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 LA SORCELLERIE

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liliane
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MessageSujet: LA SORCELLERIE   Jeu 3 Sep - 18:41

LA SORCELLERIE AU MAROC


La sorcellerie est une pratique ancestrale, et le phénomène de sorcellerie a toujours été connu dans les endroits précaires, pauvres et populaires du Maroc. Là où l'on rencontre le plus d'analphabétisme et d'ignorance et dans les milieux où l'on parle souvent de cela et ou n'entretient cela dans la mémoire collective, mais le phénomène s'est répandu aussi mais à moindre mesures dans les classes sociales supérieures de la société marocaine.

Nous entendons souvent parler de la sorcellerie marocaine, même si cette dernière est officieusement pratiquée, elle est très active et nombreuses sont les personnes faisant appel à cette sorcellerie des plus impressionnantes, il faut bien le dire.

La sorcellerie marocaine est pratiquée par les Talebs. Cette sorcellerie serait assimilable aux pratiques sorcières de l'époque médiévale. Cependant, la puissance de cette sorcellerie est des plus réputée. La sorcellerie marocaine est pratiquée dans les campagnes mais aussi dans les grandes villes du Maroc.

Dans les souks marocains sont effectivement disponibles des plantes aux vertus magiques ou encore des préparations ne servant qu'aux manipulations des Talebs. Les Talebs sont ainsi fréquemment consultés pour leur savoir dans le domaine de la sorcellerie musulmane. Ces derniers requièrent souvent l'aide des démons et des djinns (forces invisibles) durant leur rituel pour les envoutements.

Les domaines les plus pratiqués par les Talebs sont les domaines de l'amour, du travail mais aussi de la fécondité. Des envoutements sont alors confectionnés pour venir en aide aux personnes le désirant. Les rituels des Talebs sont ainsi traditionnels, s'appuyant parfois sur des incantations religieuses. La puissance de la sorcellerie marocaine est reconnue dans tout le Maghreb et est très souvent crainte car, si les Talebs peuvent venir en aide et faire le bien, ces derniers sont aussi capables de pratiquer des envoutements visant à faire le plus grand mal.


La sorcellerie ou « shour », est bel et bien encore vécue au début du 21ème S. Une des régions les plus touchée est certainement celle du Souss et particulièrement parmi les populations berbères. Elle se pratique selon de très nombreux témoignages à des fins diaboliques et maléfiques. Athées ou sceptiques, ces hommes sont les victimes de choix des charmes et des malédictions qu'ils se voient forcés de combattre avec les mêmes armes.

En littérature dans "Amour sorcière" de Tahar Ben Jelloun, Hamza, homme divorcé dans la cinquantaine, accumule les aventures sans lendemain. Lorsqu'il rencontre Najat dans un train, qui lit un roman de l'insupportable écrivain à la mode Paolo Colla (homonyme approximatif et évident de Paulo Coelho), et qu'il en tombe éperdument amoureux, il finit par conclure à un envoûtement: "Sa volonté est devenue la mienne, je suis dépossédé de ma détermination, je tourne en rond et je n'arrive pas à la chasser de mon esprit. Quand elle est là, mon désir est violent, je ne redeviens moi-même qu'après avoir assouvi ce désir, c'est infernal! C'est ça l'amour!" Heureusement, la solidarité masculine vient à sa rescousse : aidé par un sorcier que lui présente un ami, Hamza parviendra à rompre le charme mis en branle par la mère de Najat, déterminée à tout pour que sa fille ne devienne pas une "heboura", une vieille fille. La magie des femmes se révélera la moins puissante...



Sacrifice d'animaux - dépouillement d'ossements humains dans les tombes

On associe souvent la sorcellerie aux forces du mal. Ces forces occultes dont les pouvoirs sont au-delà de toute conception, au delà de toutes limites. Les animaux sont sacrifiés, les morts y passent aussi, on découvre des chasseurs de tombes qui vont jusqu'à ouvrir et profaner des tombes en pleine nuit pour voler un organe ou plusieurs organes du cadavre, et enrichir un trafic au bénéfice plantureux. Le plus étrange, c'est que dans les grandes villes du Maroc, et particulièrement dans à Rabat, ces pratiques, quoique feutrées, dissimulées, restent de mise. Dans la capitale, une ribambelle de gamins prend possession de la ruelle principale dès le crépuscule pour vendre des centaines de petites tortues. «Non, c'est pour les gens qui ont des jardins et qui aiment élever des tortues», répond un des gamins à la question de savoir qui «achète ces tortues». En fait, la sorcellerie du Maghreb central, utilisait souvent les tortues comme rituel pour des actes sataniques ou pour jeter le mauvais sort. A la Souika de Rabat, des échoppes obscures, dans lesquelles on entre le dos courbé, proposent plusieurs dizaines de variétés d'onguents, de matières premières, de végétaux pour les rites sataniques, ou pour la sorcellerie. Des jeunes filles, cultivées et urbanisées, n'hésitent pas à solliciter la «baraka» des saints et des marabouts qui pour trouver un emploi, qui pour se marier, ou pour exorciser le «mauvais œil». A Rabat, un saint homme, Sidi El Yabouri, est devenu le souffre douleur des filles qui veulent se marier. Chaque mercredi, les jeunes filles, qui ont consulté auparavant un «voyant», y affluent pour contrecarrer le mauvais sort. (source). Un groupe sur Facebook est réservé aux antagonistes de la torture des animaux pour des raisons de sorcelleries dans ce pays.


Charlantantisme ?
Des charlatans vont même jusqu'à utiliser le Saint Coran. Un petit bout de papier bon marché, avec écrit dessus des mots d'une langue venue d'ailleurs peut envoûter, désenvoûter ou protéger une personne, et dire que des gens y croient aussi fort qu'à leur religion. Les adeptes de la sorcellerie, qui usent de tous les moyens pour tromper leurs clients, profitent généralement de leur ignorance ou de leurs croyances, bénéficiant d'une propagande gratuite au sein de la société notamment dans les fêtes de mariage. Parmi les types de sorcellerie, les répandus au Maroc, figure au premier rang le recours aux effets des plantes médicinales, des minéraux et des organes des animaux. L'un des phénomènes nouveaux dans ce pays est la diffusion d'article dans la presse qui traitent des sujets relatifs à la sorcellerie et la Rokia, la persistance de ces sujets sur la une de ces publications montre aisément que ce sujet attire les marocains, et que c'est un sujet qui fait vendre, donc, et probablement un atout de marketing.



Les victimes sont des proies faciles


Une personne angoissée, malade, à esprit critique très faible, voire même à des personnes stressée qui ont un sentiment de relâchement...Ces personnes peuvent devenir des proies faciles de manipulation d'esprit. Il y a des échelons précis dans les pratiques de l'envoûtement...Un esprit carthésien se fera plutôt avoir par l'utilisation de substances toxiques...d'autre plus faibles se feront avoir par l'exposition des confidences récupérées...Les techniques de manipulations sont d'entrée de jeu mises en pratique...Faux espoir, fausse philosophie, fausse pratique religieuse...

On parle de ces pratiques dans de nombreux forum de discussion, Facebook et internet.Des forums de discussion, sont consacrés à la sorcellerie marocaine.

Sorcellerie et échec de mon mariage que faire ?


On trouve ainsi parmi les discussions, des exemples de mères qui ensorcèlent leurs fils pour qu'ils ne se détournent pas d'elles en faveur de leurs épouses ou des femmes qui ensorcèlent leurs maris pour qu'ils ne les quittent pas. ou alors qui touchent des français ayant des liaisons avec des filles du pays.

Ces rites peuvent avoir des conséquences douloureuses et grave sur la détermination d'un homme...les substances utilisées créent de vrais malaises outre ceux qui sont souhaités...Comme par exemple des céphalées, des maux de tête qui ne peuvent pas être calmés même si l'on prend les plus fort antalgiques, des douleurs dorsales et d'articulation, l'insomnie, des dépressions nerveuses ou des maux de ventre dans le cas où le sort était mis dans la boisson ou la nourriture...Certains utilisent des potions, ce qui ne constitue pas de la sorcellerie en soit, mais qui peuvent constituer du poison. Un autre stratagème est le mensonge organisé, afin de créer, un climat d'accueil mental favorable sur base de manipulations mentales plus ou moins subtiles...Une fois entré dans une structure précise, il est difficile voire impossible de s'en sortir. Chaque entité ou groupe, chaque clan a des valeur d'appartenance sociale, de fraternité très forte, cela s'apparente plus à l'esprit de secte ou de religion.


Les bouts d'ongles, ou des morceaux de cheveux sont utilisés par les sorciers soussis, pour entretenir des rites de proximité avec la personne à atteindre...La plupart, il s'agit de médecine et provoquer mentalement des gens plus faibles par des manipulations mentales et boniments, comme cela se fait dans les sectes, dans le but de voler ou obtenir des avantages plantureux...Ces derniers ne connaissent rien en sorcellerie, D'autres utilisent la vraie sorcellerie ce sont les gens qui utilisent les démons et les génies "infidèles" pour réaliser leur but c'est une sorte de pacte avec le diable comme celui du mythe de Faust. Et semblent utiliser le spiritisme pour réaliser ce pacte.

Farid Alilat écrit que beaucoup d'Algériens sont de toute façon convaincus que la femme marocaine est une créature plutôt facile. Facile mais redoutable parce qu'elle maîtrise l'art de l'envoûtement et de la magie noire. Les Marocaines, des expertes en sorcellerie ? Lorsqu'on visite le Maroc, on est frappé par l'usage fréquent des talismans, des amulettes et autres mixtures, censées accroître le plaisir sexuel, ligoter la puissance d'un homme ou faire céder une femme qui se refuse à son mari.



Les rites d'initiation et du rapprochement du sorcier au Diable

Le sorcier peut se rapprocher du Diable de différentes manières, à savoir :

* le culte des étoiles
* la fabrication de talisman, gri-gri ou amulette portant des formules d'incroyance (koufr)
* chausser des feuillets du Coran et entrer aux toilettes avec
* écrire des versets du Coran avec un liquide impur comme par exemple le sperme ou le sang menstruel ou un mélange des deux.
* écrire des versets du Coran sur le talon,
* écrire la Fatiha à l'envers,
* faire la prière sans ablutions,
* faire le sacrifice d'une bête au Diable sans citer le nom ensuite en l'immolant et déposer la bête sacrifiée à l'endroit désigné par le Diable.
* Faire l'amour avec sa mère ou avec sa fille
* boire du sang humain ou manger la chair humaine

Le sorcier accomplit un rite à la demande du Diable, pour accomplir l'ensemble de ces rites, ce qui peut renforcer leur lien au fur et à mesure de l'accomplissement de ceux-ci.

La sorcellerie n'a d'effet que sur ceux qui ont peu de foi.

Preuves de l'existence des Djinns et des Diables : Il ne peut y avoir de sorcellerie sans l'existence de Diables et de Djinns. Ce sont eux qui ont appris aux hommes la sorcellerie et la magie.

En Algérie, le Dr Bekkat a expliqué que les organes d'enfants, tels que le foie et le cœur et autres organes, qui ont été volés dans certaines régions, sont utilisés pour la sorcellerie. Il était convaincu que la majorité des enfants ont été kidnappés pour des questions de règlements de comptes.


Conséquences

Impact sur la santé :

La sorcellerie peut provoquer des dérèglements très importants dans la santé. Nous avons cité la stérilité de la femme et l'impuissance de l'homme. Il y a aussi le cancer, l'hémophilie, le diabète, la mort des reins ou des ovaires, l'eau dans les poumons, la chute des cheveux, l'eczéma...

Toxi-infection alimentaire : maladie, souvent infectieuse contractée suite à l'ingestion de nourriture ou de boisson contaminées par des agents pathogènes qu'il s'agisse de bactéries, virus, parasites ou de prions. Pour les maladies d'origine alimentaires provoquées par l'ingestion de produits non-comestibles ou toxique (intoxications médicamenteuses, métaux lourds, empoisonnement, champignons vénéneux, des produits chimiques), on parle seulement d'intoxication alimentaire.

Les réponses de la médecine sont souvent :

* Il n'y a rien, tout est normal ; mais la personne souffre quand même.
* Il y a un problème mais on n'en a jamais vu de pareil.
* C'est dû au ' stress ' et on prescrit des antidépresseurs qui ne font que créer un second problème sans résoudre le premier.
* Vous avez telle maladie, mais on ne sait pas comment c'est venu.

Dans tous les cas il n'y a pas de traitement ou le traitement est inefficace.

Impact sur la santé mentale, la folie et la mort

La personne perd les pédales, doute de tout, parle toute seule, se prend pour quelqu'un d'autre, doute de tout le monde, voit des choses, établit des relations entre plein de choses, etc. Pour la mort : la personne devient suicidaire et se sent poussée à se jeter par la fenêtre, à s'ouvrir avec un couteau, à prendre des médicaments dangereux, à se jeter devant les voitures ou autre. Ou encore elle subit des accidents très graves dont elle échappe de justesse.

L'assujettissement

La personne obéit au doigt et à l'œil au sorcier ou à celui qui a commandé la sorcellerie, il est incapable de lui tenir tête ou d'exprimer son désaccord. En son absence, il se peut qu'il regrette sa soumission et décide de résister ou dans certains cas même en son absence il croit avoir bien fait et défend son sorcier quand on lui dit de s'en méfier. Ce type de sorcellerie est utilisé dans plusieurs cas : pour exploiter financièrement une personne, femme voulant dominer son mari ou vice versa, mère croyant diriger ses enfants dans le bonheur, un sorcier veut utiliser quelqu'un pour poser sa sorcellerie, combiné avec la sorcellerie de l'amour précitée...

L'apathie

La personne perd toute motivation et n'essaye plus de rien faire. Elle repousse sans cesse à plus tard, passe son temps à dormir, part pour des démarches mais laisse tomber...

Le faux amour

La personne, homme ou femme, n'est pas amoureuse de l'autre, mais elle est obsédée, pense toujours à elle, la voit partout, et peut croire qu'elle est véritablement amoureuse, alors que logiquement, il n'y a pas d'attirance ni de raison d'aller vers elle. On retrouve le plus souvent un intérêt de la deuxième personne à se marier avec la première, qu'il soit affectif ou matériel ou bien l'intérêt d'une tierce personne.

http://musique.arabe.over-blog.com/article-28339971.html


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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Jeu 3 Sep - 18:51





A Adjelmous, dans la région de Khenifra, dans les montagnes du Rif, plusieurs enfants ont été enlevés entre 1999 et 2003 par des adeptes de la magie noire. Leurs corps ont été retrouvés dans la forêt avoisinante, affreusement mutilés, par la gendarmerie. Un de ces enfants victime de pratiques sataniques qui a fait l'objet d'une émission sur les enfants disparus de la chaîne radiophonique marocaine, a été retrouvé en août 2003 dans la forêt de la localité d'Adjelmous pratiquement «scalpe», sans langue, sans yeux et sans la lèvre inférieur, le corps à moitié dévoré par les chiens. Le quotidien «Al Ittihad El Ichtiraki», qui a fait un long reportage sur les pratiques médiévales et terrifiantes de certains sorciers d'Adjelmous, rapporte que dans ce petit village du rif marocain, la fable du «trésor caché» serait derrière ces massacres d'enfants.

En fait, dans les régions rurales marocaines, où le taux d'analphabétisme avoisine les 80 %, exacerbé par un chômage endémique, le charlatanisme, mais également la sorcellerie, restent une pratique courante. Dans ces régions du rif souvent difficiles d'accès et pratiquement isolées par des montagnes fortement boisées, l'invocation des djinns et démons est toujours pratiquée par les talebs et sorciers pour exorciser le «mauvais œil», favoriser la fertilité des femmes, provoquer le mariage de vieilles filles, ou jeter le mauvais sort.



Le plus étrange, c'est que dans les grandes villes du Maroc, et particulièrement dans la capitale, ces pratiques, quoique feutrées, dissimulées, restent de mise. A la Souika de Rabat, dans la vieille ville, une ribambelle de gamins prend possession de la ruelle principale dès le crépuscule pour vendre des centaines de petites tortues. «Non, c'est pour les gens qui ont des jardins et qui aiment élever des tortues», répond un des gamins à la question de savoir qui «achète ces tortues». En fait, la sorcellerie arabe, et plus particulièrement au Maghreb central, utilisait souvent les tortues comme rituel pour des actes sataniques ou pour jeter le mauvais sort. A la Souika de Rabat, des échoppes obscures, dans lesquelles on entre le dos courbé, proposent plusieurs dizaines de variétés d'onguents, de matières premières, de végétaux pour les rites sataniques, ou pour la sorcellerie.

«Djaoui, fsoukhs, chham, plomb», plantes, écorces d'arbres, et tant d'autres matières et onguents pour la pratique de la sorcellerie sont disponibles, avec en plus des variétés très rares, sinon disparues ailleurs au Maghreb. Au Maroc, la sorcellerie, qui n'est pas tellement un tabou, ni un phénomène marginal, rythme toujours le côté mystérieux d'une société qui veut s'affranchir d'une époque médiévale très présente dans les régions rurales, faiblement développées, encore assujetties au rôle mystique des charlatans et des talebs de douars.

Au point que des jeunes filles, cultivées et urbanisées, n'hésitent pas à solliciter la «baraka» des saints et des marabouts qui pour trouver un emploi, qui pour se marier, ou pour exorciser le «mauvais œil».

A Rabat, un saint homme, Sidi El Yabouri, est devenu le souffre douleur des filles qui veulent se marier. Chaque mercredi, les jeunes filles, qui ont consulté auparavant un «voyant», y affluent pour contrecarrer le mauvais sort.



Le rituel est stupéfiant : après l'invocation adressée au saint homme pour conjurer le mauvais sort, allumer des bougies et tourner autour plusieurs fois avec des incantations, la jeune fille doit impérativement se purifier en prenant une douche avec l'eau du puits du mausolée, ensuite laisser ses sous vêtements sur une tombe pour que sa visite ait de l'effet. Sous le vernis de la modernité, la société marocaine reste encore prisonnière de pratiques médiévales, ailleurs presque disparues au Maghreb, de sorciers réputés qui vivent des contradictions sociales d'un pays qui n'arrive pas à se débarrasser de ses «djinns».

Source : Lanouvellerepublique.com


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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Jeu 3 Sep - 18:57

El Hadjar sous le choc
samedi 18 février 2006.

C’était un sachet noir contenant les restes d’un nouveau-né de sexe masculin en décomposition que les policiers de la sûreté de daïra d’El Hadjar (Annaba) avaient découvert en janvier dernier.

Ils avaient été alertés quelques minutes auparavant par les habitants des 502 Logements à El Hadjar. Décomposé, amputé des membres inférieurs et supérieurs et étripé, le corps du nouveau-né avait été déclaré mort par strangulation préalablement à son dépeçage. L’acte était d’une telle atrocité que seul un malade mental pouvait en être l’auteur et surtout pas la génitrice. C’est pourquoi l’enquête s’annonçait très difficile. Tout autant que celle lancée, il y a 2 années, dans cette même commune avec la découverte par les policiers d’un nouveau-né de sexe féminin avec des amputations similaires. Durant plusieurs jours, les Hadjaris avaient parlé de la présence d’un « ghoul » dans l’enceinte de leur ville.



La psychose avait gagné les demeures où l’on se posait beaucoup de questions. Ces deux découvertes hantaient l’esprit des policiers et de leur chef de la sûreté de daïra. L’enquête piétinait en l’absence de tout indice ou renseignement pouvant entraîner les enquêteurs sur une piste. Un banal vol dans un magasin a servi de fil d’Ariane. Alors qu’il assistait à l’interrogatoire de la femme auteur du délit, le 1er responsable des policiers d’El Hadjar avait été intrigué par son comportement. Calme presque effacée, habillée d’une façon discrète voire austère, la jeune femme âgée de 38 ans semblait avoir une double personnalité. Elle vivait chez ses parents à la cité des 502 Logements, divorcée et sans enfant. Sans emploi, elle ne paraissait pas souffrir d’une quelconque privation y compris en effets vestimentaires.



