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 ALAIN BASHUNG

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Bridget

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MessageSujet: ALAIN BASHUNG   Sam 28 Juin - 18:11

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ALAIN BASHUNG  
1947 - 2009
 






http://alainbashung.artistes.universalmusic.fr/


Alain Bashung, de son vrai nom Alain Claude Baschung, est le fils d’une ouvrière bretonne travaillant dans une usine de caoutchouc de Boulogne-Billancourt, et d’un père algérien kabyle, qu’il n’a jamais connu.

A l’âge d’un an, Alain est envoyé chez les parents de son beau-père en Alsace. Petit, il découvre la musique grâce à un harmonica tout en étant enfant de chœur à Wingersheim.


En 1959, à l’âge 12 ans, il est de retour chez ses parents à Boulogne-Billancourt. C’est alors qu’il découvre les variétés françaises et le rock américain comme Gene Vincent, Buddy Holly ou Elvis Presley.

C’est ce qui fera sa force.

Il se construit une double culture musicale : le rock n’roll américain des pionniers et la chanson française, chose assez rare à l’époque.
Parallèlement à des études de comptabilité qu’il abandonne très vite, il crée, en 1963, à 16 ans, son premier groupe, The Dunces (Les Cancres).


Il coupe les ponts avec sa famille pour vivre de sa passion et part se produire dans les bars, restaurants, bals et surtout dans des bases militaires américaines.

En 1966, il enregistre son premier 45 tours Pourquoi rêvez-vous des Etats-Unis ? et il travaille en tant qu’arrangeur dans la maison de disques RCA.
Il sort encore un disque en 1968 « Les Romantiques » qui est devenu introuvable.

Puis il enchaîne les singles sous des pseudonymes (David Bergen, Hendrick Darmen) en étant compositeur et interprète du groupe Monkey Bizness.
Le succès n’est toujours pas au rendez-vous bien qu’il interprète Robespierre dans « La Révolution française », comédie musicale de Claude-Michel Schönberg et qu’il rencontre Dick Rivers pour qui il compose (le rock Marylou).








Les premiers succès


En 1977, Alain Bashung fait deux rencontres qui vont marquer sa carrière : Andy Scott, musicien, et Boris Bergman, auteur.

Avec eux, il signe son premier album innovant, Romans photos. C’est un échec commercial mais il persévère en sortant Roulette russe deux ans plus tard et se fait remarquer avec quelques titres comme Bijou bijou ou Toujours sur la ligne blanche.


La consécration arrive en 1980 avec Gaby, oh Gaby.

Il en vendra plus d’un million et demi d’exemplaires. Suivra l’album rock Pizza, et le tube Vertige de l’amour.






En 1982, il collabore avec Serge Gainsbourg sur Play blessures, un album sombre qui ne se vendra pas, malgré la présence du "tubesque" titre C’est comment qu’on freine ?.
Le public n’était sans doute pas encore prêt...


Il faut attendre 1986 et l’album Passé le Rio Grande pour que Bashung soit enfin reconnu. A cette occasion, il obtient la Victoire de la Musique de l’album de l’année.





En 1991, il décide de revenir aux racines du rock en sortant Osez Joséphine , album fortement influencé par le blues et la country music.
Il se vend à plus de 350.000 exemplaires et reçoit trois Victoires de la Musique.

Avec ce disque, Bashung s’impose définitivement dans le cœur des Français.


Deux années plus tard sort Chatterton, nouveau "carton" : Ma petite entreprise et J’passe pour une caravane passent en boucle sur les ondes.

A partir de cette époque, Bashung se consacre davantage à sa carrière d’acteur commencée en 1981, notamment dans Ma sœur chinoise d’Alain Mazars.

Il entame dans la foulée une tournée de deux ans qui aboutit à un double album live en 1995, Confessions publiques.



L’ascension


En 1998, il revient à la musique avec Fantaisie militaire , en collaboration avec Jean Fauque, Rodolphe Burger, Les Valentines, Jean-Marc Lederman, ainsi qu’Adrian Utley, guitariste du groupe anglais Portishead.

Ce disque est récompensé, en 1999, par trois Victoires de la Musique.En 2005, il reçoit même une Victoire spéciale, celle du meilleur album des 20 dernières années.


