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 TESSON PERE ET FILS

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Bridget

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MessageSujet: TESSON PERE ET FILS   Mar 2 Sep - 0:42




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Philippe et Sylvain Tesson: la folie des hauteurs




L'ÉCRITURE, UNE HISTOIRE DE FAMILLE (9/12) - Le père a fait de la vie son théâtre, le fils court le monde pour le raconter.
L'un a le vertige. L'autre tutoie les sommets.
Mais tous deux partagent une même passion du romantisme.











Vivre ou faire une œuvre. À en croire Philippe et Sylvain Tesson, c'est là le fossé qui sépare leurs chemins d'écriture. D'un côté, un demi-siècle d'éditoriaux au journal Combat, puis dans son cher Quotidien de Paris, un pamphlet sur de Gaulle publié en 1965, un livre d'entretien dont il ne semble plus si fier et combien de chroniques sur le théâtre, la grande passion d'un homme qui n'a jamais quitté la scène politico-médiatique.



De l'autre, un goût du large et du lointain. Un écrivain face au spectacle de la planète qui, dès l'âge de 24 ans, enfourche sa bicyclette pour en établir le tour. Loin, très loin des trottoirs germanopratins.




Paris ou sa périphérie, le fils a choisi. Par manque de plasticité cérébrale, avoue-t-il. «Je n'ai pas sa jeunesse d'esprit, son agilité, sa souplesse. Je suis beaucoup plus lourd, sérieux. Plus vieux que lui en réalité», dit-il à propos de ce père qui, pudique, enrobe sans cesse son affection de ruse et d'ironie.



Dans son polo bleu aux armes de Val-d'Isère, le fils, passionné d'escalade (on le surnommait le «prince des chats» dans son club d'acrobates), s'est alors raccroché à la nature, «aux grandes forces qui structurent le monde plutôt qu'à l'actualité qui nécessite une capacité d'adaptation à l'incertain, à l'imprévu».



Et puis, il avoue n'avoir jamais réussi à s'accorder à cette nécessité de jouer ce jeu de la gaieté, de l'artifice, «du bal masqué». Malgré les conseils paternels, il dit avoir encore du mal à passer sur un plateau télé, là où se noie, du moins s'embourbe si souvent la pensée.
Pas facile, au vrai, d'évoquer Dumézil dans «Le Grand 8», l'émission de Laurence Ferrari (sur la chaîne D8).



«Sylvain est l'écrivain des gouffres et des abîmes. Moi, je suis l'écrivain de la surface et des apparences», admet sans regret, ni amertume, celui qui, chaque semaine, livre sa critique dramatique au Figaro Magazine.



«J'avais plus de talent pour vivre et pour agir. Je crois en la théâtralisation de toute chose. C'est l'un des principes fondateurs de mon existence», reconnaît cet enfant de la guerre qui, très tôt, a éprouvé le besoin de conjurer l'angoisse et considérer la vie comme un jeu. Une comédie humaine.




Et peu lui importe que tous les journalistes finissent par écrire des livres. Il se refuse à suivre ce mouvement. Pour célébrer ses 80 ans, les salariés de l'Avant-Scène Théâtre, maison d'édition qu'il dirige depuis 2005, lui avaient préparé une surprise. En cachette, ils avaient décidé d'éditer un recueil de ses textes. Colère homérique du maître des lieux. Il gâcha copieusement la fête en ordonnant d'envoyer les 3000 exemplaires au pilon. La directive ne fut pas suivie et il arrive encore que, dans un excès coupable d'orgueil, Philippe Tesson l'offre à l'un de ses convives.




Oh, bien entendu, débarquant dans la capitale de sa Thiérache natale, le jeune Tesson avait cette ambition si démesurée d'écrire. «Nous étions dans une époque bourgeoise, post-gidienne, dans un temps où l'on n'avait pas peur de dire que l'on voulait être auteur. Il est vrai que je me suis flatté de penser que je serai un grand écrivain.
Avant de me rendre compte assez tôt de mes limites, explique-t-il encore. Et comme le hasard m'a fait journaliste, j'ai rangé la dimension rêveuse de ma plume pour me consacrer au journalisme qui est tout sauf de l'imaginaire.»


Sans doute a-t-il renoncé à ce rêve moins par paresse que parce que cet amoureux de Victor Hugo tient trop en respect la littérature pour ne pas la servir dignement.






L'esprit du romantisme





S'il fallait d'ailleurs chercher un tronc commun de lectures entre le père et le fils, on le trouverait moins chez Jules Verne ou Jack London que dans l'esprit du romantisme. «C'est une vision du monde qui nous attire beaucoup. Pas seulement dans son expression poétique comme chez Goethe ou Kleist que mon père a étudié mais dans nos goûts géographiques. Nous aimons les forêts, les ciels brumeux», avoue Sylvain, auteur en 2004 d'un recueil de nouvelles intitulé Chroniques des bords du Rhin.
Chez les Tesson, la lumière vient du Nord.




Et l'écriture? Par imprégnation. L'auteur de récits de voyage le croit qui cite les travaux sur les oies cendrées de Konrad Lorenz. Comme les bébés volatiles suivant de manière innée l'éthologue qu'ils prennent pour leur mère, il assure avoir subi une semblable détermination. «On entendait beaucoup parler à la maison. Des convictions, des opinions. Un bavardage permanent, un babil d'adulte dans lequel nous avons baigné et qui nous a permis d'avoir le souci d'exprimer ce que l'on a en nous. Ce n'est pas un hasard d'ailleurs si une de mes sœurs, Stéphanie, est comédienne», pense-t-il. Un souci atavique de l'expression que Philippe Tesson considère comme une «hygiène», arguant que l'écriture est la plus propre et saine des sécrétions.



De son garçon, le père se souvient d'une vivacité dans la curiosité et l'expression orale. «Depuis tout petit, il s'est passionné pour les reliefs. Il nous parlait du jurassique, de l'hercynien. Je reconnaissais la poésie de ces mots. Lui savait la nature des choses.»



Souvenir aussi d'un enfant qui ne tenait pas en place. «Il a reçu une éducation plus libérale que la mienne. En tout cas, on ne peut pas dire qu'il était studieux, ni précoce. Jusqu'à la terminale, on ne donnait pas grand-chose de lui. D'ailleurs, ses professeurs me disaient toujours: “Vous savez, il n'aura pas un bac général. Faites-lui faire un BTS sciences de la nature.” En gros, cela voulait dire qu'ils le voyaient garde-chasse.»




Tour du monde en vélo





Les Eaux et Forêts l'attendront encore un peu. Hypokhâgne, khâgne, des études de géographie... Il n'a pas encore son DEA de géopolitique en poche qu'il s'engage dans un tour du monde à vélo avec son copain Alexandre Poussin. Ils se connaissent depuis leur seconde au lycée Passy-Buzenval et couchent bientôt le récit de leur longue expédition sur le papier (On a roulé sur la terre).