Rien ne justifiait le vol qu’elle a commis. Par la suite, l’acte avait été interprété par la population comme une sentence divine pour mettre un terme aux activités néfastes de cette ogresse. Elle n’avait pas pu résister à l’interrogatoire poussé auquel elle a été soumise. La perspicacité et l’approche psychologique appliquées par l’officier lui permirent de déceler les caractéristiques d’une prostituée. Ce qui lui imposa d’ordonner une expertise médicale. Le légiste constatera un accouchement récent. A partir de là, les choses allaient s’accélérer. L’enquête de voisinage diligentée parallèlement avait fait ressortir que Y. Z. louait ses charmes et son corps. Beaucoup avaient parlé de va-et-vient incessants chez elle. L’on avait précisé qu’il s’agissait de vieilles femmes et d’hommes d’un âge avancé. « Qu’as tu fait de ton nouveau-né ? » Une question que l’officier ne cessa pas de poser durant plusieurs jours avant que la mère ogresse ne flanche et passe aux aveux « Je suis l’auteur des deux infanticides sur les deux nouveau-nés que j’ai jetés dans un dépotoir. Je les ai amputés des membres inférieurs et supérieurs ainsi que de leurs viscères pour en faire des produits que je commercialise auprès des personnes spécialisées dans la sorcellerie ».


Tout aussi calmement et toujours sans aucun état d’âme, elle a ajouté : « Lorsque le premier stock est arrivé à épuisement, j’ai décidé de procréer une seconde fois. J’ai accouché toute seule et sans l’assistance de personne. Comme je l’avais fait la première fois, j’ai aussitôt étranglé le nouveau-né que j’ai découpé en menus morceaux avant de jeter son thorax emballé dans un sachet noir. » Plusieurs policiers présents ne purent retenir leur écœurement face à des aveux où l’horreur était poussée à son extrême. Machinalement, sans aucun remord sur les traits de son visage émacié, l’ogresse continuait à retracer chacun de ses gestes, ses deux accouchements, sa méthode d’étranglement et la découpe en petits morceaux des nouveau-nés.

M. F. Gaïdi - El-watan



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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Ven 4 Sep - 13:04






C'était une commande ferme. Elle avait demandé plusieurs mois de préparation, mais seulement quelques heures d'exécution.

Le corps dune hyène vendu à 150.000 DH à un riche commerçant du Golfe.

Super coup pour Brahim qui tient une petite échoppe à la Souika de Rabat. "Cela remonte à plus de cinq ans, ce type de commande, on en reçoit rarement, en général, ce sont des clients occasionnels qui viennent se payer quelques grammes de cervelle d'hyène vendue à partir de 500 DH le gramme".

Recommandé par "un ami", le riche commerçant avait demandé à rencontrer Brahim dans un palace de la capitale. Une avance de 40.000 DH avait réussi à mettre en confiance le jeune homme qui, tout en maîtrisant quelques notions de sorcellerie, ne faisait essentiellement que ... des herbes et autres matières premières pour mixtures magiques et onguents médicinaux.

Il a fallu alors attendre plusieurs mois avant qu'un "arrivage" soit pressenti. Le temps que l'on signale par la grâce du bouche-à-oreille, l'arrivée de quelques bêtes stockées quelque part chez un intermédiaire. Depuis quelques années, les livraisons locales se font rares car les hyènes sont en voie de disparition au Maroc.



C'est également le cas des gazelles et des cerfs qui sont considérés aujourd'hui comme des espèces rares et en danger. L'hyène locale tachetée constitue d'ailleurs le must pour sorciers et autres fqihs qui préfèrent les produits maison pour concocter des talismans sur mesure. Les marchands voisins de Brahim, eux, sont moins prolixes. Malgré les cadavres des gros lézards et autres renards suspendus à la devanture des boutiques, à l'évocation des organes d'hyène, les visages se ferment, la méfiance est de mise. Mais une fois rassurés, les marchands se laissent aller à l'évocation du bon vieux temps, à l'époque où la demande et l'offre étaient particulièrement florissantes. Depuis quelques années, le gros de la demande est assuré par des hommes politiques particulièrement stressés par une trop longue traversée du désert et de riches bourgeois du Golfe, venus découvrir en même temps les délices de la chair fraîche locale et le pouvoir de l'occultisme version marocaine.

Aujourdhui, le gros du trafic prend naissance en Afrique noire. Au Togo, au Congo mais surtout au Mali où souvent, ce sont des sorciers qui ont pignon sur rue qui contrôlent ce trafic. Cette délinquance est surtout l'apanage dun banditisme pur et dur où braconniers, sorciers, intermédiaires et clients sont unis par le même souci, celui du secret absolu. Pour les moins hardis, il suffit de se rendre dans un marché comme celui d'Akodessewa, à Lomé au Togo, pour s'approvisionner en organes d'hyène, en crânes d'oiseaux, en peaux de singes et en ossements divers. Avec le mode demploi en bonus. Le tout est de savoir tromper la vigilance des policiers à l'aéroport Mohammed V.

Les trafiquants ont d'ailleurs une parfaite connaissance de la psychologie de tout ce beau monde qui évolue à la limite de la légalité. A moins dune dénonciation, les choses se passent plutôt bien. C'est ce qui était arrivé à la femme arrêtée l'été dernier à Khénifra.



On se rappelle laffaire de cette dame dun certain âge, embastillée le 11 août 2004 à Khénifra. Elle servait d'intermédiaire entre les trafiquants et les clients.

La police avait trouvé dans son frigo deux hyènes découpées en morceaux. La prévenue avait indiqué aux enquêteurs qu'elle était sur le point de livrer une hyène à 80.000 DH à un client régulier. La femme avait été arrêtée sous l'inculpation "descroquerie et possession d'organes nuisibles pour la santé".

Nous avions à l'époque contacté la police de Khénifra, qui ne voulait pas trop s'étaler sur cette affaire. Une gêne qui s'explique par le fait que le législateur ne sait pas trop comment et dans quelle case classer les affaires de sorcellerie. "L'essentiel des affaires traitées par la justice se termine d'ailleurs en queue de poisson parce que, non seulement les délits sont difficiles à cerner mais en plus, nous sommes peu préparés à ce type d'enquêtes" analyse ce policier.

Interrogé sur les vertus de ces grigris à base de cervelle d'hyène, un guérisseur traditionnel prétend que la cervelle mélangée à une quarantaine d'herbes sélectionnée au Sahara donnerait des vertus de séduction. Le fameux filtre d'amour version locale. Efficace pour faire se pâmer d'amour et de désir ces belles dames et pour se faire obéir au doigt et à l'oeil !

La langue aussi aurait des vertus magiques, mais beaucoup moins fortes que celles de la cervelle.

Un autre fqih dénonce certaines propriétés redoutables des organes d'hyène, telles que l'esclavage psychologique et physique d'une personne qui aurait été soumise à la préparation. L'expression typiquement marocaine "il a mangé de la cervelle d'hyène" ne signifie pas moins qu'un individu n'a plus de volonté, qu'il est incapable de la moindre initiative personnelle.

Aujourd'hui, malgré le téléphone portable, la parabole et la Mercedes, le Maroc reste pour les observateurs, même les moins avertis, le terrain de prédilection de la sorcellerie et de l'occultisme.

Si le marché parallèle du trafic d'hyène enrichit une petite tribu de malfrats de haut vol et de marchands marrons au détriment des paumés de tout poil, le boom de la sorcellerie ne concerne pas uniquement les pauvres bougres des quartiers populaires. Demandez à ce sorcier installé en plein quartier résidentiel de lAgdal et vous serez étonné du chiffre d'affaire réalisé grâce aux honoraires faramineux déboursés allègrement par de grosses pointures du monde des affaires et de la politique. En témoigne la disparition de la dernière hyène du zoo de Aïn Sebaa subtilisée, par une douce nuit dété, il y a quelques dix ans de cela, par des individus opérant sous les ordres dun certain Abdelmoughit Slimani.


SOurce: Tel Quel


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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Ven 4 Sep - 13:28



Souk el Gharb à Casablanca: Le mauvais sort des voyantes


Chaque jour, hommes ou femmes, aussi bien illettrés qu'instruits, envahissent Souk Al Gharb, plus connu sous le nom Marché Jemaâ, situé à Derb Soltane. Ici, il n’y a pas que les courses qui se font mais aussi les tatouages au henné et surtout des pratiques liées au charlatanisme.

Et ce n’est un secret pour personne. La voyance et la sorcellerie y battent leur plein. Les gens en provenance des quatre coins de la métropole viennent presque tous les jours solliciter les "Chouafattes" et les "Sehharrattes" qui officient là-bas. Ces vieilles femmes, dont la pondération proverbiale n’a d’égale que le sérieux auprès de leur clientèle, y volent la vedette. Elles sont bien servies aussi par les tortues, les chauves-souris, les serpents, les types de " bkhour " que l’on vend au Souk Jamaâ. Tout se passe dans les petits locaux jouxtant les échoppes du marché. C’est là où les vieilles sorcières voyantes proposent plusieurs variétés d'huile ou crèmes collantes de matières premières, de plantes pour les rites d’usage, triées et placées dans des bocaux en vue des clients. Un spectacle abracadabrant où les clients, toutes catégories sociales confondues, finissent par s’y immerger, ignorance et crédulité aidant. Mais, quelconque flâne dans les environs s’aperçoit que même des jeunes filles cultivées et urbanisées n'hésitent pas à les solliciter pour accroître une richesse, trouver un emploi, un mari, ou pour exorciser le " mauvais œil ".



C’est pourquoi ces locaux connaissent une grande affluence. Devant chaque maisonnette, il y a comme une salle d'attente où une dizaine de personnes consultent les cartes pour 20dh la séance. A l’intérieur, les voyantes sont assises majestueusement sur une sorte d’estrade qui leur permet de mieux contrôler leurs clients. Sans aucun effort intellectuel ni persuasif, elles arrivent à les convaincre. Mais, elles ne semblent pas particulièrement manipulatrices et sont toutes illettrées mais dotées d'une intelligence et d’une éloquence qui poussent toute personne à croire à leurs boniments. Les "Sehharrattes" ainsi que les voyantes ignorent les répercussions à caractère moral et physique que risquent de provoquer leurs produits voulus «magiques » et toxiques. Pour elles, le plus ardent, c’est de se faire des recettes record.



En attendant toujours leurs tours, les clients ne s’ennuient pas vraiment. Les femmes ouvrent des discussions entre elles. Elles parlent de tout et de rien, évoquent leurs histoires, leurs malheurs, et leurs expériences avec les sorcières. En témoigne cette femme encore célibataire malgré ses quarante printemps.

Elle a déjà effectué le tour des "Sehharrattes" partout au Maroc. Dans l’attente de son tour, elle raconte l’histoire d’une certaine Chrifa, connue pour son don dans le domaine de la sorcellerie, qui réside dans une villa luxueuse à Salé.
«Pour pouvoir rencontrer Chrifa, il vous faut une fortune. Elle exige que votre compte bancaire soit bien garni et vous impose mille et un rites et bien sûr une offrande généreuse», explique-t-elle aux autres femmes. On y imagine aussi.

L’offrande que les sorcières exigent consiste souvent en quelques poulets, des tranches de viandes ovines, des bougies, du henné etc. Mais dans le cas de Chrifa, «il s’agit au minimum de dix mille dirhams cash en plus de quelques cadeaux», poursuit cette forme. Dix mille dirhams cash, n’est-ce pas trop pour une sorcière? «Non, répond elle. Sa clientèle se constitue essentiellement des officiels et des happy few. En plus, c’est Chrifa qui choisit ses clients. Et elle est très catégorique dans ce cas. Sa réputation est faite. Et c’est nettement perceptible dans ses pratiques». Ici, à Derb Soltane, la situation n’est pas la même. Les clients sont des gens très modestes. Leurs cadeaux ne dépassent guère des bougies et du henné, rehaussés par des billets de 20, 50 ou 100 dirhams au maximum.



Bref, la sorcellerie gagne du terrain de plus en plus. Les rites meublent la vie de ces gens qui y croient encore. Et avec cet esprit, les chouafattes se font de nouveaux clients chaque jour en espérant les garder sous leur emprise. En attendant, ces vieilles femmes continuent de leur donner de faux espoirs. Et un brin de vie.

Et comme disait Julian Huxley :"Il sera bientôt aussi impossible à un homme ou à une femme instruits de croire en Dieu qu'il leur est impossible de croire aujourd'hui que la terre est plate, que les mouches apparaissent par génération spontanée, que la maladie est une punition divine ou que la mort est toujours imputable à la sorcellerie. Les dieux sans doute survivront mais sous la protection des droits acquis ou à l'abri d'esprits paresseux, ou comme marionnettes aux mains des politiciens, ou comme refuge pour les âmes malheureuses et ignorantes."

Mardi 21 Juillet 2009
ANAS WARRAK
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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Dim 6 Sep - 19:57

CONJURER LE MAUVAIS SORT




La main de fatma ou de fatima est une amulette en forme de main à cinq doigts mais avec la singularité de présenter deux pouces. “ Main de fatma ” est un terme français, comme nous le décrirons plus loin, en réalité elle est connue sous le nom de “ khamsa ” dans les cultures dont elle est issue, ce qui correspond aux nombre du doigts de la main. Le chiffre cinq était considéré comme un chiffre protecteur par les populations païennes nord Africaines bien avant l’avènement de l’Islam. Khamsa est un terme utilisé autant par les Juifs que les Arabes.

La fonction qui était attribuée à cette amulette était la protection contre le mauvais œil celui du regard de l’envieux qui pouvait être contrer grace à cette dernière.

Pour les juifs d’Afrique du nord le chiffre 5 est associé à la lutte contre l’Aïn, le « mauvais œil », celui du regard de l’envieux, de la pensée du jaloux qu’il faut absolument contrer à l’aide d’une amulette. La main grande ouverte oppose un stop au mauvais oeil.

Pour les musulmans la symbolique de la main de Fatma est différente. Pour les musulmans l’origine de la main de Fatma et du chiffre 5 est liée au prophète Mohamed.

Dans le cas, des porte-bonheur, il y a sans doute, au départ, une question de pudeur et de bon sens qui a pris l’ampleur d’une superstition.

La main protège du regard, fait barrière au mauvais œil. Ce sont des bijoux que l’on met à l’enfant, en général, au moyen d’une épingle ou autour d’une petite chaîne. Souvent, les amis ou les proches les offrent en cadeau et on se retrouve vite avec une panoplie complète anti-mauvais œil.




Au Moyen-Orient, c’est une perle bleue, ou une pierre bleue, un lapis-lazuli, par exemple. Parfois, on la retrouve sous la forme d’un œil bleu. La couleur bleue est censée réfléchir le regard malfaisant. On conjure aussi le mal par le mal : un œil par un œil.


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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Mar 8 Sep - 8:52

LA MAGIE DU VAUDOU


“Nous sommes éduqués à croire et non à savoir. La croyance peut-être manipulée. Seul le savoir est dangereux.”



Le vaudou est une religion qui tire ses racines d'Afrique, plus précisément du polythéisme Fon et Yorouba pratiqué dans le golfe du Bénin, à cela s'ajoutent des cultes dahoméens. Les nombreux esclaves d'Haïti, s'accomodèrent par obligation du mélange de ces divers rites, moitié religieux , moitié magique. Elle se pratique toujours au Bénin et au Togo, et s'est répandue aux Etats Unis (Louisiane) et à Haïti grâce aux anciens esclaves africains. Le vaudou est le culte des esprits du monde (vaudou signifie en langue fon "Culte des esprits"), qu'ils soient bienvaillants ou non. Comme beaucoup de cultes, il s'agit d'un mélange de spiritisme, de magie et de croyance (catholique en l'occurence).



Le nom de vaudou, symboliquement, représente un être surnaturel et tout puissant, l'imagerie en est un serpent non venimeux, à qui l'on attribue le don de prédire l'avenir. Les croyances vaudou se basent sur une généalogie des Dieux, leurs relations mutuelles, leurs fonctions, leurs classifications, à cela s'ajoutent des rites dont usent les prêtres appelés houngan et bokô, rites destinés à honorer les loas, qui représentent des divinités, des génies et des esprits ancestraux que le vaudouisant vénère au cours de la cérémonie. Les loas dont les manifestations peuvent aller jusqu'à la possession se manifestent à différentes occasions, qui vont du choc émotionnel, des bombances, des noces, d'un deuil, des danses et des cérémonies présidées par un houngan.


OGOU


Il existe un nombre important de loas, notamment Ogou, Erzulie, Dambala, Tit-Jean, Marinette...


Baron Samdi


Souvent, les plus redoutables d'entre eux sont les plus sollicités, ainsi Balé-Rouzé qui rétablit l'ordre avec une grande violence, et le plus connu, Baron-Samedi, génie de la mort et des cimetières. C'est d'ailleurs, dans ceux-ci qu'il est célébré le jour des morts par de femmes habillées de noir et de pourpre. Baron-Samedi s'empare du corps de ses fidèles, qui sont alors pris de frénésie, c'est alors que de leurs bouches sortent des chants obscènes, et ils gesticulent tout en dansant d'une façon lascive, le tout accompagnés de violents déhanchements. C'est également à lui qu'il faut s'adresser pour “fabriquer” un zombie en lui sacrifiant un bouc noir. Pour les catholiques Baron-Samedi serait Satan.



Le vaudou étant une religion évolutive, les rites s'adaptent et évoluent suivant les époques, ainsi, à certaines occasions, ce culte admettait le cannibalisme. Voici un témoignage à titre d'exemple, en 1869, un prêtre français se mêla aux cérémonies dans la forêt, il acquit la certitude que le sacrifice dit du “chevreau sans corne” était une immolation humaine : “La foule s'ouvrit et laissa voir un enfant assis, les pieds liés, la victime fut enlevée par une corde passée dans une poulie, et un sacrificateur s'approcha d'elle un couteau à la main....Le lendemain, on retrouvait le crâne de l'enfant parmi les débris de la fête”.



Les pratiques vaudou présentent des aspects multiples, allant d'ordonnances religieuses plus simples, au domaine magico-sacré, jusqu'à la magie noire, en effet, on peut également recourir au loas de façon maléfique. Voici des exemples d'ordonnances faites par le clergé, il s'agit d'oraisons, prières catholico vaudou enfermées dans un sachet en cuir, pendues au cou du fidèle, la pratique la plus courante est de les avaler avec une gorgée de liquide : “J'ai mangé trois passeports, celui du loa Guédé, la prière Saint-Nicolas et celle de Saint-Bartol”. (Déan)



Les amulettes sont aussi fort prisées, elles consistent en colliers confectionnés avec de fausses perles colorées, de sachets remplis de divers éléments, en résumé, d'objets, de cordons que l'on porte au cou, sur les reins, aux bras et aux jambes : “Le bokô a pris des clous et les a attachés en forme de croix que je porte en talisman avec une chemise rouge et noire”. (Accélent) Les bokôs confectionnent une substance liquide qui a des propriétés magiques dont ils remplissent des flacons et qui ont chacune leur usage propre. Divers ingrédients entrent dans ces préparations, encens, souffre, corne de cerf, lavande rouge, poudre d'yeux d'écrevisses....cela pour les produits non toxiques, parallèlement, il arrive fréquemment que l'on utilise des produits plus dangereux et malpropres, comme le cyanure de fer, l'assa-foetida, surnommé “excrément du diable”, la sulfite de potasse, l'eau de répugnance, l'ammoniaque et la mort-aux-rats.



En magie noire contre les gêneurs, on emploie de fortes doses de calomel, du vitriol et de l'arsenic. Le contenu de ses bouteilles est destiné à des frictions sur tout ou partie du corps, ainsi Uranie explique : “Le houngan a équipé une bouteille pour que la goule ne boive pas mon enfant, il a mis de l'indigo, de l'ammoniaque, du jus de répugnance, de la mort-aux-rats diluée, du jus de manioc amer, du fiel de boeuf et de la graine d'acajou rapée”. Il est évident que pour nous européens, les rites vaudou de magie noire restent ceux qui ont le plus marqués l'imagination, ils ont servis à alimenter les scénarios de cinéma et sont à la base d'une importante littérature.



