H A R M O N Y


 
AccueilFAQS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 CHRISTIAN LACROIX

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
Nine
Admin
avatar

Nombre de messages : 9637
Date d'inscription : 03/05/2008

MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mar 25 Mai - 2:10

Habit de lumière



Cette expression est la traduction littérale de l’espagnol
« traje de luces ».
Une traduction plus fine serait « habit de paillettes »,
car si « luz » signifie « lumière »,
« luces » qui est le pluriel de « luz » se traduit par « lumières »
mais aussi par « paillettes ».
Dans l’expression « traje de luces »,
le mot « luces » est en fait employé dans cette seconde acception.

Le torero revêt l'habit de lumière,
qui doit son nom aux soies de couleurs brillantes et à ses broderies en or et en argent.
À Madrid, il existe plusieurs tailleurs spécialisés en la matière,
comme Fermín, qui marqua une rénovation des costumes des matadors
dans les années soixante en les coupant de manière à les rendre plus flatteurs,
confortables et élastiques,
ou encore Justo Algaba qui propose aujourd'hui une boutique virtuelle d'articles
réservés aux toreros.

Chaque torero choisit la couleur dominante de sa tenue
ce qui permet de l'identifier facilement.
Mais il peut en changer à volonté à chaque corrida.
La couleur de l'habit de lumière peut representer les couleurs de la ville
(où le torero torée) ou celle de la ganaderia.

L’habit du matador et des peones
Il est en soie, brodé et de couleur vive
Le traje de luces a trouvé sa forme définitive vers les années 1830,
sur l'instigation de Francisco Montes « Paquiro »
et n'a subi depuis que de faibles modifications.

Il comprend :
- une veste, la chaquetilla ;
- un gilet, le chaleco ;
- une culotte, la taleguilla,
resserrée au dessus du genoux à l’aide de cordons tressés,
les machos, eux-mêmes agrémentés de glands, les caireles ;
- une chemise blanche à jabot, la camisa ;
- une cravate en soie de couleur vive, la pañoleta ;
- une large ceinture, la faja,
également en soie et en principe de la même couleur que la pañoleta ;
- deux paires de bas superposées, les médias,
la première en coton blanc, la seconde en soie de couleur rose.
- Des chaussures légères, les zapatillas, complètent la tenue.
Enfin, le matador se coiffe d'une toque en astrakan,
la montera et fixe dans ses cheveux, épinglé au castañeta,
un petit chignon postiche, la coleta.


El Maestro José Maria Manzanares

Le costume pèse environ dix kilos ; il est tout, sauf fonctionnel.
Le temps du paseo, l’habit de lumières est complété par un capote d'apparat :
le capote de paseo.
Après le paseo, les toreros le posent (ou le font poser)
sur le faîte du mur séparant la contrepiste du premier rang de gradins,
où le mozo de espada viendra le récupérer en fin de corrida.

Sur l'habit de lumières du matador,
les broderies sont habituellement dorées, parfois noires ;
sur celui des peones, elles sont argentées, noires ou blanches
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
liliane
Admin
avatar

Féminin Nombre de messages : 13051
Age : 67
Localisation : dans la galaxie
Date d'inscription : 02/05/2008

MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mer 9 Juin - 12:27



Le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, avait indiqué, en juillet 2009, vouloir "contribuer à trouver une solution" pour la maison Christian Lacroix, dont la disparition "serait un désastre culturel" (voir Le Monde du 13 juillet 2009). Un an après, il le prouve… dans la limite de ses moyens.

Mardi 8 juin, le ministre de la culture indique avoir préempté des pièces du mobilier de la maison de couture en faillite, mis aux enchères il y a quinze jours, le 26 mai chez Sotheby's. "Une paire d'appliques, deux tabourets, une chaise, un portant, une cabine d'essayage", signés par les créateurs Garouste et Bonetti (comme tout le mobilier de l'ex-maison Lacroix, rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris 8e) iront rejoindre les trésors du Musée des arts décoratifs, à Paris.

De même que 11 robes, dont le ministère a obtenu que "Simon, Jérôme et Léon Falic, propriétaires de la société Christian Lacroix" confirment la donation. Ces tenues, présentées dans ce même musée lors de l'exposition "Christian Lacroix : histoires de mode" (novembre 2007-avril 2008) avaient été choisies, à l'issue de l'événement, par le couturier arlésien lui-même, afin d'enrichir les collections nationales.

TRACTATIONS À L'AMIABLE

Aujourd'hui ces onze robes sont une goutte d'eau, face aux 3000 pièces (vêtements et accessoires) que détient la famille Falic. Depuis plusieurs semaines, la rumeur voulait que ces archives soient elles aussi dispersées. "C'est une vieille rumeur qui n'était pas fondée", assure au Monde Nicolas Topiol, Pdg de la société Christian Lacroix et homme de confiance des Falic. "La société Christian Lacroix, comme indiqué dans le communiqué du ministère, défend ce patrimoine et consent à prêter des pièces à des musées, ce que nous faisons en ce moment à Mulhouse et en Hollande".

"Des tractations à l'amiable ont eu lieu et qui vont dans le bon sens" lâche-t-on dans l'entourage du ministre. Ce dernier, toujours dans le communiqué, "se félicite que ce patrimoine de la haute-couture française soit ainsi conservé". Bien-sûr, rien ne dit que l'avenir sera aussi rose, car la nouvelle société Christian Lacroix est une société privée qui n'a pas vocation à être philanthrope. La vente du mobilier lui a déjà rapporté 545 000 euros.

