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liliane Admin
Nombre de messages: 7553 Age: 60 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SORCELLERIE Mer 9 Sep - 16:54 | |
| La Lettre Ecarlate" roman de Nathaniel HAWTHORNE publié en 1850
Parmi les faits historiques, datant de cette sombre période de la colonisation, il est répertorié l'anecdote d' un homme qui, accusé de sorcellerie, à aucun moment ne consentit à avouer, à ses juges, sa culpabilité ni à proclamer son innocence. Il paraît qu'il résista, durant trois jours, aux tentatives de mise à mort du bourreau.
Dans la lettre Ecarlate , après avoir décrit ses aieux, en rnettant en relief leurs traits de cruauté et de sévérité dans l'accomplissement des persécutions contre les quakers et les sorcières de Salem, Hawthorne se constitue victime expiatoire sur un ton des plus solennels et proclame qu'en tant qu'écrivain, il exorcise la lignée de la malédction prononcée contre elle jadis par la sorcière condamnée à périr sur le bucher : "je ne sais pas si mes ancêtres pensèrent à se repentir, et à demander le pardon des cieux pour Ieurs cruautés ; ou si maintenant ils ne sont pas entrain de gémir à cause de lourdes conséquences de celles-ci sous une autre fome d'existence.
Dans tous les cas, moi le présent écrivain, en tant que représentant en ce lieu pour leur bien, je prend ma personne en honte et je prie pour que la malédiction prononcée à leur encontre telle que je l'ai entendue qui affligeait la lignée d'une condition ténébreuse et de décadence pour de longues années à venir et qui devait se prouver vraie puisse être lavée dès maintenant et à tout jamais" Nathaniel se tiendra à l'opposé de toute position conforme à l'ordre établi. Il est dissident ; hérétique torturé, en quête d'une vérité naturelle. Il conçoit les hommes comme des êtres déchus, voués à la souffrance, à la malade et à la mort. Par conséquent, ils ne peuvent pas, de par leur position, se tenir au centre de la création et fonder un ordre supérieur à celui instauré par les lois de la Naturre. Et c'est justement ce type d'argument qu'il tient, par suggestion, dans la lettre Ecarlate.
Ce roman fut écrit pendant le temps que HAWTHORNE passa à la douane, il présente la hauteur de son génie.
"La lettre écarlate" a atteint un succès immédiat et durable, parce que cette œuvre a abordé des questions spirituelles et morales, d'un point de vue uniquement américain.
Dense par ses descriptions laconiques, ce roman continue à être lu comme un conte philosophique mettant en scène un thème universel "quand la société et ses lois condamnent, la Nature sourit et bénit".
HAWTHORNE était proche de cette sensibilité commune aux intellectuels refusant ce puritanisme qui verront en lui le père fondateur de la littérature nationale : littérature damnée de par sa prise de position à l'encontre de la Loi venant des hommes.
L'intrigue du roman est loin de constituer le centre de l'ouvrage car un bon nombre d'éléments présents, dans le tissage même du récit suggèrent une thèse des plus intéressantes ; thèse qui soufflerait comme un courant souterrain. Un faisceau d'aspects d'une philosophie propre à Hawthorne, offre un niveau de la lecture plus énigmatique, de par ses suggestions, que 1a simple lecture de l'histoire. Ce courant souterrain s'organise au moyen d'images extraites d'un registre ésotérique. Images, qui par une mise en relation les unes avec les autres, organisent un discours extrêmement subversif. Il s'agit là, d'une particularité propre à l'écriture de Hawthorne, faisant en sorte que le contenu philosophique de chaque chapitre ne soit accessible qu'aux lecteurs initiés à un certain type de discours. Ce procédé expliquerait dans une certaine mesure que cette œuvre soit comme réservée à un certain public.
En 1850, l'adultère était considéré comme un péché extrême. L'intrigue du roman, s'organise autour du châtiment et de la pénitence de Hester Pryne, héroïne de "La Lettre Écarlate". Mais si la faute d'Hester , est un péché d'après les préceptes sociaux, moraux et religieux, cette action ne serait qu'un mouvement intérieur en accord avec quelque loi régissant la Nature, avec laquelle les humains ne devraient faire qu'un. Cet argument subversif montre que HAWTHORNE était loin des préceptes de ses ancêtres rêvant de "fonder une communauté idéale selon la volonté de Dieu et les exigences de la conscience puritaine". Cette superbe histoire de rédemption se déroule au XVIIème siècle en Nouvelle-Angleterre. Boston, ville fondée il y a peu, vit sous le joug terrible du puritanisme américain. Rien n'est autorisé : les passions que condamne la morale austère et oppressante des colons, sont tues, enfouies au plus profond de soi. Le roman s'ouvre sur une scène édifiante : la mise au pilori de l'héroïne qui tient dans ses bras son enfant âgé de trois mois. La foule l'observe, impitoyable, et les femmes sont sans conteste les plus vipérines. D'ailleurs, sont-elles des femmes? Elles possèdent une allure masculine, hommasse. Le climat est rude, la nature hostile et ces créatures de Dieu sont à l'image de cet environnement âpre et rugueux. Hester est donc exposée à la vindicte populaire en tant qu'exemple du châtiment que les représentants de Dieu réservent à celles et ceux qui ont cédé. | |
| La jeune femme, superbe de féminité, de beauté sensuelle, porte sur sa poitrine en signe de punition, la lettre "A" emblème de son ignominie brodée en fil d'or et coupée dans un somptueux tissu écarlate. Rappelons que, selon 1a tradition en Nouvelle-Angleterre, toute personne reconnue, par ses juges, coupable d'une faute était condamné à porter, sur elle, l'initiale de cette même faute ainsi qu'à recevoir un certain nombre de coups de fouet, si elle ne pouvait pas payer une amende. Quant au "A" de Hester, le lecteur ne peut que penser au mot adultère. Cette femme déchue est par conséquent condamnée à vivre dans la solitude "in the wilderness" en marge de sa communauté. Hester vit donc en retrait, brodant néanmoins de fantastiques vêtements car nul ne peut ignorer le don qui la possède, celui de l'aiguille courageuse et digne, Hester affronte l'opprobre des puritains, certaine qu'elle n'est pas la seule à avoir aimé. |
Parallèlement à sa lente et douloureuse réhabilitation se noue un autre drame. Son mari qu'elle croyait avoir perdu, Roger Chillingworth, vient de faire son apparition. Il vient lui rendre visite et lui fait promettre de ne jamais signaler sa présence aux autorités de la ville. Un seul dessin anime cet homme trompé, bafoué : perdre l'âme de son rival.
Or l'amant d'Hester n'est autre que le pasteur aimé et célébré de la communauté, Arthur Dimmesdale. Ce dernier est avant tout un homme de la parole, à la rhétorique puissante et envahissante. Il manie le verbe avec une virtuosité exceptionnelle, insufflant à sa voix des modulations qui fascinent ses ouailles. Une vie de labeur, de fidélité à Dieu suffit à le sanctifier. Or, il dépérit chaque jour sous le regard inquiet et attendri des hommes et des femmes qu'il gouverne.
Le terrible Roger Chillingworth, fou de joie et de haine, découvre le lourd secret qui mine le clergyman. Il peut enfin librement torturer son rival et il n'y manquera pas. | |
| | Les années passent, Hester devient cette femme forte qui élève seule la petite Pearl, fruit de son adultère. Mais Arthur Dimmesdale cède chaque jour sous la torture morale que lui inflige le mari trompé. Il meurt surtout tué par sa conscience et son rigorisme puritain. Roger Chillingworth, homme contrefait, est de plus en plus asservi par le but qu'il s'est fixé : il devient un démon. Cependant il échoue car Arthur avoue son péché à la communauté et meurt dans les bras de celle qu'il a toujours aimée. La réhabilitation d'Hester est alors complète, à tel point que sa lettre écarlate ne la désignera plus comme adultère mais comme active. Tout est sombre dans ce roman, atmosphère accentuée par le vocabulaire répétitif. Mais cet univers crépusculaire est lézardé par les éclats de rire et la vivacité de la petite Pearl. |
Le personnage de Pearl, lutin ou sorcière ?
Pearl, enfant de l'amour, espiègle petit lutin, est issue d'une union qui résulte du péché (avec un père inconnu qui pourrait être Satan) donc elle doit posséder une facette diabolique par son physique (yeux et cheveux noirs) et sa psychologie ! "toutes les fois qu'elle apparaît dans les profonds brillants inapprivoisables yeux noirs, cette expression semblait rendre la petite fille inaccessible". De plus, Pearl est incapable de ressentir ou de comprendre la douleur et son rire est bruyant, sonore et ricanant... "Pareil lutin est-il bon ou mauvais ? ... Qu'est-ce donc au juste que cette enfant ?" Même Dame Hibbins, la sorcière de ce roman, se prosterne devant Pearl, en la voyant, comme si elle incarnait sa reine, ce qui montre bien que Pearl est bien considérée comme un personnage maléfique.