Cette catégorie se nourrit de maléfices, de rituels de sang, de sacrifices d' animaux, mais, cela peut aller jusqu' au sacrifice humain, voici un témoignage receuilli par Jean Kerboul qui nous narre un exemple arrivé au sein de la société secrète “Les Diables” réputés mangeurs de chair humaine : “Philistin voit ses affaires aller à vau-l'eau, en dépit de tous ses efforts. Il rencontre Ovilma, lui parle de ses problèmes, celui-ci, lui promet de l'aide s'il est prêt à de gros sacrifices et garde le silence. Ils voyagèrent une journée entière à cheval afin de se rendre dans un lieu ”hanté”, à la nuit les deux compères arrivent. Une bande d'hommes est rassemblée dans une maison sise au milieu de la forêt. Tout le monde passe à table, le novice auprès de son parrain, en face d'un homme qui paraissait le chef de la réunion. Son camarade avait dit à Philistin de l'imiter en tout, et voici que quatre hommes arrivent avec un lourd plateau qu'ils déposent sur la table. C'était le corps d'un homme avec sa tête, qu'un Landru avait cuit au four, juste grillé comme un poisson. Ovilma donne sa part à Philistin. Celui-ci saisi d'horreur, ne parvenait pas à manger la moindre bouchées. Le chef se lève alors et le conduit dans une pièce voisine, sans doute pour le réconforter. On lui tend un verre de vin : il va le boire, mais c'était du sang frais de la victime et il ne peut, cette fois encore vaincre sa répugnance. C'en était trop, on ferme la porte de communication : il était prisonnier de la société et son tour allait arriver”.



La notion de rachat et de vente de personnes est aussi très pratiquée, en effet, il arrive fréquemment que l'on vende quelqu'un, cela correspond le plus souvent à un procédé criminel, après s'être procuré un objet appartenant à cette personne, on l'apporte au bokô à qui l'on donne généralement un prix de vente élévé, l'arrêt de mort est signé, le magicien se charge du reste : “Quelqu'un m'avait mise à bout, le bokô m'a dit : “apporte-moi une poule ainsi qu'un pantalon bleu du type”. Il m'a donné un morceau de poule avec de la banane-plantain. Je ne sais au juste comment, mais le type en question est mort”. On peut se vendre au Baron au cours d'une cérémonie afin d'attirer ses grâces, Anucie raconte : “Toute la famille s'est retrouvée au cimetière, le magicien a passé une poule sur l'assistance, a pris les ongles de la bête, a grillé un poisson, il a pris une touffe de cheveux au ras de la tête de chacun, des rognures d'ongles, puis il a fait coucher tout le monde, a mis les noms sur un cahier, tous étaient rachetés au Baron.



Une autre croyance, certifiée par des prêtres haïtiens, est la transformation de certains fidèles en loup-garou, créature mi-vampire, cannibale à certaines occasions, dans la plupart des cas ces monstres seraient des vampires femelles qui agiraient la nuit, elles attaqueraient surtout les bébés qu'elles videraient de leur sang, il existe un nombre important de légendes qui attestent la véracité de ses métamorphoses.



Un autre aspect marquant du vaudou est certainement la “fabrication du zombie”, alors qu'il y a encore quelques décennies, celui-ci était un mort-vivant, le voile a été en partie levé grâce à un brillant ethno-botaniste Wade Davis qui a fait une étude sur le vaudou et sur le poison à zombie, en fait, le zombie serait un humain qu'un houngan aurait drogué à l'aide d' une poudre qui annihilerait toutes ses réactions, cette poudre pourrait aussi être soufflée sur le visage. Cette mixture très compliquée contiendrait des ossements humains, des lézards, des crapauds séchés, un Bufo marinus, un ver polychètes, des plantes y seraient rajoutées, une sorte d'albizzia, un poisson globe qui contient de la tetrodotoxine, celle-ci provoque une paralysie qui entraîne une immobilité totale durant laquelle la frontière entre la vie et la mort devient incertaine : on fait griller les animaux, on place le tout dans un mortier pour réduire ce mélange en poudre et on le tamise. Cette drogue a pour effet d'abaisser le métabolisme humain, ce qui leur donne l'apparence de la mort.



Il y a encore quelques années, lorsque l'on constatait la mort, l'inhumation était trés rapide, souvent l'enterrement avait lieu le jour du décès, il était alors très simple pour le houngan de venir la nuit déterrer et réanimer la victime. Le but d'une telle pratique étant de faciliter l'enlèvement d'une personne , soit dans le but de la réduire à l'esclavage, soit dans le but de lui voler ses biens. De nos jours, le vaudou est resté très populaire à Haïti, à ces rites de croyance profonde, s'ajoutent un “vaudou touristique”, où de nombreux étrangers paient des sommes assez importantes pour assister à des cérémonies qui tiennent plus du spectacle que de la foi, mais peut-on blâmer la population très pauvre d'essayer de tirer parti d'une coutume qui finalement laisse aux touristes en mal de sensations fortes des souvenirs colorés.



Bibliographie :

DEWISME C. : Les zombis ou le secret des Morts-Vivants – Grasset – 1957
KING X Francis : Sorcellerie et démonologie – CIL – 1987
KERBOUL Jean : Le vaudou, religion ou magie – Laffont -1973
METRAUX Alfred : Le vaudou Haïtien – Gallimard – 1958
NICOLAY Fernand : Histoire des croyances – Retaux Victor – 1900
VILLENEUVE Roland : Dictionnaire du Diable – Bordas - 1989
WADE Davis : The serpent and the Rainbow – New-York -1985

Rédaction et recherche : Elisandre
http://www.heresie.com/vaudou.htm
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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Mar 8 Sep - 8:53

LES POUPEES VAUDOU



Les poupées Vaudou sont le stéréotype de la sorcellerie moderne et font partie des croyances populaires. La poupée représente l'esprit une personne, et les actions sur la poupée sont supposées avoir des effets sur la personne à travers la poupée.

Cette description correspond plus aux Dagydes qui sont des poupées de cire ou de chiffons utilisées lors de cérémonie de sorcellerie occidentale. La dagyde ne sert pas uniquement à faire le mal, elle peut également servir à des pratiques de protection ou de guérison.

Contrairement aux croyances répandues, les poupées n'apparaissent pas en tant que telles dans le vaudou. Les fidèles offrent des poupées sur les autels d'Erzulie, mais elles ne visent pas à ensorceler. Les wangas ou ouangas, permettent en revanche de jeter des sorts (maladie, échec, rupture amoureuse ...) sans aller jusqu'à la mort. Ils prennent cependant la forme de paquets ficelés rassemblant plusieurs ingrédients, et non de poupées. L'image des poupées vaudous accompagne souvent les représentations du vaudou.
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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Mar 8 Sep - 8:55

MARIE LAVEAU, LA REINE VAUDOU



Marie Laveau était la reine Vaudou de la Nouvelle Orléans, elle y aurait dirigé le Vaudouisme durant près d'un siècle.

Elle serait née en 1794 dans le Vieux Carré, de l'union d'un planteur blanc, Charles Laveau, et d'une esclave d'Haïti, Marguerite Darcantel. C'était une femme de grande stature aux cheveux noirs ondulant et à l'oeil farouche.

Elle arriva à la Nouvelle Orléans durant sa jeunesse et se maria avec Jacques Paris en 1819. Nous ne savons pas si à cette époque Marie Laveau pratiquait déjà le Vaudou, en tout cas elle était une fervente pratiquante catholique, fréquentant assidument la Cathédrale de St Louis.

Peu de temps après le mariage Jacques Paris disparut, c'est alors que Marie se fit appeler Widow Paris. Elle devint coiffeuse, et proposait ses services aux riches femmes blanches de la Nouvelle Orléans,lesquelles leur confiaient leurs secrets. C'est probablement durant cette période qu'elle commença à pratiquer le Vaudou.Peu après elle se maria avec Louis Glapion, avec lequel elle aura plusieurs enfants dont Marie Glapion.

Sa fonction de coiffeuse lui permit très vite de connaître les secrets de tous les personnages les plus importants de la Nouvelle Orléans, et ainsi accroitre son pouvoir et son emprise sur eux. Elle mit alors en place un réseau de domestiques et d'esclaves chargés d'espionner leurs maitres. C'est probablement à partir des informations collectées de la sorte que Marie Laveau traitait les problèmes des personnes qui venaient la consulter.



L'une des histoires les plus connues concerne la façon dont elle acquit sa maison.Un riche Créole était venu la voir pour qu'elle lui accorde son aide. En effet son fils avait été arrêté pour meurtre et était sur le point d'être jugé, pour tout le monde il ne faisait aucun doute qu'il serait jugé coupable. Il promit à Marie Laveau, si elle réussissait à faire basculer le verdict en faveur de son fils une maison comme rétribution. La nuit qui précéda le procès, Marie pria à la Cathédrale de St Louis, avec trois piments dans la bouche.Le lendemain elle déposa les piments sous la chaire du juge qui, à la stupeur de tous, disculpa le présumé coupable.

Elle organisait des cérémonies Vaudou sur les abords du lac Pontchartrain durant lesquelles elle dansait avec un serpent enroulé autour de son cou. Elle élabora des milliers de gris gris, son vaudouisme était très inspiré de catholicisme, c'est elle qui a défini les règles initiales du Vaudou à la Nouvelle Orléans.

L'aspect le moins connu de Marie Laveau concerne son engagement notamment durant la période de fièvre jaune où elle soignait les malades. Elle fût également missionnaire dans le quartier des condamnés à mort de la prison de la Nouvelle Orléans. Elle était également propériétaite de "La maison Blanche", une maison close dans laquelle était organiséesdes cérémonies secrètes. Elle serait morte en 1881.Mais peu après sa mort nombre de personnes furent persuadées d'avoir vu son fantôme rôder. Très vite le bruit couru que Marie Laveau n'était pas décédée. Mais la thèse la plus communément admise est que ce fût sa propre fille, Marie Glapion, qui prit la relève et se fit passer pour sa mère après a mort. Beaucoup ont crut à l'existence d'une seule femme, cette jeunesse éternelle accentuait le mystère.

Encore aujourd'hui nombre de pratiquants viennent se recueillir sur sa tombe ou la prier d'exaucer un voeu. Selon la tradition, à chaque voeu on laisse une offrande et on grave trois croix sur sa tombe. Cela dit la tombe en question porte le nom de la fille, Marie Glapion. A l'heure actuelle nous ne savons pas exactement où est enterrée la véritable Marie Laveau.


http://espritduvaudou.ifrance.com/vaudou/html/marielaveau.html

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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Mar 8 Sep - 9:54

Victoire contre les prêtres vaudou




Les défenseurs de la protection de l'enfance au Togo viennent de remporter une grande victoire et pas contre n'importe qui: les grands prêtres vaudou. Les centaines de fillettes qui servent les divinités dans les couvents vont pouvoir en sortir et retourner à l'école.
La décision a été prise fin mai par "Maman Kponou" en personne, la "mère des divinités" du Togo.

Mais pour en arriver là, trois années d'intenses tractations auront été nécessaires entre les autorités, les associations de défense des droits des enfants et les prêtres vaudou, suite à certaines rumeurs de viol de mineures dans des couvents. Selon des enquêtes menées par les autorités, certaines fillettes, entre 7 et 12 ans pour la plupart, seraient également soumises au mariage forcé.

Il a également fallu de nombreuses offrandes aux divinités : boeufs, poulets, boissons, noix de cola, sans oublier de grandes cérémonies vaudou dans la forêt sacrée avec sacrifices animaux aux ancêtres.

A une soixantaine de kilomètres au nord de Lomé, "Maman Kponou" règne sur la forêt sacrée de Togoville. Cette femme d'environ 60 ans, pagne blanc toujours noué à la poitrine, le cou orné de longues perles multicolores, dirige plus de 150 divinités d'une douzaine de couvents.

Une centaine d'hommes pour la plupart dénudés veillent sur elle.

"Désormais, nos filles seront libérées après les rites initiatiques afin de leur permettre d'aller à l'école", affirme Togbui Gnagblondjro III, le président des prêtres vaudou.

"Ce fut un long processus ponctué de prières et de sacrifices aux ancêtres", raconte le grand prêtre.

"Les rites réservés aux filles auront lieu désormais pendant les vacances et durant deux mois", explique Houndjènouko, prêtresse de Hêviosso, le dieu de la foudre.

Selon des prêtres vaudou, plusieurs centaines de fillettes sont baptisées chaque année "vaudoussi" (adeptes de vaudou), après de longs rites initiatiques, entre trois mois et deux ans.

Mais au lieu de rejoindre leurs familles après ces cérémonies, elles restaient dans des couvents pour servir les divinités.

Durant ces rites, des "Hounsrou" (animateurs des couvents) leur apprennent notamment le langage et les règles de la communauté ainsi que les pas des danses sacrées.

Certaines fillettes sont scarifiées sur le front, à la poitrine, aux bras, pour les identifier par rapport à leurs divinités.

"Quel soulagement, ces filles sont enfin sauvées", se réjouit la députée et ancienne ministre chargée de la protection de l'enfant Christine Agnélé.

Inlassablement, Christine s'est battue en sillonnant les couvents du pays pour faire interdire cette pratique.

"Je salue le courage des autorités", commente sobrement Kwami Djogbessi: sa fille doit subir ces rites lors des prochaines vacances scolaires.

"Nous avons apprécié le fait que les autorités ne brandissent pas les textes, nos coutumes ont toujours leur poids dans certains milieux. Mais nous devons rester vigilants", avertit Cléophas Mally, le responsable de WAO-Afrique, une ONG de défense des droits des enfants.

Le code de l'enfant, voté en juin 2007, punit de un à cinq ans de prison toute personne qui aura "caché, soustrait un enfant dans le but de le priver de son état personnel et familial".

Apparu vers la fin du XVIe siècle sur les rives du fleuve Mono qui sépare le Togo du Bénin, le culte vaudou tourne autour de l'adoration du Dieu Mahu à travers des divinités représentées la plupart du temps par des mottes de terre.

Plus de 60% de la population togolaise (plus de 5 millions d'habitants) pratique ce culte où se côtoient environ 200 divinités, surtout dans le sud du pays.

Publié le 23 July 2008.

http://www.republicoftogo.com/central.php?o=5&s=37&d=3&i=2269


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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Mar 8 Sep - 10:35

Les prêtres sorciers du vaudou et de la macumba





Survivance de cultes primitifs africains «exportés» par les esclaves noirs, le vaudou revêt une dimension religieuse majeure, mais remplit aussi d’importantes fonctions sociales et politiques, à Haïti comme au brésil.

En 1980, un Nommé Clairvius Narcisse réapparait à Angéline, sa sœur, après dix-huit ans d’absence. Cette dernière à pourtant assisté à ses derniers moments dans un hôpital d’Haïti en 1962…



Clairvius lui raconte qu’en effet il se souvient de son « agonie» et des pleurs d’Angéline. Il rapporte que, tenu pour mort, il a été enseveli puis extrait de son cercueil le soir même pour être emmené aux environs de Cap-Haitien. Là, dans un état semi- comateux, il travailla durant des années comme «zombi» jusqu’à ce qu’il échappe à la tutelle de son maitre. Clairvius dit soupçonner l’un de ses frères d’avoir payé un boko, un sorcier pratiquant le vaudou, afin de le réduire à cet état d’esclave pour pouvoir bénéficier pleinement d’un héritage qu’il convoitait.

L’affaire connait un tel retentissement qu’en 1981, une équipe de la BBC est dépêchée sur les lieux pour enquêter. Elle fait appel à Lamarque Douvon, directeur du centre de psychiatrie de Port-au-Prince, qui s’intéresse au vaudou depuis les années 1950. L’équipe corrobore les dires de Clairvius, celui-ci a bien été victime d’une machination dans laquelle un sorcier vaudou est intervenu pour le droguer. Pourtant, sa famille et ses amis ne voudront jamais le revoir par peur de défier l’autorité du sorcier…

La «fabrique de zombi» est l’aspect le plus spectaculaire et le plus connu du culte vaudou. Mais, pour les sociologues des religions, ce phénomène est plus révélateur encore : il serait la reproduction du traumatisme subi par les noirs au temps de l’esclavage.

La religion des nègres marrons

En 1797 déjà, les autorités françaises de l’ile de Saint-Domingue, future Haïti, notaient dans un rapport que des « rassemblements dangereux, connus sous le nom de vaudou, continuent malgré les défenses qui avaient été faites ». Elles ajoutaient que « des serments affreux, dont l’accomplissement peut compromettre la sureté publique, sont prêtés entre les mains de ceux qui président à ces orgies » et interdisent ces réunions dans lesquelles prières et danses se confondent.



A cette époque, des millions d’africains ont été capturés et transportés vers le nouveau Monde ou, réduits en esclavage, ils travaillent dans les plantations. Les colons ont bien pris soin de mélanger les ethnies afin d’empêcher tout sentiment d’unité qui pourrait conduire à une révolte. Pourtant, nombre d’esclaves cherchent à fuir, à «marronner» comme on dit alors. Pour ceux que l’on commence à appeler les «nègres marrons», il reste une seule échappatoire : se retrouver en secret à la nuit tombée pour communier avec des forces mystiques supposées supérieures aux blancs.

Ils se forgent d’ailleurs une langue commune, le créole. On attribue à certains de ces esclaves des pouvoirs magiques… c’est autour de ces prêtres-sorciers, dans la ferveur de ces réunions nocturnes que se constituent des confréries secrètes qui sont l’expression vivante de la résistance à l’ordre colonial. Celles-ci sont d’autant plus soudées qu’elles puisent leur force et leurs références dans le riche patrimoine religieux africain.

D’un continent à l’autre

Le vaudou haïtien plonge en effet ses racines dans des rites anciens tout droits venus d’Afrique, pratiqués par les peuples du Bénin et du Togo qui vénéraient des puissances invisibles nommées les vodu. Ce sont des esprits, parfois les mânes divinisés de morts importants, soumis à Mawu, le grand dieu créateur, dont ils sont les messagers. Ils se manifestent aux hommes de différentes façons, le plus souvent en entrant en possession d’un des villageois qui devient leur porte-parole l’espace d’un moment.ils tirent leur force de sacrifices sanglants organisés par les prêtes de chaque tribu.



Passé en Amérique, ce culte a évalué dans le secret des rassemblements nocturnes des nègres marrons. Certains traits ancestraux ont subsisté, tandis que d’autres ont changé sous l’influence notamment du catholicisme. Ainsi, à Haïti, sous le nom de «vaudou», les descendants des esclaves perpétuent la religion africaine de leurs ancêtres dans le cadre d’initiations spéctaculaires.au Brésil, le syncrétisme entre les traditions noires africaines, le catholicisme et le spiritisme a donné naissance à la macumba qui possède également ses confréries d’initiés.

C’est aussi le cas à Cuba ou une religion secrète perpétuée par les peuples du Calabar a acquis un rôle semblable à celui de la franc-maçonnerie européenne…

Dans les terreiros de la macumba

La macumba est un terme générique qui regroupe différents cultes brésiliens dont le plus important est le candomblé pratiqué à Bahia. Proches du vaudou, ces croyances Afro-Brésiliennes vénèrent elles aussi un dieu suprême, Olorun, mais on y rend également un culte à des divinités inférieures, les orixa, qui portent des noms africains auxquels se sont superposés des patronymes catholiques : Notre-Dame des navigateurs, Saint Antoine ou même Jésus.



La Macumba se divise en deux branches, l'Umbanda (magie blanche) et la Quimbanda (magie noire).
L'Umbanda est surtout inspirée du spiritisme selon Kardec. Elle concerne, bien sur, ce qu'on retrouve en Magie dite blanche : guérison, protection etc... Dans le but d'aidé la communauté.

