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 NIRVANA (KURT COBAIN)

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shinku

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MessageSujet: NIRVANA (KURT COBAIN)   Lun 15 Sep - 12:41



« Il n’y aura jamais de mauvais album de Nirvana. Nous tuerons le groupe avant » disait Kurt Cobain aux " Inrockuptibles" lors d’une interview donnée en août 1993, juste avant la sortie d’ « In Utero ».

Pour finir, c’est Nirvana qui aura eu raison de Kurt puisque moins d’un an plus tard, le chanteur se suicidait. Tout comme ses deux acolytes, Dave Grohl et Kris Novoselic, Kurt ne supportait plus la machine à fric que devenait selon lui Nirvana, il ne voulait pas finir en rock star obèse croulant sous les dollars, braillant dans des stades géants ou sirotant un whisky au bord d’une piscine luxueuse. Et pourtant, si Kurt n’a pas fini ses jours aussi gras que Jeffrey Lee Pierce, il n’a pas échappé aux vieux clichés du rock : drogué jusqu’aux os, fou amoureux d’une femme aussi extrême que lui côté défonce, et souffrant aussi bien d’un mal-être sans limite que d’un mal d’estomac incurable, Kurt ne pouvait pas faire pire en ajoutant à la liste un suicide pour devenir ce qu’il souhaitait tant fuir : un véritable mythe.

Kurt Cobain est né à Hoquiam le 20 février 1967 mais passe son enfance à Aberdeeen, une petite ville de l’Etat de Washington où l’on compte une majorité de coupeur de bois en chemise à carreaux et de pêcheurs un peu bourrins et machistes sur les bords, préférant s’adonner à la culture de la bière et du sport plutôt qu’à tout autre forme d’élévation intellectuelle. Bien que cet environnement social ne corresponde pas vraiment à la personnalité déjà ultra sensible du petit Kurt, celui-ci baigne dans une atmosphère plutôt paisible jusqu’à ses huit ans. Le petit garçon se passionne très tôt pour la musique lorsqu’il découvre les Beatles à la télé. Mais tout ce univers serein s’écroule quand ses parents divorcent en 1975, Kurt vit très mal cette séparation. Il part vivre avec son père mais ne cesse de se disputer avec lui. En effet son paternel voit d’un très mauvais œil l’engouement de Kurt pour la guitare et finit par le mettre à la porte. Kurt s’en va alors séjourner de façon provisoire chez sa mère et ses oncles, sans avoir véritablement de toit fixe.

A cette époque, Kurt se définit de plus en plus personnellement et musicalement. Sensible, intriguant, très marqué par la condition de la femme et le mouvement féministe (le très troublant journal intime de Kurt traduit par Laurence Romance évoque parfaitement cet aspect très particulier de cette personnalité hors du commun), Kurt est de plus non seulement attiré par la musique mais est aussi un excellent dessinateur. Côté influences, il est attiré tout d’abord non pas par des mélodies délicates mais par les sons puissants de Black Sabbath et de Led Zep pour ensuite se lancer à corps perdu dans le punk rock et le hardcore made in USA par l’intermédiaire de son ami Buzz Osbourne, le chanteur des excellents Melvins. C’est le même Buzz qui présente ensuite Chris Novoselic, lui aussi mordu de punk rock à Kurt. Cobain a déjà évolué dans différents groupes de rock et propose à Chris d’intégrer son groupe actuel, Fecal Matter où les deux compères jouent en duo. Problème, il manque un batteur, et en 1987, Aaron Brikhard rejoint la formation qui change alors de nom et s’appelle Skid Row, puis Ted Ed Fred, puis Pen Cap Chew, puis Windowpane…Un jour Kurt propose Nirvana : le groupe a enfin trouvé son identité…Enfin presque puisque le batteur lâche les deux musiciens, remplacé alors par Dave Crover.



