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 BLAISE CENDRARS

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Nine
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MessageSujet: BLAISE CENDRARS   Mer 19 Nov - 14:23

TU ES PLUS BELLE QUE LE CIEL ET LA MER



Quand tu aimes il faut partir
Quitte ta femme quitte ton enfant
Quitte ton ami quitte ton amie
Quitte ton amante quitte ton amant
Quand tu aimes il faut partir

Le monde est plein de nègres et de négresses
Des femmes des hommes des hommes des femmes
Regarde les beaux magasins
Ce fiacre cet homme cette femme ce fiacre
Et toutes les belles marchandises

II y a l'air il y a le vent
Les montagnes l'eau le ciel la terre
Les enfants les animaux
Les plantes et le charbon de terre

Apprends à vendre à acheter à revendre
Donne prends donne prends

Quand tu aimes il faut savoir
Chanter courir manger boire
Siffler
Et apprendre à travailler

Quand tu aimes il faut partir
Ne larmoie pas en souriant
Ne te niche pas entre deux seins
Respire marche pars va-t'en

Je prends mon bain et je regarde
Je vois la bouche que je connais
La main la jambe l'œil
Je prends mon bain et je regarde

Le monde entier est toujours là
La vie pleine de choses surprenantes
Je sors de la pharmacie
Je descends juste de la bascule
Je pèse mes 80 kilos
Je t'aime

Blaise Cendrars, Feuilles de route, 1924


Ce poème est donc un éloge du voyage fictif, une évasion mentale, mais aussi une déclaration d'amour générale, à tout le monde ou à une personne. Le poète a instauré une atmosphère mystérieuse, où le lecteur doit s'interroger sur la ou les personnes concernées par son amour.

http://www.toofiles.com/fr/oip/audios/mp3/9017_bernardlavilliers-tuesplusbellequelecieletlamer.html


« Je ne trempe pas ma plume dans un encrier mais dans la vie »
Blaise Cendrars
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MessageSujet: Re: BLAISE CENDRARS   Mer 26 Nov - 17:34

Vrai nom : Frédéric-Louis Sauser
Nationalité : française
Naissance : 01 septembre 1887
Mort le : 21 janvier 1961
Métier : écrivain



Ecrire est une vue de l'esprit. C'est un travail ingrat qui mène à la solitude.
une citation de Blaise Cendrars -


Biographie de Blaise Cendrars

Blaise Cendrars, de son vrai nom Frédéric-Louis Sauser naît à La Chaux-de-Fonds, dans le canton de Neuchâtel, en Suisse, dans une famille bourgeoise francophone. Pendant l’enfance, il suit ses parents en Égypte, à Naples, à Bâle, puis est envoyé en pensionnat en Allemagne, d'où il s'enfuit. À seize ans, poussé par la soif de l’aventure, il s'enfuit de nouveau. Cette fois en compagnie d'un trafiquant, Rogovine. Il traverse l'Allemagne et découvre Moscou, en pleine effervescence révolutionnaire, puis il part sur le transsibérien faire du commerce avec l'Asie. Ensuite il s’installe à Saint-Pétersbourg et y travaille jusqu'en 1907, chez un joailler suisse.

A cette époque il commence à noter ses lectures et ses pensées, une habitude qu'il gardera sa vie durant. La lecture de Schopenhauer exerce une influence déterminante sur son rapport à la réalité : « le monde est ma représentation ». Il fait alors de sa vie un poème, et dans les poèmes, il met sa vie. Son séjour aux États-Unis lui montre la voie, nouvelle et moderne, pleine de vitesse, dans laquelle le monde s'engage. À la poursuite d'une forme d'expression adéquate, il rédige son premier long poème, Les Pâques à New York qui reste « sa plus belle nuit d'écriture ». En 1912, il est de retour à Paris et fonde une revue, Les Hommes Nouveaux, avec Emil Szyttya, un anarchiste.

Il se lie d'amitié avec des personnalités artistiques et littéraires : Apollinaire, Chagall , Fernand Léger, Survage, Modigliani, Csasky, Archipenko, Robert et Sonia Delaunay, avec qui il édite en 1913 sa Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France. En 1914, la guerre éclate, et il s'engage dans la Légion Étrangère.

Il perd son bras droit en Champagne et est naturalisé français en 1916. Les années qui suivent, il va à Rome, puis au Brésil, et s’intéresse à l’Afrique. En 1925, il décide d'arrêter la poésie et d’écrire des romans. Il écrit L'Or, qui bouoleverse les règles du genre romanesque. Ce texte, grand succès public, est suivi par Moravagine, Le Plan de l'Aiguille et Les Confessions de Dan Yack qui . En 1939, la guerre éclate ; il s'engage comme correspondant de guerre pour l'armée britannique. En 1956, il écrit sa dernière œuvre, un roman : Emmène-moi au bout du monde ! Malade, il est fait Commandeur de la Légion d'honneur en 1960 par André Malraux. Il meurt le 21 janvier 1961, juste après avoir reçu in-extremis la seule récompense littéraire officielle qu'il obtiendra jamais de son vivant : le Grand Prix littéraire de la Ville de Paris.

Etoile


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MessageSujet: Re: BLAISE CENDRARS   Mer 26 Nov - 20:57

LA LETTRE



Tu m'as dit : si tu m'écris,
Ne tape pas tout à la machine.
Ajoute une ligne de ta main,
Un mot, un rien, oh ! pas grand-chose.
Oui, oui, oui, oui, oui, ou, oui, oui.
Ma Remington est belle, pourtant.
Je l'aime beaucoup et travaille bien.
Mon écriture est nette, est claire,
On voit très bien que c'est moi qui l'ai tapée,
Il y a des blancs que je suis seul à savoir faire.
Vois donc l'oeil qu'a ma page.
Pourtant, pour te faire plaisir, j'ajoute à l'encre
Deux trois mots
Et une grosse tache d'encre,
Pour que tu ne puisses pas les lire.

BLAISE CENDRARS


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MessageSujet: Re: BLAISE CENDRARS   Mer 26 Nov - 21:01

Couchers de soleil

Tout le monde parle des couchers de soleil
Tous les voyageurs sont d'accord pour parler des cou-
chers de soleil dans les parages
Il y a plein de bouquins où l'on ne décrit que les couchers
de soleil
Les couchers de soleil des tropiques
Oui c'est vrai c'est splendide
Mais je préfère de beaucoup les levers de soleil
L'aube
Je n'en rate pas une
Je suis toujours sur le pont
A poils
Et je suis toujours le seul à les admirer
Mais je ne vais pas décrire les aubes
Je vais les garder pour moi seul


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MessageSujet: Re: BLAISE CENDRARS   Mer 26 Nov - 21:07

Le contraste n'est pas un noir et un blanc, un contraire, une dissemblance. Le contraste est une ressemblance.

On voyage pour connaître, reconnaître les hommes, les choses, les animaux. Pour vivre avec. On s'en approche, on ne s'en éloigne pas. C'est dans ce que les hommes ont de plus commun qu'ils se différencient le plus.

Les deux sexes font contraste. Le contraste est amour. C'est par contraste que les astres et les coeurs gravitent.
C'est le contraste qui fait leur profondeur. Le contraste est profondeur...

[Blaise Cendrars]
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MessageSujet: Re: BLAISE CENDRARS   Ven 8 Mai - 16:19

BLAISE CENDRARS ET HENRI MILLER

par Emmanuelle Franc-Pfaffmann
MA MAIN AMIE

Depuis leur rencontre, une fameuse nuit de 1934 chez un marchand de vin à Montmartre, Henri Miller n'a cessé de vénérer son «copain» Blaise Cendrars. Le bourlingueur déjà connu pour avoir publié L'or, Moravagine et Dan Yack, salue l'arrivée du jeune auteur (43 ans): «Un des nôtres d'esprit, d'écriture, de puissance et de don, un écrivain universel.» Quelques années plus tard, Miller reconnaissant tente de faire traduire Cendrars aux Etats-Unis. Au cours de leur correspondance, il lui relate abondamment ses démêlés avec les éditeurs. Toujours laconique, Cendrars répond: «Ça se fera un jour!»

Durant vingt-cinq années, les deux amis ne vont cesser de s'écrire, d'échanger des livres et de la documentation, ce qui donne lieu à des éclats de rire entre Big Sur et St. Segond Villefrance. «Le chef de gare m'avise qu'il est arrivé un colis d'Amérique. Comme il y avait 2 000 et quelques francs de douane, je lui ai dit de renvoyer le colis à l'expéditeur. Je suppose que ce sont vos disques! Excusez-moi, mais à ce prix-là, je préfère une bouteille de whisky!»

Si le souvenir des turbulences passées les réunit toujours, les deux hommes se font, en fait, peu de confidences. Ils s'annoncent leurs mariages et séparations, trinquent à la naissance du petit Miller et râlent contre tout ce qui les gêne dans leur travail.

Finalement, leur unique sujet de conversation reste l'écriture. Quelques lignes de critiques mutuelles sont aujourd'hui bien jubilatoires. Miller s'émerveille et pleure même en lisant La banlieue de Paris, Cendrars, lui, sévère, assène à propos de Crucifixion en rose: «Ces livres sont sans poésie!» Au-delà de la complicité et de l'affection (Cendrars signe toujours par «Ma main amie»), Miller et Cendrars ont avant tout échangé un profond respect.
Blaise Cendrars, Henri Miller: correspondance

Blaise Cendrars, Henri Miller




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