Nombre de messages: 1029 Age: 59 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX Dim 19 Sep - 16:48
Derniers mois à Tibhirine
Les moines de Tibhirine en mai 1989. De gauche à droite, Frères Christian, Michel, Jean de la Croix, Jean-Pierre, Philippe, Bruno, Célestin, Christophe et Luc. Frère Paul ne figure pas sur la photo.
Henry Quinson nous accueille, tout sourire, à la gare Saint-Charles de Marseille, saute au volant de sa guimbarde épuisée - légèrement parfumée, dans le coffre arrière, par les odeurs d'un gros sac-poubelle boucané au soleil de Provence.
Le voilà qui entame sa « troisième vie », comme il dit, après avoir passé huit ans dans un monastère cistercien de Savoie et à peu près autant dans les quartiers Nord de Marseille, auprès des habitants de la cité Saint-Paul.
Né à New York de parents franco-américains, choyé et éduqué dans le 16e arrondissement de Paris, avant de devenir un golden boy à la carrière prometteuse (c'était sa « première » vie, qu'il a stoppée net, à 28 ans, pour la deuxième, toute de silence et de prière), Henry Quinson a désormais choisi de vivre en couple, avec les trois enfants de sa nouvelle compagne.
A peine installé au volant, l'ancien moine confie son angoisse face à ce nouveau défi, à l'approche de la cinquantaine. Oubliant distraitement quelques feux tricolores, à sa dextre...
Avec cette verve et ce goût si évident pour se raconter et capter les regards, on se demande parfois comment Henry Quinson a pu vivre huit ans dans le silence de l'abbaye savoyarde de Tamié. Il est vrai qu'il passe aisément de l'ombre à la lumière, capable de fréquenter le plateau de Mireille Dumas, d'assurer la tournée promo de son livre autobiographique à succès, Moine des cités (1), et de se consacrer, en même temps, en total solitaire, à sa grande passion pour les chants monastiques.
Devant les îles du Frioul et les bateaux qui croisent vers l'Algérie, la conversation vient aussitôt sur les moines de Tibhirine et le tournage du film Des hommes et des dieux, la dernière grande aventure d'Henry Quinson, en tant que « conseiller monastique ». Deux mois intenses au Maroc, au printemps 2009, en osmose avec les acteurs, avec « des moments d'émotion énormes ».
C'est au sein de sa communauté cistercienne de Savoie qu'il a bien connu plusieurs des moines trappistes de Tibhirine (ou Tibhérine, ou encore Tibéhirine, suivant la transcription de l'arabe).
En arrivant à l'abbaye, en 1989, il s'est notamment lié avec le frère Paul - incarné par Jean-Marie Frin dans le film. Paul qui, en gage d'amitié, lui avait confié son propre recueil de psaumes, au moment de quitter la Savoie pour l'Algérie.
Henry Quinson ressort ses notes. Son journal date des années 1990, alors que la guerre civile algérienne fait rage, qu'elle tuera des moines, des dizaines d'imams et, au total, quelque deux cent mille Algériens.
Journal d'Henry Quinson, 8 janvier 1994 : « Avant-hier, Paul et Célestin sont partis du monastère de Tibhirine pour Marseille. Ils font étape ici, à Tamié. Je les sens très secoués. Paul explique au chapitre [l'assemblée des chanoines, NDRL] qu'il ne s'agit pas de "chercher la gloire du martyre". La question de partir semble ouverte. Je ne comprends pas très bien s'ils ont pris une décision et si elle est définitive... »
A cette époque, chaque semaine, le prieur de Tamié reçoit des nouvelles de Tibhirine, qui appartient à la même communauté cistercienne. « Au téléphone, on ne pouvait pas tout se dire, la ligne était sur écoute », se souvient Henry Quinson. Dans son journal, il consigne l'angoisse qui monte chez les moines à mesure que se radicalise l'affrontement entre les « frères des plaines » (les militaires algériens, dans le vocabulaire des moines de Tibhirine) et les « frères des montagnes » (les islamistes armés).
