient plus intéressés par la marque, les magasins ou le prêt-à-porter, a-t-il ajouté, refusant de chiffrer son offre de reprise. En proie à d'importantes difficultés financières depuis plusieurs années, la maison de couture Christian Lacroix avait annoncé jeudi 28 mai s'être déclarée en cessation de paiement. Le couturier Christian Lacroix, célèbre pour ses collections aux couleurs chatoyantes inspirées par la tauromachie et la Camargue, dont il est originaire, avait fondé sa maison de couture en 1987 grâce à Bernard Arnault, P-DG de LVMH . Jamais rentable, la société a été revendue en 2005 par le numéro un mondial du luxe au groupe américain Falic, spécialiste de la distribution de produits hors taxes. Fragilisée encore davantage par la crise, la maison Christian Lacroix a accusé une perte de 10 millions d'euros en 2008 pour un chiffre d'affaires de 30 millions. En 2009, les ventes de la collection d'été de prêt-à-porter féminin, qui représentent l'essentiel de l'activité, sont en recul de 35%.
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Jeu 23 Juil - 2:03


UN ESPOIR !




Frédéric Mitterrand n’aura peut-être pas besoin de prendre sa cape de Zorro pour sauver la maison Lacroix. Avec son projet de formuler – lundi prochain – une offre de reprise concernant l’ensemble de la société Lacroix, activité de haute couture comprise, le groupe Bernard Krief Consulting (BKC), propriétaire de la marque de fil à broder DMC, pourrait exaucer plus tôt que prévu les vœux du ministre de la Culture.

Désireux d’apporter à Lacroix leurs compétences commerciales, BKC et son président, Louis Petiet, ne cachent pas leur ambition pour la maison de couture  : pas moins que multiplier par cinq le chiffre d’affaires actuel en autant d’années. La barre est placée très haut par BKC et sa filiale DMC quand l’on connaît l’historique de la maison et ses difficultés actuelles. Le potentiel repreneur a néanmoins l’habitude des dossiers compliqués, puisqu’il a repris DMC l’année dernière et l’automobiliste Heuliez début juillet. Il envisage déjà de moderniser la diffusion de la griffe en misant, entre autre, sur une distribution par Internet. Pour connaître l’issue de cette offre de reprise il faudra attendre septembre 2009 et la décision du tribunal de commerce de Paris.

Mise en redressement judiciaire depuis juin 2009, la maison Lacroix a un dossier aussi compliqué qu’épineux. Adulé en tant que créateur et figure incontournable de la haute couture française, Christian Lacroix n’a pourtant pas su faire de sa marque un succès commercial. Depuis sa création, en 1987, celle-ci n’a connu que des déficits, alors qu’elle a été longtemps appuyée par Bernard Arnault et LVMH, jusqu’en 2005. Le nouvel actionnaire (le groupe américain Falic) a dû faire face à dix millions d’euros de perte pour l’année 2008. Dix millions de trop, au vu du contexte économique ambiant. Reste que le capital de sympathie et la notoriété dont bénéficie le créateur constitueront certainement un sérieux atout pour son repreneur.
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mer 5 Aoû - 13:52

Trois repreneurs pour Christian Lacroix
France Info - 27 juillet 2009



Parmi les trois offres, celle du groupe italien Borletti, associé au couturier lui-même, a été qualifiée "d’engageante" par l’administrateur judiciaire chargé du dossier...

L’administrateur judiciaire chargé du dossier de la maison de couture Christian Lacroix, en redressement judiciaire depuis début juin (voir nos articles), a donc indiqué en début d’après-midi avoir reçu trois offres de reprise, dont une du groupe italien Borletti associé au couturier lui-même.

Pour Régis Valliot, cette dernière offre, est une "pré-offre qui reste à parfaire d’ici fin août" mais elle est "engageante".

En revanche, l’administrateur a considéré que l’offre déposée par le cabinet de conseil Bernard Krief Consulting (BKC) était "peu satisfaisante tant sur le plan financier que sur le plan social".


Enfin, plus étonnant, "deux inconnus qui n’ont pas de projet" ont fait une offre "pour un euro", jugée "inconsistante" par l’administrateur judiciaire.
Et un quatrième candidat s’est désisté...

Le tribunal de commerce de Paris, qui tranchera, devrait rendre sa décision en septembre. Borletti détient notamment la chaîne italienne de grands magasins La Rinascente et, avec la Deutsche Bank, a acquis en 2006 les magasins Le Printemps (groupe PPR).

http://www.france-info.com/spip.php?article323851&theme=23&sous_theme=22


Dernière édition par Nine le Mer 5 Aoû - 14:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mer 5 Aoû - 14:00

Lacroix attend un chevalier blanc aux 50 millions d'euros

L'Arlésien est confronté à la faillite de sa maison de couture
Christian Lacroix, venu aux Rencontres d'Arles a évoqué l'urgence de rachat de sa maison de haute couture.


Ph. N.Vallauri

Dans l'antre frais de la Grande Halle, en plein festival anniversaire des 40e Rencontres de la photographie d'Arles, Christian Lacroix s'offre une pause dans sa ville natale. Un bonheur tout simple :

"Je suis toujours surpris par l'odeur, la lumière, le ciel d'Arles. Cette ville m'a pétri, j'existe plus ici qu'ailleurs",

confiait-il hier à La Provence, toujours affable et lumineux. Il venait aussi saluer son amie Véronique Ellena, nominée par ses soins pour le célèbre Prix Découverte des Rencontres.