L'aventure de l'écriture débute. Pris de vertige dès qu'il franchit le rez-de-chaussée d'un immeuble, Philippe Tesson se dit dépassé par ses voyages inhumains. «Mais il fallait que Sylvain purge tous ses restes d'adolescence dans ses récits de voyage. J'avais peur mais je me disais qu'il n'en resterait pas là. Et que tout cela donnerait quelque chose de merveilleux.»




Ce besoin d'évasion n'est-il pas la traduction, somme toute assez banale, d'un rejet du père. Un moyen de chercher sa place face à ce personnage qui cabotine si souvent sur les ondes, au risque de les saturer. «Notre famille est la critique vivante des mécanismes freudiens. Il n'y a pas eu chez moi comme chez mes sœurs de rejet des parents, et plus particulièrement du père, assure Sylvain Tesson. Comme le disait Henry Miller, c'était d'ailleurs sa définition de la psychanalyse, nous n'avons jamais appliqué les mythes grecs sur nos parties génitales.»




Tout juste reconnaît-il une volonté physique d'expansion vis-à-vis de sa jeunesse dorée. Avant de revenir, admiratif, à ce qui le distingue de son père.


Et de citer cette phrase de Jules Renard qu'il pourrait prendre aisément pour maxime: «Moi, je préfère noter ce que je vis que l'éprouver.» Il tient son journal, son père l'a fait durant de longues années.
Aujourd'hui, il ressent le besoin de lui faire relire certains de ses manuscrits. Pour recevoir des conseils en légèreté et en rapidité. «C'est vrai qu'il a le goût de l'emphase. Si j'écrivais une critique vacharde, je dirais qu'il s'échine à chercher le synonyme le plus compliqué pour la plus simple des notions», s'amuse Philippe Tesson qui, au sein de la bibliographie de son fils, déclare une tendresse particulière pour Le Petit Traité sur l'immensité du monde.


«Dans cet essai, il a réussi la synthèse entre la curiosité, le savoir et la méditation. Il avait 25 ans quand il a écrit cela et j'ai trouvé ce livre formidable. Là, j'ai compris que mon fils n'était pas un écrivain voyageur. Mais un écrivain qui voyage avec une grande originalité dans les paysages de l'âme. Moi, je ne vais pas dans l'âme. J'ai peur de l'âme», conclut Philippe Tesson. Avant d'ajouter avec fierté: «Mais je suis heureux qu'il remplisse cet office.





Par François Aubel Publié le 29/07/2014 pour Le Figaro édition Abonnés http://www.lefigaro.fr/livres/2014/07/29/03005-20140729ARTFIG00257-philippe-et-sylvain-tesson-la-folie-des-hauteurs.php


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MessageSujet: Re: TESSON PERE ET FILS   Mar 2 Sep - 0:54





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Philippe et Sylvain Tesson. Le Parisien et l’aventurier




Le père, journaliste polémiste, et le fils, écrivain voyageur qui publie « Dans les forêts de Sibérie », ont chacun trouvé leur façon d’être sauvage.









Paris Match. Sylvain, pourquoi avoir choisi une voie si différente de celle de vos parents ?


Sylvain Tesson : Je ne suis pas éloigné du bain dans lequel j’ai mijoté pendant des années, celui de l’écriture et du reportage. L’autre jour, on m’a demandé pourquoi je n’ai pas fait comme Justine Lévy… J’ai l’appel de la forêt, ça paraît idiot, mais c’est vrai. C’est une maladie qui m’empêche d’avoir une vie sédentaire.


Philippe Tesson: Sylvain tient cela de sa mère. Elle est médecin et parachutiste, pilote d’hélicoptère, alpiniste… Ils ont en commun ce goût de l’excès du corps. A 7 ans, il s’échappait pour aller dormir dans les arbres de notre jardin.



Comment vous est venu le goût du voyage ?





S.T. Nos parents travaillaient beaucoup, les journaux se bouclent tard. Ils compensaient par les voyages.


P.T. Un matin de décembre 1989, on écoutait les infos sur les suites de la chute du mur Berlin, on est partis vers l’est le jour même !


S.T. L’été 1991, nous sommes allés à Moscou. Une semaine après, à notre retour, l’URSS s’écroulait ! La Russie a toujours été présente à la maison.


P.T. Il y a toujours eu un tropisme familial vers l’Europe centrale.

S.T. Le théâtre, le sentimentalisme, le romantisme… Nous nous tournons vers l’est, vers le sentiment et l’âme, davantage que vers l’ouest et l’action.




Quel regard portez-vous sur la vie parisienne de votre père ?


S.T. Sa facilité à se mouvoir, son exceptionnelle maîtrise du débat me plaisent beaucoup. Je suis fasciné par son énergie vitale.

Qui semble héréditaire...

S.T. Chez lui elle est canalisée. C’est la force de l’esprit contre l’agitation fébrile ! J’aimerais aujourd’hui avoir une vie plus noctambule. J’aime quand les beaux endroits urbains rencontrent la culture…

P.T. Cela s’appelle la civilisation !

S.T. Voilà. Je suis plus barbare ! Je trouve mon plaisir dans l’assouvissement. Quand j’ai faim, une boîte de sardines, c’est le luxe ultime.

P.T. C’est très péjoratif ce qu’il dit. J’aime aussi les ­sardines, mais je n’aime pas les manger dans la boîte, avec les doigts ! Sylvain est sale dans sa façon de se nourrir.
Dans son livre, il écrit que je ne serais pas heureux en Sibérie, moi qui aime la “réplique”. Or, sous ses dehors de stoïcisme sophistiqué, en matière de réplique, il me bat ! C’est un être sauvage, qui de temps en temps s’amuse à être civilisé. Ou le contraire.

Philippe, auriez-vous été heureux six mois dans une cabane ?

P.T. Je n’aurais pas supporté un instant. Je lui porte pour cela une extrême admiration.

En quoi est-ce admirable ?


P.T. Parce que c’est un dénuement, un dépouillement. J’aime l’ornement, lui non.
S.T. Je peux me satisfaire du monologue. Tu as besoin du dialogue, c’est ce que j’entendais par “réplique”.


Qu’avez-vous en commun ?



P.T. La profonde haine du consensus. Nous le trouvons suspect. D’où ma seconde nature d’être toujours en désaccord avec ce que j’entends, quitte à apparaître comme n’ayant pas de convictions.

S.T. Nous n’avons pas le même rapport au confort, mais nous avons le même au conformisme. On croit volontiers mon père idéologisé, réactionnaire. En fait, il n’y a pas moins bourgeois dans sa vision du monde, dans son rapport à la liberté, dans sa détestation de la codification sociale.



Ces départs permanents, est-ce une fuite ?


P.T. J’ai plaisir à penser qu’il ne s’agit pas d’une fuite de ses racines, donc de son père. Mais c’est peut-être le cas. Je mets son esprit d’évasion sur le compte, plus positif, du goût de la découverte.

S.T. Je fuis l’ennui des grandes villes.


Qu’est-ce que l’ennui ?


P.T. La banalité, le conformisme et le vide de la pensée.
S.T. Le sentiment d’emprisonnement du corps. J’ai besoin d’action.


Pourquoi revenir ?