En 1988, après avoir écumé quelques salles de concert, Nirvana enregistre une démo dans les studios du producteur affilié au label Sub Pop, Jack Endino. Le batteur une fois de plus laisse tomber notre duo mais Chris et Kurt ne lâchent pas prise et font le tour des maisons de disques indés avec leur cassette. C’est Sub Pop, influencé par Jack Endion qui va signer le premier single de Nirvana, « Love Buzz », qui sort fin 1988. Nirvana participe ensuite à une compile et part tourner dans les salles underground avec un nouveau batteur, Chad Channing. Puis en trois jours de studio seulement, Nirvana enregistre « Bleach » qui sort en 1989.

Nirvana rebranche les amplis pour une nouvelle tournée, mais cette fois c’est Jason Everman, guitariste arrivé lors de l’enregistrement de Bleach qui lâche le groupe et Nirvana doit abréger sa série de concerts. « Bleach » obtient un certain succès, notamment auprès de la critique rock britannique. Nirvana s’envole alors pour la Grande-Bretagne pour donner des concerts. De retour aux Etats Unis, le groupe enchaîne sur d’autres concerts mais la malédiction des batteurs continue puisque le dernier en date est éjecté. Epuisé, le groupe s’accorde ensuite une petite pause, sauf Kurt, bien décidé à composer de nouvelles chansons avec le batteur Dan Peter. Nirvana met ensuite en boîte le titre « Sliver » puis retourne sur les routes des concerts avec Dave Crover aux baguettes, et où ils font notamment quelques premières parties de Sonic Youth.

Nirvana détient déjà la recette de ce que l’on appellera par la suite le mouvement grunge, un mélange de guitares punk énervées et de pop surexcitée. Mais pour le moment, le groupe n’explose pas encore. Fidèles à leur « éthique punk », ils hésitent à sortir du milieu punk et hardcore. De plus, ils ont toujours de gros soucis côté batterie, ce qui fait que Nirvana n’a toujours pas de base stable. Ce problème sera réglé lorsque Kurt et Chris découvrent la puissance de jeu de Dave Grohl lors d’un concert de Scream, son groupe de hardcore. Ils proposent alors à ce batteur génial de joindre à eux, et c’est enfin une bonne pioche.

Finalement, Nirvana met fin à ses doutes existentiels concernant leur éthique punk et décide de signer avec Geffen, une grande maison de disque pour l’enregistrement de leur second album. Avec Butch Vig à la production, Nirvana met en place « Nevermind », THE album mythique qui fait un carton à sa sortie en 1991 et propulse le groupe au sommet des charts. L’imparable single « Smells Like Teen Spirit », fait connaître Nirvana dans le monde entier et le groupe est célébré aussi bien par le public que par la critique. La planète rock est alors bouleversée par cette véritable bombe, l’énergie fulgurante de Nirvana évinçant d’un coup le métal lourd et autres rock mainstream. Cet album est très vite considéré comme le porte-parole de toute une génération de mélancoliques aux cœurs et aux corps paralysés par le non sens de l’existence. Kurt est tout naturellement élu comme chef de file de cette jeunesse larguée. Avec « Nevermind », le rock fait enfin un virage à 180° lorsque le mouvement grunge, issu de la philosophie comme du son rageur de Nirvana se propage de part et d’autre du globe. Tout le monde aborde alors le cheveu gras et la veste à carreau, écoutant à plein tube « Territorial Pissing » ou « In Bloom ».

Le groupe est alors réclamé dans toutes les salles de concert, et MTV passe en boucle le clip de « Smells Like Teen Spirit ». C’est à cette époque que Kurt Cobain épouse la sulfureuse Courtney Love, nouvelle qui fait sensation dans toute la presse, qui ne cessera par la suite de glaner les histoires de drogues, d’overdoses et autres ragots du même acabit. Kurt et Courtney deviennent dans la vision de beaucoup de gens un couple terrible à l’image de Sid & Nancy. En 1993, Courtney Love donne naissance à une petite fille, Frances Bean et une rumeur court sur le fait que la maman se droguait pendant sa grossesse et que le bébé est né en état de manque. Les services sociaux se mêlent de l’histoire et menacent de retirer l’enfant à leur parent. La pression est telle que le fragile Kurt cède à la pression et craque complètement.