Pas facile sûrement de faire une pause pour le grand couturier.
À Paris, mardi dernier, c'est devant 280 invités venus le soutenir qu'il a orchestré son 45e défilé au musée des Arts Décoratifs. Un moment de couture comme toujours touché par la grâce, mais assombri par un horizon inquiétant. Car c'était peut-être le dernier.

L'annonce le 2 juin de la mise en redressement judiciaire de la maison de couture et prêt-à-porter de luxe Christian Lacroix SNC, a ébranlé le monde de la mode. La société dont le couturier est directeur artistique appartient aux Frères Falic. Le comité d'entreprise qui s'est tenu il y a une semaine a annoncé un plan de redressement avec licenciement de 112 salariés sur 124. Et la maison Lacroix pourrait cesser son activité d'ici la fin du mois.

Des moments douloureux pour le couturier arlésien qui illumine la mode depuis son premier défilé en 1987. Il considère la situation de façon pragmatique. "Je pense forcément aux petites mains. Je ne les oublie jamais", en évoquant toute l'équipe avec laquelle il travaille, dont certains depuis les premiers jours. "Je suis prêt à faire des efforts, mais je ne veux pas sacrifier ni museler les ateliers. D'autant qu'en période de crise, le travail artisanal de la main, toutes ces choses invisibles mais vitales comme la mode, sont nécessaires".
En évoquant la haute couture et son poids économique : "C'est quand même autre chose qu'un vêtement fait à la machine. Sans la haute couture, plus rien n'est possible autour".

Le couturier reste dans l'espoir d'un repreneur. "J'attends un Chevalier blanc avec 50 millions d'euros. J'ai des contacts sérieux ces jours-mêmes". Tout le milieu de la mode retient forcément son souffle car le cas Lacroix apparaît comme un symbole de la fragilité de tout un secteur, celui lié de l'artisanat et de la haute couture.

L'Arlésien ne perd ni sa créativité ni son élan. Et se tourne, le temps d'une pause camarguaise, vers Arles :"Quand on doit tellement à une ville, on ne peut pas s'arrêter là", évoquant avec émotion sa participation en tant que commissaire des Rencontres de la photo en 2008 et le succès de l'exposition sublime qu'il a créé pour le musée Réattu juste après. "Pourquoi pas accompagner Maja Hoffmann pour le projet des Ateliers SNCF". En attendant, on pense au Chevalier blanc et aux badges distribués lors du dernier défilé sur lesquels s'inscrivaient:
"Christian Lacroix forever".

Agathe Westendorp ( awestendorp@laprovence-presse.fr )
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mar 22 Sep - 9:09

INFO LE FIGARO - Un cheikh des Émirats arabes unis veut racheter la griffe parisienne en faillite et rebat les cartes du dossier de reprise.

À quelques jours de l'échéance, c'est l'effervescence dans le dossier de reprise du couturier Christian Lacroix, en redressement judiciaire. La semaine dernière, l'administrateur judiciaire évoquait «de nouveaux candidats apparemment crédibles et argentés » sans plus de précision. Selon nos informations, il s'agit de la famille régnante d'Ajman, le plus petit des sept Émirats arabes unis. Le cheikh Hassan ben Ali al-Naimi, neveu et homme d'affaires du cheikh au pouvoir, a écrit une lettre d'intention à l'administrateur et peaufine une offre de reprise, qu'il souhaite «la mieux-disante tant humainement que financièrement», selon un proche de la famille.

«Son altesse a une vision de la mode particulière et a été très attristée par la situation de Christian Lacroix, qui jouit d'une très haute image dans le Golfe», poursuit ce conseiller. Une grande partie des fidèles clientes haute couture de Lacroix vient en effet de la région. L'émir proposerait «plus de 50 millions d'euros» et reprendrait 119 des 125 employés. Il souhaite également s'assurer la collaboration du designer, avec qui contact a été pris en vue d'une rencontre.

La griffe perd de l'argent depuis vingt-deux ans. Le cheikh espère lui faire dégager des profits d'ici trois ans, notamment en créant des synergies avec certaines activités de la famille royale dans l'immobilier et les yachts de luxe. Ajman est un micro-État de 460 km² et 250 000 habitants, concentrés dans la capitale du même nom, juste à côté de Dubaï. La famille au pouvoir a des investissements dans le pétrole, le gaz, l'immobilier, la finance et le commerce de luxe.

«Seul maître à bord»
Le comité d'entreprise de Christian Lacroix doit se réunir mardi matin pour étudier les offres. Or celles-ci n'ont pas encore été formellement déposées. Le tribunal de commerce de Paris devrait se prononcer d'ici à la mi-octobre. Les autres candidats déclarés sont le groupe Borletti, propriétaire du Printemps, Bernard Krief Consulting, repreneur de l'entreprise de textile DMC et du carrossier Heuliez, la Financière Saint-Germain, qui a racheté les porcelainiers et cristalliers Haviland, Lalique et Daum. Les actuels propriétaires, le groupe Falic, sont candidats à un plan de redressement qui prévoirait la suppression de l'essentiel de l'activité et de la quasi-totalité du personnel. Mais Borletti et Falic menaient ces derniers jours des discussions afin d'étudier la possibilité d'une offre commune.

Le cheikh d'Ajman se dit prêt à discuter lui aussi avec les frères Falic, qui avaient racheté Christian Lacroix à LVMH il y a quatre ans. Mais, selon son conseiller, une alliance serait «improbable», car l'émir entend «être seul maître à bord».