A la fin du roman, Pearl présente une deuxième facette qui ne la différencie plus des autres filles de la communauté. La seconde facette, nous ne la connaissons qu'à la fin de ce roman, lorsque le pasteur Arthur Dimmesdale avoue son péché aux villageois alors qu'il était sur le point de mourir. Rappelons qu'il était un temps où l'on disait que tout le monde pouvait être sauvé, durant le Jugement Dernier, afin d'aller au Paradis. Pour se faire, on devait se confesser afin d'être exonéré. Faute avouée, Arthur Dimmesdale a donc été pardonné pour le péché d'avoir aimé Hester Pryne et de lui avoir donné un enfant. De même, Hester Pryne a été pardonnée puisque sa lettre, à la fin du roman, ne veut plus dire adultère mais active, ce qui ne fait plus de Pearl une enfant du péché mais une enfant ordinaire par le biais de la confession. Ce sont ses premières larmes aperçues, lorsqu'elle est aux côtés de celui qu'elle découvre comme son père, qui nous font remarquer qu'elle n'est plus l'enfant du péché puisqu'à ce moment, on se rend compte qu'elle est capable de ressentir une douleur humaine : la tristesse. De plus, dans la conclusion de cette œuvre, on apprend que Pearl, selon les faiseurs de commérages, s'était heureusement mariée et qu'elle avait reçu l'héritage de Roger Chillingworth, le mari de Hester Pryne.
Adaptations au cinéma :
Dans la première moitié du XXe siècle, nous avons de nombreuses adaptations de la Lettre Écarlate : aux États-Unis, il y a des versions de 1908, 1911, 1913, 1917, 1920 avec Herbert Kaufman, 1926 de Victor Sjöström, avec Lillian Gish et Lars Hanson ; 1934 de Robert Vignola avec Colleen Moore et Hardie Albright. Il existe également une version anglaise de 1922 de Challis Sanderson, avec Sybil Thorndike et Tony Fraser. | |
| | Le film "La lettre écarlate" a été réalisé par Wim WENDERS, produit par Peter GENÉE et Primitivo ALVAREZ en 1973. Ce n'est pas directement du roman même de Hawthorne dont Wenders s'est inspiré, mais de la pièce de théâtre de son compatriote Tankred Dorst, tirée du livre "Der Herr klagt über sein Volk in der Wildnis Amerika" (Dieu se plaint de son peuple dans le désert dAmérique). Wenders dira "Je n'ai pas revu le film pendant des années, il me faisait peur. Finalement, cest un film assez respectable. Mon échec est cependant de n'avoir pas réussi à donner une idée de ce qui a changé depuis deux siècles." A ce jour, le seul autre film historique de Wim Wenders est "Hammett". Les principaux acteurs sont Senta Berger (Hester Pryne), Hans-Chistian Belch (Roger Chillingworth), Lou Castel (Arthur Dimmesdale), Yella Rottändler (Pearl)...
Le scénario : A Salem, au XVIIe siècle : pour avoir commis le péché d'adultère, Hester Pryne doit comparaître chaque année devant le tribunal où elle est sommée de révéler le nom de son amant, qu'elle ne voudrait avouer pour rien au monde (elle l'aime et il s'agit de plus du pasteur Arthur Dimmesdale !) |
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|  | | liliane Admin
Nombre de messages: 7553 Age: 60 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SORCELLERIE Mer 9 Sep - 17:55 | |
| Moi, Tituba sorcière" de Maryse CONDÉ - 1987
| Ce roman de Maryse CONDÉ n'est pas parmi les plus célèbres associés au procès de Salem. Cependant, il a été écrit récemment ce qui montre que les sorcières de Salem restent une source d'inspiration potentielle pour de nombreux auteurs. De plus, son titre a suffit à retenir notre attention, aux dépens des nombreux récits qui s'offraient.
En effet, Tituba reste à la fois une des figures les plus importantes de l 'affaire de Salem, mais surtout une des plus énigmatiques puisque nous n'avons que très peu d'informations à son sujet. Ce roman fut une opportunité de se plonger dans l'histoire de Salem à travers le regard de Tituba, une des premières à rejoindre le banc des accusées. Cette œuvre est plus sérieuse et plus proche de la réalité que celles d'autres écrivains qui ont voulu apporter leur grain de fantaisie aux évènements de 1692. A l'exception du début et de la fin de la vie de Tituba, ainsi que ses capacités à communiquer avec les Invisibles et le personnage d'Hester, emprunté à Nathaniel Hawthorne, tout s'est déroulé comme elle nous le décrit : les faits et les figures citées ont vraiment existé, la chronologie, les lieux, le contexte social et économique sont respectés. |
Résumé : L'histoire de cette jeune esclave commence au XVIIème siècle à la Barbade, île des petites Antilles anglaises. Tituba est née du viol de sa mère Abena par un marin anglais, à bord d'un bateau négrier. Tituba est, dès ses premiers instants, une enfant de la douleur, car sa mère Abena lui porte peu d'affection. Elle trouve cependant chaleur et réconfort auprès de Yao, l'amant d'Abena Malheureusement, après avoir blessé le maître blanc qui tentait d'abuser d'elle, Abena est pendue devant les yeux de sa fille puis Yao se suicide. Tituba est alors recueillie par Man Yaya, une vieille femme qui l'initie aux secrets de la guérison par les plantes et lui apprend à entrer en communication avec les morts. Man Yaya meurt à son tour, Tituba se construit alors une case dans les bois, à l'écart des habitations. Un jour, elle rencontre John Indien, esclave de Susanna Endicott. Par amour pour cet homme, Tituba quitte sa vie libre pour entrer au service de la maîtresse de John. | |
| | Les humiliations qu'elle subit dans sa nouvelle position et la menace que fait peser sur elle le fait qu'elle ait été élevée par une "sorcière" la poussent à donner la mort à Susanna Endicott, mais l'esprit de Man Yaya lui déconseille d'adopter le système de violence des Blancs. Néanmoins, elle afflige Susanna Endicott d'une malade très grave. Finalement, cette dernière, sur le point de mourir, se voit forcée de vendre le couple à un nouveau maître, le très puritain Samuel PARRIS. Celui-ci part aux États-Unis en amenant John Indien et une Tituba résignée à l'esclavage par amour. Après avoir passé un peu de temps à Boston, la famille de Samuel PARRIS part à cause des problèmes financiers pour la ville de Salem. |
Un triste sort attend la jeune femme à Salem où le révérend Parris a été nommé. A la suite de crises d'hystérie que sa présence semble déclencher auprès de Betsey, la fille de PARRIS, et de sa cousine Abigail, Tituba est accusée de sorcellerie et jetée en prison. Par la suite, elle fait la connaissance d'une jeune femme détenue pour adultère, Hester PRYNE, qui lui conseille de confesser être une sorcière lors de son interrogatoire devant le tribunal. Cet aveu lui permet d'échapper à la mort. | |
| | Après un long séjour en prison, elle sera rachetée par un commerçant juif. Tituba se sent bien chez Benjamin Cohen d'Azevedo, car celui-ci la traite d'une manière respectueuse. Malheureusement, les habitants de la ville n'acceptent pas l'amitié entre Tituba et le veuf juif : une nuit, la maison d'Azevedo brûle, les neuf enfants du maître meurent dans l'incendie. A cause des persécutions qui s'abattent sur lui, Benjamin décide de s'en aller à Rhodes Island. Par conséquent, il rend la liberté à Tituba qui décide de retourner dans son île natale, la Barbade. Elle y est accueillie par les marrons, un groupe d'esclaves qui se cachent dans les montagnes. Puis, elle se détache de ce groupe dont elle ne partage pas les buts et la façon de vivre. Elle retourne dans la forêt pour y restaurer son ancienne cabane. Un jour, des esclaves conduisent auprès d'elle un jeune homme, Iphigène, qu'on a cruellement flagellé. Guéri, Iphigène devient l'amant de Tituba. Mais accusé d'avoir fomenté une révolte, il est exécuté et Tituba pendue pour l'avoir accueilli. Elle rejoint alors le monde des Invisibles, le royaume des morts, et entreprend la dure tâche d'aider les esclaves dans l'avenir ! |
Maryse Condé reprend les raisons les plus fréquentes proposées par les historiens pour expliquer cette tragique histoire, c'est à dire que le scandale a éclaté après que quelques adolescentes aient simulé des crises d'hystérie survenues après avoir ressenti des remords à avoir désobéi aux Écritures Saintes ce qui nous amène à penser que la culpabilité a dicté leur conduite. Ensuite ce sont les adultes qui ont profité des premières accusations pour prolonger l'affaire. L'auteur utilise également plusieurs références historiques et littéraires pour accentuer la vraisemblance de ce récit (allusion à Cotton Mather, aux premiers pèlerins, extraits des véritables interrogatoires de Tituba et de John Indien, dates...) |
|  | | liliane Admin
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 | Sujet: Re: LA SORCELLERIE Mer 9 Sep - 23:21 | |
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L'AFFAIRE DES POISONS