En 2000 sort Climax, une compilation de duos inédits avec Noir Désir, M, Rachid Taha, Rodolphe Burger…

En 2002, L’imprudence est acclamé par la critique et considéré comme l’album le plus sombre de sa discographie. Il enregistre la même année le Cantique des cantiques avec sa femme Chloé Mons. Deux ans plus tard paraît un double album live, La tournée des grands espaces.



En 2000, il sort Climax, un double album de compilations dans lequel il revisite certains de ses plus grands titres (dont Volontaire, en duo avec Noir Désir) et signe une reprise des Mots bleus de Christophe.


Il sort en 2002 L'Imprudence, album acclamé par la critique et considéré comme le plus sombre de sa discographie.

Il enregistre la même année le Cantique des cantiques avec son épouse, la comédienne et chanteuse Chloé Mons : ce titre avait été écrit à l'occasion de leur mariage en 2001, sur une musique de Rodolphe Burger, à partir d'une nouvelle traduction du Cantique des cantiques de la Bible par l'écrivain Olivier Cadiot.


En 2003 il participe à l'album consacré à Léo Ferré en interprétant la chanson Avec le temps et écrit la préface d'un ouvrage qui retrace le parcours artistique de cet artiste.

En 2004, paraît un double album live, La Tournée des grands espaces. En 2006, il enregistre la chanson Que reste-t-il de nos amours de Charles Trenet en duo avec Françoise Hardy pour son disque Parenthèses....


En juin 2006, il investit la Cité de la Musique à Paris qui lui donne carte blanche. Il y donne une série de représentations en s'entourant, pour l'occasion, d'une pléiade d'artistes : Christophe, Dominique A, Rodolphe Burger, Arto Lindsay.

Début 2007, il sort de sa pause et participe à la tournée Les Aventuriers d'un autre monde avec Jean-Louis Aubert, Cali, Daniel Darc, Richard Kolinka et Raphaël.

Il s'offre également deux soirées à la Salle Pleyel de Paris et apparaît sur l'album La Mécanique du coeur de Dionysos.






Alain Bashung apparaît dans J'ai toujours rêvé d'être un gangster de Samuel Benchetrit où il joue une scène mémorable (et sans avoir appris le moindre texte) avec le chanteur Arno.


En 2008, il chante L.U.V. en duo avec Daniel Darc sur l'album de celui-ci, Amours suprêmes. Il proposera également une création, L'Homme à tête de chou, autour de Serge Gainsbourg.


Le 24 mars 2008, Bashung sort l'album Bleu pétrole, collaborant notamment avec Gaëtan Roussel de Louise Attaque, Arman Méliès et Gérard Manset, dont il reprend la chanson Il voyage en solitaire qui conclut l'album.

Il entame ensuite une tournée et est notamment programmé dans plusieurs festivals.
Le 10 juin 2008, il commence une série de récitals à l'Olympia malgré une chimiothérapie en raison d'un cancer du poumon.


Nommé Chevalier de la Légion d’honneur le 1er janvier 2009, il a reçu trois trophées lors des Victoires de la musique le 28 février (meilleur interprète, meilleur album de chansons, meilleur spectacle).


Ce fut sa dernière apparition publique. Il décède le 14 mars 2009 à Paris à l’âge de 61 ans.




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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Mar 8 Juil - 16:31

LES MOTS BLEUS avec le feeling de BASHUNG



une pensée ...
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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Dim 28 Déc - 16:12

Alain Bashung - Je t’ai manqué

Clip réalisé par Christophe Acker
© 2008 Barclay, un label Universal Music France







Je t'ai manqué
Pourquoi tu me visais ?

Tous nos échanges
Coulaient de source
Tous nos mélanges
Côtés en Bourse

Tout est brutal
Botté en touche
Tout à l'horizontal
Nos envies, nos amours, nos héros

Je t'ai manqué
Pourquoi tu me visais ?

Tout est extrême
Limites et cônes glacés
Tout est idem
Les vitrines, les pôles opposés

Dans les étoiles
Ou sous la douche
Tout à l'horizontal
Nos envies, nos amours, nos héros...

