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 LES CASTRATS

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Nine
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MessageSujet: LES CASTRATS   Ven 18 Déc - 1:47

Ce que l'on sait (ou pas) sur les castrats


Fresque la création d'Adam Michel Ange
Chapelle Sixtine.

Un castrat est un chanteur de sexe masculin ayant subi la castration avant sa puberté,
dans le but de conserver le registre aigu de sa voix enfantine,
tout en bénéficiant du volume sonore produit par la capacité thoracique d'un adulte.
Le phénomène des castrats apparaît dans la deuxième moitié du XVIe siècle en Occident,
se développe principalement en Italie et disparaît entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle.
On dit que les meilleurs castrats pouvaient rivaliser en puissance,
technique et hauteur avec une petite trompette.
Le mot désigne également le type de voix obtenu au moyen de cette opération.


Par Bertrand Dermoncourt

Même si les castrats ont disparu depuis longtemps,
les airs écrits pour ces interprètes hors du commun
sont de plus en plus chantés et enregistrés. Mais qui étaient-ils vraiment ?

ON LE SAIT...
Ils sont la "voix des anges".


Les castrats furent, pendant deux siècles, le symbole du bel canto, le beau chant.
Puissante et d'une souplesse sans égal,
leur voix pouvait couvrir l'étendue de trois octaves,
comprenant tous les registres connus, du soprano (aigu) à la basse (grave).
Cet éclat incomparable, mêlé au trouble produit par leur ambiguïté sexuelle,
est à l'origine d'une véritable fascination exercée sur le public et les compositeurs.
Jusqu'à Napoléon, qui, paraît-il, pleura en entendant, à l'Opéra, le castrat Crescentini.

Farinelli était leur prince.



Selon un témoin de l'époque,
le "plus grand châtré de l'univers" fut au XVIIIe siècle ce que la Callas fut au xxe :
une voix de légende incomparable.
Le symbole des castrats et de leur époque, célébré dans le film de Gérard Corbiau,
Farinelli, s'appelait de son vrai nom Carlo Broschi (1705-1782).
Il venait, contrairement à ses condisciples généralement de basse extraction,
d'une famille noble.
Autre particularité, il n'a pas fini sa vie dans l'oubli,
mais, après avoir connu les succès les plus enivrants,
se mit au service de la cour d'Espagne.
Tous les jours, il chantait pour soulager la neurasthénie incurable du roi Philippe V.
Il y parvint et ce miracle ne fit que renforcer la légende d'un don vocal "surnaturel".

Aujourd'hui, ils reviennent.
Comment chanter le répertoire des castrats ?


Cette question a pris plus d'importance à mesure que la musique baroque était redécouverte.
Doit-on engager des femmes, comme le faisait Haendel,
ou des hommes sopranistes ?
En fait, tout est possible, comme le prouvent les sorties récentes de disques
de Philippe Jaroussky (contre-ténor), Vivica Genaux
ou Cecilia Bartoli (mezzo sopranos).

ON LE SAIT MOINS...

Ils sont allés à l'école.

Au début du XVIIe siècle, la demande de castrats fut telle, en Europe,
qu'on fut obligé d'organiser leur formation.
Les conservatoires de Bologne et de Naples s'en firent une spécialité,
proposant un enseignement complet aux jeunes castrés,
en plus des périlleux exercices de respiration et de vocalises.
Les élèves y entraient après leur opération, réalisée entre 7 et 12 ans.
Seuls 10 % d'entre eux parvenaient à faire carrière.

Ils restent un mystère. A la fois homme, femme et enfant,
le castrat possédait dans son chant des qualités propres à ces trois états.
Une fois castré, pas de mue.
Sa voie restait donc "haute".
De plus, la castration entraînait un développement de la cage thoracique,
d'où une puissance hors de portée des chanteuses.

Comme l'écrit Patrick Barbier dans son Histoire des castrats (Grasset) :
"Différente de la voix d'homme par sa légèreté, sa flexibilité et ses aigus,
différente de la voix de femme par son éclat, sa limpidité et sa puissance,
[celle des castrats] était également supérieure à celle de l'enfant
par sa musculation d'adulte, sa technique et son expressivité."


