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Sujet: Re: FRANCOISE HARDY Ven 26 Mar - 0:31
Françoise Hardy au naturel
Françoise Hardy ne sera jamais une chanteuse comme une autre. Son refus, depuis plus de quarante ans, de faire de la scène n’y change rien. Tant en francophonie qu’auprès de ses prestigieux collègues anglo-saxons (de Bob Dylan à Mick Jagger qui font partie de ses fans), elle reste un mythe. Une star ermite dont l’étoile n’a jamais pâli.
Elle n’avait plus publié de nouvelles chansons depuis Tant de belles choses en 2004. En 2006, son album de duos, Parenthèses, portait bien son nom. Et puis, il y a eu le succès phénoménal de son autobiographie, Désespoir des singes… et autres bagatelles, vendu à plus de 350.000 exemplaires, dont cent mille en poche.
Elle nous revient aujourd’hui avec un superbe album, La pluie sans parapluie, réalisé par Dominique Blanc-Francard et Alain Lubrano qui signe ici quatre chansons. Un disque fidèle à la douceur légendaire de son interprète. Cette voix ouatée, ces textes d’une élégance folle. Mais toujours en quête de nouveaux partenaires compositeurs, Françoise accueille dans son univers, Calogero (qui signe ici la musique du premier single, un véritable tube en puissance : « Noir sur blanc »), mais aussi, textes et musiques, La Grande Sophie (« Mister »), Jean-Louis Murat (un « Memory divine » en anglais) et Arthur H (« Les mots s’envolent »).
Elle retrouve aussi ses fidèles Alain Lubrano, Ben Christophers ou Thierry Stremler. Tous ont fait le maximum pour retrouver l’essence même du style Hardy, ce petit côté pop sixties qui l’a tant distinguée des yéyés de son époque.
Il s’agit ici de son vingt-sixième album. Et dire qu’en 1988, après vingt-six ans de carrière, elle annonçait que Décalages serait son dernier disque, à l’image du titre « Partir quand même » (sur une musique de Jacques Dutronc).
Six ans plus tard, sur l’insistance d’Etienne Daho et du patron de Virgin-France, Fabrice Nataf, elle nous revenait avec Le danger. Depuis, régulièrement, elle sort de son mutisme, de sa passion pour la vie « entre mes quatre murs » comme elle dit. La chanson a pris le pas sur l’astrologie et c’est tant mieux. Car Françoise n’a jamais été aussi inspirée. Que ce soit pour écrire en prose sa vie ou en chansons des sentiments d’une infinie mélancolie.
La pluie sans parapluie, c’est la sarabande d’une grande tendresse, à la tristesse jamais déprimante. Voilà une artiste à qui tout réussit. Icône sixties, que les couturiers s’arrachaient, comme les rockeurs en quête de naturel, Françoise est une grande dame de la chanson, une ambassadrice à l’élégance intacte. Qui porte son âge avec une infinie délicatesse, son sourire masquant souvent une santé fragile.
Elle s’est confiée à nous avec ce même mélange de pudeur et de sincérité. Ignorant le terme langue de bois. Françoise Hardy, une artiste vraie.
Françoise Hardy, « La pluie sans parapluie » (EMI). Sortie le 29 mars.
[center] interview
Françoise Hardy est venue à Bruxelles la semaine dernière pour nous parler de son nouveau disque. La mine toujours aussi fatiguée, n’aimant guère ces journées trop chargées, elle reste néanmoins toujours aussi charmante, toujours aussi intéressante.
D’abord félicitations pour le succès de votre livre…
Je ne m’y attendais pas du tout car je ne suis pas d’un optimisme débordant. Mon éditeur espérait en vendre cent mille et j’avais peur qu’il soit désappointé. J’avais l’impression que je n’avais rien à raconter, vu que ma vie se passe entre quatre murs. Ce que j’aime.
Après ce travail de prose et de réflexions sur votre vie, l’écriture de nouvelles chansons a dû vous paraître plus aisée, non ?
Oui, c’est plus facile, a priori. Pour les chansons, il suffit d’avoir de très bonnes mélodies pour qu’en général, cela déclenche le processus d’écriture. Mais comme je ne suis pas quelqu’un de serein, que j’ai toujours peur de ne pas arriver à faire quoi que ce soit, de ne pas avoir d’inspiration, de faire tout mal… Ça me met aussi dans des états d’angoisse. Ceci dit, pour une chanson, on part aussi d’une page blanche. Il faut trouver les mots différents, rester simple. Ce n’est pas rien. En plus, début 2009, j’étais mal dans ma tête. Je pensais que je n’y arriverais pas. L’angoisse est ma première nature. Par contre, l’excitation de la mélodie vient toujours compenser cela. J’ai plaisir à l’écouter. Je suis toujours tentée.
