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 VENISE ET SES SORTILEGES

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Nine
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MessageSujet: VENISE ET SES SORTILEGES   Ven 6 Mar - 1:46

LES MASQUES DE VENISE



Quand une personne vient à Venise,
elle se demande sans doute pourquoi il y a autant de magasins de masques.
Dans chaque ruelle, sur chaque place,
vous trouverez des millions de masques qui vous accompagneront
tout au long de votre séjour dans la Lagune,
par ailleurs il est pratiquement impossible de repartir dans en acheter un.

L'histoire des masques de Venise remonte déjà à de nombreuses années.
En effet il existait déjà en 1271, une école des "maschereri". En 1773,
il existait officiellement 12 magasins de masques avec 31 ouvriers :
peu par rapport à l'utilisation que l'on en faisait à l'époque.
Toutefois beaucoup de masques, fameux dans toute l'Europe, sont fabriqués au noir,
donnant ainsi du travail à de nombreuses personnes.

En 1600 on se trouva face à un tel abus sur l'utilisation des masques,
que le gouvernement de la République de Venise est obligé d'instaurer des règles
pour en limiter l'utilisation.
Ainsi on interdit aux habitants de porter des masques en dehors de la période du Carnaval,
dans les lieux de culte, on interdit le port d'armes, le chahut de groupe,
pour finir on ne peut porter des masques qu'à des heures préétablies.
L'utilisation des masques a été interdit aux prostitués et aux hommes fréquentant les bordels.
Les fausses moustaches, les fausses barbes,
les femmes qui se déguisent en homme sont également considérées comme des masques.
Au contraire le loup était une obligation lors des cérémonies officielles et des fêtes publiques,
comme l'était le port de la cape.

Le masque, à l'époque, était utilisé comme déguisement
et servait également à se camoufler pour faire des choses peu catholiques,
certains en effet en profitaient pour ne pas se faire reconnaître et ainsi tromper leur fiancée.

Les masques traditionnels du Carnaval de Venise



La ‘’Bauta’’, costume typique du carnaval vénitien, se compose d’une cape noire
accompagnée d’un chapeau noir :
le ‘’Tricorne’’ et d’un masque blanc pour cacher le visage.

La ‘’Moretta’’ est un masque qui tenait sur le visage grâce à un petit bouton
que la femme tenait entre ses dents.
Ainsi elle ne pouvait donc pas parler, ce qui renforçait l’anonymat…mystère !

On trouve également le masque du ‘’docteur de la peste’’
caractérisé par son long bec, sans oublier tous les masques de la commedia dell’arte,
comme Arlechino, docteur Balanzone, Brighella, Colombina, Pulcinella.


Comment fabrique-t-on les masques ?

Tout d'abord on construit avec de l'argile le visage qui représentera le masque.
On modèle ensuite un moule en plâtre par dessus.
Le papier mâché, fait grâce à des morceaux de papier et de colle,
est inséré sur le moule où il sèche lentement.
Une fois durcit, le masque est retiré de son moule puis fignolé avec un papier abrasif très fin.
Pour finir on lui donne un fond de base. Par la suite on le peindra selon ses goûts.

Pantalone:
le masque de Venise par excellence.
Vieux, riche, avare. Le fourbe par excellence.

Arlecchino (batòcio = bâton):
c'est l'émigrant classique qui arrivait à Venise à la recherche d'un travail.
Il vient de Bergame, autrefois territoire de Venise.

Facanapa ou Fracanapa:
masque vénitien qui symbolise la réponse de l'arrière-pays au déclin de la Serenissima.

Moreta:
masque de cuir noir destiné à couvrir le visage des femmes.
Privé de bouche, il est soutenu par les dents (ainsi on ne pouvait pas parler)

Pulcinella: c'est l'Arlequin du sud.

La Gnaga:
masque de chat. Celui qui le porte s'exprime par des miaulements continus
ou avec des phrases obscènes. Il est utilisé par le travesti .

Baùtà:
masque blanc très connu et asexué.


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MessageSujet: Re: VENISE ET SES SORTILEGES   Ven 6 Mar - 2:03

LA CHANSON DU MASQUE



Aloysius Bertrand consacre dans son recueil Gaspard de la nuit
un poème au carnaval de Venise et à son folklore
"La Chanson du masque"

"Ce n'est point avc le froc et le chapelet, c'est avec le tambour de basque
et l'habit de fou que j'entreprends, moi, la vie, ce pèlerinage à mort !