La Quimbanda est une magie sexuelle, qui cherche d'avantage les pouvoirs psychiques et la domination sur les autres.
Elle est aussi moins superstitieuse, peut être plus "pure" au niveau occulte.
Aussi mal vue que le Tantrisme pouvait l'être en Inde, cette Magie est plus discrète, moins connue car persécutée.


Les cérémonies ont lieu dans des temples appelés les terreiros. Entourés de palissades, ils sont le domaine des ministres du sacré, les pères ou mères des Saints.ces derniers sont assistés de danseurs et de médiums qui constituent une confrérie dont la majorité des membres sont des femmes. Intégrer ce groupe d’initiés requiert d’avoir été choisi par un esprit. L’élu(e) doit encore affronter les épreuves de l’initiation.

Après avoir pris contact avec un prêtre, il lui faut s’isoler de nombreuses semaines dans un terreiro ou il apprendra les prières, les rites et l’art d’entrer en transe, jusqu’au jour de la première possession qui authentifiera sa qualité d’initié. L’adepte doit enfin être béni dans une église catholique avant de rentrer dans son foyer.il devient dès lors attaché à un père ou de la mère des Saints. Cette société initiatique joue un rôle primordial, car elle fait le lien entre le monde des hommes et celui des dieux ou des ancêtres.

Un ciment de l’ordre social

Au fil des années, la macumba ou le vaudou ont été amenés à jouer le rôle de relais entre une société civile encore balbutiante et les autorités. Un discours politique n’est souvent crédible que s’il est légitimé par les dignitaires religieux. Plus étonnant encore, ces cultes sont devenus des éléments indispensables de stabilité sociale.

Les pouvoirs politiques brésiliens ont bien recherché à plusieurs reprises à fermer certains terreiros, jugés dangereux ou contestataires, mais ils ont du y renoncer à la demande des médecins qui voyaient se multiplier le nombre de patients souffrant de troubles mentaux, qui, en temps normal, s’en seraient remis aux esprits !il semble que les conditions d’apparition dramatiques de ces cultes initiatiques et des confréries qui les servent les aient rendus pour toujours indissociables des sociétés afro-américaines dans lesquelles ils sont partie intégrante.

Cela ne les empêche pas de connaitre un essor en dehors de leurs frontières ; le vaudou est désormais pratiqué aux États-Unis non seulement par des migrants noirs mais aussi par de jeunes blancs convertis. Certains sites internet proposent même aujourd’hui une initiation en ligne…

Écrit par Talassa
Lundi, 10 Août 2009

http://www.talassa.org/index.php?option=com_content&view=article&id=230:les-pretres-sorciers-du-vaudou-et-de-la-macumba&catid=36:religion
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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Mar 8 Sep - 20:55

Massacre de Vaux-le-Pénil : un quadruple assassinat sur fond de rituel vaudou


Le 16 septembre 1995, toute une famille, Donald Davila, sa compagne Stéphanie Sané, leurs deux enfants Donald Junior et Donatella, âgés de 3 et 2 ans, sont massacrés au coupe-coupe dans leur maison de Vaux-le-Pénil. En l’absence de cadavres, on croit d’abord à une fugue puis à la séquestration dans une secte. Les corps seront finalement retrouvés un an plus tard et trois suspects seront alors arrêtés. L’un d’eux, Edgard Boulai, un Antillais de 44 ans, comparaît actuellement devant les Assises de Melun. Il plaide non coupable.



La République
Publié le: 12 juin 2000
Au quatrième jour d’un procès qui s’annonce comme le plus long qu’ait connu la Cour d’Assises de Melun (8 jours pleins), la cause d’ Edgard Boulai, semble de plus en plus difficile à tenir. L’accusé du quadruple assassinat de Vaux-le-Pénil en septembre 95 s’accroche en effet toujours à sa version: la famille Davila l’aurait quitté au matin du dimanche 17 septembre pour rejoindre une secte en lui confiant les clefs de la maison. Une thèse que semblent réfuter autant certains faits précis que l’ensemble des témoins cités jusqu’à présent par la partie civile. A tel point que chacun se demande déjà comment l’avocate de la défense, maître Aude Lequerre-Derbise, va pouvoir argumenter le «non coupable» de son client, lorsqu’elle entrera en action.

Ouvert mardi dernier, le procès n’a réellement commencé qu’avec le témoignage saisissant du commandant de police, Brigitte Carré de Lusancay. A la barre durant près d’une heure, la responsable de l’enquête de police a méticuleusement détaillé le lent travail de fourmi qui a permis de recoller les morceaux épars du puzzle macabre découvert un an après les faits: l’exhumation des quatre corps dans le terrain en septembre 96 qui a permis la mise en examen et le placement en détention d’Edgard Boulai, de sa maîtresse, le docteur Monique Binard, et d’un «ami» au rôle toujours très confus, Serge Roland Euranie (ces deux derniers ont été libérés après quatre mois de préventive).

En complète contradiction avec la thèse d’Edgard Boulai, l’enquêtrice s’est notamment appliquée à évoquer les dernières heures de la famille Davila (lire ci-dessous) en citant les nombreux recoupements obtenus au fil de l’enquête. Elle a en outre teinté son récit des ombres menaçantes de liturgie vaudou qui semblent planer sur toute cette affaire. Boulai, né en 1956 à Basse-Pointe en Martinique, est en effet très imprégné de culture vaudou et semble en proie à des croyances obsédantes proches de la sorcellerie et de la magie noire qui pourraient être en rapport avec les terreurs et les phobies dont il est lui-même victime.

Boulai coupable idéal?

Au fil des débats, l’accusé apparaît comme un être fruste disposant d’un vocabulaire particulièrement modeste. Un fort accent créole, la «patate chaude», rend difficile la compréhension de ses paroles qui de toute façon restent évasives et souvent frappées d’amnésie. Son impressionnante stature se voûte pour mieux s’approcher du micro. Boulai semble calme, détendu parfois presque étranger aux évocations, même les plus douloureuses. De l’avis de ceux qui l’ont connu, le sevrage d’alcool consécutif à sa détention lui a permis de «désenfler» et de retrouver sa carrure athlétique normale. Reste ce regard - «impressionnant» diront tous les témoins... «que l’on ne peut pas soutenir!» - qui apparemment n’a pas contribué à le rendre sympathique à son entourage d’avant les faits, fut-il occasionnel. Là encore, la réputation d’Edgard Boulai, n’est pas flatteuse. Un «embrouilleur», un «trouble-fête», un «violent»...un «psychopathe asocial» dira l’expert psychiatre dans un portrait sans originalité. Boulai, l’antipathique de service qui ne peut et ne doit pas être le coupable idéal aux yeux des jurés. Tout le travail de la défense portera sur cette question. Mais avec quels arguments?

Sur leur terrain de Vaux-le-Pénil

Les dernières heures d’une famille

Ce soir du 16 septembre 1995, rien ne laisse vraiment supposer que les membres de la famille Davila vivent leurs heures ultimes. C’est ce jour-là que leurs amis les verront pour la dernière fois par plusieurs amis

Le film des événements peut commencer le vendredi 15 septembre 1995. Ce jour-là, Donald Davila a aidé l’un de ses copains, Alain Isabel, à livrer du bois jusque vers 19h30. En soirée, Donald à qui l’on a proposé de remplacer le bassiste du groupe melunais Raïness, à la «Fête de l’Huma», décide finalement de s’y rendre, mais simplement en spectateur. Il emmène toute sa famille. Le lendemain, Stéphanie est à son poste au lycée Jacques-Amyot. Elle raconte sa soirée. Elle quitte son service à 14h30 et une demi-heure plus tard, elle est chez elle. Outre sa petite famille, elle y retrouve plusieurs amis occupés à papoter. Boulai est là également. En début d’après-midi, il est passé prendre Monique Binart à la sortie de son cabinet médical. Tous deux iront porter un autoradio en réparation chez «Marinelli» vers 17 heures. Tout à coup une dispute éclate entre Edgard et Donald. Rien de bien méchant. L’après-midi passe et la maisonnée se vide peu à peu des amis. Vers 20 heures, une voisine installée sur sa terrasse, entend une violente dispute entre deux hommes. Elle identifie au moins la voix de son voisin Donald. Après dix minutes environ, elle entend des claquements de portières puis le silence revient. Une autre voisine confirme la dispute, mais celle-ci ajoute qu’elle voit E. Boulai, furieux, quitter le terrain et monter dans son véhicule qui refuse de démarrer. Il en ressort plusieurs fois pour vérifier le moteur, faisant claquer portière et capot, puis finalement, réussit à partir.

Monique Binard est présente ce soir-là sur le terrain, si l’on en croit ses premières dépositions (à la police et au juge d’instruction) sur lesquelles elle revient maintenant, elle dit être séquestrée dans un cabanon. Elle dit aussi qu’endormie, elle croit entendre «des cris de bête blessée, saccadés et inhabituels». Elle renouvellera la version en parlant de «cris d’animaux que l’on égorge». Elle est terrorisée en pensant à la machette que possède Boulai. Elle craint pour sa vie. Le lendemain, le dimanche 17, elle rentre chez elle et Boulai est aperçu revenant tout seul, en début d’après-midi. Plusieurs visiteurs successifs le découvriront au cours de cet après-midi, affalé sur le canapé, très fatigué et très sale. Personne ne reverra plus vivant aucun des membres de la famille Davila. Dès le lundi Edgard Boulai entame la procédure de changement d’adresse. Les corps ne seront retrouvés qu’un an après, le 23 septembre 96. Alors et alors seulement, on envisagera l’assassinat.

L’ombre vaudou

Ti mouchoir et vaudou main gauche

Comme pour en rajouter à l‘horreur des faits, une ombre pèse sur ce procès: celle du vaudou. Cette croyance animiste venue d’Afrique de l’Ouest et largement répandue dans les Caraïbes s’apparente à la sorcellerie et à la magie noire, même si, par certaines composantes, elle puise ses origines dans un dévoiement du christianisme. Boulai semble particulièrement imprégné de cette culture vaudou. L’un de ses amis, un certain Wilfrid, d’origine haïtienne, installé aujourd’hui au Canada, lui servait de gourou. C’est à Wilfrid que Boulai demande un «mouchoir» capable de «faire un travail», ce qui en jargon vaudou signifie qu’il doit être envoûté. Boulai réclame ce mouchoir pour s’en servir comme philtre d’amour et pouvoir «contrôler les femmes». Il recevra le mouchoir accompagné d’un petit mot: «Je t’envoie le mouchoir, il s’appelle ti-Marie et sa marraine est Monique». Une cinquantaine de coups de téléphone seront enregistrés entre les deux hommes dans les semaines qui précèdent le drame.

Vaudou encore avec la présence de poules noires dans le poulailler que Boulai installe à Vaux-le-Pénil, une fois qu’il prend possession de la maison. Lorsqu’il coule une dalle de béton dans le cabanon en bois, il prend soin d’y noyer le cadavre d’un rat. Boulai saoule les coqs. De même, le jour de la découverte des corps de la famille Davila, le 23 septembre 1996, Boulai, encadré par les policiers, aperçoit le cadavre de l’une de ses poules noires: il réclame avec empressement de pouvoir l’enterrer aussitôt. Quelques minutes plus tard, la pelleteuse s’approche du tas de terre et de détritus où sont encore enfouis les corps, juste derrière la maison. Boulai change littéralement de couleur et transpire. Le cadavre de la petite Donatella sera le premier à apparaître au côté de son jeune frère. En dessous, sous un matelas, les parents. Au-dessus des cadavres, il y a des restes d’animaux, des plumes blanches mêlées à la terre. Sur les corps, on devine encore les traces de machette qui ont causé la mort: Stéphanie a été égorgée, Donald éventré et les deux enfants ont eu la tête fracassée.

Dans la maison, les policiers découvrent un masque rituel. Les habitués sont formels, ce masque n’était pas là du temps des Davila. On parle de Papa Hogu, une sorte d’esprit que l’on calme avec des armes blanches.

Dans son témoignage, le capitaine de police, Béatrice Mouras, évoquera aussi ces petits pots pour bébé, ouverts, qui sont encore dans la maison du drame un an après. Une nourriture posthume que l’on laisse aux esprits des enfants pour ne pas qu’il vienne persécuter les vivants.


http://www.larepublique.com/news/fullstory.php/aid/795/Massacre_de_Vaux-le-P_E9nil_:_un_quadruple_assassinat_sur_fond_de_rituel_vaudou.html
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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Mer 9 Sep - 10:58

LES SORCIERES DE SALEM




GOYA



Durant l'hiver glacial de 1691/1692, Betty Parris et Abigail Williams, respectivement fille et nièce du révérend Samuel Parris, se mettent à agir d'une curieuse manière : elles parlent une langue inconnue, se cachent, traînent des pieds en marchant. Les médecins consultés ne parviennent pas à identifier le problème ; l'un d'eux conclut même à une possession satanique. En réalité, ces jeunes filles avaient tout simplement mangé du pain de seigle moisi. Or le seigle produit un champignon, appelé ergot de seigle (du aux mauvaises récoltes de cette année là), qui provoque des effets psychoactifs. C'est d'ailleurs à partir de l'ergot de seigle que le professeur Albert Hofmann créa la molécule de synthèse qui devint le LSD.

Au XVIIe siècle, l'église catholique prétendait que la sorcellerie était le pire de tous les pêchés. Elle était le fruit d'un pacte avec le diable. Les pasteurs protestants, pour leur part, rendaient Satan responsable de tout phénomène surnaturel. On croyait donc, à cet époque, que les symptômes comme les crises de nerfs, les convulsions et le délire auxquels on ne trouvait aucune explication médicale, étaient l'oeuvre de sorcières agissant au nom du prince des ténèbres. 1692, une véritable chasse aux sorcières a commencé dans un village de la Nouvelle-Angleterre appelé Salem.

Parris et les autres notables de la ville pressent Betty et Abigail, puis les autres jeunes filles atteintes de manière identique, Ann Putnam, Betty Hubbard, Mercy Lewis, Susannah Sheldon, Mercy Short, et Mary Warren, de nommer ceux qui les ont maudites. Les jeunes filles se décident alors à donner des noms.





Les trois premières femmes accusées sont Sarah Good, Sarah Osborne et Tituba. Sarah Good est une mendiante, fille déshéritée d'une aubergiste française qui s'était donnée la mort quand Sarah était adolescente, une femme louche : elle murmure quand on lui donne de la nourriture. Sarah Osborne est une vieille femme, alitée, qui a mérité la réprobation générale en captant l'héritage des enfants de son premier mari pour le remettre à son nouvel époux. Quant à Tituba, c'est l'esclave barbadienne (ou Ashantis) de Samuel Parris. Tituba est née à La Barbade, d'une mère esclave violée par un marin. À cause de cela, sa mère ne l'aime pas et elle devient la fille spirituelle de Man Yaya, une guérisseuse. Elle rencontrera et épousera John Indien, ce qui l'entraînera jusqu'à Boston puis à Salem .


La maison de Rebecca Nurse


Les trois femmes sont officiellement accusées de sorcellerie le 1er mars 1692 et mises en prison. D'autres accusations suivent : Dorcas Good (la fillette de Sarah Good, âgée de 4 ans), Rebecca Nurse (une grand-mère malade et pieuse), Abigail Hobbs, Deliverance Hobbs, Martha Corey, ainsi qu'Elizabeth et John Proctor. Les prisons se remplissent progressivement et un nouveau problème surgit : sans forme légitime de gouvernement, les accusés ne peuvent être jugés. Ainsi, aucun procès n'a lieu avant la fin mai 1692, lorsque le gouverneur Phips arrive et institue une Court of Oyer and Terminer (to « hear and determine », entendre et décider). Sarah Osborn est déjà morte en prison sans avoir été jugée, Sarah Good a accouché d'une petite fille, plusieurs autres accusés sont malades. Environ 80 personnes attendent leur procès dans les geôles.



Pendant l'été, la cour est en session une fois par mois. Une seule accusée est relâchée, après que les jeunes accusatrices se rétractent à son sujet. Tous les procès se terminent par la condamnation à mort de l'accusé pour sorcellerie, aucun acquittement n'est prononcé. Seuls ceux qui plaident coupable et dénoncent d'autres suspects évitent l'exécution capitale. Elizabeth Proctor, et au moins une autre femme, bénéficient d'un sursis à exécution « parce qu'elles sont grosses » (« for the belly », enceintes) : quoique condamnées, elles ne seront pendues qu'après la naissance de leur enfant. Une série de quatre exécutions a lieu au cours de l'été, avec la pendaison de 19 personnes, au nombre desquelles : un ministre du culte respecté, un ancien policier qui a refusé d'arrêter davantage de prétendues sorcières, et trois personnes disposant d'une certaine fortune. 6 des 19 victimes sont des hommes ; la plupart des autres sont de vieilles femmes misérables.


Une seule des mises à mort ne s'accomplit pas par pendaison. Giles Corey, un fermier âgé de 80 ans, refuse de se défendre en justice. La loi prévoit dans ce cas l'application d'une forme de torture dénommée peine forte et dure, consistant à empiler une à une de larges pierres sur la poitrine du prévenu, jusqu'à l'écrasement ; après trois jours d'atroces douleurs, Corey meurt en persistant dans son refus de se défendre. On a pu croire de manière erronée que Corey refusait de se défendre devant la cour pour éviter la confiscation de ses biens par l'État : en fait, les confiscations n'étaient pas systématiques et intervenaient le plus souvent avant le procès et la condamnation. On pense maintenant que l'attitude de Corey s'explique par le caractère buté et procédurier du vieil homme, qui se savait condamné d'avance.


La terre souffre autant que les hommes. Les bêtes ne sont plus soignées, les récoltes sont laissées à l'abandon. Des accusés prennent la fuite vers New York ou au-delà pour échapper à l'arrestation. Les scieries sont vides, leurs propriétaires disparus ou perturbés, leurs employés badaudant devant les prisons, participant aux réunions communautaires, ou eux-mêmes arrêtés. Le commerce ralentit fortement.

Les procès en sorcellerie s'achèvent finalement en octobre 1692, les accusés sont progressivement mis en liberté jusqu'au printemps suivant. Officiellement, le gouverneur royal du Massachusetts, Sir William Phips, met un terme à la procédure après l'appel formé par le clergé bostonien mené par Increase Mather. Celui-ci publie un « Cases of Conscience Concerning Evil Spirits » (Cas de conscience regardant les esprits maléfiques) le 3 octobre 1692, ouvrage qui contient notamment la phrase suivante : « Il apparaît préférable que dix sorcières suspectées puissent échapper, plutôt qu'une personne innocente soit condamnée » (It were better that Ten Suspected Witches should escape, than that the Innocent Person should be Condemned).




Maison dans laquelle se tenaient les procès pour sorcellerie; elle est la seule structure se tenant toujours à Salem se reliant directement aux épreuves des sorcières de 1692.

Quand vint l'interrogation de Tituba, par contre, ce fut une toute autre histoire.

Voici un extrait:

" Le magistrat lui demande: qui tourmente ces enfants?

~ Le Diable, pour ce que je sais.

~Avez vous déjà vu le Diable?

~ Le Diable est venu me trouver et m'a demandé de le servir pendant six ans "


Elle confessa par la suite qu'un grand homme aux cheveux blancs, tout de noir vêtu, lui était apparu à plusieurs reprises. Il lui avait dit qu'il était Dieu, qu'elle devait croire en lui et le servir pendant six années durant et il lui donnerait plein de jolies choses. Il lui avait montré un livre dans lequel elle avait fait une marque avec du sang rouge qui n'était pas le sien. Il y avait beaucoup d'autres marques dans le livre, des rouges et des jaunes, et l'homme lui avait dit qu'il y avait celle de Sarah Good et Sarah Osborne.»

Les preuves étaient irréfutables; Tituba avait bel et bien fait un pacte avec le Diable.

SALEM AUJOURD'HUI






Au fil des ans, des excuses ont été offertes aux familles des ceux et celles qui ont été pendus et à ceux qui avaient été accusés et emprisonnés, une indemnité fut d'ailleurs versée aux unes et aux autres.