"Que l'Etat ait préempté le mobilier signé Garouste et Bonetti, designers emblématiques des années 1980, c'est une très bonne chose : nous-mêmes avons gardé certaines pièces pour nos archives", précise M. Topiol, qui s'active à "développer la maison et en préserver le nom". Le prochain rendez-vous aura lieu pendant la semaine de la mode homme à Paris, où aura lieu une simple présentation statique des modèles. Ils sont réalisés par le studio (une équipe de 12 employés contre 30 précédemment) et sous la direction de Sacha Walckhoff, ex-bras droit (depuis 1992) de Christian Lacroix.

Véronique Lorelle
http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2010/06/09/le-mobilier-de-la-maison-lacroix-sauve-en-partie-par-le-ministere-de-la-culture_1369731_3238.html
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
Nine
Admin
avatar

Nombre de messages : 9637
Date d'inscription : 03/05/2008

MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Lun 28 Juin - 9:17

CHAUD SOLEIL CHEZ LACROIX
VENT D'ASIE CHEZ KENZO



PARIS (AP) —

Une certaine maestria a régné samedi sur les présentations de mode masculine
pour la belle saison prochaine avec un voyage vers la Méditerranée
chez Christian Lacroix, quand un vent d'Asie soufflait chez Kenzo.

Pour sa première véritable présentation pour l'homme,
une activité qui existe pourtant depuis cinq ans déjà,
Christian Lacroix présente un vestiaire au luxe abordable,
qui revisite à la fois le savoir-faire technique qui a fait les grandes heures de la maison,
mais aussi son envie de réappropriation, pour l'homme,
d'un ADN resté intact, porté pendant des années par son succès mondial en couture,
en dépit des affres récemment traversées par la maison de luxe.

"Le plan de redressement validé par le tribunal de commerce de Paris
en décembre dernier nous permet la continuation de l'activé et de voir venir
à une échéance d'au moins plusieurs années",
a expliqué samedi à l'Associated Press Nicolas Topiol,
président de la maison Christain Lacroix.

Soulignant que l'actionnaire américain Falic avait "remis de l'argent sur la table",
M. Topiol évoque
"une vraie bouffée d'oxygène pour perpétuer l'activité à travers la signature de licences,
seule possibilité d'un vrai développement permettant de conserver une image
à la fois forte et cohérente".

Cette éclaircie a aussi permis au directeur de l'équipe de création,
Sacha Walckhoff, de présenter une collection répondant aux standards
de toute activité artistique :
l'unité et la variété, et qui intègre du coup et sans effort
le petit monde du prêt-à-porter de luxe masculin parisien.

L'homme Lacroix est sans nul doute un Parisien, très citadin,
faisant route vers les soleils d'été via la Riviera, puis la Camargue.
Dans ses valises, son vestiaire est un véritable étendard hommage
au fondateur emblématique de la marque.

Griffés, rebrodés, imprimés, surpiqués :
les chiffres, monogrammes, signatures, logotypes
(dont le fameux "X" flanqué des lettres "C et L"),
ou les impressions tauromachiques sont partout.
Sur le détail d'un col ou d'un poignet de chemise,
mais aussi en doublure soie d'une veste ou d'une chemise,
ou encore sur les boutons d'un blazer de capitaine ou d'un tricot de matelot.

Des T-shirts figurant des plans de la Camargue,
des chemises batiste, des polos, des salopettes de toiles "de Nîmes"
(l'ancêtre du blue-jean, le denim),
mais aussi de larges pantalons paysan à taille haute,
complètent cet ensemble dédié au voyage méridionaux,
ou l'on trouve aussi pléthore de polos en voile tissé ou popeline de coton,
ou encore une ribambelle de cravates à la trame savamment tissée
et de légers foulards, l'accessoire indispensable de la prochaine belle saison.

Bercé par les accords du musicien star Ryuichi Sakamoto et du tube "Big in Japan"
du groupe pop Alphaville,
la présentation Kenzo a mis en mode l'impression
que ressent tout Occidental découvrant le pays du Soleil Levant.

"Moi aussi, je fus au Japon.
Infirme là-bas celui qui ne sait pas avec des signes signifier.
Des signes graphiques",
disait le poète Henri Michaux au sujet de l'archipel nippon.

Et c'est le fil conducteur de cette collection Kenzo.
"J'ai emprunté à Picasso quelques verticales ou horizontales marines
et d'autres choses à Fujita,
mais je suis resté centré sur ce qui marque le plus l'oeil occidental
quand il découvre tous les sens cachés de ces motifs et dessins",
a dit en coulisse à l'AP le directeur de création Antonio Marras.

Vestes, complets, parkas ou sahariennes s'ornent de larges fleurs d'orchidées
en inserts ou imprimés.
De véritables patchworks font vivre ensemble les matières lavées,
cirées ou ouatinées.

Le bleu marine, le bleu Klein ou ciel prennent le pouvoir,
en plus des nuances tabac, taupe, anthracite ou gris souris.

En plus de véritables pièces de maille tricotées ou torsadées,
la collection fait la part belle aux matières innovantes
comme les mélanges cuir contrecollé/jersey ou jersey/jean. AP


Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
Nine
Admin
avatar

Nombre de messages : 9637
Date d'inscription : 03/05/2008

MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mar 3 Aoû - 1:38

Le conseiller artistique de la Monnaie de Paris sera
Christian Lacroix




C’est tout nouveau.
Christian Lacroix devient partenaire de la Monnaie de Paris
qui fabrique pièces de monnaie, légions d’honneur,
monnaies de collection, fontes d’art, et bijoux.