S.T. Je reviens parce qu’ils sont là. Ma famille est le seul point lumineux dans ma navigation.

A force de parler si bien de l’isolement et du froid, n’avez-vous pas peur d’être suivi et envahi ?


S.T. Il ne s’agit pas d’une profession de foi ou d’un programme politique. Je ne propose pas une solution. Je raconte une expérience. Il n’y a qu’une minorité qui n’aime pas la ville. Pour beaucoup, partir trois jours à la campagne suffit.


Philippe, pourriez-vous accompagner Sylvain dans l’un de ses périples ?


P.T. Il me le propose, mais la nature m’effraie, je n’aime pas le danger. Vous me voyez dans une cabane en Sibérie ?



http://www.parismatch.com/Culture/Livres/Philippe-et-Sylvain-Tesson-Le-Parisien-et-l-aventurier-155558






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MessageSujet: Re: TESSON PERE ET FILS   Mar 2 Sep - 0:59

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LE PERE ET LE FILS TESSON AU FESTIVAL DU LIVRE


Ajoutée le 16 juin 2014

Pour la premiere fois réunis au festival du livre de Nice . Sylvain parle de l'amitié avec les russes !







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MessageSujet: Re: TESSON PERE ET FILS   Dim 21 Juin - 1:56

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PHILIPPE TESSON, UN JOURNALISTE DE COMBATS








Journaliste, patron de presse, critique théâtral, libre-penseur, ex-employeur d'une bonne moitié des quinquas et quadras de la presse française, Philippe Tesson est une figure incontournable des médias.


L'homme présente deux particularités rarissimes : il a commencé au poste de rédacteur en chef à 30 ans et il est aujourd'hui l'un des plus anciens journalistes pigistes en activité.

A 82 ans, Tesson conserve l'oeil clair et la parole acerbe, l'enthousiasme d'un pigiste débutant, d'un journaliste en mouvement. La curiosité en étendard, il nous emmène devant l'ancienne rédaction de "Combat", journal hérité de la Résistance, nous raconte avec Henry Chapier, sa conception de la liberté de la presse.

C'est dans l'antichambre du pouvoir, en compagnie de Catherine Pégard, une de ses anciennes collaboratrices du "Quotidien de Paris", que Tesson se remémore des instants d'intimité avec les Présidents.

En racontant la presse qu'il a dirigée et créée depuis 50 ans et en exposant son rapport au monde, cet enfant de l'entre-deux guerres raconte aussi l'histoire du journalisme du XXe siècle et ses mutations.




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Dernière édition par Bridget le Dim 21 Juin - 20:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: TESSON PERE ET FILS   Dim 21 Juin - 20:03




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Philippe Tesson, un combat au quotidien








Un documentaire de la collection «Empreintes» brosse le portrait du journaliste et patron de presse.

Peu connue, la séquence ouvre le documentaire d'Alexandre Amiel et Ella ­Cerfontaine.

Dans les années 1960, Philippe Tesson fait face à Léon Zitrone, tel un torero prêt à planter ses banderilles dans un taureau massif.
«Vous vous écrasez, lance le journaliste au monument national.
Évidemment comme vous êtes très lourd, ça fait beaucoup de bruit.»

Zitrone n'a pas le temps d'encaisser que Tesson repart à la charge: «vous êtes un journaliste émasculé, châtré» .

Excès, culot, provocation…

On reconnaît là la griffe ­Tesson. Cet homme n'aime pas le ronron, la tiédeur et le conformisme. «Je n'ai pas beaucoup de mesure» , concède-t-il. «Vous forcez les mots» , lui dira un jour René ­Andrieu sur un plateau.

Philippe Tesson restera comme le capitaine de Tréville de la presse d'opinion française.

De l'après-guerre à la fin des années 1980, à la tête de Combat puis du Quotidien de Paris, qu'il créa en 1974, il n'a cessé de ferrailler, entouré de mousquetaires devenus à leur tour des barons des médias.

Son titre de gloire?

Plus d'une trentaine de condamnations pour offense au chef de l'État.
Un certain Charles de Gaulle…

«Opposez-vous comme vous voulez, mais opposez-vous», aimait- t-il à répéter à ses journalistes du Quotidien de Paris.

Le numéro de la collection Empreintes qui lui est consacré témoigne de cette liberté et de cette allégresse.
Le film est réglé sur le pas de son sujet: il galope.
Les images d'archives défilent.
Tesson a toujours la bonne formule aux lèvres. «C'est ma dernière phrase. Elle sera longue», lance-t-il pour garder la parole dans une émission. Les grands fauves de la politique ne lui font pas peur.

Il titille Jacques Chirac sur l'une de ses déclarations, qui prête pour le moins à confusion:
«Je suis du bois dont on fait les flûtes.»
«Si vous voulez me faire dire que je joue du pipot…», interrompt le futur président de la République.

Pour moquer la suffisance de la gauche mitterrandienne, il interpelle Robert ­Badinter par un «Monsieur le Garde».

Lever le voile


Ces joutes cathodiques alternent avec des confidences face à la caméra.

Homme de théâtre, Tesson sait se mettre en scène.
Ici, il se donne le beau rôle.
Ne dit rien de ses déceptions et de ses renoncements.
Que cachent ces yeux clairs et ardents ?
Tout juste, consent-il à lever le voile sur un moment clé de son enfance: l'occupation par les officiers allemands de sa maison de la Thiérache.

Pour le reste, il semble avoir fait sienne cette phrase de Voltaire, dont il a quelque peu le physique:

«Il est poli d'être gai».



À 82 ans, outre les théâtres, Philippe Tesson court toujours les plateaux de télévision.

«Ça fait du bien, c'est une hygiène personnelle. Je n'aime pas serrer les lèvres.»

Il regrette l'effacement des journalistes au profit de panels censés représenter l'opinion.

Tout comme la disparition d'une certaine éthique de la liberté et de la tolérance héritée du XIXe siècle.

Une page s'est tournée dans l'histoire du journalisme.

C'est en tout cas la conclusion à laquelle parvient ce documentaire.

En épilogue, on voit Tesson diriger l'orchestre d'Ukraine à l'Opéra-Comique. Pas une seule fausse note.

Bravo maestro.




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MessageSujet: Re: TESSON PERE ET FILS   Dim 21 Juin - 20:06

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Un régal , quel vocabulaire  chaque mot est choisi et à sa place ....










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MessageSujet: Re: TESSON PERE ET FILS   Lun 3 Oct - 14:58

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Philippe Tesson : « Le journalisme transforme une journée en une vie »










A 88 ans, Philippe Tesson ne se départit pas de son énergie légendaire pour mener de front ses différentes vies : homme d’affaires, de théâtre et surtout journaliste. Il monte sur la scène de son théâtre, le Poche Montparnasse, entouré de chanteurs et musiciens, pour évoquer Cocteau, Milhaud, Poulenc et les autres, et faire revivre les soirées du Bœuf sur le toit. Entre rires et vérités, il confie sa vision du temps à travers le récit d’une vie toujours en mouvement.


