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 ANGELIN PRELJOCAJ

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Bridget

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MessageSujet: ANGELIN PRELJOCAJ   Sam 18 Oct - 12:10



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Angelin Preljocaj
 














Angelin Preljocaj (Preljoçaj en albanais, qui se prononce « preliotchaï »), né en 1957 à Sucy-en-Brie en France, est un danseur et chorégraphe français de danse contemporaine.


Son travail chorégraphique est très imprégné dans son écriture de l'histoire des ballets classiques, mais est néanmoins résolument contemporain.




Il est considéré comme l'un des chorégraphes les plus importants de la danse actuelle.
Entré au répertoire du Ballet de l'Opéra national de Paris au début des années 1990, Angelin Preljocaj dirige depuis 1985 la compagnie Preljocaj, renommée par la suite Ballet Preljocaj, et qui est en résidence au Pavillon Noir d'Aix-en-Provence depuis 1996.



http://www.preljocaj.org/angelin.preljocaj-1-0-fr.html




Biographie


Angelin Preljocaj est issu d'une famille d'origine albanophone, qui habitait à Ivangrad en ex-Yougoslavie, aujourd'hui Berane au Monténégro réfugiée politique en France. Sa sœur est l'écrivain Catherine Preljocaj.



Né près de Paris, il fait tout d'abord des études de danse classique avant de s'orienter vers la danse contemporaine avec Karin Waehner à la Schola Cantorum.
Après une période d'étude auprès de Merce Cunningham à New York, il rejoint, en 1980, la compagnie Quentin Rouillier à Caen, puis le Centre chorégraphique national d'Angers dirigé alors par Viola Farber. En 1982 il est engagé comme danseur dans la compagnie de Dominique Bagouet à Montpellier.



Angelin Preljocaj fait ses débuts de chorégraphe en créant le duo Aventures coloniales avec Michel Kélémenis en 1984 au Festival Montpellier Danse.
À la fin de cette même année, Preljocaj crée seul Marché noir, récompensé au Concours de Bagnolet puis décide de fonder sa propre compagnie, en 1985, la Compagnie Preljocaj en résidence à Champigny-sur-Marne, devenue sous son impulsion le Centre chorégraphique national de Champigny-sur-Marne, puis du Val-de-Marne en 1989.



La danse de Preljocaj se caractérise alors par une forte base technique néo-classique et moderne, dans laquelle s'épanouit le langage contemporain singulier du chorégraphe.



La compagnie Preljocaj présente ses spectacles dans les plus hauts lieux de la danse en France :
- Liqueurs de chair, en 1988, devient sa première coproduction avec le Théâtre de la Ville à Paris ;
- Noces, d'après Stravinski (qui rentrera au répertoire), est présenté à la biennale de la danse du Val-de-Marne en 1989 et au Festival d'Avignon ;
- enfin Roméo et Juliette, sur la musique de Prokofiev et d'après les livres du dessinateur Enki Bilal, est créé pour le Ballet de l'Opéra de Lyon en 1990.







Le Pavillon Noir à Aix-en-Provence.


Quittant le Val-de-Marne, la compagnie Preljocaj prend ses nouveaux quartiers au Théatre national de la Danse et de l'Image de Châteauvallon.
En 1992, Angelin Preljocaj reçoit le Grand Prix National de la Danse du ministère de la culture.


La compagnie est invitée, en 1993, par l'Opéra Garnier, à revisiter Parade, Le Spectre de la rose et Noces, en hommage aux Ballets russes.
L'année suivante il crée Le Parc pour le Ballet de l'Opéra national de Paris, puis L'Anoure en 1995 sur un livret de Pascal Quignard, et L'Oiseau de feu, en 1996 pour le Ballet de Munich.



À cette période débute l'entrée de certaines chorégraphies de Preljocaj au répertoire du Ballet de l'Opéra national de Paris.
Cette année correspond également à la relocalisation de la compagnie à Aix-en-Provence où elle demeure depuis au sein du Pavillon noir.


La compagnie reçoit deux nouvelles récompenses majeures : un Bessie Award à New York en 1997 pour Annonciation, et une Victoire de la Musique pour Roméo et Juliette.
Le festival d'Avignon devient le lieu récurrent de création de plusieurs spectacles, dont Paysages après la bataille (1997) et Personne n'épouse les méduses (1999).



Angelin Preljocaj's rehearsal video from Caleb Custer on Vimeo.





Preljocaj développe alors une nouvelle approche, avec un intérêt pour l'image du corps des danseurs, notamment au travers des nouvelles technologies (images de synthèse, gestion informatique en temps réel).


Naîtront de ces expériences une série de chorégraphies majeures comme Portraits in Corpore (2000), MC/14-22 (Ceci est mon corps) (2000) et Helikopter (2001) sur une musique de Karlheinz Stockhausen.


En 2001, Angelin Preljocaj revient à plus de classicisme avec son Sacre du printemps sur la musique de Stravinski, sous la baguette de Daniel Barenboïm.

Une nouvelle chorégraphie de L'Annonciation destinée uniquement au support vidéo permettra à Preljocaj d'explorer le langage chorégraphique spécialement pour ce média en 2003.

En parallèle, il crée une pièce éthérée, presque psychédélique, qui rencontrera un très grand succès international : Near Life Experience, sur la musique du groupe de musique électronique français Air.







Prenant à nouveau son public à contre-pied, après le succès de Near Life Experience, la compagnie crée, en 2004, Empty Moves , qui est un retour aux sources du mouvement chorégraphique pur, presque austère, accompagné par une musique de John Cage, et surtout N, pièce sur les barbaries humaines, d'une dureté et d'une violence physique poussées, relativement éprouvante pour le spectateur.


La création des 4 saisons d'après Vivaldi, en collaboration avec le plasticien Fabrice Hyber en 2005, semble montrer une sérénité retrouvée.

En 2005, invité par Karlheinz Stockhausen dans son atelier de Cologne pour écouter Sonnatgs-Abschied, Preljocaj écrit le ballet Eldorado qui sera créé en 2007 juste avant la mort du compositeur allemand.
Eldorado également a fait l'objet d'un film réalisé par Olivier Assayas.







En 2008, il produit un nouveau ballet romantique avec Blanche Neige sur une musique de Gustav Mahler et des costumes de Jean-Paul Gaultier.



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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Sam 18 Oct - 12:17

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BLANCHE NEIGE 2008










Dernière création du Ballet Preljocaj, Blanche Neige est un grand ballet romantique et contemporain d’après la version des frères Grimm.


Angelin Preljocaj réunit pour ce projet les 26 danseurs de la compagnie sur les plus belles pages des symphonies de Gustav Mahler. Les costumes sont signés Jean Paul Gaultier, les décors Thierry Leproust.


J'avais très envie de raconter une histoire, d'ouvrir une parenthèse féerique et enchantée.
Pour ne pas tomber dans mes propres ornières sans doute. Et aussi parce que, comme tout le monde, j’adore les histoires. Je suis fidèle à la version des frères Grimm, à quelques variations personnelles près, fondées sur mon analyse des symboles du conte.

Bettelheim décrit Blanche Neige comme le lieu d’un œdipe inversé. La marâtre est sans doute le personnage central du conte. C'est elle aussi que j'interroge à travers sa volonté narcissique de ne pas renoncer à la séduction et à sa place de femme, quitte à sacrifier sa belle fille. L’intelligence des symboles appartient aux adultes autant qu'aux enfants, elle parle à tous et c’est pour cela que j'aime les contes.

Blanche Neige est un ballet narratif, avec une dramaturgie. Les lieux sont représentés par les décors de Thierry Leproust. Les 26 danseurs de la compagnie incarnent les personnages dans des costumes de Jean Paul Gaultier.

Angelin Preljocaj



La première a eu lieu le 25 septembre 2008 à la Biennale de la danse de Lyon
Pièce pour 26 danseurs

Chorégraphie  
Angelin Preljocaj

Musique
Gustav Mahler

Musique additionnelle
79 D

Costumes
Jean Paul Gaultier

Décors
Thierry Leproust

Lumières
Patrick Riou

Assistant, adjoint à la direction artistique
Youri Van den Bosch

Assistante répétitrice
Claudia De Smet

Choréologue
Dany Lévêque

Danseurs à la création

Isabelle Arnaud, Neal Beasley, Virginie Caussin, Gaëlle Chappaz, Hervé Chaussard, Damien Chevron, Baptiste Coissieu, Craig Dawson, Davide Di Pretoro, Sergio Diaz, Sébastien Durand, Caroline Finn, Céline Galli, Alexandre Galopin, Yan Giraldou, Natacha Grimaud, Emma Gustafsson, Ayo Jackson, Jean-Charles Jousni, Emilie Lalande, Céline Marié, Lorena O’Neill, Bruno Péré, Zaratiana Randrianantenaina, Nagisa Shirai, Julien Thibault


Réalisation décors
Atelier Atento

Réalisation costumes
Les Ateliers du Costume

Durée
1h50

Remerciement
Jean Paul Gaultier


Spectacle créé en résidence au
Grand Théatre de Provence (Aix-en-Provence)

Coproduction : Biennale de la danse de Lyon / Conseil Général du Rhône, Théâtre National de Chaillot, Grand Théâtre de Provence, Staatsballet Berlin (Allemagne)
 




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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Sam 18 Oct - 15:05




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Télérama / Tchat avec Angelin Preljocaj






Angelin Preljocaj :Bonjour à tous ! C'est la première fois que je fais un tchat sur Internet, c'est une formule qui me paraît à la fois impressionnante et intéressante.


Télérama.fr : Angelin, pourquoi s'intéresser aujourd'hui à Blanche-Neige et construire un ballet autour de cette histoire-là ?

Angelin Preljocaj : Personnellement, après trois années où j'ai travaillé dans le champ de l'abstraction, où je peux dire que j'ai fait une sorte de recherche fondamentale en danse dans certaines pièces comme Empty Moves, ou bien Eldorado sur la musique de Stockhausen, je me suis posé la question de savoir tout à coup si toutes ces choses que j'avais mises en chantier dans ces projets pouvaient servir à un moment dans le champ de la narration.

Ainsi donc, je me suis attelé à la recherche d'un sujet à narrer littéralement, et je me suis dit qu'un conte de fées pouvait être une bonne entrée, compte tenu du désenchantement du monde actuel. Après, la question, c'était : quel conte ? J'ai fait un peu le tour des contes de Grimm, Andersen, et celui dont j'ai trouvé qu'il relevait le plus de l'improbable et du funambulisme, le plus casse-gueule, semblait bien être Blanche-Neige, qui, chaque fois que je le mentionnais, provoquait un éclat de rire. Ou une moue dubitative.


deb_1 : Pourquoi Blanche-Neige et pas Cendrillon ?

Angelin Preljocaj : Parce que je voulais essayer d’inventer quelque chose de nouveau, plutôt que de faire une relecture de ballets existants, tels que Cendrillon, par exemple, chose à laquelle je m'étais déjà attelé dans le passé, avec Roméo et Juliette par exemple.


laura : Bonjour Angelin, Je voulais tout d'abord vous remercier de m'avoir littéralement transportée hier soir lors de la représentation de Blanche-Neige. Emue aux larmes, j'ai été – encore une fois – extrêmement touchée et émerveillée par votre travail. Ma question : le thème de la maternité semble revenir régulièrement dans votre travail et ce avec une sensibilité et une force étonnantes (dans Médée, l'amour d'une mère pour ses enfants, le rapport entre la mère et la femme ; dans Annonciation, les sentiments mêlés, ambigus que peut ressentir une femme sur le point de devenir mère ; et dans Blanche-Neige encore, la première scène, d'une violence incroyable et la scène où la mère de Blanche-Neige vient « chercher » sa fille morte, dans un envol d'une beauté incroyable). Comment ce thème résonne-t-il chez vous ? Vous semblez toucher aux sentiments si intimes, si forts et si complexes de la maternité et les comprendre avec beaucoup de sensibilité.




Angelin Preljocaj : En tout cas, la maternité est quelque chose qui parle du corps en métamorphose. C'est un corps qui est porteur d'un être qui va naître et je trouve qu'évacuer cette question du champ chorégraphique serait vraiment dommage.


C'est la première chose qui m'est venue à l'esprit quand j'ai commencé à travailler sur L'Annonciation. En l'occurrence, pourquoi ce sujet n'a jamais été traité par des chorégraphes, alors même que le corps dans tous ses états devrait être le sujet premier de la danse ?

L'autre question qui m'est venue à l'esprit, c'est : étant un homme, n'y aurait-il pas là une frustration de la maternité, qui est peut-être encore plus brûlante chez un artiste quand on entend ceux-ci parler de leurs créations en reprenant des termes propres à la maternité : gestation d'un projet, accouchement, baby-blues, une sorte de vacuité qui suit l'accouchement.