Christian Lacroix vient donc de nouer avec la Monnaie de Paris
un partenariat qui lui confie la conception de plusieurs produits d’art de la marque
« Monnaie de Paris », dont il devient le conseiller artistique.

Ainsi dessinera-t-il la Médaille du Mariage et la Médaille du PACS
qui seront dévoilées à l’automne 2010,
ainsi que d’autres monnaies et médailles de collection.

Peut-être Christian Lacroix pourra-t-il dispenser là-bas encore plus largement ses talents,
et participer « créactivement » à la complète renaissance de l’Hôtel de la Monnaie,
lui dont la baguette magique avait fait merveille en réveillant en 2008 le vieillot,
et pas mal endormi, musée Réattu d’Arles,
à l’occasion des rencontres internationales de la Photographie.

André Balbo

Sources : Le NouvelObs, la Monnaie de Paris, Le Parisien

Ce dernier créera aussi "des monnaies de collection et des médailles de baptêmes"
continue le communiqué.
Un partenariat qui pourrait déboucher sur plusieurs autres collaborations dans un futur proche.


Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
Nine
Admin
avatar

Nombre de messages : 9637
Date d'inscription : 03/05/2008

MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Jeu 30 Déc - 0:10

Le luxe selon ... Christian Lacroix



«La crise est passée par là et elle a tout cassé.
Aujourd’hui, le luxe ne nous entoure pas.
Il ne doit pas forcément être inabordable côté prix d’ailleurs,
mais il faut le chercher.

Le luxe, c’est du temps et du travail, à la main notamment.
Une écharpe tricotée par votre grand-mère peut par exemple devenir un luxe.
Désormais, le luxe n’est plus incarné par une marque.
Le signe distinctif n’est pas du luxe non plus.
À mes yeux, cette notion rejoint celle du confort.
Se sentir bien notamment.
Je me souviens de pantoufles très légères faites par un artisan de Venise
ou de petits carnets où prendre des notes et dessiner ;
de trucs qui viennent du fond des âges aussi, sans logo.

Le luxe est une quête personnelle, il doit rester rare et exige un effort personnel.

Même au quotidien, en cuisine par exemple.
J’aime les aliments simples qui deviennent sublimes lorsqu’ils sont rehaussés
avec de la truffe blanche, ou, c
omme en Espagne où je travaille, un oeuf servi avec un produit rare.
Avoir des fruits qui ne poussent normalement pas en hiver est un luxe également.
Dans ce registre, je pense toujours à Greuze et son restaurant de Tournon
où l’on descendait avec mes parents.
Ce chef n’a jamais accepté la dictature des guides, il est toujours resté lui-même.
Encore un luxe.

Aujourd’hui, alors que mon nom ne m’appartient plus,
je suis obligé de faire de l’alimentaire avec XCL.
Je dois donc me remesurer à moi-même.

Bernard Arnault me disait toujours que je n’étais pas populaire,
j’ai donc travaillé pour le TGV ou pour les hôtesses d’Air France
et cela m’a remis en selle.

Finalement, je suis libre et c’est un vrai luxe.

Je reconnais néanmoins que le luxe reste très élitiste si l’on prend
le cas de ces femmes qui achètent toujours de la haute couture.
Elles permettent en tout cas aux Lesage ou à des gens qui font
des boutons à l’unité de continuer à exister.

Pompidou disait que la France reposait sur le camembert et la haute couture.
C’est toujours vrai, la France c’est du fromage,
des arts décoratifs et il faut garder ce patrimoine.

Je travaille beaucoup en Allemagne et sur un opéra,
Agrippine, avec Vincent Boussard, un ami.
Dessiner des costumes d’opéra,
qui serviront par essence le temps de quelques représentations, est aussi un vrai luxe.
J’illustre également des livres et je prépare la décoration d’un hôtel à Paris.

Dans le secteur du luxe, je pense qu’amasser des noms,
des marques est une stratégie qui touche à sa fin.

Aujourd’hui, la rue est prescriptrice.
Les gens sont intelligents et c’est tant mieux.
Personnellement, la télé m’a par exemple donné des outils pour dépasser
ce que me transmettait ma famille bourgeoise.
C’est vrai, j’ai dû déposer le bilan, les clientes ne sont plus les mêmes.
Mais je continue à réaliser les rêves que j’avais enfant.
À l’époque de ma maison de couture, je n’aurais pas habillé madame Pinochet.
Pouvoir refuser c’est aussi un luxe…
Mais j’aurais tellement aimé continuer avec mes ouvrières…
J’aimerais faire du luxe pour tout le monde.

Il n’y a rien entre le grand luxe et la grande diffusion. C’est dommage.»

Le Parisien decembre 2010
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2393
Age : 66
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Mer 2 Fév - 20:06


.


L'Orient des femmes vu par Christian Lacroix



MUSEE DU QUAI BRANLY Du mardi 8 février au 15 mai 2011



Véritable hymne aux femmes orientales, l’exposition dévoile un autre visage des femmes, du nord de la Syrie à la péninsule du Sinaï, en présentant un ensemble exceptionnel de 150 costumes et parures traditionnels du Proche-Orient, sélectionnés par le couturier Christian Lacroix, avec le concours de Hana Chidiac, responsable des collections Afrique du Nord et Proche-Orient du musée du quai Branly.