Ils ont été victimes d'une interdiction papale.
Rome avait "inventé" les castrats afin de contourner l'interdiction
faite aux femmes de chanter dans les églises.
Les premiers d'entre eux apparurent à la chapelle Sixtine et c'est aussi là qu'ils disparurent.
Chassés des scènes d'opéra pour des raisons éthiques et esthétiques,
les castrats s'éteignirent au fil du xixe siècle.


En 1902, le pape Léon XIII finit par interdire leur utilisation pour la musique d'église.
Le dernier d'entre eux, Alessandro Moreschi, mourut dans l'indifférence en 1922.

La Dolce fiamma, par Philippe Jaroussky (Virgin Classics).

http://www.artmony.biz/les-voix-lyriques-f113/les-voix-lyriques-philippe-jaroussky-t1782.htm

Sacrificium, par Cecilia Bartoli (Decca).
Pyrotechnics, par Vivica Genaux (Virgin Classics).


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MessageSujet: Re: LES CASTRATS   Ven 18 Déc - 2:05

FARINELLI LE FILM
( Farinelli, il Castrato ), 1994,
de : Gérard Corbiau,
avec : Stefano Dionisi, Enrico Lo Verso, Elsa Zylberstein,
Caroline Cellier, Marianne Bassler, Jeroen Krabbé,
Musique :
Riccardo Broschi, Haendel, Pergolese, Porpora

Synopsis :
En 1740, à Madrid, Farinelli a choisi depuis trois ans de vouer sa voix
à la seule guérison du Roi Philippe V d'Espagne.
Depuis sa castration à dix ans, Carlo Broschi, dit Farinelli, a conqui les foules napolitaines,
puis européennes de sa voix pure, tandis que Riccardo, son frère ainé,
compose pour lui et "concrétise" avec les femmes que son cadet a séduites.

A Londres dès 1734, le castrat travaillant pour Porpora, compositeur au théâtre de la Noblesse,
rivalise avec Haendel qui dirige celui de Covent Garden.
Farinelli finit par chanter Haendel, mais se sépare de son frère et décide d'abandonner la scène.
Exilé à la cour d'Espagne, seule Alexandra, son amour connu en Angleterre et venu le rejoindre,
lui permet de se réconcilier avec Riccardo.
Le duo fraternel reprend alors et Alexandra portera l'enfant,
"oeuvre commune" de Farinelli et Riccardo...

Le film de Gérard Corbiau relate la vie mouvementée d'un des musiciens
les plus connus du XVIIIe siècle, le castrat Carlo Broschi dit Farinelli.
Un certain nombre de scènes se passent à l'opéra,
et montrent des extraits de représentations d'oeuvres lyriques.

La voix des castrats alliait pour des raisons physiologiques plusieurs qualités :
un timbre d'enfant (absence de mue), une grande étendue,
un souffle très important dû à une cage thoracique plus vaste que la moyenne,
une grande souplesse dans les vocalises et les traits difficiles.

Faute de trouver ce qui n'existe plus de nos jours,
c'est-à-dire un castrat capable de couvrir près de quatre octaves,
le département "Analyse et Synthèse de la Voix" de l'Ircam a fait appel à deux voix
(une soprano et un contre-ténor) pour n'en faire qu'une à l'aide d'ordinateurs.


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MessageSujet: Re: LES CASTRATS   Ven 18 Déc - 2:23

Farinelli
Le Prince




Une place particulière doit être réservée au plus grand castrat de tous les temps,
Farinelli (1705-1782).

Bien qu'il ne participa à aucune production de Haendel,
son chant demeure incontournable à l'époque du compositeur.
Arrivé en 1734 à Londres, le chanteur y sème une tempête d'admiration
qui a compté dans le succès de l'opéra italien.

Né dans une famille noble le 24 janvier 1705, Carlo Broschi,
castré après une mauvaise chute de cheval
(raison familièrement avancée pour justifier l'acte honteux),
suit à Naples les leçons de Porpora, comme Cafarelli.