A un moment, dans le spectacle, la mère de Blanche-Neige vient la chercher, la croyant, comme tout le monde, morte. Elle vient l'emmener au royaume des morts, et parfois certains spectateurs croient que c'est la mort elle-même qui vient chercher Blanche-Neige. Alors que c'est sa mère. Donc l'identification entre la mort, la mère, cette espèce de contresens, la mère qui donne la naissance et qui revient la chercher au moment de la mort, comme pour boucler un cycle, est une idée qui me paraissait intéressante dans la dramaturgie du ballet, d'autant qu'elle pouvait, en la laissant sur place et en repartant seule, montrer qu'elle ne l'avait que l'apparence de la mort.



Monsieur Michel : J'ai assisté hier soir au ballet de M. Preljocaj. Je m'attendais à une longue suite de tableaux sans intérêt, presque style Disney, et j'ai été conquis. Superbe !
Question : avec votre succès, le fait de vous lancer dans le ballet narratif, ne craignez-vous pas de sombrer dans un mélange redoutable : grand spectacle/ mode/ parisianisme bobo ? Rassurez nous, merci !


Angelin Preljocaj : C'est vraiment une question qui me réveille chaque matin. Mais, en même temps, je crois que c'est mon mode de fonctionnement que d'alterner sans arrêt les champs d'exploration. Je n'ai qu'une hâte, celle de retourner à mon « laboratoire » pour pouvoir continuer à exhumer de nouveaux concepts de mouvements, de formes du corps et aiguiser mon écriture.


Autre chose : la narration pose des questions chorégraphiques tout à fait particulières, quand on décide d'exprimer une dramaturgie uniquement à travers les corps, le mouvement, l'énergie et l'espace.


tom : Pourquoi, selon vous, aucun chorégraphe ne s'est attaqué à Blanche-Neige ? c'est pourtant l'un des contes les plus connus... Cendrillon, Le Lac des cygnes, les mayas... Mais aucun nain dans les grands ballets classiques !


Angelin Preljocaj : Pour ce qui est de Blanche-Neige, Serge Lifar a fait une tentative en 1951, je ne l'ai appris que très récemment. Et peut-être la question des nains était-elle un vrai problème pour certains. Quant à moi, en relisant La Psychanalyse des contes de fées, de Bruno Bettelheim, j'ai bien compris, à travers ses explications, que les nains n'étaient qu'un symbole. Un symbole de chasteté. En effet, selon Bettelheim, à l'époque des frères Grimm, les nains n'avaient, dans l'inconscient collectif, pas de sexualité. Ce qui garantissait une relation très chaste avec Blanche-Neige. En effet, les risques d'une tourmente avec sept gaillards dans la forêt et une magnifique jeune fille auraient été préjudiciables pour la suite du conte...


ricardo 73 : Bonjour, j'aimerais savoir comment s'est passé le travail sur les costumes avec Jean-Paul Gaultier. Comment avez-vous travaillé ? Combien de temps, de personnes, quel budget ? Merci !


Angelin Preljocaj : Déjà, concernant le travail, j'ai contacté Jean-Paul Gaultier très rapidement, parce qu'il me paraissait le couturier le plus évident sur ce projet, compte tenu du regard émerveillé qu'il semble porter sur les choses en général.

Son côté petit prince de la couture m'a toujours attendri et touché, et je voyais même lors de son dernier défilé que ses grandes robes à écailles de poisson qu'il présentait sur le thème de La Petite Sirène rejoignaient mes préoccupations sur Blanche-Neige.


Ensuite, je l'ai invité à une séance de travail chez Thierry Leproust, qui est le décorateur du spectacle, pendant laquelle je lui ai expliqué ma vision de Blanche-Neige tout en regardant les maquettes du décor.


Je lui ai littéralement raconté l'histoire, c'était comme un petit Guignol. Après trois semaines, Jean-Paul est revenu avec une série de 120 dessins où tout était déjà là : costumes, personnages.
A partir de là, on a pu discuter, affiner certains caractères des rôles principaux pour arriver à une version finale dans les semaines qui ont suivi. Puis les premiers essayages sont arrivés, et j'ai l'impression que c'est là que tout a commencé pour Jean-Paul.




Etrangement, ce que je croyais être le point final n'était que le début pour lui. Là, j'ai vu qu'il travaillait un peu comme moi : il avait besoin de travailler d'abord une matière, même très brute, pour pouvoir ciseler ensuite sur chaque danseur et chaque personnage le costume final, qui pouvait littéralement changer du tout au tout entre le croquis et la version qu'on a sur scène.

Avant toute chose, je voudrais le remercier à nouveau ici : Jean-Paul, quand on lui a demandé sa note d'honoraires, nous a dit : vous rigolez, c'est pour moi un plaisir, je le fais parce que j'ai vraiment envie de travailler sur ce projet, et c'est gratuit ! La fabrication des costumes a eu un coût, évidemment. Compte-tenu du nombre de costumes, c'était plus cher qu’Empty Moves, qui ne compte que quatre danseurs en t-shirt et petit short !




Anne : Bonjour Monsieur Preljocaj, j'aimerais savoir dans quelle mesure travailler avec le ballet de l'Opéra de Paris a fait évoluer votre travail. Votre relation aux danseurs en a-t-elle été modifiée ?


Angelin Preljocaj : Travailler avec le ballet de l'Opéra de Paris a vraiment été pour moi une belle aventure, qui continue d'ailleurs.

Je crois que chaque fois qu'on travaille avec des gens nouveaux, une nouvelle troupe, on est amené à reconsidérer à la fois ses modes de fonctionnement et son rapport à la danse.

Je dirais qu'il y a autant de différences entre deux compagnies de ballet classique qu'il peut y en avoir entre deux compagnies de danse contemporaine.

Les historiques du ballet de l'Opéra de Paris et celui du New York City Ballet sont si différents que leur « culture physique » induit un mode de travail différent. En effet, en ce qui me concerne, ce que j'aime c'est « faire avec ce que j'ai en main ».

Prendre en compte l'histoire des gens, et faire quelque chose qui leur va. Par ailleurs, pour moi la première grande compagnie de danse contemporaine, ce sont les Ballets russes. J'ai pu remarquer très vite que leur mode de fonctionnement ressemble énormément à ce qu'on fait aujourd'hui.


Diaghilev allait chercher un inconnu qui s'appelle Igor Stravinsky, à qui il commandait une œuvre, auquel il associait un drôle de type qu'il avait croisé à Paris, qui peignait et qui s'appelait Pablo Picasso. Le fait d'associer ces avant-gardes dans la production chorégraphique n'est pas si éloigné de nos propres « méthodes »
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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Sam 18 Oct - 15:05




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franck : Pourquoi les danseurs sont ils si jeunes ? Je me souviens de vos premières créations avec une équipe d'interprètes plus solides et matures. Je perds la poésie maintenant.




Angelin Preljocaj : Parce que je crois que mon vocabulaire a évolué. Je dois dire que je suis parti d'un minimalisme très années 1980, qui s'est déployé dans l'espace, et c'est vrai que la virtuosité m'a intéressé de plus en plus au fil de ma recherche.

Il est étonnant de voir qu'en regard de l'évolution des connaissances diététiques, physiologiques et anatomiques, le sport, par exemple, a énormément évolué. Si on regarde aujourd'hui les performances de Nadia Comaneci, par exemple, quand elle a gagné les JO à son époque, on voit bien qu'aujourd'hui elle ne serait même pas sélectionnée aux éliminatoires. Alors même que sa performance avait époustouflé tout le monde à l'époque.


La danse en est au début de son histoire. On était dans une espèce d'académisme pendant des années. Au moment où la danse contemporaine tout à coup ouvre de nouveaux champs de recherche, je trouve dommage de ne pas chercher les limites des corps, de la performance des corps.




baladïne compositeur : Est-il vrai que vous avez, pendant des années, utilisé des œuvres musicales pour vos spectacles sans vous préoccuper des droits Sacem ?
J'ai travaillé pour des chorégraphes et j'ai remarqué qu'il y avait au mieux une ignorance et au pire un total mépris pour le travail des compositeurs et, souvent, un manque effrayant de culture musicale et de connaissance de la création musicale.
Il faudrait que des chorégraphes comme vous donnent des signes forts et soient exemplaires à ce sujet ! Bravo et merci.




Angelin Preljocaj : Concernant la question que vous posez, il ne s'agit pas des droits de la Sacem, qui sont les droits des auteurs, il s'agit d'une affaire qui nous a opposés à la Spedidam, qui est une société de collecte des droits des interprètes sur les enregistrements du phonogramme.

Ce problème touche encore l'ensemble des professions du spectacle vivant. Les taux imposés par cette société, s'ils étaient appliqués, mettraient en péril l'ensemble des entreprises de spectacle vivant françaises.

C'est pourquoi il y a une sorte de résistance de la part de la profession à entériner les tarifs de cette société, qui sont exorbitants et qui vont parfois bien au-delà de 12 % des recettes des salles de spectacle, alors que les droits d’auteur, par exemple, n'excèdent jamais 4 %.


Tout ce que nous attendons, et pas seulement moi, c'est que cette société tienne compte de l'écologie du spectacle vivant et qu'elle applique des tarifs viables pour la survie de ces entreprises culturelles.





Louise : Bonjour, les éditions Naïve ont sorti un beau livre qui vous a été consacré, est-ce un projet qui vous a tenu à cœur ? Nous y découvrons également les heures que vous parvenez à consacrer à la peinture. Que vous apporte-t-elle en plus de la danse ?


Angelin Preljocaj : Oui, le livre de Françoise Cruz est un projet qui m'a tenu à cœur, que j'ai suivi d'assez près tout en lui laissant toute liberté de manœuvre pour élaborer le projet.

La peinture est quelque chose qui me hante depuis quelques années, qui est une sorte de contrepoint du travail que je fais dans la danse. Je remarque par ailleurs que ce que je peins, ce sont des corps, des visages.

La solitude qu'implique la peinture est aussi une méditation qui me nourrit avant de retourner vers l'interactivité qu'induit immanquablement la collaboration avec des danseurs et le travail avec une compagnie.





cl.c : Pensez-vous être le plus « qualifié » pour diriger le Centre chorégraphique national d'Aix-en-Provence ?




Angelin Preljocaj : Je crois qu'il ne s'agit pas d'une qualification, je crois qu'il s'agit d'un projet qui me tient à cœur depuis 28 ans : donner à la danse contemporaine un lieu qui soit à la fois un lieu de répétitions, un lieu de réflexion, un lieu de partage et aussi une salle de spectacle.


Et c'est un projet que j'ai mené avec mon équipe, qui a mis, depuis mon arrivée à Aix, plus de dix ans à voir le jour. Ce bâtiment est sorti de terre, il existe, il a la radicale élégance que lui a donnée l'architecte Rudi Ricciotti, et il a l'avantage que, quand je le quitterai, il restera là comme un pavillon noir derrière lequel pourront encore se rassembler d'autres danseurs et chorégraphes.




La Roumzaille : Bonjour Angelin, Le Pavillon Noir est à l'image de votre ballet et de vos créations. Mais personne n'est éternel. Qu'en sera-t-il de l'après Preljocaj au Pavillon Noir ? Merci.


Angelin Preljocaj : Vous voulez que je parte, c'est ça ?


La Roumzaille : Je me rappelle avoir lu que refaire un solo pour vous vous démangeait. Qu'en est-il de ce projet ?


Angelin Preljocaj : Ça me démange toujours, mais j'en reste pour l'instant au grattage.



Utilisateur6 : Quels sont les autres chorégraphes contemporains dont le travail vous touche ?


Angelin Preljocaj : Maguy Marin, Jérôme Bel, l'autre Jerome, Robbins, Merce Cunningham et bien d'autres.





festi : Bonjour monsieur Preljocaj. Tout d’abord, un grand merci pour votre travail, qui m'a fait découvrir et aimer profondément la danse contemporaine.
Pensez-vous que vos travaux de recherche en danse puissent un jour sortir d'une salle de spectacle et prendre corps sur un petit écran, dans la rue, dans notre quotidien, dans quelque chose qui ne soit plus de la danse ?
Serons-nous un jour pleinement des hommes en mouvement ?


Angelin Preljocaj : Cette question pourrait être une réponse. En tout cas pourrait être une sorte de projet à réaliser.


Angelin Preljocaj : Merci à tous.




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Nine
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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Ven 2 Jan - 13:35

Angelin Preljocaj,
l'artificier des corps
Marion Thébaud

Invité et célébré dans le monde entier, il s'installe avec sa troupe au Théâtre de la Ville qui présente sa nouvelle production, «Eldorado», sur une musique de Stockhausen.

Il est l'un des grands chorégraphes de sa génération. Angelin Preljocaj, né en France de parents albanais, a construit une œuvre saluée par la critique, aimée du public. Il se produit deux semaines au Théâtre de la Ville avec son nouveau spectacle, Eldorado , créé au Festival de Montpellier en 2007. Quand on sait que cette salle à une capacité de près de 1 000 places, on mesure l'engouement. Elles ne sont pas nombreuses les troupes qui peuvent s'afficher sur deux semaines dans une telle salle. Eldorado, conçu sur une composition de Stockhausen, est précédé par deux duos, Annonciation et Centaures. Trois œuvres résolument abstraites, qui glorifient le corps. Eldorado est né de la fascination de Preljocaj pour une composition de Stockhausen, Sonntags Abschied. «J'ai été transpercé par cette musique cosmique comme par des chants qui viennent des étoiles, et je me suis mis au travail.»