L’épopée drugs & rock’n’roll de Kurt et Courtney n’empêche pas Nirvana de continuer à cartonner, même si le groupe se retrouve à cet époque en procès, accusé d’utiliser un nom de groupe déjà déposé. Le procès ne pénalisera pas Cobain et sa bande, et le groupe continue à évoluer sous ce nom.

Mais le trio vit de plus en plus mal les concerts qui s’ enchaînent et deviennent routiniers ainsi que la surmédiatisation permanente et le groupe décide de faire un petit break. En 1992, paraît « Incesticide », un album contenant de petits joyaux inédits. Quelques temps après, Nirvana reprend les chemins des studios pour enregistrer « In Utero » qui sort en septembre 1993. Plus brut, plus rageur, moins ciselé que « Nevermind », « In Utero » aborde toutes les angoisses et les psychoses de Kurt sans détour. En novembre 1993, Kurt en vieux gilet crade donne avec Nirvana un magnifique concert pour MTV, le fameux "Unplugged in New York" qui sortira sur disque à titre posthume en 1994.


ALL APOLOGIES

Or, la vie éreintante de Nirvana, les doses excessives de drogues dures puis les problèmes de couple finissent par totalement anéantir Kurt Cobain. En mars 1994, Kurt fait une première tentative de suicide à Rome, où Courtney le découvre inconscient dans une chambre d’hôtel, suite à une prise massive de somnifères. Refusant de faire une cure de désintoxication, il rentre finalement dans une clinique d’où il s’enfuit deux jours après son arrivée pour rejoindre Seattle (les derniers jours de Kurt Cobain sont superbement évoqués dans « Last Days », le film de Gus Van Sant sorti en 2005). Le 8 avril 1994, Kurt Cobain est retrouvé mort, une balle dans la tête. Avant de mettre fin à ses jours, le chanteur a laissé à côté de lui un mot contenant une citation de Neil Young : « It’s better to burn out than to fade away » : « Mieux vaut se consumer que de s’éteindre ». Une chose est sûre, Nirvana et le fantôme désespéré de Kurt ne sont pas prêt de s’éteindre…Dommage qu’ils se soient consumés si vite…

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MessageSujet: Re: NIRVANA (KURT COBAIN)   Sam 7 Mar - 14:55

Nirvana renaît de ses cendres



Nirvana , le groupe emblématique de la mouvance grunge des années 1990, revient sous les projecteurs, quinze ans après le suicide de Kurt Cobain .
Pour commémorer ce funeste anniversaire, Polydor a eu l'idée lumineuse de ressortir le 30 mars en édition spéciale le coffret collector With The Lights Out , à l'origine paru en 2004.
Rassemblant 81 titres rares en trois coffrets et un DVD, With The Lights Out transportera au Nirvana les fans de longue date comme les novices. De nombreux inédits, acoustiques et démos leur permettront d'entendre retentir à nouveau la voix déchirée de Kurt Cobain dans des versions conférant une autre dimension à cette musique transgénérationnelle.

http://musique.premiere.fr/News-Musique/SORTIE-ALBUM-Nirvana-renait-de-ses-cendres/(gid)/1535076
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MessageSujet: Re: NIRVANA (KURT COBAIN)   Dim 29 Mar - 9:04

A l’occasion des quinze ans de la disparition de Kurt Cobain cette année, le coffret collector With The Lights Out sera à nouveau dans les bacs dès le 30 mars prochain.




Parti de rien, le groupe s’est fait remarqué par un premier single et a été rapidement signé chez Sub Pop pour un premier album. Enregistré pour à peine 600 $, Bleach pose les fondements de l’ère Nirvana. Un rock dur, sale, et âpre qui deviendra un nouveau genre musical : le grunge, représenté également par Alice In Chains, Pearl Jam, Soundgarden…
Avec l’arrivée du batteur Dave Grohl, le groupe trouve enfin son line up définitif et entre en studio pour enregistrer son deuxième album, Nevermind, le premier depuis la signature en major sur DCG Geffen. Butch Vig produit, Andy Wallace mixe. L’album entre n°1 du Billboard 200 et se vend à un rythme de 400 000 copies par semaine aux US. Tout le monde connaît cette pochette du bébé nageant les yeux ouverts dans une piscine.