Reste à savoir si Christian Lacroix souhaitera se mettre au service de ce nouveau mécène. Dans une interview au Figaro Magazine ce week-end, il a assuré n'avoir «jamais» envisagé de quitter sa maison sans son nom. Et miser sur un avenir pour sa griffe «intimiste» concentrée sur «l'hyperluxe» et la haute couture.

» Lacroix : «Je me suis laissé embarquer dans une histoire trop grande»

http://www.lefigaro.fr/societes/2009/09/22/04015-20090922ARTFIG00013-une-offre-du-moyen-orient-pour-christian-lacroix-.php
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mar 22 Sep - 9:11

Christian Lacroix : «Je me suis laissé embarquer dans une histoire trop grande»
Frédéric Martin-Bernard
18/09/2009 | Mise à jour : 17:15


A quelques jours de la reprise de la maison qui porte son nom, le couturier sort de son silence. Et s'explique sur son succès en demi-teinte.

Christian Lacroix a du talent, du chic, de la classe, une grammaire de style qui lui est propre depuis 1987. Seul bémol : sa mode ne fait pas recette. En vingt-deux ans, son entreprise n'a jamais gagné d'argent, décourageant même Bernard Arnault et son groupe LVMH, qui a financé la création et le développement de cette griffe jusqu'à y renoncer, en 2005. Il y a quatre ans donc, la cession au groupe américain Falic avait laissé espérer un nouveau départ pour Lacroix. Mais la crise économique est passée par là... Coïncidence, fatalité ou mauvais casting ? Une interview n'est pas coutume, le couturier a accepté de répondre à des questions ne portant pas sur son génie créatif, mais sur le placement en redressement judiciaire de sa maison et ses affaires en dents de scie.

Le Figaro Magazine-Pour redresser la barre, l'actuel propriétaire envisageait d'arrêter la haute couture, de supprimer 95 % des emplois et de limiter l'activité à des licences. A l'inverse, un repreneur propose de maintenir les effectifs et de développer la griffe comme jamais. Et Christian Lacroix, que souhaite-t-il pour la maison qui porte son nom ?

Christian Lacroix- Elle doit se replier sur son savoir-faire, se concentrer sur l'hyperluxe et ne développer que des lignes en cohérence avec son esprit d'exception. Il faut aussi revoir son fonctionnement, adopter une démarche plus intimiste, et se donner les moyens de conquérir des nouveaux marchés qui partagent ses valeurs d'opulence, sans pour autant participer à la foire des milliardaires de Moscou.

Fini l'esprit «grande maison» ?

Les grands groupes rêvent de griffes avec des magasins partout dans le monde. Mais on ne peut pas être implanté à tous les coins de rue, éditer des sacs par milliers, faire du fric et avoir du prestige. De plus, humainement, professionnellement, je ne suis pas fait pour le cadre « carcanesque » de ce métier.

N'auriez-vous pas dû avoir cette démarche plus intimiste dès le départ ?

Effectivement, je me suis laissé embarquer dans une histoire beaucoup trop grande. D'emblée, l'activité aurait dû davantage s'approcher de celle d'un Azzedine Alaïa, dont la maison a du prestige, tout en étant confidentielle et marginale.

Votre griffe aurait-elle un avenir sans haute couture ?

La couture est son cœur, ses poumons, sa raison d'être. Elle est vitale, essentielle, intrinsèque à son activité. On ne peut pas s'en passer.

Avez-vous déjà envisagé de quitter votre maison ?

Jamais sans mon nom ni mes ouvrières et collaborateurs de la première heure, qui ont contribué à maintenir son prestige, malgré toutes ses vicissitudes.

Lors du rachat en 2005, vous aviez cru être sauvé. Que s'est-il passé ?

Du temps de LVMH, on avait les moyens et pas les bonnes personnes. Avec le groupe Falic, ce fut l'inverse. Au départ, on a été grisés de voir ces financiers qui sauvaient Lacroix et assistaient à ses défilés avec femmes et enfants. Mais l'argent n'est jamais arrivé. Par exemple : ils ont confié la création d'un concept de boutiques à Clémence Krzentowski, de la galerie Kreo à Paris. Alors qu'elle avait imaginé un décor en accord avec l'esprit de la griffe, les Falic n'ont rien trouvé de mieux que de demander à leurs artisans spécialisés dans les stands duty free de les réaliser. Autre erreur de stratégie : il a été décidé d'arrêter les lignes Jeans et Bazar qui étaient mal diffusées. Enfin, nous allions monter en gamme et jouer dans la cour des grands. Sauf qu'aucun investissement n'a été réalisé en marketing et en communication. Du coup, les ventes n'ont pas suivi.

Comment expliquez-vous cet éternel décalage entre les défilés et les ventes ?

Le talent et l'intuition ne sont pas du ressort unique d'un créateur. A ses côtés, il faut aussi un excellent manager pour les amplifier. Ce n'est pas pour me défausser, mais je n'ai pas cessé de voir défiler des PDG dans ma société, et rares sont ceux qui m'ont réellement épaulé. De plus, on n'applique pas les mêmes recettes à toutes les maisons. Dès lors que la griffe a commencé à ne plus répondre aux attentes du groupe LVMH, un parfum, des licences ont dû être lancées en urgence. Elles représentaient peut-être de belles sources de revenu, mais des cosmétiques cheap, des produits capillaires ou des bijoux en toc n'ont jamais flatté l'image d'une marque.