Les distorsions du thorax


Le ballet s'interroge sur la quête du corps parfait, « mystique » pour Preljocaj. Le chorégraphe a réuni douze danseurs vêtus d'un maillot chair ajusté comme une seconde peau, brodé de fleurs blanches. Qu'ils soient réunis en duos, en trios ou en ensembles, ils épousent tous les rythmes, les ondulations musicales d'une œuvre complexe. « J'essaie, reprend Preljocaj, de traduire la façon dont les sons peuvent affecter les corps, comme s'ils étaient injectés dans ces mêmes corps. » On assiste ainsi à des phrases aux variations infinies, faites d'inclinations du cou, de distorsions du thorax, de duos à la recherche d'équilibres précaires, de portés impressionnants où le passé de judoka de Preljocaj se devine : « Je tente de donner de l'esprit au corps », dit-il.

Preljocaj a fait ses classes dans un conservatoire de quartier en région parisienne, apprenant les rudiments de la danse classique avant de découvrir la danse contemporaine avec Karin Waehner à la Schola Cantorum. « C'est elle qui m'a fait prendre conscience qu'on pouvait inventer des formes nouvelles. Entre l'idée d'une chose et la chose, il y a un pas à franchir. Elle m'a conduit à le faire. » Fort de cette révélation, il peaufine son apprentissage auprès de Merce Cunningham. « J'ai découvert New York à la fin des années 1970. C'était une sorte d'apocalypse joyeuse. L'énergie de la ville m'a ouvert l'esprit tout autant que Cunningham m'a ouvert le corps. »

Toujours cette double présence de l'esprit et du corps. Mais Preljocaj se défend d'intellectualiser: «Je suis un instinctif. L'émotion doit venir de la forme. Un mouvement n'est pas plus beau qu'un autre, c'est son articulation dans un ensemble, sa résonance par rapport à un autre qui crée l'intérêt. Prenez une note de musique, un fa dièse n'est pas plus beau qu'un mi bémol, c'est la vibration entre deux notes qui provoquent un impact ou non. Les choses existent par rapport aux autres. » C'est ainsi qu'il donne au public une place de choix. « Il sert de révélateur. En photographie, par exemple, un cliché pris n'existe qu'une fois passé dans le bain du révélateur, puis du fixateur. En danse, c'est la même chose. »



«J'aime alterner les styles»


Chorégraphe installé à Aix-en-Provence depuis 1996, il ne cesse de sillonner le monde, invité à créer pour les plus grandes troupes, comme celle du New York City Ballet ou de l'Opéra de Paris. Le Parc, commande de 1994, sera repris la saison prochaine, à Garnier. Puis, Preljocaj répondra à une nouvelle invitation de l'Opéra de Paris. Mais avant de s'y atteler, il créera fin septembre, à la Biennale de Lyon, Blanche-Neige, avant de reprendre l'œuvre au Théâtre de Chaillot, à Paris

« J'aime bien alterner les styles. Après avoir signé avec Eldorado une pièce abstraite, j'avais envie de revisiter le conte de fées, genre qui a inspiré les grands classiques du XIXe siècle. » Il a choisi une musique de Mahler pour mettre sur pied cette « tragédie féerique ». Un ballet qu'on attend avec impatience, car on sait que Preljocaj, en s'appropriant la fable, réinvente un monde. C'était le cas de son Roméo et Juliette. « Régler un ballet sur la musique de Mahler demande beaucoup de doigté. C'est une musique à manipuler avec précaution. C'est de la nitroglycérine. »


http://www.lefigaro.fr/culture/2008/02/23/03004-20080223ARTFIG00672-angelin-preljocaj-l-artificier-des-corps.php



Etoile
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liliane
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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Ven 6 Mar - 17:25

Angelin Preljocaj,
le mystique des corps
Ariane Bavelier
06/03/2009 | Mise à jour : 09:50

Le chorégraphe profite de la sixième reprise du «Parc» à l'Opéra de Paris pour prendre la classe avec les danseurs. Et fourbir des projets : avec le Bolchoï, l'Opéra et en solo.




Angelin Preljocaj a ses obsessions, ses fantômes, ses attentes. Sa ligne de conduite aussi, qui lui intime de chercher toujours sans mettre deux fois ses pas dans la même empreinte. S'il fallait dessiner sa carrière, on représenterait des boucles qui toujours tracent le même parcours : passage de l'abstraction au narratif, lignes d'abîmes, quête de l'homme, «trait d'union entre ciel et terre», dit-il. Cette intégrité est le seul sacrifice qu'il concède à la beauté. Son monde est âpre, entier, brutalement honnête, sa danse taillée à la serpe, ancrée dans les muscles et la terre et reflétant dans sa part d'ombre, des vertiges de l'au-delà. On reçoit ses chorégraphies comme des coups de poing.

Le succès pourrait engendrer la facilité, il s'en méfie. Compte- t-il Le Parc créé il y a quinze ans et considéré comme un de ses meilleurs ballets ? «Je le juge surtout comme une pièce sur mesure pour l'Opéra. Avant de la créer, je me suis longtemps imprégné de cette compagnie fondée par Louis XIV et capable de danser aussi bien Le Lac des cygnes que Forsythe. L'argument, inspiré par La Princesse de Clèves, me semblait se relier à son histoire. En refusant l'amour, la princesse aiguise la passion et va à contre-courant. L'air de rien, elle est, comme le Ballet, d'une modernité incroyable», dit-il.

La saison prochaine, leSiddharta, qu'il créera pour l'Opéra, le ramène vers une autre question déjà abordée dans Annonciation et MC 14-22, programmé fin avril au Palais Garnier : «Comment donner une substance spirituelle au corps ? Cette quête qui traverse toutes les religions et fonde leurs rituels est aussi la mienne.»

Dix ans d'absence
Quelle leçon tire-t-il du succès de Blanche Neige qui va tourner deux ans et demi avec escale sur le bassin de Neptune, à Versailles, cet été, et reprise à Chaillot l'an prochain ? «J'ai mis au service de la narration toutes les leçons expérimentées dans mes ballets abstraits sur l'espace, l'équilibre, l'énergie, le poids, la forme. Je ne voudrais surtout pas qu'on me catalogue comme le contemporain qui fait les contes de fées !»

Blanche Neige le prive de sa compagnie ? Il en profite pour revenir danser sur scène, après dix ans d'absence, avec un solo qu'il créera au festival Montpellier Danse. Il y dira Le Funambule de Jean Genêt qu'il dansera également, croisant deux écritures, littéraire et chorégraphique : «Au moment de ma formation à la Schola Cantorum auprès de Karin Waehner, élève de l'expressionniste Mary Wigman, juste avant que je parte à New York travailler la post modern'dance chez Cunningham, ce texte a été pour moi ce que sont les Lettres à un jeune poète pour un apprenti écrivain. Je viens de retomber dedans.»

La dernière boucle de son parcours l'emmène aujourd'hui plus loin encore. Fin 2010, il créera une pièce moitié pour ses danseurs, moitié pour ceux du Bolchoï de Moscou. «Une pièce sur l'Apocalypse avec une création musicale du DJ Laurent Garnier. Sa musique est capable de rendre fou un millier de personnes . Les Russes sont dans l'urgence et affamés de création. J'espère que leur sentiment de l'Apocalypse contaminera mes danseurs», dit-il. Tous travailleront ensemble deux mois à Aix, deux mois à Moscou. L'Apocalypse hante la religion orthodoxe et l'histoire récente de la Russie, au moment du stalinisme puis de l'effondrement de l'URSS.

Elle travaille aussi Preljocaj, aujourd'hui âgé de 52 ans, qui effectuera avec cette création, un retour dans les profondeurs de lui-même. Sa mère était enceinte de lui en 1956 lorsque avec son époux, elle a quitté l'Albanie à pied pour fuir le régime d'Enver Hodja. Il confie parfois que c'est alors, dans cette marche vers la liberté, quelques mois avant sa naissance, que la danse a germé en lui.

Palais Garnier, «Le Parc», du 6 au 19 mars, Mc 14-22 du 29 avril au 17 mai. Loc. : 0892 89 90 90.
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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Dim 29 Mar - 23:24

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BLANCHE NEIGE

Ballet Preljocav

Du mardi 30 juin au mercredi 1 juillet 2009 :
- Le mardi et le mercredi de 21:00 à 22:00
Versailles Bassin de Neptune










A la recherche du merveilleux.




Créateur infatigable d’une danse fluide et très écrite, née de la virtuosité, Angelin Preljocaj a réuni les vingt-six danseurs de sa compagnie pour créer un grand ballet romantique contemporain.

Avec Blanche Neige, Angelin Preljocaj invite à la rêverie avec les plus belles pages des symphonies de Gustav Mahler, comme il a déjà construit Le Parc sur la musique de Mozart, pour le Ballet de l’Opéra de Paris.



Glissant la danse dans un univers scénographique baroque et merveilleux et les corps dans les costumes créés par le couturier Jean-Paul Gaultier, Angelin Preljocaj ose se confronter à la narration pour mieux réveiller la figure de Blanche Neige, l’incarnation de nombreux fantasmes.



Cette relecture incisive repose les questions d’écriture et d’espace pour offrir une nouvelle liberté polyphonique et une nouvelle pureté du mouvement.
Un sens de la féerie et un langage contemporain pour vous conter une histoire intemporelle.



Preljocaj

Spectacles dans le Parc du Château de Versailles
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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Dim 24 Mai - 13:30

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Angelin Preljocaj

Ballet Preljocaj  Un funambule



MARDI 23 JUIN 2009 À 22H - OPÉRA COMÉDIE


D’Angelin Preljocaj, on connaît les créations plutôt spectaculaires, les chorégraphies écrites pour de nombreux danseurs comme le suppose une compagnie nommée “Ballet Preljocaj”.

Voir le chorégraphe danser en solo une de ses compositions – ce qu’il n’a jusqu’à présent, jamais fait – plus encore qu’un événement est un moment rare, une prise de risque, “comme s’avancer nu sur un champ de bataille” avoue-t-il, “comme se tenir sur un fil”…








À l’image de ce funambule de Jean Genet, texte et prétexte de ce solo, un chant d’amour bouleversant écrit pour son amant funambule, Abdallah. “Quand j’étudiais la danse à la Schola Cantorum avec Karine Waehner, raconte Angelin, je le lisais beaucoup, chaque matin, comme une remise en selle.


Il est pour moi l’équivalent des Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke.
Je l’ai relu comme on retrouve un frère. Il parle tellement de l’engagement artistique, avec une syntaxe ciselée comme un diamant noir qui articule une pensée sur la mort, l’effacement, la mise en danger personnelle, physique, totale, qu’il est pour moi l’un des écrits les plus justes sur la danse.










Ce mot revient toujours dans Le funambule, mais de façon décalée, comme métaphore pour parler d’autre chose.
Et finalement, il se retourne comme un gant : ce texte prend une fulgurance étonnante quand on l’applique vraiment à la danse.”



Se confronter directement à l’écrit comme point de départ du matériau chorégraphique est une nouvelle aventure pour Angelin Preljocaj, plus habitué à sculpter directement le mouvement sur le corps de ses danseurs.
Là, il s’agit “de prendre le texte à bras le corps et incarner les mots.


En ce sens, il y a une similitude avec l’acte concret du solo : si l’on fait un faux pas, on tombe ! ” affirme le chorégraphe, qui ajoute : “J’ai 52 ans, voilà longtemps que je ne me suis pas exposé sur un plateau, à chaque pièce, ça me démange.

L’idée de retrouver la scène me procure une sorte de picotement au coeur et au ventre, c’est un plaisir inouï… même et surtout si je dois m’avancer seul dans le vide.” ai


Chorégraphie et interprétation : Angelin Preljocaj
Texte : Jean Genet, Le funambule (Poésie Gallimard NRF)
PRODUCTION : BALLET PRELJOCAJ



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COPRODUCTION : FESTIVAL MONTPELLIER DANSE 2009, THÉÂTRE DE LA VILLE (PARIS)

http://www.montpellierdanse.com/pages/?cat=0014&idl=21&idsref=395



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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Ven 4 Sep - 0:49

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Théâtre des Abbesses

du 03 au 15 septembre 2009

Ballet Preljocaj  Compagnie



Le Funambule
Danse - Texte


Prendre le texte à bras le corps et incarner les mots.





Angelin Preljocaj, la cinquantaine assumée, a senti le besoin de retrouver «la piste éblouissante».
Ainsi la décrit Jean Genet dans Le Funambule. Un solo, pour lui, par lui donc mais pas seul.

