H A R M O N Y


 
AccueilFAQS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 FREDERIC TADDEI

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2391
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: FREDERIC TADDEI   Ven 2 Avr - 2:30




.


FREDERIC TADDEI La nouvelle voie de la France






Après avoir joué les "night-clubbers", le présentateur de Ce soir (ou jamais!) invente une télé de débats où se mêlent l'actualité et la culture. Parcours d'un curieux à contre-jour.


Un style. Son nœud de cravate desserré, son rire de brise-glace, son paquet de cigarettes à portée de main, son goût de la rhétorique. La rencontre a lieu non pas dans un palace parisien comme prévu mais dans un banal café de la place Balard. Le temps est glacial.

On ne sera pas d’accord pour qu’il relise ses propos entre guillemets (ça le mettra de mauvaise humeur); il ne sera pas d’accord pour consacrer plus de dix minutes à la photo (ça nous mettra de mauvaise humeur). La conversation, à part ça, se déroule normalement: on dit "blanc", il dit "noir"; on dit "noir", il dit "blanc".


Frédéric Taddeï trimballe sa réputation d’animateur le plus intelligent de la télévision avec une décontraction non feinte. Morceaux de bravoure. Il raconte l’histoire d’un tableau dans D’art d’art!; confesse longuement une personnalité à la radio avec Regarde les hommes changer ; anime des débats de haute volée dans Ce soir (ou jamais !).


Frédéric Taddeï s’est construit définitivement durant ses premières années. "J’ai eu une enfance tellement heureuse qu’un psychanalyste la mettrait en doute ! Mes parents sont des libéraux. Ils m’ont transmis des valeurs auxquelles il est impensable de déroger. On ne pratique aucune forme de discrimination; on ne profite pas de la faiblesse des autres; on ne dit pas “un épicier arabe” mais “un épicier” tout court. A l’âge de 12 ans, ils m’ont lancé: 'On a fait notre vie, maintenant fais la tienne.'"

Il s’empresse de suivre le conseil parental. Il déroule son existence sur tapis rouge, de 20 à 30 ans, sans même songer à travailler. "La vie, c’est l’expérience; la culture, c’est l’expérience des autres. Rien ne vaut sa propre expérience."

"Il est important de ne pas être moins bien payé que les autres"

Jean-François Bizot puis Thierry Ardisson puis Jean-Pierre Elkabbach lui mettent le pied à l’étrier. Son nom reste aujourd’hui encore lié à l’aventure de Paris Dernière. Il y filmait de nuit les différents lieux parisiens, des dîners mondains aux boîtes échangistes, dans une vire-voltante saisie des années 2000.

On ne sait pas si tout l’intéresse ou s’il rend tout intéressant. A chacun sa façon. Frédéric Taddeï est un excellent interviewer. "Je procède comme un séducteur. Il faut toujours détourner une femme de sa voie car elle a forcément un père, un mari, un amant, un frère. On n’est jamais son genre. Il faut l’amener là où elle n’a pas l’intention d’aller. Je parle de séduction parce qu’une femme qui tombe amoureuse de vous au premier regard, c’est tout autre chose."


Il possède sa propre déontologie pour animer des débats en direct où, selon la charte de l’émission, l’actualité est appréhendée par la culture. Ne pas faire appel à des chroniqueurs, ne pas couper la parole, ne pas tomber dans la promotion, ne pas pratiquer le politiquement correct, ne pas prendre partie.

C’est bien ce dernier point qui pose problème. On écoute sur son plateau les propos en roue libre des peu recommandables Dieudonné, Marc-Edouard Nabe, Alain de Benoist, Tariq Ramadan, Alain Soral. Il laisse Mathieu Kassovitz mettre en doute la version dite officielle du 11 septembre 2001 sans intervenir.


"La loi est bien faite. Tout ce qui n’est pas interdit est autorisé. Mon émission, sur le service public, veut être la voix de la France. Elle doit refléter le pays dans sa diversité intellectuelle. Je souhaite que toutes les visions du monde soient représentées, que toutes les idées puissent s’exprimer."


On parle de provocation; il parle de conviction. "Le monde est compliqué. Il n’y a pas les bons et les mauvais. C’est au cœur de Ce soir (ou jamais!): on n’est pas d’accord mais on peut se parler et vivre ensemble."

Il est un chef d’équipe apprécié de ses collaborateurs. "Je ne conçois pas d’être le plus connu et le mieux rémunéré et de me permettre, en plus, d’engueuler les gens.

La seule chose que l’on puisse faire quand on a un peu de pouvoir, c’est d’assurer." L’homme cultive un orgueil de fer. "Il est important de ne pas être moins bien payé que les autres. Il ne faut pas que l’on fasse appel à vous parce qu’on peut vous avoir pour pas cher." Ce ne fut pas son cas.


"Il est réellement, dans le monde médiatique, une figure alternative"


Frédéric Taddeï, fils d’un banquier italien, claque tout. "Mon luxe est de pouvoir faire semblant de ne pas avoir besoin d’argent. J’en manque tous les mois. Je n’ai pas un euro d’avance. Je dépense l’intégralité de ce que je gagne." Des œuvres d’art sur ses murs ou des voyages au bout du monde. Frédéric Taddeï est heureux, à Roissy, face au tableau des départs. Il est depuis quinze jours d’affilée en France et il ne pense qu’à sa prochaine destination. "J’ai besoin de dépaysement. J’ai fait un voyage de trente heures juste pour passer trois jours avec mon fils à Tahiti."


C’est sa fierté. Le journaliste a ramené à la télévision des intellectuels qui l’avaient jusqu’alors désertée.

Alain Badiou, Claude Lanzmann, Jacques Rancière ou Slavoj Zisek. "J’attends de mes invités que sur un sujet rebattu, c’est-à-dire l’actualité, ils disent quelque chose de non convenu. Il faut du courage et de la modestie durant une interview.
Oser poser certaines questions, ne pas avoir peur de passer pour un imbécile. Il faut garder en tête que si un jour il reste quelque chose de votre travail, ça sera les réponses et non les questions."

La lumière du petit écran ne l’a pas changé. Il a toujours été comme ça. Flambeur, intelligent, séducteur, narcissique, cultivé, humain, caustique, prétentieux, courtois. Extrêmement singulier.

La journaliste Sandrine Treiner, qui a travaillé avec lui de 2006 à 2009, témoigne de son originalité. "Il n’appartient à aucun milieu répertorié. Il est réellement, dans le monde médiatique, une figure alternative."

Frédéric Taddeï veut faire de la télévision avec panache. "Mais seul l’orgueilleux sait à quel point il est difficile d’être fier de soi." Il écoute les grands esprits avec un certain recul.

"Il existe une arrogance de l’intelligence. Elle peut être, non pas le meilleur moyen d’accéder à la vérité, mais un outil de domination." Il est attiré par les incorrections, les paradoxes, les contradictions. Un joueur de feu.

Sandrine Treiner évoque son besoin permanent d’être surpris. "Les gens lui paraissent fades à côté de lui-même. Seules les idées originales le sortent, dans un débat, de sa profonde indifférence." Un amateur de sensations intellectuelles fortes.

Frédéric Taddeï observe le monde sous ses multiples facettes. Les paysages les plus exotiques, les milieux les plus interlopes, les personnalités les plus extrêmes. A force de regarder les autres, il a choisi d’être lui. Une personnalité distancée en recherche de proximité. Un contre-jour.


Marie-Laure Delorme - Le Journal du Dimanche


Dernière édition par Bridget le Ven 3 Mai - 16:53, édité 7 fois
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2391
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: FREDERIC TADDEI   Ven 2 Avr - 3:14



..
D'ART D'ART.........c'est l'histoire d'une oeuvre d'art










D'Art d'Art est une émission de télévision prenant la forme d'un programme court, consacré aux arts plastiques, présenté par Frédéric Taddeï et diffusé sur France 2 depuis 2002.
En 1 minute 30, une œuvre d'art est passée au crible par Frédéric Taddeï (les textes sont de l'animateur et de sa sœur Marie-Isabelle) afin d'en décrypter les spécificités ou de comprendre son histoire. Radicalement grand public, le parti pris de D'art d'art est d'expliquer l'art aux néophytes et de rendre accessible à tous la compréhension d'œuvres emblématiques.


Toutes les vidéos à voir sont là :

http://dartdart.france2.fr/?page=archives





D’Art d’Art, le petit magazine dédié à l’Art, qui a retrouvé ses lettres de noblesse grâce à la suppression de la pub sur France 2 en soirée, a mis sur papier glacé les célèbres explications de Frédéric Taddeï.

Le livre reprend le concept de l’émission, présentant une oeuvre par double page, avec un texte concis présentant l’objet d’art, accompagné d’une anecdote pour mettre en avant une histoire autour de l’oeuvre ou un détail passé inaperçu.

d’Art d’Art ! de Frédéric Taddeï
Publié le 13 novembre 2008 par Schampagne

Connaissez-vous l’émission présentée par Frédéric Taddeï le dimanche soir après le journal de 20 heures sur France 2 ?

