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 LES BALLETS DE L OPERA NATIONAL DE PARIS

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Nine
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MessageSujet: LES BALLETS DE L OPERA NATIONAL DE PARIS   Ven 30 Jan - 14:04


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La danse est la langue cachée de l'âme.
Martha Graham



Le ballet compte aujourd'hui cent cinquante quatre danseurs, dont quinze étoiles et seize premiers danseurs, presque tous issus de l'École de danse de l'Opéra. Ils entrent par concours annuel vers seize ans et terminent leur carrière à quarante-deux ans maximum.


Hiérarchie des danseurs
De l'entrée dans le corps de ballet à la consécration, le Ballet de l'Opéra a fixé une hiérarchie immuable parmi les danseurs et danseuses :

5e échelon : quadrille
4e échelon : coryphée
3e échelon : sujet
2e échelon : premier danseur
1er échelon : étoile

Les échelons 3 à 5 forment ensemble le « corps de ballet ». La promotion au grade supérieur se fait par un concours interne, au jury duquel appartiennent membres de la direction de l'Opéra, danseurs et personnalités extérieures du monde de la danse. Ce concours a lieu chaque année; le nombre de postes mis au concours est fonction du nombre de places disponibles.

Seules les étoiles échappent à ce système : la nomination d'un premier danseur (plus rarement d'un sujet) au titre d'étoile est décidée par le directeur de l'Opéra National de Paris sur proposition du directeur de la danse à la suite d'une représentation. La procédure de nomination a varié avec le temps; depuis 2004, elle se fait devant le public, rideau levé.




Maîtres de ballet et directeurs de la danse

1673-1687 : Pierre Beauchamp
1687-1729 : Louis Pécour
1729-1739 : Michel Blondy
1739-1748 : Antoine Bandieri de Laval
1748-1768 : Jean-Barthélemy Lany
1770-1775 : Gaëtan Vestris
1776-1781 : Jean-Georges Noverre
1781-1783 : Dauberval et M. Gardel
1783-1787 : Maximilien Gardel
1787-1820 : Pierre Gardel
1820-1831 : Jean-Pierre Aumer
1831-1850 : Jean Coralli
1850-1853 : Arthur Saint-Léon
1853-1859 : Joseph Mazilier
1860-1868 : Lucien Petipa
1868-1869 : Henri Justamant
1869-1887 : Louis-Alexandre Mérante
1887-1907 : Joseph Hansen
1908-1909 : Léo Staats
1909-1910 : Thérèse Stichel
1911-1914 : Ivan Clustine
1919-1926 : Léo Staats
1927-1929 : Nicola Guerra
1930-1945 : Serge Lifar
1947-1958 : Serge Lifar
1958-1961 : George Skibine
1962-1969 : Michel Descombey
1969-1970 : John Taras
1970-1971 : Claude Bessy
1971-1977 : Raymond Franchetti
1977-1980 : Violette Verdy
1980-1983 : Rosella Hightower
1983-1989 : Rudolf Noureev
1990-1994 : Patrick Dupond
Depuis 1995 : Brigitte Lefèvre

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MessageSujet: Re: LES BALLETS DE L OPERA NATIONAL DE PARIS   Ven 30 Jan - 14:10

Le Ballet de l’Opéra national de Paris a été fondé en 1669, en même temps que l’Académie royale de musique, aujourd’hui l’Opéra national de Paris. Il est installé au palais Garnier.






Au départ, une troupe nombreuse, exclusivement masculine jusqu'en 1681, danse dans les divertissements et les intermèdes d'opéras. En 1776, Jean-Georges Noverre, puis les frères Maximilien et Pierre Gardel, y imposent le ballet d'action qui fleurissait déjà sur d'autres scènes françaises.

Peu à peu le ballet s'affranchit de l'opéra et au début du xixe siècle se constitue un répertoire d'œuvres chorégraphiques pures, jusqu'à l'apothéose du ballet romantique. C'est là que sont créées les plus grandes œuvres classiques, comme La Sylphide (1832), Giselle (1841), Paquita (1846), Le Corsaire (1865) ou Coppélia (1870).