En effet, sur ce fil tendu, c’est avec les mots de Genet que le chorégraphe redevenu danseur entend flirter.

Angelin Preljocaj se souvient que plus jeune avant les cours de Karine Waehner à la Schola Cantorum, il parcourait ces pages, chant passionné du poète à son amant funambule. Déjà il y trouvait une matière incroyablement chorégraphique.

Puis le temps a passé, Angelin s’absorbant dans une oeuvre dense, l’une des plus riches de la création française. Aujourd’hui l’homme du Ballet Preljocaj retrouve ces phrases comme taillées dans la plus précieuse des matières, l’amour.
Sur scène, Angelin Preljocaj sera au plus près du texte qu’il incarnera corps et âme. Il le dira et le dansera, funambule à son tour. «Mais l’Ange se fait annoncer, sois seul pour le recevoir», écrivait Jean Genet. De l’ange à Angelin, il n’y a qu’un pas désormais franchi.





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Philippe Noisette
http://www.theatredelaville-paris.com/spectacle-le-funambule-130





L’ « intranquillité » féconde d’Angelin Preljocaj


Depuis 25 ans, le chorégraphe français accumule les succès et remplit les salles. Pour la première fois, il se lance seul en scène, à partir du jeudi 3 septembre, pour dire et incarner

LE FUNAMBULE de Jean Genet par Angelin Preljocaj
Théâtre des Abbesses, à Paris

«Que ta solitude, paradoxalement, soit en pleine lumière, et l’obscurité composée de milliers d’yeux qui te jugent (…), tu danseras sur et dans une solitude désertique… » Dans un troublant effet de miroir, l’homme qui prononce ces mots sur scène est seul et il danse, si menu, presque vulnérable vu de la salle.

Cet homme, c’est Angelin Preljocaj : le chorégraphe de tous les succès, auteur de plus de 40 pièces, réclamé par les plus importantes compagnies au monde et applaudi comme peu de ses confrères par le grand public.

Le 22 juin, lors de la première du Funambule au festival Montpellier Danse, il a remis tout cela en jeu. Déterminé à multiplier les mises en danger, il remonte sur scène pour la première fois depuis quinze ans, il danse et dit Le Funambule, écrit en 1958 par Jean Genet en hommage à son ami acrobate, Abdallah.

S’il prend des risques, Angelin Preljocaj ne laisse rien au hasard. Il s’est choisi une très belle scénographie de papier, signée Constance Guisset, des lumières et une musique parfaitement réglées. De son côté, il a apprivoisé le texte et ses nombreuses difficultés dans leurs moindres détails.



"Remettre les compteurs à zéro"


Dans une chorégraphie sobre et épurée, son corps souple dessine des lignes parfaites, des courbes harmonieuses, et jaillit dans l’espace. L’émotion est là, sur le fil justement. Au regard du public, le chorégraphe est soudain ce funambule qui joue sa vie sous les projecteurs. Un vrai saut dans le vide qu’Angelin Preljocaj va réitérer pendant dix jours au Théâtre des Abbesses à Paris.

« C’est toujours aussi affolant », avoue-t-il, électrisé par cette peur, ce besoin d’« intranquillité » qui le pousse à chaque création « à remettre les compteurs à zéro ». Pour ce solo, peut-être plus que pour les pièces précédentes, comme si, à 52 ans, il était encore plus urgent de surprendre.

« J’y pensais depuis longtemps, raconte-t-il. Ma compagnie a passé l’année en tournée avec mon dernier ballet, Blanche Neige, je me suis retrouvé seul à Aix-en-Provence. Il ne me restait plus que mon propre corps pour créer, alors je me suis dit que c’était peut-être le moment ou jamais. » Le texte de Jean Genet est remonté à la surface comme le jalon lumineux d’une vie d’artiste : « Je le lisais et le relisais à l’âge de 20 ans, quand j’étudiais la danse. Quand j’étais dans le doute, il me revigorait. »

Aujourd’hui, ces retrouvailles prennent quelque air de bilan. « C’est l’occasion de faire le point sur ce que je peux faire en scène, sur mon engagement en tant qu’artiste, reconnaît-il. Je ne veux pas me cacher derrière ma compagnie, comme un général derrière ses soldats. C’est un peu ça, être chorégraphe, quand on ne danse pas. »




« Transfiguré par la danse »



L’écrivain Ismaïl Kadaré, d’origine albanaise comme lui, prétend que la destinée de danseur d’Angelin Preljocaj fut scellée en 1956 lorsque ses parents fuyaient la dictature communiste vers la France. Il était déjà dans le ventre de sa mère et leur longue marche à travers les montagnes albanaises lui aurait donné à jamais le goût du mouvement.

Ses origines albanaises sont là bien sûr, tapies au fond de lui, mais il ne veut pas les hisser en étendard : « Je ne peux pas m’arracher à mes propres racines mais je suis une bouture qui a pris en France, je suis vraiment français et ce qui m’importe c’est d’être reconnu pour ce que je fais. »


Étrangement, Angelin Preljocaj confie qu’il est venu à la danse par le poids d’un mot. Déjà. Un jour, à Champigny-sur-Marne, en banlieue parisienne, une fillette de son école ouvre devant lui un livre. Une photo montre le beau visage de Noureev avec cette légende : « Transfiguré par la danse ». Sans trop comprendre pourquoi, le petit garçon est fasciné par le mot « transfiguré » et il s’inscrit au cours de danse classique. Il s’y accrochera, malgré les moqueries de ses camarades et la méfiance de ses parents.

Plus tard, il découvre la danse contemporaine avec Karine Waehner à la Schola Cantorum, à Paris. En 1979, il assiste aux Events de Merce Cunningham, donnés à Beaubourg, et décide de rejoindre l’école du chorégraphe américain. « J’ai été envahi par sa conception de la danse : en ramenant le mouvement au centre, il a ouvert la porte à l’abstraction et à la liberté. »

Merce Cunningham est décédé fin juillet, un mois après la chorégraphe allemande Pina Bausch. « On entre dans une période étrange, songe Angelin Preljocaj. Ils étaient des phares dans le monde de la danse, ils se sont éteints… Ils ont lâché le relais, il faut continuer sans eux. »




« Créer pour émouvoir les gens »



Lui ne cesse d’explorer toutes les possibilités offertes par l’art chorégraphique. Depuis vingt-cinq ans, tout semble l’inspirer, des ballets russes (Noces, en 1989, Le Sacre du Printemps, en 2001) à la Bible (Annonciation, en 1995, ou MC 14/22 Ceci est mon corps, en 2001), en passant même la télévision (Personne n’épouse les méduses, en 1999). Il entraîne ses danseurs sur des terrains musicaux aussi différents que Mozart, Vivaldi, Air, John Cage, Stockhausen ou Mahler.

Sa danse, toujours techniquement exigeante, est tantôt torturée, violente ou enchanteresse, tantôt abstraite, expérimentale ou narrative, comme dans Blanche Neige, créé en 2008. Avec ce dernier ballet, il revendique l’héritage de Jean Vilar et la volonté de défendre un « spectacle populaire et de qualité ».

Implanté à Aix-en-Provence depuis 1996, le Ballet Preljocaj a depuis 2006 son propre lieu, le Pavillon noir, dessiné pour la compagnie par Rudy Ricciotti. « Cela fait partie des petites choses dont je suis fier : avoir ouvert cet espace de travail et de création, et créé 26 postes permanents de danseurs, souligne-t-il. J’aurai au moins fait ça pour la danse. »

Et lorsqu’il ne chorégraphie pas, Angelin Preljocaj peint. Des corps bien sûr, mais aussi des visages, ceux par exemple de ses deux filles et de son père. « C’est toujours une histoire d’espace, de rythme, de regard, de volume. La seule différence avec la danse, c’est le temps : dans un ballet, il est compté, face à un tableau, il disparaît. »

Toutes les facettes de sa créativité, le chorégraphe les réunit en une seule vocation, au service de l’art : « C’est très agréable de penser qu’on passe sa vie à créer pour émouvoir les gens et les relier entre eux. »



Marie-Valentine CHAUDON

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2391616&rubId=5548




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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Mer 16 Déc - 1:22

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«Blanche-Neige» de Preljocaj : le triomphe










150 000 spectateurs pour la «Blanche-Neige» de Preljocaj


Angelin Preljocaj : «Je suis entré sur le plateau avec la caméra, et j'ai saisi des choses qu'on ne voit pas de la salle. J'ai adoré filmer au plus près des danseurs ». (JC Carbonne)


Créé il y a quinze mois à Lyon, le ballet triomphe en France. Il fêtera sa centième,mercredi, à Caen, et sera à l'affiche du Théâtre de Chaillot pendant les fêtes.

Certains soirs, Nagisa Shirai aimerait bien que Blanche-Neige croque la pomme une bonne fois pour toutes et qu'elle y reste.
Qu'il n'y ait pas de prince charmant, de résurrection et de mariage heureux. Depuis le 25 septembre 2008, elle danse Blanche-Neige trois fois par semaine sur les symphonies de Malher. Angelin Preljocaj a chorégraphié le rôle pour elle. «C'est mon égérie», dit-il.


C'est même un peu à cause de ses cheveux noirs comme l'ébène, de sa peau blanche comme la neige et de sa bouche rouge comme le sang qu'il a voulu écrire ce ballet. «Dans la compagnie, dans la vie, tout autour de moi, j'ai l'impression qu'on me prend pour Blanche-Neige », dit Nagisa.


Au début, elle vivait dans l'excitation d'explorer de nouvelles pistes. Aujourd'hui, elle redoute de rester collée à ce qu'elle a ressenti la veille. Pour ne pas y penser, elle s'enferme tout l'après-midi dans sa loge en écoutant du hard-rock, avant d'entrer en scène.

Parfois, elle choisit d'être provocante, ou naïve, ou séductrice, ou timide, ou folle, étourdie, curieuse… Ou bien d'entrer au naturel sur la scène et de tisser ce qu'elle peut en saisissant au vol ce que lui donnent les autres. « Souvent, celle qui donne le la, c'est la petite de 9-10 ans qui danse le rôle de Blanche-Neige enfant.

Elle change tous les soirs, elle a ses rêves et ses terreurs de petite fille. Je place mes pas dans les siens. » Parfois aussi, elle laisse son rôle à des remplaçantes et retrouve sa place dans le corps de ballet, parmi les autres.

Blanche-Neige, plus de 150 000 spectateurs l'ont applaudi. Mercredi, le ballet sera donné pour la centième fois à Caen. Du 23 décembre au 9 janvier, il enchantera Chaillot.



Le 25 décembre, il sera sur Arte à 19 heures.

Le 21 janvier, on le trouvera en DVD, chez MK2 Éditions, dans une réalisation signée Angelin Preljocaj : «Je suis entré sur le plateau avec la caméra, et j'ai saisi des choses qu'on ne voit pas de la salle. J'ai adoré filmer au plus près des danseurs », dit-il.










Coproduction réussie

Puis, il reprendra sa route : Taïwan, la Chine, la Grèce, le Liban, la France encore. Et l'Opéra de Berlin, mais avec, cette fois, son propre corps de ballet.
À cause des costumes de Jean-Paul Gaultier, des décors magnifiques de Thierry Leproust, « Blanche-Neige est une production coûteuse, précise Angelin Preljocaj.


Pour avoir plus de moyens, on l'a monté d'emblée en coproduction avec l'Opéra de Berlin et créé là-bas en avril dernier.
C'était la première fois que je pratiquais cette formule. Le succès a été tel qu'ils ont dû ajouter des représentations et prévu de le reprendre encore cette saison .

Ce sont des danseurs classiques, ils ne le dansent pas comme nous : on est plus près du théâtre.»


Angelin Preljocaj ne s'attendait pas à pareil succès. Si certains de ses ballets ont été joués plus de cent fois, aucun n'avait atteint ce nombre-là si vite.

Le chorégraphe prévoit d'engager de nouveaux danseurs pour continuer la tournée de Blanche-Neige qui emploie les vingt-six danseurs de sa compagnie au grand complet.

À partir de juin, il a besoin des siens pour travailler à sa prochaine création, une pièce sur l'Apocalypse de Jean, créé en septembre à Moscou, puis à la Biennale de Lyon, avec ses danseurs et ceux du Bolchoï.

Lui, ne se lasse pas de Blanche-Neige. Après la dernière de son solo du «Funambule», il retrouve les danseurs à Caen pour la regarder à nouveau, et surveiller, dans son miroir de chorégraphe, si elle est toujours la plus belle.


http://www.lefigaro.fr/culture/2009/12/14/03004-20091214ARTFIG00590-150000-spectateurs-pour-la-blanche-neige-de-preljocaj-.php



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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Jeu 17 Déc - 0:54

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VENDREDI 25 DÉCEMBRE À 19H00 sur ARTE


Blanche Neige d'Angelin Preljocaj




Angelin Preljocaj est l'un de nos plus grands chorégraphes actuels. Sa virtuosité, son imaginaire riche et flamboyant, ne sont jamais tant magnifiés que quand il adapte des grands classiques du répertoire et s'inspire du conte.