Dans votre livre, vous racontez bien les nombreuses fois où la réalisation d’un disque s’est mal déroulée. Ici, on a l’impression que tout s’est mieux passé…
Détrompez-vous. Pour moi, ce disque fut un des plus difficiles, des plus éprouvants à faire. Il y a eu un premier producteur, Mark Plati, qui est excellent mais il y a eu tout un malentendu. C’est de ma faute. Quand mon ami Alain Lubrano est revenu de New York avec les rythmiques de sept chansons, j’ai trouvé ça tout à fait insuffisant. Je n’avais pas réalisé qu’ils avaient fait ça en deux jours. J’ai donc pris la difficile décision d’arrêter avec Plati qui a été d’une extrême gentillesse.
Restait Alain Lubrano avec lequel vous travaillez depuis longtemps…
Je le connais depuis plus de vingt ans maintenant. Mais chaque fois qu’on travaille ensemble, on a des conflits très importants. Il est plus jeune que moi, on n’a absolument pas les mêmes goûts et chaque fois, je me dis que je ne travaillerai plus avec lui. Mais il est le seul à m’apporter des chansons up tempo qui me plaisent. Sur lesquelles j’ai envie d’écrire et que j’ai envie de chanter. Je ne supporte pas quand, en studio, Alain s’écarte des maquettes que j’ai bien aimées. Calogero a justement fait l’inverse.
Il a composé la superbe mélodie de « Noir sur blanc », le premier single. Un vrai tube en puissance…
C’est lui qui a eu l’idée de me faire parvenir une mélodie. C’était tellement bien et abouti que j’ai cru que c’était une des chansons de son disque à laquelle il avait renoncé. Du coup, il a fait en studio ce que j’avais d’abord entendu. Avec Murat aussi, je n’ai eu aucun problème. Ce n’était pas prévu, elle est arrivée en fin de course. On a fait deux séances de trois heures pour sa chanson, c’est tout. Cela fait longtemps que je n’avais pas enregistré une chanson pour laquelle les choses se passent aussi vite et aussi bien.
À côté des « anciens », d’autres petits nouveaux apparaissent dans votre univers…
Ce n’était pas du tout prévu. Moi, je n’ose pas demander à Calogero ou Murat. C’est leur idée. Ma firme de disques a pris l’initiative, sans m’en parler, de demander des chansons à beaucoup d’artistes français. Je les ai presque toutes refusées car elles n’avaient pas d’intérêt pour moi. Arthur H, ça fait longtemps qu’il souhaitait écrire pour moi. Il m’avait écrit une lettre dans ce sens mais j’avais un peu oublié. « Les mots s’envolent » conclut bien l’album. La Grande Sophie a su que j’aimais beaucoup sa chanson « Quelqu’un d’autre » et m’a contactée. On correspond toujours. Elle m’a envoyé plusieurs chansons mais je n’en ai pris qu’une car je n’aime pas faire trop de chansons d’un même artiste, surtout s’il est connu car chacun a son style bien défini. Je prends donc la meilleure.
« Champ d’honneur », est-ce vrai que Jacques (Dutronc) voulait vous la piquer pour son concert ?
Quand je l’ai fait entendre à Jacques, il m’a dit : « Je ferais bien une chanson comme ça, il faut que vous me la donniez. » Mais je ne sais pas à quel point il était sérieux. On ne sait jamais avec lui. Mais c’est vrai que c’est une des chansons fortes de l’album.
Quand on lui parle de son prochain album, il dit qu’il n’y en aura pas. On a comme l’impression qu’il aimerait que Thomas s’occupe de tout…
Oui, mais Thomas a d’autres choses à faire. Je l’ai dit à Jacques : « Laisse Thomas vivre sa vie. Faut qu’il écrive pour lui. » Mais c’est vrai que « Nasdaq », de Thomas, Jacques aurait très bien pu la chanter.
Déjà que Thomas a la même voix que Jacques à l’âge de 20 ans…
Ah non, je ne trouve pas du tout. Thomas a une voix plus douce, avec un timbre très différent. Jacques, on entend à sa voix que c’est une force de la nature. Thomas, on entend à sa voix qu’il est plus fragile. Moins que moi, Dieu merci.
C’est vrai que Jacques, il envoie sur scène…
Oui, alors que ça fait dix-sept ans qu’il ne chante plus du tout. Il ne chante jamais à la maison. Cet été, il a pourtant picolé comme jamais, sachant qu’il devrait arrêter durant toute la tournée.
Thomas nous a rappelé qu’avoir travaillé ensemble tous les trois ne fut pas un très bon souvenir…
Oui, c’était pour l’album de duos. Je voulais reprendre cette chanson de Jacques, « Amour toujours, tendresse caresses » que j’adore par-dessus tout. Notre idée a été que Thomas la réalise. Moi, en studio, je suis tout sauf décontractée. Ce qui s’est passé d’horrible, c’est que Jacques, la veille de l’enregistrement, arrive en disant qu’il faut tout annuler, qu’il ne pourrait pas le faire car ce n’était pas sa tonalité. On a dû l’amener tout doucement vers le micro pour faire un essai. C’était tout à fait sa tonalité bien sûr. Le lendemain, il n’était pas dans de bonnes dispositions, il l’a chantée de façon lugubre. Finalement, j’aime le résultat. Mais pour Thomas, c’était trop tendu, l’expérience n’a pas été une partie de plaisir. Quand vous chantez : « Au diable les vieux refrains vulgaires », pensez-vous à quelqu’un en particulier ?
Je pense aux propos répétitifs et démagogiques que nous tient la majeure partie du monde politique. Je fais allusion à ça plus qu’à des chansons. Ça m’affecte alors que je ne devrais pas pour si peu. L’actualité m’inspire comme, dans « Champ d’honneur », où je parle de catastrophes à la chaîne…
« Je ne vous aime pas », très beau titre, vient de Danielle Darrieux qui le dit dans « Madame de… » de Max Ophüls.
Je m’en suis souvenue en entendant une interview de Danielle Darrieux. J’ai revu le film entre-temps. J’ai aussi revu hier La vérité sur bébé Donge. Quelle merveille ! C’est mieux de le voir aujourd’hui. Ce film est un résumé conjugal de la plupart des femmes. J’adore regarder de vieux films. En littérature aussi, je lis les auteurs du passé. Ceux qui paraissent aujourd’hui ne m’intéressent absolument pas, à l’exception de Houellebecq ou Modiano. Ou alors celui de mon ami Olivier Bellamy sur Martha Argerich. C’est un livre absolument passionnant. quatre nouveaux partenaires de marque
Arthur H
Le fils de Jacques Higelin – qui sort bientôt son nouvel album qu’il défendra, en solo, aux Nuits Botanique le 16 mai – a l’honneur de clore le disque avec « Les mots s’envolent », une perle délicate produite par Edith Fambuena. Jean-Louis Murat
Jean-Louis Murat
Le disque était déjà terminé quand Françoise a reçu de l’Auvergnat cette chanson en anglais, « Memory divine ». Virgin voulait une traduction française. Murat a dit non. Françoise a voulu changer lick par live a late passion. Murat a dit non. La Grande Sophie
La Grande Sophie
La benjamine, sur son dernier disque, a travaillé avec Edith Fambuena qui réalise ici deux chansons. Quand Sophie a su que Françoise aimait beaucoup sa chanson « Quelqu’un d’autre », elle lui a envoyé « Mister » qui suit les traces de M. Calogero
Calogero
Monsieur Tube a une nouvelle fois fait très fort en offrant à Françoise la musique de « Noir sur blanc ». Pour le texte, Françoise a travaillé avec l’ami de Dave, Patrick Loiseau. Calogero a respecté la maquette et ça, Françoise aime beaucoup.
Dernière édition par Bridget le Ven 26 Mar - 12:50, édité 1 fois
Bridget
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Sujet: Re: FRANCOISE HARDY Ven 26 Mar - 12:50
Françoise Hardy sans fard
L'icône française publie La Pluie sans parapluie, un des meilleurs disques de sa carrière, avec des participations de Calogero, Murat ou la Grande Sophie.
Olivier Nuc LE FIGARO. - Comment s'est déroulée la conception de ce nouveau disque?
Françoise HARDY. - Cet album a été beaucoup plus difficile à faire que je ne l'imaginais. Il y a eu tout un tas de soucis, des fâcheries qui arrivent quand vous travaillez avec des gens qui n'ont pas le même goût et la même vision que vous. Il arrive un moment où j'ai été obligée de dire:«C'est mon disque, mon goût doit l'emporter.» Je n'aime pas du tout les rapports de forces mais parfois on doit en arriver là. Cela dit, les disques sur lesquels il n'y a ni tension ni souffrance sont très rares.
Comment faites-vous connaître vos intentions à vos collaborateurs?
N'étant pas musicienne, j'ai souvent du mal à exprimer en mots ce que je voudrais. Mais quand j'entends le travail effectué, je sais ce qui ne va pas. C'est un instinct qui ne me trompe pas souvent. Je défends chacune de mes chansons comme s'il s'agissait d'enfants pour lesquels je souhaite le meilleur traitement possible.
À partir de quel moment avez-vous commencé à préparer ce disque?
Dès le début de l'année 2009, j'ai commencé à chercher des chansons. Finalement, j'aurai passé ma vie à recevoir des CD ou des cassettes de personnes qui ont envie que je m'intéresse à leur travail ! Neuf fois et demie sur dix, c'est très scolaire. Je pense qu'il y a des chansons qui objectivement sont très mauvaises et d'autres très bonnes. Je me targue de savoir faire la différence entre les deux. C'est même une des rares qualités que je me reconnaisse.
Aux côtés de signatures familières, on trouve au générique de cet album celles de gens avec lesquels vous n'aviez encore jamais collaboré.
Mon directeur artistique m'a proposé de demander une chanson à Calogero. Parallèlement, le studio où j'enregistrais m'a dit qu'il avait laissé une mélodie pour moi. Arthur H avait suggéré qu'on fasse quelque chose ensemble il y a quelques années déjà. Quant à Murat, je n'aurais jamais imaginé lui demander quoi que ce soit. Parmi les quatre titres qu'il m'a fait parvenir, j'ai choisi de prendre le seul en anglais, Memory Divine. Jamais je n'avais enregistré une chanson aussi facilement.
Il s'agit de votre premier disque depuis la sortie de votre autobiographie, en 2008. Son succès a-t-il changé votre rapport à l'écriture?
Dans une autobiographie, on sait qu'on va devoir aborder la vie privée, ce qui est le domaine où je m'ennuyais le moins. La vie personnelle dans un livre est intéressante à partir du moment où on choisit ce qui relève du vécu de chacun et qu'on peut le développer. Un texte de chanson, c'est juste l'expression d'une émotion, cela n'a rien à voir.
Avant de publier ce livre, vous n'aviez laissé filtrer que peu d'indices sur vos états d'âme.
Le fait de tourner toujours autour du même thème donne pourtant des clés, peut-être plus qu'une autobiographie. Depuis petite, je suis fascinée par les auteurs qui tournent autour de l'amour impossible. C'est confondant comme un enfant peut être inspiré par des lectures qui ont la couleur de ce que sera sa vie. J'ai l'impression d'être monomaniaque, de m'intéresser toujours à la même chose sous des formes légèrement différentes, et de chanter toujours la même chose. Ce qui n'est pas très grave, à partir du moment où les mélodies sont différentes.
Cette année a marqué le retour sur scène de Jacques Dutronc. Êtes-vous allée l'écouter?
J'y suis allée un soir où je l'avais entendu se racler la gorge toute la journée, ce qui m'a un peu gâché le plaisir. On a un mode de vie particulier, une distance s'est créée mais cela n'enlève rien à la force des souvenirs qui nous lient. Ce qui m'aura aidé à supporter cette relation très difficile, c'est de sentir qu'il y avait une réciprocité derrière l'absence. C'est pour cela que je ne suis jamais partie.
Vous semblez avoir atteint aujourd'hui une forme de sagesse. Comment ?
J'ai acquis un certain détachement. Quand une femme n'est pas heureuse pendant très longtemps, le feu finit par s'éteindre. Alors, on est libéré d'une dépendance très douloureuse. C'est très difficile à maintenir dans la durée une relation de couple. Surtout dans la société actuelle, lorsqu'on est amené à rencontrer des gens intéressants et séduisants… En ce qui concerne la fidélité, j'admets qu'elle soit plus difficile à respecter pour un homme que pour une femme. On ne voit que ça : des hommes très amoureux de leur femme qui ne peuvent pas s'empêcher d'aller voir ailleurs. L'homme fidèle est rarissime et en devient même presque suspect. J'ai été assez naïve pour découvrir ça sur le tard.
LA CRITIQUE
Vingt-sixième album studio en plus de quarante ans de carrière, La Pluie sans parapluie ne déroutera pas les amateurs de l'art délicat de Françoise Hardy. Pourtant, à y regarder de plus près, bon nombre de qualités en font un des disques les plus réussis de son parcours. Fidèle à sa ligne mélancolique (les déchirantes Mieux le connaître ou la chanson titre), Françoise Hardy a pourtant injecté des couleurs plus pop à cette livraison (le premier extrait, Noir sur Blanc, ou l'enlevé Champ d'honneur). Il en résulte un disque moins sépia et plus pastel que ses précédentes livraisons. On pense parfois à ses beaux albums du début des années 1970, Soleil ou La Question. À sa manière, pudique et sensible, Françoise Hardy continue d'imposer son élégance suprême et sa belle inspiration.
Dans son nouvel album, la chanteuse parachève son image de femme plus solitaire que jamais.
Elle est arrivée emmitouflée, démarche lente et fragile, en râlant contre son attaché de presse enrhumé qui risquait de lui refiler des microbes. "Jacques aussi est souffrant, dit-elle, mais nous appartenons à des groupes peu compatibles. On n'échange pas nos microbes. On n'échange pas grand-chose, d'ailleurs."
Deux ans après la parution de son livre de souvenirs, Le Désespoir des singes ( lire notre critique ), elle revient avec "La pluie sans parapluie", un album élégant qui décline romantisme pudique et passions mélancoliques. Un terrain familier sur lequel elle est retournée avec soulagement après son aventure (à succès) littéraire. "Je n'écris jamais mes textes avant, je n'écris que sur des mélodies qu'on m'apporte. Quand on fait des textes dans le vide, on a tendance à écrire des alexandrins. Je pars du principe que le texte est presque secondaire. Le texte est au service de la mélodie, le contraire ne m'intéresserait pas. La musique définit tout."
Françoise Hardy retrouve donc son cocon artistique. Ses mémoires avaient surpris par leur caractère intime. "L'intérêt de parler de mes déboires conjugaux était aussi d'analyser les choses, dit-elle. Quand on vit des choses difficiles, il est important de comprendre pourquoi on induit soi-même ces situations." Elle ajoute : "Beaucoup de gens étaient au courant de l'histoire entre Jacques et Romy Schneider. De toute façon, toutes les femmes sont trompées. Mais si Marlon Brando ou David Bowie m'étaient tombés dans les bras, est-ce que j'aurais résisté ? Certainement pas. On ne peut donc pas reprocher à un homme de ne pas résister à une femme sublime."
Jacques Dutronc n'a jamais fait aucun commentaire. "Il dit qu'il a lu le livre, mais je ne le crois pas", glisse-t-elle.
"J'aime ma tour d'ivoire"
L'écoute de "La pluie sans parapluie" donne des indications sur la vie de celle qui fit fantasmer plusieurs générations pop (Jagger et Dylan compris).
Elle y évoque sa solitude. "J'aime cette tour d'ivoire. Quand je suis seule chez moi, je suis contente, je me ressource, je n'ai pas de contrainte, je ne dois pas sortir dans le froid acheter des légumes pour faire la cuisine pour quelqu'un. J'aime bien être le soir tranquille chez moi à regarder des séries en DVD. Je me suis passionnée pour Six Feet Under , Dirty Sexy Money ou Wallander avec Kenneth Branagh . Ce qui est bien avec les séries, c'est que les gens qui sont sauvages et solitaires comme moi ont l'impression de se faire de nouveaux amis, d'entrer dans une nouvelle famille.
" Elle ne sort plus beaucoup et ne va en concert que pour écouter son fils Thomas. "Je vis mal la vieillesse. J'ai des malaises. Et lors de certains malaises nocturnes, je me dis que je n'en ai plus pour longtemps. Que c'est peut-être la fin. Quand j'ai eu un décollement de la plèvre, j'ai cru que j'étais en train de mourir d'une crise cardiaque, tellement j'avais mal. Ce qui domine alors, ce n'est pas la peur de mourir, mais le chagrin de quitter ceux qu'on aime."
Dernière édition par Bridget le Jeu 1 Avr - 19:24, édité 1 fois
Bridget
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Sujet: Re: FRANCOISE HARDY Jeu 1 Avr - 19:24
Françoise Hardy La pluie sans parapluie
Un vingt-sixième album de Françoise Hardy, La pluie sans parapluie, est forcément un événement : elle seule sait perpétuer son univers fragile avec des collaborateurs compositeurs de la nouvelle génération, qui se mettent au service de sa voix unique.
Dans les années 80, elle avouait que Décalages serait son dernier album, et le point final d’une carrière qui lui pesait. Quelques années et albums plus tard, La pluie sans parapluie est son vingt-sixième disque studio, et la grande Françoise, adoubée comme modèle par la génération des Daho, persiste avec bonheur dans la chanson.
La signature de Calogero sur le premier titre, Noir sur blanc fait naître un frisson, tant on ne s’attend pas à retrouver le chanteur de variétés consensuel dans l’univers ouaté de Françoise Hardy. Mais on est vite rassuré par cette mélodie au service de sa voix de brume, et cette ambiance surannée où l’interprète "vouvoie" l’objet de son sentiment (Je ne vous aime pas, est de la même écriture à l’ancienne).
C’est avec son complice de quelques années, Alain Lubrano, qu’elle écrit pourtant l’essentiel de ce disque. Avec quelques escapades, du côté de La Grande Sophie, qui lui signe un Mister à la mélodie sans risque, et d’Arthur H qui offre Les Mots s’envolent. Mais aussi de Ben Christopher, autre ancien complice, pour le très lent Esquives, et encore Jean-Louis Murat pour Memory Divine, comme son nom l’indique chanté en anglais dans le texte, de façon scolaire mais touchante.
On notera enfin Thierry Stremler et Pascale Daniel, pour une paire de chansons, l'un et l’autre étaient déjà sur Tant de belles choses. Réalisé avec Edith Fambuena et Dominique Blanc-Francart, La Pluie sans parapluie est un nouveau chapitre de cette déjà longue histoire. On n’y sursaute pas devant la nouveauté, la matière est boisée, acoustique, et tout entière au service des mots et de la voix de la Grande.
Quelques accords de rock s’invitent à la réception (Les Pas), mais ils lui vont aussi bien au teint. Depuis Tant de belles choses, en 2006, on sait que le public qui achète encore des disques passe volontiers à la caisse, pour montrer sa fidélité, ou simplement son envie de vibrer avec cette voix unique et si familière, avec laquelle elle semble d’ailleurs plus en confiance que jamais.
Elle module, appuie, interprète, joue avec souplesse de son phrasé (Je ne vous aime pas), alors que les aficionados se contenteraient juste de ce grain unique et révéré. C’est un album pour ceux qui ont le temps, qui ne consomment pas la musique en tant qu’application sonore de la vie actuelle. Il faut se retrancher pour en saisir la saveur et la goûter. Un disque comme autrefois, avec un son soigné et de l’émotion. Mais surtout une élégance comme on n’en fait plus.
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Sujet: Re: FRANCOISE HARDY Lun 5 Avr - 23:22
L'élégance indémodable de Françoise Hardy
LE MONDE Véronique Mortaigne
Il y a un paradoxe Françoise Hardy, éloignée des scènes après une autoanalyse sans concession sur ses capacités à chanter en public, et pourtant toujours présente, au coeur même de la chanson française. D'une mélancolie saturnienne, brillante et limpide dans le choix des mélodistes qu'elle impose à ses textes, Françoise Hardy aura traversé toutes les époques, depuis celle du yé-yé (la seule qu'elle répudie), sans se brûler les ailes. La Pluie sans parapluie est son vingt-sixième album, ce qui en impose, mais ne la charge d'aucune des peines généralement réservées aux stars qui ont déjà tout dit.
Ainsi, Françoise Hardy ne se répète-t-elle pas. Depuis Tant de belles choses, paru en 2004, elle a fait des parenthèses, dont un album de duos, justement intitulé Parenthèses, où l'on trouvait un remarquable chassé-croisé avec Julio Iglesias (Partir quand même), un autre avec Alain Bashung (Que reste-t-il de nos amours ?, de Charles Trenet) et les traces de Jacques Dutronc, objet central de l'autobiographie qu'elle a publiée en 2008, Le Désespoir des singes et autres bagatelles (éd. Robert Laffont).
On notera au passage l'élégance des titres et leur désespérance jouissive. Car, enfin, se retrouver sous la pluie sans parapluie peut être malheureux, ou au contraire propice à la libération sensuelle ; avoir le temps d'observer les singes des jardins de Bagatelle (en réalité des conifères ainsi nommés) peut signifier beaucoup de vacuité, ou, au contraire, une grande capacité à profiter du temps en philosophant.
Ce pessimisme détaché, cette lucidité rêveuse ont bâti la trame de La Pluie sans parapluie et de son titre d'ouverture, Noir sur blanc, avec vouvoiements d'usage, écrite sur une musique du chanteur Calogero.
Loin du déluge, le nouvel Hardy décline la gamme climatique, de la bruine à l'averse, treize chansons durant, pas toutes égales. Elle est l'auteure attentive de certaines d'entre elles (Le Temps de l'innocence, Esquives...), dont la musique a été composée par des complices déjà en vue dans l'univers de la sauvage Parisienne (Alain Lubrano, Ben Christophers, Thierry Stremler, Pascale Daniel...). Ailleurs, elle se livre, redevenant l'interprète tout en délicatesse qu'elle sait être. En deuxième partie d'opus, la plus évidente, Arthur H offre Les mots s'envolent, La Grande Sophie, Mister (allusions à Jacques Dutronc, l'impénétrable).
La réalisation musicale, si soignée qu'elle peut s'écouter en parallèle après avoir fait l'effort mental de gommer la voix de son champ de perception, a été confiée à Alain Lubrano, aux compositeurs, mais aussi à Edith Fambuena, transfuge de la sphère d'Etienne Daho.
ESCADRON DE HORSE-GUARDS
En 1963, le photographe Jean-Marie Perrier, qui était alors son compagnon, fixait la jeune vedette des teenagers français à Londres, haute, mince et chic, hauts talons et sac en bandoulière, un escadron de horse-guards défilant en arrière-plan. Elle avait 23 ans, elle était so british, et tellement française. Elle en a 66 aujourd'hui, et ses cheveux blanchis ne lui ont pas fait perdre son image d'icône pop, qui séduisait Bob Dylan. Jean-Louis Murat l'a bien compris, qui lui donne, en anglais, Memory divine, guitare libre, électrique, batterie folk, élégance de talons aiguilles, précision de métronome, du grand Hardy.
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Sujet: Re: FRANCOISE HARDY Jeu 22 Avr - 23:21
Esquives et Mister
A l'occasion de la sortie de son nouvel album La pluie sans parapluie, Françoise Hardy s'est exprimée sur chacun des titres pour faire part d'une anecdote ou de la genèse de la chanson .
A propos d'Esquives et Mister :
C’est tout à fait une coïncidence que la chanson de la grande Sophie parle de la même chose avec ses mots à elle que la chanson de Ben Christophers qui a été la première que j’ai parolée. Je l’ai parolée en janvier je me souviens. La chanson de la grande Sophie est arrivée plus tard et sa chanson s’appelle Mister, ça parle donc de quelqu’un d’ambigu etc. C’est un des thèmes de prédilection de nombreux textes, de beaucoup de mes propres textes. J’me rappelle qu’il y avait une chanson des années 50, ça devait être de Cora Vaucaire, qui fait... qui commençait : « Dehors la rue s’allume, rouge orange et canari … » où elle parle d’un homme très mystérieux, très ambigu, très évasif etc. Déjà le thème était là, développé avec aussi des mots tout à fait différents. Donc oui, je les ai mises l’une derrière l’autre parce que ça parle de la même chose avec une tonalité un petit peu plus sombre dans la chanson… enfin dans le texte que j’ai écrit sur la mélodie de Ben Christophers.
MISTER…(La Grande Sophie)
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Le mystère devant qui je suis tombée D'impatience pour vous, Mister, j'aurais voulu créer Le plus grand des ministères pour, un jour, vous comprendre Pour, un jour, vous découvrir enfin, de la tête aux pieds Un enfer, une équation étrange Où, parfois, j'ai vu le fer ou les ailes d'un ange Vous saviez si bien vous taire mais moi, si vous saviez Deviner en moi ce qui se passe, oh, si vous saviez !
L'un contre l'autre, l'un tout froissé L'un ou tout l'autre, j'ai fini par me lasser
Du mystère, celui qui m'a dévastée Qui a tout foutu par terre, je n'vous ai jamais trouvé Vous aviez mis des barrières, fier et sans état d'âme Vous ne vouliez pas qu'on sache qui vous étiez Sous vos airs de ne pas y toucher L'insouciance d'un courant d'air qui m'avait effleurée La porte d'un monastère, vous m'y faites penser Qu'y a-t-il sous votre carapace, quels jardins secrets ?
L'un après l'autre, tout est passé L'un ou tout l'autre, j'ai fini par me passer Du mystère de Mister, de Mister, de Mister.
ESQUIVES..(Texte : Françoise Hardy. Musique : Ben Christophers)
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Quand vais-je enfin lever le voile Sur le non-dit des banquises Des nuits sans étoiles La bienséance exquise Les noirs desseins ? Ne jamais donner prise Garder la main Et sourire, l'air de rien
Quand mettrez-vous un point final À tous ces feux d'artifice Au vide abyssal De ce double langage D'équilibriste Aux traits imperturbables Qui brouillent mes pistes
Lâcher la proie pour l'ombre Oser les coupes sombres M'effacer et me fondre Dans la nuit Fuir d'ici Sans faire de bruit
Dernière édition par Bridget le Mer 26 Oct - 18:57, édité 15 fois
nounouka
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Sujet: Re: FRANCOISE HARDY Mer 26 Mai - 17:40
MEMORY DIVINE
Dernière édition par Nine le Mer 26 Mai - 17:47, édité 2 fois
Nine Admin
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Sujet: Re: FRANCOISE HARDY Mer 26 Mai - 17:46
le titre CHAMP D HONNEUR a été choisi en deuxième single du nouvel album de Françoise Hardy "La pluie sans parapluie"
Bridget
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Sujet: Re: FRANCOISE HARDY Mer 26 Oct - 18:57
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Françoise par Jean-Marie Périer
Photographe des célébrités, Jean-Marie Périer a noué une amitié forte avec Françoise Hardy depuis les années 1960. Pour la première fois, il réunit dans un album son regard admiratif et artistique sur sa meilleure amie.
A travers près de 200 clichés, l’ouvrage livre le regard pétillant, intime et émouvant du photographe sur l’une des plus grandes idoles de la scène musicale française, sur l’icône de mode.
« Ce qui m’a tout de suite frappé chez Françoise, c’est qu’elle n’avait aucune conscience de son incroyable beauté. Pour un photographe, c’est une situation idéale, et pour le jeune homme que j’étais ce fut un vrai choc. » Jean-Marie Périer
Jean-Marie Périer a commencé sa carrière de photographe en 1956 comme assistant de Daniel Filipacchi et travaillait en parallèle pour la presse (Jazz Magazine, Paris Match).
De 1962 à 1974, il a réalisé une série de photographies pour le journal de Salut les Copains, côtoyant ainsi les plus grands musiciens et artistes des années 1960. Dans les années 1980, il alterne téléfilms, longs métrages et films publicitaires pour Canada Dry, Hollywood Chewing gum, Coca-Cola, Ford, etc. Il vit désormais entre Paris et l’Aveyron et fait des photographies pour Elle, Paris Match et Le Figaro Magazine.
Nombre de messages: 9246 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: FRANCOISE HARDY Mar 17 Avr - 18:38
Hollande vs Hardy : Les Français préféreront Françoise à François
Les bienfaits que Françoise Hardy a procuré à mon pays me sembleront toujours plus précieux que ce que M. Hollande, qui se prépare à faire don de sa personne à la France, lui apportera.
M. Hollande a tort de moquer Françoise Hardy. Celle-ci est connue dans le monde entier ; à Londres, par exemple, elle demeure une icône, sa photographie y couvrait naguère les murs des boutiques de mode et des disquaires. Bob Dylan a fait son siège pendant plus d’une semaine, pour n’obtenir d’elle qu’un vague sourire : elle était follement éprise d’un autre. M. Hollande n’est salué qu’en France, et je lui prédis bien des difficultés pour se faire reconnaître ailleurs.
Récemment, Françoise Hardy a déclaré qu’elle redoutait les mesures de M. Hollande, s’il était élu à la présidence de la république, en matière de fiscalité sur les grandes fortunes. Elle a assuré qu’elle payait 40 000 Euros au titre de l’ISF, et qu’elle déclarait 150 000 Euros de revenus les bonnes années. Elle a prétendu que l’augmentation « hollandaise » de sa part imposable la mettrait dans une situation matérielle difficile : “Je serais forcée, à pas loin de soixante-dix ans et malade, de vendre et de déménager.”. Elle a cédé, voici quelques années, la charmante maison qu’elle possédait dans le XIVe arrondissement parisien, et acquis un appartement, dans un immeuble modeste, près de l’Étoile. Elle n’a volé ni exploité personne ; l’argent qu’elle a gagné est celui que son talent, immense et reconnu, lui a mérité.
Françoise Hardy n’a jamais songé à quitter la France pour vivre un exil fiscal en Suisse ou ailleurs. Elle n’aurait sans doute pas supporté d’être loin de son terroir parisien. Par ailleurs, elle est si franche, si sincère que frauder le fisc ne lui viendrait pas à l’esprit. Le Parti Socialiste ne compte-t-il dans ses rangs que des personnes aussi irréprochables ?
M. Hollande, qui n’a démontré jusqu’à présent que les qualités d’un apparatchik, a eu tort d’ironiser : “ […] si les personnes qui sont à la rue, et il y en a aujourd’hui, payaient 40 000 euros d’ISF, elles seraient heureuses […]. Il y a des gens qui couchent dehors, des gens qui sont dans les tentes, des roulottes, des caravanes. Ce sont eux qui couchent dans la rue ! ”. Françoise Hardy n’est en rien responsable des malheurs qui accablent nos compatriotes, au contraire, par ses chansons, elle concourt à leur rendre la vie un peu moins pénible.
J’ai eu le plaisir d’offrir, récemment, un CD des chansons anciennes de Françoise à une SDF, qui m’en avait exprimé le vœu. « Les gens qui couchent dehors » s’endorment parfois sur la voix de Françoise, je ne sache pas que François puisse prétendre à ce privilège. Enfin, je parierais volontiers que Françoise Hardy a rapporté beaucoup d’argent à la communauté, par ses impôts et par ses ventes à l’étranger, c’est à dire par son métier, par sa voix, par ses textes. En revanche, M. Hollande porte sa part de responsabilité dans l’appauvrissement général des Français. Son parti a défendu avec le zèle des nouveaux convertis la soumission aux marchés, à l’argent facile, à la vulgarité brutale et cynique des dépeceurs d’entreprise.
Au contraire de Françoise Hardy, je crois pouvoir assurer que M. Hollande n’aura pas conquis le cœur des français par ses seules qualités, mais, en quelque sorte, par défaut…