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 HENRI TROYAT

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liliane
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MessageSujet: HENRI TROYAT   Mer 22 Oct - 17:19

« Il y a un tel abîme entre ce que la main a écrit et ce que l’esprit a rêvé »

HENRI TROYAT


Bien que considéré, d’après un sondage SOFRES réalisé en 1994, comme l’écrivain préféré des Français, Henri Troyat, Prix Goncourt à 27 ans, académicien à 48 ans, romancier célèbre et biographe reconnu, consacré roi dans le panthéon des goûts nationaux en 1994 par un très sérieux sondage, ne fut jamais grisé par la gloire ; il s'en méfiait comme d'une peste : «Le succès ne signifie rien. Je sais de quoi je parle : au matin de ma vie, j'ai vu mes parents tout perdre sur un revers du destin, j'ai retenu la leçon. Je suis un homme d'ombre et de travail.»

Quand Lev Tarassov naît le 1er novembre 1911, rue de l'Ours à Moscou, ses parents, d’origine arménienne, sont encore de riches négociants en tissus de la Russie tsariste. Dès 1917, ils sont contraints de fuir et suivent le même périple que de nombreuses familles russes à travers l'Europe. Mieux que dans un roman, ils traversent le Caucase, la Crimée ; on les retrouve à Istanbul, à Venise et enfin à Paris. Après trois ans d'errance entre les wagons à bestiaux et les cales de bateaux, la famille Tarassov s'installe à Neuilly en 1920. Le petit Lev ayant appris les rudiments du français auprès d'une gouvernante suisse, il peut entrer au lycée Pasteur. Et s'il découvre, à 10 ans, La Guerre et la Paix comme « un éblouissement » et qu'il écoute les récits de ses parents « comme des contes de fées », il n'en devient pas moins un parfait modèle d'intégration culturelle et obtient, en 1933, une licence en droit.

Héritier des réalistes

Dès l'âge de 12 ans, il sent le virus littéraire poindre en lui. Dans Le Fils du satrape (1998), il raconte ses premières tentatives romanesques. Avec son ami Nikita, ils avaient attaqué la rédaction d'un roman à quatre mains, bien vite promis à un autodafé libérateur.

En 1935 paraît Faux jour, son premier roman. Il a tout juste le temps de finir son service militaire que le jury du prix populiste convoque au Grand Véfour ce soldat en tenue d'artilleur pour lui remettre son premier trophée. La critique voit en lui un héritier des réalistes. Il est vrai qu'il s'inspire des oeuvres de Zola et surtout de Flaubert : « Je croyais avoir trouvé une bonne méthode pour me forger un style. Je lisais à haute voix un paragraphe de Flaubert, puis je le réécrivais de mémoire, et, comparant ma version à l'originale, je m'efforçais de comprendre pourquoi ce que j'avais écrit était indigne de ce que j'avais lu. »

Nul ne le contestera, Troyat était un besogneux. Écrivant debout devant son fameux pupitre (qu'il délaissa pourtant avec le poids des ans), il laisse une oeuvre qui compte plus de cent volumes, essentiellement composée de romans et de biographies.

En 1938, il obtient le prix Goncourt pour L'Araigne. C'est la sombre histoire d'un homme qui simule des suicides pour que ses soeurs ne se marient pas et s'occupent de lui.

Entre 1947 et 1950 il publie sa première saga romanesque. Tant que la terre durera est une évocation de la Russie contemporaine. Car si Troyat est devenu plus français qu'on ne le peut être, il n'en reste pas moins ancré dans la sainte patrie de ses premiers souvenirs (ses manuscrits sont d'ailleurs relus par un ancien officier de la Garde impériale pour y déceler les erreurs et les omissions).

Au crépuscule du communisme, qu'il considérera comme un « éclat de rire de l'histoire », il refusera pourtant d'y retourner : « Je me suis construit une Russie intérieure. Je ne veux pas être confronté à la réalité russe (...). Tout mon rêve intérieur, celui qui me fait écrire, s'effondrerait (...). Je préfère en rester à mes souvenirs d'enfant de 8 ans plutôt que de risquer d'appauvrir mon rêve. »

Troyat se méfie de la réalité, « elle est remplie d'invraisemblances », alors qu'« écrire un roman, c'est rendre ce qui aurait pu être aussi émouvant que ce qui a été ».
Pourtant, malgré ses nombreux romans et cycles romanesques - Les Semailles et les Moissons (1953-1958), La Lumière des justes (1958-1963)... -, il reste le biographe le plus populaire de l'après-guerre.