Entretien avec Jean-Paul Gaultier, créateur des costumes

Blanche Neige eut un succès planétaire et tourne toujours à travers le monde. Pour Arte, Angelin Preljocaj a transformé son théâtre en studio de tournage. Il y a installé sa compagnie, est passé de la mise en scène à la réalisation, et nous offre pour le 25 décembre, une brillante version cinématographique de cette pièce magique.


Blanche Neige
Un ballet d’Angelin Preljocaj
Réalisation : Angelin Preljocaj
Costumes de Jean-Paul Gaultier
Coproduction : ARTE France, MK2 (2009, 90mn)
Pas de rediffusion


http://www.arte.tv/fr/recherche/2957506.html






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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Sam 26 Déc - 22:38

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Rediffusion le 1er janvier 2010 à 9h55  sur Arte


























http://www.forum-dansomanie.net/pagesdanso/critiques/cr0038_angelin_preljocaj_blanche_neige_biennale_lyon_28_09_2008.html


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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Sam 6 Fév - 2:40

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SIDDHARTA




ANGELIN  PREJLOCAJ



OPERA BASTILLE DU 18 MARS AU 11 AVRIL 2010.






Nicolas Le Riche interprétera Siddharta, et Aurélie Dupont, l’Eveil. | Photo DR  



CREATION

Angelin Preljocaj explore le mythe fondateur de celui qui deviendra Bouddha. Avec le compositeur Bruno Mantovani et le plasticien Claude Lévêque, il emmène le Ballet de l’Opéra dans une fabuleuse aventure.

Bruno Mantovani Musique

(Commande de l’Opéra national de Paris)

Angelin Preljocaj Chorégraphie

Claude Lévêque Scénographie

Eric Reinhardt Dramaturgie

Les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet
Orchestre de l’Opéra national De Paris

Susanna Mälkki Direction musicale










PRESENTATION


Le chorégraphe Angelin Preljocaj s’inspire du thème fondateur de Siddharta pour la nouvelle création qu’il offre au Ballet de l’Opéra.

Il revisite l’histoire de celui qui deviendra l’Éveillé, ou Bouddha, pour en donner une lecture personnelle explorant les thèmes du dépassement, de l’épreuve et du sacrifice dans la quête d’un absolu.

Au-delà du simple récit, il dévoile les tourments et les mystères de ce long voyage intérieur, semé d’embûches, d’incertitudes et de doutes. Preljocaj a pour compagnons de route deux artistes aux fortes personnalités, Bruno Mantovani, jeune et brillant compositeur français, qui signe sa première oeuvre pour l’Opéra de Paris, ainsi que le plasticien et scénographe Claude Lévêque, puissant rêveur d’espaces de notre temps.



http://www.operadeparis.fr/cns11/live/onp/Saison_2009_2010/Ballets/spectacle.php?lang=fr&selected_season=354663924&event_id=435&CNSACTION=SELECT_EVENT


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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Lun 15 Mar - 22:16

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Angelin Preljocaj, maître d'une danse qui "donne de l'esprit au corps"






PARIS — Le chorégraphe Angelin Preljocaj a conçu pour le Ballet de l'Opéra de Paris "Siddharta", une pièce évoquant la quête spirituelle de l'initiateur du bouddhisme, avec la conviction que "c'est le rôle de la danse de donner de l'esprit au corps".

Cette création mondiale sera un événement comme le monde chorégraphique en connaît peu: ce ballet d'1h40 pour 50 danseurs sera donné pas moins de 13 fois (du 18 mars au 11 avril) dans l'immensité de l'Opéra Bastille (2.700 places).

Outre des danseurs étoiles vedettes (Aurélie Dupont et Nicolas Le Riche), la production réunit un plasticien reconnu (Claude Lévêque), un jeune compositeur en vue (Bruno Mantovani) et l'une des rares femmes chefs (la Finlandaise Susanna Mälkki), qui fera ses débuts avec l'orchestre maison.

Ce n'est pas la première fois qu'Angelin Preljocaj collabore avec le Ballet de l'Opéra de Paris, pour lequel il a déjà créé "Le Parc", "Casanova" et "Le Songe de Médée", sans compter les entrées au répertoire d'"Annonciation", d'"Un Trait d'union" et de "MC 14/22".

Mais à 53 ans, le plus célébré des chorégraphes contemporains français affronte un défi inédit: une création pour l'Opéra Bastille. "Je trouvais ça intéressant et en même temps un peu dangereux. C'est un espace énorme, il faut savoir l'occuper, lui donner vie", explique l'artiste à l'AFP.

Pour honorer cette proposition, "j'ai repensé à cette chose qui me trottait dans la tête depuis un moment: travailler autour de la figure de Siddharta, ce jeune prince qui deviendra le Bouddha, mais qui à l'origine était un homme comme un autre", souligne Angelin Preljocaj.

"La démarche de Siddharta est dans ce grand écart entre les plaisirs de la vie et les sphères de la spiritualité. Elle passe par des tas de choses: l'ascétisme, le jeûne total, la flagellation, les plaisirs de la chair... C'est cette quête-là qui m'a intéressé", poursuit le chorégraphe.

"Dans beaucoup de religions, le corps a une part très importante dans la quête spirituelle", fait valoir Angelin Preljocaj, qui cite notamment les pratiques de mortification ou la position du croyant lors de la prière. "Evoquer la vie de Siddharta par la danse relève pour moi d'une sorte d'évidence: il a un corps, et c'est par ce corps qu'il va chercher l'état d'Eveillé".

Si l'on prend en compte "MC 14/22 +ceci est mon corps+", "L'Annonciation" et la création qu'il promet au Bolchoï cet automne autour de l'Apocalypse, Angelin Preljocaj aura chorégraphié quatre pièces sur des thèmes relevant de la spiritualité.

"Sur les 45 ballets que j'ai signés, c'est relativement faible. Mais je pense effectivement que c'est le rôle de la danse de donner de l'esprit au corps", dit le chorégraphe. "Dans +L'Ethique+, Spinoza pose la question +Que peut le corps ?+. C'est ce qui m'intéresse et c'est ça, mon travail".

"Siddharta" s'annonce à mille lieues de ses précédentes créations, la "Blanche-Neige" populaire et narrative chorégraphiée pour les 26 danseurs de son Ballet Preljocaj et le "Funambule" qu'il a dit et dansé en solo.

"Je fais en sorte que chaque nouveau projet édicte de nouvelles règles du jeu, sinon ce serait trop facile", juge l'artiste. Mais ce chorégraphe attaché à l'écriture -- ses pièces sont notées -- et à la notion de répertoire n'a pas la prétention de créer ex nihilo.

"On crée toujours en relation à quelque chose qui était là avant, que ce soit en opposition, en réaction ou en complément. Nier cette relation constitue souvent la grande faiblesse de la danse contemporaine", estime-t-il.

De Benoît FAUCHET (AFP)

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jrDmY_WS-bo65P6CVVMOXiMF_CDg

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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Mar 23 Mar - 20:02



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Preljocaj hypnotisé par Siddharta  








Quatrième création d'Angelin Preljocajpour le Ballet de l'Opéra de Paris, «Siddharta »mise sur la beauté plus que sur la surprise.



C'est beau mais c'est lisse. Comme si Angelin Preljocaj avait écrit sa pièce à cette distance du monde que recherche le bouddhisme et qui en gomme toutes les aspérités. S'ennuie-t-on ? Pas vraiment.

Est-on pris ? Parfois, tant certaines images épousent les canons de la beauté idéale : un lever de soleil de début du monde, des déhanchements modelés sur la statuaire indienne, des bras qui se superposent comme dans les représentations de Shiva, l'apparition de l'Éveil surgi des entrailles d'un temple…


Pour composer ce Siddharta, Angelin Preljocaj s'est souvenu de ses émois indiens et de son voyage d'une année dans la péninsule en 2002. Il en a retenu la paix et le temps suspendu, mais oublié l'esthétique du choc.


Pourtant, l'équipe artistique réunie pour raconter le moment où Siddharta Gautama quitte le monde et atteint le nirvana, n'a jamais eu l'intention de donner dans le minimalisme zen et planant.
La musique composée spécialement par Bruno Montovani mêle riffs de guitare pour les entrées de Siddharta, percussions, tambours à la sobriété des flûtes, des bruits d'eau et des violons. Le livret, revu par Éric Reinhardt, ménage des périodes qui disent les convulsions du monde.


Quant à Claude Lévêque, convoqué ici comme scénographe, il a livré des objets gigantesques qui trônent au ciel du ballet : boule de démolition utilisée comme un encensoir, maison victorienne lumineuse, forêt de pylônes, carcasse de camion, lingots d'or.




La dimension hypnotique de l' «illumination»



Les contributions de ces différents artistes s'articulent à merveille, mais bizarrement sans surprise. Les stations de la vie de Siddharta se succèdent, livrant quinze tableaux statiques, où la chorégraphie y va de ses redites.
On dirait qu'en choisissant comme sujet la quête de l'illumination, Angelin Prejlocaj, chorégraphe par excellence de la chair, de la sensualité, du tumulte des corps, s'est muselé lui-même.



Chorégraphiées depuis la distance méditative qu'il adopte ici, les scènes de désolation semblent mécaniques, les scènes de grâce d'une beauté lisse. Sauf lorsqu'il s'attaque vraiment au sublime : incarnant la figure de l'Éveil, Aurélie Dupont ouvre le spectateur à la dimension hypnotique de l'« illumination ».


Vêtue d'un voile blanc, précédée d'une nuée de jeunes femmes diaphanes comme les ombres de « la Bayadère », elle livre une partition de danse d'une immatérialité à peine croyable et subjugante. Nicolas Le Riche campe un Siddharta d'une jeunesse solaire. Au soir de la première, le public a longuement ovationné les artistes.



Opéra Bastille, à Paris, jusqu'au 11 avril. Location au 0892 89 90 90.

http://www.lefigaro.fr/culture/2010/03/22/03004-20100322ARTFIG00557-preljocajhypnotise-par-siddharta-.php




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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Mar 6 Juil - 1:22



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PRELJOCAJ- VERSAILLES    HOMMAGE AUX BALLETS RUSSES


Les 8 et 9 juillet 2010  Château de Versailles

En cette année France-Russie et de commémoration du Centenaire des  Ballets Russes, voici deux de leurs chefs d’œuvre, universellement acclamés et portés par la musique révolutionnaire de Stravinsky.

Amour et mort, amour cannibale, amour absolu sont les lignes de force de ces deux ballets mythiques.

Angelin Preljocaj a créé pour Noces une pléiade de duos aériens buttant sur la réalité terrestre, mariés métaphoriques emportés par leurs passions. Son Sacre, à l’opposé, est un tourbillon, un cyclone autour d’une reine offerte et qui sera mise à nue dans cet immense « climax » animal construit par Stravinski dans la plénitude orchestrale qui ouvre le 20ème siècle musical.

Après le succès éblouissant de « Blanche Neige » l’an dernier, voici à nouveau Preljocaj prêt à conquérir le coeur du public à Versailles.


Hommage aux Ballets Russes : Noces - Le Sacre du Printemps

Ballet Preljocaj

Musiques Igor Stravinski

Chorégraphie Angelin Preljocaj

Les 8 et 9 juillet 2010 à 21h30

Spectacle en plein air au Bassin de Neptune





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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Ven 17 Sep - 14:22

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Une Apocalypse d'Angelin Preljocaj ouvre la saison du Bolchoï








MOSCOU — Des danseurs vêtus de cellophane sur une musique du DJ Laurent Garnier, la lessive des drapeaux et deux agneaux dans la scène finale: une vision de l'Apocalypse, nouveau ballet franco-russe d?Angelin Preljocaj, a ouvert mardi soir à Moscou la 235e saison du Bolchoï.

La production "Suivront mille ans de calme. Création 2010", appelée initialement "L'Apocalypse", est fondée sur les révélations de saint Jean, un des textes du Nouveau Testament. Ce spectacle du chorégraphe français de danse contemporaine conclut la pléiade d?événements culturels de l?année croisée France-Russie.

"Il ne s?agit pas d'une photo exacte, mais d'un tableau créé par un artiste.

C'est ma vision d'apocalypse", a expliqué Angelin Preljocaj à des journalistes avant la répétition générale en début de semaine.

Le ballet est joué par une troupe franco-russe, composée de 11 artistes du théâtre Bolchoï et 11 membres de la troupe du théâtre d?Aix-en-Provence (sud de la France)
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Tous les danseurs ont été choisis par Angelin Prejolcaj, qui les a obligés à lire le texte intégral de l'Apocalypse de saint Jean dans leur langue maternelle.

Pendant la préparation du ballet, les répétitions ont eu lieu en France et à Moscou, souvent avec l'aide d'un interprète.

Mais cette barrière linguistique n'a pas été un obstacle pour Angelin Preljocaj, qui a vanté le professionnalisme et le talent des danseurs du Bolchoï.