In Utero sort ensuite en 1993. Les problèmes de santé et les addictions de Cobain forcent le groupe à annuler la fin de leur tournée européenne. Contraint par les membres du groupe et sa femme Courtney Love à intégrer un centre de désintoxication, Kurt Cobain en escalade le mur d’enceinte au bout d’une semaine pour rentrer à Seattle.
Il sera retrouvé mort chez lui quelques semaines plus tard, le 5 avril 1994, âgé de 27 ans seulement. Une mort mystérieuse qui n’a pas manqué d’alimenter les plus folles rumeurs…

Après sa mort, Cobain lègue un des héritages musicaux les plus riches. Après la sortie du MTV Unplugged et d’une compilation de live, le groupe sort un best of comprenant un inédit et la longbox With The Lights Out, qui sera un énorme succès et dont le stock sera rapidement épuisé, en faisant un objet de collection rare. C’est ce coffret With The Lights Out qui ressort aujourd’hui, à l’occasion des quinze ans de la disparition de Kurt Cobain. 81 titres rares répartis sur 3 disques et un DVD qui feront le bonheur des fans du plus grand groupe de rock.


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MessageSujet: Re: NIRVANA (KURT COBAIN)   Dim 29 Mar - 9:10

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MessageSujet: Re: NIRVANA (KURT COBAIN)   Dim 26 Avr - 9:11

En effet, deux versions du live donné au festival de Reading en 1992 seront proposées : la première, intitulée Life Takes No Prisoners, est un bootleg non officiel qui sera disponible le 4 Mai, alors que la versin officielle sera disponible en Novembre et comprendra notamment un remix 5.1 ainsi que des bonus inédits.


COME AS YOU ARE

Le concert de Nirvana donné au Reading Festival de 1992 est considéré comme l'une des meilleures performances scéniques du combo, et est resté célèbre car Kurt Cobain y a fait son apparition sur scène en fauteuil roulant, puis a gardé sa chemise d'hôpital durant tout le set.

Et voilà le programme :

'The Rose'/ 'Intro'
'Breed'
'Drain You'
'Aneurysm'
'School'
'Sliver'
'In Bloom'
'Come As You Are'
'Lithium'
'About A Girl'
'Tourette's'
'Polly'
'Lounge Act'
'More Than A Feeling'/'Smells Like Teen Spirit'
'On A Plain'
'Negative Creep'
'Been A Son'
'All Apologies'
'Blew'
'Dumb'
'Stay Away'
'Spank Thru'
'Love Buzz'
'The Money Will Roll Right In'
'D-7'
'Territorial Pissings'
'The Star Spangled Banner'

Source : NME & albumrock.net
coeur


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MessageSujet: Re: NIRVANA (KURT COBAIN)   Dim 26 Avr - 19:05


L'original et rien que l'original, pour ce magnifique titre qui a été copié, repris et malmené .. voilà le VRAI
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MessageSujet: Re: NIRVANA (KURT COBAIN)   Dim 26 Avr - 19:16

Que reste-il de Kurt Cobain ?



Kurt Donald Cobain (né le 20 février 1967 à Aberdeen et mort le 5 avril 1994 à Seattle) est un musicien américain. Il est mondialement connu pour avoir été le chanteur et le guitariste du groupe grunge Nirvana.

Le passage éclair de la comète Nirvana dans le ciel des années 90 a ravivé une certaine idée du rock pur et dur, provoquant un tsunami dont on mesure encore aujourd’hui les effets. Quant à la mort de Kurt Cobain, elle aura transformé en icône un garçon à la normalité troublante, qui n’a jamais de son vivant retourné sa chemise à carreaux.