Qu'il traite de la Russie tsariste avec ses livres sur Catherine la Grande (1977) ou Alexandre Ier (1985), qu'il décrive avec ardeur et émotion la vie de ses compatriotes de coeur comme Dostoïevski (1940), Pouchkine (1946), Tolstoï (1965), ou celle de ses compatriotes d'adoption comme Flaubert (1988), Maupassant (1989) ou Zola (1992), Henri Troyat sait rendre la face cachée des grands hommes. Il s'immisce dans leur pensée, derrière leurs actes, et les peint dans toute leur complexité.

Le personnage qu'il préfère, celui dont il se sent le plus près, c'est Tchekhov (1984) : « Le plus modeste, le plus ironique, le plus discret. » Mais de son propre aveu, les biographies ne sont que des haltes dans sa veine romanesque, des moments de pose où l'auteur vient se ressourcer auprès des maîtres de sa jeunesse et de sa patrie charnelle : « La biographie me repose, elle me frustre aussi beaucoup. Je préfère les dangers du roman. »

La frousse du débutant

Henri Troyat fut-il un aventurier ? Tout du moins vécut-il chaque parution de ses livres comme une épreuve : « Chaque fois que je publie un livre, j'ai une frousse de débutant. » C'est pourtant ce « débutant » que l'Académie française accueillit en son sein en 1959, au fauteuil de Claude Farrère. Troyat avait gagné la partie, le petit immigré russe était devenu l'honneur des lettres françaises. Lorsque sa mère apprit la nouvelle, elle lâcha un léger : « C'est bien, continue mon garçon... » Hommage timide ou considération hautaine ? C'est là toute l'âme russe de Lev Tarassov.

Sa vie se confond avec son oeuvre, tant par les thèmes abordés que par la régularité époustouflante de sa production. D'aucuns lui reprochèrent d'incarner une littérature populaire, mais Troyat considérait qu'un écrivain doit « écrire ce qui lui tient à coeur, sans se soucier des écoles littéraires (...). Si les grandes oeuvres sont grandes, c'est d'abord parce que, indépendamment des règles esthétiques, elles font passer un message humain ». L'écrivain doit être un naïf s'il veut toucher au coeur.

« Il y a un tel abîme entre ce que la main écrit et ce que l'esprit a rêvé, qu'aucune faveur ne saurait le combler. Mes romans ne m'ont rien appris sur moi. » Mais si le plus grand déraciné des Immortels est mort avec ses doutes, il nous lègue la certitude d'une oeuvre aussi riche et brillante qu'une icône.

http://www.lefigaro.fr/culture/20070305.FIG000000262_henri_troyat_la_fin_d_une_histoire_russe.html
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MessageSujet: Re: HENRI TROYAT   Mer 22 Oct - 18:03

LES SAGAS DE TROYAT QUE J'AI DEVOREES :

TANT QUE LA TERRE DURERA


Armavir, dans la steppe caucasienne : Michel Danoff, douze ans, doit quitter sa ville natale ? son père l'envoie à Moscou. Un cousin d'Ekaterinodar, Volodia Bourine, l'accompagne. Autant Michel est grave et lent, autant Volodia est brillant et frivole. Une profonde amitié unit ces garçons si dissemblables. Les années passent. Michel ne rêve toujours que chevauchées et vie au grand air, l'autre songe uniquement aux conquêtes féminines. De retour à Ekaterinodar, Volodia va de succès en succès. Pourtant Tania Arapoff repoussera sa demande en mariage. Il réagit de telle sorte que Michel, ayant pris le parti de Tania, en vient à l'épouser. Volodia les suit à Armavir… Et, pendant ce temps, les frémissements avant-coureurs de la révolution se font déjà sentir dans cette Russie fastueuse et violente du début du siècle où nous entraîne Henri Troyat.
Quatre ans de mariage avec Michel Danoff quatre années monotones dans une sévère famille arménienne, ont comme endormi la gaieté de Tania Arapoff. Puis Michel décide de s'installer à Moscou - et l'ancienne Tania avide de distractions reparaît. Elle entraîne son mari dans le tourbillon de la vie mondaine moscovite. Volodia Bourine associé et cousin de Michel, ex-soupirant de Tania, les rejoint. il sera de toutes les fêtes. Les frères de Tania suivent des voies bien différentes. Tandis que Nicolas s'enfonce toujours plus avant dans un mouvement révolutionnaire, Akim devient officier. L'horizon politique s'assombrit. A Moscou, les riches s'amusent; chez les pauvres la révolte gronde. En Corée, les japonais débarquent des canons. C'est dans le grondement d'une bataille à l'issue incertaine que s'achève le second volet de cette fresque où se peint à grands traits la Russie de 1900 à 1905.
De jour en jour, la situation en Russie s'aggrave. L'armée a été battue par les japonais, des troubles ont éclaté dans les provinces baltes, en Pologne et à Moscou même. Beaucoup s'interrogent sur l'avenir du régime tsariste; certains travaillent à le renverser. Officier de carrière dévoué au tsar, Akim Arapoff est de ceux, nombreux encore,.pour qui émeutes et revers ne sont qu'un orage passager.Aussi aveugle que lui, mais par frivolité, sa soeur Tania mène à Moscou l'existence d'une jeune mondaine gâtée par un mari dévoué. Les frasques de Volodia Bourine, l'ami de la maison, voilà son unique souci. En serait-elle jalouse ? Elle se pose la question. Volodia est paré de toutes les séductions d'un don juan moscovite. La tentation est grande. Mais un caprice peut être gros de conséquences dans les heures décisives que vit la Russie à l'approche de 1914.
En novembre 1914, Volodia Bourine revient à Moscou, d'où il a fui trois mois plus tôt pour échapper à la vengeance de Michel Danoff, son ami d'enfance dont il avait trouvé amusant de séduire la femme, Tania. Le danger n'existe plus : Michel s'est engagé lors de la déclaration de guerre et se bat quelque part sur le front. Deux mauvaises surprises attendent Volodia - son compte en banque est à sec et Tania refuse de le revoir. Désemparé. il tombe sous la coupe du satanique Kisiakoff jusqu'à n'être plus qu'un jouet entre ses mains. Devenu borgne après un suicide manqué, il vit comme dans un cauchemar brumeux les années de tourmente qui préludent à l'abdication du tsar. Dans Le Sac et la Cendre (dont ce volume est la première partie), Henri Troyat poursuit à travers le destin de la famille Danoff la fresque de la Russie à l'aube de la révolution qu'il a entreprise dans Tant que la terre durera.
Après l'abdication du tsar, la situation s'aggrave partout en Russie, où l'anarchie s'instaure. La propagande bolchevique gagne du terrain. Kérensky, chef du gouvernement provisoire, n'élimine l'opposition du général Korniloff que pour se trouver face à Lénine : l'heure de la Révolution a sonné. Blancs et Rouges se battent dans l'air glacé d'octobre. A la tête de ses hussards d'Alexandra, Akim Arapoff, la rage au cœur, assiste à la débâcle des Blancs, tandis que son frère Nicolas périt broyé par le parti opposé qu'il a voulu servir. A Moscou, leur sœur Tania voit avec crainte commencer ces sanglants « temps nouveaux ». Fuir devient bientôt sa seule ressource. Son mari part le premier. A Tania échoue la lourde tâche de conduire ses enfants vers l'exil. C'est sur l'exode de la famille Danoff hors de sa patrie en feu que s'achève Le sac et la cendre, où Henri Troyat retrace magistralement les multiples tragédies de la révolution qui devait transformer la Russie.
Lieutenant-colonel dans le régiment des hussards d'Alexandra, Akim Arapoff est de ceux dont la fidélité au régime impérial reste entière malgré la révolution d'octobre, le meurtre du tsar et l'instauration du communisme. Interné en Turquie avec les débris de l'armée blanche, puis libéré après 1918, c'est en déshérité qu'il gagne Paris où se sont réfugiés Tania et Michel Danoff, sa sœur et son beau-frère. Le sort des Danoff ne tarde pas à devenir aussi précaire que le sien. De l'âpre lutte qu'ils engagent contre. la misère et les regrets, leurs fils se rendent à peine compte. Le cadet s'absorbe dans ses études; l’ainé Serge a vingt ans, l'âge des premières sottises : il sera une proie facile pour Kisiakoff, le mauvais ange des Danoff. Dans cette chronique d'années cruciales vécues par les émigrés russes, Henri Troyat continue la fresque passionnante de la Russie du XXe siècle qu'il a entrepris dans Tant que la terre durera et poursuivie dans Le sac et la cendre.
Fuir la tourmente révolutionnaire a été l'objectif des milliers de Russes blancs qui ont émigré en France à partir de 1917 Mais une fois trouvé le lieu d'asile, faut-il encore y subsister. De son argent placé à l'étranger, Michel Danoff n'obtient que des bribes vite englouties. Il se débat pour nourrir les siens en gardant au coeur, comme la plupart de ses compatriotes, l'espoir d'un prochain retour en Russie. Espérance qui se révèle de plus en plus chimérique et que ne partage aucun de ses fils. Serge ne pense qu'à satisfaire sa fringale de vie facile. Pour Boris, il existe une seule patrie : celle où il a grandi. Il veut faire sa vie en France. Déchirements, lutte aride, rêves évanouis, c'est le lot de Michel et de ses parents ou amis, ces Etrangers sur la terre acharnés vaillamment à survivre. Henri Troyat conclut au fil de ce volume leur destin contrasté qu'il a commencé à ,peindre dans Tant que la terre durera et Le sac et la cendre - ample triptyque sur la Russie de 1900 à 1940, qui est une réussite romanesque et historique incontestable.
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MessageSujet: Re: HENRI TROYAT   Mer 22 Oct - 19:18

Maria et Jérôme Aubernat seront-ils les seuls habitants de la Chapelle-au-Bois à ne pas monter pique-niquer au Veixou ? Sur ce plateau aride, l'architecte départemental a entrepris de dégager les vestiges d'un de ces temples gallo-romains dont la Corrèze recèle un certain nombre et Jérôme a donné l'autorisation de poursuivre les fouilles sur son terrain, sans avertir d'abord sa femme, d'où la fâcherie qui secoue la famille en ce dimanche de juillet 1912. Amélie, regarde ses parents se réconcilier avec une tolérance amusée. Elle a vu clair, depuis longtemps, dans le jeu tyrannique de sa mère à qui son père ne sait pas résister. Cet amour que le passage des ans laisse aussi vif n'éveille chez elle aucun rêve en dépit de ses dix-huit ans. Elle se fiance pour plaire aux siens et rompt aussitôt après la mort de sa mère afin de s'occuper de son père et de son frère Denis. Mais, si elle ne se veut d'avenir qu'entre la forge paternelle et l'épicerie qu'elle exploite toute seule, c'est qu'elle ne connaît pas Pierre Mazalaigue. Avec l'entrée d'Amélie dans le tourbillon de la vie des adultes, Henri Troyat commence l'histoire d'une de ces familles qui forment la substance même du pays. Une « famille moyenne », dont il évoque la destinée avec ce don pour peindre les êtres dans leur vérité qui a fait sa réputation.
Si l'on avait dit à Amélie, au temps où elle s'appelait encore Mlle Aubernat, qu'elle tiendrait bientôt un café rue de Montreuil, à Paris, elle aurait poussé les hauts cris, un café étant à ses yeux un lieu de perdition. Mais elle se marie avec Pierre Mazalaigue, quitte leur bourg natal de La Chapelle-au-Bois pour la capitale et, là, se laisse convaincre que le meilleur moyen de gagner leur pain est de devenir les patrons du Cycliste couronné. Puis la guerre éclate. Amélie se retrouve seule, en cette année 1915, pour diriger les destinées du Cycliste. Elle se met à l'ouvrage avec vaillance, et s'habitue, peu à peu, aux clients, même aux terribles « blanchecailles » du lavoir voisin. A vrai dire, elle ne vit plus que dans l'attente des nouvelles de son mari. Chaque réunion rend plus cruelle la séparation suivante, avivée par l'angoisse qui est le lot de « ceux de l'arrière ». C'est sur le retour de Pierre, grièvement blessé en 1916, que s'achève ce volume, le second de la série Les Semailles et les Moissons, où Henri Troyat peint avec un singulier bonheur l'existence quotidienne d'une famille modeste aux heures cruciales de la Grande Guerre.
Dans sa livrée champêtre, rousse ou grise tachetée de blanc, la grive ne paie pas de mine, mais elle surpasse beaucoup d'oiseaux mieux lotis sous le rapport du plumage quand elle se met à chanter. Si donc un jeu donne la grive comme totem à Elisabeth Mazalaigue, elle ne peut se plaindre d'être mal servie par le hasard - elle lui ressemble assez jusque dans sa tendance à se jeter sur les raisins de la vie et à s'en griser. Pour le moment, la plupart des grappes sont hors de sa portée et c'est dans son imagination qu'elle puise son ivresse : Élisabeth a dix ans et vit en marge du monde enchanté que représente à ses yeux le Cristal, ce café montmartrois qu'exploitent ses parents. Le contraste est grand avec la pension de Sainte-Colombe où elle sera envoyée par la suite pour rétablir sa santé compromise mais, là aussi, elle trouvera de quoi alimenter ses rêves de fillette précoce et sensible et continuer son apprentissage de l'existence. Au vrai, elle fait si peu de progrès en orthographe, qu'elle sera confiée finalement à son oncle et à sa tante, instituteurs à La jeyzelou. Dans ce roman qui fait suite à : Les Semailles et les Moissons et à Amélie, Henri Troyat mène de pair l'exploration de l'univers magique de l'enfance sur les pas d'Élisabeth et l'histoire d'une simple famille française - semblable à tant d'autres.
Elisabeth a dix-neuf ans, un visage de grâce impertinente, l'humeur libre et joyeuse. Ses parents, Pierre et Amélie, les amoureux des Semailles et les Moissons, ont vendu leur café du boulevard Rochechouart pour acheter un hôtel à Megève. Dans ce décor de vacances, c'est un va-et-vient de clients aux faces interchangeables. Ils témoignent à Elisabeth une admiration qui la flatte. Toutefois, si elle apprécie leurs compliments, elle refuse de se laisser entraîner dans une banale aventure saisonnière. Sûre d'être à l'abri des surprises sentimentales, elle n'en est que plus bouleversée, lorsque surgit l'inquiétante figure de Christian…
Paris, 1938. Elisabeth tient un petit magasin de disques, rue Marbeuf. Libre, solitaire, secrète, elle est décidée à défendre sa tranquil-lité coûte que coûte. Mais son caractère n'est-il pas un défi au destin ? Elle est entraînée dans d'orageuses aventures, auxquelles va bientôt se mêler le grondement de la guerre. A travers ces épreuves, Elisabeth s'efforce en vain de découvrir sa voie. C'est au moment où elle croit tout perdu qu'une rencontre décisive se produit, celle d'un homme qui lui rendra confiance en elle-même et en l'avenir.
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MessageSujet: Re: HENRI TROYAT   Mer 22 Oct - 19:48