Je t'ai manqué
Pourquoi tu me visais ?
Et si l'on disait le contraire
Ou si l'on ne disait rien
Si l'on construisait les phrases à l'envers

Ou si l'on soulevait demain
Qui serait l'adversaire ?
Entre nous qui serait le plus malin ?
Et si l'on disait le contraire
Ou si l'on ne disait plus rien ?

Je t'ai manqué
Pourquoi tu me visais ?

Tout est brutal
Botté en touche
Tout à l'horizontal
Nos envies, nos amours, nos héros

Si l'on suivait les voies ferroviaires
Qui aurait le pied marin ?
Si l'on sifflait les fonds de théière
Ou si l'on ne sifflait plus !
Qui serait l'adversaire ?

Entre nous qui serait le plus malin ?
Et si l'on disait le contraire
Ou si l'on ne disait plus rien ?
Je t'ai manqué ?
Pourquoi tu me visais ?


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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Sam 28 Fév - 22:36

Alain Bashung reporte deux concerts à Paris, en reprogramme trois





Le chanteur Alain Bashung doit reporter "pour raisons personnelles" deux concerts qu'il devait donner lundi et mardi au Grand Rex à Paris, et reprogramme en avril trois soirées déjà annulées auparavant, a annoncé samedi le producteur de ses spectacles, Garance Productions.

Le chanteur "sera présent aux 24e Victoires de la Musique" ce samedi, où il part favori avec quatre nominations, a précisé le producteur dans un communiqué.

Bashung avait déjà dû annuler trois concerts "pour des raisons médicales". Ces derniers ont été reprogrammés les 12 avril pour Toulouse, 14 avril pour Clermont-Ferrand et 17 avril pour Lyon, a ajouté Garance Productions.

Il doit auparavant se produire le 14 mars à Longjumeau, puis les 17 et 18 au Grand Rex à Paris. Les concerts des 2 et 3 mars annulés au Grand Rex seront reportés à d'autres dates à préciser.

Alain Bashung, 61 ans, est atteint d'un cancer du poumon.

En tête des nominations pour les Victoires de la musique, il y figure dans quatre catégories: interprète masculin de l'année, album de chansons de l'année pour "Bleu Pétrole", tournée de l'année pour les spectacles qu'il donne depuis avril 2008 et qui ont été salués par la critique, et chanson de l'année pour "Résidents de la République".



http://www.lesechos.fr/depeches/culture-art-de-vivre/afp_00125204.htm?xtor=RSS-2094


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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Jeu 12 Mar - 1:53

IL VOYAGE EN SOLITAIRE






AUTEUR GERARD MANSET
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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Sam 14 Mar - 20:06

Adieu Monsieur BASHUNG, reposez en paix.
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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Sam 14 Mar - 20:08

Disparition d'Alain Bashung




Atteint d'un cancer du poumon, l'interprète de "Osez Joséphine" a trouvé la mort ce samedi à Paris.

Alain Bashung ne chantera plus. L'artiste, qui avait été couronné lors des dernières Victoires de la musique, a trouvé la mort samedi après-midi à l'hôpital Saint-Joseph, à Paris. Atteint d'un cancer du poumon, il était déjà apparu très affaibli lors de la cérémonie de remise de récompenses. Son décès a été confirmé par Garance Productions, la société organisatrice de sa tournée, qui avait souffert de nombreuses annulations de concerts ces derniers jours en raison de l'état de santé dégradé de l'artiste.

Alain Bashung est né, à Paris, le 25 janvier 1947. A 19 ans, il joue Robespierre dans la comédie musicale "La Révolution française" aux côtés de Daniel Balavoine. Sa rencontre avec le parolier Boris Bergman aboutit au premier album, "Romans photos", en 1977. Le succès, qui a mis tant de temps à venir, arrive enfin, trois ans plus tard, avec "Oh Gaby", suivi de "Vertige de l'amour" en 1981. En 1982, Boris Bergman est remplacé par Serge Gainsbourg pour l'album "Play blessures". Il s'essaye au cinéma, aux côtés de Fanny Ardant, dans "Rien que des mensonges".