L'ami proche de Métastase, se spécialise très vite dans les rôles travestis,
ceux des femmes angéliques.
Fin, sensible, intelligent, le chanteur retient la critique de l'Empereur Charles VI
qui le trouvait ampoulé, maniéré, grotesque.

Farinelli reprend son style: plus direct, sincère, sobre.
Il acquiert une technique désormais irrésistible et un talent d'acteur renouvelé.


Avec la vraie voix de P. Jaroussky et non pas le mixage de deux voix.

A partir de 1737, l'illustre vocaliste enchante le mélancolique souverain d'Espagne,
Philippe V, dont la nature suicidaire sera prolongée grâce à la voix céleste du musico,
jusqu'à sa mort, survenue en 1747.
A 42 ans, Farinelli poursuit sa carrière sous le règne du successeur de Philippe V,
Ferdinand VI qui le nomme directeur de l'Opéra de Madrid,
dont Métastase est le poète officiel.

Etrange destinée que celle du chanteur ministre,
médecin d'une âme royale qui resta plus de 20 ans en Espagne, adulé, estimé, choyé.
Or Farinelli ne chantera pas pour Haendel.
Pire, à Londres, le castrat se produira en 1734,
sur la scène du théâtre rival de celui de Haendel, quand l'opéra de la Noblesse,
demande à Porpora de produire de nouveaux opéras italiens, suscitant la banqueroute du Saxon.
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MessageSujet: Re: LES CASTRATS   Ven 18 Déc - 3:04

ARCHIVES LA VRAIE VOIX DU DERNIER CASTRAT
ALESSANDRO MORESCHI 1904 DOCUMENT EXCEPTIONNEL.


Emission évoquant le dernier castrat et la voix de haute contre
Participation Philippe Jaroussky.
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MessageSujet: Re: LES CASTRATS   Ven 18 Déc - 3:20




Nicola Porpora: Alto Giove, from Polifemo.
Philippe Jaroussky, countertenor
(live audio performance)


Nicola Antonio Giacinto Porpora
parfois appelé aussi Nicolò ou Niccolò
(Naples, août 1686 – Naples, 3 mars 1768),
a été un compositeur, un pédagogue et un maître de chant italien.
Il fut un des plus célèbres compositeurs de son époque, surtout dans le domaine de l'opéra,
et se fit connaître dans plusieurs pays d'Europe comme l'un des maîtres de l'opera seria.
Il eut notamment pour élèves Joseph Haydn et le castrat Farinelli.
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MessageSujet: Re: LES CASTRATS   Ven 18 Déc - 4:13

Giovanni Carestini
(1705-1760)





Avec Farinelli, Carestini reste le castrat le plus adulé de son vivant et avec le temps,
un mythe inaltéré:


l'incarnation de la perfection vocale. Il incarne l'âge d'or du chant,
capable d'électriser les foules, de susciter de la part des compositeurs de son temps,
des rôles taillés pour ses possibilités exceptionnelles,
en particulier selon le témoignage de Hasse.
Pourtant si Farnielli eut droit à ses heures de reconnaissance,
entre autres grâce au cinéma, la figure de Carestini demeure peu ou pas connue
du grand public.

Né le 13 décembre 1705, le jeune vocalise participe dès 1710 à l'oratorio de Caldara,
Santo Stefano, rè d'Ungheria.
Remarqué par le cardinal Augustin III Cusani, l'enfant surdoué est placé sous sa protection
et mené à Milan.
A l'époque où le Pape interdit aux femmes de se produire sur les scènes,
les castrats aux voix angéliques suraiguës captivent l'auditoire par leur timbre ambiguë.
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MessageSujet: Re: LES CASTRATS   Dim 20 Déc - 13:12

ANDREAS SCHOLL




Vivaldi Nisi Dominus: 'Cum dederit delectis suis somnum'.