La pression sur les moines d'Algérie s'est renforcée depuis le dernier trimestre 1993. Le 30 octobre 1993, le GIA, Groupe islamique armé, a lancé un ultimatum aux étrangers, leur intimant l'ordre de partir dans les trente jours. Le 14 décembre, douze travailleurs croates ont été assassinés à quelques kilomètres du monastère. Et, à la veille de Noël, l'émir du GIA local, Sayah Attia a pénétré avec ses hommes dans le prieuré.
C'est le 9 septembre 1994 qu'Henry Quinson rencontre pour la première fois, à Tamié, le prieur de Tibhirine, Christian de Chergé (Lambert Wilson dans le film).
Journal d'Henry Quinson : « Ce vendredi, la visite de Christian de Chergé relativise mes souffrances ! Je suis chargé d'enregistrer sur cassette son intervention en communauté. C'est la première fois que je le vois en chair et en os. De son allure aristocratique et de sa simplicité grave se dégage un rayonnement charismatique indéfinissable, mais physiquement palpable. Le ton est posé, mais le regard est habité par un feu que l'on devine brûlant. Christian revient sur la situation inquiétante en Algérie, sur les risques pesant sur la communauté de Tibhirine depuis décembre 1993, notamment après l'assassinat de son ami Henri Vergès et de soeur Paul-Hélène Saint-Raymond [deux religieux tués en mai 1994, dans la casbah d'Alger, NDLR]. Pour lui, ces deux religieux chrétiens, assassinés au plein coeur d'Alger, avaient "réinventé, au creux des masses, ce que les moines allaient chercher dans les déserts après l'âge des persécutions : le martyre de l'espérance". »
Je constate que Christian : 1) est explicitement conscient du risque d'être assassiné à son tour ; 2) souffre du fait que l'image des musulmans en général, et des Algériens en particulier (pour ceux qui sont musulmans, c'est-à-dire l'immense majorité), serait encore plus ternie si on le tuait ; 3) admet qu'il passera pour un "naïf" aux yeux de certains s'il est victime du terrorisme ; 4) pardonne par avance à ses éventuels bourreaux ; 5) souhaite rester, par solidarité, avec ses voisins, qui lui demandent de ne pas les abandonner, eux qui n'ont aucun refuge à leur disposition... Toutes ses phrases semblent avoir été minutieusement ciselées. J'ai l'impression d'écouter un "testament spirituel". »
Le 21 mai 1996, le GIA annonce l'assassinat des sept moines, quelques jours avant que ne soient retrouvées leurs têtes - mais pas leurs corps -, à quelques dizaines de kilomètres d'Alger.
Journal d'Henry Quinson : « Au jourd'hui, j'apprends, au cours d'une visite chez mon oncle Bruno, que Paul, Christophe, Christian, Célestin, Luc, Michel et Bruno ont été égorgés.
Je n'ai personne à qui parler autour de moi, car ma famille ne sait pas à quel point ces frères me sont proches. Un commentaire simpliste me blesse : "Finalement, ils doivent être heureux, puisque c'est ce qu'ils voulaient." »
Treize ans plus tard, Henry Quinson n'hésite pas une seconde, lorsque Xavier Beauvois lui propose de venir travailler sur son film : « Ce qui me faisait peur, c'était de gagner de l'argent sur l'histoire des moines. »
Qui les a vraiment tués ? La responsabilité, directe ou indirecte, de l'armée algérienne est-elle en cause, comme l'ont affirmé plusieurs enquêtes journalistiques ? Xavier Beauvois ne cherchait pas à résoudre cette vérité-là. Et Henry Quinson non plus. Il leur importait, en revanche, de faire de ce « western monastique », « une apologie de la rencontre entre chrétiens et musulmans, si on veut bien voir la relation forte tissée entre les moines et les villageois de Tibhirine ».
Quinson a évidemment corrigé le scénario pour éviter les erreurs dans les décors, la liturgie ou les chants, mais il a aussi « servi d'interface » avec les familles des défunts : « Certains proches étaient hostiles à tout film. D'autres trouvaient le scénario assez plat, pas monastique.