« D’Art d’Art ! C’est l’histoire d’une œuvre d’Art. De l’Art ? J’adore ! ». Vous reconnaissez le slogan ? En une minute trente, une œuvre d’art, peinture ou sculpture, vous est présentée à travers une anecdote sur l’artiste ou sur sa réalisation, qui permet de découvrir l’Art sous un angle nouveau.

Le talent de Frédéric Taddeï consiste à faire le tour de l’œuvre en 90 secondes, avec des mots simples et souvent avec humour. L’œuvre est remise dans son contexte historique, social et économique.

Cet ouvrage parcourt l’histoire de l’Art, de l’Antiquité au XXème siècle, au travers d’œuvres plus ou moins connues, et de leur contexte: un fait anodin du quotidien de l’artiste est souvent à l’origine de grandes créations !

Aujourd’hui, plus besoin d’être devant votre télévision le dimanche soir, vous pouvez découvrir tranquillement 150 des plus grandes œuvres d’Art présentées. Un beau livre, aux Editions du Chêne, servi par une impression de qualité, donnant, aux lecteurs néophytes comme aux plus érudits, le loisir de contempler plus longuement les tableaux et sculptures. Un livre à ouvrir au hasard, pour le plaisir de (re)découvrir une œuvre d’Art !







Dernière édition par Bridget le Mer 7 Déc - 1:33, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2391
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: FREDERIC TADDEI   Ven 20 Aoû - 17:37




.


Jan Gossaert - Vénus et l'amour








La Vénus de Milo







Mort de Sardanapale (Eugène Delacroix)






Char d'apollon (Odilon Redon)





Orphée (Ossip Zadkine)






Stèle du code dHammourabi (anonyme)






Chimère (Max Ernst)


.
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2391
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: FREDERIC TADDEI   Sam 29 Jan - 1:29


.
Pour Taddeï






Il se murmure que l'émission de débats de Frédéric Taddeï, Ce soir (ou jamais !), diffusée en deuxième partie de soirée sur France 3, serait menacée.

Elle ne ferait pas assez d'audience, murmure-t-on. La direction de la chaîne aurait demandé à l'animateur de réfléchir à un nouveau programme hebdomadaire.

Espérons que ce n'est pas une manière polie d'écarter définitivement Taddeï de l'antenne.
Que son ton impertinent n'ait plus sa place sur la "Chaîne des régions", aux côtés d'Evelyne Thomas et de Laurent Boyer, nouveaux missionnaires de la proximité, on veut bien le croire.

Mais le service public new look aurait tort de se priver de cet animateur fin, ironique, respectueux de ses invités et plus cultivé que la moyenne du Paf.

Avec Ce soir (ou jamais!), Taddei a remis à l'honneur la conversation télévisuelle, le débat vif, argumenté et souvent courtois. Son plateau respire la liberté, on y entend des voix discordantes.

Que ce soit sur France 3, France 5 ou ailleurs, laissez-nous Taddei !!!


http://blog.lefigaro.fr/le-fol/


.
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2391
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: FREDERIC TADDEI   Ven 11 Mar - 11:54

.

Frédéric Taddei , ce soir ou .........presque jamais !








"Ce soir ou jamais", son émission de débats, sera réduite à une diffusion hebdomadaire la saison prochaine .



Par Emmanuel Berretta / Le Point.


Le Point.fr : Pierre Sled, directeur des programmes de France 3, vous a annoncé que vous n'aurez plus qu'un seul Ce soir ou jamais par semaine la saison prochaine sur France 3. Quelle est votre réaction ?


Frédéric Taddeï : Ça ne me dérange pas. Ça fait plusieurs mois qu'on en parle. Ce que j'en pense ? Lui, il le sait.


... Et vous ne voulez pas en faire un éclat public ?


Non.


On vous a forcément promis une autre émission.


Oui, j'animerai quatre prime times la saison prochaine. Toujours sur France 3.


Des débats, là aussi ?


Ah non, ce sera autre chose. On en discute. Ça ne ressemblera pas non plus à Caravansérail, que j'ai présenté l'été dernier.



À quoi ressemblera Ce Soir ou jamais en version hebdomadaire ? L'émission se bornera-t-elle à être une "revue de presse" comme chaque mardi ?

Non, ce sera plus qu'une revue de presse. Elle regroupera tous les genres de Ce soir ou jamais sur une durée plus longue.



On a l'impression que vous invitez souvent les mêmes personnes au point que vos invités semblent devenus des chroniqueurs ?


Une étude sur le Net a montré que plus de 60 % de nos invités le sont pour la première fois, c'est bien la marque d'une forte diversité. Le taux de renouvellement est très fort.
Cela dit, quand nous lançons des invitations sur un sujet d'actualité, nous ne disposons que d'un délai réduit de 24 à 12 heures. À tort ou à raison, nous essayons d'inviter les personnalités qui nous semblent les plus pertinentes en fonction du sujet ou du contexte. J'essaie d'avoir les meilleurs dans chaque camp.

Il y a un facteur dont on ne parle pas souvent, c'est le taux de refus. Certains refusent parce qu'ils sont déjà engagés, mais il y a aussi ceux qui refusent de débattre. C'est notamment le cas des femmes, sans doute parce qu'elles considèrent que le débat est un terrain masculin. D'où un taux de récurrence plus élevé chez nos invitées féminines.


Ce soir ou jamais donne souvent l'impression qu'un invité seul défend le gouvernement, tandis que tous les autres lui tapent dessus... Au point que, parfois, on a l'impression d'assister à un "dîner de cons".

C'est inhérent à l'organisation de notre vie démocratique : le pouvoir suscite la critique. Mais j'ai pu constater, au cours de l'émission, les phases de popularité et d'impopularité de Nicolas Sarkozy chez les artistes.
Par exemple, les mêmes qui le défendaient il y a six mois sont moins disposés à venir le défendre aujourd'hui.

Qu'on ne s'y trompe pas, je n'anime pas une émission politique. Ce soir ou jamais est une émission où s'expriment des artistes et des intellectuels. Je ne prends jamais parti et je n'ai pas d'a priori dans la manière de formuler mes questions. Les intervenants sont libres dans leur réponse. Ils n'ont pas à s'exprimer avec la nécessité de tenir un discours responsable comme lorsqu'on représente une institution.
Mes invités ne représentent qu'eux-mêmes. C'est là toute l'originalité de l'émission.

J'aime bien cette définition d'Alain Duhamel concernant Ce soir ou jamais : "la tolérance organisée".



Quels sont les moments forts, à vos yeux, de l'émission depuis cinq ans ?

À mes yeux, il y en a eu pas mal, sinon je me serais ennuyé. Il y a différents types de moments forts, en fait.

Dans la catégorie, les grands entretiens, j'ai le souvenir fort de Delon, Depardieu, Deneuve, Jeanne Moreau, Benoît Poelvoorde, Fabrice Luchini et aussi lorsque j'ai réuni Michèle Morgan, Danièle Darieux et Micheline Presle.

Je repense aussi à la venue de Tony Blair et à son interview en français pendant 1 h 30.

Dans la catégorie "duel", il y a eu le choc Edgar Morin-Alain Finkielkraut, Tariq Ramadan-Caroline Fourest, Alain Badiou-Finkielkraut, Philippe Sollers-Michel Onfray, etc.

Et puis tant d'autres invités comme Georges Soros, le philosophe René Girard, la dernière interview d'Alain Robbe-Grillet...

Je crois que Ce soir ou Jamais a fait revenir à la télévision des gens qu'on ne voyait plus. L'émission a créé une banque de données pour l'avenir quand on voudra se souvenir.


http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/emmanuel-berretta/frederic-taddei-animera-quatre-prime-times-sur-france-3-10-03-2011-1304833_52.php


.


Dernière édition par Bridget le Sam 23 Avr - 19:55, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2391
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: FREDERIC TADDEI   Sam 23 Avr - 19:54


.

Taddeï: «La pensée n’est pas unique»




A la rentrée, « Ce soir (ou jamais) ! », la formidable émission culturelle de France 3, ne sera plus quotidienne. Frédéric Taddeï nous explique pourquoi, et revient sur une aventure de cinq ans.






Né en 1961, Frédéric Taddeï est l’animateur de «Ce soir (ou jamais !)» et de «Regarde les hommes changer» sur Europe 1. Son dernier recueil de chroniques issues de l’émission «D’Art d’art !» s’est vendu à plus de 150 000 exemplaires. (© Jean-Philippe Baltel)




Ne pas en parler au passé. Il n'aime pas ça.

Déjà en uniforme de «Ce soir (ou jamais!)», cravate savamment dénouée de fêtard chic, à 4 heures de l'après-midi dans un café de Montparnasse, Frédéric Taddeï répond aux interrogations suscitées par l'arrêt de sa quotidienne de débats culturels en direct sur France 3.
Oups, parler encore moins d'arrêt.

Regard de Sicilien, sinon. Parler plutôt de «passage à un rythme hebdomadaire» à la rentrée prochaine, décidé à la surprise générale par Rémy Pflimlin, patron de l'audiovisuel public nommé par Nicolas Sarkozy en 2010.
A Pflimlin, certains ont dit en privé : «L'affaire Taddeï restera comme une tache. On ne cessera de t'en reparler.» Il a répondu : «Je sais», et puis il l'a fait quand même.