Andreas Scholl est un contreténor allemand né le 10 novembre 1967 à Eltville,
dans une famille de chanteurs. A l'age de 7 ans il intègre la maîtrise des Kiedricher Chorbuben

* De 1987 à 1993 il a étudié à la Schola Cantorum de Bâle
où il a été l'élève de Richard Levitt puis de René Jacobs, de nos jours il y enseigne.
* 1993 : il donne son premier récital au théatre Grévin, où il reçoit un accueil enthousiaste.
* 1998 : il fait ses débuts dans un opéra au festival de Glyndebourne
en interprétant le rôle de Bertarido dans Rodelinda de Haendel, sous la direction de William Christie.

Il a à nouveau interprété ce rôle à Glyndebourne en 1999 et 2002 .

* 2002 et 2005 : il interprète le rôle titre dans Giulio Cesare in Egitto de Haendel.

Sa voix le dirige naturellement vers la musique baroque,
il a chanté sous la direction de chefs célèbres comme René Jacobs, Philippe Herreweghe,
William Christie, John Eliot Gardiner...
Une voix rare.

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MessageSujet: Re: LES CASTRATS   Dim 20 Déc - 13:27

LE MYSTERE DES CONTRE-TENORS




Philippe Jaroussky
(voix plus aiguë, plus angélique, que Andreas Scholl)
à mon avis ..
Un petit extrait du "Nisi dominus" d'Antonio Vivaldi
Accompagné par l'Ensemble Matheus
sous la direction de Jean-Christophe Spinosi.

La voix de contre-ténor suscitent bien des questions,
car cette voix d'homme aigüe semble si surnaturelle et indéfinissable.

Elle peut émouvoir et troubler les âmes sensibles
comme elle peut heurter et choquer les bien-pensants.

La confusion des genres et la discordance des mots entretiennent le mystère les fantasmes.
Sa pureté la rend intemporelle et sexuellement indéfinissable.
Alors nombreux sont ceux qui ne peuvent imaginer ou admettre
que bien des hommes ont cette faculté de pouvoir chanter dans la même tessiture
que les femmes.
Ils seront tentés de qualifier la voix des contre-ténors de voix d'enfant,
de femme ou même de castrat.
Mais cette voix fait bien parti du registre vocal masculin !

En occident, l'église est à l'origine de toute la musique "savante".
Les chanteurs étaient soit des professionnels soit des religieux.
La musique chantée au quotidien dans les lieux de cultes
était uniquement interprétée par des voix d'hommes,
le plus souvent accompagnés par de jeunes garçons.

Pendant plusieurs siècles, ces voix serviront ainsi de référence aux voix utilisées
dans toute la musique de choeur profane.
La partie la plus haute était chantée soit par des hommes (appelé falsettistes)
soit par des enfants.

Les plus réputés des falsettistes sont sans conteste les falsettistes espagnols du XVIe siècle :
ils étaient sollicités de toutes parts et se joignirent notamment
au choeur des garçons de la Chapelle Sixtine qu'ils finirent par supplanter.


Michel-Ange, Le péché originel, 1505. Fresque réalisée pour le plafond de la Chapelle Sixtine.

Sa dimension mystique a été diversement utilisée.
Dans la tradition allemande, par exemple, la voix d'alto
(quand il ne s'agissait pas d'une voix de femme ou de castrat) symbolisait le Saint-Esprit.
En Italie, Allessandro Scarlatti joua sur l'ambiguïté de la voix d'homme aiguë
pour évoquer la Voix de Dieu. Aujourd'hui, on retrouve cette même voix dans des films,
voir dans la musique populaire :
elle est désormais totalement "désincarnée" et sert à créer une impression d'étrange ou d'irréalité.

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MessageSujet: Re: LES CASTRATS   Dim 20 Déc - 14:17

"Sans la musique, la vie serait une erreur"
Friedrich Nietzsche



L’art des castrats à l’ère baroque

Les femmes se pâmaient en écoutant leurs voix.
Les rois intriguaient pour qu’ils leur soient attachés.
Les compositeurs se damnaient pour qu’ils chantent leurs opéras.
Ils étaient les véritables stars du XVIIIe siècle européen.

De la cour des bourbons espagnols aux brumes de Dublin,
de l’opéra de Paris aux austères demeures bourgeoises du Saint-Empire,
malgré les condamnations pudibondes,
tout le monde raffolait de cette voix si aiguë et légère qu’on aurait dit celle des anges.