À la fin du xixe siècle, le centre européen de la danse n'est plus Paris mais il s'est déplacé à Saint-Pétersbourg, sous la houlette de Marius Petipa. La plupart des grandes danseuses de l'Opéra de Paris ont gagné la Russie et le Ballet de l'Opéra fait essentiellement appel à des danseuses italiennes formées à l'école de Carlo Blasis et d'Enrico Cecchetti, comme Aïda Boni, Pierina Legnani, Rita Sangalli ou Carlotta Zambelli.

Au xxe siècle, le renouveau est amorcé par les Ballets russes de Serge de Diaghilev qui présentent six de leurs saisons à l'Opéra de Paris. Serge Lifar amplifie le mouvement de rénovation, auquel contribuent George Balanchine et George Skibine.

À partir des années 1970, le Ballet se donne une double vocation : maintien de la tradition et ouverture à la modernité. C'est ainsi que, à côté de reconstitutions d'œuvres du xviiie siècle (par Ivo Cramer ou Francine Lancelot) et de pièces du répertoire romantique (Petipa et Nijinski revisités par Noureev), le Ballet aborde le répertoire contemporain en invitant des chorégraphes comme Carolyn Carlson, Merce Cunningham, Maguy Marin, Angelin Preljocaj, Dominique Bagouet ou Pina Bausch.

Tout au long des années 1980, l'histoire de la troupe est marquée par la figure de Rudolf Noureev, qui occupe de 1983 à 1989 le poste de directeur de la danse. Au départ mal accepté par les danseurs qui lui reprochent notamment de se servir de la troupe pour ses intérêts personnels et de monopoliser les rôles solistes, Noureev a pu constituer un répertoire de ballets classiques qui forme encore aujourd'hui le coeur du répertoire de la troupe, assurant à la fois une part importante des représentations et ses plus grands succès populaires. Sa version du Lac des Cygnes, créée en 1984, a ainsi subi une fronde des danseurs qui ont obtenu le maintien au répertoire de l'ancienne version du ballet, celle de Vladimir Bourmeister. Cette dernière version sera d'ailleurs reprise une dernière fois sous son successeur Patrick Dupond, soucieux d'effacer les traces de son prédécesseur ; la version de Noureev s'imposera par la suite sans concurrence.

C'est un autre danseur vedette qui succède à Noureev en 1990 : Patrick Dupond, contrairement au danseur russe, est issu de la troupe et n'a pas de prétention à la chorégraphie. Son mandat s'achève précocément en 1994 : l'entente avec le nouveau directeur de l'Opéra de Paris, Hugues Gall, s'avère impossible. Il s'ensuit un procès au titre du licenciement concomitant de Dupond en tant que danseur étoile. etoile scintillante


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MessageSujet: Re: LES BALLETS DE L OPERA NATIONAL DE PARIS   Ven 30 Jan - 14:14

Le Ballet de l'Opéra est aujourd'hui considéré comme l'une des meilleures compagnies au monde. Sa moyenne d'âge est de 25 ans, ce qui en fait l'une des plus jeunes compagnies actuelles. Le répertoire du Ballet de l'Opéra est très étendu, il va des grands ballets romantiques et classiques aux créations de chorégraphes contemporains.





Le Ballet donne aujourd'hui quelques 180 représentations par saison à Paris, en province mais aussi à l'étranger.

Effectif

154 danseurs | 18 étoiles | 17 premiers danseurs
Engagés en général entre 16 et 20 ans dans le Ballet, les artistes terminent aujourd'hui leur carrière à 42 ans.

Direction et encadrement

La direction et l'encadrement du Ballet sont assurés par la Directrice de la Danse, Brigitte Lefèvre, assitée d'un Administrateur, Olivier Aldeano, d'un Maître de ballet, Patrice Bart, directement associé à la Direction de la Danse, de deux Maîtres de ballet , de quatre assistants Maîtres de ballet, d'un régisseur général et de cinq régisseurs .
Six professeurs assurent les cours quotidiens qui ont lieu le matin. Les après-midi sont réservées aux répétitions qui peuvent aussi avoir lieu en soirée quand il n'y a pas de spectacle.