L’ « Affaire » éclata au grand jour à l’occasion de l’arrestation le 19 mars 1679 de Catherine Deshayes dite La Voisin, une ancienne accoucheuse. La Reynie, le lieutenant de Police, en charge par le Roi Louis XIV de l’enquête, fut, selon ses propres mots, « stupéfait » des révélations de l’accusée : une partie de la bonne société parisienne se rendait chez elle pour obtenir des filtres, des onguents et des « poudres de succession » . LES EMPOISONNEMENTS Cette affaire, parfois négligée par les historiens, parfois absente des bibliographies de Louis XIV, est en fait bien plus qu’un lot d’anecdotes sulfureuses sur l’envers du grand siècle, c’est un essor du crime d’empoisonnement sous couvert de différents mobiles : vengeance, captation d’héritage ou substitut du divorce. Parmi les différents empoisonneurs et empoisonnés, figurent des noms prestigieux, y compris des personnalités issues de l’entourage très proche du roi. Des suspects prétendirent que la vie du Roi, celle du Dauphin et celle de Colbert avaient été en danger ; et l’on entendit selon Colbert « des choses trop exécrables pour être mises sur le papier ». En ville, dans les salons parisiens et versaillais l’affaire fit grand bruit et intéressa « le monde », selon Madame de Sévigné : « on est dans une agitation, on envoie des nouvelles, on va dans les salons pour apprendre » ; elle écrivit par la suite plusieurs lettres sur l’exécution de La Marquise de Brinvilliers sur le parvis de Notre Dame. La Marquise de Brinvilliers L’arrestation, le 25 mars 1675, dans un couvent de Liège d’une certaine marquise de Brinvilliers marque le début de l’« Affaire » des poisons. Recherchée plus ou moins ardemment depuis trois ans, la marquise fut trahie par des documents compromettants détenus par son amant, l’officier Gaudin de Sainte-Croix. A la mort de celui-ci, en 1672, la police s’est emparée de ses biens et effets, parmi ceux-ci, une cassette renfermait les preuves écrites de sa main des amours de la marquise mais aussi des courriers révélant le machiavélisme du couple qui, à l’aide d’un poison efficace, avait mis fin aux jours du père et des deux frères de la marquise afin d’accélérer la succession. Le mari de la marquise échappa à l’empoisonnement grâce aux multiples précautions prises (il aurait pris plusieurs fois par jour du « contre poisons »). On retrouva aussi plusieurs fioles contenant une préparation à base d’arsenic, qui prit bientôt le nom de « Poudre de succession ». La marquise aurait expérimenté ses préparations « in vivo », en se déguisant en dame charitable, en se rendant chaque jour à l’Hôtel Dieu afin de visiter des vieillards et leur faire expérimenter des bouillons toxiques. Mademoiselle de la Grange Madeleine Gueniveau, dite mademoiselle de la Grange, est elle aussi souvent citée en exemple dans le cadre de « l’Affaire des poisons ». Déjà veuve d’un fonctionnaire receveur de gabelles et de tailles en Anjou (les raisons de sa disparition ne sont pas connues), elle séduit un avocat au conseil, Maître Faurie, riche et plus âgé qu’elle, qui l’entretient pendant plusieurs années ; mais à l’approche d’une retraite en province sans elle, il refuse de l’épouser. Madeleine de la Grange, empoisonne alors progressivement l’avocat et juste avant sa mort, se présente chez un notaire avec la complicité du Curé de Nail (un prêtre, qui n’était autre que son amant !), qui a pris les habits et joue le rôle du mourant. Il veut, dit-il faire profiter de ses biens celle qu’il vient d’épouser, le certificat de mariage en bonne et due forme étant fourni par ce même prêtre. Le véritable Faurie mourut rapidement après la diabolique comédie. Les deux complices furent démasqués, arrêtés et condamnés : Mademoiselle de la Grange, fut exécutée le 8 février 1679. Lors de son interrogatoire, elle intimide l’Instruction en laissant sous-entendre que la tête de l’Etat est visée par un complot. Plus tard, les investigations établiront des ramifications entre d’étranges disparitions et ces deux personnages. De nombreuses femmes sont impliquées : La Bosse, La Voisin, La Chéron, La Vigoureux, chacune jouissant d’une réputation bien à elle : on parle habituellement de La Bosse pour ses chemises et lavements à l’arsenic, ses infusions de ciguë et sa poudre de crapauds au vert de gris. Leur point commun est leur fortune si facile et des liaisons avec les faux-monnayeurs. Ce qui les perdit, leurs accusations mutuelles et le désir d’entraîner dans leur chute les autres afin d’amplifier « l’Affaire » et minimiser leur crime face à une éventuelle affaire d’Etat. Le réseau de Louis de Vanens Louis de Vanens est un homme emblématique, dans cette affaire où l’on a surtout retenu l’implication des femmes : C’est un faux-monnayeur et un vrai empoisonneur. L’ensemble de sa biographie nous fait soupçonner une implication de prés ou de très prés avec différents crimes. Cet homme, commence une carrière d’alchimiste, à la recherche de « la pierre philosophale », il dispose d’un laboratoire et de matériel pour distiller, il voyage beaucoup à la recherche d’une huile permettant la transmutation du cuivre en or ; il dispose surtout de nombreuses relations dans différents pays. Ses expériences nécessitent de l’argent, d’où la fabrication et l’utilisation de fausse monnaie (lingots fabriqués dans le laboratoire) ; il met certainement son laboratoire à disposition du milieu du poison ; on découvrira ses relations avec le Curé de Nail et avec La Bosse. Il prépara avec son associé, le comte de Bachimont, des eaux (empoisonnées) pour le Roi mais n’arrivera pas à lui faire parvenir. Ce comte épousa une femme veuve, dont le mari mourut empoisonné ; La belle-mère et la belle-sœur de celui-ci disparurent quant à elles à huit jours d’intervalle. La femme de chambre de celle-ci est la fille d’un chimiste lyonnais réputé pour ses préparations d’eaux, de poudre et d’herbes et qui prétendait connaître le secret des gants empoisonnés. Ces deux hommes et leurs amis forment un gigantesque réseau ; ils ont séjourné de mars à juin 1675 à Turin et ont quitté l’Italie quatre jours avant le décès du duc Charles-Emmanuel, départ précipité que l’on ne peut dissocier de cette mort étrange par empoisonnement. L’ « Affaire des poisons » est donc bien plus qu’une succession d’anecdotes sulfureuses racontant différents crimes, elle met en évidence la connexion de différents milieux notamment de la fausse monnaie et du poison. L’instruction de cette affaire fut menée par Gabriel Nicolas de la Reynie, maître des requêtes au Conseil d’Etat. En 1667, il fut nommé lieutenant de police de la Ville, Vicomté et Prévôté de Paris. Il instruira de façon brillante l’enquête jusqu’en 1682. Le 7 avril 1679, Louis XIV crée la chambre de l’Arsenal, une cour extraordinaire de justice, pour juger cet impressionnant réseau de devins, de sorciers, d’empoisonneuses et de faux monnayeurs. C’est La Chambre Ardente car éclairée par des flambeaux. L'instruction est secrète et il ressortit de l’enquête qu'à l'accusation d'empoisonnement se joignait d'autres délits : meurtres d'enfants lors de messes noires dites par des prêtres débauchés, profanations d'hosties et même quelquefois fabrication de fausse monnaie. Après l'exécution de sa mère, brûlée en place de Grève le 22 février 1680, la fille de la Voisin mit en cause Mme de Montespan : celle-ci avait eu des relations avec la Voisin, sans doute pour obtenir des poudres propres, croyait-elle, à lui ramener l'amour du roi, et avait participé à des cérémonies de conjuration. La Chambre ardente prononça contre des comparses secondaires trente-six condamnations à mort, vingt-trois sont bannies, cinq sont condamnées aux galères ; plusieurs sont emprisonnées par simples lettres de cachet et demeurent jusqu'à leur mort dans des forteresses. Les grands personnages furent épargnés. Quant à Mme de Montespan, elle ne fut pas inquiétée, par protection du roi, et resta à la Cour. La bannir aurait montré sa culpabilité, et le roi ne voulait pas que celle-ci (comme celle de Racine) devienne publique. LES POISONS, LES APOTHICAIRES Les Poisons Parmi les moyens de se débarrasser de son prochain, le poison a toujours occupé une place particulière. Secret et discret, difficilement soupçonnable (et d’autant plus volontiers soupçonné), il donne au geste meurtrier une dimension on ne peut plus lâche à une époque où l’on croise encore « courageusement » le fer pour régler ses comptes. Le poison est la meilleure des trahisons d’autant plus que le meurtre est commandité et effectué par un proche de la victime, le plus souvent. L’art d’empoisonner viendrait d’Italie et serait apparu après Catherine de Médicis. Dès le XVIème siècle, les rumeurs circulent partout en Europe sur les causes de disparition des rois, princes et dirigeants ; ces derniers deviennent les victimes favorites, le poison joue le rôle plus tard dévolu à « l’accident » par la croyance