Stéphane Deschamps
LES INROCKS

Les imitations, c’est sympa, ça plaît aux gens. En 2006, pendant la cérémonie télévisée des Victoires de la musique, la chanteuse Anaïs fait de la cornemuse écossaise avec sa bouche et, quelques jours plus tard, les ventes de son album grimpent au sommet des Highlands. Trois ans plus tard, pour la 24e édition, le sympathique chanteur de variétérock Damien Saez se dit que, lui aussi, il peut faire rigoler les gens, faut pas croire. Il arrive sur la scène en jean déchiré et chemise à carreaux ouverte sur un T-shirt noir, le cheveu et la barbe en friche, l’air à moitié mal commode et l’attitude nonchalante, voire rebelle. Au moment où il empoigne sa guitare folk et s’assoit sur une vieille chaise en bois, ça y est on a compris : il est trop ouf ce Damien Saez, il s’est déguisé en Kurt Cobain, il va nous faire une imitation. Poisson d’avril. Un 28 février. Peut-être en hommage à ce 5 avril d’il y a quinze ans, quand le vrai Cobain, malheureux comme un chien perdu, se tirait une balle dans la tête – selon la légende.

Car avec Kurt Cobain, on est encore en plein dans la légende, comme si on avait marché dedans. La balle qui est entrée dans sa tête ne s’est pas arrêtée. Elle est allée se ficher dans la grande horloge de l’histoire des icônes du rock, dont elle a bloqué les aiguilles. Qu’est-ce qu’une rock-star ? Un loser qui a réussi, un winner malgré lui. Ou un sportif qui a mal tourné. Un gars qui peut sauter plus haut que les autres, faire des moulinets hyper rapides avec son bras, encaisser les substances dopantes. La différence entre un sportif et une rock-star, c’est que la seconde ne s’arrête pas après la ligne d’arrivée.

Aujourd’hui, Rockstar, c’est aussi un développeur de jeux vidéo, yeah, clique sur l’icône ! Mais une icône du rock, justement, c’est encore autre chose. Un artiste dont le visage finit par être plus connu que les chansons, dont les traits légendaires et éternellement juvéniles sont imprimés sur des T-shirts et des posters pour la postérité (ou à perpétuité ?), tel le saint suaire du Christ ; dont le nom est inscrit au marqueur sur les sacs d’école d’adolescents qui n’étaient même pas nés quand l’icône est morte ; dont les chansons sont devenues des reprises ; dont l’histoire inspire des cinéastes et des écrivains ; dont les reliques font la fortune des marchands du temple – on a ainsi vu, récemment, une marque de baskets commercialiser un modèle dédié à Kurt Cobain, ultime icône du rock, donc.



Des preuves ? D’abord, Kurt Cobain est membre du très sélect, troublant et maudit Club des 27, cette assemblée posthume des musiciens morts à 27 ans (qui compte en ses rangs Brian Jones, Robert Johnson, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison, D. Boon des Minutemen, Chris Bell de Big Star, Gary Thain d’Uriah Heep, Alan Wilson de Canned Heat, Pete de Freitas d’Echo & The Bunnymen, Pigpen du Grateful Dead, Kristen Pfaff de Hole, Jeremy Ward de The Mars Volta et quelques autres).



Qui d’autre, sinon Cobain ? Peter Doherty est déjà trop vieux – il a 30 ans, même si on lui en donnera toujours 14. Alors que Doherty ressemblera sans doute toute sa vie à un enfant déguisé en adulte, Kurt Cobain était plutôt un adulte coincé à jamais dans l’aliénation et le jusqu’au-boutisme de l’adolescence (et ça fait mal). Amy Winehouse pourrait se mettre sur les rangs (elle aura 27 ans en 2010), mais elle semble avoir pris l’option top destroy plutôt que musique – franchement, entendra-ton un jour un troisième album d’Amy Winehouse ? Et qui frissonnera en réécoutant Back to Black dans quinze ans ?

Lux Interior, chanteur des Cramps récemment décédé, ne peut prétendre au statut d’icône au sens religieux : il n’était pas une image pieuse, plutôt une photo cochonne qu’on se montre sous le manteau. Et puis, de tous ceux-là, aucun n’a la beauté de Kurt Cobain, ce regard honnête et clair, brûlant d’une intense et vertigineuse vacuité sous un casque de chevalier blond.