Notre troupe bruyante est accourue sur la place Saint-Marc,
de l'hôtellerie du signor Arlecchino qui nous avait tous conviés
à un régal de macaronis et de polenta à l'ail.

Marions nos mains, toi qui, monarque éphémère,
ceins la couronne de papier doré, et vous, ses grotesques sujets,
qui lui formez un cortège de vos manteaux de mille pièces,
de vos barbes de filasse et de vos épées de bois.

Marions nos mains pour chanter et danser une ronde,
oubliés de l’inquisiteur, à la splendeur magique des girandoles de cette nuit rieuse comme le jour.

Chantons et dansons, nous qui sommes joyeux,
tandis que ces mélancoliques descendent le canal sur le banc des gondoliers,
et pleurent en voyant pleurer les étoiles.

Dansons et chantons, nous qui n’avons rien à perdre,
et que derrière le rideau où se dessine l’ennui de leurs fronts penchés,
nos patriciens jouent d’un coup de cartes palais et maîtresses.



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MessageSujet: Re: VENISE ET SES SORTILEGES   Ven 6 Mar - 2:23

Le carnaval de Venise est le carnaval des masques



Il remonte au XIème siècle et durait deux mois du 26 décembre à Mardi gras,
des gens masqués et costumés faisaient la fête dans la rue, jeux, spectacles,
concours, courses, spectacles, etc...
Porter un masque était bien commode pour faire tout ce qui était interdit
et les vénitiens entreprirent de porter le masque dès octobre pour s'en donner à coeur joie.
Aujourd'hui, il est permis de porter un masque quand on le veut,
mais les interdictions que le masque permettaient de braver n'existent plus.

Poème extrait d' Une promenade vénitienne

La période du Carnaval
change le monde.
Celui qui va bien, celui qui va mal,
le Carnaval nous fait tous nous réjouir.
Celui qui a de l’argent,
doit le dépenser,
Celui qui n’en a pas,
espère en trouver;
il fait le marchand pour aller s’amuser.

Ici la femme et là-bas le mari,
chacun, a son goût,
va où il est invité,
à jouer et à danser.
Carlo Goldoni
le pont des soupirs vision nocturne

Arlequin n’est pas en train
Scaramouche n’ouvre plus la bouche
Polichinelle s’est fait la belle
Brighela a remisé ses plats
Matamore ne va pas fort
Le médecin ne se sent pas bien
Isabelle a attrapé la varicelle
Colombine a petite mine
Pierrot ne trouve plus ses mots
Les masques ne dansent plus la bergamasque
Et nous montrent leurs basques
Les lampions ont fini de brûler, la fête est terminée


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MessageSujet: Re: VENISE ET SES SORTILEGES   Ven 6 Mar - 2:45

VENUS OU BIEN VENISE



T'as pas envie de t'en aller
Mettre des ailes à tes souliers
Pour crever ton nuage de fumée

T'as pas envie d'aller au ciel
Comme une plume de Sarcelles
De regarder de plus près le soleil

Venus ou bien Venise
C'est la même valise
Que l'on remplit des mêmes souvenirs
Venise ou bien Venus
Rien de moins rien de plus
Et c'est si difficile d'en revenir

T'as pas envie de Marylène
Je crois que le Bon Dieu lui-même
N'a jamais écrit de plus beaux poèmes

T'as pas envie de l'enlever
De la cacher de l'enfermer
De garder pour toi tout seul sa beauté

Venus ou bien Venise
C'est la même valise
Que l'on remplit des mêmes souvenirs
Venise ou bien Venus
Rien de moins rien de plus
Et c'est si difficile d'en revenir

J'ai bien du mal à me tenir debout
Avec les vents qui soufflent
De partout et qui me rendent fous

Alors ne viens pas me tenter
Laisse-moi ma tranquillité
Avec mes illusions de liberté

Venus ou bien Venise
C'est la même valise
Que l'on remplit des mêmes souvenirs
Venise ou bien Venus
Rien de moins rien de plus
Et c'est si difficile d'en revenir

Venus ou bien Venise
C'est la même valise
Que l'on remplit des mêmes souvenirs
Venise ou bien Venus
Rien de moins rien de plus
Et c'est si difficile d'en revenir

DELANOE/F.BERNHEIM

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MessageSujet: Re: VENISE ET SES SORTILEGES   Mer 11 Mar - 1:05

L'histoire des masques de Venise.



LES ORIGINES

C'est vers l'an 1000 que l'Église catholique, soucieuse depuis des siècles de donner Pâques la priorité absolue pour toute la chrétienté, fixe le calendrier de ses fêtes. Les clercs qui le rédigent dans les abbayes y disposent les périodes grasses et maigres selon que la viande est autorisée ou non et y fixent :

CARNAVAL.

Le mot aurait deux origines:

- CARNEM LEVARE :

priver de chair (viande) annonçant ainsi le carême qui débute le mercredi des cendres
et sera porté, au VIIIe siècle, quarante jours.

- CARNE VALE :

la chair prévaut, celle que l'on mange (la viande) et celle que l'on désire (le corps),
signifiant le triomphe de la sensualité propre au carnaval.

Dans les deux cas, le carnaval est indissociable du carême puisqu'il désigne
la période orgiaque qui le précède.
Il atteindra Venise les sommets de tous les débordements et, malgré les interdits,
éclatera au XVIIIe siècle dans un "bouquet final" précédant la chute de la Sérénissime.

Si nous devons l'Église la place et la durée du carnaval,
les origines de ce dernier sont rechercher dans le paganisme:

fêtes de la nouvelle année, de la terre, de la fécondité...
transmises en Grèce sous le nom de Bacchanales
( un homme déguisé en Bacchus, dieu du vin, parcourrait les rue au milieu des chants et des danses),
puis Rome sous le nom de Lupercales
(instaurées par Rémus et Romulus en l'honneur de la louve qui les avait allaités)
et de Saturnales ( sous l'égide du dieu du temps,
les Romains festoyaient en inversant les rôles - les maîtres servent leurs esclaves -
et s'adonnaient une débauche effrénée).

L'Église, soucieuse de canaliser ces manifestations licencieuses qui avaient perdu leur sens originel,
les rebaptisa (fête des fous, des innocents, carnaval...)
et tenta de leur donner un sens nouveau.
Le carnaval était né.

DE LA NAISSANCE A L'APOGÉE

A Venise, comme dans toute l'Europe médiévale, le carnaval est la fête "du ventre",
de la transgression et de l'inversion.

Fête du ventre:
on distribue de la nourriture aux pauvres afin que chacun fasse ripaille.
A une époque les disettes étaient fréquentes,
(Venise réussit cependant les éviter), le peuple oublie ses peines et accède,
pour un temps, au "Pays de Cocagne" dont il ne peut que rêver.

Fête de la transgression:
si, lors des fêtes païennes on se moquait des héros et des dieux,
au Moyen-Age on prend la religion partie.
Les religieux eux-mêmes participent aux réjouissances
en se livrant à des simulations de cérémonies et des plaisanteries obscènes.
On danse dans les couvents; les lieux sacrés, pivots de la vie sociale,
sont transformés en théâtres où l'on s'amuse aux dépens de tous et de tout.
Le pape Innocent III dont le pontificat marque au XIIIe siècle l'apogée de la papauté
promulgue une bulle pour bannir les spectacles des églises et interdire aux religieux
de participer aux fêtes.
En vain... La fête continue.

Fête de l'inversion:
les rapports hiérarchiques s'inversent. Le valet est servi par son maître;
le pauvre côtoie les puissants et peut se permettre de les ridiculiser,
voire de les bafouer,
le sous-diacre prend la place des dignitaires.
L'homme se déguise en femme, le jeune en vieux et réciproquement.
Le carnaval qui permet l'homme "d'inverser" se qui le fige dans son histoire
- le sexe - l'âge - le statut, de transgresser les interdits et de s'adonner aux plaisirs,
se distingue de la fête officielle au rituel codé.
Il s'en démarque par l'usage des déguisements et des masques.
Il n'y aurait pas eu de masques lors des premières fêtes vénitiennes.
Un texte de 1268 autorise le port du masque pendant le carnaval
et aussi pendant une période de six mois de l'année.
Les vénitiens prendront l'habitude de sortir masqués.

Pendant des siècles le carnaval contribue la stabilité de Venise.
Il en précipitera la chute. Venise rayonne mais n'est plus une grande famille.
Au lieu de se mettre son service,
chacun veut profiter de sa richesse et des plaisirs qu'elle procure.
Le carnaval dure de plus en plus longtemps.
Plus ces jours ces multiplient, plus ceux de la "civilisation vénitienne" sont comptés.
Plus les vénitiens s'enrichissent, plus Venise s'appauvrit... et plus le carnaval fait rage.

Venise reste la ville des fêtes et des plaisirs.
Tandis que son influence politique diminue, elle jette ses derniers feux.
Le carnaval est la grande attraction qui commence en Octobre.
Il dure six mois de l'année et triomphe dans les bals masqués,
les prouesses pyrotechniques.
On y vient de toute l'Europe jouir des plaisirs les plus divers,
les plus troubles et tous y gagnent:
aubergistes, restaurateurs, gondoliers, fabricants de masques...


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MessageSujet: Re: VENISE ET SES SORTILEGES   Mer 11 Mar - 1:13

LE DÉCLIN DU CARNAVAL

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liliane
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MessageSujet: Re: VENISE ET SES SORTILEGES   Dim 15 Aoû - 15:57

Venise, c'est un peu la France
Des Français se mobilisent pour la sauvegarde de la Cité de Doges.


out commence par les terribles inondations de 1966, une «annus horribilis» pour la cité des Doges. La place Saint-Marc est ensevelie sous 1,50 mètre d’eau. Du jamais vu. La catastrophe est historique, ô combien dommageable pour la ville lagunaire –si fragile– touchée dans ses fondations sur pilotis et ses monuments les plus fameux. La basilique della Salute construite dès 1630 pour rendre hommage à la Vierge après l’épidémie de peste (un tiers de Vénitiens décédés) a subi des dégâts considérables, à commencer par le splendide statuaire en piteux état. Un panneau indiquait à l’entrée: «Attention à la chute des Anges.» Désespoir et impuissance.

Le phénomène de l’acqua alta a pris là des proportions inquiétantes: la mort annoncée de Venise meuble les esprits. Maurice Barrès, au début du XXe siècle, l’annonçait:

«Et ses vagues en déferlant orchestrent l’éternel motif de la mort de Venise par excès d’amour de la vie.»

C’est l’Unesco, bien lui en a pris, qui a déclenché la mobilisation des États attachés à la survie de la cité des Doges, née des eaux, menacée d’ensevelissement. La France, en la personne de Gaston Palewski, un des premiers compagnons de De Gaulle à Londres, ancien ambassadeur à Rome, amoureux de l’Italie et de Venise, met sur pied le premier Comité pour la Sauvegarde de Venise, une association privée chargée de collecter des fonds dans le but de restaurer d’abord la basilique della Salute. Une œuvre monumentale, menée à bien par des architectes locaux, une formidable initiative tout à l’honneur des mécènes qui l’ont permis –et de la France, mère des arts.

De l'aura pour la France

Dans le vaporetto qui le conduit de la place Saint-Marc à l’Accademia, Jérôme-François Zieseniss, un historien français, spécialisé dans la destinée de Napoléon –il a écrit une biographie remarquée du maréchal Berthier– entend une Parisienne en tailleur blanc s’exclamer devant la Salute: «Ah, je sais, c’est une église qui appartient à la France!» Pour Zieseniss, une chose est acquise: Gaston Palewski a réussi son coup; la France, grâce à cette rénovation spectaculaire, en a retiré aura, bénéfice et gloire. Il y avait là un exemple à suivre, se dit l’historien, concerné par Venise, un chef-d’œuvre en péril.

Grâce à l’ambassadeur en Italie, Gérard Gaussen, Jérôme-François Zieseniss, qui a eu un coup de foudre pour la Sérénissime à l’âge de 18 ans (il habite un charmant palazzo dans le sestier (quartier) Dorsoduro), est nommé en 1999 président du Comité français pour la Sauvegarde de Venise, chargé de la recherche de fonds privés à destination d’édifices publics. Et il y a beaucoup à faire, la liste des monuments en danger est impressionnante.

«La France est le seul grand pays à avoir des racines à Venise, une histoire commune matérialisée par l’Aile napoléonienne de la place Saint-Marc, l’ex-palais royal de 1807, édifié en six ans sous la responsabilité du vice-roi Eugène de Beauharnais en lieu et place de l’église Sansovino, détruite à des fins de modernisation de la cité des Doges –c’était le souhait de l’Empereur, longtemps détesté par les Vénitiens.»

Le palais royal a été transformé en Musée Correr en 1922, du nom d’un gentilhomme mécène et vénitien, collectionneur d’art; imposant de par son architecture néoclassique, le musée est devenu celui «de la ville et de la civilisation vénitiennes».

Pour le nouveau président du Comité français, la restauration de l’ex-palais royal est le projet premier, le seul qui puisse motiver un club de mécènes de l’Hexagone et d’ailleurs, le seul qui justifie une action caritative en profondeur. Pas de meilleure situation dans Venise: en face de la basilique Saint-Marc. Visibilité idéale.

En trois ans, le portique d’entrée, le magnifique escalier d’honneur en marbre, la salle de bal, le vestibule, la salle du trône vont être restaurés pour 2,5 millions d’euros. Ce n’est pas du luxe, c’est une nécessité: les morsures du temps, du climat, de l’humidité ont causé d’énormes dégâts. Ce n’est qu’un début: en 2004, il restait treize pièces à remettre en état, toutes occupées par les bureaux de l’administration de la cité lagunaire –ce sont les procuraties qui courent tout autour de la place Saint-Marc.

Trois années de travaux en vue

Pas commode de déloger des fonctionnaires englués dans le train-train des commodités. Par chance, Renata Codello, surintendante des Monuments de Venise, la femme la plus puissante de la ville, défend le projet du Comité français: elle a bien vu qu’il s’agissait de restituer à la Sérénissime l’un de ses principaux monuments –le pendant de la basilique néo-corinthienne. Et puis, le quadra Zieseniss, habile diplomate, a réussi à mobiliser des fonds auprès de mécènes –personnalités et sociétés– très attachés à la préservation des sites majeurs de la cité chère à Byron, Proust et Hemingway. Venise, ici et là, est l’objet d’un culte quasi religieux. Sur le modèle français, les Américains ont mis sur pied un comité: «Save Venice».

Sur les vingt millions de touristes, dixit le maire Giorgio Orsoni, qui arpentent les ponts, les églises, les quais, les places, les îlots et les hôtels de la presqu’île aux dizaines de canaux, les Français tiennent le haut du pavé –pas seulement pour le Carnaval, l’hiver. Sachez que depuis la restauration du musée Correr et de ses beautés picturales, architecturales, historiques, le cap des 150.000 visiteurs annuels a été franchi. Il faut savoir aussi qu’un noyau de Français de tous horizons ont élu domicile dans la cité des Doges, dont certains sont des fidèles donateurs du Comité, comme Chantal Mérieux. D’autres comme la comtesse James de Pourtalès, le comte Florian Colonna Walewski, M. et Mme Henri Gradis, l’industriel Henry Hermand, le décorateur Matteo Corvino soutiennent les actions de sauvegarde –il faut récolter 2,5 millions d’euros pour achever le programme de restauration du musée Correr et le souvenir de l’Empereur. Pas rien.

La méthode employée par Jérôme-François Zieseniss consiste à «offrir» chaque salle de l’ex-palais à un ou plusieurs donateurs –de 150.000 à 250.000 euros l’unité– leur nom figurant sur une plaque commémorative. Une satisfaction pour l’égo.

Ainsi, le World Monuments Fund basé à Paris, la fondation de Florence Gould, LVMH, la fondation Napoléon, en plus des mécènes privés financent la seconde partie des rénovations. Trois années de travaux en vue.

Pour Jérôme-François Zieseniss, l’âme du Comité, c’est l’œuvre de sa vie dédiée à Venise et à Napoléon. Chez Sotheby’s à New York, il a fait racheter en 2008 par le Comité une splendide statue de l’Empereur, aujourd’hui dans le musée Correr.

«J’essaie de rendre à Venise tout ce qu’elle m’a donné de joies ineffables et de goût pour la beauté.»

Nicolas de Rabaudy
http://www.slate.fr/story/26127/venise-sauvegarde-france-recette-risotto-troisgros
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