Son opus "Fantaisie militaire", suscite toujours le même engouement. Alain Bashung revient, en 2002, avec "L'Imprudence". En fin d'année, c'est une intégrale baptisée "Les Hauts de Bashung" qui est en vente. Y figurent dix albums studios, trois live, deux compilations et un DVD, réalisé pour l'occasion. En 2004, il revient avec un double album live, "La Tournée des grands espaces". L'année suivante est celle de la consécration lorsqu'il reçoit aux Victoires de la Musique un trophée pour son album "Fantaisie militaire", sacré "Meilleur album de ses 20 dernières années". Son dernier disque en date, "Bleu pétrole" avait été édité il y a tout juste un an.


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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Sam 14 Mar - 21:27



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Merci pour tout bisous


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Nine
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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Lun 16 Mar - 10:04

Bashung est mort


Alain Bashung est mort samedi 14 mars dans l'après-midi, à l'âge de 61 ans. Voici la dernière interview qu'il avait accordée aux Inrockuptibles, en juin dernier, juste avant de faire escale à l'Olympia.

Créé le 14 mars 2009 - par Stéphane Deschamps
Te souviens-tu de ton premier Olympia ? Que représente cette salle pour toi ?

Je venais de faire Gaby et Vertige de l’amour, deux tubes très populaires. Il y avait la queue dehors, les gens ne pouvaient pas entrer, tout le monde était dépassé, c’était irrationnel. Aujourd’hui il y a une communication affective, mais à l’époque on frisait l’idolâtrie. C’était intéressant à vivre. Je trouve l’Olympia encore trop impressionnant pour moi. Quand je pense aux gens qui y sont passé, quand je vois les têtes qui défilent, je me dis « bon, ok, tu vas essayer de faire ce que tu peux… ». Je ne me sens pas tout à fait dans la filiation. Ce n’est pas par fausse modestie, c’est une autre voie. Je n’ai toujours pas l’impression d’être un vrai chanteur français populaire. Je n’arrive pas bien à saisir la musique française. J’ai été élevé dans des choses qui venaient d’ailleurs, une sorte d’exotisme. Je suis incapable de faire une vraie chanson française, je ne sais pas ce que c’est. Il y a des modèles incroyables, mais les surpasser… Pourtant, j’y puise.

Tu as vécu quasiment toute l’histoire du rock en direct…
Je me souviendrai toujours de cette bombe qui éclate, que tout le monde prend dans la gueule. Il n’y a rien à analyser vraiment sauf la fulgurance de ce qu’on entend. Dans un premier temps, c’était de l’agitation. Ensuite, c’est devenu une façon de penser, qui m’a amené vers autre chose. Le rock, c’était une sorte de filtre. Après avoir découvert le rock, je voulais savoir d’où ça venait, j’allais chez les petits disquaires qui vendaient du jazz et du folk-blues, j’écoutais les disques de Big Bill Broonzy, Lightnin’ Hopkins, Howlin’Wolf. C’était rugueux. Et puis après, tous les trois mois j’explorais un nouveau style de musique. La musique industrielle allemande, la variété américaine, le classique, le jazz. Ça m’a donné envie de vivre des choses, ça m’a donné de l’énergie, ouvert l’esprit. Ça a continué comme ça, je ne me suis jamais contenté de ce que je venais de vivre, j’ai rejoué les dès.

A 20 ans, comment imaginais-tu ta vie ?
C’était catastrophique, j’étais très mal dans ma peau, je ne me projetais pas. J’errais, je dormais chez des copains, des copines. C’était entrecoupé de choses très agréables, extraordinaires. C’était très curieux, un mélange de fête et de désespoir. J’habitais chez des gens, je découvrais leurs discothèques. Parfois ça se terminait par un peu de muflerie… Je couchais avec l’hôtesse de la maison, ça ne pouvait pas plaire à tout le monde. C’était de la survie tout le temps. J’ai bricolé jusqu’à l’âge de 30 ans à peu près. Après, j’ai pu gagner un peu d’argent.

Plusieurs de tes chansons sont devenues des tubes : ça semble facile pour toi.
J’étais toujours paniqué quand on me demandait de faire un petit 45 t, mais le format album m’a libéré, je pouvais m’exprimer sur la longueur. Si, sur douze chansons proposées, une se détachait qui pouvait intéresser l’auditeur de la radio, j’étais très content. J’ai une culture de la pop, la recherche du gimmick. Mais dès que je sentais que ça avait l’air fabriqué, ça alourdissait et je laissais tomber. Il a dû m’arriver des mettre pas mal de tubes à la poubelle, parce que c’était trop facile.