Organisation

La quasi totalité des danseurs a été formée à l'Ecole de Danse de l'Opéra.L'entrée dans le corps de ballet se fait par concours, chaque année, au prorata des places disponibles. Le concours annuel du corps de ballet permet de gravir les échelons de la hiérarchie: quadrille, coryphée, sujet, premier danseur. Les étoiles sont nommées par le directeur de l'Opéra, sur proposition de la Directrice de la danse.

Localisation

Les services de la danse sont installés au Palais Garnier. Les cours et répétitions se déroulent le plus souvent, dans les 4 classes, les 5 salles de répétition (salles Lifar, Noureev, Petipa, rotondes Chauviré et Zambelli) et éventuellement au Foyer de la Danse.
Si les spectacles de Ballet ont lieu à l'Opéra Bastille, les danseurs y trouvent les équipements adéquats, loges et salles de répétition (salles Nijinski et Balanchine).


présentation
Brigitte Lefèvre
le Ballet de l'Opéra
organigramme

A VOIR :

http://www.operadeparis.fr/cns11/live/onp/site/lopera/opera_ballet/Pr_sentation/index.php?lang=fr

Etoile


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MessageSujet: Re: LES BALLETS DE L OPERA NATIONAL DE PARIS   Ven 30 Jan - 14:18

UN LIVRE PASSIONNANT SUR LE SUJET :

Le chemin des étoiles, l'école de danse de l'Opéra de Paris
Natacha Hochman
Beau livre (relié). Paru en 11/2006
coeur

SUJET :


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Dix ans après Itinéraire d'étoiles paru chez le même éditeur, Natacha Hochman revient à l'école de danse de l'Opéra de Paris. Elle nous fait à nouveau entrer, privilège rare, dans cette école prestigieuse où les élèves sont des artistes en devenir.

A travers près de 150 photographies et grâce au texte qui retranscrit fidèlement les propos des professeurs et les conversations entre les élèves, l'auteur nous fait partager le quotidien de l'apprentissage exigeant de la danse : la concentration, l'énergie, la rigueur, les doutes et surtout le travail constant et le dépassement de soi pour prétendre à l'excellence.

Après le concours d'entrée, les stagiaires doivent, de la sixième à la première division, réussir chaque année un nouvel examen pour passer dans la classe supérieure. La route est longue pour intégrer le corps de ballet et rares sont ceux qui feront partie du petit nombre d'élus. Natacha Hochman a su se rendre invisible afin de nous faire pénétrer dans l'intimité de cet établissement pas comme les autres et nous faire approcher de plus près ces élèves habités par la passion de la danse.

Natacha HOCHMAN cumule les passions (musique, vignoble, natation, littérature...) sans en abandonner aucune. Photographe et auteur de sujets aussi variés que le Japon, la danse, les sous-marins, les animaux ou les Kerguelen, elle cultive la recherche de l'authenticité. Aux éditions Alternatives, elle a déjà publié, avec Ariane BAVELIER, Itinéraires d'étoiles et Quel Cirque !

Extrait du livre :

Sans jamais Intervenir, sans jamais poser de questions, sans jamais se justifier, sans jamais Interroger son voisin, "Ils font", n'écoutant que les mots de leur professeur et les notes de musique...
Parler serait quitter l'Immersion totale dans laquelle les élèves danseurs se plongent dès le commencement du cours. Ils paraissent écouter chaque parcelle de leur corps, tant l'effort constant, la volonté unique de bien faire et progresser les animent.

Lorsque l'année précédente, les garçons de la sixième division étaient stagiaires, c'est l'enseignement de Monsieur Bertrand Barena qu'ils ont reçu. Aujourd'hui, ce sont des élèves intégrés qui prennent leur cours dans le studio Grisi avec ce même professeur.
Ils ne comptent plus à voix haute, le rythme et la musique se sont associés dans leur esprit aux exercices, comme au pas de danse. Ils ont appris à travailler avec l'exigence indispensable pour avancer et progresser. La concentration, l'effort, le refus de renoncer aux difficultés sont devenus des paramètres de travail à Intégrer. Rien ne les distrait, ils ont appris à aimer la rigueur.

