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 INITIATION A L' ART CONTEMPORAIN

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Bridget

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MessageSujet: INITIATION A L' ART CONTEMPORAIN   Lun 27 Oct - 13:04

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Jeff Koons : Hanging Heart (Red/Gold)



On parle beaucoup aujourd'hui du phénomène ART CONTEMPORAIN .....mais que trouve t'on sous cette appellation ?

Difficile de s'y retrouver , tout est amalgamé , digéré , recraché par des médias peu au courant , qui consacrent

surtout leurs éditoriaux aux chiffres pharamineux atteints par les stars du marché !!!

La France ne s'étant jamais vraiment remise d'avoir " raté " les Impressionnistes en les conspuant au début du siècle

dernier , est prête aujourd'hui à avaler toutes les couleuvres et récupérations proposés par certains artistes !



Un numéro spécial , consacré à la Fiac qui vient de se tenir à Paris , écrit par Olivier Cena , le critique art de Télérama

retrace avec beaucoup d' à propos les grandes tendances actuelles .

C'est un résumé qui n'est pas impartial , bien sur , mais qui a le mérite de re-situer les artistes d'aujourd'hui et leurs

précurseurs , de clarifier les différentes tendances et les supports très variés qui constituent ce qu'on appelle :

L ' ART CONTEMPORAIN


Bridget / Louly Zik Forum





Imaginons que l'art soit une grande famille......

et que cette famille se divise en plusieurs branches - choisissons-en sept pour faire le jeu des sept branches.

Il y a les branches anciennes (la peinture et la sculpture, datant de plus de trente mille ans), une branche intermédiaire (la photographie, presque bicentenaire) et les branches récentes (quelques dizaines d'années).

Ces dernières se sont multipliées depuis le début du XXe siècle, multiplication qui se révèle avec le temps inversement proportionnelle à la présence de sens.

Quoi qu'il en soit, afin de constituer le jeu des sept branches, il a donc fallu élaguer et n'en conserver parmi les plus récentes que quatre : l'art vidéo, l'art conceptuel, l'installation et le bricolage (ce dernier étant le mélange de toutes les branches, une réactualisation du vieux fantasme de l'art total).

Il en manque donc (land art, body art, etc.). Du moins en apparence, car beaucoup d'artistes utilisent ces disciplines comme des outils, au même titre que la peinture, la sculpture ou la vidéo. Certains, parmi les plus jeunes, n'ont même plus de discipline privilégiée. Contrairement à Picasso, par exemple, qui utilisa beaucoup de techniques mais reste avant tout un peintre, ils sont tout à la fois et rien en particulier. Ils sont actuels. Ils fabriquent des dispositifs. Ils sont parfois conceptuels, souvent photographes et vidéastes, toujours installateurs, un peu peintres et dessinateurs, très rarement sculpteurs. Ils bricolent. Ils animent.
Ce sont les « gentils organisateurs », sinon de l'art, du moins de sa version industrielle : le néo-pop, qui, au-delà des disciplines, des genres et des catégories, cherche à poser sur toutes les branches de la famille, y compris les plus anciennes, ses guirlandes bariolées.


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Bridget

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MessageSujet: Re: INITIATION A L' ART CONTEMPORAIN   Lun 27 Oct - 14:40

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La famille peinture : toujours fraîche



Ses adversaires ont voulu l'enterrer plusieurs fois au cours des siècles, mais la peinture tient encore bien le mur. Même les médias modernes n'ont pas eu raison d'elle.






Wassily Kandinsky - Composition VIII - 1923


Avec la sculpture, c'est la plus ancienne famille artistique. Sa lignée remonte aux dessins rupestres, soit, selon les paléontologues, à une période se situant entre 34 000 et 30 000 ans avant notre ère.
On ne connaît pas sa fonction initiale - religieuse, dit-on, narrative peut-être, dans tous les cas existentielle puisque, comme le rappelle la philosophe Marie-Josée Mondzain (Homo spectator, éd. Bayard), elle est le premier signe visible de l'humanité de l'homme.

Elle eut, au cours du temps, des fortunes diverses, tantôt portée aux nues, tantôt reléguée à un rôle subalterne, tantôt l'amie des princes, tantôt exilée au bas de l'échelle sociale.
La dernière chute remonte à la fin du XXe siècle - l'avis de décès fut même publié un peu trop vite par les théoriciens des apocalypses (fin de l'histoire, fin de l'art, etc.). Les plus mesurés de ses adversaires l'accusaient de véhiculer une tradition poussiéreuse (34 000 ans, tout de même !) et les plus virulents, d'exister. Mais la famille, malgré l'apparition de technologies nouvelles, a tenu bon. Les inventions successives de l'écriture, de la photo et du cinéma n'ayant pu avoir raison d'elle, ce n'est pas l'avènement du numérique (informatique et vidéo) qui allait l'anéantir. Elle retrouve même, ces derniers temps, de la vigueur, surtout due à la nécessité de sa présence sur le marché de l'art, dont elle garantit, n'en déplaise à ses contempteurs, la bonne santé.