populaire qui dénie aux grands de ce monde le droit à une mort naturelle. Avant l’Affaire des Poisons, déjà de grands noms sont évoqués : Jeanne d’Albret (1531-1572), la mère d’Henri IV, empoisonnée par de l’Arsenic dissimulé dans ses gants ; Le Duc d’Alençon, frère et Héritier d’Henri III, mort en 1584, empoisonné par un bouquet de fleurs vénéneuses offerte par sa maîtresse ; Henriette-Anne d’Angleterre, belle sœur de Louis XIV, trouva l’issue fatale un jour d’été 1670, lorsqu’elle but son gobelet d’eau de chicorée qui avait échappé à la vigilance des goûteurs, ses ennemis avaient individualisé le crime en se limitant au gobelet de la victime ! Sa fille, jeune Reine d’Espagne, subira le même sort, victime de la ténébreuse Comtesse de Soissons, une des nièces de Mazarin. L’Histoire nous révèlera par la suite d’autres crimes d’empoisonnements, y compris au XXème siècle, l’affaire Lafarge et le procès de Marie Besnard en sont des illustrations. Les suspicions resteront toujours ancrées dans nos cultures lors de la disparition d’un personnage important, certaines personnes auraient demandé des explications scientifiques à la mort du dirigeant palestinien, Yasser Arafat pour écarter la thèse de l’empoisonnement ! Sous Louis XIV, on ne peut pas parler de légendes ou de rumeurs à propos de ces si fréquentes et si étranges disparitions. Il ressort de cette période un climat trouble et des pratiques relevant de la grande criminalité ; sont présents les intérêts personnels, financiers et politiques. Les protagonistes sont organisés en réseaux, celui de Louis de Vanens en est la plus exceptionnelle illustration : des chimistes qui cherchent bien au-delà la pierre philosophale, des faux monnayeurs qui disposent de fortunes bien réelles, des diseuses de bonne aventure qui ont pour principal ouvrage de modifier l’avenir de certains innocents. Les principales substances utilisées au XVIIème siècle sont des substances « naturelles ». Ambroise Paré, dès 1579, en décrit dans Des venins et morsures : « De l’arsenic sublimé : Ceux qui ont pris du sublimé, aussitôt la langue et le gosier leur deviennent aussi âpres que s’ils avaient pris du jus de cormes vertes (fruits du sorbier), laquelle âpreté ne se peut ôter par nuls gargarismes lénitifs, sinon qu’avec grande difficulté et longueur de temps. La litharge : La litharge -protoxyde de plomb- bue cause une pesanteur de l’estomac et du ventre, empêche d’uriner et rend le corps enflé et livide. On y remédie en faisant vomir le malade, puis en lui donnant de la fiente sèche de pigeon délayée en bon vin. Petrus Aponensis commande de boire de l’huile d’amandes douces et manger figues sèches. Il est pareillement bon leur bailler clystères relâchants et humectants - faire des lavements -, et leur frotter le ventre de beurre frais ou huile de lys. Du réagal : Le réagal (sulfure naturel d’Arsenic), pour être de nature forte et chaude et sèche, induit soif, échauffaison et ardeur par tout le corps[…]. Son alexitère est l’huile de pignolat, donnée promptement jusqu’à demie livre, et puis vomir. Chaux vive et orpiment : La chaux vive et orpiment (sulfure naturel d’arsenic également), que les Grecs appellent arsenicum, pris en breuvage rongent l’estomac et les intestins avec une grande douleur. Ils causent une soif intolérable, avec une aspérité de la gorge, difficulté de respirer, suppression d’urine et dysenterie. » Quant aux venins, serpents et crapauds, si on savait que la médecine de l’époque les utilisait dans un but thérapeutique, les sorciers et les empoisonneurs, s’en servaient aussi. Avec le crapaud, on faisait de « la poudre à aimer » contenant certainement de la cantharide. Parfois on empoisonnait des crapauds avec du sublimé et de l’arsenic, on les sacrifiait aussitôt afin de recueillir les urines que l’on considérait comme très dangereuses. On se servait aussi du venin de l’animal en putréfaction, dont la virulence était exaltée par l’association à un toxique. Le venin des crapauds était un des poisons favoris de la Brinvilliers. A cette période, les poisons sont donc partout, dans toutes les pensées et conversations, à Paris et Versailles, dans les salons ; les grands auteurs ne sont pas en reste : La Fontaine intègre dans le livre VII de ses Fables, une pièce intitulée « Les Devineresses ». En 1679, Thomas Corneille et Donneau de Visé, propose au public une comédie intitulée « La Devineresse ou Les Faux Enchantements », pièce écrite à la demande du pouvoir royal, il était de bon ton d’en rire, même en plus haut lieu, du moins au début ! Cette pièce fut un formidable succès. L’empoisonnement est un crime, dont certains apothicaires « véreux » se rendaient complices le plus certainement de façon éclairée, la vente de substances toxiques leur étant dévolue de façon officielle depuis le XIVème siècle par l’ordonnance d’août 1353. Sous Louis XIV, on disait en effet qu’il y avait à Paris des « officines à poisons » à la disposition des fils de familles ruinées, des ménages divisés et des ambitieux impatients. Ces « officines » étaient par ailleurs impliquées dans d’autres pratiques criminelles : meurtres d’enfants, messes noires qui se déroulaient surtout dans les faubourgs populaires du nord et de l’est de Paris, entre l’enclos du Temple et le quartier de la Villeneuve sur Gravois, autour de l’église Notre Dame de Bonne Nouvelle. Lors des perquisitions ordonnées par la Chambre Ardente, on trouva chez tous les accusés un laboratoire muni de presque toutes les substances chimiques connues. Nombre d’apothicaires, aussi possesseurs de laboratoire en raison de leur métier, se rendirent complices de ces sombres pratiques. Néanmoins d’autres filières de la région parisienne détenaient une part importante du marché du poison : on parle des bergers du Roule, de Chaillot et de Sceaux, des petites fioles de terre préparées par Lépine à Châtenay ou par Moreau à Chevreuse… Les drogues de ces derniers avaient bonne renommée… On parle aussi des frères Martinet aux Minimes de la place Royale, spécialistes en distillation, de Paris et de Jourdain, herboristes à La Halle de Paris où l’on trouvait des crapauds que l’on marchandait comme des poulets aux marchés… On envoyait les servantes naïves chercher les matières premières, puis l’on élaborait en ville le poison et sa stratégie d’administration. Faute de réglementation appropriée, chacun pouvait se procurer des substances toxiques sous n’importe quel prétexte : tuer les chiens du voisin bruyants et voleurs, fabriquer de la mort aux rats, ou bien encore faire cesser les miaulement de chats. Il existait à cette époque une grande confusion entre épiciers, apothicaires, droguistes et herboristes ; tous les apothicaires de Paris n’étaient pas des empoisonneurs potentiels, et parmi les criminels, peu étaient véritablement apothicaires ! Enfin, certains religieux furent incriminés dans l’Affaire des poisons. L’Edit Royal de 1682. Après l’instruction menée par La Reynie et les jugements proclamés par la Chambre de l’Arsenal, la ténébreuse Affaire des poisons se conclut par l’adoption d’un édit pour : « La punition des différents crimes, notamment des Empoisonneurs, ceux qui se disent Devins, Magiciens et Enchanteurs, et portant règlement pour les Epiciers et Apothicaires ». Ce texte eut une portée considérable : sur le moment peu d’effets directs se firent sentir, l’instruction ayant permis l’arrestation de nombreux activistes et l’arrêt momentané des crimes d’empoisonnement, mais d’un point de vue historique cet arrêt préfigure la réglementation actuelle des substances vénéneuses et des produits toxiques. Trois articles concernent les sorciers et devineresses : « Ils devront quitter le Royaume sans délai ; ceux qui auront pratiqué la magie seront punis exemplairement ; ceux qui seraient tentés de les imiter dans l’avenir, paieront ce crime de leur vie. » Le quatrième article de l’édit s’adresse spécialement aux empoisonneurs : « Seront punis de mort tous ceux qui seront convaincus de s’être servi de poison […] qu’il y ait eu mort ou non, comme ceux qui ont préparé ou procuré le poison… » L’empoisonnement fut considéré comme l’attentat « le plus dangereux et le plus difficile à découvrir ». Ceux qui en avaient connaissance devaient le révéler et la dénonciation permettait aux complices d’obtenir l’immunité. Cette disposition a été supprimée dans la législation actuelle, la toxicologie remplaçant les preuves issues de la dénonciation ! Les peines prévues par le cinquième article sont sans équivoque : « La mort sera le châtiment de celui qui aura essayé d’empoisonner quelqu’un… » Le retentissement de l’édit de 1682 fut considérable : les empoisonnements par série cessèrent en France, la sorcellerie et la magie, quoique toujours présents, furent pratiquées avec encore plus de discrétion.