Yuko Tsuchiya a posé quelques partitions sur le plat du piano noir du studio Vestris. Les sixièmes divisions filles, vêtues de tuniques blanches, attendent leur professeur Mademoiselle Claudette Scouarnec.

"Bonjour mesdemoiselles, placez-vous dans une première très correcte, c'est plus facile pour le travail qui suit. Non, vos mains ne peuvent pas être là en première, elles sont détachées, comme au-dessus du tutu que vous devez imaginer..."
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MessageSujet: Re: LES BALLETS DE L OPERA NATIONAL DE PARIS   Ven 30 Jan - 15:29

PAUL CLAUDEL (Extraits)

La vraie danse vient du corps animé par la respiration. C'est elle qui soulève les bras dans l'amplification du mouvement de la poitrine. C'est elle qui arrache le corps à la terre et le détache du sol. Il faut qu'on la sente constamment, il faut que la respiration remplisse le corps jusqu'au bout des doigts. Le bond n'est qu'une fuite ou un effort (Journal novembre 1920)

Je définirai la danse la preuve offerte à une assistance, sous les feux des projecteurs, de l'impossibilité pour l'être humain, caressé, entraîné, stimulé, fouaillé par la musique d'échapper au poids aussi bien qu'à l'impulsion…

Tout est dit, ou presque.
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MessageSujet: Re: LES BALLETS DE L OPERA NATIONAL DE PARIS   Mer 4 Fév - 17:07

Entrechats et rats

LES PETITS RATS DE L’OPERA NATIONAL DE PARIS


La grâce est leur mode de vie, la perfection leur obsession. Mais avant d'accéder au statut rêvé d'étoile de l'Opéra national de Paris, la plupart des danseurs ont été des "petits rats", des gamins de huit ou neuf ans que l'on prépare quotidiennement à un destin d'exception. Images saisies sur le vif d'un parcours particulier.


En 2013, l'école de danse de l'Opéra national de Paris fêtera ses trois cents ans. Trois siècles pendant lesquels la plus ancienne école de danse du monde occidental s'est construit une réputation d'excellence internationale. Naturellement, un tel niveau exige une discipline d'enfer. Un parcours difficile qui ne ménage ni les efforts physiques, ni les susceptibilités. Et peut parfois sembler à la limite de l'humain.


C'est ainsi : un élève désirant intégrer le corps de ballet de l'Opéra national de Paris a tout intérêt à passer par la voie royale de l'école de danse de Nanterre et devenir "petit rat de l'Opéra", expression apparue alors que les élèves prenaient encore leurs cours au Palais Garnier et dont les chaussons rappelaient, sur le parquet des couloirs, le trottinement des rongeurs. Un cheminement très français, que l'on retrouve avec le CNSAD, l'ENSATT ou le TNS, et dans la musique avec les CNSMD : des grandes écoles nationales, publiques et réservées aux meilleurs, menant la plupart du temps à des institutions d'exception, Opéra national de Paris et Comédie-Française pour ne citer qu'eux. Pourtant, alors que dans une scolarité classique le choix d'un cursus élitiste se fait après le bac, les futurs danseurs du ballet sont sélectionnés dès l'âge de huit ans. Une entrée très précoce dans le monde artistique et pour cause :

il est question de former un corps, des tendons, des articulations. Contraindre le corps en permanence : la danse est un art exigeant et particulier.