Vous n'étiez pas consulté sur le choix de ces partenaires ?

Pas du tout, malgré un illusoire droit de veto chez LVMH.

Vous impliquiez-vous suffisamment dans les directives à leur donner pour éditer les collections à votre nom?

En plus de ne pas avoir réellement eu mon mot à dire sur leur choix, il me fallait « faire avec ». Aujourd'hui, je suis fatigué d'avoir donné des impulsions et des tendances qu'ils ne suivaient jamais, tandis que d'autres marques réinterprétaient mon style à merveille.

A vous écouter, on dirait que vous n'aviez pas votre mot à dire dans votre maison !

Je n'étais pas consulté pour le choix des PDG. C'est d'ailleurs à cet aspect vital de nos métiers que je serai beaucoup plus attaché dans le futur.

Parfois, vous sentez-vous incompris ?

C'est peut-être moi qui ne sais pas me faire comprendre des financiers, alors que je ne rencontre pas ce problème avec un fournisseur, un artisan ou une première d'atelier.

On a aussi dit que vos collaborations extérieures vous détournaient de votre maison !

Mes multiples activités m'ont toujours nourri les unes les autres. Par ailleurs, qu'il s'agisse des uniformes d'Air France, de la décoration d'hôtels ou du TGV, ces collaborations extérieures ont permis de maintenir une aura autour du nom Christian Lacroix, à un moment où il n'y avait aucun investissement en communication dans la maison. Lorsque je remporte un molière pour Cyrano, ça vaut plus qu'une page de pub ! Plusieurs repreneurs potentiels souhaitent aujourd'hui que cette activité soit internalisée, mais là encore, j'ai besoin d'être en confiance, d'avoir des garanties, car je ne veux pas me retrouver à décorer les bus ou le tramway de je ne sais où.

La phrase de Cocteau : «Ce que le public te reproche, cultive-le, c'est toi» est une de vos citations préférées. Quels sont les reproches que vous admettez ?

Ma marginalité, ma différence, mon élitisme, un certain mauvais goût, ma nostalgie, mon contre-courant, mon éclectisme, mon idéalisme, mes utopies...
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mer 4 Nov - 2:48

SUSPENS !

Hier, le tribunal de commerce de Paris a décidé de reporter au 17 novembre prochain
sa décision quant à l’éventualité de sauver la maison Christian Lacroix.

En effet, le tribunal n’a pas voulu étudier le plan de cession avant de voir celui du redressement
qui expire le 16 novembre...

Toutes les parties concernées se sont réjouies de la décision, qui donnera plus de temps
aux potentiels repreneurs de peaufiner leurs dossiers.

L’une des offres les plus sérieuses émane du cheikh Hassan ben Ali al-Naimi,
un proche de la famille du roi d’Ajman, un état-membre des Emirats Arabes Unis.

Déjà présent dans l’univers de la mode, le cheikh prévoit un budget de 100 millions d’euros.
Ce qui devrait permettre de remettre à flot la célèbre maison de couture française...
Par ailleurs, l’offre « globale » du cabinet Bernard Krief Consulting tient toujours
et insiste sur l’idée d’une « solution française » pour que la griffe devienne le
« leader mondial de l’artisanat de très haut luxe ».

K.M.
Journal ELLE
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Sam 28 Nov - 17:40




Aucun des repreneurs potentiels de la maison Lacroix, en redressement judiciaire, n'a déposé de chèque auprès du tribunal de Commerce de Paris dans les délais impartis, a indiqué vendredi l'administrateur judiciaire.

Cela semble écarter toute reprise dans l'immédiat de la maison de couture.

Ni le cheikh émirati Hassan ben Ali al-Naimi, sur lequel la maison avait fondé beaucoup d'espoirs, ni le cabinet Bernard Krief Consulting (BKC), n'ont apporté de garanties financières à leurs propositions, a précisé à l'AFP Régis Valliot, alors qu'ils avaient jusqu'à jeudi soir pour le faire.

Le tribunal pourrait ainsi trancher, à l'audience prévue mardi, en faveur du plan de redressement des propriétaires de la maison de couture, le groupe américain Falic. Ce plan prévoit la suppression de plus d'une centaine d'emplois, et donc de la couture et du prêt-à-porter, et de payer les créanciers grâce aux licences Christian Lacroix.

Seuls 11 salariés resteraient pour gérer les contrats de licence des accessoires et des parfums Christian Lacroix.

Mais le tribunal peut aussi rejeter ce plan, en considérant qu'il ne "maintient pas l'activité principale et ne sauvegarde pas assez l'emploi", et prononcer la liquidation judiciaire de l'entreprise, explique M. Valliot, tout en estimant que cette alternative, juridiquement possible, est "peu probable".

Dans ce cas, tous les salariés sont licenciés mais "le liquidateur peut alors vendre la marque aux enchères pour un prix qui pourrait être conséquent et qui permettrait de payer les créanciers".

Créée en 1987 avec l'appui du numéro un mondial du luxe LVMH qui l'a vendue en 2005 au groupe américain Falic, spécialisé dans le duty free, la maison Christian Lacroix a enregistré en 2008 dix millions d'euros de pertes pour un chiffre d'affaires de trente millions d'euros.

Le projet du cheikh émirati, auquel était associé le couturier français, prévoyait un budget global de 100 millions d'euros pour l'apurement du passif, les pertes attendues au redémarrage de la griffe et son développement.