En plus, certains de tes tubes ont passé l’épreuve du temps, ils sont entrés dans la culture populaire. Est-ce très gratifiant pour un chanteur ?
Oui, ça fait plaisir et c’est inespéré, c’est un truc que je n’aurais jamais imaginé. J’imaginais que les tubes existaient l’année de leur sortie, puis on passe à autre chose, d’autres chanteurs arrivent. Je ne pensais pas vivre aussi longtemps. Je fais partie de ceux qui disaient « je serai mort à 25 ans », on ne pensait pas vieillir, plutôt vivre un truc fort pendant quelques années. C’est une sensation nouvelle, il faut trouver les charmes et l’intérêt de chaque période, être en phase dans sa tête. C’est une situation imprévue, qu’est-ce qu’on en fait ? Je ne suis pas seul dans ce cas-là, on a vu des artistes faire des carrières à des âges canoniques. Ici, on n’est pas si mal, on tourne, c’est fatigant mais ça conserve. Tourner en rond à la maison, même si on a une jolie maison, ça peut être morbide. C’est bien de se retrouver devant plein de gens à un certain âge, et montrer qu’on peut encore balancer la purée. C’est plutôt gai.

En même temps, j’ai tellement peu l’impression d’être un chanteur installé. Il n’y a que sur scène que j’ai l’impression de faire le chanteur, parce qu’il y a une sorte de danger, on peut se faire sortir. Tu surmontes l’obstacle et tu peux te dire que tu fais le métier de chanteur de telle heure à telle heure. Mais pas en permanence, je n’ai pas cette idée-là dans la tête.

Le succès ne t’a pas donné le sentiment d’être installé ?
J’ai en permanence une idée d’éphémère. Par plaisir de l’éphémère, ce n’est pas seulement un défaut de choisir l’éphémère. Je ne vis pas avec une espèce d’apparat, un miroir de ce que je fais, de ce que je représente. La seule certitude que j’ai, c’est que je ne peux pas donner de plaisir quand je n’en ai pas. Quand je ne m’amuse pas, je ne peux pas amuser quelqu’un d’autre. Le reste, c’est toujours en travaux.

Qu’est-ce qui pourrait te pousser à arrêter ?
J’ai parfois envie de ne rien foutre, mais je dois encore des disques à ma maison de disques, je ne sais plus combien. Pour arrêter, il faudrait que je perde tout plaisir à enregistrer un disque. Ca peut arriver, je suis déjà sorti d’un enregistrement K.O., rien ne se passait comme je voulais. Pour Osez Joséphine, tout se passait bien et un type complètement fou avait coupé dans les bandes, fait connerie sur connerie, il a fallut que je le vire pour finir le disque dans mon coin. A la fin, j’étais épuisé, ce n’était pas drôle. C’est parfois tellement laborieux qu’on peut dire « là c’est mon dernier disque, j’en ai marre ». Ça devient tarabiscoté, on s’attache à des détails qui n’ont aucune importance, on a peur de passer à côté de l’essentiel, des choses qui vous prennent la tête. Ce qui n’est pas le cas sur scène. Je suis perfectionniste, parce que tout m’était donné en vrac, je le suis devenu pour les autres, parce que les gens avec qui je travaillais ne l’étaient pas assez. Ça ne m’amusait pas tant que ça, mais il fallait que je le fasse, il n’y a que moi qui pouvais savoir où ça allait. Dans ces cas-là, on me regarde avec des yeux ronds, « qu’est-ce qu’il nous fabrique là ? ». Les yeux ronds pendant que j’enregistre, j’ai connu. Et puis d’un seul coup ça marche, c’est drôle. Mais il ne faut pas que les yeux ronds me cassent les couilles.