Ce qui fait de Kurt Cobain l’ultime icône du rock, c’est certes le grand cirque morbide et commercial qui a suivi et entouré sa décadence et sa mort. Kurt Cobain maudit martyr, Christ électrique, autodétruit sur l’autel de sa légende, ce genre de sornettes romantico-destroy. Mais ce qui rend l’icône inoxydable, c’est surtout la relation intime qu’ont entretenue les fans avec la musique de Nirvana – un groupe dont le nom transcendantal, déjà, invitait à l’adulation. Pour une génération, née dans les années 70, l’ascension de Nirvana fut la dernière occasion de vivre en direct, de plein fouet, une certaine idée du rock, pur et dur, extrême, dangereux, irrécupérable, fatalement tragique. Un tsunami de poix qui a à peu près tout balayé sur son passage, les missionnaires du rock indépendant comme les notables installés du rock de stade – Nirvana se trouvant étrangement pile entre les deux, dans une position finalement inconfortable.

La musique de Nirvana fut une forme de blues originel supersonique, essentielle et douloureuse, qui rend tout le reste insipide. Nirvana a fait exploser les barrières entre l’underground et le mainstream, entre le songwriting et le rock bruitiste, entre l’intime et le général, entre la rock-star et le public. Le talent naturel de Nirvana, et de Cobain en particulier, c’est d’avoir sauvé le rock sans changer de vêtements, sans enfiler de criarde panoplie de rock-star, avec toujours plus de fond que d’attitude.

Quinze ans après la mort de Kurt Cobain, une nouvelle cloison, en papier glacé, est apparue entre le rock et son public. Feuilletons n’importe quel magazine de mode : on croise plus de musiciens de rock dans les pubs et les pages style qu’à la rubrique musique. La trajectoire d’Iggy Pop est emblématique de cette évolution : d’icône absolue de l’extrémisme rock, le leader des Stooges est devenu cette sympathique caricature jeuniste de luimême, agitant son corps de vieil iguane sexy et parcheminé dans des spots publicitaires. On comprend ses motivations, on compatit, mais on se dit aussi qu’on n’a jamais vu Neil Young faire de la pub. Et que si Kurt Cobain avait vécu, il aurait sans doute suivi la voie du Loner, sans retourner sa chemise à carreaux. C’est assurément contrariant pour ses projets d’avenir, mais il faut reconnaître ça à Kurt Cobain : il n’a pas eu l’occasion (ou le temps) de foutre la honte à sa propre légende. Depuis le crash de Nirvana, le rock est devenu un média, plutôt qu’une fin en soi. Kurt Cobain, ce n’était pas la télé-réalité, c’était la réalité, le besoin d’amour, la confusion, la désillusion, l’épuisement, la mort au bout.

Après la farouche parenthèse Kurt Cobain, le rock s’est transformé en accessoire de mode et ses musiciens coté en porte-manteaux, caution glamour d’une industrie. Tous les fans de rock n’ayant pas les moyens (ou l’envie) de s’habiller en petit costume de créateur, l’identification est rendue plus difficile. Si Kurt Cobain est devenu une icône du rock, ce n’est pas pour la virtuosité de son jeu de guitare, ni pour sa vie de junkie borderline.

Le cauchemar doré de sa vie a pu nous faire rêver. Mais finalement moins que sa normalité, son humanité, ses émotions, ses défauts, ses faiblesses, sa faillite, sa gueule de bois. Il ne ressemble à personne dans l’histoire des icônes de la musique, parce que personne n’a autant ressemblé à un mec normal, embarqué et broyé dans sa propre histoire. Héros du peuple, revanche des gueux, à des annéeslumière des poses, de l’esprit de caste et des plans marketing qui amochissent le monde du rock aujourd’hui.

Sa vie et sa musique semblaient tenir en une question, celle qui taraude tous les adolescents du monde : comment se libérer, comment trouver sa place, comment être soi quand tout le monde vous regarde ? Kurt Cobain n’a sans doute pas trouvé la meilleure réponse. Mais son passage fulgurant sur Terre reste une sorte d’exemple tordu, de leçon à ne pas apprendre par coeur, pour tous ceux qui se demandent si ça vaut vraiment le coup d’essayer de changer le monde, ou même seulement de chemise.

Rééditions A l’occasion de l’anniversaire de la mort de Kurt Cobain, Universal ressort le coffret de Nirvana, With the Lights Out, ainsi que tous les albums du groupe.