Mais à la dernière audience du tribunal de commerce, le 17 novembre, il avait déjà créé la surprise en n'étant pas en mesure d'apporter de garanties financières pour appuyer son projet.

Christian Lacroix a été le grand absent des défilés de prêt-à-porter féminin à Paris début octobre.


http://www.lepoint.fr/culture/2009-11-27/lacroix-aucun-repreneur-n-a-depose-de-cheque-dans-les-temps/249/0/399869
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mar 1 Déc - 20:24

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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Dim 7 Fév - 18:18

UNE MERVEILLE SIGNEE LACROIX
La mariée Andalouse



inspiré par la Vierge de Séville la Macarena
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Dim 7 Fév - 18:56

Une beauté, merci Nine
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mar 30 Mar - 19:17

Christian Lacroix vend ses meubles chez Sotheby's
LEMONDE.FR | 30.03.10 | 18h51

Christian Lacroix, grand absent de la semaine de la mode parisienne, début mars, pour cause de faillite, réapparaît dans l'actualité de façon inattendue. Le mobilier de sa maison de couture, signé du célèbre tandem de designers Garouste et Bonetti, va être mis aux enchères par Sotheby's à Paris. Une centaine de lots de chaises, appliques, canapés, cabines d'essayage (et même... une porte d'entrée !) seront exposés au public du 21 au 25 mai à la galerie Charpentier à Paris.


Sotheby’s/ArtDigital Studio
Une chaise dessinée par Garouste et Bonetti pour Christian Lacroix

Cet ensemble avait été créé sur mesure par Elisabeth Garouste et Mattia Bonetti pour Christian Lacroix, en 1987, l'année où il avait ouvert sa maison de couture, dans un hôtel particulier rue du Faubourg-Saint-Honoré, avec le soutien de LVMH. Refusant le minimalisme monochrome gris-noir de la fin des années 1980, les créateurs avaient notamment joué sur les thèmes chers au couturier arlésien : couleurs chaudes, terre cuite, fer battu, tauromachie… Ce mobilier a d'autant plus de valeur que le tandem Garouste et Bonetti s'est séparé en 2002.


Sotheby’s/ArtDigital Studio
Un canapé Garouste et Bonetti pour Lacroix

LA DERNIÈRE COLLECTION PATOU VENDUE

La vente aux enchères, prévue à Paris le 26 mai, est l'ultime étape de la liquidation de la maison Christian Lacroix qui, lourdement déficitaire, a renoncé récemment à sa couture et au prêt-à-porter féminin. Samedi 27 et dimanche 28 mars, le petit-fils de Jean Patou a récolté 141 151 euros en dispersant, via la maison de ventes Chayette et Cheval, la collection haute-couture printemps-été 1987, la dernière signée par Christian Lacroix chez Patou.

Si Christian Lacroix a indiqué ne pas vouloir disparaître de la scène de la mode, certaines de ses "petites mains" sont déjà à l'œuvre. Trois d'entre elles aident bénévolement des femmes en réinsertion professionnelle à monter une collection de mode à partir de vêtements tirés de dons au Secours catholique.

Véronique Lorelle

http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2010/03/30/christian-lacroix-aux-encheres-chez-sotheby-s_1326534_3238.html#xtor=RSS-3208
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Lun 24 Mai - 14:39

Lacroix voleur de lumières



Enquête

La corrida est un théâtre :
l’arène, les toreros cuirassés de soie, d’or et d’argent.
La vie, la mort, des costumes éclatants…
Le plus sudiste des grands couturiers remonte à la source de son inspiration
jusqu’à sa couleur fétiche, le rouge sang.

Arles, printemps 2010.
Journée particulière, rencontre précieuse amorcée en tête à tête dans la salle
vide du restaurant Lou Marques et poursuivie longtemps
sur une terrasse ensoleillée.
Christian Lacroix est sur ses terres, dans ses souvenirs,
dans ses émotions et la conversation, pudique, généreuse,
restitue l’itinéraire de l’enfant qu’il est encore un peu.
L’habit du torero, c’est un totem, un des premiers costumes,
un des premiers dessins. Symbole familier.
Toujours bien en vie.

Quand on grandit près des arènes d’Arles,
pas besoin de Zorro ou Batman pour s’envoler.
L’habit de lumière, l’inimitable traje de luces des Espagnols
(luces peut se traduire par paillettes),
est à la fois vêtement liturgique et seconde peau des hommes
qui s’obstinent à combattre et tuer des taureaux.
Les éditions du Rouergue (depuis peu dans le giron d’Actes Sud)
viennent de publier un petit livre inspiré sur le fameux uniforme et l’an dernier,
les éditions Atelier Baie avaient concocté, sur le même thème,
le beau catalogue d’une exposition du musée taurin de Nîmes.
Prétexte idéal pour croiser le plus sudiste des grands couturiers.

Dandys fêtards

On le sait, l’habit ne fait pas le moine
Celui-là, si. Etre torero, c’est d’abord se glisser dans cette tenue étrange,
outrancière, raffinée.
Ils l’ont dit et redit, sur tous les tons et on doit les croire,
eux, les officiants, les tueurs de fauves, les centurions ou artistes des arènes.
Sans l’habit, pas de prêtre.
Et sans prêtre, au diable la liturgie.
Christian Lacroix le couturier n’a jamais rêvé d’être torero
mais l’enfant d’Arles a dessiné très tôt ces héros scintillants,
ces rescapés de combats surgis de l’antique.
Et cet habit d’or et de satin est resté point de repère,
source d’inspiration et de reconnaissance.