Avez-vous pris le temps de vivre, Philippe Tesson ?

Ah oui ! J’ai pris le temps de vivre. J’ai aimé vivre. Je n’ai pas vraiment eu de problèmes métaphysiques. J’ai tout fait pour être libre et je le suis profondément.

Qu’est-ce qui a animé cela ?

La nature qui anime tout, l’éducation et la réflexion ensuite.

On vit libre par réflexion ?

On vit libre par discipline. La discipline que je me suis efforcé de forger est l’atteinte principale à ma liberté. Le contexte historique aussi. Je dis souvent cette chose idiote : « Je suis né dix ans après l’armistice de 1918 et dix ans avant la catastrophe de la seconde guerre mondiale ». Cette guerre a beaucoup contribué à ma constitution intellectuelle. J’ai vécu mon adolescence dans une tragédie. Encore qu’elle ne m’ait pas atteint personnellement, elle m’a amené à réfléchir plus qu’un adolescent ne devrait le faire et notamment sur le problème de la liberté et sur les questions essentielles de la vie !


Je vous repose la question : avez-vous pris le temps de vivre ?

Ma nature m’a amené à la gourmandise de la vie qui libère de toute pesanteur ou hypothèque ontologique. J’ai décidé d’assumer la vie dans sa diversité, son intégralité, son mouvement. Ce tropisme personnel m’a permis de me libérer des contraintes qui auraient contrarié ce désir profond !

Et ça continue !

Absolument. Cette gourmandise induit un rapport profondément actif avec la vie. L’action sans limite. En ressort l’éclectisme, le sacrifice de la profondeur, avec les risques que cela comprend. Sans complexe ! Je suis conforme à mon personnage !


En parcourant votre bio, on se dit que les choses se sont enchaînées de façon incroyable. Avez-vous vraiment choisi cette carrière ?

Je ne suis pas totalement débile (rires), mais il est vrai que je me suis adapté aux circonstances, au hasard, au destin. Je crois être opportuniste – je me livre là, c’est terrible – mais ça s’appelle un destin et ça vous échappe. Ou alors on s’emprisonne dans un rapport extrêmement suicidaire à la liberté. J’ai donc été disponible aux hasards. Je suis sérieux. J’avais pensé à une trajectoire que les circonstances ont souvent fait dériver.


Quelle était cette trajectoire ?

Je voulais vivre dans un rapport étroit avec la création. Création conforme avec mes dispositions particulières car j’aime tout ce qui relève de la création et de l’art. C’est en moi ! J’aurais aimé être un grand musicien, un grand peintre mais je n’en avais pas les qualités nécessaires ni la volonté suffisante. En revanche, j’avais des dispositions naturelles et un tropisme très particulier pour l’écriture. Cela n’intéresse personne mais mon rêve d’adolescent était « le grand écrivain » ! Je faisais partie de cette génération-là. Aujourd’hui ce rêve n’existe plus.


Qui était votre modèle ? Qui était le grand écrivain auquel vous auriez aimé ressembler ?

(Il réfléchit) Je n’avais pas le culte des idoles… Très jeune, j’ai aimé Stendhal… J’ai été très séduit par Malraux – nous étions contemporains –, par son ouverture extraordinaire au monde, ce destin multiple, l’action, l’aventure. Il était le seul à s’intéresser à la condition humaine à l’époque. Pour l’écriture et l’esthétique, j’aimais beaucoup Gide. Et Jean Cocteau, que je joue actuellement, m’a fasciné. Davantage sa personnalité que son écriture d’ailleurs. Sa tolérance, sa liberté, son ouverture, l’antichambre de l’interdit aussi !


Alors pourquoi journaliste et pas écrivain ?

Par le fait de hasards extraordinaires. Je n’étais pas très intéressé par le journalisme lorsque j’avais 30 ans. Je préférais infiniment la littérature ! Un jour, on me propose de devenir rédacteur en chef de Combat. C’était inespéré et en même temps, c’est que je devais être légitime…


Et le théâtre ?

Cette passion date de l’enfance. S’il n’y avait pas eu la guerre et les conditions bourgeoises d’éducation, sans doute serais-je venu très vite au théâtre. Pas seulement comme acteur d’ailleurs. Ce qui m’intéresse est ce qui relève du dédoublement, l’altérité, la parole en action… Tout ce qui en fait une psychanalyse extraordinaire.

Mais Combat est arrivé et j’ai accepté. Pour voir. Comme au poker. J’y ai trouvé tellement de plaisir et de conformité avec ma nature que je m’y enferme. Je crée des journaux car j’aime entreprendre. Vers 50 ou 60 ans, je décide de continuer le journalisme et je le regrette. C’était une charnière, une fin de chapitre. On en connaît deux ou trois dans sa vie. J’aurais pu faire du théâtre, ou de la politique mais je décide de continuer.



Certaines polémiques que vous avez provoquées parfois pourraient laisser penser que vous êtes tourné vers le passé. Or votre personnalité autant que votre carrière semblent s’inscrire dans une passion du présent. N’est-ce pas votre caractéristique principale ?

Le journalisme transforme une journée en une vie. C’est donc juste mais sans se détacher de l’amont et de l’aval. J’ai un formidable rapport avec le passé et le futur ! Mais il est vrai que j’aime être dans l’instant. Je me trouve très à l’aise dans l’éphémère et le journalisme quotidien. J’adore réagir.


Passion de l’instant, que vous retrouvez dans le théâtre.

Il n’y a rien de plus instantané que le théâtre. D’ailleurs, dans la vie comme au théâtre, je n’aime pas les répétitions ! J’aime l’improvisation.


Pourquoi n’avez-vous jamais écrit vos mémoires ?

On me l’a beaucoup demandé mais j’ai préféré vivre ma vie plutôt que d’en faire le récit. Je ne suis pas au niveau d’un message. Si j’avais été mêlé à des événements considérables, peut-être les aurais-je racontés. Mais le journalisme n’est qu’une observation. C’est sans doute sa faiblesse. De même que le critique de théâtre que je suis, depuis cinquante ans, chaque semaine, a une frustration de n’avoir été que dans la salle. J’aurais voulu incarner mes profonds tropismes. Je le fais un peu maintenant !


Comment voyez-vous le futur et comment l’avez-vous appréhendé tout au long de votre vie ?

Il y a trois ans, je n’ai pas hésité à reprendre le Théâtre de Poche. Si cette opportunité se présentait aujourd’hui, je ne me lancerais pas. J’ai 88 ans et je n’entreprendrai plus rien. Je suis sur un terrain vague. Mon énergie est intacte mais je suis trop âgé maintenant.


Et la mort ?

J’ai un rapport plutôt facile à la mort. Mon seul regret, dans cette perspective, est de ne pas savoir ce qui va se passer après moi. Par exemple, et bien que je n’aie pas un cerveau scientifique, je m’intéresse à des choses comme l’intelligence artificielle.


C’est le journaliste qui parle encore.

Oui. C’est la gourmandise de ce qu’il va se passer. Nous sommes à l’aube d’un monde nouveau, extravagant, ça me fascine. Mais c’est sans doute une confidence d’enfant.