Nanterre, ton univers impitoyable




En moyenne quatre cents enfants se présentent chaque année au concours d'admission. Des contrôles médicaux, des critères de taille et de poids ultra-précis, deux sélections, un stage de durée différente selon l'âge, un examen final : on n'entre pas comme ça à l'école de danse. Après ce premier écrémage, une vingtaine de candidats pourront intégrer l'école, dont la scolarité est gratuite. Et dès ce jour la sélection sera leur lot quotidien. Annuellement bien sûr, lors des examens permettant de passer en année supérieure, mais aussi plus ponctuellement, puisque les productions chorégraphiques puisent régulièrement dans ce vivier de jeunes danseurs pour des spectacles comme 'La Bayadère' ou encore 'Casse-Noisette'. Alors, dans tous les esprits, une seule obstination : être là, présent, en vue des professeurs, et surtout ne pas céder, éviter les fractures, résister. La sélection est impitoyable : en dernière année, ils ne seront plus que quatre ou cinq. Un mode de fonctionnement que l'on pourrait juger un peu sévère pour cet âge. Pourtant, de la bouche même de l'ancienne directrice Claude Bessy: "J'ai toujours préféré dire la vérité aux enfants. (…) Un enfant de huit ans est déçu, affligé par la nouvelle, mais sa vie reste encore à construire. Un adolescent de seize ans peut être bouleversé jusqu'à la fin de ses jours, parfois même jusqu'à vouloir mourir." Et voilà l'une des nombreuses ambiguïtés du système : briser le rêve d'un enfant pour le protéger de lui-même. Car là où d'autres sanctionnent par des examens ou des contrôles une capacité de travail, ces enfants-là mettent en jeu leur passion, ce qu'ils croient encore devoir être leur vie. Une envie de danser jusqu'à en vomir avant un examen, pleurer, n'en plus dormir la nuit. Il faut dire que les dorures et les fastes de Garnier, le caractère solennel et imposant de Bastille ont de quoi faire rêver. Et puis, de la poupée à la ballerine, il n'y a qu'un pas… Le rêve est presque à portée de main. Alors on tient, on serre les dents et on encaisse. Il n'est pas question de quitter le navire.


Car au bout des cinq années de cours, il y a le corps de ballet et sa vie de paillettes tellement fascinante. Pour des oreilles extérieures, il peut être parfois déroutant d'entendre des gamins tenir de grands discours sur l'effort : "Dans la danse : rien n'est parfait, on peut toujours faire mieux. Et c'est dur de devoir toujours mieux faire."

Il faut dire qu'ils sont à bonne école. Chez les enseignants, pour la plupart d'anciens danseurs du ballet, les remarques sont du même acabit : "On ne s'installe pas dans l'habitude, chaque jour doit vous donner envie de faire mieux que la veille. Vous devez garder vivant le besoin d'effort, le besoin de dépassement."

Plus cassantes aussi : "Un cours de danse, c'est sérieux, sinon je vous fiche à la porte." De quoi faire taire les bavards et ramener l'ordre. Aujourd'hui, la baguette ne sert plus qu'à rectifier une position, replacer une épaule trop haute.



Pourtant, des témoignages relativement récents laissent penser qu'il n'en a pas toujours été ainsi :

"Nous jouons le jeu des profs, nous devenons des ânes qui ont besoin de carottes pour avancer." Carrière frustrée, orgueil écorché ? Elise Ropers, ancienne élève, ne mâche pas ses mots et dénonce le traumatisme d'un apprentissage martial, sadique et fondé sur l'ego. Plus tôt, un rapport ministériel relevait le "caractère anachronique de l'enseignement chorégraphique", rapport qui conduisit à la loi du 10 juillet 1989, "pour prévenir les risques sanitaires liés à un mauvais enseignement de la danse". De cette époque datent les diplômes d'Etat attestant du degré de qualification de l'enseignant. Education plus cadrée, plus d'attention portée à l'élève : les choses ont évolué, heureusement. De toute façon, dans le sérail, la discrétion est de mise. Plus par habitude, d'ailleurs, que par volonté réelle de dissimulation.




Etoile


Dépasser le rêve

Très tôt, le jeune danseur apprend en effet à se débrouiller par lui-même. Que ce soit le chignon, le maquillage, des raccords de chaussons ou une déprime passagère, il découvre vite comment louvoyer en solitaire entre les obstacles de sa vie de petit rat, angoisses et doutes compris. Aujourd'hui le personnel enseignant est là, les professeurs plus attentifs qu'auparavant. Mais la tradition perdure, avouée : "Si on est gentil avec vous, vous serez gentils avec vous-mêmes et vous ne réussirez jamais."