Dans le titre actuel, il s?agit des "mille ans de calme après la folie et la fureur des hommes et des nations, suivis par le royaume de dieu, le royaume du calme", explique Angelin Preljocaj.

"Création 2010" soulève le sens originel du mot "apocalypse" qui signifie mise à nu, enlèvement du voile ou révélation, souligne-t-il.

L'Apocalypse vue par le chorégraphe n?est pas toujours un cataclysme sur la scène: elle peut être très lente et se passer en ce moment-même. Malgré la thématique de la fin du monde, le final du spectacle, "est très ouvert, il est même plein d'espoir", selon le chorégraphe.

"La réaction des spectateurs peut être comparée avec un réactif qui transforme des clichés en photos. On verra si on a réussi à faire une belle photo", a-t-il dit avant la première russe.

La musique du ballet a été composée par le DJ Laurent Garnier, "père de la musique électronique française". Les sons technos sont mixés avec le bruit de l?eau qui coule ou celui du vent, mêlés des chuchotements et des clapotis typiques des productions du chorégraphe.

Le plasticien indien Subodh Gupta a créé les décors du spectacle. Les ustensiles en métal, autre marque typique de l?artiste trouvent leur place sur la scène, et même sur la tête des danseuses.

Les costumes sont l'oeuvre du couturier et styliste russe Igor Tchapourine.

Cellophane, robes-drapeaux, les costumes sont très légers et n'entravent pas les mouvements des danseurs.

"Création 2010" sera joué sur la scène du Bolchoï jusqu?à samedi.

Ensuite, toute la troupe ira à Lyon (centre-est de la France) pour la biennale de danse, puis suivront trois mois de tournée en Europe. En 2011, le ballet sera joué dans les deux pays simultanément.

Pendant la scène finale du spectacle, la lessive des drapeaux, les acteurs apparaissent avec deux agneaux qu'on nourrit avec du lait -- ce fameux symbole d'espoir dont a parlé Angelin Preljocaj.

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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Ven 17 Sep - 14:36

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Angelin Preljocaj   Suivront mille ans de calme







1ère en France

Pièce pour 20 danseurs
Création 2010

Quels sont les rituels d’aujourd’hui ? La question est au cœur du spectacle d’Angelin Preljocaj.


Un fabuleux projet basé sur la rencontre qui interroge l’identité et les cultures.

Sous le signe de l’Année France-Russie, cette nouvelle création réunit pour moitié des danseurs du Théâtre du Bolchoï et des interprètes du Ballet Preljocaj.

Le propos même de la pièce est issu de cette rencontre exceptionnelle. Mais le chorégraphe d’origine albanaise aime à se poser un défi nouveau à chaque création.

Après la narration et le triomphe de Blanche Neige, il renouvelle son propos en associant à son travail un plasticien indien mondialement reconnu. Subodh Gupta est fasciné par les objets quotidiens qui forgent l’identité culturelle.

Matériaux et éléments qu’il détourne et transfigure en objets cultes.
C’est pourquoi Angelin Preljocaj, lui a confié la scénographie tandis que Laurent Garnier, personnalité marquante de la musique techno, avec ses concerts aspirés par la transe, élabore l’univers sonore et que Igor Chapurin – étoile montante du stylisme russe – crée les costumes.

L’énigme de ce nouveau monde en présence est portée par une référence commune, l’Apocalypse - au sens de révéler.
De quoi renouer avec le sens épique et abstrait qui traverse la danse d’Angelin Preljocaj.

Un moment rare, une œuvre phare de cette Biennale 2010.



Chorégraphe : Angelin Preljocaj
Spectacle créé dans le cadre de l’Année France-Russie 2010

Danseurs Ballet Preljocaj :

Sergio Diaz, Céline Galli, Natacha Grimaud, Jean-Charles Jousni, Émilie Lalande, Céline Marié, Lorena O'Neill, Fran Sanchez, Nagisa Shirai, Nicolas Zemmour

Théâtre du Bolchoï : Arsen Karakozov, Anastasia Meskova, Nuria Nagimova, Anton Savichev, Egor Sharkov, Alexander Smolyaninov, Xenia Sorokina, Anna Tatarova, Alexei Torgunakov, Anastasia Vinokur -

Scénographie : Subodh Gupta -

Musique : Laurent Garnier -

Création costumes : Igor Chapurin -

Création lumières : Cécile Giovansili -


Assistants répétiteurs : Claudia De Smet (Ballet Preljocaj), Jan Godovsky (Théâtre du Bolchoï) -

Choréologue : Dany Lévêque




http://www.preljocaj.org/index.php



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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Ven 15 Oct - 14:48

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Preljocaj, Laurent Garnier et le Théâtre du Bolchoï au Théâtre de Chaillot










   Créé dans le cadre de l’année France-Russie, ce projet de coopération entre le Théâtre du Bolchoï et le Ballet Preljocaj réunit vingt danseurs dans une production ample et efficace.

   
Après la narration de Siddharta, ballet créé au printemps dernier pour le Ballet de l’Opéra de Paris, le chorégraphe Angelin Preljocaj revient pour sa propre compagnie à un ballet plus abstrait, aux lignes géométriques et rigoureuses.

Un travail des lignes nickel et millimétré qui n’exclut pas la fantaisie et le baroque de créatures sorties de l’imagination de Jean l’Evangéliste écrivant L’Apocalypse.

Angelin Preljocaj, affichant depuis toujours un certain goût pour les figures mystiques ou religieuses, s’est en effet emparé de ce texte d’anticipation avec délices.
Sans en faire une lecture littérale, il transforme cette vision allégorique de la fin des temps en livre d’images fantastiques et puissantes.







Efficace, il frappe fort dès le début du spectacle, provoquant chez le spectateur un effet de sidération, renforcé par la stridence – par intermittence – de la musique très lisible composée par le DJ Laurent Garnier.

Les séquences de groupe, rassemblant dix ou vingt danseurs, témoignent du savoir-faire chorégraphique d’Angelin Preljocaj depuis ses premières pièces dans les années 1980.
On pense tout particulièrement à A nos héros, en 1986, et Hallali Romée, en 1987.

Parallèlement, il multiplie dans Suivront mille ans de calme les duos féminins ou masculins d’une grande richesse stylistique et d’interprétation.
Dans chacun d’entre eux, l’harmonie naît, entre autres, de la dissymétrie des corps.

Un seul duo rassemble un homme et une femme – liane aux cheveux longs, devant un vaste panneau d’inox martelé, pour un corps à corps tentateur et sauvage.

Superbe !

   

Ces panneaux sont signés du plasticien indien Subodh Gupta, qui réalise une scénographie subtile dans la première partie, où seuls quelques accessoires traversent le plateau (livres, chaises), plus marquée dans la seconde partie, avec ces quatre murs en métal qui scindent l’espace du plateau, le fragmentent ou au contraire le réunissent.

On y retrouve aussi le recours aux objets quotidiens indiens qui caractérisent le travail de l’artiste : bassines, tasses, ustensiles de cuisine en inox ou en fer blanc. Les costumes de Igor Chapurin, du pseudo uniforme kaki aux robes feuilletage en mousseline blanche, répondent à la variété des sources d’inspiration à la fois du chorégraphe et du scénographe.



Les tableaux se succèdent – foisonnants. Une étonnante et belle traversée orientalisante de vingt danseurs munis à chaque main et dans la bouche de livres reliés de cuir bordeaux.

Le feuilletage compulsif de carnets, posés sur les genoux de danseurs déshumanisés, assis sur des chaises de métal.

Dans sa soif d’images, frappant la rétine, Angelin Preljocaj sait utiliser tous les registres, de la blonde de cabaret au défilé de mode arty.


Mais l’une des séquences les plus subversives est sans conteste celle où les danseurs, drapés de drapeaux du monde entier, composent des tableaux vivants issus de l’imagerie de la luxure et de la débauche.
Ces mêmes drapeaux, dont ils sont revêtus, seront lavés dans une grande lessive purificatrice, puis essorés et étendus sur le sol pour le jugement des nations.
Il ne manquait plus que l’agneau, deux agneaux, pour que le symbole soit complet.


Suivront mille ans de calme, d'Angelin Preljocaj. Théâtre national de Chaillot, Paris (XVe). Jusqu'au 22 octobre puis en tournée.

http://www.resmusica.com/aff_articles.php3?num_art=8571




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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Ven 14 Jan - 1:50

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Le livret-CD de la nouvelle création d'Angelin Preljocaj avec la musique originale
de Laurent Garnier est disponible dans notre boutique en exclusivité !

Prix : 17 euros

Ecoutez le thème ici :

http://soundcloud.com/laurent-garnier/laurent-garnier-la-treve-ballet-suivront-1000-ans-de-calme




Angelin Preljocaj / Ballet Preljocaj / Théâtre du Bolchoï
envoyé par Theatre_de_Chaillot. - Films courts et animations.






LES TOURNEES
















FÉVRIER  2011



Du mardi 22 au jeudi 24 Clermont-Ferrand – La Comédie de Clermont-Ferrand, scène nationale

Suivront mille ans de calme





MARS 2011



Dimanche 06 Saint-Cloud (Paris) –

Les 3 Pierrots / Empty moves (part I)
Dans le cadre des 8e Rencontres de danse de Saint-Cloud



Vendredi 11 Draguignan – Théâtres en Dracénie

Suivront mille ans de calme

Dans le cadre du festival Les Vents du Levant



Jeudi 17 Saint Estève – Théâtre de l'Etang

Annonciation, Centaures, Empty moves (part I)



Samedi 19 Evry – Théâtre de l’Agora, scène nationale Evry - Essonne

Suivront mille ans de calme




Mardi 29 et mercredi 30 Montpellier – Le Corum

Suivront mille ans de calme

Dans le cadre de la saison Montpellier Danse




AVRIL 2011



Du vendredi 01 au dimanche 03 Blagnac – Odyssud

Suivront mille ans de calme



Mercredi 06 Tarbes – Le Parvis, scène nationale Tarbes - Pyrénées

Suivront mille ans de calme


Vendredi 29 Noisy-Le-Grand – Espace Michel-Simon /

Blanche Neige



MAI 2011


Du mercredi 04 au dimanche 15 mai (relâche les 8 et 12 mai) Paris– Théâtre des Abesses  

Le funambule


Samedi 14 et dimanche 15 Modène (Italie) – Teatro Comunale L.Pavarotti /

Blanche Neige



Du jeudi 19 au jeudi 26 Relâche le lundi 23 Turin (Italie) – Teatro Regio /

Blanche Neige





JUIN 2011


Vendredi 03 et samedi 04 Bregenz (Autriche) – Festpielhaus /

Blanche Neige




Vendredi 10 et samedi 11 Ollioules – Châteauvallon /

Suivront mille ans de calme




JUILLET 2011


Vendredi 01 et samedi 02 Aix-en-Provence - Pavillon Noir /

Noces, Le Sacre du printemps




Du dimanche 03 au mercredi 06 Moscou (Russie) – Théâtre du Bolchoï /

Suivront mille ans de calme





Découvrez "Suivront mille ans de calme", la nouvelle création d'Angelin Preljocaj sur Culturebox !



http://www.preljocaj.org/




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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Lun 17 Sep - 17:15

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" Ce que j'appelle oubli "    Angelin Prejlocaj       Biennale de Lyon 2012




"Ce que j'appelle oubli": Preljocaj adapte un fait-divers en chorégraphie






"Ce que j'appelle l'oubli", un ballet en création d'Angelin Preljocaj © JC.Carbonne




La Biennale de la danse de Lyon se tient du 13 au 30 septembre 2012. La programmation riche et pointue propose 19 créations.

Celle du chorégraphe Angelin Preljocaj est bien entendu un évènement.


Avec "Ce que j'appelle oubli", il s'inspire du texte de Laurent Mauvignier qui relate un fait-divers tragique. Une lecture chorégraphique qui risque fort de désarçonner le public du théâtre des Célestins.


Lyon, décembre 2009, un jeune homme SDF boit une cannette dans un supermarché lorsque surgissent quatre vigiles. Tabassé, il meurt sous les coups. Suit un long silence, car rien ne peut réparer.cette vie si fragile.

En 2011, le romancier français, Laurent Mauvignier donne ses mots à ce drame.
Pour la Biennale de la Danse, le chorégraphe Angelin Preljocaj s'empare de "Ce que j'appelle Oubli".



Un reportage de Sylvie Adam, Sandra Méallier, Vincent Frumillon et Isabelle Murat









Saisi par la violence et la fulgurance de ce texte, Angelin Preljocaj a choisi de faire de Ce que j’appelle oubli de Laurent Mauvignier le matériau premier de nouvelle  création.

« La forme même du texte m’a passionné. C’est une unique phrase, une longue phrase interminable qui imbrique le jeu des corps et la structure littéraire d’une façon radicale.