Mais toutes les familles s'opposaient à la dernière scène qu'avait écrite Xavier Beauvois, celle où on retrouvait les têtes coupées, sur la route. J'étais moi aussi favorable à la suppression de cette séquence... C'est au dernier moment que Beauvois décide de ne pas la tourner, m'assurant même que les frères lui "avaient parlé"... »
Trois jours de stage en immersion au monastère de Tamié, des cours de chant à Sainte-Croix de Neuilly, pour tous les acteurs qui chantent dans le film (en prise directe) : Quinson a été bluffé par le professionnalisme de ces moines - comédiens plus vrais que nature : « On m'avait toujours parlé de l'ego des comédiens. Sur le tournage, ils étaient d'une fraternité, d'une délicatesse... Si les communautés monastiques pouvaient fonctionner comme ça ! »
Henry Quinson n'avoue qu'un seul vrai regret : que ne figure pas, dans la version finale du scénario, la raison profonde de la présence des moines sur cette terre.
L'Algérie, mot quasiment jamais prononcé dans le film, est, pourtant, le décodeur secret du destin de presque tous ces moines : « Christian de Chergé, l'intellectuel de la communauté, féru de dialogue islamo-chrétien, avait été sous-lieutenant pendant la guerre d'Algérie. Son ami Mohammed, un garde-champêtre, s'était interposé et l'avait sauvé de la mort face au FLN. Quelques jours plus tard, Mohammed avait été retrouvé égorgé. Christian en avait été marqué à jamais. Frère Paul, comme parachutiste, avait fait - ou au moins vu - des choses horribles. Quant à frère Luc, "le toubib", il avait déjà été enlevé, en 1959, par des membres du FLN. Amédée était pied-noir et frère Christophe était venu faire la coopération après 1962. »
Avec le monastère de Tibhirine, aujourd'hui déserté (un envoyé de l'archevêché d'Alger s'y rend régulièrement, mais pour des visites rapides), « c'est une page de la présence française en Algérie qui se tourne », dit Henry Quinson, pour qui « le temps est venu de laisser grandir une église algérienne ».
Au moment des au revoir, et dans un étrange raccourci, il nous dit avoir vécu quatorze ans dans les quartiers maghrébins de Marseille « en pardonnant ». On lui demande ce qu'il entend par là. Quel rapport entre les Arabes de Marseille et le drame de Tibhirine ? « C'était ma manière de remplacer mon ami frère Paul. »
Nombre de messages: 7747 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX Dim 19 Sep - 17:38
LE TESTAMENT DE : Christian de Chergé Prieur de Tibhirine.
QUAND UN A-DIEU S’ENVISAGE…
Christian de Chergé
S’il m’arrivait un jour – et ça pourrait être aujourd’hui – d’être victime du terrorisme qui semble vouloir englober maintenant tous les étrangers vivant en Algérie, j’aimerais que ma communauté, mon Eglise, ma famille, se souviennent que ma vie était DONNEE à Dieu et à ce pays.
Qu’ils acceptent que le Maître unique de toute vie ne saurait être étranger à ce départ brutal. Qu’ils prient pour moi : comment serais-je trouvé digne d’une telle offrande ? Qu’ils sachent associer cette mort à tant d’autres aussi violentes laissées dans l’indifférence de l’anonymat. Ma vie n’a pas plus de prix qu’une autre. Elle n’en a pas moins non plus. En tout cas, elle n’a pas l’innocence de l’enfance. J’ai suffisamment vécu pour me savoir complice du mal qui semble, hélas, prévaloir dans le monde, et même de celui- là qui me frapperait aveuglément.
J’aimerais, le moment venu, avoir ce laps de lucidité qui me permettrait de solliciter le pardon de Dieu et celui de mes frères en humanité, en même temps que de pardonner de tout cour à qui m’aurait atteint.
Je ne saurais souhaiter une telle mort ; il me paraît important de le professer. Je ne vois pas, en effet, comment je pourrais me réjouir que ce peuple que j’aime soit indistinctement accusé de mon meurtre.
C’est trop cher payé ce qu’on appellera, peut- être, la « grâce du martyre » que de la devoir à un Algérien, quel qu’il soit, surtout s’il dit agir en fidélité à ce qu’il croit être l’islam. Je sais le mépris dont on a pu entourer les Algériens pris globalement. Je sais aussi les caricatures de l’islam qu’encourage un certain islamisme. Il est trop facile de se donner bonne conscience en identifiant cette voie religieuse avec les intégrismes de ses extrémistes.