L'ami à l'école de danse est un personnage plus fugace qu'ailleurs : "Un jour, ils sont tes meilleurs amis, et le lendemain ils te disent que tu es nulle, que tu ne sais rien faire."

Un sentiment très vite assimilé, et d'autant plus perceptible quand les examens approchent ; l'ami d'hier devient alors le rival dont il faut savoir prendre la place. Une éducation à la solitude qui pousse au constat suivant, un peu pathétique : "Pour pallier ce vide affectif, nombreux sont ceux qui ont des chiens ; les loges et les couloirs de l'Opéra en sont envahis (...). Je pense que c'est une bonne façon de déplacer le centre d'intérêt, de mettre son narcissisme entre parenthèses.

S'occuper du chien oblige le danseur à ne plus penser à lui. C'est un délassement moral, une détente nécessaire." A une époque où la construction de soi-même est importante par l'ouverture à la différence, cette autarcie pourrait être lourde de conséquences. De fait, on fréquente des gens qui ont la même passion, les mêmes horaires, la même charge de travail, les mêmes professeurs et surtout les mêmes envies. Beaucoup de couples se formeront au sein même du ballet.

Cette monomanie se retrouvera également plus tard dans un tout autre domaine : "Aujourd'hui les syndicats sont terriblement actifs, mais les moins appliqués demeurent les danseurs. Leur envie de danser est plus forte que l'engagement politique."

Désincarnés, voire infantilisés à force d'implication ? Peut-être. Mais pour le moment le petit rat n’y pense pas. Il répète et sourit, malgré tout, parce qu'il a la vie devant lui.




L'espoir fait vivre, même si l'apprentissage de l'art passe, dans le cas de la danse, par celui de la douleur.

Encore une leçon de courage pour ces enfants qui préfèrent souffrir qu'abandonner. Pieds torturés par les pointes, exercices d'assouplissements à n'en plus finir, sociabilité mise à mal par une éducation en huis clos, le jeune danseur avance sur un terrain bien particulier.

Un univers étrange, écartelé entre réalité physique et dépassement de ces mêmes limites, rigueur et souplesse, qu'il ne faut pas chercher à comprendre car au-delà de tout système rationnel. "Une compagnie de danse, en spectacle, en voyage, en coulisses, en répétition, au cours, c'est un monde à part, peuplé de créatures qui tiennent du papillon, du sex-symbol et de l'athlète, un monde très proche et très loin de nous, où toutes ces données bouillonnent à tous les niveaux du conscient et de l'inconscient."

Fabrique admirable où le rêve s'apprend et se conserve, intact, éternellement jeune.
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MessageSujet: Re: LES BALLETS DE L OPERA NATIONAL DE PARIS   Mer 4 Fév - 17:37

COMMENT DEVIENT-ON PETIT RAT DE L'OPERA ?


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Il ne suffit pas de savoir danser pour être admise à la prestigieuse École de Danse de l’Opéra de Paris… Devenir petit rat de l’opéra est le résultat d’un long processus de sélection.

L’Ecole de Danse de l’Opéra de Paris fêtera son tricentenaire en 2013. La plus ancienne école de danse du monde occidental est aussi le berceau de la danse académique classique mondiale. C’est dire si le processus de sélection pour y entrer et devenir petit rat de l’Opéra de Paris est long et compliqué…

Pour être admise à l’École de Danse de l’Opéra de Paris, tu devras au préalable y faire un stage qui te donnera la possibilité, à l’issue du stage, de passer l’examen d’entrée.

Mais ce stage n’est pas ouvert à toutes…

En premier lieu, il faut répondre à des critères d’âge, de taille et de poids extrêmement précis :

- avoir entre 8 et 11 ans

- critères de taille et de poids :

8 ans min. 1m32 - 22 kg max. 1m35 - 25 kg

9 ans min. 1m35 - 25 kg max. 1m38 - 27 kg

10 ans min. 1m38 - 27 kg max. 1m42 - 29 kg

11 ans min. 1m42 - 29 kg max. 1m50 - 34 kg

Ensuite, si tu corresponds à ces critères, tu passeras une première étape de sélection devant un jury, puis les plus douées seront convoquées pour une deuxième sélection.