Cette matérialisation de la chair rend le texte très sensuel [...]. Mais le corps chez Mauvignier est également politique. Plusieurs questions sont posées, une profonde réflexion sur l’exclusion, la marge, la société, le consumérisme, tout cela à travers le dialogue silencieux des corps.

J’ai pensé que la danse pouvait s’emparer du sujet, en mettant en perspective le récit, et en déployant une écriture chorégraphique qui lui serait spécifique. Évidemment, il faudra faire entendre ce texte aussi, extrêmement radical, dans son inexorabilité, dans sa beauté et son émotion. » Angelin Preljocaj


Pièce pour 6 danseurs et 1 comédien – D’après le texte de Laurent Mauvignier « Ce que j’appelle oubli » (Éditions de Minuit)
Chorégraphie: Angelin Preljocaj

Narrateur: Laurent Cazanave ou Angelin Preljocaj

Danseurs à la création: Aurélien Charrier, Fabrizio Clemente, Baptiste Coissieu, Carlos Ferreira Da Silva, Liam Warren, Nicolas Zemmour

Assistant, adjoint à la direction artistique: Youri Van den Bosch

Choréologue: Dany Lévêque


Après sa création à la Biennale de la danse de Lyon, rendez-vous sur la scène du Théâtre Durance pour la première en région du nouvel opus d’Angelin Preljocaj.




http://www.francetv.fr/culturebox/ce-que-jappelle-oubli-preljocaj-adapte-un-fait-divers-en-choregraphie-115961

http://www.theatredurance.fr/ce-que-j%E2%80%99appelle-oubli/






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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Mer 24 Avr - 18:48

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Angelin Prejlocaj     Création 2013  :        Les Nuits




Première le 29 avril 2013 au Grand Théâtre de Provence
dans le cadre de Marseille-Provence 2013 Capitale Européenne de la Culture








Les Nuits. © JC Carbonne





COMME MILLE ET UN FANTASMES




Dans Liqueurs de chair en 1988, Angelin Preljocaj avait déjà traité de l’érotisme, imprégné de l’esthétique des surréalistes. Il récidive dans un contexte plus flamboyant, en jouant avec les genres, « comme on peut le faire, dit-il, au théâtre où un homme peut être joué par une femme et inversement ».


Puisant un potentiel d’imaginaire inépuisable dans le recueil anonyme des contes des Mille et Une Nuits, contes populaires en arabe, d’origine persane et indienne, autant que dans l’Orient fantasmé des peintres, il s’aventure : « ce sera vraisemblablement, comme une calligraphie des affects et des humeurs ».



Création 2013 Pièce pour 20 danseurs Chorégraphie Angelin Preljocaj
Production Ballet Preljocaj














Rencontre avec le chorégraphe Angelin Preljocaj à quelques jours de la première de son nouveau spectacle, inspiré des “Mille et une nuits”.




Dans quelques jours, le célèbre chorégraphe français apportera sa pierre à la capitale de la culture 2013, avec un spectacle fort, déclinaison dansée des Mille et une Nuits.
Un événement très attendu, qui sera présenté à Aix puis à Marseille cet été.








© Lucas Marquand-Perrier





Blanche Neige et l’Apocalypse selon saint Jean, ont inspiré vos précédents spectacles. Qu’est-ce qui vous a guidé cette fois vers Les Milles et une nuits ?


C’est d’abord une histoire que l’on traîne depuis l’enfance. Et puis quand on a des enfants, ce sont des contes qu’on aime leur raconter… Pas tous, car certains textes sont extrêmement chargés d’érotisme !
Lorsqu’il s’est agit de faire une création pour Marseille-Provence 2013, l’idée des Mille et une nuits m’est venue car cela collait bien à la thématique générale de la capitale culturelle, tournée vers la Méditerranée. Les Mille et une nuits est une compilation de récits provenant de tout cet arc culturel, depuis la Perse – voire l’Inde –, jusqu’au Maghreb en passant par le golfe arabique…
Ils sont réunis dans une sorte de jeu de poupées gigognes, parce que chaque récit contient un autre récit qui lui-même contient un autre récit… Il me semblait donc intéressant de partir de là pour m’accorder à MP2013.





Dès les premières semaines de travail, vous parliez d’un spectacle « fantasmatique »…




Il y a beaucoup de fantasmes autour de l’Orient. Même les gens qui n’y sont jamais allés ont un Orient rêvé, nourri de tas de clichés, justes ou faux, extravagants ou réels… Ce spectacle est donc une sorte d’Orient « impressionniste », c’est-à-dire qui découle de mes impressions à la lecture des Mille et une nuits.
Ce n’est pas du tout un spectacle narratif, c’est plutôt une évocation sensitive… D’ailleurs, la figure de Shéhérazade sera difractée à travers toutes les danseuses qui chacune, porteront une singularité.




Vous avez commencé par évoquer l’érotisme. C’est un aspect que vous souhaitez mettre en valeur dans cette création ?




J’ai en effet voulu m’intéresser à cette question. C’est-à-dire : « Quel érotisme ? Qu’est ce que l’érotisme aujourd’hui ? »… Mais il ne s’agit pas que de ça.
Dans les Mille et une nuits, la figure de Shéhérazade est aussi très importante. Par sa culture, son intelligence et son imagination, elle devient un rempart contre la barbarie de ce prince, qui décide chaque jour de tuer une femme après l’avoir épousée la veille… pour éviter qu’elle ne le trompe.

C’est avec le verbe et la culture que Shéhérazade se dresse devant lui pour endiguer cette violence. J’y ai vu un vrai questionnement sur la place des femmes dans nos sociétés... Mais il ne faut pas oublier que dans les Mille et une nuits, la femme est parfois aussi montrée comme une diablesse : si par la figure de Shéhérazade, ce conte peut sembler féministe, l’ensemble reste assez machiste !





Faire appel à la sensualité de « l’Orient des lumières », c’est aussi une façon d’interroger l’Islam contemporain ?



Je crois que toutes les religions ont eu leurs moments d’obscurantisme et d’ouverture. Ce sont des cycles.
L’Islam est une grande religion, une grande culture, qui a connu des moments beaucoup plus éclairés. Aujourd’hui, on a l’impression qu’une certaine catégorie de Musulmans, comme les Salafistes, se resserre sur une tradition pas du tout accordée à notre monde.
Ce sont en effet des questions que j’aborde dans ce spectacle, non pas dans un jugement, mais plutôt dans une sorte de réflexion ouverte. Avec Les Nuits, j’ai donc voulu restituer une certaine sensualité. C’est un voyage, un rêve... Mais pas dénué de réflexion. Cela dit, sensualité et réflexion, je ne sais pas si ça marche ensemble !




L’idée d’une création autour des Mille et une nuits vous est venue d’une discussion avec Macha Makeïeff qui, de son côté, avait au même moment choisi de s’intéresser à la figure d’Ali Baba. Avez-vous vu son spectacle ?





C’était très jubilatoire. Beaucoup de truculence, d’invention… Et puis elle s’est emparée de la gouaille marseillaise !



Les critiques ont été déçus par ce show…



Oui, j’ai vu… Mais je n’ai assisté qu’à l’une des dernières représentations de son spectacle, et Macha m’a dit qu’elle l’avait beaucoup raccourci. Je ne peux donc savoir comment était la première.




Un mot sur cette capitale culturelle, elle-même fantasmée durant des années…



Le mot qui me revient, c’est « responsabilité ». Si Marseille a été choisie, ce n’est pas parce qu’on est les meilleurs, mais plutôt parce qu’on avait besoin d’un accélérateur. Je pense qu’il ne faut pas fanfaronner, mais essayer d’être à la hauteur de cette responsabilité, de cette mission, qui est de redynamiser, revaloriser, donner de nouvelles directions, de nouvelles voies et peut-être un nouvel esprit à Marseille. Rendre à cette ville ce qu’elle mérite.




A une semaine de la première, comment vous sentez-vous ?




Vous savez, le problème de la création, c’est un peu l'histoire du nageur qui quitte la plage pour aller vers la mer, et qui veut s’aventurer loin, le plus loin possible. Sauf que parfois, il tourne en rond, et ne se rend pas compte qu’il est à vingt mètres de la plage !
La plage, c’est les évidences, les clichés, les banalités… Alors en tant qu’artiste, on voudrait aller loin, inventer des choses jamais vues, s’éloigner de la plage des conventions.
Malheureusement, quand on part dans ce processus de création, on est comme perdu en pleine mer… Donc aujourd’hui, j’en suis là : je ne peux pas vous dire si je suis allé très loin ou si je ne suis qu’à deux pas de la plage !




http://www.telerama.fr/scenes/les-mille-et-un-fantasmes-d-angelin-preljocaj-pour-marseille-provence-2013,96453.php








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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Lun 23 Déc - 10:51

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Preljocaj gagne sa première étoile



Le chorégraphe a assisté vendredi soir à la nomination d'Alice Renavand dans « Le Parc », son chef-d'œuvre créé pour l'Opéra voici vingt ans.


Il a grimpé le grand escalier quatre à quatre avec la fébrilité des grands jours.
Vendredi soir, la rumeur disait qu'Alice Renavand pourrait être nommée étoile dans Le Parc.


Angelin Preljocaj a chorégraphié ce ballet voici vingt ans, l'année même où Brigitte Lefèvre s'installait à la direction du ballet qu'elle quittera à l'automne prochain.


Le Parc était sa première pièce pour le Ballet de l'Opéra de Paris et y demeure son plus indémodable succès.








Donné une centaine de fois, il a séduit le monde entier. C'est un hommage aux précieuses, à la carte du Tendre et aux lignes et diagonales des jardins de Le Nôtre. Il était naturel qu'il reçoive son étoile.





Vingt ans, déjà! C'est l'âge du Parc. Créée pour le Ballet de l'Opéra de Paris , l'œuvre a fait le tour du monde.

Le vrai grand tour, au-delà des scènes de théâtre, puisque la fameuse séquence du baiser volant sur l'adagio en fa dièse du Concerto pour piano no 23 en la majeur de Mozart a servi de publicité à Air France, filmée par Preljocaj dans les dunes marocaines avec Benjamin Millepied et Virginie Caussin.



Le Parc, c'est le meilleur de Preljocaj: un sujet en or, une création sur des interprètes extrêmement mobilisés, Isabelle Guérin et Laurent Hilaire, l'alliance réussie entre un décorateur, Thierry Leproust, et un costumier, Hervé Pierre, alors créateur chez Givenchy.


Vingt ans après, Le Parc garde sa fraîcheur et l'enthousiasme des danseurs pour l'interpréter est intact. «Angelin est revenu travailler le ballet avec nous, ce qui rend sa modernité toujours plus aiguë», dit Aurélie Dupont, qui l'interprète avec Nicolas Le Riche, après l'avoir dansé avec Manuel Legris et Laurent Hilaire, les deux créateurs du ballet.


«C'est une heure trente de danse dans lesquelles on se lance sans contraintes, avec beaucoup de plaisir. Il s'agit de faire évoluer le personnage, mission toujours très prisée des danseurs: l'héroïne est une ingénue pudique qui découvre l'amour et s'y donne.»


Laetitia Pujol, Isabelle Ciaravola, Alice Renavand s'y glisseront aussi. Preljocaj s'en est allé chercher pour le meilleur du côté de la carte du Tendre et des Liaisons dangereuses.



Pour mémoire , Manuel Legris et Aurélie Dupont dans Le Parc :









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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Ven 3 Jan - 15:22





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Preljocaj, la langue du signe



" La danse peut tout dire ", affirme le chorégraphe d'origine albanaise, dont deux pièces sont données à Paris.


Retour sur trente ans de création traversés par la volonté de toujours surprendre











Angelin Preljocaj débarque de New York, évoque sa tournée au Kazakhstan. Il se pointe par surprise au Palais Garnier, où se joue Le Parc (la pièce y était à l'affiche jusqu'au 31 décembre), prépare une exposition au Théâtre de Chaillot, avant de repartir pour Aix-en-Provence, où il dirige le Centre chorégraphique national.
Il ne semble pas avoir le tournis, dissimule le jet-lag des artistes qui vivent avec leur valise, arrive toujours à l'heure aux rendez-vous.




Preljocaj, figure de premier plan de la danse contemporaine française depuis le milieu des années 1980, vedette à l'international, a le chic de rester simple.
Il répète actuellement " la saison 3 " de sa " série " autour du compositeur américain John Cage intitulée Empty Moves III, qui sera à l'affiche du festival Montpellier Danse, en juin. Décryptage du succès d'une star qui brille sans faillir ni faiblir.





Racines




Angelin Preljocaj se garde bien d'oublier d'où il vient. Il est né de parents albanais, réfugiés politiques en France en 1957. Son père était fermier et deviendra menuisier. Sa mère le portait dans son ventre lorsqu'elle traversa à pied la frontière de son pays. Installée à Champigny (Val-de-Marne), la famille comptera bientôt cinq enfants dont quatre filles. Angelin est l'aîné et sera élevé dans cette " culture ancestrale fondatrice ". Il la sublimera dans son spectacle Noces (1989), inspiré par la tradition albanaise du mariage vécu comme un rapt.