Officiellement, la chaîne veut redéployer son audience, c'est ce que répète partout Pierre Sled, ancien commentateur sportif promu à la tête des programmes de France 3.
En off on parle plutôt d'une direction insensible à ce programme phare des années Carolis.
Et fatalement les rumeurs s'emballent. Emmanuel Todd évoque une émission torpillée par l'Elysée. Claude Hagège s'émeut à l'antenne de cette raréfaction. Alain Finkielkraut regrette déjà le seul animateur qui savait céder la parole.

Mais depuis l'annonce faite à Taddeï en février, c'est au fond toute la France qui aime les idées qui déprime.



Pendant cinq ans en effet, l'ex-noctambule trash de «Paris dernière» a apporté sa classe et son ouverture d'esprit à l'émission fétiche des intellos.

Plus de six cents soirées, un long cortège de clercs, une poignée de monstres sacrés, quelques invités sulfureux, des passes d'armes devenues cultes, un véritable service rendu à l'intelligence publique au total, dont il faudra se sevrer en partie l'an prochain.

Alors que Taddeï l'interviewer commence ce jour-là à être interviewé en enchaînant les Marlboro, ne manquent plus que les volutes de saxophone du générique de «Ce soir (ou jamais!)», qui savaient si bien caresser la lassitude de nos fins de soirée.




***

Le Nouvel Observateur. - Le passage à un rythme hebdomadaire de «Ce soir (ou jamais !)» suscite un énorme dépit au sein du public. Comment le vivez-vous ?


Frédéric Taddeï. - Je dois reconnaître que le fait de retrouver des soirées normales, loin d'un plateau de télévision, me fera du bien. Je pense aussi que cette émission peut gagner à se renouveler.
Maintenant ce n'est pas ma décision, c'est celle de la nouvelle direction de France Télévisions. La chaîne espère que «Ce soir (ou jamais !)» réunira plus de téléspectateurs une fois par semaine qu'éparpillés sur quatre soirées.



N. O. - Certains vous ont reproché une prédilection pour les radicaux des deux bords, au détriment de figures plus consensuelles. Pensez-vous que cela ait pu peser dans cette décision?


F. Taddeï. - Je ne crois pas. Tout le monde ou presque a été invité dans «Ce soir (ou jamais!)». Quand on me propose d'animer une émission, je pose toujours deux questions. Est-ce qu'il y a une liste noire ? Est-ce qu'il y a des sujets tabous ?

Pour moi il ne doit y avoir ni l'un ni l'autre. Or la chaîne ne m'a jamais rien reproché. Mais c'est vrai que j'aime les bagarreurs et les idées surprenantes. Je suis quelqu'un qui a très peu d'a priori.

Par ailleurs mon ambition n'a jamais été de faire une émission représentative des goûts de la population. Dans «Paris dernière» aussi, je préférais sortir des endroits fréquentés. Je montrais des choses tout à fait singulières qui pouvaient être exaspérantes. Le contraire du panel de «Face aux Français»! (Rires.)

Pourtant, c'était bien le portrait de Paris dans les années 2000. Eh bien, dans le domaine des idées, c'est pareil. Ceux qui pensent que tout se ramène à un affrontement UMP/PS n'ont rien compris à notre époque.



N. O. - L'un des grands mérites de votre émission est d'avoir mis à l'antenne des intellectuels qu'on ne voyait jamais à la télévision, ou qu'on ne voyait plus, et même qu'il était inimaginable de voir...


F. Taddeï. - On pourrait en citer beaucoup, en effet. René Girard, Georges Balandier, Jacques Rancière, Alain de Benoist, que l'on n'avait pas revu depuis que Pivot l'avait invité à «Apostrophes», ou Alain Badiou qui, à ma connaissance, n'était jamais venu à la télévision.

Quelqu'un comme Albert Memmi aussi est sorti de vingt ans de silence médiatique grâce à «Ce soir (ou jamais !)». Il est tunisien, son père est juif, sa mère berbère, ses deux premiers livres ont été préfacés par Sartre et Camus, et personne n'avait songé à lui demander son avis sur les révolutions arabes.

J'ai aussi ramené les économistes en masse à la télévision. Pas les chroniqueurs du J.T, les créatifs, les théoriciens, les contestataires : Michel Aglietta, Daniel Cohen, Jacques Sapir, Pascal Salin, Paul Jorion, René Passet ou Philippe Dessertine.
Alors qu'on n'invitait jamais que des libéraux «bon teint», «Ce soir (ou jamais !)» est le seul endroit où l'on ait vu s'exprimer des ultralibéraux, des marxistes, des altermondialistes ou des protectionnistes comme Alain Cotta qui sont depuis très longtemps pour sortir de l'euro. Je suis toujours amusé quand on déplore en boucle «la pensée unique».

Forcément, si on invite toujours les cinq mêmes personnes, on fabrique de la pensée unique ! Moi j'ai montré que la pensée n'était pas unique, qu'elle était même loin de l'être.



N. O. - Justement, depuis vingt ans, on ne cesse de répéter que la vie intellectuelle en France est sinistrée. De Régis Debray à Jean-Claude Milner, ce discours est très répandu. Qu'en pensez-vous, vous qui avez été aux avant-postes pour l'observer pendant cinq ans ?


F. Taddeï. - C'est faux. Pour autant, ça ne veut pas dire que nous soyons constamment sur les cimes. Mais l'antagonisme des visions du monde est de plus en plus fort. Or on n'en montre souvent que l'écume.

Il n'y a que le social et le multiculturalisme qui soient aujourd'hui chroniqués en France. Le reste, personne ne s'en occupe. Le féminisme, par exemple, est extrêmement caricaturé. On résume ça à une bataille titanesque entre les Chiennes de garde et Eric Zemmour. Il en va de même pour toutes sortes de sujets: de l'art contemporain à la prolifération nucléaire.



N. O. - Votre émission a joué un rôle déterminant dans un phénomène historique de l'édition française, «Indignez-vous !» ...

F. Taddeï. - C'est au moment de la sortie de son livre «Citoyens sans frontières», que j'ai commencé à inviter Stéphane Hessel. Bien entendu, c'était déjà une personnalité importante-il avait même fait partie de la Haute Autorité, l'ancêtre du CSA - mais qui ne jouait pas de rôle dans la vie intellectuelle.
C'est dans «Ce soir (ou jamais !)» qu'il a commencé à peser sur le débat public. Mais il y en a beaucoup d'autres.



N. O. - On sait également que « le Camp des saints » de Jean Raspail a été huit fois réimprimé depuis que cet auteur est passé dans votre émission. Qu'est-ce que cela vous inspire ?


F. Taddeï. - Daniel Schneidermann m'a reproché de n'avoir pas dit que c'était un livre raciste. Effectivement, je n'étiquette jamais mes invités, ni leur livre, ce n'est pas ma manière de faire.
Mais tous ceux qui ont entendu Jean Raspail ce soir-là ont très bien compris de quoi il retournait. Et je maintiens qu'inviter cet écrivain dans la «séquence» politique actuelle était tout à fait pertinent.



N. O. - On se souvient aussi que quelqu'un comme Bernard-Henri Lévy vous a violemment reproché d'inviter Dieudonné. Au point de s'étonner de voir votre émission reconduite...


F. Taddeï. - Il faudrait quoi, que comme tout le monde j'affiche une détestation à l'égard de celui-ci et de lui seul ?
Eh bien, désolé, mais je ne crois pas au diable. Je ne crois pas que le mal absolu se concentre en une seule personne. Ce serait innocenter tous les autres. On ne peut pas l'escamoter, Dieudonné, faire croire qu'il n'existe pas alors qu'il remplit les salles. D'ailleurs je ne lui ai jamais donné de tribune, il s'est toujours trouvé confronté chez moi à des durs à cuire.

Si BHL avait été à ce point choqué, j'imagine qu'il ne serait pas venu, trois semaines après, s'asseoir dans le même fauteuil que lui.



N. O. - Quels sont les souvenirs les plus intenses que vous garderez de ces années ?


F. Taddeï. - Il y en a eu tellement ! A brûle-pourpoint, je me souviens d'Alain Delon parlant de la guerre d'Indochine et de l'affaire Markovic ou de la dernière interview d'Alain Robbe-Grillet avant sa mort, de Benoît Poelvoorde, de Catherine Deneuve, de Marc-Edouard Nabe lisant un texte inédit de Rimbaud.

Je me souviens de la campagne de Barack Obama commentée par Barbara Hendricks ou de Régis Debray discutant avec Patrick Le Lay, l'ancien patron de TF1.
Mais faire une liste n'a aucun sens : plus de deux mille personnes sont venues. Et d'autres viendront encore. Il y aura d'autres grands moments.



N. O. - Est-il fantaisiste de penser, comme certains, que votre émission ait pu déplaire en haut lieu ?


F. Taddeï. - Je vais vous donner un scoop. Nicolas Sarkozy m'a invité à l'Elysée en janvier dernier pour me dire qu'il adorait l'émission, qu'il la regardait très souvent et toujours avec intérêt. Je n'ai pas osé lui dire qu'elle risquait de devenir hebdo. Il était si enthousiaste, je me suis dit que ça allait lui faire de la peine.