L' EXPOSITION



De ce travail en commun est né un parcours poétique ponctué de pièces somptueuses qui, pour la plupart, sont exposées pour la première fois en France : robes de fête, manteaux, voiles et coiffes qui composaient le trousseau de la mariée témoignent à leur manière de la continuité des traditions et des savoir-faire développés et transmis de mères en filles.

Hommage à l’art millénaire de la broderie, l’exposition dévoile le travail de ces femmes qui, pendant des siècles, ont cherché à créer des modes pour s’embellir et exister au sein de sociétés qui les ont longtemps marginalisées, livrant ainsi leur personnalité, leur sens esthétique et leurs émotions.

Chacune des créations présentées dévoile aux yeux des visiteurs un pan de l’histoire de ces femmes dont les mains, les gestes, les goûts et le talent, ont donné aux étoffes, aux fils de soie ou de coton, une part d’ellesmêmes, composant chaque pièce comme une oeuvre d’art.

Au-delà de sa portée historique et ethnologique, L’ORIENT DES FEMMES se veut une invitation à la découverte esthétique de l’art vestimentaire féminin.

Guidé par la couleur des fils sur le coton noir, l’argent lamé ou la soie rayée des doublures, la coupe des robes ailées et la teinture des étoffes nouées, Christian Lacroix a su déceler les pièces les plus remarquables. Hana Chidiac




Manteau de fête de femme syrienne, dara'a
(c) musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Miche



l'orient des femmes dévoilé...


Carrefour politique, économique et culturel entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique, le Proche-Orient a été le berceau de riches civilisations qui ont laissé leurs empreintes dans différents domaines artistiques dont l’art vestimentaire, encore méconnu du public.
L’art des textiles et de la broderie est millénaire, se voulant tout autant manière de se vêtir que langage, marqueur social, géographique ou religieux.

Depuis les années 1970, l’image et la physionomie de la femme du Proche-Orient ont changé. De nos jours, ce que l’on nomme « la tenue islamique » s’impose partout. De couleur sombre, elle recouvre le corps des femmes sans en rien laisser paraître et conduit, de fait, à l’abandon progressif des costumes traditionnels orientaux entraînant la disparition des derniers témoins d’un art vestimentaire séculaire.

En exposant pour la première fois une sélection de robes traditionnelles venues d’une vaste zone située en plein coeur du « Croissant fertile », du nord de la Syrie à la péninsule du Sinaï, le musée du quai Branly donne aux visiteurs la possibilité de découvrir la diversité des modes de vie et des coutumes des populations proche-orientales.

Il dévoile alors un autre visage de la femme orientale en portant un regard neuf, vif et esthétique sur leurs créations traditionnelles.

A l’exception d’une émouvante robe d’enfant du 13e siècle, retrouvée dans une grotte au Liban et prêtée par le Musée national de Beyrouth, les pièces exposées datent pour la plupart de la fin du 19e siècle à nos jours. Elles sont issues des collections du musée du quai Branly et de la plus exceptionnelle collection privée de costumes et parures du Proche-Orient, celle de Madame Widad Kamel Kawar (Jordanie).

L’exposition s’attache à présenter les costumes des villageoises et Bédouines dont la richesse et l’éclat ont provoqué l’admiration des voyageurs du siècle dernier et en ont déconcerté plus d’un comme le commente le géographe Jacques Weulersse : « Ils s’attendaient à des vêtements de pauvres paysannes, ils découvrent des costumes de ballerines d’opéra ». (Paysans de Syrie et du Proche-Orient, Paris, Gallimard, 1946)

Pour l’occasion, le musée du quai Branly a fait l’acquisition d’une trentaine d’accessoires : robes, manteaux, coiffes et voiles viennent ainsi compléter la sélection de costumes et enrichir les collections permanentes aux cotés de ceintures, serviettes, gilets et bijoux.




Voile de visage de Bédouine





le parcours de l'exposition



Christian Lacroix a imaginé le parcours de l’exposition comme une déambulation poétique. Les pièces forment un cortège immobile et planant. Elles habitent un espace coloré où se projette, dans une lumière feutrée et chaleureuse, l’imaginaire du couturier vers un Orient rêvé.

Du noir à la couleur, de la nuit au jour, les robes semblent suspendues dans un temps figé dont le visiteur serait le spectateur clandestin.

L’exposition débute par la présentation d’une robe de fillette du 13e siècle retrouvée lors de fouilles archéologiques au Liban et s’achève par 5 robes blanches brodées de couleurs, formant un bouquet original, clin d’oeil à la tradition du défilé de mode qui s’achève par la présentation d’une robe de mariée.

Entre ces deux pôles temporels, le parcours se déroule selon un itinéraire géographique qui part du Nord de la Syrie pour atteindre le désert du Sinaï dévoilant ainsi, tour à tour, les costumes des femmes syriennes, jordaniennes, palestiniennes et bédouines. Il est ponctué par des mannequins stylisés en costumes traditionnels et par des coffres de mariage contenant les accessoires du traditionnel trousseau de la mariée. Ces coffres, que le visiteur découvre comme un trésor précieux, sont dessinés par Christian Lacroix pour l’occasion.

Un espace agrémenté de « miniatures à la gouache » dans le style persan et de poupées vêtues de tenues traditionnelles accorde au visiteur un moment de détente sur des banquettes également conçues par Christian Lacroix. Il peut y consulter des fiches relatant l’histoire de la soie au Proche- Orient ou encore la saga de l’indigo.
Dans ce même espace, une série de petites robes brodées, réalisées spécialement pour l’exposition, offre aux visiteurs en situation de handicap visuel la possibilité de « lire avec les doigts » les tissus, à la découverte des coupes et des broderies des pièces exposées.


http://www.quaibranly.fr/fr/programmation/expositions/prochainement.html


.
Revenir en haut Aller en bas
liliane
Admin
avatar

Féminin Nombre de messages : 13051
Age : 67
Localisation : dans la galaxie
Date d'inscription : 02/05/2008

MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Ven 11 Fév - 8:56


La Monnaie de Paris a présenté jeudi des médailles de mariage ou de PACS, dessinées par le couturier Christian Lacroix et frappées en différents métaux, pour commémorer "ces moments uniques" dans l'existence.

Soulignant le nombre important d'unions en France (quelque 250.000 mariages et 200.000 PACS par an), la Monnaie a précisé que ces médailles pouvaient être offertes par les proches, la famille, les témoins ou même le maire d'une commune, mais aussi, plusieurs années après, pour en fêter l'anniversaire.

Chacune peut être gravée aux noms du couple et à la date de la cérémonie. Clin d'oeil pour illustrer le propos, plusieurs exemplaires disposés au siège de la Monnaie, sur les bords de Seine, fêtaient William et Kate ou Albert et Charlene ou encore les people Brad et Angelina.

Les plus petites, de 50 millimètres, en bronze doré ou rose, coûtent 55 euros. Mais pour des versions très haut de gamme, réalisées sur-mesure, il faut demander un devis.

M. Lacroix, conseiller artistique de la Monnaie depuis l'été dernier, a imaginé pour le mariage un "motif en miroir, des mains qui se rejoignent, un coeur qui peut ressembler à une grenade, une colombe ou une forme du Saint-Esprit", a-t-il expliqué.

Cette représentation "spirituelle et un peu abstraite" contraste avec le dessin retenu pour le PACS, celle de deux profils qui se font face, à la fois "féminins et masculins", a-t-il souligné, pour pouvoir commémorer aussi bien l'union de deux femmes, deux hommes ou d'un couple hétéro.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/culture/20110210.AFP2497/des-medailles-de-mariage-ou-de-pacs-dessinees-par-christian-lacroix.html
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
liliane
Admin
avatar

Féminin Nombre de messages : 13051
Age : 67
Localisation : dans la galaxie
Date d'inscription : 02/05/2008

MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Lun 27 Juin - 19:03

Rhabillez vos hommes pour l'été


Alors que la maison de couture Christian Lacroix était au bord du gouffre il y a à peine deux ans, elle reprend peu à peu sa place. Le 22 juin dernier, la maison a même donné pour la première fois de son histoire, un défilé pour le lancement de sa ligne masculine Printemps /Eté 2012. Ce show a eu lieu dans la boutique historique de la marque, celle de la rue Saint-Sulpice à Paris. La boutique est en rénovation mais qu'importe. "L'aspect des lieux, en travaux, est à l'image de l'état actuel de la maison" a confié dans un communiqué Sacha Walckhoff, le responsable de la création depuis le départ de Christian Lacroix en 2009.

Et inutile de préciser que Sacha Walckhoff refaçonne Christian Lacroix. Rien de plus évident ! Alors que l'ADN originel de la marque se trouvait dans les couleurs vives et les imprimés, Walckhoff apporte de la sobriété, de la subtilité, avec ce style de gentils garçons british. Ses jeunes modèles portent des costumes rétrécis, des vestes de motard stylisées de broderies et de cristaux Swarovski...

Bravo à Sacha Walckhoff qui donne une nouvelle esthétique, plus jeune, plus fraîche à ce que Lacroix avait construit.

http://www.news-de-stars.com/christian-lacroix/images-christian-lacroix-rhabillez-vos-hommes-pour-l-039-ete_art50479.html
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
liliane
Admin
avatar

Féminin Nombre de messages : 13051
Age : 67
Localisation : dans la galaxie
Date d'inscription : 02/05/2008

MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Lun 31 Oct - 20:28

Dans les ateliers de l'opéra Garnier avec Christian Lacroix


Reportage en son et en images à l'Opéra Garnier dans les studios de répétition et les ateliers de création de costumes du ballet La Source . Des costumes conçus par le couturier Christian Lacroix




Dans les ateliers de l'Opéra Garnier avec... par la-croix

http://www.la-croix.com/Culture-Loisirs/Culture/Theatre/Dans-les-ateliers-de-l-opera-Garnier-avec-Christian-Lacroix-_NG_-2011-10-28-729062
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
liliane
Admin
avatar

Féminin Nombre de messages : 13051
Age : 67
Localisation : dans la galaxie
Date d'inscription : 02/05/2008

MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Dim 24 Juin - 20:42

Christian Lacroix: "dessiner sur des sacs ne fait pas de soi le génie du siècle !"

Le couturier, qui a dessiné les costumes du Bourgeois gentilhomme, est l'invité du musée Réattu, à Arles. L'occasion de lui demander de tirer 7 numéros au hasard dans une grille de 49. Chacun correspondant à une question.

7-Un prétendu chef-d'oeuvre qui vous irrite ?

Tout le travail de Takashi Murakami. Pour moi, il a un joli talent d'illustrateur et de publicitaire, mais il n'est en rien un artiste. S'autoproclamer le nouveau Warhol et dessiner sur des sacs ne fait pas de soi le génie du siècle! C'est le monde à l'envers, celui où ce sont les marchands d'art qui décident.