L’Algérie et l’islam, pour moi, c’est autre chose, c’est un corps et une âme. Je l’ai assez proclamé, je crois, au vu et au su de ce que j’en ai reçu, y retrouvant si souvent ce droit-fil conducteur de l’Évangile appris aux genoux de ma mère, ma toute première Eglise, précisément en Algérie, et, déjà, dans le respect des croyants musulmans. Ma mort, évidemment, paraîtra donner raison à ceux qui m’ont rapidement traité de naïf, ou d’idéaliste : « Qu’il dise maintenant ce qu’il en pense ! » Mais ceux-là doivent savoir que sera enfin libérée ma plus lancinante curiosité. Voici que je pourrai, s’il plaît à Dieu, plonger mon regard dans celui du Père pour contempler avec lui ses enfants de l’islam tels qu’il les voit, tout illuminés de la gloire du Christ, fruits de sa Passion, investis par le don de l’Esprit dont la joie secrète sera toujours d’établir la communion et de rétablir la ressemblance, en jouant avec les différences.
Cette vie perdue, totalement mienne, et totalement leur, je rends grâce à Dieu qui semble l’avoir voulue tout entière pour cette JOIE-là, envers et malgré tout. Dans ce MERCI où tout est dit, désormais, de ma vie, je vous inclus bien sûr, amis d’hier et d’aujourd’hui, et vous, ô amis d’ici, aux côtés de ma mère et de mon père, de mes sours et de mes frères et des leurs, centuple accordé comme il était promis !
Et toi aussi, l’ami de la dernière minute, qui n’aura pas su ce que tu faisais. Oui, pour toi aussi je le veux, ce MERCI, et cet « A-DIEU » envisagé de toi. Et qu’il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, en paradis, s’il plaît à Dieu, notre Père à tous deux. AMEN !
Incha Allah !
Frère Christian de Chergé Alger, l décembre 1993. Tibhirine. l janvier 1994.
Nuits de la foi en agonie…
Le doute est là, et la folie d’aimer tout seul un Dieu absent et captivant. « Mais la souffrance que je préfère, dit Dieu, c’est quand la femme attend avant la joie d’enfantement. Car ces douleurs où l’on espère, Mon Fils les prend dans sa Passion, et les soumet à ma Patience. »
Il prie encore dans mon silence le Bien-Aimé abandonné dont la détresse et l’espérance ont pris ma voix. Ce que j’espère, je ne le vois… C’est mon tourment, tourné vers Lui. Toute souffrance y prend son sens, caché en Dieu comme une naissance, ma joie déjà, mais c’est de nuit !
Christian de Chergé (prieur de Tibhirine) L’invincible espérance.
Christian de Chergé a voulu laisser une trace sur ses motivations profondes au cas où il serait victime du terrorisme. Il pressentit son enlèvement et envoie à sa famille une lettre scellée, portant ces mots :
«Quand un A-Dieu s'envisage».
Il a écrit ce document en deux fois : le 1er décembre 1993 et le 1er janvier 1994. Le texte a été confié au journal la Croix, peu de temps après l'annonce de sa mort, et publié le 29 mai 1996. Il est connu sous le nom de Testament spirituel de Christian de Chergé
Nombre de messages: 6821 Age: 60 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX Lun 20 Sep - 23:05
LA BANDE SON DU FILM
Le film le plus bouleversant de l'année à aussi sa bande sonore
Warner Music France (6 septembre 2010) Catégorie : Album La BO réunit les chants religieux interprétés dans le film par les acteurs, parmi lesquels Lambert Wilson et Michael Lonsdale, ainsi qu'une version du "Lac des Cygnes" de Tchaïkovski illustrant une scène mémorable du film. Le CD est présenté dans une version digisleeve luxueuse incluant un livret avec photos, notes éditoriales et interviews.
Nombre de messages: 6821 Age: 60 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX Jeu 23 Sep - 0:10
Le film Des hommes et des Dieux, de Xavier Beauvois, passe une seconde semaine en tête du box-office français. Qui aurait cru que ce film, à priori pas facile d'accès, rencontre un tel succès avec 950.000 tickets vendus en 14 jours, dont 480.000 du mercredi 15 au mardi 21 septembre 2010 selon CBO-boxoffice.com. Le million atteint avant ce week-end donc.