N. O. - En somme, vous n'êtes pas très paranoïaque...


F. Taddeï. - En effet, mais tous les autres le sont tellement pour moi. (Rires) On faisait un peu moins de cent vingt émissions par an, là on en fera quarante et elles seront plus longues.
Les gens ne s'en rendent pas forcément compte, mais il y a déjà eu près de six cents numéros de «Ce soir (ou jamais !)». C'est presque autant qu'«Apostrophes» en quinze ans. Et ce n'est pas fini.



Propos recueillis par Aude Lancelin

Source : « Le Nouvel Observateur » du 21 avril 2011.



.


Dernière édition par Bridget le Mer 29 Juin - 21:13, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2391
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: FREDERIC TADDEI   Mer 29 Juin - 21:12

.


Frédéric Taddeï "Je suis un touriste de la télévision"



Frédéric Taddeï n'est pas le gardien d'un sanctuaire, ni la culture à la télévision une espèce en voie d'extinction ! C'est ce que veut expliquer l'animateur de l'émission quotidienne Ce soir (ou jamais !), qui disparaît de la grille de France 3 pour renaître en septembre, sous une forme hebdomadaire. Interview.










Personnalité atypique du PAF, dont il ne fréquente pas les arcanes et ne parle pas le jargon, ce Parisien de 50 ans, qui fit ses premiers pas de journaliste au sein du magazine Actuel, cultive, face aux choses et aux êtres, une distance qui fait de lui une sorte de dandy du PAF.

Un animateur - au sens noble du terme - pointilliste et exigeant, qui compose ses plateaux comme un alchimiste à la recherche de la formule détonante. Le 6 septembre, il signera sa 594e émission. "Toute une vie", dit-il...





Présentée aux dirigeants des chaînes de service public, par les responsables politiques de tous bords comme une ardente obligation, la culture est devenue un thème incantatoire. Mais qu'est-ce qu'une émission culturelle à la télévision aujourd'hui? Que doit-on mettre derrière cette appellation ?



On dit, en effet, qu'il y a de moins en moins d'émissions culturelles, mais, en même temps, la télévision française est devenue une immense vitrine pour ceux qui ont des livres, des films ou des disques à vendre.

Le problème, c'est que ce sont toujours les mêmes qu'on invite, et pas forcément les plus intéressants. Mais, à part ce petit détail, je ne vois pas pourquoi les émissions de Laurent Ruquier, Thierry Ardisson, Michel Denisot, Patrick Sébastien, Michel Drucker, Frédéric Taddeï, Guillaume Durand, Franz-Olivier Giesbert, Daniel Picouly, François Busnel, Philippe Lefay, Arthur, Nagui, Claire Chazal, David Pujadas, Laurence Ferrari, Serge Moati et j'en oublie - il y en a aussi sur le câble et la TNT - qui invitent toutes Dany Boon, Luc Ferry, Alexandre Jardin ou Johnny Hallyday quand ils sont en promo, ne seraient pas considérées comme "culturelles".

A partir du moment où on la prend pour ce qu'elle est, une industrie du divertissement, la culture est partout à la télévision. Ce qui est plus rare, c'est l'art, la beauté, la réflexion, l'intelligence, la gratuité.

Ça, c'est difficile. La culture, c'est l'air du temps. L'art, lui, est éternel. La télé n'aime pas beaucoup les artistes, surtout les grands artistes. C'est normal, personne ne les aime. Sauf quand ils sont morts. La télévision est donc tout à fait dans son rôle en leur préférant des chroniqueurs, chargés de les assassiner.





Avez-vous le sentiment de faire le même métier qu'un journaliste d'investigation ou sportif ?




Je ne suis pas un bon enquêteur. Je me souviens être allé au Cambodge pour le magazine Actuel, en 1992, à l'époque où les Khmers rouges revenaient dans le jeu électoral. J'avais tendance à vérifier sur le terrain ce que je pensais déjà à Paris. Heureusement, je m'en suis aperçu à temps. J'ai refusé que mon reportage soit publié.

Remarquez, il ne contenait aucune ânerie. La suite m'a plutôt donné raison. Mais c'était un édito, pas une enquête. Quant au journalisme sportif, il s'appuie sur quelque chose d'objectif, de concret, d'indiscutable : le résultat.

Une fois qu'on a le résultat, il n'y a plus grand-chose à dire. Ou alors il faut faire comme Antoine Blondin sur le Tour de France : de la littérature.
Moi, ce qui m'intéresse, c'est d'essayer de comprendre le monde. Pourquoi les choses sont comme elles sont. Et il n'y a rien, pas un événement, pas un chiffre qui ne puisse être discuté, mis en perspective, réinterprété.

Je me souviens de l'article de Jean Baudrillard, en 1991, intitulé "La guerre du Golfe n'a pas eu lieu". Il n'avait pas tout à fait tort, Baudrillard, même si les journalistes, les experts et tous ceux qui avaient regardé CNN disaient le contraire. Et l'avenir lui a plutôt donné raison puisque l'invasion de l'Irak a eu lieu douze ans plus tard et que ce n'est toujours pas fini.


Dans Ce soir (ou jamais !), c'est évidemment le point de vue d'un Baudrillard qui m'intéresse le plus. On n'est pas dans l'arithmétique d'un résultat de football; on est dans une lecture contradictoire de l'Histoire en train de se faire.
Personne n'y voit la même chose. C'est pour ça que j'invite à la fois l'establishment et des contestataires, des centristes et des excentriques, des intellectuels et des artistes, des hommes et des femmes, des jeunes et des moins jeunes, des Français et des étrangers...



Le philosophe Michel Onfray raconte qu'un jour, dans sa classe, un élève habile parvint à déstabiliser ses camarades par des propos négationnistes sur la Shoah. Et qu'il lui fallut un long travail d'explication pour faire revenir cette classe "de l'autre côté du réel".


N'est-il pas de la responsabilité du journaliste d'intervenir - ce que vous vous interdisez le plus souvent de faire sur votre plateau - quand ça dérape...


Il y a des faits indiscutables. Et il y a des opinions qui sont des délits. C'est mon rôle de le rappeler si la nécessité s'en fait sentir. Pour le reste, en revanche, au nom de quoi limiterais-je la liberté d'expression dont notre pays s'enorgueillit ?


Tout ce qui n'est pas interdit est autorisé, c'est dans la Constitution française. Et vous voudriez que moi, simple animateur d'une émission de débats sur le service public, je fasse le gendarme? Que j'interdise à Mathieu Kassovitz d'émettre des doutes sur la version officielle des attentats du 11 septembre? A Claude Allègre de discuter la théorie du réchauffement climatique?

Pourquoi, dans ce cas, ne ferais-je pas taire également Oliver Stone, sous prétexte que son film sur l'assassinat de Kennedy remet en question les conclusions de la commission Warren, qui prétend qu'il n'y avait qu'un seul tireur, Lee Harvey Oswald ?

Et quand George Soros et Joseph Stiglitz tiennent l'un et l'autre des propos fort peu orthodoxes sur la crise des subprimes dans Ce soir (ou jamais !), qu'est-ce que je fais ? J'appelle la sécurité ?


Non, croyez-moi, la responsabilité d'un animateur de débats n'est pas d'empêcher ses invités de parler, les téléspectateurs ne lui en demandent pas autant, c'est d'éviter que son émission privilégie un camp, une vision du monde et une seule, au détriment de toutes les autres.






Alain Finkielkraut, qui refusa, en son temps, le fauteuil de Bernard Pivot, estime que l'image écrase le discours. Que la télévision réduit et schématise la parole de l'intellectuel...




Je ne crois pas qu'il dirait cela de Ce soir (ou jamais !), où je donne toujours du temps à mes invités, y compris à Alain Finkielkraut.
C'est la seule émission où l'on a vraiment le temps de s'expliquer. Je n'ai jamais coupé la parole à qui que ce soit. Maintenant, il ne s'agit pas non plus, pour une émission de télévision, de remplacer tout le reste.

Si vous voulez réfléchir à votre aise, mieux vaut lire des livres. Quelle que soit la bonne volonté de l'animateur, une émission est limitée par le temps. Et quelle que soit son ambition, il s'agit d'un spectacle, même à caractère intellectuel. Je ne dirais pas que l'image écrase le discours mais, en venant s'y ajouter, elle le parasite. La voix fait la même chose dans une émission de radio. Le style, dans un livre, a lui aussi son importance.


La responsabilité de l'animateur, c'est de ne pas laisser ses invités se caricaturer entre eux, ni se caricaturer eux-mêmes, de leur laisser des silences, de leur demander d'expliquer leurs propos quand ceux-ci risquent d'être mal interprétés et de ne pas chercher à tout prix à provoquer ces "dérapages", dont les médias sont devenus si friands.

Les "dérapages" sont souvent des malentendus qu'un animateur qui n'écoutait pas a laissés s'installer entre son invité et les téléspectateurs...