Néo-pop


C'est la tendance à la mode du moment, poussée par le marché de l'art, appréciée par la nouvelle bourgeoisie financière. Elle perpétue le pop art, né en Angleterre au milieu des années 50 (Hamilton, Paolozzi) et aux Etats-Unis au début des années 60 (Warhol, Lichten-stein, Oldenburg, Rosenquist, Wesselmann, etc.).

Son ancêtre possible est le mouvement dada (Ball, Tzara, Arp, etc.), né des désastres de la Première Guerre mondiale, dont la vie fut brève - de 1916 à 1920 -, mais qui ­influença profondément Duchamp, Breton, Eluard, Ernst et la plupart de ceux qui formeront le groupe surréaliste en 1924. Ce dernier conserva de dada les accents révolutionnaires, l'humour et l'intérêt pour la culture populaire.

Le pop art, lui, garde du surréalisme l'humour, la culture populaire et une tendance certaine au kitsch. Il en rejette la poésie, la (relative) complexité et les accents révolutionnaires au profit d'une ­critique assez inoffensive de la société de consommation.

Quant au néo-pop, poursuivant l'appauvrissement progressif du sens, il ne distribue plus de message : il diffuse une ambiance. Il s'amuse. Aussi est-il gai, très coloré, décoratif et suffisamment insignifiant pour plaire au plus grand nombre.

Mais en réalité le néo-pop n'existe pas : c'est le pop qui se perpétue.
Il se reproduit en changeant légèrement de forme, en devenant de plus en plus kitsch, de plus en plus édulcoré, mais aussi en absorbant des mouvements anciens. On voit ainsi le néo-expressionnisme allemand de la fin du XXe siècle se diluer peu à peu dans le pop (Daniel Richter ou les frères Oehlen), et même faire école, comme à Leipzig, avec Neo Rauch, Martin Kobe ou Matthias Weischer.

Suivant fidèlement l'économie, le pop s'est mondialisé et se pratique (comme la musique du même nom) dans tous les pays du monde. Les Allemands, les Américains (Richard Philips) et les Anglais (Chris Ofili) tiennent la corde d'une sorte de course au goût douteux, mais ici comme ailleurs, avec Fiona Rae, Yue Minju ou Feng Zhengjie, la Chine « émerge ».



Abstraite




Cy Twombly " Lepanto " 2007


On s'attend toujours à ce que la peinture abstraite disparaisse, mais depuis un siècle qu'elle existe, elle ne cesse de renaître de ses cendres.
La mode actuelle serait plus à la géométrie qu'au lyrisme, renouant ainsi avec les pionniers : le Néerlandais Piet Mondrian, les Russes Vassily Kandinsky et Kazimir Malevitch, le Tchèque Frantisek Kupka ou le Français Robert Delaunay.

Mais les motivations ne sont plus les mêmes : aucun artiste ne cherche aujourd'hui à représenter la structure interne du monde (Mondrian) ou l'intériorité spirituelle de l'être (Kandinsky), aucun ne poursuit la quête d'un art pur (Malevitch).

Longtemps cette forme de romantisme ­issue de la tradition classique colla à l'abstraction, perpétuée par les peintres de l'âge d'or américain (Jackson Pollock, Barnett Newman, Mark Roth-ko) mais déjà mise à mal par la génération minimaliste suivante (Frank Stella, Brice Marden, Robert Ryman).

Le lyrisme (la grâce), celui de Cy Twombly ou de Gérard Traquandi, n'est donc plus (pour l'heure) de mise. Ça reviendra.

L'abstraction actuelle est soit artificiellement chaude (voir le néo-pop), soit très cérébrale (voir la peinture
conceptuelle), soit décorative. On ne la pratique plus forcément de manière exclusive : à la suite de Gerhard Richter, beaucoup de jeunes artistes allemands l'utilisent en alternance avec la figuration.

Elle qui imposa son idéologie à l'art de l'après-guerre semble plutôt en légère perte de vitesse face à la figuration.



Conceptuelle



On peut confondre le genre avec le précédent, car la peinture conceptuelle est souvent abstraite.
Elle comprend grossièrement deux branches bien distinctes :

La pure conceptuelle, où l'artiste ne fabrique rien, ne touche aucun tube, aucun pinceau, mais conçoit le processus qui mènera à la réalisation de l'oeuvre par d'autres mains que les siennes. Ce sont les mains d'autres peintres - l'Anglais Damien Hirst conçoit ainsi d'horribles tableaux de fleurs - ou de non-peintres (le Français Bernard Frize et ses entrelacs multicolores) ou même une machine - Damien Hirst, encore.