Chez toi, en dehors du travail sur un album, est-ce que tu chantes, tu prends une guitare ?
Très peu. Je rêve beaucoup. Assez rapidement, j’ai eu une vie familiale, je ne voulais emmerder personne avec mon job. Quand je travaille, je vais dans mon coin avec un ingénieur du son. Je suis nul en machines, il faut qu’on m’aide. Je choisis des moments. Si je joue trop de musique, trop régulièrement, j’ai l’impression de raconter le même morceau tous les jours, avec la même voix, les mêmes suites harmoniques. J’ai besoin de me foutre dans une situation inconnue, besoin de tout raser, de passer à autre chose.

Tu termines ton concert par deux chansons où tu es seul à la guitare, et c’est magnifique. Pourquoi n’as-tu jamais fait un album comme ça, guitare-voix ?
J’y ai pensé. J’ai certainement manqué d’assurance pour le faire. Comment trouver des morceaux qui correspondent, qui remplissent les choses ? Et puis j’ai passé tellement de temps à essayer de déplacer le problème, pour qu’on se sorte un peu de Guy Béart. Ce n’est pas méchant, j’aime les choses de cette époque là, mais il y avait le cliché de la guitare sèche. Je le ferai peut-être un jour, sans me dire que c’est fait pour un disque. Ce serait l’ultime présentation de sentiments, d’émotions. Peut-être que j’ai toujours pensé que je manquais de maturité. J’ai plutôt cherché les perspectives après la sortie de tel disque, comment renouveler une expérience. Je n’ai jamais deux disques semblables, même si certains se ressemblent. J’ai assez vite compris que ça ne me suffisait pas d’utiliser le même moule, c’était une catastrophe. Je me sentais plutôt comme un metteur en scène qui fait son casting pour construire une histoire avec des copains. Le travail en solitaire, non. J’ai été solitaire assez longtemps.

Tu as connu le succès populaire, critique, la longévité. Quelque chose t’a manqué dans ta carrière ?
Non, j’ai eu tellement plus que tout ce dont je pouvais rêver. J’ai découvert à chaque fois que ça pouvait aller plus loin. J’ai essayé de refaire des albums qui ne me satisfaisaient pas totalement, revenir sur des choses esquissées, montrer plus clairement. Consciemment ou inconsciemment. Redonner une chance à une idée. Je le fais en fonction de ce que je ressens autour, de ce qui nous manque. Là j’ai fait un album où je m’exprime plus simplement, plus directement. C’est parce que tout est tellement confus autour. Je n’avais pas envie de faire un album expérimental, je m’étais assez exprimé avec cette forme. Là, le propos est plus important que la démonstration de la musique elle-même. Qu’est-ce que je pourrais tenter de faire avec l’expression de l’émotion… C’est quelque chose que je n’arrivais pas forcément à montrer assez rapidement, ça transpirait au bout d’un moment. Mais j’ai creusé pour le dernier album. J’aurais voulu exprimer des choses avec plus d’émotion avant, je n’y serais peut-être pas arrivé.

As-tu eu le fantasme de faire une carrière anglo-saxonne, en faisant par exemple un album en anglais ?
Franchement non. Je trouvais très bien que chaque pays produise ce qu’il a de plus spécifique. Je me suis qu’il valait mieux que je fasse correctement ce que je sais faire. Ce que je racontais, les textes, me paraissait impossible à traduire. Dans la façon dont je travaille, les textes ont souvent dicté la musique, je ne cherchais pas à plaquer une esthétique sur des textes, ça faisait adaptation, ça ne marchait pas. Faire le texte avant, c’est beaucoup plus libre, je voulais conserver cette liberté. Quand j’écoutais Captain Beefheart, je me disais : tiens, lui il a trouvé la liberté. Beefheart, on le retrouve chez PJ Harvey. Pour des artistes qui ont arrêté trop tôt, c’est comme si on essayait de finir leur travail.

Tu es devenu une référence pour une nouvelle génération en France…
Peut-être récemment, il y a eu quelques artistes où j’ai reconnu des attitudes d’écriture. C’est encore quelque chose que je n’aurais pas imaginé. Ce qui me rend très fier, c’est d’avoir provoqué des choses, d’avoir donné envie à un type de s’y mettre, même s’il s’est dit « je vais faire comme lui, ce n’est pas difficile ». Ca me fait beaucoup de bien. Avoir envie de se lever, d’écarter les jambes et de prendre une guitare, c’est le départ de tout ça. Le reste c’est… c’est…

Du travail ?
Je n’osais pas dire le mot (rires). J’évite de dire le mot travail, c’est peut-être ma superstition.