Nous parlons ici des castrats, personnages presque surnaturels de l’âge baroque.

Si l’on ne pratique plus cette mutilation barbare,
les hautes-contres et contre-ténors d’aujourd’hui sont parvenus à nous transmettre
la beauté magique de ce chant souple et aérien.
Et c’est à Londres, dans le milieu des années 1940,
que renaquit l’engouement pour les voix masculines aiguës avec Alfred Deller.
De génération en génération, James Bowman, René Jacobs, Gérard Lesne et,
plus proche de nous, Andreas Scholl et Philippe Jaroussky ont perpétué cet art unique.

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MessageSujet: Re: LES CASTRATS   Lun 21 Déc - 1:12

LES RAISONS DU SUCCES DE PHILLIPE JAROUSSKY
À NOTRE EPOQUE !



Vedro con mio diletto - Vivaldi

Les raisons de ce succès ?
A 31 ans, Philippe Jaroussky est en pleine possession de son organe et de son talent.
Sa voix est à la fois énergique et douce, élastique et souple.
Il ne semble jamais forcer sur les aigus et il a des graves ronds et pleins.

Il possède une extraordinaire maîtrise du rythme,
qu’il n’est pas facile de tenir dans ce registre.
Ainsi, il est tout aussi convaincant dans le chant martial que dans l’aria triste.

la voix des anges

Farinelli, Caffarelli... Entrés dans la légende, ils sont à jamais associés à la musique baroque.
Un répertoire qui peine à trouver ses interprètes depuis leur disparition,
c'était sans compter sur Philippe Jaroussky !
Enfin, sa personnalité généreuse et simple est bien éloignée des comportements de divas
de certains ténors, au contraire.
Il aime à partager sa passion avec un public de plus en plus nombreux.

Nin@rtmony
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MessageSujet: Re: LES CASTRATS   Dim 3 Jan - 2:24

EXTRAIT D'UNE ITV
LE REPERTOIRE DE CASTRATS VU PAR PHILIPPE JAROUSSKY



Philippe Jaroussky and Jean Crhistophe Spinosi matheus essemble
in Sperai vicino il lido - Gluck

Il existe aujourd'hui une centaine de contre-ténors en activité sur la scène internationale,
contre une dizaine il y a vingt ans. Pourquoi une telle recrudescence ?

Il y a une demande croissante,
qui vient de la multiplication des productions d'opéras baroques
un peu partout dans le monde.
Ces opéras ont été écrits pour les castrats, ces voix surhumaines qui n'existent plus.
Aujourd'hui, il existe deux solutions pour remplacer les castrats :
les mezzo-sopranos et les contre-ténors.
Mais imiter un castrat n'est pas chose facile !

C'est pourtant ce que vous parvenez à faire. D'ailleurs,
comment définiriez-vous un « contre-ténor » ?


C'est un homme qui chante avec une voix de tête.
Ce n'est ni un haute-contre, sorte de ténor aigu qui développe une voix de poitrine,
ni un falsettiste ou fausset, comme on dit parfois.
Ces expressions horribles sous-entendent que cette voix est feinte, fausse, antinaturelle.
Or la voix de contre-ténor n'est pas plus fausse qu'une voix de femme.
Si vous entendez Natalie Dessay parler, sa voix n'a rien à voir avec celle qu'elle a en chantant.
C'est la même chose pour moi.

Pourquoi les opéras baroques sont-ils à ce point populaires, depuis quelque temps ?