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|  | | liliane Admin
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 | Sujet: Re: LA SORCELLERIE Jeu 10 Sep - 16:23 | |
| Année de sortie : 1955 Durée : 103 mn Genre : Drame historique Réalisation et scénario de Henri DECOIN Co-scénariste Albert VALENTIN Co-scénariste et dialoguiste Georges NEVEUX Directeur de la photographie Pierre MONTAZEL Musique de René CLOEREC avec Danielle DARRIEUX, Viviane ROMANCE, Paul MEURISSE, Anne VERNON Pierre MONDY, Albert RÉMY, Christine CARRÈRE, Simone PARIS Roland ARMONTEL, André WEBER, Michel ETCHEVERRY Synopsis : Paris, 1676, Mme de Montespan, favorite du Roi Soleil, craint de tomber en disgrâce face à la toute fraîche Mlle de Fontanges. Avec l'aide de la Voisin, voyante renommée, elle empoisonne sa jeune rivale. La Voisin et Mlle Desoeillets, suivante de Mme de Montespan, sont arrêtées et condamnées à mort. Mme de Montespan promet alors à l'empoisonneuse la vie sauve en échange de son silence, mais la Voisin paiera de sa vie sa naïveté, tandis que l'innocente Mlle Desoeillets sera sauvée in extremis. |
|  | | liliane Admin
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 | Sujet: Re: LA SORCELLERIE Jeu 10 Sep - 18:24 | |
| LE BERRY : UN PACTE AVEC L'OCCULTE
En Berry, le paysage lui-même suscite parfois la croyance dans les maléfices..." texte et dessin de Jean Louis Boncoeur
Longtemps agacé et troublé par son image de région à sorciers, le Berry se réapproprie aujourd’hui les histoires de " j’teux d’sorts ", devenues un folklore régional et un véritable patrimoine culturel.
" Qui c’est qui fait crever les poules à l’adjoint, qu’hôte le lait des vaches et qu’fait tarir les fosses ? C’est l’sorcier ! Le Gambi ! Celui de toutes les mauditions ! " Ils sont plus d’un, chercheurs, sociologues, journalistes parisiens, à traquer encore dans les brumes de la forêt berrichonne quelques spécimens de sorciers et de paysans crédules clouant des chouettes sur les portes de leurs voisins pour leur jeter un sort. Les Berrichons, eux, en ont marre de ces clichés éculés, de cette image d’arriérés, trouble et quelque peu méprisante, qu’on voudrait encore leur faire porter. Certains éludent le sujet en regardant droit devant eux, l’air absent et lointain, se gardant bien de prononcer le nom du Malin, " l’Autre ", que l’on ne doit surtout pas nommer, sous peine de s’attirer des ennuis. Les autres sont unanimement d’accord pour rappeler qu’ils connaissent des gens qui… qu’ils ont entendu parler de… qu’il paraît que… Parfois même sans qu’on ne leur ait rien demandé, comme ce monsieur dans la file d’attente d’une boulangerie, qui s’exclame face au touriste : " Ah ! vous savez, moi, pendant la guerre, j’ai rencontré des gens qui y croyaient. " Les anciens, en particulier, se délectent à raconter les aventures de telle fermière du coin, ou de la voisine, aux prises avec de détestables ensorceleurs. Des récits fantastiques où rôdent les mangeux d’chat, les m’neux d’loups, les j’teux d’sorts, qui font bien rire aujourd’hui. " Saint Greluchon s’est retrouvé avec un gros trou à la place du zizi parce que les femmes allaient gratter sa statue à l’église pour devenir fertiles. Le curé a dû l’emmurer ", raconte ainsi une femme du pays. Roger, lui, regrette de n’avoir pas pris sa grand-mère au sérieux quand elle réalisait des décoctions de ronces pour soigner le mal de gorge : " Au lieu de recopier ses recettes, moi, je ricanais. Maintenant, je serais peut-être sorcier si je l’avais fait. " Dans le registre moqueur, une journaliste de l’Information agricole du Cher clôt la conversation tout net : " Dès qu’on me parle de ça, j’ai envie de le prendre à la rigolade ! "
On ne peut pourtant nier l’histoire et les mythologies attachées aux départements du Cher et de l’Indre. Le Berry n’est certes pas la seule région française à avoir abrité des sorciers et des croyances magiques (les rurales Bretagne, Ardèche ou Mayenne ont également quelques affaires dans leurs archives), mais le centre de la France a offert un cadre et un décor propices à ces pratiques occultes et à leur divulgation à l’extérieur. " Ce sont des régions qui ont vécu en autonomie pendant des siècles, n’ont pas connu d’invasions, et donc pas de brassage de population, explique Serge Van Poucke, créateur du musée de la Sorcellerie. Ce sont également des régions qui ont été très pauvres. Il n’y avait pas de commerce, seulement du troc. Quand les gens tombaient malades, les médecins ne se déplaçaient pas. Ça ne les intéressait pas de se faire payer en poulets ou en oufs. Du coup, les gens allaient voir les guérisseurs locaux. " Si l’on ajoute à cela les paysages de marais vaporeux et de forêts obscures, les chemins creux bordés de talus derrière lesquels se cachaient les brigands, " on comprend que les gens aient pu croire des choses… ", reconnaît Serge Van Poucke.
En décrivant cette campagne sombre et mystérieuse, les romans de George Sand ont fortement contribué à diffuser l’image du Berry sorcier dans les salons parisiens, et dans la France du XIXe siècle. D’autres écrivains ont suivi, comme Claude Seignolle, auteur dans les années quarante du best-seller Marie la Louve. Le conteur, ethnologue et écrivain Jean-Louis Boncoeur a également largement puisé dans les histoires et légendes sorcières de son Berry.
Les archives régionales recèlent enfin de plusieurs procès datant du XVIe siècle à la fin du XIXe siècle, témoignages précieux des croyances et des peurs de l’époque. Parmi les plus célèbres, l’affaire du Carroué de Marloup, en 1583, secoua le comté de Sancerre et le pays Fort. Aujourd’hui banal carrefour entre deux routes départementales, cet endroit fut longtemps considéré comme le lieu du sabbat, où tous les sorciers du coin venaient s’adonner au diable et aux pires actes de débauche. Suite aux accusations d’un gamin de onze ans qui se disait ensorcelé, cinq prétendus sorciers des alentours finirent sur le bûcher. L’une des dernières affaires fut jugée à la fin du siècle dernier, après qu’un couple eut jeté la grand-mère au feu parce qu’elle attirait le mauvais oil et faisait crever le bétail. Aujourd’hui, on ne recense plus essentiellement que des magnétiseurs dans la région, et quelques voyants " qui habitent à dix kilomètres et nous téléphonent pour trouver leur route ! " rigole Serge Van Poucke.
Longtemps demeurée sujet tabou, la sorcellerie peut désormais s’afficher comme patrimoine culturel, voire comme folklore régional. Témoin la foire aux sorciers de Bué, près de Sancerre, créée après la guerre, par le curé du village. Tous les premiers dimanches d’août, les Buétons défilent, déguisés en sorciers et en birettes (silhouettes féminines blanches et sans tête) et intronisent les birettes d’honneur de l’année, devant des milliers de spectateurs. Dans le même esprit, Bonnu, dans l’Indre, brûle de fausses sorcières le jour de la Saint-Luc.