Etes-vous obsédé par la transmission ?

J’ai des enfants auxquels je me suis énormément intéressé. J’ai été intensément père de famille. Aujourd’hui, je pense beaucoup à ma succession comme j’ai pensé toute ma vie à la transmission et pas seulement avec mes enfants. Le journaliste est un médiateur, un pédagogue, et j’ai été un journaliste très paternaliste, au sens fort du mot. Très père.



http://www.lemonde.fr/tant-de-temps/article/2016/07/01/philippe-tesson-le-journalisme-transforme-une-journee-en-une-vie_4961748_4598196.html


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MessageSujet: Re: TESSON PERE ET FILS   Lun 28 Aoû - 16:11

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Philippe Tesson, confession d'un enfant du siècle



Depuis plus de cinquante ans, le journaliste se tient à égale distance entre la politique et la culture. En témoin privilégié, il se dévoile comme rarement.



PROPOS RECUEILLIS PAR Jérôme Béglé , Sébastien Le Fol



 


Phénix.Relance du "Quotidien de Paris", le 29 novembre 1979.  © Richard Melloul Productions




Spectateur privilégié et parfois acteur de la vie politique, culturelle, littéraire et médiatique de son pays, Philippe Tesson n'a pas la langue dans sa poche pour débusquer les ridicules de notre société. S'il s'exprime volontiers à la radio et à la télévision, il rechigne à se laisser interroger. Figure du Tout-Paris, il préfère tarabuster les autres que passer à confesse. À près de 90 ans, il est pourtant la mémoire de la Ve République, l'observateur des petits jeux de pouvoir dont raffole Saint-Germain-des-Prés et l'oreille des puissants. Volontiers volubile, il sait garder les petits et grands secrets dont il est de temps à autre le dépositaire.
C'est ce personnage tissé de contradictions qui s'est mis à table et a accepté de passer en revue une vie professionnelle commencée en 1960, quand il devient rédacteur en chef du quotidien Combat.


Le Point : Vous approchez les 90 ans et vous n'avez pas écrit de roman. Qu'est-ce qui vous en a empêché ?

Philippe Tesson : Si je ne l'ai pas fait, c'est de toute évidence parce que je n'en ai pas éprouvé la nécessité. J'ai un rapport très particulier au livre, un rapport nourri par l'expérience. Un rapport très exigeant. J'ai lu beaucoup de livres dans ma vie, jusqu'à faire de cet exercice un métier. Je participe aujourd'hui à de nombreux jurys. J'ai même animé de 1994 à 1997 l'émission littéraire de France 3, et tenu un temps la rubrique Essais et documents du Figaro littéraire. J'ai lu quantité de livres médiocres. J'ai un trop grand respect du livre pour m'estimer à la hauteur d'un livre nécessaire, c'est-à-dire important, de ceux qui laissent une trace. J'abandonne ce soin à des écrivains authentiques, comme mon fils Sylvain pour qui j'ai une grande admiration. Je ne suis pas un écrivain authentique, je suis un journaliste, c'est-à-dire un écrivain du moment et non pas de la durée. Aurais-je la tentation d'écrire un livre que le poids de ma propre existence m'en empêcherait. Il y a une totale antinomie entre une fonction de journaliste et d'entrepreneur, esclave de l'instant, esclave consentant mais esclave, et l'état d'écrivain aliéné à sa solitude et à ses tumultes personnels. J'ai choisi de privilégier l'action par rapport à la contemplation. Sans doute ce choix était-il conforme à ma nature, je ne sais. Le journalisme en tout cas m'a donné le goût de l'éphémère dont j'ai fait une sorte de philosophie. Je vis dans le quotidien, ce qui n'interdit pas forcément le rêve. Chaque jour est pour moi une vie. Je n'aurai jamais le temps d'écrire ne serait-ce que mes Mémoires, dont j'estime au demeurant qu'ils n'auraient qu'un intérêt relatif et une durée de vie insignifiante.


Quel est votre plus vieux souvenir ?

Mon plus vieux souvenir est par définition biologique, il s'inscrit dans l'enfance. Mon enfance a été dominée par la guerre. J'ai été constitué par la guerre, déterminé par la guerre. Je suis né dix ans après la première Guerre mondiale et dix ans avant la deuxième. Ma toute première enfance a été bercée, si l'on peut dire, par le récit d'une tragédie, et la seconde par le déroulement d'une autre tragédie. On imagine mal aujourd'hui, en dépit des drames qui secouent le monde, ce que peut représenter ce vécu. Je viens d'un pays qui a été particulièrement meurtri par ce double événement : le nord de la France. Je suis très attaché à ma terre et à son peuple. Je me sens à cet égard très proche de Bernanos, corps et âme. Mes souvenirs d'enfance sont sombres, en dépit d'un contexte familial favorisé. Une avant-guerre comme pensionnaire au collège Stanislas à Paris. Le rapatriement au début de la guerre au foyer familial. L'exode en mai 1940, c'est-à-dire le drame, l'exil, l'abandon. Un père prisonnier. Le retour à la maison et l'occupation comme l'a si bien évoquée Vercors dans Le Silence de la mer. Etc. Je sais qu'il y a eu pire, ô combien. Mais il y a eu suffisamment pour construire l'adulte que je suis devenu, pour nourrir une mémoire indéfectible, pour éveiller une sensibilité aux drames de la condition humaine, et aussi pour créer des fidélités comme celle qui m'a lié toute ma vie à Pierre Mauroy, qui fut durant ces années de guerre mon compagnon de village et d'études et qui resta jusqu'à sa mort un ami précieux.


Quand vous entendez aujourd'hui que la France est en guerre, comment réagissez-vous ?

La France n'est pas en guerre. Le monde traverse une crise profonde dont elle subit les retombées. La guerre n'est pour l'heure en France qu'un motif d'angoisse, un objet d'angoisse. Le drame est que nous ne sommes plus acteurs de notre destin. Celui-ci nous échappe. On assiste aujourd'hui dans notre pays à un phénomène paradoxal : un mélange de peur et d'insouciance, de pessimisme et de légèreté. Une forme d'égoïsme qui, il est vrai, est dans la nature et dans l'histoire de notre peuple, mais qui prend des proportions inquiétantes. Le pays semble paralysé dans son énergie par ce double tropisme. Les raisons profondes et les manifestations en sont nombreuses. Elles tiennent à la transformation du monde, à la puissance du progrès, à la mondialisation, aux crises financières, tous motifs objectifs d'une force telle que les dirigeants et les élites sont pour l'instant dans l'incapacité de les maîtriser. Ce désordre explique de toute évidence l'inefficacité, l'immobilisme, les approximations, le conservatisme, voire les contradictions de nos gouvernants et par là même la défiance du peuple vis-à-vis de la politique, son inquiétude, ses tentations individualistes, son esprit de jouissance, son mépris de l'histoire, ce que Finkielkraut appelle son ingratitude et que j'appelais sa légèreté. Ce que je dis là est banal.






Tesson pote, ou t'es pas son pote... © Dussault pour Le Point




Comment êtes-vous devenu journaliste ?

C'est dans des circonstances tout à fait fortuites que je suis entré en journalisme. Après des études de sciences politiques et d'histoire, je terminais ma thèse sur les sources littéraires du nationalisme allemand lorsque j'ai rencontré l'équipe des anciens éditorialistes de Combat : Pierre Boutang, Maurice Clavel et Roger Stéphane, et le rédacteur en chef des pages culturelles du journal, Henry Chapier. Ils m'ont mis en relation avec le propriétaire de Combat, Henri Smadja, qui était à la recherche d'un jeune rédacteur en chef dont le profil correspondrait à ma formation. On était en 1960.
La presse de l'époque n'était pas au niveau professionnel et technique qu'elle a atteint aujourd'hui, particulièrement Combat, quotidien d'opinion plus que d'information, qui tentait de rester fidèle à la légende glorieuse de Camus, mais que les désordres de l'écroulement de la IVe République et l'avènement au pouvoir du général de Gaulle en 1945 avaient profondément déstablilisé. Il s'agissait de redonner un sens et un dynamisme à ce journal et de rassembler une équipe plus jeune autour de quelques principes élémentaires : la tolérance, l'ouverture, l'esprit critique, l'indépendance, le souci de l'écriture. L'histoire de Combat l'inscrivait au centre gauche. Le journal portait en sous-titre la belle devise : « De la Résistance à la Révolution ». Mais il y avait belle lurette qu'il avait fait son deuil de la révolution, à l'instar de tous les journaux issus de la Résistance. Je suis séduit par ce défi.



Avez été un journaliste heureux ?

Oui. À l'époque, je m'engage avec passion dans l'aventure de Combat. Elle durera quinze ans. Je découvre l'univers fascinant de la presse, cet état de spectateur privilégié du monde, cette renaissance quotidienne propre au journalisme, cet apprentissage de l'éphémère, cette proximité avec le pouvoir. Je deviens rapidement journaliste. Et j'avoue aujourd'hui avoir abusé de la liberté que cet état m'a donnée, avec cette impunité dont jouit le journalisme.


Justement, on a coutume de dire qu'aujourd'hui on ne peut plus rien dire ni écrire. Vrai ou faux ?

Votre question renvoie au problème de la liberté, donc de la morale et du droit. Dans les années 1960, époque où je suis entré en journalisme, on pouvait tout dire et tout écrire, mais on risquait d'être puni. Je n'ai connu la censure stricto sensu que dans des cas très exceptionnels, de 1960 à 1962 dans les dernières années de la guerre d'Algérie, où j'ai accueilli au marbre de Combat des fonctionnaires venus lire les épreuves des pages politiques du journal avant la tombée de celui-ci. Rarement je les ai vus censurer un article. Par la suite, l'attention du pouvoir, en l'occurrence d'Alain Peyrefitte, ministre de l'Information, est restée pendant plusieurs années très forte sur le contenu des articles de presse. Mais elle était, si je puis dire, préventive. Nous avions des relations très suivies avec lui, il était sourcilleux mais intelligent et cultivé. En revanche, les procès abondaient, en général pour offense au chef de l'État. J'ai bien connu la 17e chambre correctionnelle. Les sanctions étaient assez légères. Avec les successeurs de De Gaulle, la censure a disparu. De tous, Chirac fut le plus susceptible. Aujourd'hui, les journalistes peuvent encore tout dire, mais on n'en trouve plus beaucoup pour le dire. De surcroît, ils sont rarement sanctionnés. J'exagère un peu, il en reste d'excellents et de courageux. Mais je fais le constat d'une judiciarisation telle qu'elle conduit beaucoup d'entre nous à la prudence. Plus grave me semble l'esprit du temps, je veux dire l'uniformisation de la pensée. Ce n'est plus tant la justice que nous avons à craindre que l'opinion.


Quelle relation entreteniez-vous avec le pouvoir politique de l'époque ?

Une relation très complexe et très ambiguë dont une grande partie de la presse d'alors porte témoignage. Combat avait toujours eu un rapport difficile avec de Gaulle, comme tous les journaux issus de la Résistance. On est ici au cœur du problème de la démocratie, ce que je dis est banal. Ni la gauche ni le centre ne portaient le même regard que de Gaulle sur l'exercice du pouvoir démocratique. Mais en même temps, ces mêmes familles politiques avaient échoué avec la IVe République, dans leur tentative de restauration démocratique. L'affaire d'Algérie n'avait pas arrangé les choses. Lorsque je suis arrivé à Combat, le journal défendait l'Algérie française, dont j'étais moi-même partisan. Il ouvrait ses colonnes aux défenseurs de cette position. La gauche comme la droite ont vécu cette ambiguïté. Je me rappelle avoir condamné le verdict prononcé contre le général Jouhaud, avoir stigmatisé le sort réservé aux harkis, avoir eu plusieurs procès pour offense au chef de l'État. Notre point de vue avait beau être moral, il n'en était pas moins politique dans son identification.


Avec le temps, avez-vous réhabilité de Gaulle ?

Avec le temps évidemment les choses se sont apaisées. Je rends hommage à l'intelligence politique de De Gaulle, à son courage, à son analyse prémonitoire. Avouez que je ne suis pas le seul. Mitterrand écrirait-il aujourd'hui Le Coup d'État permanent ? Mais le ressentiment que je portais à l'égard de De Gaulle est resté vif. Cette rancune avait raison de mon adhésion à certains aspects de sa politique. C'est l'époque, environ 1965, où je publiais un essai à beaucoup d'égards critique sur le gouvernement provisoire 1944-1946, sous le titre De Gaulle Premier. L'époque aussi où je dirigeais aux éditions de la Table ronde une collection : « La Table Ronde de Combat », qui abritait des auteurs comme Jean Cau, Fabre-Luce, Figueras, très hostiles à de Gaulle. Je me rappelle m'être encore acharné contre de Gaulle plusieurs années après, au lendemain d'une de ses interventions télévisées dans le cadre de la campagne référendaire de 1969, avec un titre médiocre et que je regrette : « Le Mendiant ».


Aviez-vous soutenu de Gaulle lors des événements de Mai 68 ?

En Mai 1968, Combat avait tenu une position particulière. Nous nous efforcions de comprendre les raisons du mouvement étudiant sans le condamner a priori malgré sa violence. Les articles quotidiens de Maurice Clavel sont restés des témoignages d'une bienveillance critique de grande qualité. Mais dès la mi-mai, lorsque, à l'initiative récupératrice de la gauche le mouvement s'est politisé, nous nous en sommes radicalement désolidarisés. C'était dans la culture de Combat que de garder une liberté critique, une indépendance d'esprit, au risque de troubler le lecteur. La rubrique des Tribunes libres était d'une abondante richesse au cœur du journal. De même les pages offertes aux formations politiques ou aux cercles de pensée, de droite comme de gauche. Combat se voulait un journal d'opinions et de débats.


Georges Pompidou était-il plus proche de vos idées ?