Et si tu passes le cap de ces premières sélections, tu pourras faire LE STAGE…

Il existe deux types de stage, l’un de six mois (de janvier à juin) et l’autre d’un an (de septembre à juin) selon l’âge du stagiaire.

À la fin du stage, tu passeras alors un véritable examen où le jury décidera de ton admission comme élève de l’Ecole de Danse.
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MessageSujet: Re: LES BALLETS DE L OPERA NATIONAL DE PARIS   Lun 23 Mar - 17:16

L'Opéra de Paris renoue avec le grand répertoire
Ariane Bavelier et Christian Merlin
23/03/2009 | Mise à jour : 10:16

C'est lundi que Nicolas Joel dévoile sa première saison en tant que directeur de l'Opéra national de Paris, à partir de septembre.





Homme discret jusqu'ici, surtout connu des milieux lyriques, où sa réputation est celle d'un grand professionnel, à l'ancienne, Nicolas Joel s'immergea tout jeune dans le monde de l'opéra en devenant, voici plus de trente ans l'assistant de Jean-Pierre Ponnelle, le plus grand metteur en scène lyrique de son temps, et de Patrice Chéreau lors du légendaire Ring de Bayreuth. Devenu metteur en scène, il voit ses productions accueillies de Vienne à la Scala de Milan, en passant par San Francisco : elles relèvent d'un artisanat solide, quoique peu novateur. En prenant en 1990 la tête du Capitole de Toulouse, il se révéla un directeur d'opéra exemplaire et montra surtout qu'il était possible à un artiste de tenir le gouvernail d'un théâtre lyrique, et que directeur d'opéra est un métier à part entière.



À l'image d'Hugues Gall quittant le Grand Théâtre de Genève pour l'Opéra de Paris, Joel passe d'une maison employant 450 personnes à un géant de 1 600 salariés.

Après les options très radicales défendues par Gerard Mortier, Nicolas Joel devrait remettre au centre de la programmation le grand répertoire français et italien du XIXe siècle. Beaucoup attendent de lui le retour à des mises en scène plus traditionnelles et faciles à reprendre (mais il est trop intelligent pour préconiser un retour en arrière). Et si l'on peut lui faire confiance pour réunir des distributions prestigieuses, la nomination de Philippe Jordan comme directeur musical et de Patrick-Marie Aubert comme nouveau chef des chœurs, deux postes clés, sera son premier geste fort.

Côté danse, Brigitte Lefèvre continue la remarquable politique entreprise dès 1992, avant la nomination d'Hugues Gall, et qui a valu au Ballet de l'Opéra, depuis deux saisons, de remplir ses salles à 95 %. «Mon but est de servir la pérennité du Ballet de l'Opéra fondé par Louis XIV», dit-elle. Mission qui connaîtra cette saison un nouveau virage, lié au renouvellement de générations : Manuel Legris, dernière étoile Noureïev encore sur scène, fera ses adieux le 15 mai prochain. Laurent Hilaire et Clotilde Vayer sont déjà maîtres de ballet tandis que Patrice Bart, maître de ballet nommé par Noureïev, prépare ses dernières saisons à l'Opéra. Dans une compagnie, la scène n'est qu'un passage. Quel que soit son talent, un jeune danseur se construit par ce qu'il reçoit.

http://www.lefigaro.fr/musique/2009/03/23/03006-20090323ARTFIG00299-l-opera-de-paris-renoue-avec-le-grand-repertoire-.php
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MessageSujet: OPERAS , AU PALAIS GARNIER par Jérôme Bonnet   Sam 9 Mai - 13:09


Exposées au palais Garnier, les images de Jérôme Bonnet offrent un regard inédit sur les petits rats de l'Opéra, entre grâce et solitude.