Depuis quelques années, le haut lieu de la sorcellerie reste cependant son musée. Installé en 1993 à Blancafort, il est devenu le site touristique le plus visité du Cher, devant la cathédrale de Bourges. Plus de 250 000 visiteurs ont déjà arpenté les 1 200 m2 de cette ancienne ferme entièrement dédiée à l’histoire de l’occultisme. D’abord suspicieux, voire inquiets vis-à-vis de l’établissement, les Berrichons semblent avoir finalement adopté la maison. La fête annuelle de Halloween, organisée par le musée, attire près de 500 personnes. Un événement dans une commune de 1 000 habitants. La sorcellerie se porte donc bien en Berry. Et le commerce aussi. De l’aire d’autoroute à la pâtisserie du coin, toute une camelote à l’effigie de sorcières a pris place dans les rayons : boules à neige, tasses, cendriers, bouillottes, porte-clés, gâteaux baptisés " langues de sorcière ", sauces tomates dites " jus de sorcière ", confiture de sorcière, etc.
Signe des temps, l’étonnante Marie du Berry, propriétaire d’une maison d’hôtes à Blancafort, propose depuis peu à ses pensionnaires des circuits " À la découverte de la sorcellerie berrichonne " et s’est rebaptisée pour l’occasion Marie Sorcelle. Après vingt-cinq ans passés en Belgique, cette fille du pays s’est mis en tête de promouvoir son Berry auprès des touristes et des Berrichons eux mêmes, trop " complexés ", selon elle, pour se rendre compte de la richesse de leur région. George Sand, Alain Fournier, Jacques Cour, les vins de Sancerre… Il ne manquait que les sorciers dans le panier de cette passionnée. Elle emmène ainsi ses hôtes sur les lieux du procès du carroué de Marloup et les replonge dans cette époque impitoyable.
" Des fois, je me promène dans le pays Fort, j’ai l’impression d’être au bout du monde, alors qu’on n’est qu’à 175 kilomètres de Paris. Ça explique la pérennité des pratiques de sorcellerie. " Il suffit alors de quelques mots pour comprendre à son tour " que des gens aient pu croire des choses… " Marie se régale : " On fait lever tout sous nos pas dans le Berry. C’est vraiment l’histoire à fleur de terre. " Une visite chez un potier local (une corporation qui a compté pas mal de sorciers) semble confirmer ses dires. L’homme a le regard dur comme du métal, des paroles cassantes pour le visiteur, ses sculptures diaboliques - essentiellement des gargouilles effrayantes, " qui plaisent beaucoup aux Germaniques " - vous regardent méchamment. À se demander si nous ne venons pas de localiser le dernier sorcier du pays.
Gwendoline Raisson L'Humanité - 29 juillet 2000 http://www.humanite.fr/popup_imprimer.html?id_article=229177 |
|  | | liliane Admin
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 | Sujet: Re: LA SORCELLERIE Ven 11 Sep - 9:29 | |
| UNE SORCIERE EN BERRY L’histoire que je vais vous conter s’est passée, il y déjà fort longtemps, dans un petit village de cette province, un village où les habitants vivaient heureux et sans problème.
Mais voilà qu’un jour un personnage étrange vint installer ses pénates dans une vieille chaumière délabrée qui existait hors du village, et les villageois, très intrigués, se posèrent un tas de questions en voyant cette personne inconnue, vielle femme édentée, à la peau tannée et au nez crochu, qui parlait très peu, et qui se promenait avec un corbeau apprivoisé perché sur son épaule. Puis, comme il ne se passait rien de notable, on finit par l’oublier un peu.
Quelques temps après, des évènements surprenants commencèrent à se produire. En premier, ce fut le père Sylvain qui, d’habitude, aimait bien boire un coup au point d’être saoul à peu près tous les soirs, qui n’arrivait plus à boire une goutte du meilleur vin sans avoir l’impression de boire le pire vinaigre. Le pauvre était devenu aussi sobre qu’un chameau en plein désert. Vous me direz qu’au fond, c’était plutôt bénéfique pour ses proches comme pour lui-même, mais voilà que par la suite il y eut une telle mortalité parmi les moutons que de mémoire de Berrichon, on n’avait jamais vu çà ! Cela venait-il d’un virus ? D’un microbe quelconque ?
Là où la stupéfaction fut totale, ce fut quand les vaches se mirent à donner du vin rouge à la place du lait. Heureusement qu’à cette époque on élevait encore les nourrissons au sein de leur mère, mais quand même, on aurait bien voulu comprendre pourquoi. Avaient-elles donc été brouter du raisin dans les vignes ? En tout cas, contrairement au père Sylvain, les veaux eux, avaient une cuite permanente au point que les mères vaches en devenaient folles. Quant au curé du village, lui, il en avait perdu son latin ! Il en était arrivé à bredouiller n’importe quoi en disant la messe. Heureusement que les paroissiens, de toutes façons, n’avaient jamais compris le latin, ce qui faisait que la chose passait inaperçue. Puis voilà que la mère Solange qui avant acheté des œufs pour se faire une omelette découvrit, en les cassant, qu’ils contenaient des coquadrilles ! Vous ne savez pas ce que sont des coquadrilles ? Ce sont une sorte de reptiles que l’on ne trouve que dans les œufs de coq. Vous allez me dire que les œufs de cop n’existent pas ! Eh bien si ! Mais seulement quand les sorciers ou les sorcières s’en mêlent.
Bien sûr, dès ce moment, les pensées se portèrent sur l’occupante de la vieille chaumière et on se mit à la surveiller. Le plus acharné à cela fut le père Sylvain qui n’arrivait pas à se consoler d’avoir perdu le goût du bon vin. Un jour que la vielle était en train de faire bouillir quelque chose dans un chaudron devant sa porte, il s’approcha tout doucement, sans bruit, en se cachant derrière les buissons, puis profitant d’un instant ou la vieille était partie chercher quelques rondins dans le bûcher qui était derrière la chaumière, il courut jusqu’au chaudron pour voir ce qu’il y avait dedans. Horreur ! Parmi des herbes, des serpents et des crapauds ! Le doute n’était plus possible.
De retour au village, le père Sylvain fit part à tout le monde de sa découverte. Bien décidés d’en finir avec cette sorcière, les gens du village pensèrent d’abord à la faire exorciser par le curé ; mais hélas ! Le pauvre ayant perdu son latin ne se rappelait plus la formule qu’il fallait prononcer en de telles circonstances. Alors tant pis ! Les choses étant ce qu’elles sont, on se décida à employer les grands moyens !
S’armant de fourches, de bâtons et de tout ce qui tombait sous la main, ils se dirigèrent vers la chaumière. La vieille à la vue de tout ce monde qui arrivait avec visiblement des intentions hostiles, comprenait que son pouvoir ne pourrait agir sur des gens aussi nombreux, enfourcha un balai de bouleau qui était devant sa porte, et partit vers son corbeau qui s’écria : quoi ? quoi ? quoi ?
On ne la revit jamais ! Le calme revint dans le village, le père Sylvain reprit goût au pinard, les vaches eurent à nouveau du lait, et le curé retrouva son latin. C’est depuis ce temps là que, si vous venez à passer devant la cour de l’école à l’heure de la récréation, vous entendez sans doute les enfants chanter sur l’air d’au « Clair de la lune » : Depuis sa chaumière Pour nous faire tort La vieille sorcière Nous jetait des sorts Mais tout le village S’en étant fâché C’est dans les nuages Qu’elle dut se cacher
Nos compliments et nos remerciements à l'auteur Monsieur Guy Renaud |
|  | | liliane Admin
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 | Sujet: Re: LA SORCELLERIE Ven 11 Sep - 13:42 | |
| LE GRIMOIRE
| Un grimoire est un livre ou manuscrit, le plus souvent ancien dans lequel on trouve des formules magiques, des invocations, des moyens de fabriquer des potions, des sortilèges, ainsi que différents textes ou illustrations traitant des phénomènes liés à la magie. Son nom proviendrait du latin : gramare signifiant grammaire. On pouvait trouver dans les grimoires des textes traitant des domaines liés à la magie blanche, la médecine, l’astrologie, les phénomènes de la nature. Cependant, le plus souvent le contenu traitait de magie noire, de satanisme, de l’art d’invoquer les démons, de la fabrication d’amulettes, et autres. |
Quelques gouttelettes de sang, un cœur d’hirondelle, une patte d’aigle et une langue de grenouille… Abracadabra… et hop ! On y apprend que la correspondance du mot ABRACADABRA avec les tables numériques occultes est 365. Soit le temps que met la terre à tourner autour du soleil. La signification hébraïque (abreq ad hâbra) est "Envoie ton feu jusqu’à la mort".On peut donc en conclure que le terme "Abracadabra" met en relation direct avec les pouvoirs du soleil, par conséquent avec les énergies positives. Le mot "Abracadabra" sert donc à conclure un sort bénéfique et non pas un sort maléfique. Par exemple, pour qu’un être vous aime, mélangez à votre propre sang du cœur d’hirondelle, de colombe ou de passereau, et faire avaler ce mélange à la personne dont vous voulez être aimé. Mais on trouvera également comment vaincre un envoûtement ! Qu’est ce qu’une amulette ? Et comment, et pourquoi la fabriquer ? On y trouve des exemples et leurs bienfaits. On y apprend qu’une canine de tigre encourage la fécondité par exemple. On y apprend que suivant sa date de naissance ce sont certains métaux et certaines pierres qui nous aident.