Une partie non négligeable du public d'opéra a certainement peur de la musique contemporaine,
qui semble opaque.
On cherche donc la nouveauté ailleurs, dans le passé.
Autre raison, à mon sens :
cette musique baroque, qui était rapidement écrite et vite consommée, sans idée de postérité,
correspond au style d'aujourd'hui.
Vivaldi aimait plaire, c'est certain ; chaque note de lui l'atteste.
On cherche une émotion immédiate ?
Vivaldi et Haendel procurent ce plaisir.
Leur charme opère immédiatement.
.../...
L'intégralité de l Itv ici :
http://www.lexpress.fr/culture/musique/classique/philippe-jaroussky-je-cherche-la-magie-originelle-du-baroque_758795.html
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MessageSujet: Re: LES CASTRATS   Ven 7 Mai - 15:12

CARESTINI
vu par PHILLIPE JAROUSSKY


Le compositeur Carestini étant visiblement peu connu,
les biographies trouvées sur Internet
et même dans des encyclopédies sont plutôt maigres.
Aussi, vous en apprendrez un peu plus en écoutant l'interview de
P.Jaroussky dans "Contexte de l'interprète"



Interview très intéressante de P.Jaroussky, au naturel,
qui nous parle de son choix pour Carestini.
La chanson "Ariodante : Scherza Infida" de Haendel,
dont Philippe parle au début, lui a donné l'envie de s'intéresser
à l'univers des castrats.
Cette mélodie figure en 4ème titre de son album.



Bien que ce titre soit de Haendel,
je suppose qu'il figure dans l'album Carestini pour signifier
cette expérience personnelle qui a amené Philippe à s'intéresser à Carestini
(d'où certainement aussi le sous-titre de l'album "Histoire d'un castrat").

Giovanni Carestini (1705-1760).
Portrait par Hugo Papbst



Avec Farinelli, Carestini reste le castrat le plus adulé de son vivant
et avec le temps, un mythe inaltéré :

l'incarnation de la perfection vocale.
Il incarne l'âge d'or du chant, capable d'électriser les foules,
de susciter de la part des compositeurs de son temps,
des rôles taillés pour ses possibilités exceptionnelles,
en particulier selon le témoignage de Hasse.

Pourtant si Farnielli eut droit à ses heures de reconnaissance,
entre autres grâce au cinéma,
la figure de Carestini demeure peu ou pas connue du grand public.

Né le 13 décembre 1705, le jeune vocalise participe dès 1710
à l'oratorio de Caldara, Santo Stefano, rè d'Ungheria.
Remarqué par le cardinal Augustin III Cusani,
l'enfant surdoué est placé sous sa protection et mené à Milan.
A l'époque où le Pape interdit aux femmes de se produire sur les scènes,
les castrats aux voix angéliques suraiguës captivent l'auditoire
par leur timbre ambiguë.

Vocalità résolument dramatique

Ainsi Carestini fait ses débuts romain en 1721, puis en 1722,
aux côtés de Farinelli dans un opéra de Porpora, Flavio Anicio Olibrio.
Alors commence une rivalité entre les deux prodiges,
savamment entretenue par leurs admirateurs respectifs.
Si Farinelli enchante par la souplesse acrobatique de sa voix,
Carestini surenchérissait par un engagement dramatique exceptionnel,
d'une puissance inférieure mais d'une facture ciselée.

A l'esthétisme du premier correspondait l'intensité dramatique du second.
Tout spectateur à Rome,
pouvait alors comparer le jeu opposé des deux virtuoses :
il Teatro delle Dame était l'écrin des pirouettes pyrotecniques de Farinelli
quand le Capranica rehaussait l'éclat scénique de Carestini.
Ce dernier devait créer l'opéra de Vivaldi, Ercole sul Termodonte (1723).

Trois années plus tard, les deux étoiles du chant baroque italien
se retrouvent comme deux "frères" à Parme,
pour les Fratelli riconosciuti.
A Naples en 1728, Carestini rencontre Hasse.
Mais c'est avec Vinci, autre compositeur napolitain renommé,
que Carestini chante deux rôles taillés pour lui,
Alessandro nell'Indie et Artaserse.