"Des hommes et des dieux", inspiré de la vie des moines cisterciens de Tibhirine en Algérie. Un film bouleversant, faisant revivre le choix moral de ces moines et leur sacrifice, motivé par l'amour de dieu autant que de leurs frères musulmans. Mais qu'en ont pensé les premiers spectateurs. Verdict en video.
Nombre de messages: 7747 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX Jeu 23 Sep - 1:31
Des hommes et des Dieux est le film qui représentera la France aux Oscars 2011.
Choix révélé vendredi par le Centre National du Cinéma (CNC). Il faudra maintenant patienter pour savoir si le long-métrage français figurera dans la "short list", celle des films nominés en vue de cet Oscar du meilleur film en langue étrangère. Notre pays est très souvent représenté dans cette catégorie, mais n'a rien obtenu depuis Indochine en 1993 ! En 2010, c'est Un prophète qui avait été sélectionné pour nous représenter. Et en 2009, Entre les murs. Tous deux avaient ensuite été nominés parmi cinq films.
La Commission qui a élu le film de Xavier Beauvois est composée de la présidente de l’Avance sur recettes, Florence Malraux, du délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, et de cinq personnalités qualifiées désignées par le ministre de la Culture et de la Communication (parmi lesquelles Jeanne Moreau et Costa-Gavras). Des hommes et des dieux a remporté tous les suffrages. Pour l'Oscar du meilleur film étranger, chaque pays peut proposer un long-métrage. Parmi toutes les œuvres proposées, seules cinq figureront sur la liste des nominés aux Oscars, généralement dévoilée en février.
Avant première du film : 12/09/2010 "Des Hommes et des Dieux" au cinéma du Panthéon en présence de l'équipe du film. Xavier Beauvois revient à cette occasion sur ses inspirations picturales et nous donne quelques clés de sa mise en scène. Le critique des Cahiers du Cinéma Jean-Philippe Tessé ainsi qu'une partie du casting évoquent quant à eux leur ressenti sur le dernier Grand Prix du Festival de Cannes.
Nombre de messages: 6821 Age: 60 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX Mer 29 Sep - 20:06
Box-office : Des hommes et des Dieux au top. Flop pour Hors la loi.
Le film Des hommes et des Dieux, de Xavier Beauvois, passe une troisième semaine en tête du box-office français. Et chose rarissime, le nombre de spectateurs n'a baissé que de 5% entre la 2ème et 3ème semaine d'exploitation en salles. Un film français en tête trois semaines d'affilée, c'est une première en 2010.
Désormais 1.4 million de tickets vendus en 21 jours, dont 457.000 du mercredi 22 au mardi 28 septembre 2010 selon CBO-boxoffice.com. Le bouche à oreille fonctionne à plein régime.
Resident evil 3D se contente d'une deuxième place avec un peu plus de 400.000 spectateurs. Et Mange, prie, aime, porté par Julia Roberts, entre en troisième position avec près de 290.000 entrées (nombre de salles nettement inférieur au duo de tête).
Indifférence pour Hors la loi, de Rachid Bouchareb, avec Jamel Debbouze, Roschdy Zem ou encore Sami Bouajila : moins de 200.000 spectateurs malgré un bon parc de salles! Le film est cinquième, derrière The town, qui cumule 550.000 tickets en deux semaines.
Echec aussi pour Claude Lelouch : Ces années-là se contente de 220.000 entrées en 14 jours. Ce qui reste néanmoins bien mieux que d'autres films français quasi enterrés dès leur sortie en salles ces dernières semaines : Happy few, Simon Werner a disparu, 600 kilos d'or pur, Krach.
Nombre de messages: 7747 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX Ven 8 Oct - 3:45
Au pays "des hommes et des dieux" dans la Drôme
France Info
Alors que le film de Xavier Beauvois, sorti il y a tout juste quatre semaines, continue une très belle carrière dans les salles obscures -1,8 million d’entrées -, voyage dans le monde du silence, dans l’abbaye cistercienne d’Aiguebelle, dans la Drôme - là d’où venaient précisément les moines de Tibhirine.