11-Vous a t-on déjà pris pour quelqu'un d'autre ?

Pour Jean Paul Gaultier, alors que nous ne nous ressemblons guère! Et lorsqu'on me dit, plus vaguement, qu'on a l'impression de m'avoir déjà vu quelque part, je réponds que je présente la météo sur la chaîne régionale.

33-Au bal de Carnaval, vous êtes déguisé en...?

La dernière fois, c'était en Karl Lagerfeld version Ancien Régime.

4-Quelle est la question qu'on vous a le plus posée ?

"Quelle différence y a-t-il entre une femme et un tramway ou un TGV?" [NDLR: il a dessiné l'uniforme des agents de la SNCF en 2005 et designe le tramway de Montpellier depuis 2007.] Ce à quoi je réplique: "Je me fais du souci pour la vie sensuelle de celui qui me pose la question."

41-Une proposition inavouable d'un fan ?

M'épouser contre quelques vaches et quelques chèvres. C'était un admirateur africain qui pensait que j'étais le mannequin figurant sur les publicités de la Maison Lacroix, dans les années 1990.

6-Une chose qui vous énerve profondément ?

La désinvolture et l'arrogance de beaucoup de journalistes des chaînes d'info. Les commentaires sur le jubilé de la reine Elisabeth II m'ont particulièrement mis à l'épreuve. Comme si nous étions, en France, les rois du goût, du bon sens et du style ! Je suis aussi très agacé par les enfants mal élevés dans les trains et les expressions toutes faites comme "pris en otage", "une coupette" "bisou-bisou" ou "que du bonheur".

23-Pouvez-vous nous citer une chanson que vous chantait votre grand-mère ?

Mon grand-père me fredonnait Une chanson douce, d'Henri Salvador, et ma grand-mère, Le Petit Jésus s'en va-t-à l'école. Je m'en souviens encore : "En portant sa croix dessus ses épaules/Une pomme douce pour mettre à sa bouche/Un bouquet de fleurs pour mettre à son coeur/C'est pour vous, c'est pour moi/Que Jésus est mort sur terre/C'est pour vous, c'est pour moi/Que Jésus est mort en croix..."

La question complémentaire: quel est votre meilleur souvenir des Rencontres photographiques d'Arles ?

L'exposition sur Arles et les Arlésiens à l'archevêché, lorsque j'étais directeur artistique de l'événement, en 2008. J'avais aussi choisi de mettre en avant l'oeuvre de Lucien Clergue, notamment la série des années 1950 des "charognes" ou celle des "saltimbanques", qui représentent très bien la ville.

Estelle Lenartowicz

Musée Réattu, exposition Les Picasso d'Arles, jusqu'au 30 décembre 2012

Le Bourgeois gentilhomme de Molière, mise en scène de Denis Podalydès, théâtre des Bouffes du Nord, Paris (Xe), jusqu'au 21 juillet. Renseignements au 01 46 07 34 50.

http://www.lexpress.fr/styles/mode/christian-lacroix-dessiner-sur-des-sacs-ne-fait-pas-de-soi-le-genie-du-siecle_1129498.html
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
liliane
Admin
avatar

Féminin Nombre de messages : 13051
Age : 67
Localisation : dans la galaxie
Date d'inscription : 02/05/2008

MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   Dim 31 Jan - 22:16

Clergue, Picasso et Cocteau
Entretien avec Christian Lacroix



Christian Lacroix est co-commissaire de l’exposition Lucien Clergue, au Grand Palais.

« […] j’ai connu, enfant, les mêmes pulsions, le même spleen délétère né d’une ville mortifère par nature, que la guerre était venue en plus torturer, défigurer. J’ai connu les mêmes rituels, les mêmes peurs, les mêmes passions et fascinations, les mêmes paysages, les mêmes étés aussi rudes de canicule que les hivers de grand gel, le même atavisme, cette impression d’être né de la pierre, de la terre, de l’eau, du vent en même temps que de la chair blessée » (Christian Lacroix)

Christian Lacroix co-commissaire de l’exposition Lucien Clergue, au Grand palais, grand couturier bien sûr, mais encore décorateur, illustrateur, créateur de formes, pris par ses occupations qui l’entraînent partout dans le monde, n’a pu répondre à nos questions avant le bouclage de notre numéro de janvier. Nous publions ici ses commentaires, et nous le remercions vivement de sa très aimable coopération.

Patrick Mandon. On n’attendait pas une exposition consacrée à Clergue au Grand palais. Or, elle détruit nos idées reçues. Vous rendez parfaitement compatibles son enracinement régional, d’ailleurs libre de tout provincialisme, avec une vision généreuse, universelle de l’art et des hommes. Clergue est-il donc un moderne ?