Quittant la Péninsule où il avait connu tout ses succès,
Carestini traverse la France pour rejoindre à Londres,
Haendel qui après le départ de sa troupe d'il Senesino,
doit recruter une nouvelle étoile :

Carestini

arrivé en 1733 crée ainsi coup sur coup trois chefs d'oeuvre au Haymarket,
Arianna in Creta, Ariodante, Alcina.
Mais deux orgueils aussi surdimensionnés, à la mesure de leur génie,
finirent pas se quereller sans alternative,
après que le chanteur refusant de chanter un air qu'il trouvait indigne de son art,
suscita la colère et les foudres du compositeur.
La "Canaille" repartit illico pour l'Italie.
Ridicule avatar d'une carrière époustouflante :
pour l'inauguration du Teatro Regio de Turin (1740),
Carestini au sommet de sa réputation, empoche un cachet mirobolant,
520 louis d'or.
Le prestige qui l'enveloppe à chacun de ses déplacements,
suscite l'admiration sans bornes de Frédéric le Grand
qui le nomme Kammermusikus de sa Cour à berlin :
il crée Orfeo de Graun, compositeur officiel, en 1750, à 45 ans.

Après l'Italie puis Berlin, Carestini accepte de rejoindre Saint-Pétersbourg où,
bien que malade et affaibli,
il passera deux ans à l'invitation de la fille de l'Empereur Pierre Le Grand,
Elisabeth Petrowna.

Son ultime apparition au San Carlo de Naples, en 1758,
dans Ezio de Latilla reste un échec amer.

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MessageSujet: Re: LES CASTRATS   Mer 5 Jan - 2:24

Jaroussky fait entrer Caldara dans les charts

Tutto fa nocchiero esparto, from Ifigenia in Aulide (1718)
Antonio Caldara. Philippe Jaroussky




Baroque
Le contre-ténor français impose son nouveau disque consacré au compositeur italien.

Par ERIC DAHAN

Ceux qui s’imaginaient que l’engouement du public pour la musique de castrats
serait passager se sont trompés.
On dénombre actuellement une centaine de contre-ténors dans le monde -
contre dix il y a vingt ans -
tentant de faire revivre l’art vocal de Farinelli et Carestini.

Avec son album Caldara in Vienna,
consacré aux airs d’opéra du musicien vénitien (1670-1736)
composés à la cour de l’empereur Charles VI,
Philippe Jaroussky s’est retrouvé
numéro 1 des ventes de disques classiques en France,
succédant à cette place à son modèle,
la mezzo-soprano Cecilia Bartoli, et son CD Sospiri.

Peu après la sortie de Caldara in Vienna, en novembre,
le contre-ténor, âgé de 32 ans,
figurait également au Top albums généraliste ;
preuve qu’il y a encore un public pour le classique,
si la télévision, où Jaroussky a été souvent invité et récompensé
de trois victoires de la musique, en fait la promotion.

L’atout de Caldara in Vienna, dans un marché morose,
c’est peut-être de faire rêver en ressuscitant les fastes musicaux
de la cour des Habsbourg, mais surtout de proposer quinze titres,
découverts dans les bibliothèques européennes, gravés en première mondiale ;
soit la recette du succès d’une Bartoli, depuis son fameux Vivaldi Album.

Alors que la chanteuse phénomène est attendue dimanche à Pleyel,
Philippe Jaroussky présente trois concerts - complets depuis des mois -
au théâtre des Champs-Elysées.
Après avoir chanté les airs de Caldara in Vienna,
accompagné par le Concerto Köln, le 1er décembre, puis un programme Purcell,
le 11, avec son propre ensemble Artaserse et son confrère Andreas Scholl,
il conclura demain cette carte blanche en invitant nombre d’artistes,
produits comme lui par Virgin Classics, à le rejoindre sur scène:
Gautier Capuçon, le Quatuor Ebène, Veronica Cangemi…

Caldara in Vienna, de Philippe Jaroussky (Virgin Classics).

sce LIBERATION

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MessageSujet: Re: LES CASTRATS   Jeu 13 Jan - 1:04

CARA SPOSA


Georges Friedrich Haendel (1685-1759)
Rinaldo "Cara sposa" aria di Rinaldo
Philippe Jaroussky, contre tenor

Jean-Christophe Spinosi et l'Ensemble Matheus
Portrait Musical
Extraits Musicaux tirés du concert enregistré a La Chapelle
direction artistique: Eric Desnuoes
Philippe Jaroussky
Airs d'Opéra de Vivaldi et Haendel
Mezzo 2008
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http://www.artmony.biz
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MessageSujet: Re: LES CASTRATS   

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