L'abbaye d'Aiguebelle, dans la Drôme.
C’est un bâtiment imposant. Celui de l’abbaye d’Aiguebelle, dans la Drôme. Une abbaye cistercienne, d’où venaient les moines de Tibhirine. Fait assez rare, certains des moines d’Aiguebelle ont accepté de parler du film-événement de Xavier Beauvois, Des hommes et des dieux qui les concerne directement.
L’abbaye d’Aiguebelle a hérité du monastère de Tibhirine en 1938. Deux des moines assassinés, Frère Luc et le prieur Christian de Chergé, ont été formés dans la Drôme. Les liens sont encore forts et les souvenirs présents.
Aujourd’hui, 26 moines vivent a Aiguebelle. Certains d’entre deux sont âgés. Ils ont pour la plupart rencontré ou croisé les religieux tués en Algérie.
A l'intérieur de l'abbaye, on se souvient des moines de Tibhirine.
La présence des sept moines de Tibhirine, enlevés le 26 mars 1996 et retrouvés assassinés le 21 mai de la même année, se voit près de l’entrée du monastère. Un mémorial a été inauguré il y a un an, à la mémoire de tous les catholiques assassinés en Algérie, parmi lesquels ceux de Tibhirine.
A la sortie du film, trois des moines ont participé à des avant-premières. Père Georges n’était pas retourné au cinéma depuis 35 ans, depuis qu’il est devenu moine : “j’ai été curieux de voir ce film parce que tout le monde en parle. Ça a intéressé les moines de la maison-mère de savoir ce que nos frères de la maison-fille font. Ça nous les a rendu encore beaucoup plus proches de nous”.
Le père Georges.
Visiblement, l’émotion du cinéma a touché les moines et la sobriété de la réalisation leur a plu, au point d’émouvoir Dom Eric aux larmes. Les autres frères devrons attendre le DVD pour voir le film. Ils sont impatients, d’après Dom Eric. La copie du film ne devrait pas trop tarder.
Pour l’instant, l’impact du film n’est mesurable à Aiguebelle que dans la librairie. Le libraire, Matthieu Regnier, explique que les demandes de livres consacrés au sujet ont explosé ces dernières semaines. “Il y a une demande de masse sur la plupart des livres traitant du sujet. Le livre de Christian Salenson : ’Christian de Chergé’ est en rupture et on l’attend avec impatience.”
L’Eglise catholique se demande aujourd’hui que faire avec cet héritage posthume des moines de Tibhirine qui a séduit 1,8 million de spectateurs.
La communauté d’Aiguebelle ne souhaite rien changer à son quotidien. Cet héritage n’appartient à personne, estime Dom Eric.
“C’est un héritage humain tout simplement, d’hommes qui ont vécu jusqu’au bout leur engagement de chrétiens, et d’hommes. Donc ça n’est vraiment pas quelque chose qui nous appartient mais c’est quelque chose qui nous interpelle pour vivre nous aussi cet engagement.”
Reportage et photos : Etienne Monin
France Info - Pour se souvenir des moines de Tibhirine. Pour se souvenir des moines de Tibhirine.
- Sur ce même sujet, l’interview du journaliste Christophe Henning, auteur de Le jardinier de Tibhirine , aux éditions Fayard (avec Jean Leymarie) :
DOCUMENTS ENREGISTRES EN ECOUTE SUR LE LIEN FRANCE INFO ICI : http://www.france-info.com/chroniques-le-plus-france-info-2010-10-06-au-pays-des-hommes-et-des-dieux-dans-la-drome-489588-14-18.html
Nombre de messages: 7747 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX Ven 8 Oct - 4:46
Besoin d'un medecin extrait de Des hommes et des dieux
Moment fort du film, c'est la nuit de NOEL ... Le chef des islamistes fait incursion dans le monastère pour réclamer les soins du Frère Luc Medecin.
Christian de Chergé rappelle à cet islamiste le verset 82 de la sourate V (« La table servie ») selon lequel il est écrit : « on trouve parmi eux (les chrétiens) des prêtres et des moines qui ne s ‘enflent pas d’orgueil ». Et l’islamiste qui connait le passage du Coran poursuit la récitation.