Christian Lacroix. Nous connaissions les réticences de quelques-uns, jusque dans les plus hautes sphères des musées, à l’idée d’une exposition Clergue au Grand Palais. Pourtant, lorsque François Hébel, avec qui j’ai collaboré à plusieurs éditions des Rencontres d’Arles, m’a demandé d’en être avec lui le co-commissaire et le scénographe, elle m’a semblé une évidence. Justement parce que je les pressentais, ces réticences, j’y ai vu presque une sorte de mission : infléchir le préjugé de beaucoup en ajoutant mon œil d’amateur, d’arlésien et d’ami à celui de François, qui avait déjà travaillé sur une presque rétrospective de Lucien Clergue l’été précédent, pour ses 80 ans, lors des Rencontres 2014, soit quelques mois avant sa mort. Je crois que le succès phénoménal (qui, de son propre aveu, dépassa Lucien Clergue lui-même) des « nus », a occulté tout le reste ou presque de son œuvre. Sans doute parce que j’ai connu, enfant, les mêmes pulsions, le même spleen délétère né d’une ville mortifère par nature, que la guerre était venue en plus torturer, défigurer. J’ai connu les mêmes rituels, les mêmes peurs, les mêmes passions et fascinations, les mêmes paysages, les mêmes étés aussi rudes de canicule que les hivers de grand gel, le même atavisme, cette impression d’être né de la pierre, de la terre, de l’eau, du vent en même temps que de la chair blessée. Ce sont ces premières images que j’ai vues exposées dans les années cinquante. Ce n’était pas anodin, mais pour moi -je devais avoir 7 ou 8 ans-, il était naturel de voir des photographies en noir et blanc accrochée aux cimaises d’un musée, entre tableaux du XVIIIe et tapisseries de Bruxelles du XVIe. Et elle m’ont troublé parce que, sans connaître leur auteur, je m’y suis reconnu. J’y ai reconnu mon attirance pour les cadavres, pour les contrastes graphiques, je me suis reconnu dans ces enfants déguisés, de mon âge ou presque. Nous n’avons fait connaissance que dans les années 70/80 par l’entremise de mon amie Wally, l’un de ses modèles favoris, puis à la faveur de la maison de couture. Lucien était à ce moment-là, bien sûr, l’auteur de « Née de la vague » du « Drame du taureau », mais surtout le créateur, avec Jean-Maurice Rouquette, Michel Tournier et d’autres, le fondateur des Rencontres de la Photo d’Arles. Cependant je restais ancré dans l’émoi des « Charognes » et des « Saltimbanques », mon admiration et mon amitié sont toujours allées vers cette période-là, celle d’un Lucien peiné jusqu’à l’incompréhension par mon peu de sensibilité pour certaines de ses tentatives tardives ou pour ses « superpositions ». Alors, disons que, plutôt qu’une réflexion argumentée, c’est ce compagnonnage du regard, cette connaissance viscérale de son travail, ces racines très souterraines que j’ai souhaité partager, afin d’éclairer un certain malentendu, très injuste, à son propos. Avec, comme axiome de base, la certitude que, sans la guerre et la désolation des bombardements, sans le drame de la mort de sa mère, sans tout ce qui exsude d’une ville que nous avons connue tous deux épidermiquement (même si je suis né dix-sept ans après lui, dans une cité encore blessée, pas tout à fait reconstruite malgré les frémissements d’embellie, de renaissance), Clergue ne serait pas. Ou ne serait pas Clergue, tel qu’on le présente, là, au Grand-Palais, le peintre-calligraphe, doué de l’œil d’un poète, de l’oreille d’un musicien au service d’un cerveau de photographe. Il ne serait pas l’héritier des mythes, des héros, des artistes de l’Antiquité, dont la présence est si palpable entre Camargue et Alpilles. Je ne sais pas si le mot « moderne » le qualifie bien : il est en tous cas de son temps et de sa génération, avec une pertinence, une clairvoyance et une légitimité, dont ses premiers albums témoignent une bonne fois pour toute. Il a innové, il a inventé. C’est pourquoi j’ai tenu à ce que la première salle serve de préambule, comme un état des lieux. Voici la ville d’Arles sur laquelle le jeune Lucien « rouvre » les yeux en 1944, un chaos, des drames mais aussi des trésors : une Venus antique, le travail de Roman, photographe arlésien du milieu et de la fin du XIXe, car Arles, dès l’apparition de la photographie, a vu naître des amateurs éclairés.



On le disait colérique, emporté, orgueilleux voire arrogant…

Lucien, né sous le signe du Lion, symbole, en outre, des « armes » de la vile, avait une certaine idée, d’ailleurs juste, de lui-même et de son travail, un talent d’acteur (c’était un formidable conteur -sans doute ce qui me manque le plus depuis son départ -un excellent « Causeur » !). C’était un amoureux de la lumière et des applaudissements (de son propre aveu, il savoure ceux destinés à Manitas de Plata à Carnegie Hall : derrière le rideau, il prend sa part, en tant qu’impresario, du triomphe de son poulain). Orgueilleux, certes, et ce n’est pas toujours un défaut lorsqu’on est fait pour le succès, impatient, exigeant, colérique, et assoiffé de reconnaissance. Mais arrogant je ne crois pas. Il n’y avait jamais de mépris en lui. Une fois adoubé par le MOMA, Picasso et Cocteau, il a continué sur la voie royale, qui semblait l’attendre depuis toujours. Jusqu’à atteindre le sommet des sommets pour lui, avec ce premier siège pour la photographie à l’Académie des Beaux-Arts. En passant par la création des Rencontres, sans doute son chef-d’œuvre ! De tout cela il était fier mais sans fatuité. A l’évocation de tant de réussites il souriait. D’aise d’abord. Et d’amusement aussi ensuite, pas dupe. Sans doute, cette voie « officielle » a-t-elle pris la forme d’une spirale implacable à moment donné, qui l’a happé, exigeant toujours plus de succès, de reconnaissance, de récompenses. Au détriment de quoi ? Je ne sais, je ne lui ai jamais posé la question de ses regrets éventuels. Sans doute en avait-il. Mais de l’avis de certains, très proches, il était conscient de la valeur particulière de son travail jusqu’aux années 80, et d’avoir à peu près tout dit. C’est peut-être pourquoi il s’est senti libre de se consacrer à la promotion non seulement de son œuvre, mais de celle de beaucoup d’autres et de la photo en général. Malgré les centaines d‘images presque quotidiennes qu’il aura produites jusqu’à la fin.