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| | Les grimoires sont certainement aussi anciens que la pratique de la magie elle-même. L’existence de la magie est un des premiers faits qui nous apprennent les plus antiques traditions des peuples. Les papyrus égyptiens racontent des phénomènes pour le moins étranges liés le plus souvent à la mort des pharaons. La bible aussi, notamment dans le récit de l’exode nous retrace des faits miraculeux, des phénomènes démoniques, les uns magiques, les autres opposés à ceux des magiciens. Deux chapitres de l’exode nous décrivent les œuvres et la puissance des pharaons contre Moïse. On pensera aussi aux plaies de l’Égypte ou encore à la mane, cette nourriture providentielle tombée du ciel, servant à nourrir le peuple guidé dans le désert par Moïse. En fait, dès le commencement la magie était là, avec l’apparition d’Adam puis d’Eve. La magie constituait autrefois l’ensemble des connaissances possédées par les mages ou les philosophes de Perse, d’Inde, d’Egypte ou d’Assyrie. Ils étaient les prêtres de la nature et les pères de la science. La magie sans doute participé à sa façon à la préface de l’Histoire universelle. |
[center] Grimoires et livres anciens de magie
| | Les Sept Livres de l'Archidoxe Magique, Paracelse
Traduits en français précédés d'une préface par le Dr Marc Haven. Réimpression de ce curieux ouvrage qui contient des secrets et des talismans précieux contre diverses maladies, pour l'amour, la réussite en affaires, la confusion des ennemis, etc... Ce livre était devenu introuvable et l'on ne pouvait que le regretter car il est riche d'enseignements, que ce soit dans la matière médicale, dans la tradition astrologique ou dans le secret des alliages de métaux. Un volume de 104 pages, 16x25, avec 100 gravures et tableaux, huit planches talismaniques et un portrait de Paraclese. |
Grimoire Le Grand Albert
Le Grand Albert est un célèbre grimoire rédigé en latin, on attribue communément son origine à Albert le Grand, théologien et philosophe ayant vécu aux alentours du 13ième siècle. Bien qu’il s’agisse d’un ouvrage destiné à la pratique de la magie et à la mise en œuvre de recettes, il ne contient ni sortilèges maléfiques, ni invocations aux démons. En revanche, on y trouve des recettes de cuisine, des moyens d’augmenter ses rendements agricoles, ou encore des théories alchimistes ou cabalistiques dont l’origine serait attribuée à Paracelse. Grimoire Le Petit Albert Le petit Albert est souvent apparenté au Grand Albert qui est un autre grimoire bien connu des ésotéristes. Toutefois il n’est pas un résumé ou une version tronquée de son homologue. Il s’agit d’un texte bien distinct. L’église condamnera fermement le Petit et le Grand Albert les assimilant à des ouvrages de magie noire. | |
| Dans ce Très Ancien Grimoire de Sorcellerie ont été recueillis les Secrets le plus rares et les plus curieux dont certains n'existaient qu'en manuscrits. Comme a dit son Auteur, ce livre est la "Science du Bien et du Mal". Cet ouvrage contient une foule recettes pratiques de Magie Noire : Conjurations des Démons, le GRAND EXORCISME pour déposséder la créature humaine et les animaux, pour lever les sorts, pour gagner aux jeux, pour se faire aimer, pour se garantir... et également : Charmes et Contre-charmes, Secrets Merveilleux, La Main de Gloire, La Poule Noire. |
Le Grand Grimoire de Sorcellerie
- la Partie Théorique avec la Définition de la Magie et de la Sorcellerie, les Dogmes et normes dans l'Art, La Loi du Boomerang, les couleurs en magies et les correspondances planétaires. - La deuxième partie, plus importante concerne la Partie Pratique avec les exercices de base, les outils de la Pratique Sorcière, quelques Alphabets Magiques, des méthodes pour tracer le Pentagramme et l'Hexagramme, de Fabrication de la Baguette et du Bâton, la fabrication du Tabard, la Consécration des Outils, la fabrication des Charbons Ardents, la fabrication de l'Eau Lustrale, quelques Recettes d'Huiles Magiques, la fabrication et Utilisation des Dagydes, quelques Recettes d'Alcools pour les cérémonies sorcières, quelques Recettes d'Encens pour la Divination, les Sceaux Planétaires,les méthodes d'Ouverture et de Fermeture du Cercle, le Rituel de Handfasting selon la tradition Wicca Saxonne. Un ouvrage très complet sur le sujet de l'Art Magique et de la Sorcellerie. Prix version CD-ROM: 9,00 euro - Prix version Papier: 24,00 euro | |
| Le Livre des conjurations
Ce recueil a été édité à Rome en 1670. Ce serait l’œuvre d’Honorius III, pape en 1216, ou d’Honorius IV, élu en 1285. Quoiqu’il en soit, il s’agit encore d’un ancien dominicain. Mais cette fois le grimoire, en place d’invoquer les forces angéliques et divines par la prière, fait appel à Lucifer et ses puissances... ce qui ouvre une perspective formidable quant à la vision papale des forces lucifériennes, somme toutes sollicitées largement pour desservir les exigences de l’Homme, jusqu’aux conjurations de Satan, Belzébuth, Astaroth et les autres! L’ouvrage très religieux contient toutes sortes de maléfices, charmes et actions kabbalistiques, dont le fameux « AGLA », célèbre pour la puissance qu’il libère lorsqu’on en connaît la clé d’ouverture. La tradition rapporte que le pape Honorius portait lui-même un pentacle cerclé faisant pacte avec les forces les plus obscures de la magie cérémonielle. On dit aussi que ce talisman, à la mort du St Père, s’incrusta profondément dans son thorax. |
Le Sixième et le Septième Livre de Moise
Ce Livre est apparu soudainement au début du XVIIIème siècle, mais l'essentiel de son contenu date de la fin du Moyen-Age. On y perçoit nettement l'influence de la littérature KABBALISTIQUE. Depuis des siècles déjà, cet ouvrage CIRCULAIT SOUS LE MANTEAU. En 1849, il a été édité pour la première fois d'après un très vieux MANUSCRIT.