La radio, où vous officiez chaque semaine (sur Europe 1), a-t-elle une richesse que n'a pas la télévision ?





A la radio, vous êtes toujours un peu le meilleur ami de la personne que vous êtes en train d'interviewer. Il compte sur vous.
A la télévision, c'est différent. Une rivalité s'installe inconsciemment, liée à cet écran que vous êtes en train de vous partager. La personne qui vous ressentait comme un allié à la radio a tendance à se sentir en concurrence avec vous une fois que vous l'invitez à la télévision.


Et puis, l'image étant préoccupante, on est moins concentré sur ce que l'on voudrait dire, on est parfois moins subtil, moins profond.

A la télévision, j'ai toujours l'impression d'avoir quatre ou cinq points de QI en moins. Ce n'est pas une impression, du reste. Ils me manquent vraiment ! Une autre différence, c'est le rapport au silence.
A la radio, si votre invité ne répond pas tout de suite à la question que vous lui posez, le silence est sur vous. Tandis qu'à la télévision le silence est sur lui. Moi, j'aime bien les silences. A la télé comme à la radio. Ils mettent de la poésie, de la gravité aussi, dans les interviews.





Qu'est-ce qui fait un bon intervieweur ?





Cela varie selon les intervieweurs. Le culot, l'humour, l'insistance, la dialectique, la qualité d'écoute, la curiosité, la gentillesse ou la méchanceté peuvent entrer en ligne de compte. Moi, celui que j'admire le plus, c'est Jacques Chancel. C'est celui dont je me sens le plus proche.

Réécoutez Radioscopie, on n'a jamais fait mieux. Thierry Ardisson, dans un autre style, réussit toujours à m'épater. Il est capable d'être très mal élevé. Je l'ai toujours envié à cause de ça.





On ne peut pas s'empêcher d'évoquer l'étalon-animateur, Bernard Pivot. Qui est-il pour vous ? Une icône du passé, un mythe cathodique empoussiéré... ?





Non, je lui ai consacré récemment toute une émission dans Ce soir (ou jamais!). Il m'a beaucoup influencé.

Pivot était évidemment un formidable intervieweur, ses émissions avec Soljenitsyne, Duras ou Nabokov le prouvent, mais Apostrophes était également une excellente émission de débats, ce qu'on a un peu oublié. Il savait très bien choisir ses invités et les mettre dans l'obligation de s'affronter.


En plus, il n'avait peur de rien. Surtout pas de choquer. Un exemple: durant l'été 1979 éclate la polémique sur la Nouvelle Droite, que beaucoup considèrent comme une officine nazie, ce qui vaudra au philosophe Alain de Benoist, sa figure tutélaire, d'être relégué aux dernières pages du Figaro Magazine, à la rubrique vidéo...


Et qui est l'invité vedette d'Apostrophes à la rentrée? Alain de Benoist !


Alors qu'on ne l'avait jamais vu à la télévision et qu'on ne l'y reverra jamais. Du moins, jusqu'à ce que je l'invite à mon tour, trente ans plus tard, dans Ce soir (ou jamais!). Pivot et moi, à quelques années d'écart, nous sommes la preuve que la censure n'existe pas à la télévision. Ce sont les animateurs qui s'autocensurent. Si vous voulez inviter quelqu'un, vous l'invitez. Un point, c'est tout.





Et vous êtes maintenant un notable...





Je fêterai bientôt mes vingt ans de télé et, pourtant, j'ai toujours l'impression d'être un touriste à la télévision, c'est-à-dire quelqu'un qui va finir par retourner chez lui.
Mais c'est où, chez moi? Je ne sais pas. Je vais finir par croire que c'est la télévision...



Frédéric Taddeï en 7 dates

5 janvier 1961. Naissance à Paris.

1990. Il collabore au magazine Actuel et à Radio Nova. 1994. Il est chroniqueur dans Nulle part ailleurs, sur Canal +.

1998. Il anime Paris dernière sur Paris Première.

2002. Il lance D'art d'art!, sur France 2.

Depuis septembre 2006. Il anime Ce soir (ou jamais!), sur France 3.

Depuis septembre 2009. Il présente, sur Europe 1, Regarde les hommes changer.




http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/frederic-taddei-je-suis-un-touriste-de-la-television_1007142.html



.


Dernière édition par Bridget le Mer 12 Sep - 15:37, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2391
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: FREDERIC TADDEI   Sam 9 Juil - 18:03



.

Frédéric Taddeï choisit France Culture à la rentrée









L'embarras du choix, c'est quand même appréciable ! Frédéric Taddeï avait droit aux faveurs d'Europe 1 à la rentrée prochaine, l'animateur a préféré France Culture.


Cette année, l'emploi du temps de Frédéric Taddeï s'est considérablement allégé.
En effet, la direction de France Télévisions a décidé d'arrêter le rythme quotidien de Ce soir ou jamais, passant le programme en hebdomadaire sur France 3.
L'animateur a donc eu tout le temps pour analyser ses offres d'emploi qui arrivaient dans sa boîte aux lettres !


D'après le Parisien, Frédéric Taddeï aurait décidé de décliner l'offre pourtant généreuse d'Europe 1. La station lui proposait à la rentrée prochaine l'animation d'une émission quotidienne le soir.
Apparemment, l'idée de replonger dans ce rythme haletant n'était pas dans ses projets.


Finalement, l'animateur depuis six saisons de Regarde les hommes changer quittera Europe 1 pour France Culture. Il devrait y réaliser chaque dimanche soir l'interview d'une personnalité, un exercice qu'il maîtrise à la perfection.


On ne connaît pas encore le titre de cette émission.



Patrick Marzin - http://www.programme-tv.net/news/tv/18111-frederic-taddei-choisit-france-culture-la-rentree/#xtor=RSS-18




.


Dernière édition par Bridget le Ven 9 Sep - 20:18, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2391
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: FREDERIC TADDEI   Ven 9 Sep - 20:17


.


Ce soir (ou jamais !) de retour , en version hebdo.











Retour sur France 3 du magazine culturel "Ce soir (ou jamais!)", avec Frédéric Taddéi. Deux heures de programmes hebdomadaires désormais.



Son passage à un rythme hebdomadaire est une bonne occasion de réinventer l’émission sans la changer, dit son animateur qui espère qu'elle sera, comme le dit Verlaine dans son poème « ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre ».



"Elle va rester fondée sur la présence d'intellectuels et d’artistes et non sur celle de politiques. Elle durera plus longtemps qu’avant : deux heures, ce qui devrait permettre d'aborder des sujets que nous n’avons pas forcément pu traiter dans les émissions précédentes. Et puisque plus rare, elle sera plus événementielle et plus précieuse.


On retrouvera tous les ingrédients qui ont fait son succès : le direct, l’actualité, les invités qu’on ne voit pas ailleurs et qui ont le droit de finir leur phrase dans Ce soir (ou jamais !), les vrais débats, les interviews et la liberté de ton".



Selon Frédéric Taddéi, l'émission sera en quatre parties, "mais son déroulement pourra changer d’une émission à l’autre pour se diviser pourquoi pas en deux parties seulement. Ce sera la surprise !

C’est l’avantage du direct. Il s’agit de la seule émission du PAF qui n’ait pas de conducteur, et j’entends bien conserver cette spécificité".







France 3 consacre une nouvelle case au cinéma avec Frédéric Taddeï




Tous les jeudis à 20h35 à partir du 8 septembre, France 3 consacrera une nouvelle case au cinéma avec Frédéric Taddeï qui présentera et commentera sur un ton décalé et impertinent les deux films de la soirée.


Au programme de cette nouvelle case, des films inédits en hertzien avec par exemple « Welcome », « Séraphine », « La fille de Monaco » ou bien « Les hauts murs »mais également des soirées thématiques consacrées notamment à des réalisateurs (Claude Chabrol) et des acteurs (Robert Redford)...


Chaque semaine, retrouvez également, l’actualité des sorties en salles et le box office.

La soirée cinéma se prolongera avec l’émission « Libre Court », diffusion de 4 courts métrages. Courts métrages de fiction, de documentaires et films d’animation seront diffusés toute l’année autour du thème : « L’Autre et l’Ailleurs ».

Une place importante sera aussi donnée à la nouvelle vague du cinéma arabe qui s’est développée depuis de nombreuses années et résonne aujourd’hui avec le printemps des rêves arabes.


.


Dernière édition par Bridget le Mer 12 Sep - 15:39, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2391
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: FREDERIC TADDEI   Mer 14 Sep - 19:29

.

Rencontre : Taddeï tâte du tête-à-tête sur France Cul







L'animateur a carte blanche sur France Culture dans le choix de ses invités. Tac au tac garanti !
Photo : Eric Garault pour Télérama.



« La nouveauté m'excite, j'aime être déstabi­lisé. » Frédéric Taddeï sourit, un peu carnassier, plus amusé que stressé. Sa rentrée s'annonce pourtant moins tranquille que les précédentes - en tout cas moins balisée.

Côté télé, l'homme de Ce soir (ou jamais !) troque sa quotidienne pour une hebdo de deux heures - « le tempo va changer » - et s'apprête à animer une soirée cinéma, chaque semaine, pour France 3.