" La pensée très forte qui l'anime vient du fait qu'il a toujours les pieds dans ses racines, commente la directrice de la danse de l'Opéra de Paris, Brigitte Lefèvre, qui le connaît depuis ses débuts.
C'est ce qui me touche beaucoup chez lui, cette force qu'on pourrait dire paysanne, viscérale.


" A la maison, Angelin Preljocaj parle albanais, apprend le français, confie qu'il " n'était pas très bon à l'école ". Lorsqu'en 1994 il va pour la première fois présenter un spectacle à Tirana (Albanie), il emmène ses parents, pour lesquels le président de la République de l'époque, Sali Berisha, affréta un hélicoptère pour qu'ils rendent visite à leurs cousins, dans les montagnes. " Mes parents étaient sur une liste noire, ils sont revenus invités à l'Opéra ", résume-t-il.




Un an plus tard, alors qu'il vient de s'installer au Théâtre national de la danse et de l'image de Châteauvallon, à Toulon, il décide de quitter la ville qui a voté Front national aux municipales. Jean-Marie Le Pen lui conseille " de retourner à Tirana ".


C'est dans le Val-de-Marne, son département, qu'il demande à être décoré de la Légion d'honneur, en 1998. Il choisira le plateau de la Maison des arts et de la culture de Créteil (MAC) pour recevoir sa décoration. " Ses parents étaient là, se souvient Didier Fusillier, le directeur de la MAC. C'était une cérémonie très tendre. Si le Val-de-Marne lui a donné les moyens politiques de travailler, il lui a en retour fait beaucoup de bien. "





Ecrire la danse



Energie d'enfance de judoka, désir adolescent de danse classique en dépit de sa mère qui lui " piquait son collant ", appétit de jeune homme pour le contemporain : Preljocaj additionne les formations pour atterrir en 1978 au Centre national de danse contemporaine d'Angers et devenir quelques années plus tard, en 1982, interprète chez Dominique Bagouet (1951-1992).




Dès ses premières pièces, au milieu des années 1980, ces différents apprentissages se retrouvent noués dans le tressage classique-contemporain qu'il façonne à même sa silhouette d'homme nerveux et sec. Avec quelque chose de sauvage, de rugueux, qui lui fait soudain appuyer sur le champignon quand sa danse risque de devenir trop sage.




Chez le chorégraphe, l'arabesque et l'attitude classiques sont toujours cassées d'un coup de tête, vrillées d'un tour de hanche, lorsqu'elles n'explosent pas en plein vol dans des accès d'humeur.
Celui qui s'est promis " d'écrire la danse pour que Liza, - sa - mère, lise " ne cesse, depuis trente ans, de réinventer son vocabulaire, sa syntaxe : " Si être chorégraphe, ce n'est pas élaborer un langage avec la danse, c'est quoi alors ?, s'exclame-t-il. C'est la forme et la structure qui véhiculent les affects dans leur cheminement. Et je n'en finis pas de chercher mon écriture. "




Reconnaissable à chaque nouveau spectacle, comme tout auteur, régulièrement différent, comme tout écrivain, Preljocaj possède un style. " Il sait aussi faire exister l'espace, donner forme au vide entre les corps, insiste l'écrivain Eric Reinhardt, son ami depuis 2002. Plus globalement, il réussit à transmettre des états, à “contaminer” le spectateur de façon très particulière. "




Raconter des histoires (mais pas que) Celui qui aime passionnément l'écriture chorégraphique dans sa beauté pure se plaît aussi à travailler à partir de livrets et de textes.
Grand lecteur, il a collaboré avec Pascal Quignard pour L'Anoure (1995), Eric Reinhardt pour Siddharta (2010) ou Laurent Mauvignier pour Ce que j'appelle oubli (2012). " Je crois que sa force réside dans la façon dont il apporte des récits aux gens avec quelque chose d'onirique et de fantastique dont ils ont besoin actuellement, commente Laurent Mauvignier.


Surtout, il ne s'interdit rien ou plutôt s'autorise ce qu'il a envie de faire. " Autrement dit, et dans le désordre, il parle de l'héroïsme, de Jeanne d'Arc, de la mort, de la virtualité, de la haine, de l'apocalypse…



La liste des sujets des spectacles de Preljocaj, qui clame toujours que " la danse peut tout dire ", est sidérante. Avec la violence et l'érotisme comme degrés extrêmes d'une échelle dont l'amplitude est unique pour un chorégraphe aussi populaire. " Il aime le public, poursuit Laurent Mauvignier. Mais il ne fait pas des spectacles pour lui plaire, c'est ce qui fait sa différence. "





Surprise surprise




Angelin Preljocaj, qui tourne dans le monde entier et est l'invité régulier du Ballet de l'Opéra national de Paris, fait vivre à l'année une compagnie de 24 danseurs. Il détient un record : 130 dates de représentation par an. Et il cartonne partout où il passe. " Ce n'est pas une valeur sûre comme on a l'habitude de dire, observe Didier Fusillier, qui le programme régulièrement à la Maison des arts de Créteil. On ne sait jamais vraiment ce qu'il va produire et c'est bien sans doute le seul de sa génération à s'exposer parfois terriblement. C'est pour cette raison que je suis toujours très attentif à chacun de ses spectacles. "




Surprenant, Preljocaj ? Deux fois oui. Il bascule ainsi d'Amer America (1990), fresque sur l'immigration, à Roméo et Juliette (1990), sur la musique de Prokofiev, de Blanche Neige (2008), dans des costumes de Jean Paul Gaultier, à Ce que j'appelle oubli (2012), pièce autour d'un fait divers contemporain sanglant. " J'aime, comme c'est arrivé récemment, que des gens me découvrent en venant voir ma version de Blanche Neige et se retrouvent quelque temps plus tard à prendre des billets pour un spectacle qui n'a rien à voir comme Le Funambule.


" En 2009, ce spectacle – premier solo de sa carrière, d'après le texte éponyme de Jean Genet – met en scène ce danseur amoureux des mots dans une partition dansée et jouée. Il a 52 ans et s'exhibe en toute vulnérabilité au grand public.





Laisser des traces




" Complexe d'immigré sans doute ", comme il le déclare tout de go, Angelin Preljocaj ne se contente pas de la vieille lune de la danse, " art éphémère condamné à disparaître ". Il s'ingénie au contraire à la préserver, à la conserver envers et contre tout.


Pour son art, il veut du dur, du massif. Il filme ses spectacles, est à l'origine de nombre de livres sur son travail, embauche à demeure une " notatrice " (il est le seul en France à le faire), Dany Lévêque.


Cette experte en système de notation Benesh transcrit sur des partitions écrites ses pièces, aide à les transmettre à de nouveaux interprètes et à les remonter à l'étranger. Ce besoin viscéral de donner des bases solides à la danse apparaît très vite dans son parcours.




En 1984, le jeune chorégraphe, revenu vivre à Champigny, devient le point de convergence de désirs politiques et artistiques. " Il vivait dans un squat à l'époque, se souvient Lamri Bounoua, directeur d'études à la mairie de Champigny. Un ami m'a parlé de lui. Il avait besoin de se poser quelque part. Pour lui, nous avons transformé en studio de danse un patio couvert du Centre culturel Jean-Vilar, puis nous avons officialisé sa présence en créant une résidence. " " Il a très vite compris qu'il fallait passer de la bande de copains qui dansent à une compagnie structurée avec ses exigences ", ajoute Corinne Michel, aujourd'hui directrice de ce centre.




Une dizaine d'années plus tard, Preljocaj imagine un théâtre, le Pavillon noir, à Aix-en-Provence. Ce bloc de béton noir, véritable monument à son œuvre et à la danse, a été conçu en 1999 par l'architecte Rudy Ricciotti. " Il m'a souvent dit qu'il avait ma gueule ", glisse le chorégraphe. Cette salle a été inaugurée en 2006.




La grande histoire Angelin Preljocaj ne se contente pas de cibler des thèmes d'aujourd'hui. Il aime s'inscrire dans l'histoire et broder autour des chefs-d'œuvre du patrimoine scénique.


Dès 1989, à la demande de Michel Caserta, directeur à l'époque de la Biennale de danse du Val-de-Marne, il se confronte pour la première fois à un monstre musical et chorégraphique : Les Noces, de Stravinsky, chorégraphié en 1923 par Bronislava Nijinska. Il fait le grand saut et orchestre un rituel d'amour et de violence sourde tel que certaines de ses sœurs l'ont vécu lors de leur mariage. " Il est toujours intéressant de répondre à des commandes, observe Preljocaj. Cela m'oblige à me confronter à des sujets qui sont parfois à l'opposé de mes préoccupations, à me réinventer. "




Ce ballet, toujours inscrit au répertoire de la compagnie, ainsi qu'à celui d'autres troupes étrangères, ouvre la voie à d'autres relectures comme Roméo et Juliette (1990), sur la musique de Prokofiev, puis Parade (1993), d'après le ballet originel chorégraphié en 1917 par Léonide Massine, ou Le Spectre de la rose (1993), inspiré par celui créé en 1911 par Michel Fokine.



En 2001, son Sacre du printemps, sur la partition de Stravinski, compte parmi les versions choc suscitées par ce spectacle chorégraphié en 1913 par Vaslav Nijinski.


Rosita Boisseau

© Le Monde




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MessageSujet: Re: ANGELIN PRELJOCAJ   Mer 1 Juil - 15:59

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Angelin Preljocaj à Avignon









Angelin Preljocaj, un des chorégraphes français les plus connus dans le monde, fête cette année les 30 ans de sa compagnie, tout en préparant avec l'écrivain Laurent Mauvignier et le plasticien Adel Abdessemed une création pour la Cour d'honneur du Festival d'Avignon, "Retour à Berratham".

Tous trois ont présenté lundi à Paris le projet à la presse, ainsi que le programme anniversaire des 30 ans de la compagnie au Pavillon Noir d'Aix-en-Provence, où Angelin Preljocaj dirige le centre chorégraphique national depuis 2006.

3 comédiens, 11 danseurs

"Retour à Berratham", une des pièces phares du prochain festival d'Avignon, sera donnée par 14 interprètes (3 comédiens et 11 danseurs) du 17 au 25 juillet dans la Cour d'honneur du Palais des Papes.



"C'est la première fois que j'écris pour quelqu'un", a expliqué lundi Laurent Mauvignier. S'il s'est prêté à cet exercice, c'est pour "prolonger" la complicité née avec l'adaptation par Angelin Preljocaj en 2012 de son texte "Ce que j'appelle oubli" (2011), récit en une seule phrase de 60 pages inspiré d'un fait divers: le tabassage à mort d'un SDF à Lyon par des vigiles en 2009.


"La guerre qui perdure dans les corps"


Dans "Retour à Berratham" (publié début juin aux Editions de Minuit) Mauvignier aborde le retour d'un homme après la guerre sur son lieu de naissance, à la recherche de son amour de jeunesse. Il s'agit de raconter "l'après-guerre", explique-t-il. "C'est l'onde vibratoire de la guerre qui perdure dans les corps", juge le chorégraphe.



"Une tragédie épique contemporaine"


"Retour à Berratham" est une "tragédie épique contemporaine" pour Angelin Preljocaj. Un "choeur des morts" raconte l'histoire, et des personnages, acteurs ou danseurs, surgissent pour s'emparer du texte", décrit Laurent Mauvignier. Le lieu, Berratham, est imaginaire, "même si on pense à Bethléem ou Beyrouth", convient Laurent Mauvignier.

Adel Abdessemed a souhaité "habiter" la Cour d'honneur avec quatre éléments, une grande étoile de fil de fer, une voiture, un grillage évocateur "d'Auschwitz comme de Guantanamo", et une poubelle.

"Il y a une dimension autobiographique pour Angelin, a-t-il souligné, rappelant que ce dernier était "arrivé en France dans le ventre de sa mère qui fuyait la guerre".



Un anniversaire et des reprises

Né dans une famille albanaise d'ex-Yougoslavie réfugiée politique en France, Angelin Preljocaj, 58 ans, a fait des études de danse classique avant de s'orienter vers la danse contemporaine. Ses ballets contemporains ne s'éloignent jamais totalement du langage classique.

Il crée sa compagnie en 1985 et a chorégraphié depuis 48 pièces, dont "Le Parc" pour le ballet de l'Opéra de Paris en 1994. L'anniversaire de la compagnie est l'occasion de reprendre des pièces d'anthologie, comme "La Stravaganza" et "Spectral Evidence", créées pour le New York City Ballet, ou "Roméo et Juliette" (1990).

Par ailleurs deux soirées anniversaires seront célébrées : le 19 septembre à Aix en Provence et le 10 octobre au théâtre de Chaillot.

http://culturebox.francetvinfo.fr/scenes/danse/angelin-preljocaj-celebre-les-30-ans-de-sa-compagnie-et-prepare-avignon-216707






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