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 L'argent caché des syndicats

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Bridget

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MessageSujet: L'argent caché des syndicats   Dim 4 Déc - 15:46

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L'argent caché des syndicats


Par Fabrice Amedeo, Laurence De Charette





(Getty/Montage Olivier Cailleau)



Ils touchent 4 milliards par an de la collectivité pour 8 % de syndiqués. Subventions à gogo, permanents par milliers, gabegie...

Un rapport parlementaire lève le voile. Décapant !




Des vacances à Dakar aux frais de France Télécom ! En février dernier, 12 délégués syndicaux du groupe se sont rendus au Sénégal, officiellement pour assister au Forum social mondial. Dans leurs valises, un mandat en bonne et due forme du très imposant Comité central de l'unité économique et sociale (CCUES).

Pour représenter les salariés de France Télécom face à la «place importante faite au secteur des télécoms, notamment dans le cadre des relations nord-sud», la délégation a reçu un chèque de 12.000 euros. À l'heure où les entreprises serrent les coûts et l'État taille dans ses dépenses, les syndicats ne rechignent pas à envoyer leurs membres au soleil, tous frais payés, simplement «pour nourrir leur réflexion».


Gonflé ? Non, une pratique plutôt ordinaire dans une France qui n'aime pas ses syndicats mais les nourrit grassement.
Car si le syndicalisme n'a jamais été aussi peu représentatif dans notre pays - seuls 8 % des salariés (public et privé confondus) adhèrent à une organisation, le taux le plus bas de l'Union européenne ! -, la machine syndicale, elle, se porte bien, très bien même. Et pour cause: elle vit aux crochets des autres !

C'est la démonstration choc que font les députés dans un rapport rendu public cette semaine, et que Le Figaro Magazine a pu consulter en avant-première.

Au terme d'une commission d'enquête de six mois, de dizaines d'auditions, les élus font ce constat: la collectivité fait chaque année un chèque de 4 milliards d'euros pour financer l'activité syndicale. Presque l'équivalent du budget de l'Enseignement supérieur...



Les cotisations ne représentent qu'une part infime des budgets syndicaux: guère plus de 3 à 4% pour les organisations représentant les salariés et de 15 à 60 % selon les cas pour les structures patronales.
C'est une «exception française en Europe», relèvent les parlementaires, soulignant qu'ailleurs sur le continent, «les cotisations occupent une part primordiale dans les ressources des syndicats, plus de 80% dans l'ensemble». Leur «légitimité» est à ce prix, notamment vis-à-vis des pouvoirs publics, glisse le rapport.





(Infographie : Olivier Cailleau/Source : Commission d'enquête parlementaire sur le financement des syndicats)



Ici, ce sont les détachements syndicaux, les décharges horaires, les subventions aux comités d'entreprise ou encore la gestion des organismes sociaux et de la formation professionnelle qui fournissent le gros des moyens. Un système bien huilé mis en place au lendemain de la guerre et que personne - même en ces temps de crise - n'a osé remettre en cause. Et surtout pas l'État impécunieux, pourtant avide d'économies. Y trouverait-il son compte?


Lorsqu'il a décidé de se pencher sur cette délicate question, Nicolas Perruchot, ce député centriste qui a fait une entrée tonitruante sur la scène politique en 2001, en évinçant Jack Lang de la Mairie de Blois, savait qu'il avançait en terrain miné.
L'annonce de sa commission d'enquête a été fraîchement accueillie «en haut lieu», souffle-t-il. À plusieurs reprises, on m'a fait dire qu'une commission d'enquête parlementaire sur le prix de l'essence serait mieux venue», précise Perruchot, pas mécontent de n'en avoir fait qu'à sa tête.


Les syndicats ne se sont pas bousculés à la porte de la commission. «Nous nous sommes même demandé si nous aurions besoin de faire intervenir la force publique, comme nous en avons le droit», confie-t-il. Les représentants de l'UIMM - la puissante fédération patronale de la métallurgie - ou de FO ne se sont présentés à la convocation des députés qu'in extremis, lors de la dernière semaine d'audition.



On comprend leurs réticences. Le tableau que dressent les élus est décapant: «mécanismes de financement structurellement opaques», «absence de prise en considération (...) des mises à disposition de personnels et de locaux», «dérives»... Le schéma descircuits de financement qu'ils ont tenté de reconstituer vaut son pesant d'or, tant il est incompréhensible.