Et puis il y a cette branche où le concept s'applique à l'oeuvre elle-même, comme une espèce de cadre rigide que se fixe l'artiste avant de commencer et qu'il respecte : par exemple un tableau monoteinte sans matière (Elworth Kelly, Alan Charlton, Bernard Aubertin, etc.), ou des rayures (Daniel Buren), ou des traces de pinceau (Niele Toroni), ou des chiffres (Roman Opalka)...



Classique


L'une des premières peintures connues représente une espèce de mammouth-araignée. Elle orne le mur de la grotte de Baume-Latrone, dans le Gard. Elle a plus de 30 000 ans.

Depuis, elle a résisté à tout, et principalement à la médiocrité de la plupart de ses adeptes.

Car ce n'est pas tant les inventions techniques qui lui font du tort que l'absence de liberté de beaucoup de peintres (voir « La néo-pop »). Ce n'est pas nouveau. Dans une lettre qu'il envoie de Rome à son frère, le 2 août 1655, l'abbé Fouquet écrit : « Monsieur Poussin m'assura qu'il n'y avait plus personne dans la peinture qui y fût tolérable, et qu'il ne voyait pas même venir personne, et que cet art allait tomber tout à coup. »

Mais cet art ne tombe pas. Du Catalan Miquel Barceló aux Anglais John Virtue et Cecily Brown, en passant par les Allemands Markus Lüpertz et Anselm Kiefer, les Français Yan Pei-Ming et Ronan Barrot, les Italiens Enzo Cuchi et Sandro Chia, les Belges Michaël Borremans et Thierry de Cordier, ou la Sud-Africaine Marlene Dumas, il ne cesse de se renouveler.

On voit dans les exemples cités qu'il est le plus souvent figuratif. Ce n'est toutefois pas une règle : pour ne citer que lui, Soulages est un artiste classique.






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MessageSujet: Re: INITIATION A L' ART CONTEMPORAIN   Lun 27 Oct - 14:43

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La Sculpture






"Rumi" (1991), de l'Américain Mark Di Suvero - Photo : Laurent Lecat


C'est, avec la peinture, la plus vieille (et de loin) lignée artis-tique : la sculpture date du paléolithique supérieur, plus précisément de l'aurignacien (34 000-30 000 avant notre ère). La plus ancienne connue est un magnifique homme à tête de lion, trouvé en Allemagne en 1939.

Apparaîtront ensuite les Vénus du Gravettien (30 000-20 000) : celle de Willendorf en calcaire peint, celle de Vestonice en terre cuite, celle de Lespugue en ivoire, celle de Savignano en stéatite...

Comme la peinture, avec laquelle elle resta longtemps associée, la sculpture a connu des hauts et des bas. Le dernier bas est à la fois récent et comique : quelques théoriciens, enivrés par leurs propres gnoses, ont annoncé à la fin du XXe siècle que la photographie était la forme contemporaine d'une sculpture de toute façon mourante.

Or la sculpture vit. Elle vit même très bien en Angleterre où, depuis Henry Moore et Anthony Caro, une grande tradition se perpétue.
Très bien aussi aux Etats-Unis sous sa forme abstraite, minimaliste et élégante (David Smith ou Richard Serra). Dans sa version expressionniste, elle prospère en Allemagne (Georg Baselitz, Markus Lüpertz, Stephan Balkenhol).

Bref, la sculpture se porte à nouveau comme un charme, qu'elle se présente au sein d'une installation (Louise Bourgeois), comme un produit conceptuel (Jeff Koons) ou qu'elle reste sous une forme plus traditionnelle


Néo-pop

Comme pour la peinture, la sculpture pop a hérité des ready-mades de Duchamp, de dada et du surréalisme. Il s'agit en général d'un objet quotidien - une boîte d'allumettes, une truelle, enfin, n'importe quoi - dont les dimensions ont été augmentées jusqu'au gigantisme.

Ce peut être aussi la multiplication d'un même objet ordinaire, comme les boîtes de lessive Brillo de Warhol.

On reconnaît là deux des caractéristiques du kitsch décrit par le sociologue Abraham Moles à la fin des années 60 : le changement d'échelle et l'abondance.

Toujours comme en peinture, le pop s'est transformé (à peine) en néo-pop. On peut le constater avec l'artiste australien Ron Mueck qui conçoit des personnages (souvent des bébés) hyperréalistes de taille gigantesque - quelle différence fondamentale y a-t-il entre une pioche hyperréaliste géante de Oldenburg et un bébé hyperréaliste géant de Mueck ?

On le voit aussi avec les représentations très réalistes de l'Allemande Katharina Fritsch, qui joue à la fois sur le gigantisme et la miniaturisation, des Français Daniel Dewar et Gregory Gicquel, qui font de la copie d'objets ordinaires, ou avec l'Anglais Marc Quinn, dont les bronzes peints en blanc empruntent au surréalisme l'aspect inattendu (comme chez le Flamand Jan Fabre) et à l'hyperréalisme américain (George Segal) une certaine obscénité. Dans ce dernier genre, les deux frères anglais, Jake et Dinos Chapman gardent largement la tête de l'art kistch « poppot » (pour pop potache).



Conceptuelle



Sol Lewitt " Dark to light " 2005

Contrairement à la peinture, la sculpture conceptuelle est la plupart du temps figurative et souvent hyperréaliste.

Mais le principe est le même : l'artiste conçoit et ne fait rien de ses dix doigts.
Lui ou/et sa galerie produi(sen)t - et ça coûte très très cher.

Un des aspects sympathiques est alors l'utilisation d'une machine, comme le fait le Français Xavier Veilhan. Un ordinateur prend l'image photographique (un lion, un requin, l'artiste lui-même), la transforme en une image en trois dimensions, la déforme et la transmet à une machine qui la taille dans du bois ou du polystyrène. Une finition en inox recouvert d'une peinture époxy est possible, solution empruntée au maître du genre, l'Américain Jeff Koons. Ce dernier, lui, ne fait qu'établir le bulletin de commande à une entreprise qui réalisera l'objet, souvent géant, histoire de jouer avec le pop art.

Si les pionniers de la sculpture conceptuelle (les Américains Robert Morris, Sol Lewitt...) analysaient le concept même de sculpture (horizontalité/verticalité, vide/plein, etc.), les conceptuels actuels, en bons artistes académiques, tout en s'appuyant sur les avant-gardes du début du XXe siècle, font fabriquer le kitsch que la société actuelle réclame.

Dans ce genre, les Anglos-Saxons dominent (parmi lesquels l'Anglais Damien Hirst), mais il va falloir compter avec les Chinois (Wang Du, Jing Shijan et autres), dont la puissance de production commence à épater tout le monde - et l'épate, dans le milieu de l'art, est une condition essentielle de la réussite.


Abstraite

La première sculpture abstraite est peut-être l'oeuvre du Roumain Constantin Brancusi (1876-1957), bien qu'il ait toujours refusé cette paternité.



Constantin Brancusi Le Baiser/ Pierre. entre 1907 et 1910

Le genre s'est beaucoup développé, comme dans la peinture, durant l'époque moderne, à partir de premières expériences très géométriques. Ses meilleurs interprètes, il les trouve après la Seconde Guerre mondiale en Allemagne, avec Ulrich Rückriem, et surtout aux Etats-Unis, avec les expressionnistes (David Smith, Richard Stankiewicz, Mark Di Suvero) ; puis, dans les années 60, avec le mouvement minimaliste (Carl Andre, Richard Serra, Sol Lewitt, Dan Flavin, Donald Judd), assez proche du mouvement conceptuel au point qu'un artiste pouvait se revendiquer des deux (Lewitt).
Cette voie se perpétue avec des artistes comme le Français Bernar Venet, mais elle perd du terrain au profit de l'installation.


Classique

On en parle peu et certains disent même que ce genre est exsangue. Quelques peintres allemands de renom le pratiquent encore, comme Baselitz ou Lüpertz. D'autres l'ont abandonné, comme l'Espagnol Jaume Plensa au début des années 90, pour un travail plus conceptuel sur la lumière et les mots.

D'autres encore le développent seuls, sous une forme très singulière, tel l'Italien Giuseppe Penone, avec ses végétaux. Mais il faut toujours se méfier des morts annoncées. C'est lorsque l'on n'accorde plus aucun crédit à une sculpture figurative qui ne serait pas fille du pop qu'apparaissent des artistes comme la Belge Berlinde De Bruyckere et sa représentation violente de corps expressionnistes tronqués, douloureux. Il y a là l'héritage féministe et plastique de Louise Bourgeois, et pourquoi pas quelque chose de baroque qui viendrait du Bernin ou de Puget ?
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Olivier Cena


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MessageSujet: Re: INITIATION A L' ART CONTEMPORAIN   Lun 27 Oct - 19:56

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La famille photographie : Ils sont devenus flous



La photographie plastique est censée se différencier du reportage ou du documentaire, au moins par sa mise en scène. Mais ici rien n'est simple, tant les frontières sont mouvantes. Faisons le point


Prise en 1825, la première photographie connue est la reproduction d'une gravure du XVIIe siècle.
Son auteur : le Français Nicéphore Niépce, qui réitéra l'année suivan­te en ob­tenant un cliché beau­coup plus sexy - et bien plus connu - de sa proprié­té de Saint-Loup-de-Varennes, en Saône-et-Loire. Ce procédé mécanique de reproduction d'une image ne restera pas longtemps un outil artisanal puisque, moins d'un siècle plus tard, en 1905, le photographe Alfred Stieglitz ouvre à New York la première galerie de photos. Mais la véritable entrée de cette technique dans l'art est plus récente.

Depuis son invention, les peintres, de Delacroix à Bacon, l'utilisent soit comme modèle soit comme référence, mais il faut attendre les années 20 pour qu'elle trouve une autonomie artistique à travers différents procédés : photomontage, trucage, solarisa­tion (Aleksandr Rodtchenko, Man Ray et les surréalistes...).

Dans les années 50, l'artiste américain Robert Rauschenberg l'intègre à l'oeuvre, la mêle à la peinture et à la sculpture.


Robert Rauschenberg


A partir des années 60, elle vient témoigner de la réalité d'un événement artistique éphémère : happening, land art, body art, etc. La photo devient « plastique », incorporée aux installations, reproduite sur d'immenses formats, numériquement truquée. Elle se différencie alors de la photo traditionnelle (presse, reportage, inventaire, témoignage, documentaire), mê­me si la frontière est parfois, comme dans le cas de Nan Goldin ou de nombreux photoreporters reconvertis, très floue.



Toujours spectaculaire

C'est une chose que la photo a apprise de la peinture postmoderne : il faut être spec-ta-cu-laire !

La première solution a consisté, comme en peinture, à réaliser des grands formats, procédé devenu possible grâce aux progrès technologiques - du Canadien Jeff Wall à l'Allemand Andreas Gursky, la plupart des photographes font aujourd'hui dans le monumental.
Puis, grâce au numérique, on a truqué les photos - mul­tiplication artificielle des personnages dans d'immenses foules, comme chez Gursky.

L'autre solution, c'est le sujet de la photo : pornographique, scatologique (Andres Serrano), surdécoré et kitschissime, voire humoristique.

Une autre encore consiste à l'installer.
Une autre, enfin, à photographier une mise en scène, une fiction mimant la réalité (Jeff Wall).

Mais la dimension spectaculaire ne dit rien de la qualité du photographe : l'Amé­ricain Joel-Peter Witkin, par exemple, utilise comme modèles des handicapés et des corps empruntés à la morgue (aspect très spectaculaire de son travail) pour reconstituer des scènes se référant souvent à la peinture ancienne (l'aspect le plus classique).



Souvent conceptuelle

En photographie, plus qu'ailleurs, les frontières sont mouvantes. Par exemple, conceptuel et spectaculaire ne s'excluent pas.
Ainsi, il est une tendance, représentée par le couple de photographes allemands Becher, consistant à multiplier des images quasiment identiques (même cadrage, même lumière, même format, etc.), et à les exposer les unes à côté des autres, ce qui re­vêt un caractère évidemment spectaculaire.

Mais la photographie est souvent, pour l'artiste conceptuel, comme dans le domaine de la vidéo, la capture d'un événement éphémère - telles les performances de la Serbe Marina Abramovic, ou le Polonais Roman Opalka, qui se photographie chaque soir avant de quitter son atelier -, ou encore un outil parmi d'au­tres, dans une installation.

C'est le cas avec l'oeuvre de Sophie Calle qui, s'inspirant du photographe japonais Nobuyoshi Araki, poursuit une sorte de faux journal intime en alliant la photographie (qu'elle ne prend pas forcément, à la différence d'Araki), le texte et la vidéo.

Une autre voie est celle de Barbara Kruger, qui s'inspire de la photo de pub et de propagande pour faire passer des messages politiques et sociaux.
Enfin, comme ailleurs, une tendance de la photographie conceptuelle se dissout dans le pop, avec par exemple Cindy Sherman, dont le « concept » consiste à se photographier grimée et travestie.




Pourquoi pas classique



Les frontières sont si floues que l'on peut considérer Jeff Wall, Joel-Peter Witkin ou Andres Serrano comme des photographes classiques, les trois se référant à l'art pictural.

Tout juste peut-on exclure de cette dernière (grossière) catégorie ceux qui ne se servent de la photographie que comme d'un outil, un témoignage, sans aucune réflexion sur le média.
Et puis les modes passent. Il fut un temps, pas si lointain, où la photographie genre « Allemagne de l'Est », triste, verdâtre et grise, montrant des personnages faisant la gueule, avait la cote. Elle a quasiment disparu. Il en reste une tendance à la neutralité : lumière pâle, couleurs sobres, à l'opposé de la photo de mode (le Français Jean-Marie Bustamante).

On lui préfère le pathos façon Nan Goldin, ce tendre regard sur un monde en perdition en forme d'autobiographie, à la frontière de ce que pourrait faire un reporter. Car cette photographie plastique, comme la vidéo, a une dimension à la fois littéraire et intime. Elle veut raconter une histoire, si possible édifiante. A l'image de la vidéaste et photographe iranienne Shirin Neshat qui, à travers des mises en scène savantes et esthétisantes, raconte la difficile vie des femmes dans les sociétés islamiques.


Olivier Cena
Télérama
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MessageSujet: Re: INITIATION A L' ART CONTEMPORAIN   Lun 27 Oct - 20:34

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La famille vidéo : Bidouillages et décalages



Le réalisateur de télé Jean-Christophe Averty fut l'un des premiers à jouer avec l'image. Aujourd'hui, il existe mille façons de l'utiliser, à des fins critiques, poétiques, théâtrales...



Bill Viola " Fire Angel " 2001

L'art vidéo est un jeune quadragénaire. Puisqu'il s'agit ici d'une image électronique, son origine est forcément télévisuelle et remonte au début des années 30.

Mais l'idée, elle, est plus ancienne, puisque la première expérience de transmission d'une image par un procédé de phototélégraphie par fils, oeuvre de l'abbé Caselli, date de 1862.
Dès la fin des années 50, des réalisateurs de télévision commencent à explorer les possibilités qu'offre l'électronique et tripatouillent l'image, comme Ernie Kovacs aux Etats-Unis et Jean-Christophe Averty en France. Mais les premiers véritables artistes vidéo, ceux qui, selon la définition qu'on en donne, « s'inscrivent dans une esthétique de déconstruction de la télévision », appartiennent au groupe Fluxus : l'Allemand Wolf Vostell et le Coréen Nam June Paik.
Leurs premiers essais, au tout début des années 60, consistent à agir sur le tube cathodique avec des aimants et à distordre l'image.

Puis d'autres artistes, comme l'Allemand Gerry Schum, commencent à travailler, à la manière de Jean-Christophe Averty, l'image même.
Enfin, en 1965, la marque Sony lance la première caméra miniaturisée, la Portapack, immédiatement utilisée par les artistes (Paik ou le Français Fred Forest), ce qui marque le véritable départ de l'art vidéo actuel - ou plutôt des arts vidéo, car cette discipline s'est scindée en des tendances bien distinctes qui paraissent attendre encore leurs modes et leurs lieux singuliers de diffusion.




Nam June Paik " Electronic Superhighway " 1995



Vidéo-télé


Le petit écran reste l'un des sujets privilégiés des artistes vidéo, cependant ceux d'aujourd'hui ne s'attaquent plus tant à l'image qu'au contenu. Dans les années 70-80, Nam June Paik, Wolf Vostel ou Bill Viola s'intéressaient à la dimension plastique de l'image électronique, alors qu'aujourd'hui beaucoup de jeunes vidéastes portent un regard sociologique sur le média lui-même (l'Anglais Jonathan Monk).

Ainsi peut-on voir des parodies d'émissions ou des talk-shows populaires dont les conversations ont été changées afin de faire apparaître les clichés véhiculés et la pauvreté culturelle. Ou des anecdotes artistiques mises en scène comme s'il s'agissait de séries populaires. Ou encore des commentaires décalés sur des images d'actualités afin de dénoncer la politique d'un Etat (l'Anglais Steve McQueen).


Vidéo-cinéma

Ce pourrait être la forme soeur de la précédente. Les artistes utilisent la scène d'un film et en changent les dialogues pour établir un décalage entre l'image et le son. Ce procédé existe depuis longtemps à la télévision chez certains réalisateurs, mais toujours dans un but humoristique.
Ici, il s'agit de dénoncer, ou de théoriser sur l'art (Douglas Gordon). Parfois, la scène d'un film célèbre est rejouée par d'autres acteurs, qui peuvent être des amateurs (un des principes de la peinture conceptuelle adapté à la vidéo), et les deux versions sont alors diffusées parallèlement (Pierre Huygue).

Dans ce genre, qui compte pourtant Averty comme ancêtre, peu jouent avec le trucage de l'image. Les artistes semblent plus enclins à s'indigner qu'à rire, aussi les burlesques sont-ils rares (Pierrick Sorin, digne héritier de Méliès).

Ces derniers temps se développe un autre genre, très (ou trop) proche du cinéma : des courts métrages chers, produits par les galeries (Jesper Just, Matthew Barney). Ils contredisent une autre mode du moment : la vidéo documentaire bon marché (Kutlung Ataman), mal ficelée, que diffuse un poste de télévison posé sur le sol de la galerie ou du musée.



Conceptuelle



On pourrait classer dans ce genre les captures de happenings, de performances et de tous les arts éphémères dans les années 60-70 (Allan Kaprow). Cela existe toujours.

Ainsi en 2004, l'Anglais Mark Wallinger s'est laissé enfermer la nuit, déguisé en ours, dans un musée de Berlin, et en a tiré une vidéo de plus de deux heures et demie (Sleeper). Mais il peut aussi être question de nos propres perceptions dans des installations où des caméras enregistrent le mouvement des spectateurs et le restituent d'une façon décalée, troublant leur sentiment de l'espace et du lieu (Dan Graham). Mais, trop souvent, le concept n'est pas plus profond qu'un gag (Elisabetta Benassi) ou qu'une idée publicitaire (Ingeborg Lüscher, Joseph Dabernig).



Classique


Sous le vocable bizarre de classique contemporain se réunissent toutes sortes d'artistes vidéo ayant une exigence esthétique et une ambition poétique.
Le premier d'entre tous est un des pionniers de cet art. Dans les années 70, l'Américain Bill Viola s'amusait, comme une espèce d'Averty abstrait, à perturber l'image électronique. Il travaille depuis des années à partir de la peinture ancienne et se singularise par une image d'une extrême lenteur (une image par seconde) et d'une grande poésie.

Son compatriote Gary Hill, après avoir expérimenté le documentaire, la performance, le rapport image/son, réalise depuis 1990 des installations utilisant la vidéo, ce qu'il définit comme des « rues faites d'images » dans lesquelles se promène le spectateur.
Revendiquant l'influence du théâtre, lui-même se considère comme un metteur en scène d'images. Viola et Hill représentent deux grandes voies de ce genre de vidéo : la picturale (que suit l'Israélienne Michal Rovner), et la théâtrale (qu'essaient de suivre beaucoup d'installateurs). Il y en a d'autres, plus proches du ciméma documentaire, utilisant les trucages et la multidiffusion (Nu'tka, du Canadien Stan Douglas) ou cherchant à exprimer une poésie dépouillée et minimaliste (en France, les frères Villemin)


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MessageSujet: Re: INITIATION A L' ART CONTEMPORAIN   Mar 28 Oct - 21:08



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La famille art conceptuel : je pense, donc je crée...



Pour les conceptuels, l'important n'est pas le goût, c'est l'idée. Leurs oeuvres, ils les font fabriquer par d'autres . Parfois cyniques, souvent décoratifs , ils sont très actuels .




"Le Temps d'une oeuvre", de Daniel Buren, au MAC de Lyon (2005). - Photo : Laurent Lecat




Marcel Duchamp ne se doutait pas de la postérité qu'auraient ses ready-mades lorsqu'il posa sa Roue de bicyclette sur un tabouret (1913), dressa son Porte-bouteilles acquis au BHV (1914) ou exposa sa pissotière (Fountain) à New York en 1917.
D'ailleurs personne ne s'en doutait, pas même le couple de riches collectionneurs américains, les Arensberg, qui acquérirent quelques-uns de ces objets et les égarèrent (ceux qui existent aujourd'hui ont été refaits).
Mais en 1965, un jeune Américain étudiant en art, Joseph Kosuth, admirateur de l'oeuvre de Duchamp - dont le musée de Pasadena, en Californie, vient deux ans plus tôt d'organiser une rétrospective -, décide que l'art n'a rien à voir avec l'esthétique, ni avec le goût, puisqu'il n'est dépendant que des idées.

A partir de là s'est développé l'art conceptuel, qui n'est ni un mouvement ni une école, mais un état d'esprit.

Pour l'artiste conceptuel, l'idée prime sur la réalisation. Il ne fabrique donc rien lui-même. Mais il peut faire fabriquer n'importe quoi : photo, peinture, sculpture, musique, etc. Les pionniers questionnaient beaucoup l'art, sa définition, ses conditions et ses lieux d'exposition. Mais le sens finit par se perdre, et l'art conceptuel devient académique. La plupart des artistes perpétuent une provocation vaine et se contentent d'être ironiques, cyniques, décoratifs ; dans tous les cas en phase avec la société.


Pionniers


Le constat est peut-être sévère, mais les anciens semblent avoir depuis longtemps pris un parti décoratif.
Joseph Kosuth fait de la scénographie de musées ; les montages-découpages de John Baldessari sont devenus des rengaines graphiques

Sol Lewitt décorait les murs des salons mondains ; Daniel Buren fabrique maintenant des appliques lumineuses rayées, etc.
Ceux de la génération suivante, comme l'Américaine Jenny Holzer et ses textes lumineux défilants, suivent le même chemin. Quant aux peintres, comme Niele Toroni, ils poursuivent le même concept depuis plus de quarante ans avec une ténacité qui force l'admiration.



Néo-pop


Le pape actuel, marchant sur les traces d'Andy Warhol, c'est l'Américain Jeff Koons. Il reprend les vieilles ficelles d'Andy - production, art populaire, provocation, ironie - avec une froideur et un cynisme très actuels.

Warhol avait quelque chose de romantique, d'autodestructeur, de « borderline » que n'a pas Koons, parfait chef d'entreprise.
Donc Koons imite en amplifiant - son homard géant (Lobster), par exemple, qui n'est après tout que du Oldenburg. Il joue avec les codes et les clichés américains à travers des objets, des photos, des pubs détournées...




Jeff Koons " Ballon Dog / Magenta " . Palazzo Grassi . Venise 2006



L'Anglais Damien Hirst, lui, joue la vraie provocation, notamment avec ses animaux conservés dans le formol. Il fait aussi réaliser des peintures, des objets et même une vente aux enchères de ses propres oeuvres.

Le troisième sur le podium est l'Italien Maurizio Cattelan. Lui aussi joue la provocation, mais d'une façon humoristique, en faisant réaliser des gags : des sculptures hyperréalistes du pape occis par une météorite ou d'Hitler en culotte courte. Dans ce genre, le Français Gilles Barbier, comme beaucoup de jeunes artistes, le suit de près.





Olivier Cena
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Bridget

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MessageSujet: Re: INITIATION A L' ART CONTEMPORAIN   Dim 2 Nov - 20:23

.
La famille installation : Oh ! Bang ! Flash !




One-way Colour Tunnel . Olafur Eliasson . San Francisco Museum Of Modern Art


Attention : des effets spéciaux peuvent perturber les sens du visiteur. Parfois, on se croirait à la fête foraine. Mais certains travaux émeuvent vraiment.

En 1923, à Hanovre, en Allemagne, l'artiste Kurt Schwitters, très marqué par le mouvement dada, entreprend dans sa maison une construction habitable, initialement appelée La Cathédrale de la misère érotique. Ce sera le Merzbau, dont l'aménagement sera stoppé en 1933 avec l'arrivée des nazis au pouvoir. On considère cette oeuvre inachevée et détruite, donc invisible, comme la première installation de l'histoire de l'art.

Mais le véritable essor a lieu durant les années 60, quand les artistes commencent à mélanger les médias, les disciplines, les objets afin de modifier la perception que le spectateur peut avoir de l'espace, d'un lieu, d'une situation.

L'installation devient performance lorsque l'artiste intervient personnellement dans l'environnement créé, comme le firent Robert Rauschenberg ou Louise Bourgeois aux Etats-Unis, Joseph Beuys et Wolf Vostell en Allemagne, ou, avec une insupportable radicalité, les actionnistes viennois.
La plupart des installations et des performances actuelles ont perdu l'impertinence, la violence et la provocation de leurs aînées. Quand elles ne tournent pas à la blague potache (le groupe autrichien Gelatin), elles posent le plus souvent des questions d'ordre sociologique liées à la communication (plutôt qu'à la consommation), au formatage social, à l'esthétique relationnelle.


Spectaculaire


Une installation est toujours un spectacle.
Elle se situe à la frontière entre l'art plastique et le théâtre. Certaines, toutefois, recherchent un effet immédiat grâce à des artifices : flash lumineux, détonations, spectateur plongé dans le noir, gigantisme, accumulation, effets théâtraux, etc. Cela les conduit parfois, par leur côté surdécoré et kitsch, à sombrer dans le néo-pop (Gilles Barbier).

Il semble se passer avec l'installation la même chose qu'avec les superproductions hollywoodiennes : plus elles se veulent grandioses et spectaculaires, plus le message (s'il y en a un) est noyé sous l'abondance et les trucages. Ainsi en est-il des installations politiques et violentes des Américains Mike Kelley et Paul McCarthy, qui sont au bout du compte politiquement et socialement inefficaces.

Mais ici comme ailleurs, les Chinois vont devenir imbattables. La star du moment, Cai Guo-Qiang (par ailleurs excellent peintre), qui conçut les feux d'artifice des cérémonies d'ouverture et de clôture des récents JO de Pékin, vient de suspendre sous le plafond du Guggenheim de New York un mobile composé de neuf voitures et d'installer sur la vaste rampe du musée une horde composée de 99 loups en colère.


So good he made it twice: Cai Guo-Qiang's installation Inopportune: Stage One at the Guggenheim, New York

Ça n'a aucun sens, mais c'est très impressionnant. Ici, à l'instar de l'art conceptuel néo-pop, de la vidéo (et du cinéma commercial), l'ampleur de la production fonctionne comme un gage de compétence - illusoire, bien entendu, mais...




Sensoriel


Vous entrez dans une pièce plongée dans le noir, que vous devez traverser, et lorsque vous arrivez au milieu vous êtes assourdi par une détonation et aveuglé par un flash.
Ou : vous entrez dans une pièce où l'éclairage et la couleur sont tels que vous perdez vos repères.
Ou : vous marchez dans un couloir sans savoir que vous êtes filmé, et lorsque vous bifurquez par un autre couloir, vous voyez votre propre image s'approcher de vous.
Ou : vous devez traverser une pièce remplie de ballons gonflables.
Ou : après avoir retiré vos chaussures, vous montez sur un trampoline et... Beaucoup d'installations utilisent le visiteur comme un rat de laboratoire dont on analyserait les réactions - tout cela en rapport, bien sûr, avec l'art, le musée, la perception, etc. Et ça marche : le visiteur est aveuglé, ou a peur, ou est surpris, comme les souris. Cela tient à la fois de l'attraction de foire et de la pseudo-science. Lorsque le spectaculaire s'en mêle, on n'est pas loin des parcs d'attractions de Disney. Dans le pire des cas, on se retrouve sur les balançoires du jardin d'enfants.
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INITIATION A L' ART CONTEMPORAIN
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