Mais c'est sur le versant radio que le changement est le plus radical : Taddeï passe la Seine, ou plutôt le Rubicon des ondes, en allant d'Europe 1 à France Culture.
Tant pis si son image de vulgarisateur télévisuel et son récent passé dans le privé cadrent mal avec le profil type de l'animateur maison. « Je sais que je vais avoir l'air un peu léger en arrivant à Culture, qui m'a toujours épaté par le niveau de ses programmes. Y venir est une gageure. J'en suis ravi ! »
On imagine très bien notre chouchou du PAF s'épanouir dans un exercice d'intervieweur qu'il maîtrise parfaitement, et prenant ses aises au sein d'un nouveau créneau, le dimanche à 20 heures.



Comment est-il arrivé là ? « Par un coup de fil de Jean-Luc Hees. » Il y a de la malice dans sa voix, et pas mal de confiance en soi. En insistant un peu, on arrachera aussi quelques détails sur la genèse du transfert : à la fin de la saison dernière, la direction d'Europe lui propose une quotidienne. Il refuse (trop lourd à gérer) et choisit de s'en aller...

Mais avant même que son départ soit annoncé, le patron de la Maison ronde l'appelle. « Ça faisait longtemps que Radio France me faisait des appels du pied - déjà du temps de Jean-Paul Cluzel. Cela dit, j'avoue que ce coup de fil, très rapide, m'a fait plaisir. »


Car aussi actif soit-il, le micro lui aurait manqué. « A la radio, l'image ne vient pas parasiter le discours, votre cerveau est plus compact. Vous êtes moins bête. A la télé, le champ de vision se rétrécit, la réflexion se ralentit... Je dois perdre 5 ou 6 points de QI !
Sans compter que l'invité ne réagit pas de la même façon : à la radio, vous le soutenez, vous êtes un peu son meilleur ami. A la télé, inconsciemment, il devient votre rival parce que vous partagez l'image. »


Au fait, qui recevra-t-il ? « Des artistes... je ne sais pas encore qui. La direction m'a laissé carte blanche. Il n'y aura ni liste noire ni tabou. » Taddeï, l'iconoclaste bouillonnant, adore raconter comment il a reçu Dieudonné sur Europe 1 et dans Ce soir (ou jamais !).



« Je connais mes respon­­sabilités, je ne tolère aucun propos qui soit insupportable à mes oreilles et à celles des auditeurs... Mais je ne suis pas sectaire. Et mon obsession, c'est toujours de comprendre ce qui anime les gens. » Une quête de sens qui devrait coller à la ligne de Culture. Voire l'élargir.




http://www.telerama.fr/radio/taddei-tate-du-tete-a-tete-sur-france-cul,72638.php



.


Dernière édition par Bridget le Mar 6 Déc - 11:06, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2391
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: FREDERIC TADDEI   Mar 6 Déc - 11:06



.
NEWSRING

Frédéric Taddeï L'animateur est aussi directeur éditorial de Newsring, site de débats lancé hier


http://www.newsring.fr/



« Pas de signature comme “debilos98” »





Frédéric Taddeï animera à 22 h 20, comme toutes les semaines, « Ce soir (ou jamais !) ». Depuis hier après-midi, son visage s'affiche aussi sur la page d'accueil de Newsring.fr. Un nouveau site d'info, ou plutôt, de débats. Les internautes sont invités à discuter de thèmes choisis par une rédaction dont Taddeï est le directeur éditorial.

Quel est votre rôle dans Newsring ?

Je suis Walt Disney ! Il ne dessinait pas il n'inventait pas les histoires, il ne faisait rien de particulier, mais on pouvait tout lui attribuer. En gros, je suis dans les associés de départ, je vais tous les mercredis à la réunion de rédaction et je donne la ligne éditoriale.

Et quelle est-elle ?

Du débat. Aujourd'hui les gens ont envie de débats. C'est ce qu'on attend d'Internet depuis que ça existe. Car dans la presse, à la télé, le débat est monopolisé par les plus en vue.

Les sites d'info ouvrent déjà leurs articles aux commentaires. Mais sont parfois obligés de les fermer à cause des débordements !

Ce sont des échanges d'opinion, pas des débats. On se jette des anathèmes, on n'échange pas d'arguments. Sur les forums, c'est le café du commerce. C'est très amusant, mais il est temps de passer à autre chose.


Mais, encore, une fois, qu'est-ce qui vous garantit la qualité du débat ?

D'abord les contributeurs ne seront pas anonymes. Pas de signature comme « debilos98 ». Cela induit une autodiscipline de ne pas discuter entre avatars. Ils devront aussi titrer leur argumentation.


Pourquoi cet intérêt soudain pour Internet ?

Pas du tout. J'ai été le premier à montrer Internet à la télévision, en 1995. Et je lis aussi tous les tweets postés pendant « Ce soir (ou jamais !) ».

Comment se passe l'émission depuis qu'elle est hebdomadaire ?

Elle n'est ni tout à fait la même ni tout à fait une autre. C'est toutes les semaines, mais c'est plus long deux heures donc plus foisonnant.


recueilli par Alice coffin


http://www.20minutes.fr/article/837080/8239pas-signature-comme-ldquodebilos98rdquo8239




.


Dernière édition par Bridget le Ven 30 Déc - 12:30, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2391
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: FREDERIC TADDEI   Ven 30 Déc - 12:29


.


Pivot et Taddeï: Sarkozy, la littérature et la place de la culture à la télévision….


Pivot-Taddeï ? Une confrontation pleine d’intelligence et d’anecdotes : le regard croisé, d’une grande fraicheur et d’une belle vivacité, de deux générations sur un même métier.

Ecoutez, regardez…







http://blogs.lexpress.fr/media/



.
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2391
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: FREDERIC TADDEI   Mer 12 Sep - 15:33

.


"D'art d'art", dix ans d'art

« D’art d’art » fête ses 10 ans












L’émission de Frédéric Taddeï célèbre ses dix ans.

Le programme court de France 2 “D’art d’art”, au cours duquel Frédéric Taddeï raconte l’histoire d’une oeuvre d’art sur un ton humoristique et décalé, fêtera ses 10 ans du 1er au 5 octobre.

Chaque soir, après l’émission de première partie de soirée, le présentateur dévoilera cinq oeuvres, exposées au Grand Palais lors de l’exposition “Bohèmes”, qui débute le 26 septembre à Paris.

Parmi les tableaux mis en valeur par le programme, d’une durée d’une minute quinze, figure notamment “Les roulottes, campement de bohémiennes aux environs d’Arles”, peint par Vincent Van Gogh.


le nouvel Obs /télé




.


Dernière édition par Bridget le Ven 8 Mar - 15:32, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2391
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: FREDERIC TADDEI   Ven 8 Mar - 15:32

.


L'Intello qui déménage



Après sept ans sur France 3, “Ce soir (ou jamais !)” s'installe sur France 2.
Entretien prédéménagement avec son animateur, qui reste dans les cartons.






© Pierre-Emmanuel Rastoin pour Télérama




C'est le premier transfert de la saison - et il a été effectué à l'amiable. Ce vendredi, l'émission Ce soir (ou jamais !) et son présentateur, Frédéric Taddeï, changent d'écurie.
Après sept ans de bons et loyaux services sur France 3, les débats culturels, politiques et sociétaux organisés entre intellos de tout poil ont été priés de s'installer sur France 2, réorganisation des soirées de la Trois oblige.
Un exil à l'heure où le service public est chahuté et où les critiques affleurent... Ce soir (ou jamais !) va-t-il conserver sa saveur ? Le point avec son animateur.



Ce soir (ou jamais !) le vendredi soir sur France 2, ça change quoi ?



A part le fait que je suis désormais à la place de Bernard Pivot... rien ! Le but, ce n'est pas de faire une nouvelle émission.
Pas question, par exemple, d'intégrer les tweets à l'écran. Je ne vois pas au nom de quoi on obligerait les gens à lire les commentaires de Dudu93 quand ils écoutent Noam Chomsky ou Frédéric Lordon ! Nous allons plutôt essayer de garder les anciens téléspectateurs et, si possible, d'en gagner d'autres.
Avec ce double avantage : le vendredi soir, les gens se couchent plus tard et vous pouvez vous lâcher, car c'est le week-end. Avec moi, je ne vous dis pas ce que ça va donner !




Vous n'avez pas peur qu'on vous demande d'être plus « grand public » ?




On ne me l'a jamais suggéré, pourquoi voulez-vous qu'on me l'impose maintenant ? Cela m'a été dit et redit : je n'ai aucun objectif d'audience. Ce soir (ou jamais !) marche mieux que les autres émissions culturelles, mais ce que veut surtout préserver France Télé­visions, c'est son image.
Quand les télé­spectateurs regardent nos débats, ils n'ont pas l'impression d'être pris pour des imbéciles. C'est pour cette raison que l'émission connaît cette longévité.



Les femmes restent sous-représentées sur votre plateau. Pourquoi ?