Pour la première fois en France une oeuvre de haute magie trouvant sa source en Égypte, comprenant 23 tables et sceaux des anges et archanges, des esprits planétaires et des esprits des éléments. | |
| | Le Grand Grimoire ou Dragon Rouge
Le Grand Grimoire est un grimoire de magie noire, affirmant avoir été écrit en 1522, mais dont la rédaction remonte vraisemblablement au xixe siècle. Il est également connu sous le nom de Dragon rouge. Il est possible que son origine soit italienne, l'ouvrage se présentant comme le résultat du travail d'Antonio Venitiana del Rabina à partir de sources plus anciennes, remontant supposément à Salomon. Éliphas Lévi estime que le Dragon rouge est une contrefaçon moderne du véritable Grand Grimoire plus ancien. Le livre décrit plusieurs démons ainsi que les rituels pour les invoquer dans le but de passer un pacte avec eux. Il détaille également plusieurs sortilèges permettant de gagner à la loterie, de parler aux esprits, de se faire aimer d'une fille, de se rendre invisible, etc 110 pages. |
Enchiridion du Pape Léon
Le livret fut retrouvé dans les réserves du Vatican par un capucin, le père Angelo (?) et fut authentifié le 14 décembre 1843 et encore en 1847. Ce précieux grimoire aurait été offert à Charlemagne par Léon vers 795. D’ailleurs, la bibliothèque vaticane conserve le courrier de remerciement de l’empereur. On retrouve dans cet opuscule des oraisons, des invocations, des conjurations pour tous les maux et les circonstances, des textes de rois antiques et une lettre de Jésus à Athanas... puis des formules pour déclencher les forces sacrées, et d’autres moins avouables, ainsi que des armes pentaculaires pour attaquer et se défendre en appelant les grands archanges... par d’étranges, inquiétantes mais efficaces prières!!! Ce précieux livre est très rare et recherché par ceux qui ont entendu parler de sa haute valeur, il est illustré de 20 figures et renferme Oraison et secrets. 170 pages. | | [/center] |
|  | | liliane Admin
Nombre de messages: 7553 Age: 60 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SORCELLERIE Mer 16 Sep - 8:48 | |
| La connaissance des herbes possède deux aspects. Le premier traite des propriétés médicinales effectives des herbes, le second concerne leurs propriétés occultes, magiques. Les Sorcières utilisent les deux aspects de ce savoir dans leur Art. D'ailleurs le terme "pharmacie" est dérivé du grec ancien "pharmakeia" et ce mot ne signifie pas seulement composition de drogues médicinales, mais aussi fabrication de potions magiques et de philtres. La Déesse grecque patronne de la Sorcellerie était Hécate, la triple déesse de la lune, et de nombreuses allusions classiques lui sont faites, ainsi qu'à Médée et Circé, les plus célèbres sorcières des légendes grecques. La sorcière et son chaudron bouillonnant, donc remontent évidemment aux temps pré-chrétiens, ainsi le contenu du chaudron peut être soit bénéfique, soit maléfique. Les herbes étaient étudiées également dans l’Egypte Ancienne. Précédant Hécate il y a eu Isis, la Dame Egyptienne de la Lune et Maîtresse de la Magie. Le célèbre Papyrus Ebers, qui a été trouvé enterré avec une momie dans la Nécropole de Thèbes, contient un grand nombre de recettes à base de plantes. Les simples qu’il prescrit inclut quelques espèces d’herbes toujours utilisées par les herboristes et sorcières d’aujourd’hui. Parmi celles-ci : les oignons, les grenades, les pavots, la gentiane, les scilles, le sureau, la menthe, l’aloès, la myrrhe et le colchique. Des 400 simples (c’est à dire herbes simples) utilisés par le grand Docteur grec, Hippocrate, on n'en trouve plus que la moitié aujourd’hui. Mais c'est le médecin grec du premier siècle Dioscorides, la référence des adeptes, qui a mixé les toutes premières herbes existantes et par la suite utilisées pendant 1600 ans . Plus tard, l’Histoire Naturelle de Pline, a recueillii un étrange savoir dont Cornelius Agrippa, au XVIème siècle s'est inspiré dans sa « Philosophie Occulte » (Cologne, 1533 - traduction anglaise publiée à Londres en 1651). Dans des endroits comme Tolède en Espagne, là où les cultures Européenne et Islamique se sont mélangées, la médecine est autant enseignée que la magie, l’alchimie et l’astrologie. D'ailleurs la connaissance des drogues orientales comme le haschisch, dérivé de la plante Marijuana, a fait parti de l'enseignement transmis par les anciens écrivains classiques. Le savoir de ces choses s'est diffusé graduellement et a filtré jusqu’à la sorcière de village, s'imbriquant dans les traditions dérivées des sources Nordiques, Celtiques et pré-Celtiques. La sorcière de village de l'époque est herboriste, jeteuse de sort, interprète des rêves, guérisseuse, sage-femme et psychologue, tout en même temps. Alors que la science médicale actuelle et les services de contrôle était inconnus, elle est pratiquement la seule ressource pour les pauvres gens des endroits les plus reculés du pays. En fait, en ces temps-là lorsque la chirurgie était encore à l’état embryonnaire, que l'on pratiquait les brûlures et les saignées, la sorcière du village, avec ses breuvages de simples et sa psychologie pratique, a bien moins tué que les médecins. Toutes les sorcières, cependant, ne vivent pas dans l’ombre. Une célèbre dame nommée Trotula, de Sarlerne en Italie, a connu la célébrité dans toute l’Europe pour ses remèdes et recettes. Son nom est à l’origine de l’expression ‘Dame Trot’ ou ‘Old Trot’, donné à la sorcière. Le moment, où les herbes magiques et médicinales sont cueillies, est régi par l’astrologie et particulièrement par les phases lunaires. La lune croissante est la période pour la magie constructive et la lune décroissante, celle pour la magie destructive et de bannissement. Néanmoins, les herbes sont généralement supposées atteindre leur vertu maximale si récoltées à la pleine lune. D'autre part, les herbes utilisées dans de sombres desseins sont cueillies lorsque la lune est noire ; pour preuve les sorcières de Shakespeare, dans Macbeth, qui se sont servies « des racines de ciguë ramassées dans le noir ». Les herbes qui ont un effet narcotique et soporifique ont été particulièrement associées à la sorcellerie et utilisées dans la composition du baume des sorcières. On a même donné à un nombre d’herbes des noms populaires les associant aux sorcières. Pour la magie protectrice, il y a le splendide Millepertuis (Hypericum perforatum), qui est appelé Fuga demonum, parce qu’il bannit les mauvais esprits. Le sorbier des oiseleurs, avec ses belles baies rouges, réalise les mêmes bons offices et dissout les mauvais sorts. C’était le grand sortilège Gaélique contre tout ensorcellement. Une vieille salutation Ecossaise était « Que la paix soit ici et le sorbier ». L’armoise commune était appelée par les herboristes de l’ancien temps Mater Herbarum, « la Mère des Herbes », à cause de ses qualités prééminentes. Une infusion à base d’armoise est sensée aider au développement de la clairvoyance. Les jeunes feuilles sont utilisées, sucrées avec du miel. Bien sûr l’herbe a été cueillie à la pleine lune pour être plus efficaces. L'absinthe est une plante vivace, aromatique, connue depuis l'antiquité. Cependant, cette plante à l'odeur forte et à la saveur amère n'est pas à proprement parlée vénéneuse mais présente quand même un certain danger dû à ses sucs toxiques. En effet, l'abus d'une essence toxique (thuyone) retrouvée dans la liqueur alcoolisée du même nom conduit à un état de démence. Interdite depuis, cette boisson très populaire au XIXe siécle était aussi nommé la « Fée verte » Les druides se servaient de la Mandragore pour se mettre en léthargie, et le Grand Albert, un livre divulguant des secrets divers et attribué sans doute à tort à Albert le Grand (1193-1280) la recommandait pour l’anesthésie. La légende lui attribue aussi des vertus aphrodisiaques. Mais attention, c’est un hallucinogène très dangereux, voire mortel. Et si la médecine en a fait usage jusqu’au XIXe siècle l’analyse moderne a révélé des principes actifs très nocifs, et on ne la sert plus du tout de nos jours dans les médicaments, sauf peut être encore en homéopathie, mais les doses sont infinitésimales. Et n’oubliez pas, qui possède une racine de mandragore et la porte sur lui comme talisman est assuré du succès dans toutes ses entreprises… et en amour… On le croyait à l’époque médiévale ! Du fait de la croyance qu’elles ont en la magie des nombres, les sorcières aiment utiliser soit trois, soit sept, soit neuf herbes dans la composition de leurs charmes ou sortilèges. Ces nombres, depuis des temps immémoriaux, possèdent de puissantes propriétés occultes. http://lawica.free.fr/DV/11.htm |
|  | | Nine Admin

Nombre de messages: 8406 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SORCELLERIE Lun 21 Sep - 0:21 | |
| ABRACADABRANe vous-êtes vous jamais demandé ce que pouvait bien signifier ce mot associé aux contes et aux enchanteurs ? MOI, SI !!!! Cette formule fut utilisée pendant tout le Moyen-âge. "Il ne fallait que porter autour du cou cette sorte de philactère, écrit dans la disposition triangulaire que voici, pour charmer différentes maladies et guérir la fièvre "(Plad) ABRACADABRA ABRACADABR ABRACADAB ABRACADA ABRACAD ABRACA ABRAC ABRA ABR AB A Ce mot viendrait de l'hébreu abreg ad hâbra qui signifie : envoie ta foudre jusqu'à la mort. En hébreu, il se compose de neuf lettres. La disposition des lettres en triangle renversé dirige vers le bas les énergies d'en haut que le talisman prétend capter. C'est donc à trois dimensions qu'il faut voir cette figure : elle représente alors un entonnoir où les lettres magiques, courant en biais du haut évasé vers le bas qui s'étrangle, forment les lignes de force d'un puissant tourbillon; malheur aux forces mauvaises qu'il happe : elles disparaissent à jamais hors du monde diurne vers l'abîme d'où rien ne remonte. La formule ABRACADABRA répond, dans cet esprit, aux mêmes soucis qui firent inventer amulettes, talismans ou pentacles. Toutes ces formules, dont l'ABRACADABRA, n'est qu'un exemple, s'appuient sur un symbolisme très ancien. N'a-t-on pas fait des rapprochements avec un des noms de Mithra, le dieu solaire, sacrificateur et sauveur ? Comme les amulettes, talismans ou pentacles, elles cherchent à donner à l'Homme un sentiment de protection, en le mettant en accord avec les Lois mystèrieuses qui régissent le monde et en relation avec des pouvoirs supérieurs. (dictionnaire des symboles-Robert Laffont) |
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