Les députés se sont fondés pour leur enquête sur de tout nouveaux éléments, fournis par les fédérations elles-mêmes. Car, pour la première fois cette année, les organisations syndicales et patronales ont dû se livrer à un exercice d'un genre nouveau: la publication de leurs comptes, en vertu de la loi d'août 2008 sur la représentativité syndicale. Personne n'avait osé leur demander le moindre bilan depuis la loi Waldeck-Rousseau créant les syndicats en... 1884 !



Certes, une incertitude plane encore sur les obligations des puissants syndicats de la fonction publique. En outre, toutes les organisations ne se sont pas pliées aux nouvelles règles du jeu avec le même entrain, certaines les ont même royalement ignorées. On attend toujours les comptes de FO pour 2010, de même que ceux de l'Union nationale des professions libérales (Unapl).
Quant à la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), elle a carrément fait savoir qu'elle n'entendait pas commencer l'exercice avant l'année prochaine.



Bernard Thibault , lui, a fait le choix de présenter le bilan de la CGT à la presse le 14 novembre.
Sur 79 millions d'euros de cotisations versés par ses adhérents, un peu moins de 13 ont été affectés à la confédération pour financer ses activités, a-t-il détaillé. Ce qui lui a permis d'affirmer que près des deux tiers des recettes de la CGT provenaient des adhérents.

À l'entendre, on serait donc «très loin» de l'image d'un syndicat «fonctionnant avec l'argent public». Simple question de présentation. Ce que l'on nomme par facilité «syndicat» est juridiquement composé d'une kyrielle de structures: sections d'entreprises, unions locales, départementales, fédérations professionnelles...

La maison-mère est souvent elle-même incapable d'indiquer avec certitude le nombre de ses affidés. La CGT, par exemple, hésite entre 25.000 et 30.000 entités.


Quoi qu'en dise M. Thibault, l'essentiel de la richesse de la CGT et des autres syndicats de salariés provient des moyens humains - détachements, décharges horaires, etc. - mis à leur disposition par les entreprises et surtout par l'Etat.
Ces petites mains se comptent par dizaines de milliers dans la fonction publique. Ou plutôt, elles ne se comptent pas. Car en la matière, l'unité de mesure, c'est l'estimation. Le doigt mouillé.


Pour en avoir le cœur net, l'Inspection générale de l'administration a épluché l'an dernier les mécanismes de mise à disposition pour les syndicats de la fonction publique dans deux départements, le Rhône et le Loiret.
Son rapport, resté confidentiel, montre que l'administration n'est pas tatillonne avec les absences syndicales, qu'elle a parfois même renoncé à comptabiliser.

Au service des impôts notamment, les syndicats déclarent que tous les droits syndicaux ont été pris quand la direction, elle, fait état d'une importante sous-consommation des heures de détachement ! De manière générale, les administrations peinent à distinguer les différents types d'absence ou de décharge.


Les abus prospèrent dans un univers où règne le flou. Soumis aux questions des inspecteurs de l'administration, les directeurs des ressources humaines des ministères ont bien dû admettre qu'ils ne disposaient d'aucun tableau de bord détaillé de leurs effectifs.

Des réponses au moins aussi vagues ont été données aux députés. Du bout des lèvres, au ministère de la Fonction publique, on reconnaît qu'environ 17.000 agents (en postes équivalents temps plein) seraient mis à la disposition des syndicats dans la fonction publique.

Dont près de 1200 à l'Éducation nationale. Les parlementaires ont conclu de cet aveu à moitié officiel que la réalité devait se situer bien au-dessus et Perruchot avance le chiffre de «28.000 équivalents temps plein pour les trois fonctions publiques».

Si l'on s'en tient au chiffre officiel, les moyens humains offerts aux syndicats par l'État représenteraient une enveloppe minimale de 1,3 milliard d'euros. «J'ai dit à Valérie Pécresse: rien qu'avec une économie de 10% sur ce budget, je te fais l'équivalent de deux taxes sodas», ironise le rapporteur.





(Source : Commission d'enquête parlementaire)



Dans certains services de l'État comme la police, fortement syndiquée, ces mises à disposition ont atteint une telle ampleur que le ministre a dû taper du poing sur la table.

Depuis une dizaine de jours, le cabinet du ministre de l'Intérieur reçoit discrètement les syndicats de policiers les uns après les autres. Claude Guéant a lancé un pavé dans la mare en déclarant qu'il comptait «remettre les policiers sur le terrain».

Depuis les déclarations du ministre, les langues se délient, et les différentes centrales se renvoient la patate chaude. Les uns ont reconnu des syndicalistes policiers assurant le service d'ordre de manifestation d'un candidat de gauche, les autres dénoncent les moyens humains particulièrement généreux consacrés aux œuvres sociales de la police.



Jusqu'où ira le ministre de l'Intérieur ?

Dans bien des cas, les administrations préfèrent fermer les yeux pour assurer la paix sociale.«Globalement, les quotas de détachement dans la fonction publique ont souvent été dépassés avec la bénédiction des ministères», concède un connaisseur.


Cette stratégie dépasse de beaucoup les détachements de permanents syndicaux. Elle passe aussi par des largesses aux comités d'entreprise, la mise à disposition de locaux et de moyens matériels. Toujours dans la police, à Lyon, les syndicats policiers bénéficient depuis 2008, date de la destruction d'un immeuble ancien, d'un relogement dans le domaine privé pour un loyer annuel de 87.000 euros.


Au fil des ans, certains comités d'entreprise de la sphère publique sont devenus de véritables coffres-forts ! Il est vrai que les patrons n'hésitent pas à mettre la main à la poche bien au-delà des obligations prévues par la loi. Manière d'acheter, au prix fort, la paix sociale.


Pierre Mongin, à la tête de la RATP, n'aligne-t-il pas 16 millions par an, c'est-à-dire 7 de plus que ce que lui imposent les textes, dans la caisse syndicale ?

Durant plus de dix ans à la tête d'Air France, Jean-Cyril Spinetta a mis des sommes importantes à disposition de ses comités d'entreprise (3,1 % de la masse salariale). Un compte courant avait même été mis à disposition par l'entreprise pour éponger les dettes et la gestion hasardeuse du CCE. Air France l'a fermé en 2008 et a accepté d'éponger un découvert de 7 millions d'euros. Une goutte d'eau face aux enjeux poursuivis par la direction: faire passer la privatisation de l'entreprise et la fusion avec le néerlandais KLM.



Même chose à EDF, qui abrite la plus grosse cagnotte de la CGT, l'intouchable Caisse centrale d'action sociale (CCAS). «Les magistrats ne comprennent rien aux impératifs économiques!» s'était emporté un certain ministre du Budget en 2004 alors qu'une information judiciaire était ouverte sur les irrégularités de la gestion du comité d'entreprise (4000 permanents syndicaux).

Met-on en cause la gestion d'un syndicat majoritaire à la veille d'un changement de statut de l'entreprise ?

Chez France Télécom-Orange, la direction a trouvé une méthode tout aussi efficace de mettre de l'huile dans les rouages: acheter des pages de publicité dans les journaux syndicaux ou encore louer des stands dans les grands congrès.


Par comparaison, les entreprises privées «contribuent financièrement assez peu, sauf exception, au financement des syndicats de leurs salariés», note la commission d'enquête parlementaire.
Hormis les décharges horaires prévues par la loi et les locaux syndicaux mis à disposition et dûment mentionnés dans leurs comptes.
Au total, les députés évaluent le coût de la représentativité syndicale dans le secteur privé à 1,6 milliard d'euros. Un chiffre qui «ne correspond pas, à proprement parler, au financement des "syndicats", mais plus précisément à celui de l'activité de représentation, de défense, de revendication menée par les syndicalistes dans les entreprises», note le rapport. En outre, plus des trois quarts de ces syndicalistes sont élus par le personnel et non désignés par leur syndicats.


Les organisations syndicales et patronales se partagent enfin également, depuis plus de soixante ans, le gros gâteau du paritarisme.

Ce sont elles qui gèrent le circuit de la formation professionnelle en France (un pactole de 6,3 milliards) et le «1% logement». Elles encore qui sont aux commandes des grands organismes de la Sécurité sociale et de l'Unedic, des mastodontes qui assoient leur puissance et font vivre des dizaines de milliers de militants promus au rang d'administrateurs.



Indemnités forfaitaires, frais de formation, prise en charge de secrétariat, voyages d'études...: les députés énumèrent les multiples avantages que procure la gestion des organismes paritaires (voir tableau). «Tout le monde se tient, car tout le monde en croque», résume un dirigeant d'une caisse de retraite complémentaire, la galaxie Agirc-Arrco.




(Source : Commission d'enquête parlementaire)



Denis Gautier-Sauvagnac, ancien dirigeant de la très puissante UIMM au sein du Medef, n'a toujours pas livré les secrets de la «fluidification du dialogue social».
Dix-neuf millions d'euros ont été retirés en liquide des caisses de l'organisation entre 2000 et 2007, qui auraient majoritairement servi au financement occulte de syndicats, selon les soupçons des enquêteurs.


« Je suis parvenu à la conclusion qu'il existe bien un système, une stratégie globale et une alliance objective entre acteurs concernés, analyse Jean-Luc Touly, syndicaliste lui-même, en cours de rédaction de son deuxième ouvrage sur les financements occultes. Si la CGT n'a pas mené la fronde lors de la réforme des régimes sociaux, comme elle aurait pu facilement le faire, c'est que le gouvernement avait une monnaie d'échange: la loi sur la transparence des comptes syndicaux dont l'incidence est limitée. »


Au plus fort de la crise, les confédérations affichent une insolente santé financière.

Toutes les centrales sont propriétaires de vastes locaux parisiens : le siège du Medef est valorisé 24 millions d'euros, l'UIMM dispose d'un trésor de guerre de près de 505 millions d'euros, selon le rapport. François Chérèque, à la tête de la CFDT, avoue avoir du mal à cacher ses économies de plus de 350 millions d'euros, dont 34,7 millions de « trésorerie disponible ».

Celle de la CGT est de 42 millions d'euros. Les fruits d'une «gestion de père de famille» ont expliqué, sans rire, plusieurs responsables syndicaux...


Des rentiers, les syndicats français ? Ils fonctionnent en tout cas très bien indépendamment de leur manque de représentativité.

Inutile de grandir pour s'enrichir ! À l'extrême, ils n'auraient guère besoin d'adhérents. Premier syndicat français, la CGT en compte 670.000. Très loin des 2,4 millions d'IG Metall, le syndicat allemand des «métallos».



http://www.lefigaro.fr/societes/2011/12/03/04015-20111203ARTFIG00002-l-argent-cache-des-syndicats.php



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MessageSujet: Re: L'argent caché des syndicats   Mar 6 Déc - 8:52

L’enquête qui accuse le comité d’entreprise de la RATP

Un rapport de la Cour des comptes, dévoilé par notre journal, dénonce les pratiques douteuses du comité d’entreprise (CE) de la RATP. Les magistrats réclament des poursuites judiciaires.

C’est un rapport qui va faire du bruit. Dans la lignée de ceux publiés sur celui d’EDF, la Cour des comptes s’attaque cette fois-ci au comité d’entreprise de la RATP. Absence de comptabilité digne de ce nom, opacité de la gestion des cantines et des centres de vacances, brutalité des relations sociales, surfacturations, recettes qui se volatilisent… Cette enquête, que notre journal s’est procurée, est accablante.

Ni hasard ni défaillance humaine


On est loin des frasques de cet ancien responsable syndical accusé de harcèlement sexuel, l’été dernier. Les dérives constatées par la Cour des comptes laissent à penser « qu’ils ne sont la conséquence ni de hasards malheureux ni de défaillances humaines. C’est un système de fuite des fonds confiés au comité d’entreprise qui apparaît. »

Les faits sont d’une telle gravité que l’institution demande à la justice de se saisir au plus vite de ce dossier. Ce scandale — même si le rapport ne le dit pas ouvertement — met une nouvelle fois le doigt sur le sujet du financement des syndicats. Lorsque le comité d’entreprise offre des prestations de traiteur, pourquoi fait-il une exception pour la CGT — qui pilote le CE avec l’Unsa — en ne la faisant pas payer ? L’exemple peut paraître anecdotique mais en dit long sur les relations troubles entre les richissimes CE des entreprises publiques et les syndicats.

Hasard de l’actualité, cette enquête sort alors qu’un rapport parlementaire consacré au financement des syndicats vient d’être enterré. Pourquoi ? Parce que si on contraignait les organisations de salariés à une obligation de transparence, on s’apercevrait qu’elles ne sont pas entièrement « financées par leurs adhérents », accusait en fin de semaine le député centriste Nicolas Perruchot. Mais le plus grave, dans le cas de la RATP, n’est-ce pas que le CE et ses 53 M€ de subventions, censés profiter à tous les agents, ne bénéficie en réalité qu’à une minorité ? Les 45000 salariés de la RATP apprécieront…

Olivier Baccuzat et Boris Cassel

http://www.leparisien.fr/economie/l-enquete-qui-accuse-le-comite-d-entreprise-de-la-ratp-06-12-2011-1755248.php
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MessageSujet: Re: L'argent caché des syndicats   Mer 7 Déc - 9:23

EDF-GDF : le document secret sur le comité d’entreprise qui embarrasse les dirigeants de la CGT


Le 12 octobre dernier, un «groupe de travail» a réuni des responsables de la Fédération Mines Energie de la CGT, de la Caisse centrale des activités sociales (CCAS), autrement dit le comité d’entreprise d’EDF-GDF, et de la Compagnie internationale André Trigano (CIAT), le fabricant de tentes fournisseur de la fête de l’Huma, que la CCAS a racheté en 2010.

Au cours de cette réunion, dite «Groupe de Travail N° 9», organisée dans les locaux du syndicat, l’un des participants a ingénument pris des notes et rédigé un compte-rendu qui jette une lumière crue sur les rapports de pouvoir entre les trois organismes.

Plus embêtant, ce document a ensuite circulé – miracle de l’Internet – un peu partout en France dans les centres de la CCAS et les bureaux des deux entreprises. Résultat : les salariés d’EDF et de GDF, qui pouvaient encore croire que la CCAS et la CIAT étaient gérés de façon paritaire par les syndicats présents au conseil d’administration de ces organismes – c’est le discours officiel –, ont eu la preuve que la CGT prenait seule toutes les décisions engageant l’avenir des institutions sociales des électriciens et des gaziers. Au passage, ils ont pu aussi noter que les discussions ne manquaient pas de «franchise», voire d’une bonne dose de cynisme…

La circulation de ce compte-rendu a fini par embarrasser la Fédération Mines Energie de la CGT, au point que sa secrétaire générale, Virginie Gensel, s’est fendue d’une lettre à ses «chers camarades» pour les rappeler à la discipline syndicale : ne pas diffuser de textes qui n’ont pas reçu l’imprimatur de la direction.

http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/edf-gdf-le-document-secret-sur-le-comite-d-entreprise-qui-embarrasse-les-dirigeants-de-la-cgt-675148?xtor=EPR-226
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MessageSujet: Re: L'argent caché des syndicats   Ven 9 Déc - 18:32




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A Montreuil, les vacances de luxe des élus de la CGT

Commandé par Dominique Voynet, un audit sur les incroyables dépenses du comité des œuvres sociales de la mairie provoque un conflit ouvert entre la maire de la ville et la CGT.



Après le rapport au vitriol de la Cour des comptes sur le comité d’entreprise de la RATP, voici une nouvelle affaire embarrassante pour la CGT.

Dans un audit interne que nous nous sommes procuré, la mairie de Montreuil, dirigée par l’ancienne ministre de l’Environnement Dominique Voynet, dénonce les drôles de pratiques des élus CGT du comité des œuvres sociales (COS) de la ville.

Commandé en juin et achevé le 18 octobre, cet audit dresse un bilan sévère des activités du COS entre 2009 et juin 2011. Au point que la mairie a transmis son audit à la cour régionale des comptes, à charge pour les magistrats d’établir si des faits illégaux ont été commis.


« Le comité des œuvres sociales bénéficie de la plus grosse subvention distribuée par la ville, 1,4 M€. Il était normal que nous exercions un contrôle serré de son activité », explique Dominique Voynet.

Au terme de leur enquête, les auditeurs ont été « révoltés » par ce qu’ils ont découvert, témoigne-t-on à la mairie. Première surprise, malgré une « situation financière très confortable », le COS est très sélectif. L’an dernier, seul un tiers des 2840 employés de la mairie ont profité de ses prestations. « Nous partageons ce constat », assure Bernard Grenouillet, élu FSU au conseil d’administration du COS.


Plus étonnant, « la plus grande partie des dépenses a trait aux loisirs, au détriment de l’action sociale », pointe Dominique Voynet.
Sur un budget total passé en trois ans de 801000 € à 1,11 M€, les frais de vacances et les voyages ont fait un bond spectaculaire.

Résultat : ils ont absorbé cette année 90% du budget, ne laissant que des miettes aux activités culturelles et sportives (9%) et aux aides sociales (0,7%). Pis, « il apparaît que certains adhérents ont pu profiter bien plus des avantages fournis par le COS que les autres adhérents », observe l’audit. D’autant qu’« il ne semble pas exister de montant maximum de subvention par adhérent ».


Reste le plus scandaleux : non seulement une minorité des personnels de la mairie est gâtée par le COS, mais les principaux bénéficiaires ne sont autres que… les élus CGT eux-mêmes.

En deux ans et demi, 4 élus CGT, accompagnés de leur famille, ont voyagé aux frais du COS pour un montant de 153024 €.
Soit 6 fois plus que les aides sociales distribuées durant cette période.
A lui seul, un élu s’est offert 10 voyages (Egypte, Maroc, week-end plongée à La Ciotat…) en 2009, 9 l’an dernier (Kenya, Crète…) et 8 ces six derniers mois (Québec, Méribel, Thaïlande…). Montant de la facture pour cet élu et sa famille : 44000 €.


Réponse de Saphia Beltran, la présidente CGT du COS de Montreuil, dans un courrier en date du 25 novembre : « L’accompagnement des groupes […] fait partie des fonctions de l’élu (afin) de s’assurer que le voyage se déroule pour le mieux. »
Alors que les tensions sont réelles entre la CGT et Dominique Voynet, qui a ravi en 2008 la mairie de Montreuil au communiste Jean-Pierre Brard après vingt-quatre ans de règne, cette affaire risque encore d’envenimer les relations. « Il est clair que la CGT veut la peau de Voynet », confie un élu d’un syndicat minoritaire au COS.


Le conflit est en tout cas sur la place publique. « Si les élus CGT ne rectifient pas le tir et n’utilisent pas plus l’argent que nous leur versons à des œuvres sociales, je réduirai les subventions », prévient Dominique Voynet, très remontée contre la CGT qui, de son côté, accuse l’élue écologiste de vouloir réduire les moyens du COS.
« Les collectivités locales ne doivent pas s’ingérer dans la gestion des associations qu’elles subventionnent », lui a répondu Saphia Beltran. Une drôle de guerre de tranchées s’engage donc à Montreuil, fief de la CGT qui y a établi le siège de la confédération.


Marc Lomazzi avec Olivier Baccuzat | Publié le 09.12.2011, 07h52

Le Parisien


http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/a-montreuil-les-vacances-de-luxe-des-elus-de-la-cgt-09-12-2011-1760164.php



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MessageSujet: Re: L'argent caché des syndicats   Mar 13 Déc - 9:32

Argent des syndicats : les huit dossiers que personne ne veut ouvrir

Nous avons interrogé plusieurs des 29 députés de cette commission d’enquête, en respectant — s’ils le souhaitaient — leur anonymat. Avec leur aide, nous avons dressé la liste des lièvres un peu trop remuants soulevés au fil des auditions. Nous en avons identifié huit. Seule la divulgation du rapport dans son intégralité permettrait de dresser une liste exhaustive.

1. Un pactole de près de 5,5 Mds€ par an !

Chaque année, la collectivité signe un chèque d’environ 4 Mds€ pour financer les organisations de salariés, et de 1 Md€ à 1,5 Md€ pour les organisations patronales. Pris à part, aucun de ces chiffres n’est bien sûr classé secret-défense. L’addition globale, en revanche, en a surpris plus d’un. « Même les universitaires spécialisés sur la question, que nous avons auditionnés, avaient sous-estimé ces montants », s’amuse un membre de la commission d’enquête.

2. La nébuleuse des financements

Une page issue du rapport, la page 30, tente de résumer, à l’issue d’un long travail, tous les circuits de financement du syndicalisme en France. Flèches dans tous les sens, blocs enlacés… le résultat est une magnifique « pyramide égyptienne », comme la qualifie un parlementaire, totalement incompréhensible. Divulguer cette page reviendrait à faire la lumière sur cette opacité des financements et donner, enfin, l’occasion de s’y atteler. « Mais personne n’a vraiment intérêt à cette remise à plat », juge notre parlementaire.

3. Les syndicats sous perfusion publique

En France, seuls 3% à 4% du budget des syndicats de salariés proviennent… des cotisations des adhérents (contre 15% à 60% pour les organisations patronales)! En clair? Les syndicats dépendent presque exclusivement… de l’argent public! Ce financement atypique s’explique notamment par le petit nombre d’adhérents : en France, seuls 8% des salariés sont syndiqués, contre 40% en Italie et 80% au Danemark!

4. La bombe des comités d’entreprise

Voyages somptueux, châteaux hébergeant des centres de vacances… il y a peu, « le Parisien » - « Aujourd’hui en France » avait dévoilé les mécomptes du CE de la RATP, suffisamment graves pour qu’une plainte en justice soit déposée. Et encore, s’il n’y avait que la RATP… mais les CE d’Air France, de la SNCF, d’EDF sont également sous le coup de plaintes, parfois déposées par un autre syndicat!

5. Des délégations syndicales floues

Les temps de délégation, à eux seuls, représenteraient 1,34 Md€ chaque année : « De nombreux agents publics, déchargés de service, sont mis à la disposition des organisations en tant que permanents », pointait un rapport de 2010, qui citait notamment le cas de la SNCF.

6. Le puissant lobby de la FNSEA

A quinze jours de la date butoir (le 31 décembre 2011), la FNSEA n’a toujours pas publié ses comptes! Empêtrée en 2000 dans un vaste scandale de détournement de subventions (soldé par un non-lieu), l’organisation reste puissante : elle tient encore moult chambres d’agriculture et « être encarté FNSEA permet parfois de décrocher plus vite un prêt au Crédit agricole », rappelle un député. Contacté, le DG de la FNSEA, Patrick Ferrer, réfute en bloc cette affirmation.

7. Où va l’argent de la formation ?

Peu encline à dévoiler ses comptes, la CGPME, dont le budget annuel avoisine 9 M€, utilise on ne sait trop comment l’argent de la formation. « Bien qu’ancien président départemental de la CGPME, je suis tombé des nues, lors des auditions, lorsque j’ai vu la manne distribuée pour la formation professionnelle au niveau national! » confirme Lionel Tardy (UMP).

8. Les liens ambigus entre le Medef et la médecine du travail

Si les comptes du Medef sont publics depuis longtemps, plusieurs députés soulignent néanmoins les relations ambiguës que ce syndicat entretient avec la médecine du travail, dans certains départements. « Parfois, le directeur du Medef local dirige aussi la médecine du travail, allant jusqu’à occuper les mêmes locaux », regrette le socialiste Alain Vidalies.
Le Parisien

http://www.leparisien.fr/economie/argent-des-syndicats-les-huit-dossiers-que-personne-ne-veut-ouvrir-13-12-2011-1766345.php
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MessageSujet: Re: L'argent caché des syndicats   Jeu 16 Fév - 11:05

Argent des syndicats : l'intégralité du rapport Perruchot

Le Point.fr - Publié le 16/02/2012

C'est le rapport que toute la classe politique veut enterrer. Le Point.fr le publie en intégralité.

Le rapport Perruchot, du nom du député Nouveau Centre rapporteur de la commission d'enquête, a été enterré en novembre 2011 sans autre forme de procès. Officiellement, il ne pourra être publié que dans trente ans ! De larges extraits du rapport avaient déjà été édités dans Le Figaro. Le Point.fr vous le propose aujourd'hui dans son intégralité.

Le rapport visait à faire la lumière sur les finances encore très opaques des syndicats, tant ouvriers que patronaux. Son histoire n'est pas banale. Tout commence en 2007, lorsque Nicolas Perruchot, député du Loir-et-Cher connu pour avoir été le "tombeur" de Jack Lang à la mairie de Blois, propose la création d'une commission d'enquête. L'accueil est froid. Mais en 2010, le Nouveau Centre utilise le "droit de tirage", qui autorise chaque groupe parlementaire à réclamer la création d'une commission d'enquête pour rouvrir le débat.

Consternant

Tous les groupes, UMP, socialistes, Verts, se cabrent. L'Élysée aussi rechigne à chatouiller les centrales syndicales à quelques mois de la présidentielle. Mais la commission est quand même mise en place. Le rapport est rédigé. Sur les trente membres de la commission, seuls neuf participent au vote. Deux centristes votent pour, trois socialistes contre et quatre élus UMP s'abstiennent. Le rapport Perruchot, puisqu'il n'a pas été adopté, ne sera pas publié, fait rarissime pour la Ve République.

Le Point.fr, en le mettant en ligne, décide de rendre chacun juge de son contenu. Le rapport n'est pas d'une lecture facile. Il ressort tout de même que :

- Les syndicats patronaux, en dépit de leur opulence, "tapent" dans les fonds des organismes paritaires (Sécurité sociale, Unedic, formation...).

- Les syndicats ouvriers vivent aux crochets de l'État et des organismes paritaires.

- Le syndicat agricole dominant, la FNSEA, a un art éprouvé pour confondre fonds publics et militantisme.


Au total, le rapport Perruchot dresse, entre les lignes, un rapport consternant de la vie syndicale en France. À base de combines et de faux-semblants. Où l'État participe à un jeu de rôle avec des apparatchiks syndicaux qui ne représentent pas grand-chose. La France compte 8 % de syndiqués et huit "grands" syndicats. Qui ne courent pas derrière les militants et leurs cotisations tellement il est plus facile d'actionner d'autres pompes à fric (parmi lesquelles les comités d'entreprise des sociétés publiques).

Cliquez ici pour consulter la version intégrale du rapport Perruchot (sans les annexes consacrées aux auditions).

http://www.lepoint.fr/economie/argent-des-syndicats-le-rapport-interdit-16-02-2012-1431943_28.php

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MessageSujet: Re: L'argent caché des syndicats   Jeu 2 Mai - 11:55



le Point 2/05/2013
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MessageSujet: Re: L'argent caché des syndicats   Mar 28 Oct - 19:22

La coûteuse rénovation de l'appartement de fonction de Thierry Lepaon

D'après "Le Canard enchaîné", les travaux de l'appartement de fonction du numéro un de la CGT auraient coûté la bagatelle de 120 000 euros à la centrale.

Les travaux de rénovation de l'appartement de fonction de Thierry Lepaon, numéro un de la CGT, en banlieue parisienne ont coûté 120 000 euros à la centrale, selon Le Canard enchaîné.

Selon l'hebdomadaire satirique daté de mercredi, les travaux pour cet appartement de 120 mètres carrés ont coûté 130 000 euros à la CGT, mais le devis initial était encore plus élevé (150 000 euros). Le numéro un de la CGT aurait renoncé à quelques dépenses comme l'installation d'un home cinéma ou d'une cave à vins, selon l'hebdomadaire. Ancien de Moulinex, Thierry Lepaon, élu en mars 2013 à la tête de la confédération, habitait auparavant dans le Calvados, d'où la nécessité pour la centrale de lui trouver un appartement de fonction. Le loyer de cet appartement situé le long du bois de Vincennes, près de Paris, est de 2 000 euros, selon Le Canard enchaîné.

Contactée, la CGT n'avait pas réagi mardi soir. Le secrétaire général de la CGT, qui avait succédé à Bernard Thibault à l'issue d'une longue crise de succession, a déjà annoncé qu'il briguerait un deuxième mandat lors du prochain congrès de la confédération en 2016. Il a estimé que les tensions, qui ont perduré à la CGT après son élection, se sont apaisées et qu'il ne se sentait pas contesté.
http://www.lepoint.fr/societe/la-couteuse-renovation-de-l-appartement-de-fonction-de-thierry-lepaon-28-10-2014-1876569_23.php#xtor=RSS-221
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MessageSujet: Re: L'argent caché des syndicats   Mar 4 Nov - 23:23

Thierry Lepaon : Son appartement venait d'être refait à neuf


Après les révélations de la semaine dernière, sur les travaux de l'appartement de fonction du secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, le Canard Enchaîné publie de nouvelles informations. En effet, le Palmipède affirme, ce mercredi, que le logement du numéro 1 de la CGT avait déjà été rénové avant que la centrale syndicale ne commande de nouveaux travaux.

Des toilettes à 4.453 euros

Il ne s'agissait pas «d'une rénovation de haut-standing», mentionne le Canard, mais un coup de peinture blanche avait été passé sur les murs de l'appartement et une moquette neuve installée. «C'était parfait pour un jeune couple», résume le propriétaire, retrouvé par les journalistes de l'hebdomadaire. Mais pas du goût de Thierry Lepaon.

AD Peinture, chargé de repeindre les murs, s'était également reconvertie dans la plomberie et l'électricité, faisant ainsi grimper la facture. Le Canard, relève notamment que le prix de la rénovation des toilettes de Thierry Lepaon avoisine 4.453 euros.

Enfin, autre information remontée par le Canard, la présumée «bonne affaire» faite par la centrale syndicale, en louant un appartement de 120 mètres carrés pour 2000 euros par mois. Le logement ne ferait en fait que 79 mètres carrés et correspond tout juste aux prix du marché, note le journal satirique.
http://www.20minutes.fr/societe/1474927-20141104-thierry-lepaon-appartement-venait-etre-refait-neuf
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