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Excellent article comme seuls les Inrocks savent faire.
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MessageSujet: Re: NIRVANA (KURT COBAIN)   Dim 26 Avr - 19:30



" Plus le temps s'écoule plus je deviens optimiste. J'espère simplement que devenir heureux ne me rendra pas chiant. Mais, je crois que je serais toujours suffisamment névrosé pour faire des trucs dingues. (Kurt Cobain) ”



Kurt Cobain âme Nirvana
Le 5 avril 1994, la flamme de Kurt Cobain s'éteignait, entraînant dans un souffle amer les rêves de millions de fans transis de par le monde. Une voix, une âme, un Artiste, devenu depuis un symbole pour toute une génération grâce à la force de ses convictions et ses chemises à carreaux pas repassées...


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MessageSujet: Re: NIRVANA (KURT COBAIN)   Jeu 22 Sep - 19:16

Nirvana renoue avec son teen spirit...


"On n’a pas tous les jours 20 ans.” Le dicton est connu, mais du côté de l’ancienne nébuleuse grunge – et de ses têtes d’affiche d’alors, comme les labels qui en ont aujourd’hui la charge –, il était impensable de passer à côté de cette commémoration. Chacun fourbit ses armes, histoire de mieux faire vibrer la fibre nostalgique.

C’est peu dire que la Réédition du Nevermind de Nirvana, album mythique s’il en est pour plusieurs générations, était attendue. Pour l’occasion, on aura mis les petits plats dans les grands. Comme il était prévisible, cette renaissance sera déclinée en plusieurs formats, dont une édition Super Deluxe qui risque de faire des envieux, vu que 10 000 exemplaires pour l’Amérique du Nord et 30 000 pour l’Europe en seront édités seulement.

Cette Super Deluxe Edition s’articulera autour de quatre CD et d’un DVD. Au programme sur le premier volet, l’intégralité de l’album remastérisé avec soin, neuf B-sides (dont six en live). Le second CD s’inscrira, lui, sous le sigle “démos et répétitions” : huit titres relevant des Smart Studio Sessions captées en avril batteur du groupe s’appelait encore Chad Channing (des sessions qui font la part belle à un son rêche et à une rugosité jouissive, notamment sur “Imodium” – l’une des premières moutures du futur “Breed” – et “Pay to Play”), et huit autres regroupés sous l’intitulé “Boombox Rehearsals”, des répétitions singulièrement nettoyées par rapport aux rough versions que l’on pouvait dénicher sur le Net jusqu’ici et qui permettent de découvrir comment les “Smells Like Teen Spirit”, “Territorial Pissings”, “Come As You Are” et consorts se sont construits. Deux versions de “Drain You” et d’un “Something in the Way” spectral, issus des BBC Sessions de septembre 1991, viennent compléter le tableau. Le troisième volet permettra de découvrir Nevermind (exception faite de “Polly”) sous un autre jour, plus exactement sous un autre mixage, celui de Butch Vig. Car si ce dernier demeura le producteur de la version de l’album commercialisée, il aura fallu en passer entre-temps par un nouveau mixage, signé Andy Wallace. Difficile de ne pas succomber dès lors à un test comparatif des deux “mises en son”, pour, très rapidement, conclure à une “coloration” bien plus sèche – plus indé – dans le camp Vig, notamment sur “Smells Like Teen Spirit”.

Le quatrième CD et la partie DVD iront de pair puisqu’ils dévoileront l’un des concerts mythiques de Nirvana au Paramount Theater de Seattle (passage oublié de tous les groupes de la ville à l’époque), le 31 mois après la sortie de Nevermind. Tourné en 16mm, c’est là l’unique concert de Nirvana tourné en format film. Il sera proposé ici en haute définition 1080p et son surround 5.1 et stéréo. Cerise sur le gâteau, cette Super Deluxe Edition intégrera un livre de 90 pages avec photos rares et inédites. Une version plus soft de cette réédition, baptisée “Deluxe Edition”, se résumera aux deux premiers CD mentionnés précédemment.

http://www.rollingstone.fr/Nirvana-renoue-avec-son-teen_2106.html
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