Lacroix l’homme du Sud exilé à Paris a retrouvé d’instinct
les arabesques cousues d’or,
les broderies empruntées aux Vierges andalouses,
les motifs en brassées de fleurs ou la passementerie orientaliste
des habits vus et revus dans les arènes d’Arles.
Il en a restitué à sa main l’élégance aristocratique,
la splendeur baroque et cela n’avait rien à voir avec le hasard
ou les logiques de la mode du temps.

Cet habit-là, la mode, il s’en moque, depuis toujours.
Et pour cause. Ballerines en cuir souple et noir, bas rose bonbon,
pantalon court et serré à s’étouffer, gilet haut et ouvert genre bolero,
le tout dévoré d’or et d’argent :
la panoplie n’a pratiquement pas évolué depuis sa création au XVIIIe siècle,
l’époque où, jusqu’alors réservée aux cavaliers,
la tauromachie se résigna enfin à poser pied à terre.
Dans cette période où le «modèle français»
imposait sa loi dans le vêtement espagnol, les majos de Madrid,
sortes de dandys excentriques et fêtards,
arborèrent avec ostentation les tenues de la résistance.
Pantalons serrés jusqu’aux genoux, ceintures d’étoffes précieuses,
gilets courts surchargés de broderies,
chevelure ramassée sur la nuque dans un filet...
Les majos, habitants du quartier madrilène de Maravillas (devenu Malasañas),
fournirent aussi le gros des combattants de rue contre les soldats
de Napoléon et Goya les peignit dans de nombreux tableaux,
dont le célèbre Dos de Mayo, évocation de la révolte du peuple de Madrid
contre l’occupant français le 2 mai 1808.

Dès 1830, sous l’influence du torero Francisco Montes, dit Paquiro
- l’homme qui codifia les règles strictes
du combat tauromachique toujours en vigueur -,
l’habit de lumière reprend les codes de la tenue arborée par les majos,
les élégants rebelles de Madrid.
Il y ajoute la montera, bicorne de laine bouclée serrée façon astrakan,
couvre-chef bizarre et disproportionné que les maestros se doivent
d’enfoncer au ras des sourcils,
devenu lui aussi l’un des emblèmes identitaires de la profession.
Les majos chers à Goya et partisans anti-Français ont bien inspiré
le costume de scène des matadors et on peut donc oser une hypothèse étonnante.
Le taureau pourrait bien être, à l’origine,
la représentation symbolique de l’envahisseur venu du nord des Pyrénées…

Un autre combat cruel, encore pratiqué lors de la fête du Sang (Yawar)
dans certains villages des Andes péruviennes,
oppose un condor et un taureau,
allégorie sans détour de la lutte à mort entre l’Inca et le conquistador espagnol.
Avec ces histoires de taureaux, c’est toujours la même chose :
le rituel masque à chaque fois des secrets troublants, des mystères qui dérangent.

Gitanes et Arlésiennes



Christian Lacroix, lui, se revoit tout gamin près des arènes,
à l’âge où on ne lui permettait pas encore d’assister au spectacle.
Enfin, pas celui du public massé dans les gradins.
«Je traînais autour du monument avec ma grand-mère
et on venait voir les dépouilles des taureaux hissées avec des chaînes.
On les émasculait, il y avait du sang partout et tous les gamins
qui rôdaient là ne riaient pas du tout.
Moi, ce sang me fascinait et après, avec les autres,
on jouait aux toreros mais aussi aux Romains.»

Dans Qui est là ?
son album intime publié au Mercure de France, il va plus loin :
«J’étais pris dans un rituel trop viscéral pour qu’il me fît peur.
Passage initiatique :
on me jugeait prêt à assister au combat, aux paillettes,
à la muleta au feutre rouge inégalable, à la cape shocking et or,
aux fesses serrées dans tous les satins de la terre, sauf le jaune porte-malheur.»

Dans ces années-là, dans l’autre siècle, Il revoit Arles en noir et blanc.
Avec les «humains en majesté», comme il les appelle, les toreros,
les gitanes croisées jusqu’aux Saintes-Maries-de-la-Mer
ou les Arlésiennes en costume traditionnel,
c’est l’irruption de la couleur, dont ce rouge devenu fétiche.
Couleurs de vie ou de mort. Couleurs de la beauté.
«Elégance, ma notion intime :
la cousine élégante en Arlésienne, la gitane avec son élégance primitive,
le hiératisme du torero.»
Et quand il dit cela, il a les yeux qui brillent.
On est tous deux sur cette terrasse d’Arles,
il fait presque chaud et son petit monde émerge en douceur.

Cohorte de reines



Ce n’était pas un spectacle mièvre, c’est le moins qu’on puisse dire,
et quand les hommes vêtus d’or étaient portés en triomphe,
la foule un peu hystérique essayait de frôler de la main les broderies souillées.
Ces toreros crevaient l’écran, voilà tout.

Christian Lacroix se souvient des premières corridas vécues aux côtés
de l’homme «intimidant, silencieux», son père,
et c’est peut-être l’une des seules choses qu’ils ont tous deux vraiment partagées.
Il y a des images qui marquent.
Luis Miguel Dominguin est en blanc sur la piste,
son éternel rival Antonio Ordoñez le défie, lui, dans un habit noir.
On doit être en 1956. Peut-être 1957.
Qui avait vaincu ce jour-là ? Peu importe.

