EMPREINTES : BERNARD PIVOT , LES ANNEES APOSTROPHES
Il demeure une figure légendaire du petit écran.
Pendant plus de trente ans, Bernard Pivot a marqué de son empreinte la télévision française avec ses émissions littéraires.
Comment expliquer aujourd’hui le phénomène Pivot ?
Ce film éclaire la personnalité de l’homme et du journaliste, premier non-écrivain à avoir été élu à l’Académie Goncourt.
Extraits
Bernard, amateur de cuisine régionale, de grands crus et de bonne littérature.
© Franck Martine / Magnum Photos
Au fond, qu’est-ce que j’ai fait durant toute ma vie à la télévision française ?
C’est de gratter les têtes des téléspectateurs.
Tous les sports que je pouvais pratiquer, je les ai pratiqués.
C’est grâce à ça que j’ai appris à ne jamais rien lâcher, à avoir l’esprit de conquête, essayer de gagner, l’opiniâtreté, aller jusqu’au bout de ses forces, essayer de toujours l’emporter même quand on croit que c’est perdu...
Ce goût de la compétition, il ne m’a jamais lâché.
J’ai eu une enfance à la fois de citadin et de campagnard. J’ai vécu les cinq années de la guerre, dans le Beaujolais, à Quincié. […] Ce qu’il y a en moi de terroir, un peu de paysan, je le tiens d’ici.
J’ai toujours adoré la période des vendanges et quand j’étais adolescent, je l’attendais, je l’espérais, parce que c’est une période de liberté, et ensuite une période de sensualité. […]
Pour moi, vendanger, c’était tomber amoureux automatiquement. Aujourd’hui, dès que je me retrouve dans une vigne, je ressens encore ce sentiment d’énergie, de vigueur et de sensualité.
"Quelques 80 Ouvrez les guillemets, 724 Apostrophes, 400 et quelques Bouillon de culture : au total, 28 années d'émissions littéraires hebdomadaires.

© Franck Martine / Magnum Photos
(A propos des années Apostrophes.) Pendant toutes ces années, j’ai travaillé comme un artisan chez moi… Je restais à la maison et je lisais huit, dix, douze, quatorze heures par jour… J’avais une vie extrêmement retirée. […]
Se retrouver le vendredi avec des écrivains qu’on aime, qu’on admire, ça vaut tous les sacrifices ! […] Je n’ai jamais eu peur, même devant les plus grands écrivains, parce que j’avais fait ce travail avant.
Si je fais le bilan de mes émissions, je peux dire que je suis fier de deux choses : la première, c’est que lorsque Alexandre Soljenitsyne est venu pour la première fois sur le plateau d’Apostrophes, j’ai refusé d’inviter un intellectuel communiste. […]
La seconde, c’est que j’ai toujours refusé de faire une émission avec les négationnistes.
Pourquoi cette émission a-t-elle marché aussi bien ? Pourquoi est-elle devenue un peu légendaire ? Ma chance, c’est de ne pas avoir fait d’études supérieures de lettres. Si j’en avais fait, j’aurais été de la famille, de la paroisse des écrivains, j’aurais montré que j’en savais autant qu’eux. […] J’avais forcément de la modestie, de la crainte, j’étais obligé de travailler.
Collection documentaire en HD
Durée 52’
Auteure-réalisatrice Bérengère Casanova
Production France Télévisions / Équipage / Ina / CNC
Année 2010
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Vidéo intégrale disponible jusqu’au vendredi 22 octobre 2010 à 20:39
http://documentaires.france5.fr/documentaires/empreintes/bernard-pivot-les-annees-apostrophes