Ils sont à peine sortis de l'enfance et rêvent tous de briller un jour au firmament du Ballet de l'Opéra de Paris. Ils ont entre 10 et 14 ans et ne sont déjà plus des danseurs amateurs. « Tout le monde a une image de ces petits rats, même si l'on ne connaît rien à la danse », raconte le photographe Jérôme Bonnet pour expliquer sa volonté de forcer les portes de la prestigieuse école, située à Nanterre. Car le projet n'était pas gagné d'avance. Après un an d'hésitations, Elisabeth Platel, la directrice, finit par accepter la présence du photographe, sous certaines conditions.

Dans ce monde déjà archicompétitif, il n'était pas question de privilégier un élève plus qu'un autre. Deux classes entières, l'une de garçons, l'autre de filles, sont donc sélectionnées. La directrice veut également un droit de regard sur toutes les images. Autre difficulté : trouver dans l'emploi du temps minuté des élèves quelques instants pour prendre la pose. « Entre l'apprentissage scolaire le matin et les enseignements artistiques l'après-midi, je disposais d'une demi-heure après le déjeuner pour faire mes prises de vue », confie Jérôme Bonnet.

Malgré les contraintes, il parvient à révéler la solitude de ces candidats à l'excellence, la force et la grâce de ces corps fragiles soumis à une discipline d'airain. A travers leurs poses et leurs visages sans sourire, on perçoit que, depuis longtemps déjà, ces enfants ont l'habitude d'être placés sous le regard des autres. « Ils comprenaient très vite ce que je voulais », confirme le photographe.

Un an après les prises de vue, certains modèles ont quitté l'école, de leur plein gré ou non. Les photos de Jérôme Bonnet, elles, resteront dans la mémoire de l'institution. Et pas seulement parce que l'une d'entre elles a obtenu un deuxième prix aux World Press Photo Awards. Mais parce qu'elles donnent à voir, presque trois cents ans après la création de l'illustre école, en qui s'incarne le petit rat du XXIe siècle.

Opérats, jusqu'au 31 mai, palais Garnier, Paris (IXe).
World Press Photo 2009, du 6 au 27 mai, galerie Azzedine Alaïa, 18, rue de la Verrerie, Paris (IVe), 01-42-72-19-19.

http://www.lexpress.fr/culture/scene/danse/operats-au-palais-garnier_757718.html?xtor=RSS-194
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liliane
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MessageSujet: Re: LES BALLETS DE L OPERA NATIONAL DE PARIS   Dim 3 Jan - 17:25

Le nouveau danseur étoile de l’Opéra





Karl Paquette, 33 ans, sera sur la scène de l'Opéra Bastille jusqu'au 9 janvier dans le ballet Casse-Noisette

Triomphe annoncé samedi pour le danseur Karl Paquette : c’est sa première apparition depuis sa nomination le 31 janvier au titre insurpassable d’Etoile de l’Opéra. C’est à l‘issue de la représentation de Casse-Noisette, le ballet de Rudolf Noureev sur une musique de Tchaïkovski, que la directrice de la danse Brigitte Lefèvre et le directeur Nicolas Joël ont fait part au public de cette promotion.

Karl Paquette, 33 ans, a suivi la filière normale de l’Ecole puis du ballet de l’Opéra. Il s’est fait remarquer autant dans des rôles purement classiques que contemporains comme récemment dans la Troisième symphonie de Mahler chorégraphiée par John Neumeier. S’il interprète ce soir Drosselmeyer dans Casse-Noisette aux côtés de Dorothée Gilbert, Karl Paquette est très attendu dans sa prise de rôle du personnage d’Armand comme partenaire d’Isabelle Ciaravola dans La Dame aux camélias de John Neumeier en mars.

L’Opéra de Paris compte désormais neuf étoiles filles et huit étoiles garçons. Cette liste déjà importante ne devrait pas tarder à s’allonger encore tant de « premiers danseurs » possèdent des qualités d’étoiles.

Nicole Duault - leJDD.fr
http://www.lejdd.fr/Culture/Spectacle/Actualite/Le-nouveau-danseur-etoile-de-l-Opera-161873/
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