LA LUMIERE DES JUSTES

Par une tiède matinée du mois de mars 1814, le jeune lieutenant russe Nicoas Ozareff pénètre dans Paris avec les troupes colonisées qui vont occuper la capitale. Il ne tarde pas à s'éprendre d'une jeune veuve, belle, secrète, volontaire et hautaine, Sophie de Champlitte. Tout, semble-t-il, devrait séparer l'officier dévoué au tsar Alexandre de la fière aristocrate française qui a subi l'empreinte de la Révolution au point de conspirer contre Louis XVIII. Le retour de Napoléon éloigne Nicolas avant qu'il ait pu obtenir le moindre mot d'espoir. Après Waterloo, il se retrouve soudain à Paris et court à la recherche de Sophie. Qu'est-elle devenue durant cette longue séparation ?
Dans ce deuxième volume - qui peut se lire comme un roman séparé-, la belle et ardente Sophie, jeune aristocrate française aux idées républicaines, est devenue la barynia, l'épouse du barine, du seigneur russe Nicolas Ozareff qu'elle a suivi dans son pays. Sa vie à Kachtanovka, immense domaine où les paysans serfs sont parqués dans de misérables villages, constitue pour Sophie une extraordinaire expérience. Indignée par l'injustice de certaines coutumes russes, elle n'hésite pas à affronter son beau-père, hallucinante figure de vieillard despotique mais qui finit par céder au charme de la jeune Parisienne au point de jalouser son propre fils. Dévouée à tous, Sophie apprend à lire au petit moujik Nikita, qui l'adore en secret. Mais est-elle assez attentive aux sentiments que Nicolas, désoeuvré, sent naître en lui pour la belle Daria Philippovna ?
A Saint-Pétersbourg, en décembre 1825, Nicolas Ozareff tente avec ses amis, groupe d'aristocrates et de militaires généreux, de renverser le régime aristocratique pour imposer une constitution libérale. Rassemblés sur la palce du Sénat, les "décembristes" sont décimés par les canons du futur tsar Nicolas Ier. Les survivants, jetés dans les cachots de la forteresse Saint-Pierre et Saint-Paul, seront pendus ou déportés en Sibérie. Comment Sophie, qui vient d'apprendre l'infidélité de son mari, réagira-t-elle à la nouvelle du danger qui le menace ?

A six mille verstes de Saint-Pétersbourg, dans un village de Sibérie, Nicolas Ozareff a rejoint les jeunes nobles libéraux condamnés comme lui pour le coup d'État manqué du 14 décembre 1825. Bientôt le village perdu voit débarquer les épouses de certains condamnés, femmes jeunes et belles, portant des noms prestigieux et tout enfiévrées par l'esprit de sacrifice. Parmi les plus acharnées à combattre la discipline pénitentiaire se trouve Sophie, la femme de Nicolas. Elle s'efforce de soulager la détresse de son mari mais le souvenir de Nikita, le jeune moujik qui lui vouait un amour si pur et si absolu, la trouble au point que le conflit finit par éclater entre les époux. Dès lors, les péripéties se succèdent, violentes, passionnées, et c'est le bagne tout entier qui participe au drame.
Déporté en Sibérie pour sa participation à la révolte de 1825, Nicolas Ozareff a trouvé la mort sur le lac Baïkal. Sa femme, Sophie, qui l'avait rejoint dans l'exil, s'est profondément attachée à ses compagnons d'infortune et surtout au Dr Wolff, noble figure de médecin qui a su éveiller son estime et peut-être sa tendresse. Soudain, elle apprend que le tsar l'autorise à regagner la Russie. Quitter celui avec lequel elle songeait à refaire sa vie la déchire, mais une faveur impériale ne se refuse pas. De durs combats attendent encore Sophie à Kachtanovka où son neveu, qu'elle avait laissé au berceau et qui a maintenant vingt-cinq ans, règne en despote sur ses serfs. Une lutte à mort s'engage entre eux. De Sibérie en Russie et de Russie en France, le lecteur suivra avec passion Sophie qui, au seuil de la vieillesse, retrouve les salons parisiens où la fête du Second Empire déroule alors ses fastes.
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MessageSujet: Re: HENRI TROYAT   Mer 22 Oct - 22:31