A la fin de ton disque, la façon dont tu chantes Il voyage en solitaire me donne envie d’écouter Me And Bobby Mc Gee de Kris Kristofferson. Ça te va si on se quitte là-dessus ?
Ah oui, j’aime beaucoup. J’en connais une version de Jerry Lee Lewis infernale, pas du tout comme celle de Kristofferson. Lui, quand je le réécoute… Il y a dieu et le diable, on entend qu’il a adoré le gospel. Le rock vient du gospel, le pape devrait aller là-bas. J’y suis allé dans les églises noires à La Nouvelle Orleans, des gens me tenaient la main de chaque côté, je tremblais, c’était plus que de la ferveur, je sentais l’électricité qui me traversait. Pourquoi il n’y a pas ça ici ? Pourquoi on doit subir un truc un peu glacé ? Dans le rock, il y a la transe, l’Afrique. Les premiers disques de Bo Diddley, c’est de la jungle music, de la musique répétitive. Ici on fait du festif, mais il n’y a pas de vraie transe. On ne sait pas d’où ça vient, de la géographie. Ça a à voir avec le primitif spirituel, et ça me manque ici.

itv signée LES INROCKS

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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Lun 16 Mar - 15:47

Mon hommage tout simplement à BASHUNG, inspiré par quelques phrases de ces chansons que j'ai adorées et qui feront partie maintenant de mon patrimoine affectif à jamais .... ! merci à tous ces grands auteurs qui l'ont bien ressenti.



So long Mister Bashung,

Plus rien ne s'oppose à la nuit ....
Si Dieu existe, j'espère qu'il a mis un kilt pour vous accueillir.

Madame rêve, et moi je ne rêve plus, il l'aura chanté jusqu'à la fin cette magnifique chanson, rêves d'archipels, de vagues perpétuelles, sismiques et sensuelles.
Le crabe l'aura épinglé, un samedi soir de Mars ... pour l'emmener loin des amours de loin, voilà le grand saut à l'élastique. C'est parti pour une éternité de voltige solitaire, sans foudres ni guerres !

Oh ciel ... Oh ciel ... Bashung va me manquer comme Gainsbourg ... seule un peu plus loin qu'ici avec des armées insolites, des ombres équivoques, laissant une tristesse surannée, oserai je dire que maintenant dans la musique, les circuits sont niqués, il y a un truc qui fait masse, non mais tu as vu ce qu'ils passent, mettez moi BASHUNG à la place.

Oh gaby, gaby ! me voilà seule il est parti dans le secret des Banquises, il voyage en solitaire là ou nul ne l'oblige à se taire. Il retrouvera surement la rouquine Carmelite, Suzanne et les sirènes aussi et je sais qu'il a déjà reçu la paix et la sérénité.


So long Alain CLaude Bashung

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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Mer 18 Mar - 20:57

MERCI MONSIEUR BARBOT merci





le clip sur place à voir :

https://www.youtube.com/watch?v=MkW4A5orkuM
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Bridget

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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Dim 22 Mar - 11:58




.
Magnifique : L'Apiculteur - Live 1994





Paroles : Alain Bashung / Jean Faulque .
Musique : Alain Bashung


D'heure en heure
L'apiculteur se meurt
Il a eu son heure
Il a fait son beurre
Api apiculteur

D'heure en heure
L'apiculteur effleure
La fin du labeur
Api apiculteur

Dans une autre vie
Les marguerites s'effeuillent au ralenti
Personne n'est vainqueur
Les proies les prédateurs
Savourent le nectar
D'une pomme d'api
Api apiculteur

L'heure c'est l'heure
On n'est pas d'humeur
A verser des pleurs
Fières ont les ouvrières
Le jour en tailleur
Le soir en guêpière
Quand la mort vous susurre
Des serments veloutés
Que rien n'est moins sûr
N'aura plus d'importance
Ni la chaleur
Ni les piqûres

Api apiculteur
Api apiculteur


Générique complet à la fin de la vidéo !


Dernière édition par Bridget le Mer 10 Nov - 13:15, édité 1 fois
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