Assurément. Georges Pompidou reste le président de la Ve République dont je garde le souvenir le plus vif. Déjà, Premier ministre, il m'impressionnait beaucoup par son intelligence, sa culture et son humanité. La plupart des journalistes qui l'approchaient partagent d'ailleurs ce jugement. Il est vrai qu'il aimait les rencontrer. Son charme faisait le reste ainsi que son habileté. Et son autorité. J'avais avec lui une rare relation de confiance et de franchise. Le hasard fit que cette relation fut en une certaine circonstance très personnelle. En 1967, Henri Smadja, le propriétaire de Combat, fut arrêté à Tunis sur l'ordre de Bourguiba, dont il était l'ami. Smadja en effet, outre sa qualité de médecin, était un riche homme d'affaires franco-tunisien qui avant la guerre avait joué un rôle politique important dans la vie publique tunisienne. Il était le « dernier juif » de Bourguiba. Il avait, après l'indépendance de la Tunisie, acquis un statut particulier dû à sa relation avec le président qui, pour des raisons politiques, se vit ce jour-là contraint de le sacrifier. Il fut emprisonné et cet événement me fit devenir malgré moi le responsable du journal. Je me tournai alors vers sa famille parisienne qui en assura financièrement la survie et vers le Premier ministre, pour qu'il obtienne de Bourguiba la libération du prisonnier. Je pus apprécier au cours des mois qui suivirent le zèle et la générosité de Georges Pompidou. Il s'agissait non seulement de libérer Smadja, mais de sauver Combat. Grâce à ses efforts et à ceux de l'avocat Robert Badinter, l'affaire trouva une fin heureuse. Combat était sauvé. Smadja également, mais ruiné. Je pus également apprécier la qualité humaine de Pompidou dans la générosité qu'il montra en faveur de la libération du général Jouhaud. Mais je pus subir aussi ses foudres dans une affaire qui nous opposa. Devenu président, Pompidou contribua à l'armement, notamment militaire, de l'Irak. Un informateur m'apprend un jour qu'il s'apprête à nouveau à vendre 72 Mirage à Bagdad. Je titre d'une manchette agressive assortie d'un éditorial non moins violent à la une de Combat : « Relaps ! » Pompidou me convoque immédiatement. Avec une grande brutalité, le visage rouge de colère, il exhibe la manchette de Combat et s'écrie : « Vous avez insulté la France et vous m'avez insulté. » S'ensuit une vaine explication. Nous en resterons là. Nos relations n'en souffriront pas.


C'est à cette époque que vous créez Le Quotidien de Paris. Pourquoi quittez-vous Combat ?

C'est en effet à cette époque. Je quitte Combat en raison d'un grave différend avec Henri Smadja. Combat connaissait depuis la libération de celui-ci des prisons tunisiennes d'importantes difficultés financières. Entre-temps, j'avais fondé avec ma femme, le docteur Marie-Claude Tesson-Millet, un quotidien d'informations médicales, Le Quotidien du médecin, dont les résultats me permettaient de proposer à Smadja une association financière en échange d'un partage de pouvoir. Il rejeta ma proposition. Je n'avais d'autre choix que de quitter Combat pour fonder mon propre journal. Je quittai Combat en février 1974. Le premier numéro du Quotidien de Paris parut six semaines après, au lendemain de la mort de Georges Pompidou. Smadja mourut en juillet de la même année. Et Combat en août.






Années de "Combat".Philippe Tesson, rédacteur en chef de Combat, avec Henry Chapier (à g.), responsable des pages culturelles, en 1973. © BOTTI





Vint ensuite Valéry Giscard d'Estaing. Vous lui apportez votre soutien dès le lancement du Quotidien de Paris ?

Absolument. C'eût d'ailleurs été le cas si j'étais resté à la tête de la rédaction de Combat. Le Quotidien de Paris s'inscrivait à mes yeux dans la continuité de Combat. L'esprit se voulait le même, si la forme s'en distinguait. Le Quotidien se voulait simplement plus jeune, plus moderne, bref, plus contemporain, plus proche aussi des thèses libérales que ne l'avait été Combat, et plus ouvert à l'actualité culturelle. L'équipe de rédaction est composée pour l'essentiel de journalistes venus de Combat. Elle est idéologiquement hétérogène, principe fondamental à mes yeux, rassemblée sur quelques critères communs, l'esprit libre et critique, le refus du sectarisme, l'exigence intellectuelle, la qualité d'écriture. Ce sont les mêmes principes qui gouvernaient Combat.
D'année en année, le journal s'est enrichi d'éléments nouveaux, de Bernard-Henri Lévy à Dominique Jamet, de Paul Guilbert à Richard Liscia et Robert Toubon, d'Armelle Héliot à Jean-François Kahn avant que celui-ci ne passe à la direction des Nouvelles littéraires, hebdomadaire que j'avais repris en 1975, et qu'il n'en fasse le brouillon brillant de L'Événement du jeudi. C'est en 1980 que j'accentue le positionnement libéral du Quotidien dans la perspective de la victoire de la gauche en mai 1981. Celle-ci provoque une importante progression de la diffusion du journal, qui permettra un renforcement de son équipe rédactionnelle avec des journalistes de grande qualité comme Jean-Marc Sylvestre, Catherine Pégard, Claire Chazal, Philippe Manière, Jean-Marie Rouart, Éric Zemmour, Bertrand de Saint-Vincent, etc, etc. Le Quotidien de Paris acquiert alors une légitimité politique qui durera jusqu'à la victoire de la droite. Il aura été durant les deux septennats de François Mitterrand un organe de pure opposition.


Quelle relation avez-vous entretenue avec François Mitterrand ?

Toute relation a cessé entre nous du jour de son élection. Il m'a signifié notre rupture quelques jours avant son entrée à l'Élysée avec beaucoup d'élégance. « Sans doute, m'a-t-il dit non sans humour, aurais-je agi comme vous agissez à mon égard. » Nous avions entretenu dans le passé depuis mon entrée à Combat une relation cordiale. Il aimait la compagnie des journalistes, à l'instar de Pompidou, il aimait sincèrement mon journal, nous avions largement ouvert nos colonnes à ses idées, nous avions des amis communs, et, cela dit sans présomption, quelques affinités. J'admirais la finesse de son intelligence. Il m'arrivait comme plus d'un confrère de passer un week-end à Château-Chinon. Il m'a fait aimer le Morvan. Mais je n'appréciais pas son regard sur la politique. Il la prenait pour un jeu.


Meilleure fut votre relation avec Jacques Chirac ?

Une relation humaine très agréable. Une relation politique orageuse. Sous des dehors d'une grande courtoisie, l'homme est brutal et autoritaire. Sa finesse politique est remarquable. C'est vraiment un authentique produit français, mais malheureusement, c'est un produit vintage.


Et Nicolas Sarkozy ?

C'est le contraire. Le produit a un problème avec la France. Mais il n'est pas vintage. Ma relation avec lui fut toujours très franche. Curieusement il y a quelque chose de paternel chez moi à son égard. Je l'ai connu alors qu'il avait un peu plus de vingt ans. Le Quotidien de Paris était alors installé à Neuilly. À l'époque, encore étudiant, il courait les rédactions avec une gourmandise incroyable d'information, d'actualité, de politique. C'était un môme très doué, rapide, ambitieux, sympathique. J'admirais son énergie, sa soif de savoir, d'apprendre. J'étais très touché par sa sensibilité. C'est un être très affectif qui ne comprend pas parfaitement ce que sont les autres. Je regrette qu'il n'ait pas réussi son pari. Ce fut, je pense, par pure maladresse. Bayrou a un mot très juste à son propos : « C'est un enfant barbare. »



Et Hollande ?

Requiem !

Et Macron ?

Alleluia !


Qu'est-ce qui a changé dans la vie politique française ?

Depuis quand ? Depuis que nous vivons en République ? Moins de choses qu'on ne le pense. Mis à part Vichy, la France n'a pas connu de révolution depuis 1875. La vie politique n'a donc été dans son évolution que le reflet de la vie sociale et des mœurs. Certes, à l'instar de l'exemple mondial, l'économie a pris le pas sur la politique depuis un siècle et demi. S'agissant des mœurs, la politique a épousé, non sans résistance d'ailleurs, le mouvement général des idées dans le sens de la libération. Il est arrivé rarement qu'elle prît les devants : on pense à la loi Veil ou encore à l'abolition de la peine de mort. Idem pour ce qui concerne la vie sociale. La division sociale s'est beaucoup estompée dans notre pays depuis un siècle. Mais là encore la politique n'y a que peu contribué. Le problème est sociologique avant que d'être politique. Je suis assez péguyiste sur ce sujet. Je pense en effet qu'il n'y a plus de peuple, ce qui ne signifie pas qu'il n'y ait plus d'exclus. Tout le monde est bourgeois, disait Péguy, ou veut l'être, n'en déplaise à Mélenchon. Ce phénomène explique les ambiguïtés de la politique française. Quant aux « élites », elles continuent à gouverner, indestructibles. Autrefois elles venaient de la bourgeoisie libérale. Aujourd'hui elles sortent de l'ENA, ce qui donne à leur pratique gouvernementale cette insupportable coloration technocratique que l'on sait. Ajoutons leur non moins insupportable obsession moralisatrice. Bref, les changements dont vous parlez sont de forme plus que de fond. Ce pays est très conservateur.


La gauche a-t-elle perdu son magister moral et intellectuel ?

Quelle gauche et qu'est-ce que la gauche aujourd'hui ?


Qu'est-ce qu'être à droite pour vous ?

Quelle droite ? Et qu'est-ce que la droite aujourd'hui ? L'une et l'autre sont à reconstruire. Il est souhaitable qu'elles le fassent, sous quelque nom que ce soit, au terme d'une profonde réflexion sur leur identité idéologique respective. Il fallait qu'une occasion survînt pour provoquer la promesse d'un renouvellement de la vie politique de notre pays. Que cet espoir passe par Macron est encore incertain. Mais il aura été le catalyseur inspiré et inespéré du processus de ce renouvellement.





Père et fils.Avec son fils, Sylvain Tesson, en 2014  © B. Decoin / Starface



Pensez-vous que le monde du papier qui a été le vôtre est en train de mourir ?

Je ne le pense pas. Sa mutation est inexorable. Pas sa mort. La presse que j'ai connue et pratiquée dans sa fonction essentielle d'information est certes en voie de disparition. Mais le papier, celui du journal comme celui du livre, restera à mes yeux un impérissable vecteur d'explication du monde.


Quel est votre livre préféré ?

Je dirais plutôt : quels livres ? Les grands romans français du XIXe siècle. L'histoire, l'histoire des sociétés. Voltaire. La littérature allemande, par exemple Thomas Mann. Parmi les contemporains, Houellebecq. Et bien sûr toute la littérature dramatique.


D'où vient votre appétence pour le théâtre ?

Elle vient de loin et de toujours. C'est davantage qu'une appétence. Le théâtre est ma deuxième vie. En tout cas il se confond avec ma vie. Je dirige un théâtre, le Poche-Montparnasse, une maison d'édition théâtrale, l'Avant-Scène Théâtre, une librairie théâtrale, le Coupe-Papier. Depuis cinquante ans, je tiens une critique théâtrale hebdomadaire. Ce fut d'abord au Canard enchaîné, puis à L'Express et aujourd'hui au Figaro Magazine. Il n'y a pas une semaine où j'aie dérogé à cette discipline. Le théâtre n'est pas seulement pour moi une passion, c'est une grille de lecture de la condition humaine, c'est une école de vie. Je n'ai jamais compris qu'on n'ait pas utilisé le théâtre comme méthode d'enseignement. Le théâtre libère la parole, l'imagination, les passions. L'illusion théâtrale est le plus beau rempart qu'on ait inventé contre la médiocrité de la réalité. Le théâtre met la réflexion en action. Les plus beaux éditoriaux jamais écrits l'ont été par les tragiques grecs, Shakespeare ou Molière, pour ne citer qu'eux. Ils sont une pensée vivante. En ai-je assez dit ?


Qu'avez-vous transmis à vos enfants ?

J'ai eu mes enfants à un âge où généralement on a des petits-enfants, c'est-à-dire à un âge où l'on a une certaine expérience de la vie. Ce sont donc les leçons de cette expérience que je leur ai volontairement ou inconsciemment transmises, toutes illusions abolies. Je n'attendais pas d'eux qu'ils me reproduisent, contrairement aux espérances des jeunes pères. J'attendais d'eux qu'ils deviennent ce qu'ils étaient, pour paraphraser Nietzsche. C'était à mes yeux la condition de leur bonheur et de leur équilibre. C'est ce que j'appelle l'authenticité, qui repose sur le principe de liberté. Je leur ai donc transmis le respect de ce principe, au service de quelques valeurs fondamentales d'ordre moral : la tolérance et le courage ; d'ordre intellectuel : le savoir et l'esprit critique ; et d'ordre biologique : l'énergie.


Comme disait Jacques Chancel : « Et Dieu dans tout cela ? »

J'en ai quitté la fréquentation familière. À 90 ans, on est devant deux chemins : ou bien raffermir sa foi, ou bien survivre avec ivresse. Je préfère pour l'instant cette seconde voie.


Êtes-vous fier de votre parcours, de votre âge ?

Fier de mon âge ? Ce serait stupide et indécent. De mon parcours ? Non pas fier, mais satisfait. Je déteste la fierté. J'aime le bonheur. Si vous voulez tout savoir, c'est à travers ma famille que j'ai vécu mes plus clairs bonheurs. Ma famille, c'est-à-dire une jeunesse entourée de tendresse et d'autorité, puis trois enfants qui ont su garder leur authenticité, et enfin leur mère, qui fut exceptionnelle. Pour le reste, j'ai pris la vie comme un jeu. J'ai joué, et j'ai eu de la chance.




http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sebastien-le-fol/philippe-tesson-confession-d-un-enfant-du-siecle-10-08-2017-2149111_1913.php


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