Son attention aux plus démunis, son réalisme, sa « sensibilité » à la violence, à la mort, tout cela s’explique en partie par les événements, les chagrins de sa propre jeunesse, n’est-ce pas ?

Bien évidemment

On le découvre grand amateur et initiateur en France d’une certaine photographie américaine. Ce qu’il a vu au MoMa, par exemple, des personnalités telles que Grace Mayer, l’ont-ils décidé à valoriser ici la photographie ?

Je ne saurais vous répondre exactement. Peut-être a-t-il perçu chez les américains, instinctivement, inconsciemment, les mêmes considérations que celles que vous énumérez à son propos dans la question précédente, quelque chose qui dépassait ce qu’il pouvait voir de la photo européenne ou française, humaniste etc. Il avait connaissance du travail des artistes américains grâce à des revues, qui étaient plus que rares à l’époque. Et il mettra à profit ses voyages autour du monde avec Manitas de Plata pour rencontrer la plupart de ceux qu’il a eu envie de connaître. Il est habité par une quête, et une énergie, qui produit à son tour une forte dynamique : les choses viennent à lui, il provoque le sort, qui, par ricochet, mettra Jérôme Hill et d’autres sur sa route, et Weston, sa grande passion. Il ressent probablement une sorte de fraternité, de proximité en tous cas. Toute sa vie durant il se sentira chez lui aux USA, où la photo, en 1961, a déjà bien entendu un tout autre statut que celui que lui accorde la France. Il remarque que, pour aller admirer Guernica, on doit passer par une salle présentant des photos contemporaines. Il avait en lui, déjà, l’idée de la valorisation de la photographie (avant même, je pense, le voyage et l’exposition new-yorkaise de 1961), de ses photos à lui, mais aussi des photos des autres, car il aura toujours été généreux avec ceux qu’il admirait. Alors oui, sans doute a-t-il rêvé de voir des Grace Mayer œuvrer dans les musées français. C’est ce qu’il a fait en portant avec Jean-Maurice Rouquette et d’autres jusqu’à la concrétisation toutes ses intuitions au Musée Réattu, puis dans le cadre des Rencontres. Bref, c’est une mission, dont je crois qu’il s’est toujours senti investi, et les américains n’ont fait que le conforter dans son « combat »



Le rôle de Jean Cocteau dans la vie de Clergue apparaît comme fondamental…



C’est sur le conseil de Picasso que Clergue rencontre Cocteau. Lucien a aimé la musique, Bach, le violon, mais sans doute a-t-il aimé plus que tout les mots, la littérature, la poésie, les mythes, incarnés par Cocteau. Lorsqu’il sonne chez lui, au Palais Royal, au milieu des années 50. Lucien est persuadé que Cocteau va le faire travailler, l’introduire dans le saint des saints du Tout-Paris. Mais ce dernier a une fulgurante et géniale intuition : il le renvoie à Arles, son royaume, sa source, son « sitio » comme on dirait en tauromachie. Lucien est quelque peu déçu mais l’écoute, avec juste raison. L’amitié et la collaboration des deux hommes ne cesseront qu’avec la mort de Cocteau en 1963. Jusque là, ils échangent régulièrement et J.C. intervient surtout dans le choix des titres, dans les textes qui accompagnent les publications de Lucien, peut-être aussi l’oriente-t-il dans ses recherches. Surtout, il l’invite sur le tournage d’Orphée aux Baux de Provence. Clergue l’aide à mettre en place certaines scènes, comme celle où apparaissent Picasso, Jacqueline, Dominguin, Lucia Bose etc. Peut-être, je ne sais pas, l’embryon d’une vocation de cinéaste chez Clergue ? Surtout sollicité, encouragé, poussé en ce domaine par Pierre Braumberger, persuadé qu’il était fait aussi pour le cinéma, et qui lui envoya pellicule, matériel et techniciens pour qu’il tourne ses premiers courts-métrages. Ce qui était vrai. Mais le palmarès avorté, pour cause d’« événements », du festival de Cannes, en 1968, où son film « Delta de Sel » aurait dû être couronné, le détourna de cette voie au profit des Rencontres.

Peut-on voir dans l’intention des deux « commissaires » de cette exposition, une autre manière de rendre à Arles ce que cette ville et toute sa région leur ont apporté ? Un témoignage de reconnaissance ?

Je ne saurais parler pour François Hébel, mais, en ce qui me concerne, c’est certain. Et davantage ! Si nous partagions en profondeur quelque chose, Lucien et moi, c’était bien cette Ville décisive, entre mère et prostituée, bienveillante et terrible à la fois, initiatique…
*Photo: Sipa. Numéro de reportage : 00579763_000006.

Patrick Mandon

http://www.causeur.fr/clergue-picasso-et-cocteau-36498.html
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: CHRISTIAN LACROIX   

Revenir en haut Aller en bas
 
CHRISTIAN LACROIX
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
 Sujets similaires
-
» CHRISTIAN LACROIX
» Christian Lacroix
» Votez pour notre ami Christian De Mitri ce chanteur talentueux !
» MémoArt de Quais de Christian AFFAGARD
» creation museum - christian fundamentalists' new project

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
H A R M O N Y :: LA MODE SE DEMODE, LE STYLE JAMAIS :: LA MODE-
Sauter vers: