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 JEAN-MICHEL OTHONIEL

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Bridget

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MessageSujet: JEAN-MICHEL OTHONIEL   Dim 27 Fév - 13:19


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JEAN-MICHEL OTHONIEL









" Selon moi, la beauté est un piège.
On en tombe d'abord amoureux, on est attiré par elle, comme des papillons par une fleur.
La beauté est ce qui permet le dialogue entre l'artiste et le spectateur."




Jean-Michel Othoniel se sert du verre soufflé comme d’une palette multicolore nourrissant une œuvre opulente et baroque.

Comme ses prédécesseurs de la Renaissance et du XVIIIe siècle, il confie la réalisation de ses pièces à des artisans hautement qualifiés, notamment dans le domaine du verre.





"Le Noeud de Lacan" 2009
Verre miroité, métal 150 x 135 x 50 cm
Courtesy: Galerie Perrotin, Paris




"J’aime donner au visiteur l’impression qu’il est seul face à l’oeuvre, dans un jardin d’Eden fermé, un sérail exotique hors du monde. Mes sculptures de verre, il faut les découvrir en s’y promenant." Jean-Michel Othoniel



Le plasticien français Jean-Michel Othoniel naît à Saint-Etienne le 27 janvier 1964


Privilégiant, par goût des métamorphoses, sublimations et transmutations, les matériaux aux propriétés réversibles, Jean-Michel Othoniel se fait d’abord remarquer par ses sculptures en soufre exposées à la Documenta de Cassel en 1992.


Il participe en 1994 à l’exposition Féminin/Masculin au Centre Pompidou, son installation My Beautiful Closet met en scène des danseurs filmés dans l’obscurité d’un placard.


C’est à partir de 1993 que Jean-Michel Othoniel introduit le verre dans son travail et en expérimente les propriétés ; transformations, mutations de la matière et rites de passages d’un état à un autre font écho à un autre rite fondamental dans l’œuvre de l’artiste, celui du voyage et du souvenir.


La blessure est au cœur de son œuvre ; en 1997, il crée Le Collier cicatrice, petit collier de verre rouge qu’il offre à qui veut le porter avec fierté.


En 1996, il suspend des colliers de géants dans les bambous du jardin de la Villa Médicis, puis aux arbres du jardin vénitien de la collection Peggy Guggenheim (1997), ainsi qu’à l’Alhambra et au Generalife, à Grenade (1999).
Ses œuvres, sortes de fruits défendus, vivent et s’intègrent au paysage, aux feuillages, comme autant d’excroissances organiques absorbant l’ombre et diffractant la lumière.












"Le Collier-porte" 1999 Pièce unique 600 x 90 cm
@ courtesy Galerie Perrotin



En 2000, un siècle après Hector Guimard, il transforme la station de métro parisienne, Palais Royal-Musée du Louvre, en Kiosque des noctambules ; deux couronnes de verre et d’aluminium dissimulent un banc destiné aux rencontres fortuites dans la ville endormie.















"Le Kiosque des Noctambules" 1996-2000
Verre de Murano, aluminium, céramique 560 x 600 x 200 cm



Collection Permanent installation for the metro station "Palais Royal - Musée du Louvre", Paris
@ Courtesy Galerie Perrotin




En 2003, à l’occasion de l’exposition Crystal Palace à la Fondation Cartier et au MOCA de Miami, il fait réaliser à Venise et au Centre international du Verre à Marseille des formes de verre soufflé, destinées à devenir d’énigmatiques sculptures, entre bijoux, architectures et objets érotiques.









My Bed 2002-2003
"Othoniel - Crystal Palace"
@Photography & Patrick GRIES / Paris for Fondation Cartier pour l'art contemporain - Paris




En décembre 2004, Le Petit Théâtre de Peau d’Âne est présenté sur la scène du Théâtre de la Ville de Rochefort puis au Théâtre du Châtelet à Paris.








"Le Petit Théâtre de Peau d'Âne" in 2004 at Maison Pierre Loti et Théatre de la coupe d'or, Rochefort (France)



C’est une installation composée de quatre dressoirs de bois laqué, de trente-cinq maquettes en verre filé, d’autant de globes et d’énormes vertugadins brodés d’or et de paillettes.


L’artiste, qui a retrouvé dans la maison de Pierre Loti les petites marionnettes fragiles de l’enfance du célèbre écrivain français, leur offre ici son œuvre comme décor.




"Le Petit Théâtre de Peau d'Âne" in 2004 at Maison Pierre Loti et Théatre de la coupe d'or, Rochefort (France) Détail




La même année, Jean-Michel Othoniel investit les spectaculaires salles mésopotamiennes du Musée du Louvre dans le cadre de l’exposition Contrepoint.

Ses sculptures monumentales de verre et d’aluminium, réalisées spécialement pour l’histoire des lieux, prennent là une dimension calme et intemporelle.




"Rivière Blanche" 2004
Verre opaque de Murano, structure rigide en aluminium, socle
320 x 150 x 50 cm


Collection ARC - Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris Photograph: David Fugere
@Courtesy: Galerie Perrotin



La grande rivière blanche aux perles constellées de pointes de seins a été acquise par le musée d’Art moderne de la Ville de Paris et fait partie de la nouvelle présentation des collections du musée.



"Rivière Blanche" 2004
@Courtesy: Galerie Perrotin



À l’occasion de Art Unlimited 2005, Jean-Michel Othoniel expose Le Bateau de larmes dans le bassin situé devant l’entrée de la foire de Bâle.




"Boat of Tears" 2004
Verre de Murano, métal, bois 345 x 535 x 215 cm
@ Courtesy Galerie Perrotin


C'est un bateau de 4 mètres de long et de 2 m 50 de hauteur taillé dans du bois brut, surmonté d'une architecture de verre.
Ce bateau fut construit par des boat-people cubains. Réalisé à la main, il est une sculpture à lui seul, portant les traces de la cruauté de l'espoir lié à la fuite.

Le kiosque, constitué de perles multicolores en verre de Murano, tel une couronne, est dédié au symbole de la rébellion et de la souffrance. Cette oeuvre est un hommage au désir universel de liberté.




"Boat of Tears" 2004 détail
Verre de Murano, métal, bois 345 x 535 x 215 cm
@ Courtesy Galerie Perrotin

Une couronne, des chaînes et des colliers, tous de verre coloré, se transforment en leurs extrémités en d’énormes larmes de cristal limpide.

La sculpture flotte sur l’eau tel un vaisseau fantôme chargé de larmes de souffrance et de larmes de joie, débordant de souvenirs et couvert d’ornements festifs.



En 2006, Jean-Michel réalise plusieurs commandes publiques (Métro à Toulouse, tramway de Nice, Aquarium à Amiens) et privées.

Au cours de l'année 2007, une de ses expositions personnelles se tient à la Galerie Brent & Sikkema à New York. Il réalise également des pièces pour Chanel à Los Angeles et à Honk Kong.

En 2008, une grande exposition personnelle lui est consacrée chez Karsten Greve à Cologne.


L’artiste a progressivement inventé un monde de liberté ultime et d’acceptation du réversible qui caractérise sa personnalité.

Sa création est multiple : dessins, sculptures, photographies, écrits, chorégraphies ou vidéos. Autant d’œuvres épurées chargées de poésie et d’érotisme.


http://www.perrotin.com/artiste-Jean-Michel_Othoniel-9.html



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MessageSujet: Re: JEAN-MICHEL OTHONIEL   Dim 27 Fév - 13:50





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Jean-Michel Othoniel, My way




Centre Pompidou-Musée national d'Art moderne

Du 2 mars 2011 au 23 mai 2011









Le Centre Pompidou consacre une exposition à Jean-Michel Othoniel qui retrace son parcours de 1987 à aujourd'hui.



Intitulée My Way, cette traversée rétrospective, présente un ensemble inédit de quatre-vingts oeuvres.
Un voyage jalonné d'étapes, de recherches et d'expérimentations au cours duquel l'artiste explore la frontière entre le monde organique et le monde naturel et questionne les limites du genre.

Puis, avec la découverte du verre, de sa couleur, de ses infinies possibilités plastiques mêlant force et vulnérabilité, l'oeuvre de Jean-Michel Othoniel trouve une nouvelle monumentalité, se met en mouvement.

L'ensemble se déploie dans les deux espaces d'exposition situés au sein du Musée national d'art moderne – la Galerie du Musée et la Galerie d'art graphique –, spécialement réunis pour l'occasion.




Entretien avec l'artiste.







CATHERINE GRENIER – My Way fait référence à la chanson de Frank Sinatra. Ce titre évoque-t-il aussi la nostalgie du chemin parcouru ? Cette exposition à caractère rétrospectif est faite des cailloux blancs que vous avez semés pour toujours retrouver cette « voix » ?


JEAN-MICHEL OTHONIEL – My Way n'est pas la reprise d'un standard. Ce titre m'évoque plutôt un parcours solitaire et singulier. Un chemin qui est un peu le mien au milieu des différents mouvements d'art contemporain que j'ai traversés au cours de ces vingt dernières années.
De plus, My Way est un titre compréhensible dans les pays où voyagera ce que l'on peut appeler une « mid-career retrospective ».

C'est aussi un moyen de dédramatiser ce « bilan », de le rendre moins mortifère et d'en faire une étape constructive.
L'exposition se compose de douze espaces distincts qui sont comme autant de petites expositions personnelles qui ont marqué mon parcours ; plus de quatre-vingts oeuvres sont exposées.



CG – Après la cire et le soufre, le verre rejoint par l'aluminium… Il semble que ce soit le plus souvent la rencontre avec une matière nouvelle, un matériau de prédilection, qui trace des pistes dans votre travail ?


JMO – Les matériaux sont une des clés de lecture de mes oeuvres, c'est la partie visible de l'iceberg ; l'enchaînement des sens se fait aussi par les mots, le texte, les obsessions, les non-dits, les rencontres, les pertes…

On découvre justement à travers cette rétrospective la complexité et les références qui composent les strates de mon travail.
Dans le livre qui accompagne l'exposition, votre texte suit mon évolution au cours de ces vingt dernières années et révèle les différentes étapes de mon parcours.



CG – L'exposition montre une progression de l'intime au monumental, du corps, de l'espace intérieur, vers l'extérieur. Pourquoi cette ascension ?


JMO – À la lecture de cette rétrospective, je me rends compte que mes oeuvres fonctionnent toutes comme des autoportraits.
Presque autiste au début des années 1980, elles étaient comme des « surrogates » (substituts).
Arrivant enfin aujourd'hui à assumer ma vie, les oeuvres ont suivi mon parcours du dévoilement et de la reconquête du bonheur : elles sont maintenant plus autonomes et libres.



CG – Vos dernières oeuvres sont empreintes d'un nouveau mouvement, est-ce un tournant dans votre oeuvre ?


JMO – J'ai désiré terminer les douze expositions qui composent ma rétrospective dans les Galeries du Musée par une nouvelle exposition. La dernière salle montrera de toutes nouvelles oeuvres plus grandes et plus spectaculaires.
La découverte des métaphores de la psychanalyse ont donné naissance à des sculptures plus abstraites qui ont la complexité de machines horlogères. Elles se déploient dans l'espace et offrent des formes enveloppantes et dynamiques.








CG – Une exposition-atelier est présentée dans la Galerie des enfants simultanément. Pourquoi avoir choisi certaines de vos oeuvres pour cet espace et comment allez-vous faire vivre l'expérience de la création aux enfants ?


JMO – Le réel merveilleux est une exposition-atelier qui présente des oeuvres monumentales aux enfants, Le Petit Théâtre de Peau d'Âne et The Precious Stonewall.

La première est un inventaire de maquettes habitées par les marionnettes créées par l'écrivain Pierre Loti, il y a cent cinquante ans. Elle montre ainsi les oeuvres d'un enfant, protégées par ma grande « ménagerie de verre ».

Il y aura aussi des initiations à la technique de l'aquarelle avec The Precious Stonewall – que j'ai créé en Inde l'année dernière lors d'un séjour auprès de verriers indiens –, qui sera prétexte à faire dialoguer les enfants du village de Firozabad, dans l'Uttar Pradesh, avec ceux participant ici à l'exposition-atelier.

Grâce au groupe La Poste, nous allons organiser une correspondance ininterrompue, mon désir étant de partager avec les enfants l'émotion qui m'a moi-même bouleversé lors de mes premières visites au Musée il y a quarante ans. Pour accéder à ce merveilleux, il suffit, je crois, de faire confiance aux oeuvres.



http://www.centrepompidou.fr/Pompidou/Manifs.nsf/Prochainement/9683E6A6EB3C14C5C12577E5003937D3?OpenDocument&L=1



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MessageSujet: Re: JEAN-MICHEL OTHONIEL   Dim 27 Fév - 18:08



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JEAN MICHEL OTHONIEL A ARLES , CHAPELLE ST MARTIN DU MEJAN







Deux baies de la chapelle dont les monochromies de brun et de pourpre sont dégradées à l’acide fluorhydrique sur des feuilles de verre soufflé, plaqué. L’horizon dégage un romarin à gauche et une véronique à droite.


http://www.atelier-fleury.com/vitrail_vitraux_contemporains_artistes/othoniel_vitrail_vitraux_artiste_contemporain/page01.html



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MessageSujet: Re: JEAN-MICHEL OTHONIEL   Mar 1 Mar - 20:04



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JEAN MICHEL OTHONIEL : LE BATEAU DE LARMES











À l’occasion de Art Unlimited 2005, Jean-Michel Othoniel expose Le Bateau de larmes dans le bassin situé devant l’entrée de la foire de Bâle.
L’artiste, dont le travail lie souvent l’intime au politique, a récupéré et utilisé une barque abandonnée par des boat people cubains sur les plages de Miami.




Une couronne, des chaînes et des colliers, tous de verre coloré, se transforment en leurs extrémités en d’énormes larmes de cristal limpide.
La sculpture flotte sur l’eau tel un vaisseau fantôme chargé de larmes de souffrance et de larmes de joie, débordant de souvenirs et couvert d’ornements festifs.















L’artiste a progressivement inventé un monde de liberté ultime et d’acceptation du réversible qui caractérise sa personnalité.

Le plaisir se lie au contact des œuvres.

L’utilisation récurrente du verre de Murano, place instantanément ces objets dans un entre-deux séduisant.
Entre sculptures et joaillerie, les pièces de verre existent pour elles-mêmes.
La transformation des matériaux est érigée en principe, le travail du verre résonne comme les plis d’une étoffe, l’écriture d’Othoniel se moque des supports mais en explore toutes les facettes, tous les voilages, tous les plissés.
Ses transsubstantiations sont alchimiques, elles opèrent dans la matière même.


S’intéressant autant aux détails qu’aux parures, les bijoux deviennent des colliers de désillusions.

Vanité de Vanité, les montures de verre soufflé sont des instruments de séduction doucereux, des outils de torture délicieux, clinquants et cinglants ils piquent comme des poignards le cœur des hommes.

Véritables piège à loups, ils se transforment en attrape-cœurs, et provoquent des blessures assassines, causant des cicatrices intestines.

Les titres des œuvres abondent dans ce sens, il n’y a que des Larmes de couleur, des Bateau de larmes ou encore des Cœur renversé.

Jean-Michel OTHONIEL est représenté par la galerie Emmanuel Perrotin (Paris).


http://www.eternalnetwork.fr/spip.php?page=fiche_artiste&titre=Jean-Michel%20Othoniel


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MessageSujet: Re: JEAN-MICHEL OTHONIEL   Ven 4 Mar - 13:38



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Jean-Michel Othoniel en verre et contre tous




Au Centre Pompidou, la rétrospective de cet artiste français de 47 ans révèle des œuvres de jeunesse torturées et austères et mise sur l'art merveilleux des perles comme le métro Palais-Royal




Jean-Michel Othoniel au Centre Pompidou, à Paris,le 24 février.
@Jean-Christophe Marmara/Le Figaro



Si l'on faisait un sondage sur Jean-Michel Othoniel à Paris un micro-trottoir dans le jargon de la presse , la vox populi répondrait: Palais-Royal.

Voilà dix ans que la place Colette, ancien rond-point devenu théâtre en plein air devant la ­Comédie-Française, arbore une station de métro aussi improbable que les murs roses et jaune citron de Jacques Demy dans Les Demoiselles de Rochefort (1967).
Guirlandes de perles de verre multicolores et anneaux de métal argenté escortent le piéton voyageur comme un souffle d'enfance aussi mignon qu'incongru ( Le Kiosque des noctambules, 2000). Il y a du coloriage dans l'air avec cette irruption de l'art contemporain dans la ville, pile un siècle après les volutes Art nouveau d'Hector Guimard (les dessins préparatoires sont à Beaubourg).



Cette commande de la RATP à un jeune artiste français «pour fêter ses 100 ans et le passage à l'an 2000» horrifia les uns par son baroque appuyé à deux pas du ­Louvre.
Et charma les autres par sa fraîcheur et sa fantaisie. Son coût de production fit frissonner le citoyen (2 millions de francs, confirme l'artiste, sans compter l'installation, poste très lourd).
Depuis, le temps a fait son œuvre. Cette bouche de métro volontairement de guingois appartient désormais au paysage urbain, comme le prouve la génération bobo qui s'assoie sur son petit banc de métal, de nuit comme de jour.


Avec ce coup de baguette magique digne d'une Peau d'Âne en jeans et pull marin, Jean-Michel Othoniel, 47 ans et un minois d'étudiant sage, a gagné reconnaissance populaire, commandes tous azimuts et marché international.



Têtu comme un tailleur de pierre, il travailla avec le Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques (Cirva), à Marseille, pour élaborer les 4,5 tonnes de perles de verre incassable qui sont devenues sa marque de fabrique (en dix ans, dit-il, l'installation n'a pas été vandalisée).

À Beaubourg, amateurs des œuvres de jeunesse à la Matthew Barney et réfractaires aux colliers de perles jugeront sur pièces.
Avec Mon lit, sorte de conte de fées à l'envers qui emprisonne La Belle au bois dormant dans une cage en fonte d'aluminium, sous un ciel au panache emperlé et un édredon rose tendre.

Avec Le Bateau de larmes, 2004, chaloupe cubaine métamorphosée en mirage de naufragé par une pluie de perles bleutées et or, trophée à contre-courant du minimalisme et du conceptuel ambiants qui eut les honneurs de la foire de Bâle, en 2005, et que l'on retrouvera à l'inauguration de la Fondation Louis Vuitton… en 2013?




Créations douloureuses



«Cette bouche de métro a changé ma vie. C'est l'œuvre qui a créé la place Colette et non l'inverse. J'en suis fier», avoue ce faux timide qui débuta sous la bénédiction des Anciens, Annette Messager, ­Sophie Calle et Christian Boltanski. ­Suzanne Pagé, directrice de légende du Musée d'art moderne de la ville de Paris, le remarqua très tôt et l'acheta pour les collections publiques.

LVMH est le mécène d'un artiste que la Fondation ­Vuitton a acquis rubis sur ongle ­(Lagrimas, 2003, cité des jarres exposée telle quelle à la galerie Emmanuel ­Perrotin).



Comme le rappelle sa «rétrospective à mi-carrière» à Beaubourg, ce succès est intervenu après des années de vache enragée, d'atelier en solitaire, de créations douloureuses, sexuelles et introspectives, d'expositions sans concession dans le monde le plus docte de l'art (étranges sculptures en soufre exposées à la Documenta de Cassel, en 1992).

Cette bonne fortune lui a ouvert le chemin du musée, au grand dam de ses détracteurs : ils fulminent, en tout anonymat, contre cet hommage à un art jugé décoratif et commercial.


Othoniel, lui, a rebaptisé avec humour ce couronnement «My Way».

Il l'a écrit en perles multicolores au-dessus de l'entrée. Un signal qui sert de feu vert pour son très grand public.

«Jean-Michel Othoniel, My Way», au Centre Pompidou, Paris IVe, jusqu'au 23 mai.

Catalogue et première monographie de l'artiste par Catherine Grenier, commissaire de l'exposition, Éd. du Centre Pompidou (39,90 €).

Et aussi : «Le réel merveilleux, une exposition-atelier de J.-M. Othoniel», jusqu'au 22 août.


http://www.lefigaro.fr/culture/2011/03/03/03004-20110303ARTFIG00668-jean-michel-othoniel-en-verre-et-contre-tous.php




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MessageSujet: Re: JEAN-MICHEL OTHONIEL   Sam 5 Mar - 17:00

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LA VIE EN VERRE DE JEAN -MICHEL OTHONIEL AU CENTRE POMPIDOU


MARS 2011







Diary of Happiness (red) 2008 Verre de Murano , bois 206 x 348 x 33 cm
@Courtesy Galerie Perrotin, Paris





A 47 ans, le plasticien Jean Michel Othoniel fait déjà l'objet d'une rétrospective au Centre Pompidou.

Jusqu'au 23 Mai 2011, "My Way" permet au public de découvrir l'univers de ce stéphanois fasciné par le verre .
Avec ce matériau, il conçoit des oeuvres à la fois monumentales et légères.


La chance de Jean - Michel othoniel, c'est d'avoir grandi à Saint Etienne . Une affirmation qui peut surprendre tant la ville a une image sombre . Et pourtant, c'est là que le futur plasticien a découvert l'art.

" A Saint- Etienne" , raconte l'artiste , " on trouve l'un des rares musées en France à exposer de l'art contemporain. J'avais 6 ans , quand j'ai découvert les bouts de plastique que Tony Cragg ramassait sur les plages . Je trouvais cela génial et libre ".


Voilà pourquoi ce fils d'un ingénieur et d'une institutrice rentra un jour à l'Ecole Nationale supérieure d'arts de Cergy - Pontoise .Il en sort diplomé en 1988.

Mais sa rencontre avec le verre date des années 1990.
Au centre international du verre de Marseille, il découvre le verre soufflé, qu'il intégre à ses créations dès 1993.

Trois ans plus tard , il commence à réaliser ses colliers de verre géants qui seront suspendus à la Villa Médicis à Rome, mais aussi au Musée Guggenheim à Venise .







Venise , Fondation Peggy Guggenheim.





Le public français le découvre en 2000 quand il conçoit le Kiosque des Noctambules, une structure destinée à la station de métro Palais-Royal à Paris.

pour travailler avec les verriers , Jean - Michel Othoniel réalise d'abord des maquettes en terre cuite .

Une partie de ses oeuvres est réalisée à Murano , par l'atelier Salviati, l'autre au CIRVA de Marseille .

Avec les verriers , il échange beaucoup : " Je sais ce qui est de l'ordre du possible ou de l'impossible et je les amène au maximum de leur potentiel avec une grande diplomatie. Je mets en avant l'oeuvre , pas mon ego ".






Découvrez La vie en verre de Jean-Michel Othoniel au Centre Pompidou sur Culturebox !



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MessageSujet: Re: JEAN-MICHEL OTHONIEL   Dim 6 Mar - 16:33


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Timbre Jean-Michel Othoniel - Le Kiosque des Noctambules


Date d'émission: 14.02.11






En 2011, la série « l’art dans la ville » rend hommage au travail de Jean-Michel Othoniel.
Cet artiste français né en 1964 aime à expérimenter les capacités physiques et plastiques des matériaux, dont il s'acharne à révéler la beauté cachée.

En 2000, il remporte le concours de la RATP et crée la structure d’entrée de la station de métro Palais-Royal à Paris, qu’il transforme en « Kiosque des Noctambules ».

http://timbres.laposte.fr/detailarticle.jgi?idCarac=&idGamme=034&idArbo=009&page=1&index=2&idArticle=1111050


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MessageSujet: Re: JEAN-MICHEL OTHONIEL   Sam 12 Mar - 17:06




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JEAN-MICHEL OTHONIEL. LE MAÎTRE ENCHANTEUR







Jean-Michel Othoniel | Photo Vincent Capman



interview Aurélie Raya - Paris Match


Paris Match. N’est-ce pas plombant une telle rétrospective alors que vous n’avez que 47 ans ?


Jean-Michel Othoniel. J’appréhendais un peu, mais ça va, il ne s’agit pas d’un catalogue raisonné mais d’un parcours. Le regard muséal peut être mortifère et c’est pour cette raison que j’ai inclus des œuvres nouvelles et voulu occuper un espace dans la galerie des Enfants, ludique, où ils pourront dessiner.
Je ne le vis pas comme un César d’honneur, mais plutôt comme celui du meilleur jeune espoir. Je n’ai qu’une envie, retourner dans mon atelier.



Quel est le lien entre les œuvres de vos débuts en 1986, minimalistes, intimes, et les plus récentes, vos colliers de perles, les sculptures de cire et de soufre ?


Le thème serait celui-ci : “les monstres et merveilles”. Montrer que le merveilleux ne vient pas forcément d’une Barbie, qu’il peut se situer ailleurs.
Je me réapproprie les contes, où réside toujours une part de mystère, d’ambiguïté. Mes œuvres sont des autoportraits, elles ont évolué à mon image. J’étais presque autiste dans les années 80 et je m’en suis sorti, j’assume mes choix, ma vie.
Et mon univers ne s’impose pas par la force, il joue sur la dissimulation, la discrétion, comme si je jetais un sort.



Vous avez déclaré lutter contre le beau quand vous étiez plus jeune. Pourtant, vos colliers de verre, la bouche de métro à Paris que vous avez décorée sont de belles œuvres...



Il n’y a pas de second degré dans mon travail. Quand j’étudiais l’art, je devais sans cesse me justifier, mes professeurs jugeaient mes créations trop belles.
Alors, pendant dix ans, j’ai lutté, essayé de désamorcer la beauté. Et j’ai fini par assumer mes goûts. Tout. Et là, ça explose !



Quelles sont vos influences ?


L’arte povera d’abord, l’art minimal et, bien sûr, Annette Messager dans l’utilisation des broderies, mais aussi Louise Bourgeois, Sophie Calle – j’aime son sens de la narration, les histoires cachées et multiples...



Début 90, vous vous intéressez au corps humain que vous montrez fragmenté, en souffrance dans certains tableaux. Pourquoi ?


Si j’en arrive là, c’est parce que je suis issu de cette génération bombardée. Quand, dans votre classe, vous commencez à 15 et finissez à 6 parce que les 9 autres sont morts atrocement, il y a de quoi se poser des questions.
A cause du sida, le corps de l’autre était devenu difficile à appréhender. Aujourd’hui, plus personne n’en parle, mais à l’époque, il fallait réagir.
Et en tant qu’artiste, la réaction passe à travers les œuvres. C’est une des clefs pour comprendre mes travaux plus récents.
J’ai voulu ensuite réenchanter le monde avec les contes. Puisque le monde ne s’améliore pas, la position de l’artiste, selon moi, est de donner de l’espoir.



Quels sont vos projets ?


Des commandes dans l’espace public.
Et des collaborations avec Peter Marino. Il dessine des boutiques de luxe et me demande de réaliser une œuvre à l’occasion. Je suis de plus en plus attiré, non par le grandiose mais par le grand. Je rêverais de faire des choses énormes, des grands pavillons de verre, à la manière d’un architecte.


«My Way, Jean-Michel Othoniel», Centre Pompidou, jusqu'au 23 mai.


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MessageSujet: Re: JEAN-MICHEL OTHONIEL   Lun 14 Mar - 20:51




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Jean-Michel OTHONIEL " Le confident " 2007




“J’aime donner au visiteur l’impression qu’il est seul face à l’œuvre, dans un jardin d’Eden fermé, un sérail exotique hors du monde.
Mes sculptures de verre, il faut les découvrir en s’y promenant.”






@Courtesy Galerie Perrotin.

Verre de Murano, aluminium, acier 300 x 400 x 122 cm Nice

Le Confident est une version plus abstraite du Kiosque des Noctambules de Paris.

Il s'agit d'un voile d'aluminium posé dans un square. C'est un endroit fixe dans la ville, où l'on peut s'arrêter ; mais quand on lève les yeux, on se trouve face à un S, proche du signe de l'infini, qui se découpe sur le ciel avec des perles colorées, c'est une ivresse mathématique.






@Courtesy Galerie Perrotin



«Face à la complexité du square Doyen Jean Lépine, pris entre de nombreux flux et différents publics, jeunes et moins jeunes ; face aussi à la contrainte de proposer un mobilier urbain qui ne favoriserait pas l’attroupe- ment et ne voulant pas faire pour ma part un mobilier célibataire, j’ai eu l’idée de la Conversation.


C’est un mobilier à partager à deux, où les protago- nistes peuvent s’abstraire du contexte de la place, soit en se faisant face, soit en étant côte à côte. Ils sont protégés par un paravent d’anneaux d’aluminium et couronnés par un chapelet de perles de verre.



“J’aime donner au visiteur l’impression qu’il est seul face à l’œuvre, dans un jardin d’Eden fermé, un sérail exotique hors du monde. Mes sculptures de verre, il faut les découvrir en s’y promenant.”



Confident est aussi le nom de cette conversation qui, grâce ici à la fente dans le paravent, fonctionne aussi comme un confessionnal et invite à la discussion.


La grande taille de ce mobilier de salon, détourné pour cette version d’extérieur plus architecturale, renvoie aux folies des jardins baroques.



Visible du tramway par ses couleurs joyeuses, il invitera les passants à se poser le temps d’une rencontre fortuite. »
Jean-Michel Othoniel





@Courtesy Galerie Perrotin
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MessageSujet: Re: JEAN-MICHEL OTHONIEL   Sam 19 Mar - 15:35


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JEAN - MICHEL OTHONIEL : DESSINS ET AQUARELLES




Les Lacets Bleus Aquarelle préparatoire sur papier 2009.



Comment naissent les oeuvres ?


« Le dessin me sert à faire surgir les idées et je voulais justement présenter ce qui constitue la genèse de mon travail. il faut cependant nuancer.
À mes débuts, le dessin remplissait d’autres fonctions, notamment techniques. il me servait à communiquer avec les différents corps de métier intervenant lors de la fabrication de mes pièces. il précisait l’échelle, donnait des indications sur les gammes de couleurs ...

Puis, avec le temps, il est devenu plus un lieu de recherche, un véritable espace de définition des formes et des idées.
Les dessins récents répondent donc à une logique plus rigoureuse même s’ils sont formellement de plus en plus libres. (...)

J’écris puis travaille à partir de ces notes. Le dessin devient ensuite une sorte de projection de ces pensées. Certains dessins sont techniquement irréalisables (...) »




Aquarelles

La couronne des cœurs renversés



Les Couronnes font partie de la série des Suspension. Coiffées d’une coupole, en lévitation au-dessus du sol, elles attendent un espace pour les activer. il ne s’agit pas de dessins utopiques, ni directement appliqués à un projet précis mais du désir de l’artiste d’œuvres à réaliser.





" La couronne du coeur renversé, Miami " 2001





Aquarelle sur papier, encadrement 35 x 45 cm
@Courtesy Galerie Perrotin.







"Untitled (portique), Paris" 2005




Aquarelle sur papier, encadrement 36 x 46 cm
@Courtesy Galerie Perrotin.







"Untitled (lustre), Miami" 2001 Aquarelle sur papier 46 x 36 cm
@Courtesy Galerie Perrotin.







"The Boat of Tears, Paris" 2004 Aquarelle sur papier 34 x 44 cm
@Courtesy Galerie Perrotin.




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MessageSujet: Re: JEAN-MICHEL OTHONIEL   Lun 11 Avr - 14:07


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EUROPE 1 FREDERIQUE TADDEI


Regarde les hommes changer - 10/04/11


Artistes, auteurs, mécènes ou industriels, ils s’installent dans un tête-à-tête où la confidence surgit au coin d’une réponse.


Son invité : Jean-Michel Othoniel, plasticien.




http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Regarde-les-hommes-changer/Sons/Regarde-les-hommes-changer-10-04-11-493695/





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MessageSujet: Re: JEAN-MICHEL OTHONIEL   Sam 15 Oct - 15:07




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Venise : Fondation Peggy Guggenheim Vendredi 7 Octobre 2011 in situ :





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MessageSujet: Re: JEAN-MICHEL OTHONIEL   Ven 1 Fév - 22:48

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Jean-Michel Othoniel Les Nœuds de Babel



Galerie Perrotin 12 janvier → 23 février 2013


« Les Nœuds de Babel » est la cinquième exposition personnelle de Jean-Michel Othoniel à la Galerie Perrotin.






Jean-Michel Othoniel -Le Noeud de Babel – Courtesy of the artist – ©Galerie Perrotin






Pour cette exposition, Jean-Michel Othoniel présente quatre nouvelles sculptures monumentales et des aquarelles préparatoires qui empruntent aussi bien à Brancusi qu’aux formes et couleurs du Maniérisme ou du Baroque italiens, développant « la question du corps disparu.


Il s’agit de créer des volumes d’absence, des constructions à dimensions variables où des corps pourraient se lover… Dans les nœuds il y a l’idée qu’il y aurait un corps au centre…
Cela rappelle les nimbes ou les auréoles de mes sculptures précédentes. Dans mes dernières sculptures, il y a comme un corps au centre et un nœud autour… Le nœud s’organise autour d’un axe et définit un vide.»



Ces œuvres matérialisent la théorie psychanalytique du nœud borroméen qui structure le sujet par cet équilibre fragile entre le Réel, le Symbolique et l’Imaginaire mais elles semblent avoir été ici déformées par une dynamique invisible, capturant l’essence abstraite du mouvement.







Jean-Michel Othoniel – The Knot of the Imaginary – 2013 – Courtesy of the artist – ©Galerie Perrotin





En écho, cinq pièces murales en briques de verre Precious Stonewall, renvoient à l’art minimal sous forme de métonymies de l’œuvre monumentale éponyme montrée récemment lors de la rétrospective « My Way » au Centre Pompidou et au Brooklyn Museum.


Elles ont été produites en Inde à Firozabad et évoquent à la fois les piles de briques visibles sur les routes en Inde et les autels innombrables recouverts d’offrandes, de bijoux et de colliers de fleurs… Precious Stonewall fait également référence aux Stonewall riots de 1969 à Greenwich Village qui inaugurent la naissance du Gay Rights Movement.



Ce sont des œuvres éloquentes par le silence qui s’en dégage. L’ambiguïté des œuvres de l’artiste réside aussi dans le caractère équivoque du verre, à la fois sacré, réfractant une lumière divine tels des vitraux d’une église, ou profane, symbolisant la transparence du désir lorsqu’il devient miroir.








Jean-Michel Othoniel – The knot of the Imaginary – Courtesy of the artist – ©Galerie Perrotin





La rétrospective « My Way » a permis de redécouvrir l’œuvre protéiforme de l’artiste : performances, films, peintures, dessins, sculptures en verre, soufre, cire etc.

Elle a voyagé à travers le monde, en 2011 au Centre Pompidou, Paris, au Plateau / Leeum Samsung Museum, Séoul ; en 2012 au Hara Museum, Tokyo, au Macau Museum Art, Macau et au Brooklyn Museum, New York. Cette itinérance a donné lieu à de prestigieuses commandes : Le « Nœud de Janus » et « Kokoro » pour le parc de sculptures du Samsung Museum of Art à Séoul; à l’invitation du Mori Art Museum de Tokyo, « Kin No Kokoro » œuvre monumentale pour Roppongi Hills…












En parallèle, l’artiste présente jusqu’au 18 mars 2013 au musée Eugène-Delacroix son « Herbier Merveilleux » dévoilant le sens caché des fleurs ; des aquarelles ainsi que deux sculptures ont été créées pour dialoguer avec les tableaux du maître dans l’exposition Eugène Delacroix.


Des fleurs en hiver. Othoniel, Creten. Avec le paysagiste Louis Benech, Jean-Michel Othoniel a été choisi pour réaménager le bosquet du Théâtre d’Eau à Versailles en 2014.
A cette occasion, l’artiste installera de façon pérenne quatre grandes sculptures fontaines au cœur des jardins du château.



http://www.perrotin.com/exhibition-Jean-Michel_Othoniel-1268.html





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MessageSujet: Re: JEAN-MICHEL OTHONIEL   Jeu 18 Juil - 19:13



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Rêves de Venise



L’Institut culturel Bernard Magrez organise une exposition mêlant art classique, art moderne et art contemporain, et célébrant la ville de Venise.







Jean-Michel Othoniel, Le Noeud de Babel, 2013, collection Bernard Magrez (© ADAGP Jean-Michel Othoniel, Paris 2013/ Guillaume Ziccarelli).





L’Institut Culturel Bernard Magrez présente  Rêves de Venise  du 23 mars au 21 juillet 2013.



« Bien que la légende de Venise ait été beaucoup raillée par les rationalistes, les sceptiques et les démystificateurs résolus, l’attrait qu’exerce la Sérénissime est extraordinairement impérieux ».

Ces mots de l’écrivain James Morris accueillent  le visiteur de la cinquième exposition de l’Institut Culturel Bernard Magrez intitulée Rêves de Venise.  

Cette exposition propose un voyage artistique inédit à travers les rêves et les visions d‘artistes de siècles et de cultures divers. Cette réunion d’œuvres dans les salons du Château Labottière ancrage public du mécénat culturel de Bernard Magrez, désire recréer cet univers unique au monde par l’accord et l’écho des interprétations singulières provoquées par « la Ville assise sur la Mer »...



Forte de l’identité et de l’image qu’elle s’est construite et qu’elle a su imposer dans  le monde entier, Venise affirme son statut auprès du visiteur dès son entrée maritime et son imposant bâtiment de la Douane de Mer avec un groupe sculpté de  Bernardo Falcone (vers 1630-1697) composé d’un globe doré soutenu par deux  atlantes et surmonté d’une allégorie de la Fortune (1677).

Cette composition illustre parfaitement ce qu’est Venise: un monde à part édifié de toute pièce qui repose sur trois rêves collectifs et fondateurs. La première Utopie est celle d’un espace de vie crée au milieu de l’eau qui, progressivement a été complété par un  ensemble urbain et architectural parfaitement maîtrisé.

La deuxième Utopie est celle d’un commerce mondial dont la ville de Marco Polo a été le théâtre : de denrées multiples allant des matières premières essentielles de l’époque le sel, le poivre et le sucre- aux étoffes et à la pierre Venise a connu un flot  d’expéditions et d’échanges commerciaux  sans précédents entre l’Occident et l’Orient.

Pour finir, l’Utopie de la République de Venise, qui a choisi comme dirigeants une aristocratie démocratique et humaniste. La réalisation de ces trois utopies a permis le rayonnement international de Venise qui, lorsqu’elle était contestée par ses rivales n’en a été que renforcée grâce à des guerres  victorieuses.



C’est à cette chance – la Fortuna – ainsi qu’au Divin et aux saints  protecteurs que la Ville s’en est remise.
Conscients de leur chance, Doges et  marchands eurent alors continuellement à cœur de remercier l’aide providentielle dont ils bénéficiaient par l’édification de plus de trois cents églises et surtout par l’établissement de Scuole, écoles de bienfaisance et de formation aux Arts et Métiers afin de constituer leur propre école de peinture et initier ainsi un style particulier aux œuvres.



C’est dans cet environnement fondé sur l’idée, l’ingéniosité et l’imaginaire collectif que s’est forgé ce qui allait devenir le centre d’attraction artistique planétaire actuel : la Ville de l’Utopie de l’art et de la culture.



L’interrogation de cette force de séduction et l’influence symbolique mondiale de Venise est au coeur du cheminement de l’exposition.
On y retrouve certaines des matières premières de la Ville, en particulier l’Or de la Basilique San Marco ou le verre de Murano – utilisées par les artistes pour explorer les soubassements inconscients et les rêves paradoxaux de Venise.


« Entre le rêve et le réveil » (Walter Benjamin), l’exposition s’ouvre en extérieur avec une image dialectique qui interprète une signification nouvelle de la ville utopique des artistes : une sphère dorée de James Lee Byars (1932-1997). Elle se termine avec le dessin d’un triangle dédié par Cy Twombly (1928-2011) à Platon et à sa Cité idéale.



Dans les salons du Château, le parcours s’enchaîne comme une rêverie étrange qui répond à l’invitation hypnotique de Venise, Veni Etiam, Reviens encore* et concentre les principaux éléments classique de Venise: Arsenale (la Cité de l’utopie artistique), Vedute (architecture et foules), Republica (renversement et irrévérence), Salute (les icônes du salut), Fortuna (l’harmonie immatérielle).

Ces cinq étapes sont infiltrées en parallèle d’une oeuvre en images et sur écran digital qui crée une rupture, celle de l’espace intime et de la confession : s’agit-il d’une promenade amoureuse ou de la chute de Casanova ?


Enfin, Suite Vénitienne propose en contrechamps, au sein de la Collection Bernard Magrez, un accrochage photographique original comme une recomposition en images de la sérénité de Venise.



En présentant des artistes d’hier et d’aujourd’hui, cette exposition est donc à la fois classique, moderne,contemporaine et intemporelle, tout comme Venise.

Une quarantaine d’oeuvres – peintures, sculptures, photographies, vidéos et installations – toutes tendues entre la glorification de la splendeur vénitienne ou le renversement de son archétype, est rassemblée ici pour interroger l’idée et le désir même de Venise, et tenter de répondre à la question irrésoluble: pourquoi Venise ?



Oeuvres des artistes exposés dans le Château :
Claire Adelfang, Sophie Calle, Canaletto, Maurizio Cattelan, Braco Dimitrijevic, Cerith Wyn Evans, Katharina Fritsch, Alberto Giacometti, Nan Goldin, Felix Gonzalez-Torres, Camille Henrot, JR, Anish Kapoor, Yves Klein, James Lee Byars, Claude Lévêque, Nicolas Milhé, Takashi Murakami, Zoran Music, Jean-Michel Othoniel, Martin Parr, Jean-François Rauzier, Denis Robert, Jean Sabrier, Rudolf Stingel, Cy Twombly, Agnès Varda et Massimo Vitali.


Oeuvres des artistes en résidence à l’Institut, exposés dans les Pavillons et le Jardin classé à la française :
Claire Adelfang, Décalage vers le bleu, Guy Limone, Giovanni Ozzola, Laurent Valera et Sébastien Vonier.

Suite Vénitienne :
La collection Bernard Magrez à l’étage du château accueille une série de photographies prises à Venise par Denis Robert et une tapisserie de plafond réalisée par Jean-François Rauzier.


http://www.institut-bernard-magrez.com/expositions/r%C3%AAves-de-venise







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MessageSujet: Re: JEAN-MICHEL OTHONIEL   Dim 29 Sep - 17:31

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Télérama dialogue au Rond-Point - Rencontre avec Jean-Michel Othoniel




Télérama dialogue au Rond-Point - Rencontre... par franceinter




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MessageSujet: Re: JEAN-MICHEL OTHONIEL   Lun 21 Aoû - 12:59

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Exposition : le goût du paradoxe de Jean-Michel Othoniel



L’artiste connu pour ses œuvres de verre présente ses toiles et sculptures à Montpellier et à Sète.

LE MONDE | 17.08.2017 à 08h14 | Par Philippe Dagen (Montpellier et Sète (Hérault), envoyé spécial)







Sous un titre unique et attirant, « Géométries amoureuses », Jean-Michel Othoniel expose simultanément à Sète et à Montpellier. A Sète, c’est au Centre régional d’art contemporain, vilain bâtiment de béton aux espaces mal proportionnés. A Montpellier, c’est au Carré Sainte-Anne, qui occupe la nef d’une église néogothique désacralisée qui a conservé ses badigeons pseudo-médiévaux. Ce serait peu de dire que ces lieux n’ont rien de commun et présentent à l’artiste des difficultés très différentes mais tout aussi sérieuses.

Othoniel montre non seulement les sculptures de verre ou d’aluminium de grandes dimensions auquel son nom est désormais associé, mais aussi d’autres verreries plus petites, qu’il faut suspendre à une hauteur telle qu’elles demeurent visibles et que la lumière les traverse ; il y a aussi des peintures sur toile et des séries d’aquarelles agrémentées de collages qui, pour la plupart, répondent aux sculptures.




Edifiée selon l’artiste comme une architecture de métal recouverte de verre, cette œuvre est composée de milliers de briques, fabriquées en Inde.
« The Big Wave » (« La Grande Vague »), 2017 – briques de verre indiennes, métal – dimensions variables




Une pièce monumentale



Pour déconcerter encore un peu davantage, il a placé, à Sète, une pièce monumentale qui n’a que peu de rapport avec ses enchaînements de courbes tracées dans l’air par des boules de diverses couleurs, translucides ou miroitantes. Cette œuvre de 2017 se nomme La Grande Vague. Mesurant plus de 5 mètres de haut, autant en épaisseur et 15 mètres de long, elle est faite de milliers de briques de verre, de couleur vert sombre, montées sur une structure métallique invisible.

Le motif de la vague a passionné les peintres de marines et de tempêtes, Gustave Courbet l’a étudié plusieurs fois. Le photographe Gustave Le Gray a cherché à le saisir. L’estampe La Grande Vague de Kanagawa est l’une des plus célèbres de son auteur, Hokusaï, référence japonaise ici opportune à plus forte raison : Othoniel a été d’autant plus marqué par les images du tsunami de 2011 qu’il se trouvait au Japon.

« La Grande Vague » est de briques de verre, parallélépipèdes dont Othoniel ne fait rien pour arrondir les angles
Mais si peintures et gravures abondent sur ce sujet spectaculaire, les sculpteurs, à l’inverse, s’en sont méfiés le plus souvent. Exception remarquable : La Vague, de Camille Claudel, montrée au Salon de 1897 dans sa version de plâtre et réalisée ensuite en onyx, pierre dont l’éclat et la texture ressemblent à ceux du verre qu’emploie Othoniel.

Toutefois, la comparaison ne peut aller plus loin. La Vague de Claudel ressemble à une main qui se referme sur trois petites naïades de bronze qu’elle doit engloutir et noyer. Elle est toute de volutes serpentines et polies. Celle d’Othoniel menace aussi de retomber sur le spectateur, après s’être gonflée et brisée. Mais elle est de briques de verre, parallélépipèdes dont Othoniel ne fait rien pour arrondir les angles. Le mouvement est cristallisé et arrêté.



Un art de la séduction



On dirait que, sachant qu’aucun procédé sculptural ne parviendrait à suggérer la fluidité et la vitesse de l’eau, il porte le paradoxe à son comble : la manière dont il représente son sujet est en contradiction avec celui-ci et cette contradiction insurmontable devient l’essentiel de l’œuvre, faussement décorative, imprégnée de la pensée d’une impossible représentation complète – ou même susceptible de faire, au moins brièvement, illusion. Il en est de même de ses Tornades noires, elles aussi de 2017 : ces sinusoïdes se tordent dans l’espace, mais sont aussi immobiles que sa vague.

Ce ne sont pas ces qualités qui sont le plus souvent mises au crédit d’Othoniel, ni celles qu’il évoque le plus volontiers. Que ce soit au métro Palais-Royal à Paris, dont l’aménagement (Le Kiosque des noctambules) en 2000 a fait de lui un artiste connu, ou dans la plupart de ses expositions récentes, il cultive un art de la séduction fondé sur les charmes visuels du verre coloré et d’un graphisme à la souplesse végétale. Ce style triomphe à Montpellier, où prolifèrent les totems parés de guirlandes, colliers et escarboucles, où éclosent des fleurs aux corolles et pétales délicieusement pourpres ou carmin. Trop délicieusement : cette grâce cherche trop à séduire et se laisse aller à la préciosité, dans tous les sens du mot. La virtuosité de cet Othoniel-là ne retient qu’un moment et finit même par agacer.


Des tentatives telles que La Grande Vague portent plus à conséquence, au risque de déplaire. Près d’elle, il a placé ses Invisibility Faces de 2015, neuf blocs d’obsidienne noire à peine dégrossis, à peine anthropomorphes, montés sur d’étranges socles en bois de marronnier. Ils sont aussi adroitement travaillés que les « têtes » sont rudimentaires, ce qui crée à nouveau une tension. Devant ces œuvres plus inquiétantes que plaisantes reviennent en mémoire ses premiers travaux, au début des années 1990. De cire et de soufre, ils étaient placés sous le signe de la destruction et de la souffrance infligées au corps humain.


« Géométries amoureuses », de Jean-Michel Othoniel, Carré Sainte-Anne, à Montpellier et CRAC Occitanie, à Sète. Jusqu’au 24 septembre. www.othoniel.fr



http://www.lemonde.fr/arts/article/2017/08/17/exposition-le-gout-du-paradoxe-de-jean-michel-othoniel_5173227_1655012.html


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MessageSujet: Re: JEAN-MICHEL OTHONIEL   Mar 22 Aoû - 15:09



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Les mues du plasticien Jean-Michel Othoniel



Artiste en mouvement marqué par les épreuves personnelles, Jean-Michel Othoniel se raconte dans des œuvres de plus en plus sombres, présentées cet été à Sète et Montpellier





Le 10 juillet, Jean-Michel Othoniel pose au milieu d'une de ses œuvres au centre
régional d'art contemporain de Sète (Hérault). (Pascal Parrot/Divergence pour le JDD)



Du soufre malodorant au verre lisse, du rose fuchsia au noir verdâtre des profondeurs abyssales, Jean-Michel Othoniel avance par mutations successives. Le plasticien français de 53 ans est connu internationalement depuis la réalisation en l'an 2000 de son kiosque en perles multicolores couronnant la bouche de métro du Louvre. Sa renommée s'est encore accentuée en 2015 avec la création d'une fontaine légère et dorée dans les jardins du château de Versailles. Une consécration, après sa rétrospective au centre Pompidou en 2011 alors qu'il n'avait pas 50 ans.


Aujourd'hui, le plasticien célébré, populaire – un mot dont il est fier – se réinvente, proposant des œuvres monumentales, plus radicales et plus sombres. A Sète, au centre régional d'art contemporain (Crac), où il présente ses dernières sculptures, une vague de 5 m de haut composée de 10.000 briques en verre ouvre grand une gueule de monstre marin. Plus loin, des mobiles en perles noires dessinent des tourbillons dans les airs. Une métaphore de la création. "En tant qu'artiste, on se retrouve comme dans une tornade, on risque d'être éjecté et de devenir spectateur de son propre œuvre. Il faut rester au centre de l'ouragan et tenir bon, même si tout va très vite." Lui prend le temps d'élaborer ses projets, d'y travailler avec toute une équipe, architectes, régisseurs, ingénieurs. Des superproductions. Quatre ans pour Versailles, deux ans et demi pour Sète.
"Jean-Michel Othoniel veut insuffler du merveilleux dans l'art"


Cet homme affable, généreux, résiste à sa façon dans l'œil du ­cyclone. Othoniel convoque le beau au cœur des catastrophes. La vague fait notamment référence au tsunami au Japon en 2011. L'artiste était sur place quand les éléments se sont déchaînés. Ironie du destin : il mettait en place des pièces en verre suspendues, frémissant au moindre souffle…

"Jean-Michel Othoniel veut insuffler du merveilleux dans l'art et conjurer des souffrances collectives", explique Catherine ­Grenier, présidente de la Fondation ­Giacometti et commissaire de la rétrospective au Centre ­Pompidou. L'épidémie liée au virus du sida a marqué le jeune étudiant aux beaux-arts de Cergy, monté à Paris après avoir grandi à Saint-Etienne.
C'était la fin des années 1980. "On vivait un cauchemar, se rappelle-t-il. Il y avait une désespérance immense, la maladie touchait les jeunes, en particulier dans le monde de l'art." Près de trente ans après, en décembre 2016, le sculpteur a ­implanté un immense boulier écarlate à Amsterdam, l'Aids­Monument. Il porte aussi, toujours autour du cou, un collier de perles rouges en hommage au plasticien minimaliste américain Félix González-Torres, mort du sida en 1996, "l'artiste clé de cette fin de siècle".





"Il est solaire mais avec un voile de mélancolie"



"Ses créations n'ont pas qu'une portée historique. Elles recèlent une dimension autobiographique, intime, liée à un sentiment de perte", ajoute Catherine Grenier. A 23 ans, il a perdu l'homme qu'il aimait. Son premier amour. Un jeune séminariste qui se destinait à devenir prêtre et s'est suicidé en se jetant sous un train. Un traumatisme évoqué publiquement en 2011, lorsque Jean-Michel Othoniel s'est confié à Christine Angot. Lui l'artiste aux créations baroques et exubérantes reflété dans les mots secs et sans concession de l'écrivaine phare de l'autofiction.
Mais cette absence déchirante se devinait dès ses premières œuvres, ses "photosensibles" avec des personnages s'effaçant à moitié, tout comme dans les colliers-chapelets géants qu'il confectionnera plus tard, lui qui n'est pas croyant. "Il est solaire mais avec un voile de mélancolie. Il a toujours eu une bonne étoile au-dessus de la tête", dit avec tendresse Noëlle Tissier, la directrice du Crac, commissaire de l'exposition à Sète. Elle lui a offert sa première résidence dans cette ville portuaire chantée par les poètes, quand l'étudiant tout juste diplômé travaillait le plomb, le soufre, des matériaux qui se transforment. "J'avais toujours une valise prête, raconte-t-il. Paris, c'était assez nase à l'époque pour un jeune artiste. J'ai tout de suite eu envie d'aller voir ailleurs."


Il cumule les résidences à Rome, Madrid, Naples, qui lui permettent d'être hébergé et de créer, même s'il lui faut vivre de façon spartiate. En 1989, il passe un an à Berlin. Le plasticien part ensuite à Hongkong, y sculpte de petites montagnes en soufre. Elles lui valent d'être invité à la documenta de Cassel, grande messe de l'art contemporain le plus pointu qui se tient tous les cinq ans en Allemagne. "J'ai dû lutter pendant deux, trois ans pour ne pas refaire, encore, ces montagnes que tout le monde me réclamait."




"Nous, artistes, sommes des plaques sensibles du monde"


Tenir son cap face aux vents ­dominants. Il poursuit son odyssée dans les îles Eoliennes. Une vulcanologue lui parle de l'obsidienne, cette roche issue d'une vitrification de la lave. Jean-Michel Othoniel veut en recréer artificiellement. Il étudie la question avec le Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques à Marseille, et y parvient. Le verre devient son matériau fétiche, sensuel et coloré. Des guirlandes de seins laiteux (réminiscence d'un long séjour à Hawaii), des fleurs au pistil phallique, des larmes aux couleurs enchantées… Tout un univers amoureux déployé sous les vitraux du Carré Sainte-Anne à Montpellier.


Sous sa direction tatillonne – il sait exactement ce qu'il veut et surveille tous les détails lors du montage de ses installations –, les maîtres verriers de Murano donnent naissance à des séries d'œuvres. L'artiste, qui veut garder des traces, conserve un exemplaire de chaque étape de son travail, et a même racheté un de ses colliers aux enchères chez ­Christie's. Les années frugales sont loin, avec la reconnaissance est venue une certaine aisance. Othoniel vient d'acquérir un appartement à Sète pour venir y trouver le calme et dessiner des aquarelles. Mais le nomade continue de voyager : il sera au Mexique et à New York en septembre. Et de douter, et de chercher. "J'ai l'impression d'être un jeune artiste", dit-il. Le plasticien à l'allure juvénile s'ouvre à une nouvelle dimension, tellurique, à cette planète en surchauffe climatique. "Cette obsession a doucement infusé mon travail. Nous, artistes, sommes des plaques sensibles du monde." La féerie de ses verroteries enfantines a disparu, laissant place à une beauté romantique, celle de l'admiration mêlée d'effroi face à la puissance des éléments. Dernière mue en date d'un plasticien au cœur de la vie.


"Géométries amoureuses", au Crac de Sète et au Carré Sainte-Anne de Montpellier. Jusqu'au 24 septembre.


http://www.lejdd.fr/culture/les-mues-du-plasticien-jean-michel-othoniel-3410414





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