«Je me revois à l’hôtel Nord Pinus, avec sa célèbre patronne Germaine,
et Dominguin débarque, son habit blanc tâché de sang,
avec à ses côtés son épouse magnifique, Lucia Bosé.»
Saga hollywoodienne. Les toreros et les stars.
Lucia Bosé, l’ancienne Miss Italie, a triomphé dans la Dame sans camélia,
d’Antonioni, ou la Mort d’un cycliste, de Bardem,
avant de succomber au charme de Dominguin.
Elle est la première diva de Lacroix,
avant la cohorte des reines qui ont marqué sa vie, son inspiration,
son désir de créer :
Maria Callas l’extraterrestre, Jacky Kennedy au port de cygne,
l’amie Inès de la Fressange mais aussi les vierges d’Andalousie,
les statues cousues d’or et d’argent, plus vraies que nature.
«La diva des divas, murmure-t-il,
c’est la Macarena de Séville, avec ses larmes de cristal.»

La corrida est un théâtre,
comme la vie, et Christian Lacroix fouille et refouille le passé, le rhabille,
le réinvente à sa main, à sa fantaisie, cherche tous les chemins de traverse,
détournés, buissonniers.
Et parmi tous ces costumes de scène qu’il a d’abord imaginés en rêve,
ou croqués à la hâte sur ses petits carnets, ce sont ceux de ses dieux sudistes,
fantômes d’une enfance vouée à tout observer en silence,
qui ont fini par s’imposer.

«Dans mes moments de spleen à Paris, dit-il,
me revenait aux tripes la chaleur des corridas et des fêtes d’Arles.»
Quand il étouffe, là-haut, il entend l’écho des paso dobles
et peut pleurer en visionnant pour la énième fois la trilogie de Pagnol.
C’est difficile à débusquer, les sources,
mais il y avait bien des arcs-en-ciel à naître dans le cercle de l’arène.
Le drôle d’habit de poupée des toreros,
à lui seul, est un kaléidoscope, un fleuve bariolé.

Le jaune, jamais !

Chez les derniers tailleurs taurins de Madrid
(cinq ateliers ont préservé la tradition, dont la célèbre maison Fermin),
parmi les éblouissements de motifs brodés ou de passementerie tarabiscotée,
les nuanciers d’étoffes sont à eux seuls palette d’exception.
Par exemple, la gamme des verts :
bouteille, émeraude, amande, céladon, tilleul, jade, bronze, absinthe,
pistache, olive, Véronèse…
Ou le perle, l’écume de mer, le cramoisi, le sang de taureau (bien sûr),
l’ardoise, le plomb, le mercure et le très solennel «obispo y azabache»,
violet évêque et noir de jais,
dont raffole le torero artiste Morante de la Puebla.

Mais le jaune, jamais. Superstition tenace :

dans le mundillo taurin, on ne badine pas avec ces choses-là.
Ces couleurs d’habits, elles sont points de repère et parfois
restent seules dans les souvenirs.

Paco Ojeda est une silhouette en blanc,
Rafael de Paula est en grenat et or,
Emilio Muñoz bombe son torse bleu nuit
et Nimeño II repose parmi les fleurs dans son habit myosotis…
Chacun a ses manies, ses marottes,
sa Vierge ou son Christ brodés sur la cape d’apparat arborée lors du paseo,
le défilé d’ouverture de la course.
La couleur est un signe distinctif et intime, la couleur est un défi.
Et ces habits de dix kilos qui peuvent coûter 5 000 ou 6 000 euros pièce
sont à eux seuls des trophées,
des pièges à lumière ou à rêves que les acteurs tués en scène
emportent avec eux dans leur tombe.

Parfois, tout se déglingue et l’habit du mythe se défait.
Alain Steva s’est jeté en 1965 avec son cheval dans un canal en Camargue.
Suicide : il s’était attaché les mains derrière le dos.
L’ancien facteur de Saint-Martin-de-Crau avait démissionné de la Poste
pour être torero et rien n’avait marché.
Il n’a pas toléré la grisaille, l’échec, et on l’a enterré selon ses désirs,
dans son unique habit de lumière vert pomme et or.
La poisse jusqu’au bout :
quelque temps plus tard, des inconnus ont profané sa tombe
et volé le costume brodé, laissant à ciel ouvert un cadavre anonyme…

Le monde des taureaux regorge de ces histoires
à dormir debout et Christian Lacroix
- qui n’est pas expert en corridas et a toujours refusé l’étiquette
de «couturier taurin», «pas question d’être épinglé comme un papillon»,
dit-il - aime d’abord ces petits faits divers, les à-côté, les coulisses,
les terrains vagues, les marges de l’univers des taureaux.
De l’univers tout court.

Les illusions de l’enfance sont tenaces et ces drôles d’habits
compliqués n’ont pas lâché prise.
Dès ses débuts couronnés d’un dé d’or dans la maison Patou,
il signe une collection toreros mais ce n’est qu’un clin d’œil,
juste l’écho d’une caricature de Sem représentant Jean Patou en matador.
Mais les références à l’Espagne (Goya, Carmen, Manolete)
s’imposent d’elles-mêmes, parmi mille autres images glanées
au fil de l’enfance arlésienne, et balisent l’imaginaire.
Vers 1985, avant les grandes collections où son style triomphe,
Christian Lacroix signe discrètement
son premier «vrai» habit de lumières pour le torero arlésien Paquito Leal.
Costume rouge foncé, broderies noires, orné de signes camarguais.
Un costume sobre, traditionnel, respectueux des normes.

Chamaco, Picasso, Dominguin

Il dessine à nouveau d’autres habits taurins pour l’opéra Carmen
qu’Antoine Bourseiller met en scène dans les arènes de Nîmes en 1989
et surtout croise la route du jeune novillero Chamaco.
Un phénomène, star de la fin des années 80 au style inclassable,
tour à tour traité de génie ou de clown. Mad Max ou Noureïev, c’est selon…
Mais le gamin irrespectueux fait courir les foules
et pour son alternative dans les arènes de Nîmes,
il veut un habit Lacroix, sinon rien !

«Je suis allé à Huelva,
je l’ai rencontré en famille et c’était un voyage intime, un peu magique,
à cause de ces liens que nous avons tous ici avec l’Andalousie.
Après, je me suis enfermé pendant des jours pour jeter sur le papier
des dizaines d’esquisses.
Je voulais coller au personnage transgressif,
à son côté punk tout en respectant la forme ou la coupe de l’habit traditionnel.»
Et le 6 juin 1992, l’entrée de Chamaco sur la piste de Nîmes fait sensation :
son habit blanc aux broderies à dominante noire et camaïeus multicolores
évoque à la fois l’art médiéval du vitrail et la luxuriance de Picasso.

Picasso, justement :
habitué d’Arles et de ses arènes, ami de Luis Miguel Dominguin,
connu, ici même en 1950, par l’entremise de Cocteau,
la légende veut qu’il ait lui aussi dessiné un habit de lumière
au fameux torero séducteur.
Mais l’ami Jacques Durand, l’écrivain des choses taurines
et auteur d’un film sur Luis Miguel (réalisé par Marianne Lamour),
n’a jamais retrouvé la trace de l’habit picassien.
D’après ce qu’il sait, ce serait plutôt le poète du Puerto de Santa Maria,
Rafael Alberti, qui aurait créé le fameux costume.
L’habit de Chamaco, que quelques jaloux avaient qualifié de «pizza géante»,
s’est lui aussi fait la malle et serait,
paraît-il, enfoui maintenant dans les réserves du musée taurin de Séville.
Chamaco lui-même, météore oublié de la scène taurine, s’est, dit-on,
reconverti au business immobilier avec l’embonpoint
et le crâne dégarni de ceux qui ont le bon goût de se résigner.

Les habits vivent leur vie et les étoiles finissent un jour par pâlir.
Entre une armada de costumes de théâtre ou d’opéra,
passion née de ce temps où il redessinait un à un tous les vêtements
et décors des spectacles ou films auxquels il venait d’assister,
Christian Lacroix a retrouvé le chemin de Picasso par hasard.
Cette fois, c’est le torero danseur Javier Conde,
l’artiste fantasque condamné à la transe,
qui lui a commandé son dernier costume,
un habit de lumière pour la corrida «picassienne» de Malaga,
la ville natale du peintre, organisée en mars dernier.
Christian Lacroix a utilisé l’étoffe blanche comme toile de peintre,
a délaissé les chenilles de velours rouge et noir ou les paillettes d’or chauffées, admirablement façonnées pour l’habit de Chamaco
par le Parisien François Lesage, dernier génie de la broderie.
L’époque a changé. Chamaco était un feu de paille.

Javier Conde arbore maintenant une palette chamarrée de mauves,
lilas, verts bronze et flammes en forme de tourbillon bordé de noir.
Vêtement de tempête. Et Javier Conde remettra l’habit signé Lacroix
ce dimanche 23 mai à Nîmes pour un duel matinal,
l’un des sommets annoncés de la Feria, avec un autre torero mirobolant,
Morante de la Puebla.

Garbo, Callas, Oum Kalthoum

Habiller des toreros, cela pourrait signifier habiller des divas.
Comme il l’écrit lui-même,
ce serait alors «un travail de thuriféraire,
celui d’une vestale entretenant le feu sacré, d’un officiant,
responsable de cette seconde peau qui tient de l’armure,
de la parure sacerdotale».

Les toreros peuvent être artistes inspirés,
combattants héroïques ou même kamikazes un brin mystiques.
Mais divas, non. Les divas, ses déesses,
sont des femmes surnaturelles, proprement tombées du ciel,
qui, selon ses mots,
«doivent nous mettre la fièvre dans le sang,
comme à Naples se liquéfie par miracle chaque année
dans son ampoule celui de San Gennaro ;
nous mettre des papillons dans le ventre à chaque apparition,
à la première intonation».

C’est pour elles, ces femmes au-delà des femmes, les Dietrich, Garbo, Callas,
La Macarena, Oum Kalthoum, que le gamin d’Arles rêveur et timide,
voleur d’images et de lumières, lui l’homme du Sud païen et si religieux,
«réfractaire avec révérence», a osé redessiner le monde.
Pour les rendre plus belles encore.

Et puis, il a un sourire un peu espiègle, la voix plus douce encore :
«L’habit de lumière, c’est d’abord un vêtement de travail»,
suggère-t-il. Un bleu de chauffe, la tenue magique ?
Mais alors en beaucoup plus compliqué et coloré,
beaucoup plus cher aussi. Bon, il se moque, voilà tout.
Et dans le fond, il a raison. Il faut toujours se méfier des uniformes.
Ne jamais les prendre au pied de la lettre.
Surtout lorsqu’ils scintillent au premier rayon de soleil…


JACQUES MAIGNE
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MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Lun 24 Mai - 15:14

«La diva des divas
c’est la Macarena de Séville,
avec ses larmes de cristal.»


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