Elles restent réticentes à participer à des débats. On doit lancer quatre fois plus d'invitations pour trouver une femme ! J'ai tout de même imposé qu'il y en ait un tiers, au minimum. S'il y en a moins, c'est problématique car au moment de prendre la parole on entend la femme, pas l'individu.
Pour autant, je ne recherche pas l'égalité absolue. Les invités, il ne faut pas se contenter de les compter, il faut les peser. Homme ou femme, ce n'est pas parce que vous avez un diplôme que votre avis m'intéresse.




En regardant la saison écoulée, on a eu l'impression d'une prime aux polémiqueurs…




Mais tant mieux s'il y a des polémiques ! Quand je choisis mes invités, je cherche des excentriques, des contestataires qui n'ont jamais accès aux médias.
Sinon, à la télé, vous vous retrouvez toujours avec des centristes - des gens plus ou moins proches du PS ou de l'UMP. Moi, je veux des antagonismes. Vous pouvez faire semblant pendant des années d'assister à un débat entre Jacques Julliard et Luc Ferry [sur LCI, ndlr], mais, en réalité, ces deux-là sont absolument d'accord sur tout.

Il y a des téléspectateurs qui aiment ce genre de débats, ça les conforte dans leurs opinions. Moi, je préfère les discussions où, au contraire, on vous montre que le monde est extrêmement complexe, qu'on peut avoir des avis discordants sur des sujets qui font prétendument consensus et qu'en réalité vous-même ne croyez pas à ce que vous dites dans les dîners depuis deux ans.



Ces « clashs » ne sont pas toujours fructueux. On se souvient d'un numéro très controversé, en novembre dernier, sur l'islamophobie, avec Véronique Genest et l'essayiste Anne-Marie Delcambre…




Cette émission a été horrible. Les autres invités n'ont pas osé faire entendre leur voix. Pascal Boniface est devenu atone. Pareil pour Jean-François Kahn, qui se présente pourtant comme un combattant de l'islamophobie. Je me suis fait avoir.

C'est terrible car la position du contradicteur est très importante chez moi. J'invite qui je veux, je refuse de dire au téléspectateur ce qu'il doit penser mais je ne donne pas de tribune. Il y a toujours des opposants...

Quant à Véronique Genest, on m'a beaucoup interpellé sur sa légitimité. Mais qui a cette légitimité ? Les « experts » que les JT invitent ? C'est une vaste fumisterie ! Tout le monde donne sa vision idéologique et personnelle du monde. Il n'y a pas de neutralité, pas d'objectivité, même si les gens continuent à le croire.



Propos recueillis par Lucas Armati - Télérama n° 3294




.
Revenir en haut Aller en bas
Hugues



Nombre de messages : 17
Age : 48
Localisation : Alpes de Haute Provence
Date d'inscription : 26/10/2012

MessageSujet: Re: FREDERIC TADDEI   Mar 12 Mar - 17:34

Merci pour l'interview de Taddéi et Pivot que je n'avais pas vue. J'aurais aimé entendre Taddéi citer Polac plutôt que Bouvard au nombre de ses modèles (en plus de Pivot et Chancel). Pour l'heure de diffusion, Taddéi oublie un point: les gens travaillent, et ne sont pas forcément en état de suivre une émission de seconde partie de soirée. Je pense qu'une émission "sérieuse" à 20h30 ne ferait de mal à personne. Le divertissement n'est qu'une mauvaise habitude.

Ceci étant dit, je ne regarde jamais la télé (à part On n'demande qu'à en rire, qui a bien des travers, mais je me suis attaché aux humoristes...), à part sur Internet.
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2391
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: FREDERIC TADDEI   Ven 3 Mai - 16:53


.


Frédéric Taddéi : " En télé, soit vous inventez, soit vous disparaissez "




Anticonformiste, inclassable, curieux : qui est Frédéric Taddéï ? Portrait d’un électron libre











Du Taddeï tout craché. Toujours à rebours. Jamais là où on l'attend. Et encore moins là où on voudrait le trouver.

Récemment, l'animateur était l'invité du site « Arrêt sur images » pour y débattre de la place de la culture dans la machinerie télévisuelle. A ses côtés, Ollivier Pourriol, ancien chroniqueur du « Grand Journal », auteur d'« On/Off », récit salué par la presse de ses souffrances de jeune philosophe projeté dans la jungle audiovisuelle.

Entre deux-là, on imaginait quelques points de convergence sur le fond. On avait tort. La discussion a tourné à la leçon de darwinisme cathodique de la part du professeur Taddeï : « En tant que chroniqueur, 2 000 types rêvent de votre place, vous faites votre trou tout seul ou vous dégagez, les autres ne sont pas là pour vous coacher ou vous conseiller, et à leur place [les producteurs du «Grand Journal», NDLR], je vous aurais viré avant. »



Même l'inébranlable Daniel Schneidermann, arbitre du débat, parut déconcerté par l'apprêté du propos : « Comme je critiquais ceux qui présentent des livres à la télévision, il s'est dit : « C'est délirant, il est passé de l'autre côté » », sourit aujourd'hui Taddeï.
Et celui-ci de poursuivre : « Le livre de Pourriol, je l'ai trouvé plutôt drôle. Mais d'une manière générale, le discours « on peut rien faire à la télé, on nous en empêche » m'exaspère. Ce n'est pas vrai. A la télévision, il faut faire ce qu'on a envie de faire. Et le faire de telle manière que ça marche, non pas en termes d'audience mais télévisuellement. Soit vous inventez quelque chose, soit vous disparaissez. »




A cette aune, on en déduit que Frédéric Taddeï a dû inventer quelque chose. Mais quoi ? Peut-être une façon de rester anticonformiste dans un milieu qui ne l'est terriblement pas. De concilier intelligence et petit écran. De faire carrière sans faire trop de compromis. « Si vous laissez les autres vous imposer leur règle, vous êtes mort », aime à répéter l'intéressé. Une règle de mauvaise conduite que l'animateur de « Ce soir (ou jamais !) », désormais installé sur la case mythique de Bernard Pivot le vendredi soir, n'a cessé de suivre.






" Les gens de Canal me trouvaient bizarre "




En 1994, il est approché pour devenir chroniqueur dans la première partie de « Nulle Part ailleurs ». Avant d'accepter le poste, il formule une requête à Jérôme Bonaldi, l'animateur principal : « Est- ce que je pourrai vous contredire sur le plateau ? » Requête acceptée.

Par la suite, il imposera sa propre ligne de conduite, sachant toujours jusqu'où aller trop loin : ne pas applaudir sur ordre du chauffeur de salle, ne pas sourire sur commande, ne pas venir au bureau les jours où il ne passe pas à l'antenne. « Au bout du premier mois, les gens de Canal me trouvaient bizarre : je ne respectais pas les codes habituels du débutant à la télé, le mec qui veut absolument faire comme tout le monde, le mec qui veut s'intégrer. Et puis ils se sont rendu compte que des tas de téléspectateurs appréciaient. »
Une attitude de matamore que certains prennent pour de l'arrogance. « Ils se trompent, confie Anne-Laure Sugier, ancienne rédactrice en chef de «Ce soir (ou jamais !)», aujourd'hui à «Vanity Fair». Frédéric, c'est un ego démesuré mais zéro narcissisme. Ca fait de lui le mec de télé le moins star que je connaisse. »



En 2007, alors que la direction de France Télévisions a laissé fuiter son nom dans la presse comme futur présentateur de « Ce soir (ou jamais !) », peu convaincu par le projet proposé, il lance à Patrice Duhamel, directeur général du groupe public : « Votre émission, je ne vais pas la faire. Mais en revanche, on peut faire la mienne ! »

Son émission ? Pas de promo, de vraies oppositions, des invités pas vus à la télé et des silences aussi. « Dès qu'il y avait trois secondes de silence à l'antenne, je paniquais, se souvient Rachel Kahn, son ancienne productrice. Depuis la régie, je lui disais dans l'oreillette : «Putain, mais relance le truc !» » Au bout de quelques émissions, il retirera l'oreillette et gardera les silences. « Il avait raison, il a trouvé là quelque chose qu'on ne cherchait pas », confie Rachel Kahn.






" Ce que j’aime ? Les ultralibéraux, les opposants à l'euro, les marxistes... Ceux que vous ne voyez pas ailleurs "




Mais si l'émission est devenue un des programmes phares du service public, ce n'est pas tant pour ses silences que pour ce qui y est dit. Pour profondément renouveler le débat à la télévision, « CSOJ » a profondément renouvelé les débatteurs.

« Normalement, en France, on fait des tas de débats entre les politiques et les journalistes, entre le centre gauche et le centre droit, explique l'intéressé. Récemment, on a ouvert un peu les plateaux à l'extrême gauche et à l'extrême droite parce qu'on s'est aperçu qu'ils faisaient des voix aux élections. Moi, ce que j'aime, c'est faire du débat avec des gens qu'habituellement on n'inclut pas dans le débat. Les ultralibéraux, les opposants à l'euro, les marxistes... Ceux que vous ne voyez pas ailleurs. Non pas parce qu'ils n'ont pas accès aux autres médias, mais souvent parce qu'on ne pense pas à les inviter. »


Une liberté d'esprit qu'il tente d'insuffler à ses équipes : « Parfois, on le voyait revenir les bras chargés d'ouvrages en nous disant : « C'est dans les librairies qu'on trouve des livres, pas en attendant les services de presse » », se souvient Anne-Laure Sugier.