Depuis, ces événements tiennent une grande place dans l'imaginaire des habitants du Massachusetts et des américains en général, l'affaire a été scrutée et analysée sous tous ses angles et le temps leur a donné une proportion plus grande encore. Les résidents de Salem ont exploité le phénomène, jusqu'à surnommer leur ville ; La Ville des Sorcières.

De fait, lorsqu'on se promène au centre-ville de Salem, le Salem witche Museum côtoie le Witch Dungeon, The Witche house, le Salem Wax Museum et une bonne d'autre dizaines d'autres du même genre, sans compter les Dracula's Castle et autres Salem's Museum of Myth and Monsters. La plupart sont intéressants, relatant les événements de Salem ou la petite histoire de la magie, de la sorcellerie ou des autres phénomènes terrifiants, présentant parfois des exhibits originaux. Mais, il faut aussi le dire, d'autre tiennes aussi de la simple boutique de souvenirs !


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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Mer 9 Sep - 11:18

Les sorcières de Salem ont inspiré l'art et la littérature


Les procès des sorcières de Salem ne sont qu'une infime partie dans l'histoire de la sorcellerie. Effectivement, on retrouve de la sorcellerie dans la préhistoire, dans l'antiquité avec la naissance de l'écriture qui aura permis la gravure de rituels magiques sur la pierre. Au Moyen-Âge, où les principes de la sorcellerie trouvaient leurs racines dans la civilisation celtique, en Europe, à la renaissance...

Seulement, l'épisode des sorcières de Salem est l'un des plus célèbres car il existe d'amples adaptations dans la littérature de cet épisode dont le début est marqué par Nathaniel Hawthorne, vers le milieu du XVIIIème siècle et qui continue ensuite avec l'influence du Maccarthysme au XXème siècle.

La plupart des adaptations cinématographiques se sont faites au début du XXème siècle, ce qui est normal car l'apparition du cinéma est alors récente.




"La marque du diable" de T.H. MATTESON


Dans la peinture, l'adaptation de cet événement s'est plutôt effectué vers la fin du XlXème siècle; toutefois la plupart de ses peintures sont de peintres anonymes. La Renaissance italienne ayant largement diffusé des images de nudités parfaites, débarrassées de l'idée du péché, liant perfection physique et beauté intérieure, une réaction chrétienne, particulièrement forte chez les germaniques, lie la nudité féminine au thème du mal et de la destruction.
La mort, la vieillesse, la femme, la sexualité, sont des thèmes qui s'entrelacent. Chez GRIEN en particulier, l'érotisme et le macabre se mêlent dans ses nombreuses représentations de sorcières, pour donner une vision cauchemardesque de la sexualité en général et de la femme en particulier. Ces images abondamment diffusées forgèrent le mythe de la sorcière vieille, laide puante ou diaboliquement belle, tentatrice et lubrique.



Le martyr de Salem, par Thomas Slatterwhite Noble


La chasse aux sorcières s'éteint progressivement à partir du XVIIème -XVIIIème siècle ; le regard de la société change. La sorcière n'est plus vue de la même manière : elle ne fait plus peur. Incontestablement, durant les événements de Sorcellerie qui se passèrent à Salem, la sorcière avait une image maléfique et on lui prêtait un lien avec le diable. A l'époque, on désignait comme sorcière "des vieilles femmes aigries aux mentons et genoux presque soudés par l'âge, le dos arqué, clopinant sur un bâton, l'œil creux, édenté, le visage raviné, les membres agités de tremblements, marmonnent dans les rues". Aujourd'hui, que ce soit au cinéma ou dans la littérature la sorcière a une image "magique". En outre, les soi-disant sorcières de l'époque, nous sont désormais connues comme des personnes extralucides, des homéopathes ou des herboristes. Avec le temps, on réalise que le phénomène des sorcières n'est qu'invention du gouvernement et les histoires qui s'y rapportent, telles de voyager sur un balai, ne sont imaginaires. Si les vraies sorcières avaient existé, elles auraient pu échapper au bûcher ou à la pendaison par quelques tours ?

http://www.premiumwanadoo.com/renard/travaux/TPE/L/Salem/3ArtLit.htm



Dernière édition par liliane le Mer 9 Sep - 12:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Mer 9 Sep - 13:41

Pièce de théâtre d'Arthur MILLER "The crucible" ou "La chasse aux sorcières" - 1952




La première a été jouée à Broadway le 22 janvier 1953. Les critiques de la première production étaient hostiles, mais un an plus tard, une nouvelle production remporta un grand succès et la pièce est devenue un classique. Aujourd'hui cette œuvre est souvent étudiée dans les lycées et universités.

Traduite et adaptée en français, par Marcel Aymé elle a été représentée pour la première fois à Paris au Théâtre Sarah Bernhardt le 16 décembre 1954.

Mise en scène Raymond Rouleau
Scénographie Lila de Nobili
Costumes Lila de Nobili

Denise Clair (Ann Putnam)
Nicole Courcel (Abigail Williams)
Marguerite Coutant-Lambert (Rebecca Nurse)
Henri Crémieux (Révérend Parris)
Danièle Lebrun (Mary Walcotts)
Darling Legitimus (Tituba)
Raoul Marco (Thomas Putnam)
Pierre Mondy (Révérend John Hale)
Yves Montand (John Proctor)
Robert Moor (Francis Nurse)
Maurice Nasil (Judge Hathorne)
Simone Signoret (Elisabeth Proctor)

Abigaïl Williams, une jeune femme de Salem, est servante chez d'honnêtes fermiers, les Proctor. Très vite, Abigaïl devient amoureuse de John Proctor qui en fait sa maîtresse. Élisabeth, sa femme, découvre leur relation et chasse Abigaïl de la maison. Un soir, un petit groupe de jeunes filles, dirigé par Abigaïl, est découvert par le révérend Parris, oncle de cette dernière, dansant dans la forêt.

La rumeur de sorcellerie se répand très vite dans le village. Abigaïl, profitant de la situation pour se venger d'Élisabeth Proctor et récupérer son amant, met en branle, malgré elle, une impitoyable machine judiciaire.

C’est ici que le rideau se lève. Très vite, le spectateur est plongé dans un univers puritain où un complot d’adolescentes va mener tout un village vers l’hystérie religieuse. En effet, le révérend Parris va faire appel à un confrère spécialisé, le révérend John Hale, pour l’aider à démystifier le mal qui s’acharne sur certaines adolescentes du village, dont sa propre fille Betty. Deux clans vont s’affronter : celui du Révérend Parris et de ses complices, qui croient à la sorcellerie, et le clan de John Proctor et de ses alliés, qui tentent de prouver le contraire.



Différences avec l'histoire réelle : Arthur MILLER a inséré une histoire d'amour entre la servante Abigaïl et son maître John PROCTOR, le reste du scénario en découle : Elisabeth surprend son père et chasse la servante. Pour ce venger, celle-ci se livre avec quelques fillettes de Salem à des pratiques de sorcellerie. Surprise, elle se prétend elle même victime de sorcières. La cour de justice envoie à la potence toutes les personnes dénoncées par les fillettes qu'Abigaïl tient en son pouvoir.



Le film tiré de cette pièce reçut une nomination dans la catégorie du meilleur scénario pour les Academy Awards ! Il fut tourné en 1995 par Nicholas HYTNER, réalisateur américain connu pour le film "le dernier des mohicans", les images sont d'Andrew DUMN et la musique est dirigée par George FENTON. Ce film de Nicholas Hytner met en relief le caractère profondément puritain de la communauté de Salem. Bénéficiant d'un rythme soutenu, le film est superbement mis en valeur par le jeu des acteurs Daniel Day Lewis (John Proctor), Winona Ryder (Abigail Williams) Bruce Davidson (Révérend Parris), Paul Scofield (Juge Thomas Danforth)...



Le sénario : Une nuit, sous l'autorité dune femme noire, quelques jeunes filles se rassemblent secrètement dans une clairière autour d'une marmite bouillonnante. Elles dansent, entrent en transe, et certaines se déshabillent. L'une d'elles, Abigail Williams, se macule le visage de sang et maudit la femme d'un dénommé John Proctor.



Celui-ci a eu une brève aventure avec Abigail mais, devant les soupçons de sa femme Elizabeth (Joan Allen), Il a rapidement rompu. Après l'épisode de la clairière, Abigail tente de reconquérir John, en vain. Alarmées par l'état de santé de deux des participantes de cette étrange réunion, les autorités locales font appel au Révérend Hale, qui obtient des aveux de sorcellerie de la part de la femme noire. Abigail et les autres participantes en profitent pour dénoncer d'autres femmes, entraînant une véritable hystérie collective.



Le juge mène l'enquête et les têtes commencent à tomber. Pour se venger de John, Abigail accuse Elizabeth, ce qui oblige John à avouer qu'il a commis le péché d'adultère

Par cette pièce écrite en 1953, alors que le maccarthisme sévissait, Arthur Miller a voulu dénoncer la chasse faite aux communistes et aux intellectuels par le gouvernement américain.

Mais, plus largement, c'est la facilité avec laquelle les gens sont prêts à croire l'incroyable qui est dénoncée ici.




Une adaptation franco allemande a été réalisée par Raymond Roulaud en 1956

Auteurs & scénaristes : Arthur Miller (d'après sa pièce 'The Crucible') et Jean-Paul Sartre

avec : Simone Signoret (Elisabeth Proctor), Yves Montand (John Proctor), Jean Debucourt (Révérend Paris), Alfred Adam (Thomas Putnam), Pierre Larquey (Francis Nurse), Mylène Demongeot (Abigail Williams), Jean Gaven (Peter Corey), Jeanne Fusier-Gir (Martha Corey), Françoise Lugagne (Jane Putnam), Coutan-Lambert (Rebecca Nurse)




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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Mer 9 Sep - 17:54

La Lettre Ecarlate" roman de Nathaniel HAWTHORNE publié en 1850





Le contexte :


Parmi les faits historiques, datant de cette sombre période de la colonisation, il est répertorié l'anecdote d' un homme qui, accusé de sorcellerie, à aucun moment ne consentit à avouer, à ses juges, sa culpabilité ni à proclamer son innocence. Il paraît qu'il résista, durant trois jours, aux tentatives de mise à mort du bourreau.

Dans la lettre Ecarlate , après avoir décrit ses aieux, en rnettant en relief leurs traits de cruauté et de sévérité dans l'accomplissement des persécutions contre les quakers et les sorcières de Salem, Hawthorne se constitue victime expiatoire sur un ton des plus solennels et proclame qu'en tant qu'écrivain, il exorcise la lignée de la malédction prononcée contre elle jadis par la sorcière condamnée à périr sur le bucher : "je ne sais pas si mes ancêtres pensèrent à se repentir, et à demander le pardon des cieux pour Ieurs cruautés ; ou si maintenant ils ne sont pas entrain de gémir à cause de lourdes conséquences de celles-ci sous une autre fome d'existence.

Dans tous les cas, moi le présent écrivain, en tant que représentant en ce lieu pour leur bien, je prend ma personne en honte et je prie pour que la malédiction prononcée à leur encontre telle que je l'ai entendue qui affligeait la lignée d'une condition ténébreuse et de décadence pour de longues années à venir et qui devait se prouver vraie puisse être lavée dès maintenant et à tout jamais"
Nathaniel se tiendra à l'opposé de toute position conforme à l'ordre établi. Il est dissident ; hérétique torturé, en quête d'une vérité naturelle. Il conçoit les hommes comme des êtres déchus, voués à la souffrance, à la malade et à la mort. Par conséquent, ils ne peuvent pas, de par leur position, se tenir au centre de la création et fonder un ordre supérieur à celui instauré par les lois de la Naturre. Et c'est justement ce type d'argument qu'il tient, par suggestion, dans la lettre Ecarlate.

Ce roman fut écrit pendant le temps que HAWTHORNE passa à la douane, il présente la hauteur de son génie.

"La lettre écarlate" a atteint un succès immédiat et durable, parce que cette œuvre a abordé des questions spirituelles et morales, d'un point de vue uniquement américain.

Dense par ses descriptions laconiques, ce roman continue à être lu comme un conte philosophique mettant en scène un thème universel "quand la société et ses lois condamnent, la Nature sourit et bénit".

HAWTHORNE était proche de cette sensibilité commune aux intellectuels refusant ce puritanisme qui verront en lui le père fondateur de la littérature nationale : littérature damnée de par sa prise de position à l'encontre de la Loi venant des hommes.

L'intrigue du roman est loin de constituer le centre de l'ouvrage car un bon nombre d'éléments présents, dans le tissage même du récit suggèrent une thèse des plus intéressantes ; thèse qui soufflerait comme un courant souterrain. Un faisceau d'aspects d'une philosophie propre à Hawthorne, offre un niveau de la lecture plus énigmatique, de par ses suggestions, que 1a simple lecture de l'histoire. Ce courant souterrain s'organise au moyen d'images extraites d'un registre ésotérique. Images, qui par une mise en relation les unes avec les autres, organisent un discours extrêmement subversif. Il s'agit là, d'une particularité propre à l'écriture de Hawthorne, faisant en sorte que le contenu philosophique de chaque chapitre ne soit accessible qu'aux lecteurs initiés à un certain type de discours. Ce procédé expliquerait dans une certaine mesure que cette œuvre soit comme réservée à un certain public.



En 1850, l'adultère était considéré comme un péché extrême. L'intrigue du roman, s'organise autour du châtiment et de la pénitence de Hester Pryne, héroïne de "La Lettre Écarlate". Mais si la faute d'Hester , est un péché d'après les préceptes sociaux, moraux et religieux, cette action ne serait qu'un mouvement intérieur en accord avec quelque loi régissant la Nature, avec laquelle les humains ne devraient faire qu'un. Cet argument subversif montre que HAWTHORNE était loin des préceptes de ses ancêtres rêvant de "fonder une communauté idéale selon la volonté de Dieu et les exigences de la conscience puritaine".
Cette superbe histoire de rédemption se déroule au XVIIème siècle en Nouvelle-Angleterre. Boston, ville fondée il y a peu, vit sous le joug terrible du puritanisme américain. Rien n'est autorisé : les passions que condamne la morale austère et oppressante des colons, sont tues, enfouies au plus profond de soi.
Le roman s'ouvre sur une scène édifiante : la mise au pilori de l'héroïne qui tient dans ses bras son enfant âgé de trois mois. La foule l'observe, impitoyable, et les femmes sont sans conteste les plus vipérines. D'ailleurs, sont-elles des femmes? Elles possèdent une allure masculine, hommasse. Le climat est rude, la nature hostile et ces créatures de Dieu sont à l'image de cet environnement âpre et rugueux. Hester est donc exposée à la vindicte populaire en tant qu'exemple du châtiment que les représentants de Dieu réservent à celles et ceux qui ont cédé.


La jeune femme, superbe de féminité, de beauté sensuelle, porte sur sa poitrine en signe de punition, la lettre "A" emblème de son ignominie brodée en fil d'or et coupée dans un somptueux tissu écarlate.
Rappelons que, selon 1a tradition en Nouvelle-Angleterre, toute personne reconnue, par ses juges, coupable d'une faute était condamné à porter, sur elle, l'initiale de cette même faute ainsi qu'à recevoir un certain nombre de coups de fouet, si elle ne pouvait pas payer une amende. Quant au "A" de Hester, le lecteur ne peut que penser au mot adultère. Cette femme déchue est par conséquent condamnée à vivre dans la solitude "in the wilderness" en marge de sa communauté. Hester vit donc en retrait, brodant néanmoins de fantastiques vêtements car nul ne peut ignorer le don qui la possède, celui de l'aiguille courageuse et digne, Hester affronte l'opprobre des puritains, certaine qu'elle n'est pas la seule à avoir aimé.

Parallèlement à sa lente et douloureuse réhabilitation se noue un autre drame. Son mari qu'elle croyait avoir perdu, Roger Chillingworth, vient de faire son apparition. Il vient lui rendre visite et lui fait promettre de ne jamais signaler sa présence aux autorités de la ville. Un seul dessin anime cet homme trompé, bafoué : perdre l'âme de son rival.

Or l'amant d'Hester n'est autre que le pasteur aimé et célébré de la communauté, Arthur Dimmesdale. Ce dernier est avant tout un homme de la parole, à la rhétorique puissante et envahissante. Il manie le verbe avec une virtuosité exceptionnelle, insufflant à sa voix des modulations qui fascinent ses ouailles. Une vie de labeur, de fidélité à Dieu suffit à le sanctifier. Or, il dépérit chaque jour sous le regard inquiet et attendri des hommes et des femmes qu'il gouverne.

Le terrible Roger Chillingworth, fou de joie et de haine, découvre le lourd secret qui mine le clergyman. Il peut enfin librement torturer son rival et il n'y manquera pas.

Les années passent, Hester devient cette femme forte qui élève seule la petite Pearl, fruit de son adultère. Mais Arthur Dimmesdale cède chaque jour sous la torture morale que lui inflige le mari trompé. Il meurt surtout tué par sa conscience et son rigorisme puritain. Roger Chillingworth, homme contrefait, est de plus en plus asservi par le but qu'il s'est fixé : il devient un démon. Cependant il échoue car Arthur avoue son péché à la communauté et meurt dans les bras de celle qu'il a toujours aimée. La réhabilitation d'Hester est alors complète, à tel point que sa lettre écarlate ne la désignera plus comme adultère mais comme active.
Tout est sombre dans ce roman, atmosphère accentuée par le vocabulaire répétitif. Mais cet univers crépusculaire est lézardé par les éclats de rire et la vivacité de la petite Pearl.

Le personnage de Pearl, lutin ou sorcière ?


Pearl, enfant de l'amour, espiègle petit lutin, est issue d'une union qui résulte du péché (avec un père inconnu qui pourrait être Satan) donc elle doit posséder une facette diabolique par son physique (yeux et cheveux noirs) et sa psychologie ! "toutes les fois qu'elle apparaît dans les profonds brillants inapprivoisables yeux noirs, cette expression semblait rendre la petite fille inaccessible". De plus, Pearl est incapable de ressentir ou de comprendre la douleur et son rire est bruyant, sonore et ricanant... "Pareil lutin est-il bon ou mauvais ? ... Qu'est-ce donc au juste que cette enfant ?" Même Dame Hibbins, la sorcière de ce roman, se prosterne devant Pearl, en la voyant, comme si elle incarnait sa reine, ce qui montre bien que Pearl est bien considérée comme un personnage maléfique.

A la fin du roman, Pearl présente une deuxième facette qui ne la différencie plus des autres filles de la communauté. La seconde facette, nous ne la connaissons qu'à la fin de ce roman, lorsque le pasteur Arthur Dimmesdale avoue son péché aux villageois alors qu'il était sur le point de mourir. Rappelons qu'il était un temps où l'on disait que tout le monde pouvait être sauvé, durant le Jugement Dernier, afin d'aller au Paradis. Pour se faire, on devait se confesser afin d'être exonéré. Faute avouée, Arthur Dimmesdale a donc été pardonné pour le péché d'avoir aimé Hester Pryne et de lui avoir donné un enfant. De même, Hester Pryne a été pardonnée puisque sa lettre, à la fin du roman, ne veut plus dire adultère mais active, ce qui ne fait plus de Pearl une enfant du péché mais une enfant ordinaire par le biais de la confession. Ce sont ses premières larmes aperçues, lorsqu'elle est aux côtés de celui qu'elle découvre comme son père, qui nous font remarquer qu'elle n'est plus l'enfant du péché puisqu'à ce moment, on se rend compte qu'elle est capable de ressentir une douleur humaine : la tristesse. De plus, dans la conclusion de cette œuvre, on apprend que Pearl, selon les faiseurs de commérages, s'était heureusement mariée et qu'elle avait reçu l'héritage de Roger Chillingworth, le mari de Hester Pryne.


Adaptations au cinéma :

Dans la première moitié du XXe siècle, nous avons de nombreuses adaptations de la Lettre Écarlate : aux États-Unis, il y a des versions de 1908, 1911, 1913, 1917, 1920 avec Herbert Kaufman, 1926 de Victor Sjöström, avec Lillian Gish et Lars Hanson ; 1934 de Robert Vignola avec Colleen Moore et Hardie Albright. Il existe également une version anglaise de 1922 de Challis Sanderson, avec Sybil Thorndike et Tony Fraser.






Le film "La lettre écarlate" a été réalisé par Wim WENDERS, produit par Peter GENÉE et Primitivo ALVAREZ en 1973. Ce n'est pas directement du roman même de Hawthorne dont Wenders s'est inspiré, mais de la pièce de théâtre de son compatriote Tankred Dorst, tirée du livre "Der Herr klagt über sein Volk in der Wildnis Amerika" (Dieu se plaint de son peuple dans le désert dAmérique). Wenders dira "Je n'ai pas revu le film pendant des années, il me faisait peur. Finalement, cest un film assez respectable. Mon échec est cependant de n'avoir pas réussi à donner une idée de ce qui a changé depuis deux siècles." A ce jour, le seul autre film historique de Wim Wenders est "Hammett".
Les principaux acteurs sont Senta Berger (Hester Pryne), Hans-Chistian Belch (Roger Chillingworth), Lou Castel (Arthur Dimmesdale), Yella Rottändler (Pearl)...

Le scénario : A Salem, au XVIIe siècle : pour avoir commis le péché d'adultère, Hester Pryne doit comparaître chaque année devant le tribunal où elle est sommée de révéler le nom de son amant, qu'elle ne voudrait avouer pour rien au monde (elle l'aime et il s'agit de plus du pasteur Arthur Dimmesdale !)
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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Mer 9 Sep - 18:55

Moi, Tituba sorcière" de Maryse CONDÉ - 1987



Ce roman de Maryse CONDÉ n'est pas parmi les plus célèbres associés au procès de Salem. Cependant, il a été écrit récemment ce qui montre que les sorcières de Salem restent une source d'inspiration potentielle pour de nombreux auteurs. De plus, son titre a suffit à retenir notre attention, aux dépens des nombreux récits qui s'offraient.

En effet, Tituba reste à la fois une des figures les plus importantes de l 'affaire de Salem, mais surtout une des plus énigmatiques puisque nous n'avons que très peu d'informations à son sujet. Ce roman fut une opportunité de se plonger dans l'histoire de Salem à travers le regard de Tituba, une des premières à rejoindre le banc des accusées. Cette œuvre est plus sérieuse et plus proche de la réalité que celles d'autres écrivains qui ont voulu apporter leur grain de fantaisie aux évènements de 1692. A l'exception du début et de la fin de la vie de Tituba, ainsi que ses capacités à communiquer avec les Invisibles et le personnage d'Hester, emprunté à Nathaniel Hawthorne, tout s'est déroulé comme elle nous le décrit : les faits et les figures citées ont vraiment existé, la chronologie, les lieux, le contexte social et économique sont respectés.

Résumé : L'histoire de cette jeune esclave commence au XVIIème siècle à la Barbade, île des petites Antilles anglaises. Tituba est née du viol de sa mère Abena par un marin anglais, à bord d'un bateau négrier. Tituba est, dès ses premiers instants, une enfant de la douleur, car sa mère Abena lui porte peu d'affection. Elle trouve cependant chaleur et réconfort auprès de Yao, l'amant d'Abena Malheureusement, après avoir blessé le maître blanc qui tentait d'abuser d'elle, Abena est pendue devant les yeux de sa fille puis Yao se suicide.
Tituba est alors recueillie par Man Yaya, une vieille femme qui l'initie aux secrets de la guérison par les plantes et lui apprend à entrer en communication avec les morts. Man Yaya meurt à son tour, Tituba se construit alors une case dans les bois, à l'écart des habitations. Un jour, elle rencontre John Indien, esclave de Susanna Endicott. Par amour pour cet homme, Tituba quitte sa vie libre pour entrer au service de la maîtresse de John.

Les humiliations qu'elle subit dans sa nouvelle position et la menace que fait peser sur elle le fait qu'elle ait été élevée par une "sorcière" la poussent à donner la mort à Susanna Endicott, mais l'esprit de Man Yaya lui déconseille d'adopter le système de violence des Blancs. Néanmoins, elle afflige Susanna Endicott d'une malade très grave. Finalement, cette dernière, sur le point de mourir, se voit forcée de vendre le couple à un nouveau maître, le très puritain Samuel PARRIS. Celui-ci part aux États-Unis en amenant John Indien et une Tituba résignée à l'esclavage par amour. Après avoir passé un peu de temps à Boston, la famille de Samuel PARRIS part à cause des problèmes financiers pour la ville de Salem.

Un triste sort attend la jeune femme à Salem où le révérend Parris a été nommé. A la suite de crises d'hystérie que sa présence semble déclencher auprès de Betsey, la fille de PARRIS, et de sa cousine Abigail, Tituba est accusée de sorcellerie et jetée en prison. Par la suite, elle fait la connaissance d'une jeune femme détenue pour adultère, Hester PRYNE, qui lui conseille de confesser être une sorcière lors de son interrogatoire devant le tribunal. Cet aveu lui permet d'échapper à la mort.

Après un long séjour en prison, elle sera rachetée par un commerçant juif. Tituba se sent bien chez Benjamin Cohen d'Azevedo, car celui-ci la traite d'une manière respectueuse. Malheureusement, les habitants de la ville n'acceptent pas l'amitié entre Tituba et le veuf juif : une nuit, la maison d'Azevedo brûle, les neuf enfants du maître meurent dans l'incendie. A cause des persécutions qui s'abattent sur lui, Benjamin décide de s'en aller à Rhodes Island. Par conséquent, il rend la liberté à Tituba qui décide de retourner dans son île natale, la Barbade.
Elle y est accueillie par les marrons, un groupe d'esclaves qui se cachent dans les montagnes. Puis, elle se détache de ce groupe dont elle ne partage pas les buts et la façon de vivre. Elle retourne dans la forêt pour y restaurer son ancienne cabane. Un jour, des esclaves conduisent auprès d'elle un jeune homme, Iphigène, qu'on a cruellement flagellé. Guéri, Iphigène devient l'amant de Tituba. Mais accusé d'avoir fomenté une révolte, il est exécuté et Tituba pendue pour l'avoir accueilli. Elle rejoint alors le monde des Invisibles, le royaume des morts, et entreprend la dure tâche d'aider les esclaves dans l'avenir !


Maryse Condé reprend les raisons les plus fréquentes proposées par les historiens pour expliquer cette tragique histoire, c'est à dire que le scandale a éclaté après que quelques adolescentes aient simulé des crises d'hystérie survenues après avoir ressenti des remords à avoir désobéi aux Écritures Saintes ce qui nous amène à penser que la culpabilité a dicté leur conduite. Ensuite ce sont les adultes qui ont profité des premières accusations pour prolonger l'affaire. L'auteur utilise également plusieurs références historiques et littéraires pour accentuer la vraisemblance de ce récit (allusion à Cotton Mather, aux premiers pèlerins, extraits des véritables interrogatoires de Tituba et de John Indien, dates...)
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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Jeu 10 Sep - 0:21



L'AFFAIRE DES POISONS




L’ « Affaire » éclata au grand jour à l’occasion de l’arrestation le 19 mars 1679 de Catherine Deshayes dite La Voisin, une ancienne accoucheuse. La Reynie, le lieutenant de Police, en charge par le Roi Louis XIV de l’enquête, fut, selon ses propres mots, « stupéfait » des révélations de l’accusée : une partie de la bonne société parisienne se rendait chez elle pour obtenir des filtres, des onguents et des « poudres de succession » .



LES EMPOISONNEMENTS



Cette affaire, parfois négligée par les historiens, parfois absente des bibliographies de Louis XIV, est en fait bien plus qu’un lot d’anecdotes sulfureuses sur l’envers du grand siècle, c’est un essor du crime d’empoisonnement sous couvert de différents mobiles : vengeance, captation d’héritage ou substitut du divorce.

Parmi les différents empoisonneurs et empoisonnés, figurent des noms prestigieux, y compris des personnalités issues de l’entourage très proche du roi. Des suspects prétendirent que la vie du Roi, celle du Dauphin et celle de Colbert avaient été en danger ; et l’on entendit selon Colbert « des choses trop exécrables pour être mises sur le papier ».

En ville, dans les salons parisiens et versaillais l’affaire fit grand bruit et intéressa « le monde », selon Madame de Sévigné : « on est dans une agitation, on envoie des nouvelles, on va dans les salons pour apprendre » ; elle écrivit par la suite plusieurs lettres sur l’exécution de La Marquise de Brinvilliers sur le parvis de Notre Dame.

La Marquise de Brinvilliers





L’arrestation, le 25 mars 1675, dans un couvent de Liège d’une certaine marquise de Brinvilliers marque le début de l’« Affaire » des poisons. Recherchée plus ou moins ardemment depuis trois ans, la marquise fut trahie par des documents compromettants détenus par son amant, l’officier Gaudin de Sainte-Croix.

A la mort de celui-ci, en 1672, la police s’est emparée de ses biens et effets, parmi ceux-ci, une cassette renfermait les preuves écrites de sa main des amours de la marquise mais aussi des courriers révélant le machiavélisme du couple qui, à l’aide d’un poison efficace, avait mis fin aux jours du père et des deux frères de la marquise afin d’accélérer la succession. Le mari de la marquise échappa à l’empoisonnement grâce aux multiples précautions prises (il aurait pris plusieurs fois par jour du « contre poisons »). On retrouva aussi plusieurs fioles contenant une préparation à base d’arsenic, qui prit bientôt le nom de « Poudre de succession ».

La marquise aurait expérimenté ses préparations « in vivo », en se déguisant en dame charitable, en se rendant chaque jour à l’Hôtel Dieu afin de visiter des vieillards et leur faire expérimenter des bouillons toxiques.

Mademoiselle de la Grange





Madeleine Gueniveau, dite mademoiselle de la Grange, est elle aussi souvent citée en exemple dans le cadre de « l’Affaire des poisons ». Déjà veuve d’un fonctionnaire receveur de gabelles et de tailles en Anjou (les raisons de sa disparition ne sont pas connues), elle séduit un avocat au conseil, Maître Faurie, riche et plus âgé qu’elle, qui l’entretient pendant plusieurs années ; mais à l’approche d’une retraite en province sans elle, il refuse de l’épouser.

Madeleine de la Grange, empoisonne alors progressivement l’avocat et juste avant sa mort, se présente chez un notaire avec la complicité du Curé de Nail (un prêtre, qui n’était autre que son amant !), qui a pris les habits et joue le rôle du mourant. Il veut, dit-il faire profiter de ses biens celle qu’il vient d’épouser, le certificat de mariage en bonne et due forme étant fourni par ce même prêtre. Le véritable Faurie mourut rapidement après la diabolique comédie. Les deux complices furent démasqués, arrêtés et condamnés : Mademoiselle de la Grange, fut exécutée le 8 février 1679.

Lors de son interrogatoire, elle intimide l’Instruction en laissant sous-entendre que la tête de l’Etat est visée par un complot. Plus tard, les investigations établiront des ramifications entre d’étranges disparitions et ces deux personnages.

De nombreuses femmes sont impliquées : La Bosse, La Voisin, La Chéron, La Vigoureux, chacune jouissant d’une réputation bien à elle : on parle habituellement de La Bosse pour ses chemises et lavements à l’arsenic, ses infusions de ciguë et sa poudre de crapauds au vert de gris.

Leur point commun est leur fortune si facile et des liaisons avec les faux-monnayeurs. Ce qui les perdit, leurs accusations mutuelles et le désir d’entraîner dans leur chute les autres afin d’amplifier « l’Affaire » et minimiser leur crime face à une éventuelle affaire d’Etat.

Le réseau de Louis de Vanens




Louis de Vanens est un homme emblématique, dans cette affaire où l’on a surtout retenu l’implication des femmes : C’est un faux-monnayeur et un vrai empoisonneur.
L’ensemble de sa biographie nous fait soupçonner une implication de prés ou de très prés avec différents crimes.

Cet homme, commence une carrière d’alchimiste, à la recherche de « la pierre philosophale », il dispose d’un laboratoire et de matériel pour distiller, il voyage beaucoup à la recherche d’une huile permettant la transmutation du cuivre en or ; il dispose surtout de nombreuses relations dans différents pays.

Ses expériences nécessitent de l’argent, d’où la fabrication et l’utilisation de fausse monnaie (lingots fabriqués dans le laboratoire) ; il met certainement son laboratoire à disposition du milieu du poison ; on découvrira ses relations avec le Curé de Nail et avec La Bosse.

Il prépara avec son associé, le comte de Bachimont, des eaux (empoisonnées) pour le Roi mais n’arrivera pas à lui faire parvenir. Ce comte épousa une femme veuve, dont le mari mourut empoisonné ; La belle-mère et la belle-sœur de celui-ci disparurent quant à elles à huit jours d’intervalle. La femme de chambre de celle-ci est la fille d’un chimiste lyonnais réputé pour ses préparations d’eaux, de poudre et d’herbes et qui prétendait connaître le secret des gants empoisonnés.

Ces deux hommes et leurs amis forment un gigantesque réseau ; ils ont séjourné de mars à juin 1675 à Turin et ont quitté l’Italie quatre jours avant le décès du duc Charles-Emmanuel, départ précipité que l’on ne peut dissocier de cette mort étrange par empoisonnement.

L’ « Affaire des poisons » est donc bien plus qu’une succession d’anecdotes sulfureuses racontant différents crimes, elle met en évidence la connexion de différents milieux notamment de la fausse monnaie et du poison.

L’instruction




L’instruction de cette affaire fut menée par Gabriel Nicolas de la Reynie, maître des requêtes au Conseil d’Etat. En 1667, il fut nommé lieutenant de police de la Ville, Vicomté et Prévôté de Paris. Il instruira de façon brillante l’enquête jusqu’en 1682.

Le 7 avril 1679, Louis XIV crée la chambre de l’Arsenal, une cour extraordinaire de justice, pour juger cet impressionnant réseau de devins, de sorciers, d’empoisonneuses et de faux monnayeurs. C’est La Chambre Ardente car éclairée par des flambeaux.

L'instruction est secrète et il ressortit de l’enquête qu'à l'accusation d'empoisonnement se joignait d'autres délits : meurtres d'enfants lors de messes noires dites par des prêtres débauchés, profanations d'hosties et même quelquefois fabrication de fausse monnaie.



Après l'exécution de sa mère, brûlée en place de Grève le 22 février 1680, la fille de la Voisin mit en cause Mme de Montespan : celle-ci avait eu des relations avec la Voisin, sans doute pour obtenir des poudres propres, croyait-elle, à lui ramener l'amour du roi, et avait participé à des cérémonies de conjuration. La Chambre ardente prononça contre des comparses secondaires trente-six condamnations à mort, vingt-trois sont bannies, cinq sont condamnées aux galères ; plusieurs sont emprisonnées par simples lettres de cachet et demeurent jusqu'à leur mort dans des forteresses. Les grands personnages furent épargnés. Quant à Mme de Montespan, elle ne fut pas inquiétée, par protection du roi, et resta à la Cour. La bannir aurait montré sa culpabilité, et le roi ne voulait pas que celle-ci (comme celle de Racine) devienne publique.

LES POISONS, LES APOTHICAIRES

Les Poisons



Parmi les moyens de se débarrasser de son prochain, le poison a toujours occupé une place particulière. Secret et discret, difficilement soupçonnable (et d’autant plus volontiers soupçonné), il donne au geste meurtrier une dimension on ne peut plus lâche à une époque où l’on croise encore « courageusement » le fer pour régler ses comptes. Le poison est la meilleure des trahisons d’autant plus que le meurtre est commandité et effectué par un proche de la victime, le plus souvent.

L’art d’empoisonner viendrait d’Italie et serait apparu après Catherine de Médicis. Dès le XVIème siècle, les rumeurs circulent partout en Europe sur les causes de disparition des rois, princes et dirigeants ; ces derniers deviennent les victimes favorites, le poison joue le rôle plus tard dévolu à « l’accident » par la croyance populaire qui dénie aux grands de ce monde le droit à une mort naturelle.


Jeanne d'Albret


Avant l’Affaire des Poisons, déjà de grands noms sont évoqués : Jeanne d’Albret (1531-1572), la mère d’Henri IV, empoisonnée par de l’Arsenic dissimulé dans ses gants ; Le Duc d’Alençon, frère et Héritier d’Henri III, mort en 1584, empoisonné par un bouquet de fleurs vénéneuses offerte par sa maîtresse ; Henriette-Anne d’Angleterre, belle sœur de Louis XIV, trouva l’issue fatale un jour d’été 1670, lorsqu’elle but son gobelet d’eau de chicorée qui avait échappé à la vigilance des goûteurs, ses ennemis avaient individualisé le crime en se limitant au gobelet de la victime ! Sa fille, jeune Reine d’Espagne, subira le même sort, victime de la ténébreuse Comtesse de Soissons, une des nièces de Mazarin.

L’Histoire nous révèlera par la suite d’autres crimes d’empoisonnements, y compris au XXème siècle, l’affaire Lafarge et le procès de Marie Besnard en sont des illustrations. Les suspicions resteront toujours ancrées dans nos cultures lors de la disparition d’un personnage important, certaines personnes auraient demandé des explications scientifiques à la mort du dirigeant palestinien, Yasser Arafat pour écarter la thèse de l’empoisonnement !

Sous Louis XIV, on ne peut pas parler de légendes ou de rumeurs à propos de ces si fréquentes et si étranges disparitions. Il ressort de cette période un climat trouble et des pratiques relevant de la grande criminalité ; sont présents les intérêts personnels, financiers et politiques. Les protagonistes sont organisés en réseaux, celui de Louis de Vanens en est la plus exceptionnelle illustration : des chimistes qui cherchent bien au-delà la pierre philosophale, des faux monnayeurs qui disposent de fortunes bien réelles, des diseuses de bonne aventure qui ont pour principal ouvrage de modifier l’avenir de certains innocents.



Les principales substances utilisées au XVIIème siècle sont des substances « naturelles ». Ambroise Paré, dès 1579, en décrit dans Des venins et morsures :

« De l’arsenic sublimé : Ceux qui ont pris du sublimé, aussitôt la langue et le gosier leur deviennent aussi âpres que s’ils avaient pris du jus de cormes vertes (fruits du sorbier), laquelle âpreté ne se peut ôter par nuls gargarismes lénitifs, sinon qu’avec grande difficulté et longueur de temps.

La litharge : La litharge -protoxyde de plomb- bue cause une pesanteur de l’estomac et du ventre, empêche d’uriner et rend le corps enflé et livide. On y remédie en faisant vomir le malade, puis en lui donnant de la fiente sèche de pigeon délayée en bon vin. Petrus Aponensis commande de boire de l’huile d’amandes douces et manger figues sèches. Il est pareillement bon leur bailler clystères relâchants et humectants - faire des lavements -, et leur frotter le ventre de beurre frais ou huile de lys.

Du réagal : Le réagal (sulfure naturel d’Arsenic), pour être de nature forte et chaude et sèche, induit soif, échauffaison et ardeur par tout le corps[…]. Son alexitère est l’huile de pignolat, donnée promptement jusqu’à demie livre, et puis vomir.

Chaux vive et orpiment : La chaux vive et orpiment (sulfure naturel d’arsenic également), que les Grecs appellent arsenicum, pris en breuvage rongent l’estomac et les intestins avec une grande douleur. Ils causent une soif intolérable, avec une aspérité de la gorge, difficulté de respirer, suppression d’urine et dysenterie. »



Quant aux venins, serpents et crapauds, si on savait que la médecine de l’époque les utilisait dans un but thérapeutique, les sorciers et les empoisonneurs, s’en servaient aussi. Avec le crapaud, on faisait de « la poudre à aimer » contenant certainement de la cantharide.

Parfois on empoisonnait des crapauds avec du sublimé et de l’arsenic, on les sacrifiait aussitôt afin de recueillir les urines que l’on considérait comme très dangereuses. On se servait aussi du venin de l’animal en putréfaction, dont la virulence était exaltée par l’association à un toxique. Le venin des crapauds était un des poisons favoris de la Brinvilliers.

A cette période, les poisons sont donc partout, dans toutes les pensées et conversations, à Paris et Versailles, dans les salons ; les grands auteurs ne sont pas en reste : La Fontaine intègre dans le livre VII de ses Fables, une pièce intitulée « Les Devineresses ».

En 1679, Thomas Corneille et Donneau de Visé, propose au public une comédie intitulée « La Devineresse ou Les Faux Enchantements », pièce écrite à la demande du pouvoir royal, il était de bon ton d’en rire, même en plus haut lieu, du moins au début ! Cette pièce fut un formidable succès.

Les Apothicaires



L’empoisonnement est un crime, dont certains apothicaires « véreux » se rendaient complices le plus certainement de façon éclairée, la vente de substances toxiques leur étant dévolue de façon officielle depuis le XIVème siècle par l’ordonnance d’août 1353.

Sous Louis XIV, on disait en effet qu’il y avait à Paris des « officines à poisons » à la disposition des fils de familles ruinées, des ménages divisés et des ambitieux impatients. Ces « officines » étaient par ailleurs impliquées dans d’autres pratiques criminelles : meurtres d’enfants, messes noires qui se déroulaient surtout dans les faubourgs populaires du nord et de l’est de Paris, entre l’enclos du Temple et le quartier de la Villeneuve sur Gravois, autour de l’église Notre Dame de Bonne Nouvelle.

Lors des perquisitions ordonnées par la Chambre Ardente, on trouva chez tous les accusés un laboratoire muni de presque toutes les substances chimiques connues. Nombre d’apothicaires, aussi possesseurs de laboratoire en raison de leur métier, se rendirent complices de ces sombres pratiques. Néanmoins d’autres filières de la région parisienne détenaient une part importante du marché du poison : on parle des bergers du Roule, de Chaillot et de Sceaux, des petites fioles de terre préparées par Lépine à Châtenay ou par Moreau à Chevreuse…



Les drogues de ces derniers avaient bonne renommée… On parle aussi des frères Martinet aux Minimes de la place Royale, spécialistes en distillation, de Paris et de Jourdain, herboristes à La Halle de Paris où l’on trouvait des crapauds que l’on marchandait comme des poulets aux marchés…

On envoyait les servantes naïves chercher les matières premières, puis l’on élaborait en ville le poison et sa stratégie d’administration. Faute de réglementation appropriée, chacun pouvait se procurer des substances toxiques sous n’importe quel prétexte : tuer les chiens du voisin bruyants et voleurs, fabriquer de la mort aux rats, ou bien encore faire cesser les miaulement de chats.

Il existait à cette époque une grande confusion entre épiciers, apothicaires, droguistes et herboristes ; tous les apothicaires de Paris n’étaient pas des empoisonneurs potentiels, et parmi les criminels, peu étaient véritablement apothicaires !

Enfin, certains religieux furent incriminés dans l’Affaire des poisons.

L’Edit Royal de 1682.


Après l’instruction menée par La Reynie et les jugements proclamés par la Chambre de l’Arsenal, la ténébreuse Affaire des poisons se conclut par l’adoption d’un édit pour :

« La punition des différents crimes, notamment des Empoisonneurs, ceux qui se disent Devins, Magiciens et Enchanteurs, et portant règlement pour les Epiciers et Apothicaires ».

Ce texte eut une portée considérable : sur le moment peu d’effets directs se firent sentir, l’instruction ayant permis l’arrestation de nombreux activistes et l’arrêt momentané des crimes d’empoisonnement, mais d’un point de vue historique cet arrêt préfigure la réglementation actuelle des substances vénéneuses et des produits toxiques.



Trois articles concernent les sorciers et devineresses :
« Ils devront quitter le Royaume sans délai ; ceux qui auront pratiqué la magie
seront punis exemplairement ; ceux qui seraient tentés de les imiter dans
l’avenir, paieront ce crime de leur vie. »

Le quatrième article de l’édit s’adresse spécialement aux empoisonneurs :
« Seront punis de mort tous ceux qui seront convaincus de s’être servi de
poison […] qu’il y ait eu mort ou non, comme ceux qui ont préparé ou procuré le
poison… »
L’empoisonnement fut considéré comme l’attentat « le plus dangereux et le plus
difficile à découvrir ». Ceux qui en avaient connaissance devaient le révéler et la
dénonciation permettait aux complices d’obtenir l’immunité. Cette disposition a été supprimée dans la législation actuelle, la toxicologie remplaçant les preuves issues de la dénonciation !

Les peines prévues par le cinquième article sont sans équivoque :
« La mort sera le châtiment de celui qui aura essayé d’empoisonner quelqu’un… »

Le retentissement de l’édit de 1682 fut considérable : les empoisonnements par série cessèrent en France, la sorcellerie et la magie, quoique toujours présents, furent pratiquées avec encore plus de discrétion.



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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Jeu 10 Sep - 17:23



Année de sortie : 1955
Durée : 103 mn
Genre : Drame historique
Réalisation et scénario de Henri DECOIN
Co-scénariste Albert VALENTIN
Co-scénariste et dialoguiste Georges NEVEUX
Directeur de la photographie Pierre MONTAZEL
Musique de René CLOEREC

avec
Danielle DARRIEUX, Viviane ROMANCE, Paul MEURISSE, Anne VERNON
Pierre MONDY, Albert RÉMY, Christine CARRÈRE, Simone PARIS
Roland ARMONTEL, André WEBER, Michel ETCHEVERRY



Synopsis : Paris, 1676, Mme de Montespan, favorite du Roi Soleil, craint de tomber en disgrâce face à la toute fraîche Mlle de Fontanges. Avec l'aide de la Voisin, voyante renommée, elle empoisonne sa jeune rivale. La Voisin et Mlle Desoeillets, suivante de Mme de Montespan, sont arrêtées et condamnées à mort. Mme de Montespan promet alors à l'empoisonneuse la vie sauve en échange de son silence, mais la Voisin paiera de sa vie sa naïveté, tandis que l'innocente Mlle Desoeillets sera sauvée in extremis.
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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Jeu 10 Sep - 19:24

LE BERRY : UN PACTE AVEC L'OCCULTE

En Berry, le paysage lui-même
suscite parfois la croyance
dans les maléfices..."


texte et dessin de Jean Louis Boncoeur



Longtemps agacé et troublé par son image de région à sorciers, le Berry se réapproprie aujourd’hui les histoires de " j’teux d’sorts ", devenues un folklore régional et un véritable patrimoine culturel.

" Qui c’est qui fait crever les poules à l’adjoint, qu’hôte le lait des vaches et qu’fait tarir les fosses ? C’est l’sorcier ! Le Gambi ! Celui de toutes les mauditions ! " Ils sont plus d’un, chercheurs, sociologues, journalistes parisiens, à traquer encore dans les brumes de la forêt berrichonne quelques spécimens de sorciers et de paysans crédules clouant des chouettes sur les portes de leurs voisins pour leur jeter un sort. Les Berrichons, eux, en ont marre de ces clichés éculés, de cette image d’arriérés, trouble et quelque peu méprisante, qu’on voudrait encore leur faire porter. Certains éludent le sujet en regardant droit devant eux, l’air absent et lointain, se gardant bien de prononcer le nom du Malin, " l’Autre ", que l’on ne doit surtout pas nommer, sous peine de s’attirer des ennuis. Les autres sont unanimement d’accord pour rappeler qu’ils connaissent des gens qui… qu’ils ont entendu parler de… qu’il paraît que… Parfois même sans qu’on ne leur ait rien demandé, comme ce monsieur dans la file d’attente d’une boulangerie, qui s’exclame face au touriste : " Ah ! vous savez, moi, pendant la guerre, j’ai rencontré des gens qui y croyaient. " Les anciens, en particulier, se délectent à raconter les aventures de telle fermière du coin, ou de la voisine, aux prises avec de détestables ensorceleurs. Des récits fantastiques où rôdent les mangeux d’chat, les m’neux d’loups, les j’teux d’sorts, qui font bien rire aujourd’hui. " Saint Greluchon s’est retrouvé avec un gros trou à la place du zizi parce que les femmes allaient gratter sa statue à l’église pour devenir fertiles. Le curé a dû l’emmurer ", raconte ainsi une femme du pays. Roger, lui, regrette de n’avoir pas pris sa grand-mère au sérieux quand elle réalisait des décoctions de ronces pour soigner le mal de gorge : " Au lieu de recopier ses recettes, moi, je ricanais. Maintenant, je serais peut-être sorcier si je l’avais fait. " Dans le registre moqueur, une journaliste de l’Information agricole du Cher clôt la conversation tout net : " Dès qu’on me parle de ça, j’ai envie de le prendre à la rigolade ! "



On ne peut pourtant nier l’histoire et les mythologies attachées aux départements du Cher et de l’Indre. Le Berry n’est certes pas la seule région française à avoir abrité des sorciers et des croyances magiques (les rurales Bretagne, Ardèche ou Mayenne ont également quelques affaires dans leurs archives), mais le centre de la France a offert un cadre et un décor propices à ces pratiques occultes et à leur divulgation à l’extérieur. " Ce sont des régions qui ont vécu en autonomie pendant des siècles, n’ont pas connu d’invasions, et donc pas de brassage de population, explique Serge Van Poucke, créateur du musée de la Sorcellerie. Ce sont également des régions qui ont été très pauvres. Il n’y avait pas de commerce, seulement du troc. Quand les gens tombaient malades, les médecins ne se déplaçaient pas. Ça ne les intéressait pas de se faire payer en poulets ou en oufs. Du coup, les gens allaient voir les guérisseurs locaux. " Si l’on ajoute à cela les paysages de marais vaporeux et de forêts obscures, les chemins creux bordés de talus derrière lesquels se cachaient les brigands, " on comprend que les gens aient pu croire des choses… ", reconnaît Serge Van Poucke.



En décrivant cette campagne sombre et mystérieuse, les romans de George Sand ont fortement contribué à diffuser l’image du Berry sorcier dans les salons parisiens, et dans la France du XIXe siècle. D’autres écrivains ont suivi, comme Claude Seignolle, auteur dans les années quarante du best-seller Marie la Louve. Le conteur, ethnologue et écrivain Jean-Louis Boncoeur a également largement puisé dans les histoires et légendes sorcières de son Berry.



Les archives régionales recèlent enfin de plusieurs procès datant du XVIe siècle à la fin du XIXe siècle, témoignages précieux des croyances et des peurs de l’époque. Parmi les plus célèbres, l’affaire du Carroué de Marloup, en 1583, secoua le comté de Sancerre et le pays Fort. Aujourd’hui banal carrefour entre deux routes départementales, cet endroit fut longtemps considéré comme le lieu du sabbat, où tous les sorciers du coin venaient s’adonner au diable et aux pires actes de débauche. Suite aux accusations d’un gamin de onze ans qui se disait ensorcelé, cinq prétendus sorciers des alentours finirent sur le bûcher. L’une des dernières affaires fut jugée à la fin du siècle dernier, après qu’un couple eut jeté la grand-mère au feu parce qu’elle attirait le mauvais oil et faisait crever le bétail. Aujourd’hui, on ne recense plus essentiellement que des magnétiseurs dans la région, et quelques voyants " qui habitent à dix kilomètres et nous téléphonent pour trouver leur route ! " rigole Serge Van Poucke.



Longtemps demeurée sujet tabou, la sorcellerie peut désormais s’afficher comme patrimoine culturel, voire comme folklore régional. Témoin la foire aux sorciers de Bué, près de Sancerre, créée après la guerre, par le curé du village. Tous les premiers dimanches d’août, les Buétons défilent, déguisés en sorciers et en birettes (silhouettes féminines blanches et sans tête) et intronisent les birettes d’honneur de l’année, devant des milliers de spectateurs. Dans le même esprit, Bonnu, dans l’Indre, brûle de fausses sorcières le jour de la Saint-Luc.



Depuis quelques années, le haut lieu de la sorcellerie reste cependant son musée. Installé en 1993 à Blancafort, il est devenu le site touristique le plus visité du Cher, devant la cathédrale de Bourges. Plus de 250 000 visiteurs ont déjà arpenté les 1 200 m2 de cette ancienne ferme entièrement dédiée à l’histoire de l’occultisme. D’abord suspicieux, voire inquiets vis-à-vis de l’établissement, les Berrichons semblent avoir finalement adopté la maison. La fête annuelle de Halloween, organisée par le musée, attire près de 500 personnes. Un événement dans une commune de 1 000 habitants. La sorcellerie se porte donc bien en Berry. Et le commerce aussi. De l’aire d’autoroute à la pâtisserie du coin, toute une camelote à l’effigie de sorcières a pris place dans les rayons : boules à neige, tasses, cendriers, bouillottes, porte-clés, gâteaux baptisés " langues de sorcière ", sauces tomates dites " jus de sorcière ", confiture de sorcière, etc.



Signe des temps, l’étonnante Marie du Berry, propriétaire d’une maison d’hôtes à Blancafort, propose depuis peu à ses pensionnaires des circuits " À la découverte de la sorcellerie berrichonne " et s’est rebaptisée pour l’occasion Marie Sorcelle. Après vingt-cinq ans passés en Belgique, cette fille du pays s’est mis en tête de promouvoir son Berry auprès des touristes et des Berrichons eux mêmes, trop " complexés ", selon elle, pour se rendre compte de la richesse de leur région. George Sand, Alain Fournier, Jacques Cour, les vins de Sancerre… Il ne manquait que les sorciers dans le panier de cette passionnée. Elle emmène ainsi ses hôtes sur les lieux du procès du carroué de Marloup et les replonge dans cette époque impitoyable.




" Des fois, je me promène dans le pays Fort, j’ai l’impression d’être au bout du monde, alors qu’on n’est qu’à 175 kilomètres de Paris. Ça explique la pérennité des pratiques de sorcellerie. " Il suffit alors de quelques mots pour comprendre à son tour " que des gens aient pu croire des choses… " Marie se régale : " On fait lever tout sous nos pas dans le Berry. C’est vraiment l’histoire à fleur de terre. " Une visite chez un potier local (une corporation qui a compté pas mal de sorciers) semble confirmer ses dires. L’homme a le regard dur comme du métal, des paroles cassantes pour le visiteur, ses sculptures diaboliques - essentiellement des gargouilles effrayantes, " qui plaisent beaucoup aux Germaniques " - vous regardent méchamment. À se demander si nous ne venons pas de localiser le dernier sorcier du pays.



Gwendoline Raisson
L'Humanité - 29 juillet 2000
http://www.humanite.fr/popup_imprimer.html?id_article=229177
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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Ven 11 Sep - 10:29

UNE SORCIERE EN BERRY


L’histoire que je vais vous conter s’est passée, il y déjà fort longtemps, dans un petit village de cette province, un village où les habitants vivaient heureux et sans problème.



Mais voilà qu’un jour un personnage étrange vint installer ses pénates dans une vieille chaumière délabrée qui existait hors du village, et les villageois, très intrigués, se posèrent un tas de questions en voyant cette personne inconnue, vielle femme édentée, à la peau tannée et au nez crochu, qui parlait très peu, et qui se promenait avec un corbeau apprivoisé perché sur son épaule. Puis, comme il ne se passait rien de notable, on finit par l’oublier un peu.



Quelques temps après, des évènements surprenants commencèrent à se produire. En premier, ce fut le père Sylvain qui, d’habitude, aimait bien boire un coup au point d’être saoul à peu près tous les soirs, qui n’arrivait plus à boire une goutte du meilleur vin sans avoir l’impression de boire le pire vinaigre. Le pauvre était devenu aussi sobre qu’un chameau en plein désert. Vous me direz qu’au fond, c’était plutôt bénéfique pour ses proches comme pour lui-même, mais voilà que par la suite il y eut une telle mortalité parmi les moutons que de mémoire de Berrichon, on n’avait jamais vu çà ! Cela venait-il d’un virus ? D’un microbe quelconque ?




Là où la stupéfaction fut totale, ce fut quand les vaches se mirent à donner du vin rouge à la place du lait. Heureusement qu’à cette époque on élevait encore les nourrissons au sein de leur mère, mais quand même, on aurait bien voulu comprendre pourquoi. Avaient-elles donc été brouter du raisin dans les vignes ? En tout cas, contrairement au père Sylvain, les veaux eux, avaient une cuite permanente au point que les mères vaches en devenaient folles. Quant au curé du village, lui, il en avait perdu son latin ! Il en était arrivé à bredouiller n’importe quoi en disant la messe. Heureusement que les paroissiens, de toutes façons, n’avaient jamais compris le latin, ce qui faisait que la chose passait inaperçue.



Puis voilà que la mère Solange qui avant acheté des œufs pour se faire une omelette découvrit, en les cassant, qu’ils contenaient des coquadrilles ! Vous ne savez pas ce que sont des coquadrilles ? Ce sont une sorte de reptiles que l’on ne trouve que dans les œufs de coq. Vous allez me dire que les œufs de cop n’existent pas ! Eh bien si ! Mais seulement quand les sorciers ou les sorcières s’en mêlent.



Bien sûr, dès ce moment, les pensées se portèrent sur l’occupante de la vieille chaumière et on se mit à la surveiller. Le plus acharné à cela fut le père Sylvain qui n’arrivait pas à se consoler d’avoir perdu le goût du bon vin. Un jour que la vielle était en train de faire bouillir quelque chose dans un chaudron devant sa porte, il s’approcha tout doucement, sans bruit, en se cachant derrière les buissons, puis profitant d’un instant ou la vieille était partie chercher quelques rondins dans le bûcher qui était derrière la chaumière, il courut jusqu’au chaudron pour voir ce qu’il y avait dedans. Horreur ! Parmi des herbes, des serpents et des crapauds ! Le doute n’était plus possible.



De retour au village, le père Sylvain fit part à tout le monde de sa découverte. Bien décidés d’en finir avec cette sorcière, les gens du village pensèrent d’abord à la faire exorciser par le curé ; mais hélas ! Le pauvre ayant perdu son latin ne se rappelait plus la formule qu’il fallait prononcer en de telles circonstances. Alors tant pis ! Les choses étant ce qu’elles sont, on se décida à employer les grands moyens !



S’armant de fourches, de bâtons et de tout ce qui tombait sous la main, ils se dirigèrent vers la chaumière. La vieille à la vue de tout ce monde qui arrivait avec visiblement des intentions hostiles, comprenait que son pouvoir ne pourrait agir sur des gens aussi nombreux, enfourcha un balai de bouleau qui était devant sa porte, et partit vers son corbeau qui s’écria : quoi ? quoi ? quoi ?



On ne la revit jamais ! Le calme revint dans le village, le père Sylvain reprit goût au pinard, les vaches eurent à nouveau du lait, et le curé retrouva son latin.
C’est depuis ce temps là que, si vous venez à passer devant la cour de l’école à l’heure de la récréation, vous entendez sans doute les enfants chanter sur l’air d’au « Clair de la lune » :
Depuis sa chaumière
Pour nous faire tort
La vieille sorcière
Nous jetait des sorts
Mais tout le village
S’en étant fâché
C’est dans les nuages
Qu’elle dut se cacher


Nos compliments et nos remerciements à l'auteur Monsieur Guy Renaud
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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Ven 11 Sep - 14:42

LE GRIMOIRE




Un grimoire est un livre ou manuscrit, le plus souvent ancien dans lequel on trouve des formules magiques, des invocations, des moyens de fabriquer des potions, des sortilèges, ainsi que différents textes ou illustrations traitant des phénomènes liés à la magie. Son nom proviendrait du latin : gramare signifiant grammaire.
On pouvait trouver dans les grimoires des textes traitant des domaines liés à la magie blanche, la médecine, l’astrologie, les phénomènes de la nature. Cependant, le plus souvent le contenu traitait de magie noire, de satanisme, de l’art d’invoquer les démons, de la fabrication d’amulettes, et autres.

Quelques gouttelettes de sang, un cœur d’hirondelle, une patte d’aigle et une langue de grenouille…
Abracadabra… et hop !
On y apprend que la correspondance du mot ABRACADABRA avec les tables numériques occultes est 365. Soit le temps que met la terre à tourner autour du soleil. La signification hébraïque (abreq ad hâbra) est "Envoie ton feu jusqu’à la mort".On peut donc en conclure que le terme "Abracadabra" met en relation direct avec les pouvoirs du soleil, par conséquent avec les énergies positives.
Le mot "Abracadabra" sert donc à conclure un sort bénéfique et non pas un sort maléfique.
Par exemple, pour qu’un être vous aime, mélangez à votre propre sang du cœur d’hirondelle, de colombe ou de passereau, et faire avaler ce mélange à la personne dont vous voulez être aimé.
Mais on trouvera également comment vaincre un envoûtement !
Qu’est ce qu’une amulette ? Et comment, et pourquoi la fabriquer ?
On y trouve des exemples et leurs bienfaits. On y apprend qu’une canine de tigre encourage la fécondité par exemple.
On y apprend que suivant sa date de naissance ce sont certains métaux et certaines pierres qui nous aident.

Les grimoires sont certainement aussi anciens que la pratique de la magie elle-même. L’existence de la magie est un des premiers faits qui nous apprennent les plus antiques traditions des peuples. Les papyrus égyptiens racontent des phénomènes pour le moins étranges liés le plus souvent à la mort des pharaons. La bible aussi, notamment dans le récit de l’exode nous retrace des faits miraculeux, des phénomènes démoniques, les uns magiques, les autres opposés à ceux des magiciens. Deux chapitres de l’exode nous décrivent les œuvres et la puissance des pharaons contre Moïse. On pensera aussi aux plaies de l’Égypte ou encore à la mane, cette nourriture providentielle tombée du ciel, servant à nourrir le peuple guidé dans le désert par Moïse. En fait, dès le commencement la magie était là, avec l’apparition d’Adam puis d’Eve.
La magie constituait autrefois l’ensemble des connaissances possédées par les mages ou les philosophes de Perse, d’Inde, d’Egypte ou d’Assyrie. Ils étaient les prêtres de la nature et les pères de la science. La magie sans doute participé à sa façon à la préface de l’Histoire universelle.




Grimoires et livres anciens de magie



Les Sept Livres de l'Archidoxe Magique, Paracelse

Traduits en français précédés d'une préface par le Dr Marc Haven. Réimpression de ce curieux ouvrage qui contient des secrets et des talismans précieux contre diverses maladies, pour l'amour, la réussite en affaires, la confusion des ennemis, etc... Ce livre était devenu introuvable et l'on ne pouvait que le regretter car il est riche d'enseignements, que ce soit dans la matière médicale, dans la tradition astrologique ou dans le secret des alliages de métaux. Un volume de 104 pages, 16x25, avec 100 gravures et tableaux, huit planches talismaniques et un portrait de Paraclese.
Grimoire Le Grand Albert

Le Grand Albert est un célèbre grimoire rédigé en latin, on attribue communément son origine à Albert le Grand, théologien et philosophe ayant vécu aux alentours du 13ième siècle. Bien qu’il s’agisse d’un ouvrage destiné à la pratique de la magie et à la mise en œuvre de recettes, il ne contient ni sortilèges maléfiques, ni invocations aux démons. En revanche, on y trouve des recettes de cuisine, des moyens d’augmenter ses rendements agricoles, ou encore des théories alchimistes ou cabalistiques dont l’origine serait attribuée à Paracelse. Grimoire Le Petit Albert
Le petit Albert est souvent apparenté au Grand Albert qui est un autre grimoire bien connu des ésotéristes. Toutefois il n’est pas un résumé ou une version tronquée de son homologue. Il s’agit d’un texte bien distinct. L’église condamnera fermement le Petit et le Grand Albert les assimilant à des ouvrages de magie noire.

Dans ce Très Ancien Grimoire de Sorcellerie ont été recueillis les Secrets le plus rares et les plus curieux dont certains n'existaient qu'en manuscrits. Comme a dit son Auteur, ce livre est la "Science du Bien et du Mal". Cet ouvrage contient une foule recettes pratiques de Magie Noire : Conjurations des Démons, le GRAND EXORCISME pour déposséder la créature humaine et les animaux, pour lever les sorts, pour gagner aux jeux, pour se faire aimer, pour se garantir... et également : Charmes et Contre-charmes, Secrets Merveilleux, La Main de Gloire, La Poule Noire.
Le Grand Grimoire de Sorcellerie

- la Partie Théorique avec la Définition de la Magie et de la Sorcellerie, les Dogmes et normes dans l'Art, La Loi du Boomerang, les couleurs en magies et les correspondances planétaires.
- La deuxième partie, plus importante concerne la Partie Pratique avec les exercices de base, les outils de la Pratique Sorcière, quelques Alphabets Magiques, des méthodes pour tracer le Pentagramme et l'Hexagramme, de Fabrication de la Baguette et du Bâton, la fabrication du Tabard, la Consécration des Outils, la fabrication des Charbons Ardents, la fabrication de l'Eau Lustrale, quelques Recettes d'Huiles Magiques, la fabrication et Utilisation des Dagydes, quelques Recettes d'Alcools pour les cérémonies sorcières, quelques Recettes d'Encens pour la Divination, les Sceaux Planétaires,les méthodes d'Ouverture et de Fermeture du Cercle, le Rituel de Handfasting selon la tradition Wicca Saxonne. Un ouvrage très complet sur le sujet de l'Art Magique et de la Sorcellerie. Prix version CD-ROM: 9,00 euro - Prix version Papier: 24,00 euro
Le Livre des conjurations

Ce recueil a été édité à Rome en 1670. Ce serait l’œuvre d’Honorius III, pape en 1216, ou d’Honorius IV, élu en 1285. Quoiqu’il en soit, il s’agit encore d’un ancien dominicain. Mais cette fois le grimoire, en place d’invoquer les forces angéliques et divines par la prière, fait appel à Lucifer et ses puissances... ce qui ouvre une perspective formidable quant à la vision papale des forces lucifériennes, somme toutes sollicitées largement pour desservir les exigences de l’Homme, jusqu’aux conjurations de Satan, Belzébuth, Astaroth et les autres!
L’ouvrage très religieux contient toutes sortes de maléfices, charmes et actions kabbalistiques, dont le fameux « AGLA », célèbre pour la puissance qu’il libère lorsqu’on en connaît la clé d’ouverture.
La tradition rapporte que le pape Honorius portait lui-même un pentacle cerclé faisant pacte avec les forces les plus obscures de la magie cérémonielle. On dit aussi que ce talisman, à la mort du St Père, s’incrusta profondément dans son thorax.
Le Sixième et le Septième Livre de Moise


Ce Livre est apparu soudainement au début du XVIIIème siècle, mais l'essentiel de son contenu date de la fin du Moyen-Age. On y perçoit nettement l'influence de la littérature KABBALISTIQUE. Depuis des siècles déjà, cet ouvrage CIRCULAIT SOUS LE MANTEAU. En 1849, il a été édité pour la première fois d'après un très vieux MANUSCRIT.

Pour la première fois en France une oeuvre de haute magie trouvant sa source en Égypte, comprenant 23 tables et sceaux des anges et archanges, des esprits planétaires et des esprits des éléments.
Le Grand Grimoire ou Dragon Rouge

Le Grand Grimoire est un grimoire de magie noire, affirmant avoir été écrit en 1522, mais dont la rédaction remonte vraisemblablement au xixe siècle. Il est également connu sous le nom de Dragon rouge. Il est possible que son origine soit italienne, l'ouvrage se présentant comme le résultat du travail d'Antonio Venitiana del Rabina à partir de sources plus anciennes, remontant supposément à Salomon. Éliphas Lévi estime que le Dragon rouge est une contrefaçon moderne du véritable Grand Grimoire plus ancien.
Le livre décrit plusieurs démons ainsi que les rituels pour les invoquer dans le but de passer un pacte avec eux. Il détaille également plusieurs sortilèges permettant de gagner à la loterie, de parler aux esprits, de se faire aimer d'une fille, de se rendre invisible, etc 110 pages.
Enchiridion du Pape Léon


Le livret fut retrouvé dans les réserves du Vatican par un capucin, le père Angelo (?) et fut authentifié le 14 décembre 1843 et encore en 1847. Ce précieux grimoire aurait été offert à Charlemagne par Léon vers 795. D’ailleurs, la bibliothèque vaticane conserve le courrier de remerciement de l’empereur. On retrouve dans cet opuscule des oraisons, des invocations, des conjurations pour tous les maux et les circonstances, des textes de rois antiques et une lettre de Jésus à Athanas... puis des formules pour déclencher les forces sacrées, et d’autres moins avouables, ainsi que des armes pentaculaires pour attaquer et se défendre en appelant les grands archanges... par d’étranges, inquiétantes mais efficaces prières!!!
Ce précieux livre est très rare et recherché par ceux qui ont entendu parler de sa haute valeur, il est illustré de 20 figures et renferme Oraison et secrets. 170 pages.
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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Mer 16 Sep - 9:48

Les Herbes des Sorcières




La connaissance des herbes possède deux aspects. Le premier traite des propriétés médicinales effectives des herbes, le second concerne leurs propriétés occultes, magiques. Les Sorcières utilisent les deux aspects de ce savoir dans leur Art.

D'ailleurs le terme "pharmacie" est dérivé du grec ancien "pharmakeia" et ce mot ne signifie pas seulement composition de drogues médicinales, mais aussi fabrication de potions magiques et de philtres.

La Déesse grecque patronne de la Sorcellerie était Hécate, la triple déesse de la lune, et de nombreuses allusions classiques lui sont faites, ainsi qu'à Médée et Circé, les plus célèbres sorcières des légendes grecques.


Papyrus d'ebers


La sorcière et son chaudron bouillonnant, donc remontent évidemment aux temps pré-chrétiens, ainsi le contenu du chaudron peut être soit bénéfique, soit maléfique. Les herbes étaient étudiées également dans l’Egypte Ancienne. Précédant Hécate il y a eu Isis, la Dame Egyptienne de la Lune et Maîtresse de la Magie. Le célèbre Papyrus Ebers, qui a été trouvé enterré avec une momie dans la Nécropole de Thèbes, contient un grand nombre de recettes à base de plantes. Les simples qu’il prescrit inclut quelques espèces d’herbes toujours utilisées par les herboristes et sorcières d’aujourd’hui. Parmi celles-ci : les oignons, les grenades, les pavots, la gentiane, les scilles, le sureau, la menthe, l’aloès, la myrrhe et le colchique.




Des 400 simples (c’est à dire herbes simples) utilisés par le grand Docteur grec, Hippocrate, on n'en trouve plus que la moitié aujourd’hui. Mais c'est le médecin grec du premier siècle Dioscorides, la référence des adeptes, qui a mixé les toutes premières herbes existantes et par la suite utilisées pendant 1600 ans . Plus tard, l’Histoire Naturelle de Pline, a recueillii un étrange savoir dont Cornelius Agrippa, au XVIème siècle s'est inspiré dans sa « Philosophie Occulte » (Cologne, 1533 - traduction anglaise publiée à Londres en 1651).


Le Greco


Dans des endroits comme Tolède en Espagne, là où les cultures Européenne et Islamique se sont mélangées, la médecine est autant enseignée que la magie, l’alchimie et l’astrologie. D'ailleurs la connaissance des drogues orientales comme le haschisch, dérivé de la plante Marijuana, a fait parti de l'enseignement transmis par les anciens écrivains classiques. Le savoir de ces choses s'est diffusé graduellement et a filtré jusqu’à la sorcière de village, s'imbriquant dans les traditions dérivées des sources Nordiques, Celtiques et pré-Celtiques.




La sorcière de village de l'époque est herboriste, jeteuse de sort, interprète des rêves, guérisseuse, sage-femme et psychologue, tout en même temps. Alors que la science médicale actuelle et les services de contrôle était inconnus, elle est pratiquement la seule ressource pour les pauvres gens des endroits les plus reculés du pays. En fait, en ces temps-là lorsque la chirurgie était encore à l’état embryonnaire, que l'on pratiquait les brûlures et les saignées, la sorcière du village, avec ses breuvages de simples et sa psychologie pratique, a bien moins tué que les médecins.

Toutes les sorcières, cependant, ne vivent pas dans l’ombre. Une célèbre dame nommée Trotula, de Sarlerne en Italie, a connu la célébrité dans toute l’Europe pour ses remèdes et recettes. Son nom est à l’origine de l’expression ‘Dame Trot’ ou ‘Old Trot’, donné à la sorcière.




Le moment, où les herbes magiques et médicinales sont cueillies, est régi par l’astrologie et particulièrement par les phases lunaires. La lune croissante est la période pour la magie constructive et la lune décroissante, celle pour la magie destructive et de bannissement. Néanmoins, les herbes sont généralement supposées atteindre leur vertu maximale si récoltées à la pleine lune. D'autre part, les herbes utilisées dans de sombres desseins sont cueillies lorsque la lune est noire ; pour preuve les sorcières de Shakespeare, dans Macbeth, qui se sont servies « des racines de ciguë ramassées dans le noir ».

Les herbes qui ont un effet narcotique et soporifique ont été particulièrement associées à la sorcellerie et utilisées dans la composition du baume des sorcières. On a même donné à un nombre d’herbes des noms populaires les associant aux sorcières.




Pour la magie protectrice, il y a le splendide Millepertuis (Hypericum perforatum), qui est appelé Fuga demonum, parce qu’il bannit les mauvais esprits.

Le sorbier des oiseleurs, avec ses belles baies rouges, réalise les mêmes bons offices et dissout les mauvais sorts. C’était le grand sortilège Gaélique contre tout ensorcellement. Une vieille salutation Ecossaise était « Que la paix soit ici et le sorbier ».




L’armoise commune était appelée par les herboristes de l’ancien temps Mater Herbarum, « la Mère des Herbes », à cause de ses qualités prééminentes. Une infusion à base d’armoise est sensée aider au développement de la clairvoyance. Les jeunes feuilles sont utilisées, sucrées avec du miel. Bien sûr l’herbe a été cueillie à la pleine lune pour être plus efficaces.




L'absinthe est une plante vivace, aromatique, connue depuis l'antiquité. Cependant, cette plante à l'odeur forte et à la saveur amère n'est pas à proprement parlée vénéneuse mais présente quand même un certain danger dû à ses sucs toxiques. En effet, l'abus d'une essence toxique (thuyone) retrouvée dans la liqueur alcoolisée du même nom conduit à un état de démence. Interdite depuis, cette boisson très populaire au XIXe siécle était aussi nommé la « Fée verte »




Les druides se servaient de la Mandragore pour se mettre en léthargie, et le Grand Albert, un livre divulguant des secrets divers et attribué sans doute à tort à Albert le Grand (1193-1280) la recommandait pour l’anesthésie. La légende lui attribue aussi des vertus aphrodisiaques. Mais attention, c’est un hallucinogène très dangereux, voire mortel. Et si la médecine en a fait usage jusqu’au XIXe siècle l’analyse moderne a révélé des principes actifs très nocifs, et on ne la sert plus du tout de nos jours dans les médicaments, sauf peut être encore en homéopathie, mais les doses sont infinitésimales. Et n’oubliez pas, qui possède une racine de mandragore et la porte sur lui comme talisman est assuré du succès dans toutes ses entreprises… et en amour… On le croyait à l’époque médiévale !


Du fait de la croyance qu’elles ont en la magie des nombres, les
sorcières aiment utiliser soit trois, soit sept, soit neuf herbes dans
la composition de leurs charmes ou sortilèges. Ces nombres, depuis des temps immémoriaux, possèdent de puissantes propriétés occultes.

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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Lun 21 Sep - 1:21

ABRACADABRA



Ne vous-êtes vous jamais demandé ce que pouvait bien signifier ce mot associé aux contes et aux enchanteurs ?
MOI, SI !!!!
Cette formule fut utilisée pendant tout le Moyen-âge.

"Il ne fallait que porter autour du cou cette sorte de philactère, écrit dans la disposition triangulaire que voici, pour charmer différentes maladies et guérir la fièvre "(Plad)

ABRACADABRA

ABRACADABR

ABRACADAB

ABRACADA

ABRACAD

ABRACA

ABRAC

ABRA

ABR

AB

A

Ce mot viendrait de l'hébreu abreg ad hâbra qui signifie :
envoie ta foudre jusqu'à la mort.
En hébreu, il se compose de neuf lettres.
La disposition des lettres en triangle renversé dirige vers le bas les énergies d'en haut que le talisman prétend capter.
C'est donc à trois dimensions qu'il faut voir cette figure : elle représente alors un entonnoir où les lettres magiques, courant en biais du haut évasé vers le bas qui s'étrangle,
forment les lignes de force d'un puissant tourbillon;
malheur aux forces mauvaises qu'il happe :
elles disparaissent à jamais hors du monde diurne vers l'abîme d'où rien ne remonte.

La formule ABRACADABRA répond, dans cet esprit, aux mêmes soucis qui firent inventer amulettes, talismans ou pentacles.

Toutes ces formules, dont l'ABRACADABRA, n'est qu'un exemple, s'appuient sur un symbolisme très ancien.
N'a-t-on pas fait des rapprochements avec un des noms de Mithra,
le dieu solaire, sacrificateur et sauveur ?

Comme les amulettes, talismans ou pentacles, elles cherchent à donner à l'Homme un sentiment de protection, en le mettant en accord avec les Lois mystèrieuses qui régissent le monde et en relation avec des pouvoirs supérieurs.
(dictionnaire des symboles-Robert Laffont)
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MessageSujet: Re: LA SORCELLERIE   Lun 5 Déc - 9:56

Exposition SORCIERES, Mythes et réalités.
Du 23 novembre 2011 au 31 mars 2012


Affiche : " La leçon avant le sabbat" (Huile sur toile) Louis Maurice Boutet de Monvel - 1880 Nemours, château-musée


Par Belzébuth ! Par Asmodée ! Par Astaroth ! Diables et démons ont quitté leur séjour infernal et établi leur demeure à l’Adresse Musée de La Poste pour quatre mois ! C’est par l’intermédiaire de leurs suppôts - les sorcières- qu’ils feront entendre leurs voix. Du 23 novembre 2011 au 31 mars 2012, l’Adresse Musée de La Poste présente l’exposition SORCIERES, Mythes et réalités. Celle-ci aborde la sorcellerie du Moyen-âge à nos jours, suivant des approches non seulement artistique, historique, sociologique et ethnographique.


" La convocation au sabbat " José de la Peña – 1938 / DRMusée Basque et de l'histoire de Bayonne

L’exposition s’ouvre sur un premier chapitre : l’imaginaire de la sorcellerie présentant des œuvres d’artistes du XVIIe au XXe siècle qui livrent une image caricaturale de la sorcière et de nombreuses scènes de sabbat ainsi que des affiches et des maquettes de films du début du siècle et un extrait d’un film réalisé en 1920. Une transition sur les procès en sorcellerie des siècles passés nous conduit vers le deuxième chapitre où sont exposés les objets - glanés par les ethnologues - utilisés dans les pratiques magiques récentes.

La sorcellerie n’est pas une relique du passé. Si les pratiques magiques, dont la sorcellerie n’est qu’un des aspects, existent depuis « la nuit des temps », elles n’en ont pas moins traversé les siècles, insensibles au progrès des sciences. Elles prennent racines dans des croyances populaires millénaires, transmises par tradition orale. L’ambition de l’exposition « Sorcières » est d’expliquer ce fait social dans sa permanence.


Danae - Gustave Klimt

L’originalité de la présentation réside dans le rapprochement des regards : celui des artistes, des historiens et des ethnologues.

Ouvert tous les jours de 10h à 18h, jusqu'à 20h le jeudi, sauf dimanche et jours fériés. Billet valable 1 jour au choix. Gratuit pour les moins de 13 ans.

Commissaire de l’exposition :

Patrick Marchand
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