LES EYGLETIERE

Un appartement, vaste et cossu, en plein coeur de Paris : tentures de soie, meubles Louis XV, deux domestiques. Philippe Eygletière, avocat d'affaires, divorcé et remarié avec une femme ravissante, qui n'a que dix ans de plus que l'aîné de ses fils. Trois grands enfants qui font leurs études.
Leur tante Madeleine, antiquaire en Normandie, qui étouffe d'amour pour eux et accourt dès qu'ils l'appellent à l'aide.
Tout cela semble respectable, solide, rassurant.
Mais le regard du romancier perce les murs comme des parois de verre. Sous les apparences banales, il découvre les fissures d'un ordre social égoïste qui ne survit que par l'hypocrisie et le compromis, le drame des jeunes auquel répond le désarroi des aînés, la violence des passions qui feront voler en éclats les tabous de l morale bourgeoise.
Dans ce deuxième roman consacré aux Eygletière, on voit se déchaîner les égoïsmes, les appétits, les vices des membres de la famille, parents et enfants. Si Jean-Marc tente de mettre un terme à sa scandaleuse liaison avec Carole, sa trop jeune belle-mère, Françoise, en revanche, après un suicide raté, succombe à la passion physique que lui inspire Alexandre Koslov. Daniel, le clair et joyeux Daniel, renoncera à concilier ses études avec son désir de courir les routes et son amour naissant pour la petite Danielle Sauvelot. Quant à Philippe Eygletière, trop égoïste pour comprendre ses enfants, trop sûr de lui pour soupçonner sa femme, trop comblé par l'ordre établi pour s'apercevoir que celui-ci est en train de s'effondrer, il continue à se croire le chef d'une famille qui désormais lui échappe pour glisser vers le chaos.
Il n'a pas suffi que Jean-Marc rompe toute relation avec sa trop séduisante belle-mère pour que la paix revienne chez les Eygletière. Blessé par la trahison de son fils, Philippe Eygletière refuse de le revoir. Mieux encore, le voici prêt à toutes les bassesses pour reconquérir sa femme qui lui fait payer cher ses infidélités passées. Absorbé dans ce combat égoïste, il en oublie ses enfants. Peu lui importe que Daniel, marié et père de famille à 19 ans, vive aux crochets de ses beaux-parents; que sa fille Françoise s'enlise dans une situation absurde entre le cynique Alexandre Koslov et le rejeton de celui-ci, le charmant Nicolas; que Jean-Marc songe à se marier, par faiblesse, avec cette petite snob de Valérie. Les fatigues de l'âge mûr opposées au triomphal appétit des jeunes, l'obsession de la mort, l'agitation de la vie moderne, les sourds craquements d'une charpente sociale vieillie, pourrie, pleine de « malandres », tels sont les thèmes de ce roman amer et fort sur lequel s'achève le cycle des Eygletière.

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MessageSujet: Re: HENRI TROYAT   Mer 22 Oct - 22:53

LE MOSCOVITE



Moscou, 1812 : Napoléon est aux portes de la ville. Ses habitants, pris de panique, désertent dans la confusion la plus totale. Quand l'armée française
victorieuse pénètre dans la vieille cité des tsars, il ne reste plus que les domestiques et des bandes de maraudeurs affamés.
Armand, français d'origine, est demeuré au chevet de son père mourant, M. de Croué, royaliste farouche chassé de sa patrie par la Révolution. Elevé dans les traditions russes, le jeune homme attend dans angoisse arrivée de cet ennemi qui est de son sang et parle sa langue.
Dans la ville meurtrie où le gigantesque incendie n'a laissé que des ruines, Armand va découvrir, auprès d'une troupe de comédiens français, une nouvelle vie où la fantaisie se mêle à (horreur et la misère à l’amour…
L'armée napoléonienne a quitté Moscou détruit par l'incendie. C'est la terrible retraite de Russie. Des glorieux régiments français, il ne reste plus que des hommes affamés, aux uniformes en loques, qui se trament vers la Berezina.
Armand de Croué, jeune émigré français élevé dans une famille russe et qui a épousé la cause des occupants par amour pour la belle Pauline Filardy, prend peu à peu conscience de sa trahison envers la patrie où il a grandi. Malade à en mourir, abandonné de ses compagnons, il est miraculeusement ramené chez les Béreznikoff où l'attendent celles qui n'ont cessé de l'aimer, Nathalie Ivanovna et sa fille Catherine.
Mais la guerre a changé les hommes: aux tendres affections de la jeunesse succèdent les violences de l'amour, aux amitiés, les haines et les vengeances…
Après l'occupation napoléonienne, Moscou n'est plus pour Armand de Croué qu'une cité hostile qu'il faut fuir. Nathalie Ivanovna, sa maîtresse et protectrice,
décide de l'accompagner à Paris avec sa fille Catherine. Tous les bonheurs semblent attendre le jeune homme dans la capitale française où règne de nouveau la noblesse royaliste: à l'émotion de retrouver le sol de ses ancêtres s'ajoutent la joie de se découvrir des amis brillants dans la haute société et la vanité de redevenir un aristocrate riche et indépendant. Mais surtout, c'est là qu'il prend conscience de l'amour profond qui l'a toujours uni à celle qu'il a un moment dédaignée pour de trompeuses passions.
Bonheurs éphémères hélas! Le destin, et sa sinistre cohorte de mort et de guerre, se jouant des espérances de l'exilé rendu à sa terre natale, frappe u ne fois de plus…
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