« Trop cérébral pour faire de la télé », avait dit de lui Thierry Ardisson. Il se trompait. Taddeï n'a aucun diplôme hormis le bac et le permis. Et adore le petit écran : « Je suis d'une intelligence moyenne et j'ai des plaisirs simples. Je suis donc adapté à ce que je fais. Je ne me bride pas. Avec une intelligence vraiment supérieure, on ne peut se contenter de faire des interviews. Et puis Nietzsche ne serait pas allé en boîte, moi je continue à dire qu'il y a du plaisir à aller en boîte. »



Fils d'un banquier italien, dont le père communiste avait fui Mussolini, et d'une mère femme au foyer, originaire de Lorraine, tous deux très libéraux, le jeune homme reconnaît avoir vécu une enfance « tellement heureuse qu'une psychanalyste la mettrait en doute ».
Quant à ses années de jeune adulte, elles furent pour le moins débonnaires : de 20 à 30 ans, il ne fait rien. Il vit chez un ami ayant hérité de l'appartement de sa grand-mère, tâte un peu de droit pour devenir avocat mais abandonne rapidement, se rêve un temps non pas écrivain mais grand écrivain, mais quand il comprend qu'il ne sera jamais édité en « Pléiade », il passe à autre chose. Il suit alors la pente de ses désirs, soigne sa curiosité intellectuelle. « Si mes parents étaient peut-être inquiets, ils ne me l'ont jamais montré », racontait-il au micro d'Europe 1 dans l'émission d'Ariane Massenet.





Contacté par Thierry Ardisson pour « Paris Dernière »




Une vie de bohème à laquelle il décide de mettre un terme avant sa trentième année. « Je ne connaissais personne dans la presse écrite mais je voyais qu'il n'y avait que ça que je pouvais faire. » Plutôt que d'aller frapper aux portes des journaux, il crée son propre magazine, « Maintenant », et s'échine à le distribuer dans les rédactions qui l'intéressent. C'est comme cela qu'il sera repéré par « le Quotidien de Paris » et « Actuel » dont le patron, Jean-François Bizot, lui demandera ensuite de collaborer à Radio Nova.



Pour sa première derrière le micro, Frédéric Taddeï invite l'actrice Claire Nebout, pour laquelle il a eu un coup de foudre sur grand écran. Quelques années plus tard, elle deviendra sa compagne et la mère de son fils. A l'époque, Radio Nova est une sorte de laboratoire dans lequel Canal+ vient puiser ses nouvelles têtes : Philippe Vandel, Ariel Wizman, Edouard Baer, Jamel... Après quatre années à « Nulle Part ailleurs » (1994-1998), Frédéric Taddeï décidera pourtant de ne pas rempiler : « Je savais qu'il fallait partir à un moment ou à un autre, sinon j'allais rester chroniqueur dix ans. »



C'est alors que Thierry Ardisson le contacte pour reprendre les rênes de « Paris dernière », une émission de déambulations noctambules filmées in situ. Un poste taillé pour lui qui, enfant, pensait que « la nuit, il se passait des choses que les adultes nous cachaient ».

Trois candidats sont en lice : Taddeï, Yvan Le Bolloc'h et le favori Frédéric Beigbeder. Chacun tourne un pilote, Taddeï est finalement choisi. « A l'unanimité », tient-il à préciser. L'émission, véritable ovni télévisuel, sorte de voyage dans tous les bouts de la nuit, deviendra culte chez les happy few. « Sur le Paris des années 2000, on ne trouvera pas meilleur documentaire », considère Taddeï.





"C’est l’homme des boîtes échangistes !"




Après huit ans de « Paris dernière », on lui propose de passer des backrooms aux salons où l'on cause. En 2007, il est contacté pour présenter la nouvelle émission culturelle quotidienne de France 3. C'est Rachel Kahn qui l'a repéré, une nuit d'insomnie : « Je suis tombée sur une rediffusion des longues interviews qu'il menait en journée sur Europe 1. C'était formidable. Du coup, les nuits suivantes, je me suis réveillée exprès pour l'écouter. Je ne connaissais pas «Paris dernière». Quand j'ai soufflé son nom à France Télévisions, on m'a répondu : «Mais c'est l'homme des boîtes échangistes !» Pour moi, c'était le confesseur de Sheila. » Rachel Kahn parviendra malgré tout à l'imposer.



Taddeï, de son côté, hésite un moment avant d'accepter : « Au départ, je n'avais aucune envie de passer toutes mes soirées à la télé. Et puis je me suis dit : «Depuis le temps que tu répètes que la culture n'est pas vouée à être emmerdante et diffusée tard dans la nuit, voilà une opportunité de le mettre en pratique. »


Très vite, il imprime sa marque. Avec une idée très simple en tête : un bon débat, c'est une opposition entre l'establishment et les contestataires. « L'establishment, les centristes, c'est en eux que nous nous reconnaissons le plus. C'est ce qu'on entend toute la journée, c'est ce qu'on nous a appris depuis que nous sommes enfant.
Mais c'est Jean-François Bizot qui m'a renforcé dans l'idée qu'il fallait toujours s'intéresser aux contestataires. Tous les contestataires ne vont pas changer le monde mais ceux qui ont changé le monde étaient tous des contestataires. L'establishment ne change jamais le monde. Il le gère. »






"Je suis un gauchiste de droite"




Régulièrement, on lui reproche une surreprésentation des polémistes sur ses plateaux. De donner la parole à des infréquentables. Dans la bouche des détracteurs de l'émission, les mêmes noms reviennent : Dieudonné, Alain Soral, Tariq Ramadan, Marc-Edouard Nabe. « A croire qu'ils ont leur rond de serviette chez nous, répond un membre de son équipe. Il faut relativiser : en 660 émissions, Dieudonné a dû être invité à trois reprises, tout comme Soral. Quant à Ramadan et Nabe, ils ont dû venir une dizaine de fois chacun. »


Une polémique à rallonge qui agace l'intéressé : « Je ne leur ai jamais confié une tribune. En face, il y a toujours des contradicteurs. Ce qui m'étonne toujours chez ceux - pas si nombreux, heureusement - qui désapprouvent ma façon de faire, c'est qu'ils ne se contentent pas de me critiquer, ils veulent mon interdiction professionnelle. C'est un truc très français de vouloir la tête de ceux avec lesquels on est en désaccord. »



Autre reproche : son refus du parti pris, des questions de procureur ou encore de couper constamment la parole de son interlocuteur. « Aujourd'hui, certains voudraient faire naître en France une conception policière du rôle de l'animateur, répond Taddeï. Ce qui est étrange, c'est que ce ne sont ni les téléspectateurs ni ceux qui dirigent les chaînes qui demandent cela. Cette demande émane plutôt d'un petit nombre d'associations et de journalistes qui pensent que le rôle de celui-ci est de mettre en accusation, d'obtenir des aveux, de combattre certaines pensées. Ce n'est pas ma conception du métier. Je fais une émission pour un public adulte qui a tout à fait le droit de se faire son opinion sans que moi, je lui dise quelle est la mienne ou celle qu'il faut suivre. »




Son opinion ? C'est peut-être ce que lui reprochent certains, au fond : de ne pas la connaître. De ne pas savoir d'où parle l'animateur de « Ce soir (ou jamais !) : « Pour qui je vote ? J'ai déjà répondu à cette question : je ne vote pas. » Un libéral libertaire, Taddeï ? « Pourquoi pas. Moi, je me dis gauchiste de droite. Mais j'admets qu'on puisse penser ce qu'on veut de moi. Je ne démentirai jamais, à part des trucs infamants. »



Quand on lui demande son meilleur souvenir télévisuel, l'homme, toujours dans le contre-pied, répond que celui-ci est à venir : « Mon meilleur souvenir, ce sera si «Ce soir (ou jamais !)» bat le record de longévité détenu par «Apostrophes», avec un peu plus de 700 émissions. J'approche les 670. Avoir animé la plus longue émission culturelle de la télévision française, ce n'est pas rien. » Comme tout bon anticonformiste, Taddeï rêverait-il de devenir une institution ?




par Vincent Monnier

http://teleobs.nouvelobs.com/actualites/20130502.OBS7968/en-tele-soit-vous-inventez-soit-vous-disparaissez.html




Les 3 émissions de Frédéric Taddéï :

« Ce soir (ou jamais !) », sur France 2 (vendredi, à 22h30).
« Le Tête-à-tête », sur France Culture (dimanche, à 17 heures).
« D'art d'art », sur France 2 (lundi, à 21h25).







.


Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: FREDERIC TADDEI   

Revenir en haut Aller en bas
 
FREDERIC TADDEI
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» FREDERIC TADDEI
» FREDERIC CHOPIN
» voilà, j'suis là aussi
» Sorquainville LEMEILLE
» Chants normands

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
H A R M O N Y :: TRIBUNES LIBRES :: LA PETITE LUCARNE-
Sauter vers: