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 Robert Johnson

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Margitza-yeah

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MessageSujet: Robert Johnson   Sam 12 Juil - 18:33


Fruit d’une liaison illégitime entre sa mère et un vagabond, Robert Johnson porte dans son sang une attirance certaine pour le voyage qu’il gardera tout au long de sa courte vie. Son enfance se déroule sous le signe de la misère, tant pécuniaire que morale : élevé par le mari (vivant avec sa maîtresse et ses enfants…) de sa mère qu’il ne rejoindra elle-même que bien après, Johnson assiste à toutes les difficultés que peut rencontrer un peuple qui est certes désormais libre, mais qui a aussi tout à gagner. Le jeune Robert joue de la guimbarde, de l’harmonica et fréquente un voisin plus vieux que lui qui apprend la guitare avec Charley Patton, qui, avec Son House, resteront plus tard ses deux grandes influences. Mis au fait de ses origines l’adolescence venue, il décide de porter le nom de son véritable père, Noah Johnson ; nom qui, étrangement, est aussi celui d’un grand guitariste de l’époque : Lonnie Johnson.

Robert se marie à dix-sept ans et perd sa femme un an après ; dans le climat économique de la grande dépression, il part sur les routes du Sud. Subsistant grâce à la guitare qui lui sert à divertir les ouvriers de quelques rares chantiers, il ne fait pourtant encore qu’apprendre son métier et est souvent la cible de nombreuses moqueries de la part de Patton et House, ses deux maîtres. Devant tant d’hostilité, « Little Robert » disparaît et sillonne le Delta.

La légende raconte que quelques années après, un soir où Son House jouait avec Willie Brown près de Robinsonville, Johnson réapparût avec une guitare dans le dos. Le rire aux lèvres, les deux musiciens virent Johnson traverser la foule et se planter devant eux, leur demandant la permission de lui laisser la scène une minute. Ne pouvant refuser une occasion de se moquer, Son House accepta : « tu serais bien inspiré de faire un truc pas trop mauvais ! ». Johnson monta et commença à jouer. Son House, ahuri : « c’était si bon, mec, tout le monde en resta bouche-bée. Il avait progressé si vite. C’était incroyable ! ». Sa musique était en effet si virtuose que la rumeur courra vite que Johnson avait vendu son âme au diable en échange de son jeu de guitare. Le guitariste lui-même entretient ce genre d’histoires surnaturelles dans ses chansons (« Me and the Devil Blues », « Cross Road Blues ») et reste très mystérieux quant à son savoir-faire…


La gibson (1930) du chanteur estimée à plus de 6 Millions de dollars

Fort de sa renommée, il parcourt le pays et s’imprègne de tous les styles, son désir étant à présent d’enregistrer ses chansons.
Ce sera chose faite en novembre 1936 lors d’une séance dans une chambre d’hôtel, il enregistrera ses autres morceaux en juin 1937, dont le célèbre «Love in Vain». Redescendant vers le Delta, il jouera en ce triste soir de 1938 dans un bar de la région de Greenwood où il sera empoisonné par un mari mécontent des regards qu’il échangea avec sa femme. Il avait 27 ans.

Stigmatisant la condition de tout un peuple, Johnson était à sa mort aux portes d’une reconnaissance nationale. Préservé par ses deux seuls enregistrements, son message sera entendu par nombre de musiciens : Muddy Waters, Dylan, Eric Clapton (seul, avec Cream ou John Mayall), les Stones… reprenant des chansons devenues de véritables classiques : « Ramblin on my mind », « Sweet Home Chicago », « Love in Vain », « Cross Road Blues », « From Four Till Late » ou encore « Terraplane Blues »… Image mythique de l’artiste noir, la destinée de Johnson ressemble à celle d’un Charlie Parker, son charisme à celui d’un Jimi Hendrix. Ayant introduit dans son jeu de guitare des basses roulantes en walking, Johnson a grâce à ses textes et sa musique préfiguré le Blues moderne jusqu’à le naissance du Rock ‘n’ Roll.
Romain Bricout

http://www.music-story.com/robert-johnson/biographie-02

Sweet home Chicago


Dernière édition par Margitza-yeah le Sam 12 Juil - 18:36, édité 1 fois
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Margitza-yeah

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MessageSujet: Re: Robert Johnson   Sam 12 Juil - 18:36



Me and the devil
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liliane
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MessageSujet: Re: Robert Johnson   Mer 6 Jan - 14:50

A la recherche de Robert Johnson
de Peter Guralnick

Portrait de Robert Johnson, bluesman originaire du Mississippi qui, malgré sa mort prématurée,
joua un rôle essentiel dans l'histoire de la musique. Son oeuvre influença des artistes tels que Jimi Hendrix,Led Zeppelin, Bob Dylan. A travers des entretiens avec des contemporains de R. Johnson, l'ouvrage restitue l'univers artistique et évoque en filigrane le lieu et le temps qui l'engendra.

Résumé

Empoisonné par un mari jaloux à l'âge de vingt-sept ans, généralement soupçonné d'avoir vendu son âme au diable contre des dons musicaux exceptionnels, Robert Johnson a longtemps été l'objet d'un mythe qui a fini par éclipser sa musique. Pourtant, du fin fond du Mississippi, Robert Johnson a joué un rôle essentiel dans l'histoire de la musique et influencé des générations de bluesmen et de rockers, de Muddy Waters aux Rolling Stones.

Dans cette ode au 'King of the Delta Blues', Peter Guralnick décrit l'homme comme le mythe et évoque le lieu et le temps qui les engendra. Au travers d'entretiens avec des contemporains de Johnson (tels Johnny Shines et Robert Lockwood), ce texte initiatique est pour la première fois édité en France (avec des annexes spécialement revues par l'auteur), il restitue l'univers et l'art d'un artiste dont l'oeuvre, n'en finit pas de fasciner.


Biographie de l'auteur
Peter Guralnick, né à Boston, a commencé à écrire sur le blues, la soul et les autres musiques traditionnelles dès 1967 pour de nombreux magazines dont Rolling Stone. Grand spécialiste de là culture musicale américaine et écrivain hors pair, il est l'auteur d'ouvrages particulièrement reconnus comme Sweet Soul Music, Dream Boogie : The Triumph of Sam Cooke, le roman Nighthawk Blues ou la monumentale biographie consacrée à Elvis Presley, éditée en France par Le Castor Astral.


Dernière édition par liliane le Mer 6 Jan - 14:56, édité 1 fois
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liliane
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MessageSujet: Re: Robert Johnson   Mer 6 Jan - 14:55




Une voix haut perchée, plutôt fine, une guitare acoustique Gibson L1, et 27 ans d'existence : c'est peu, selon les standards d'aujourd'hui, pour laisser une trace dans l'histoire de la musique. Robert Johnson (1911 - 1938) n'eut pas besoin de plus pour laisser un sillage qui éblouit encore.

Sillage quelque peu sulfureux. Le roi du Delta Blues semble avoir été un personnage torturé, marqué au fer rouge très jeune par la mort en couches d'une épouse aimée et de son bébé. Après ce drame, sa brève existence fut comme un chromo de ce qu'est censée être une vie de bluesman : errance, bars et bals, revenus aléatoires, amours en série...

Tout comme Muddy Waters plus tard, le très jeune Robert tâte de l'harmonica avant d'empoigner, à 16 ans, une guitare. Piètre guitariste lors de ses premières prestations, il progresse à toute allure, suffisamment pour que l'on commente encore abondamment son style aujourd'hui : celui-ci repose sur des basses "walking" qui évoquent celles des pianistes de l'époque, et, en réponse à la voix, des riffs (courtes phrases répétitives) souvent joués en slide, en glissando, que reprendra abondamment Elmore James, l'électricité en plus. Le jeu deRobert Johnson est analysé dans le livre (+ 3 CD) "The Guitar of Robert Johnson" (Woody Mann), les influences qu'il a subies le sont dans un autre ouvrage semblable du même auteur, "The Early Roots of Robert Johnson" (éditions Mel Bay). Ses doigts interminables doivent avoir facilité les choses. Mais Johnson n'est pas qu'un guitariste : ses compositions ont été reprises par d'innombrables musiciens, sa voix aigüe et vibrante est envoûtante, ses textes parfois émouvants (My Love In Vain, Come On In My Kitchen).

Comment pouvait-il être si doué ? La légende répond qu'il avait passé un pacte avec le diable (après tout, le blues est la "devil's music", contrairement au très religieux gospel). Johnson cultive ce côté inquiétant en miaulant des textes tels que "Me and the Devil were walking side by side", "Up Jumped The Devil" ou "There's a hellhound on my trail" (il y a un chien de l'enfer sur ma piste). Des morceaux qui nous sont parvenus, ainsi qu'une trentaine d'autres, grâce à deux séries d'enregistrements, en 1936 et 1937 : de justesse, puisque le musicien le plus mythique du delta décède en 1938. Les uns expliquent sa mort prématurée par la syphilis, d'autres par la colère d'un mari qui l'aurait empoisonné. Une voix haut perchée, une guitare Gibson en bois, et 27 ans d'existence lui avaient suffi pour devenir celui que Clapton considère "the most important blues musician who ever lived".

Titres-phare : Sweet Home Chicago, Love In Vain, I Believe I'll Dust My Broom, Sweet Home Chicago, Terraplane Blues, Malted Milk, Crossroad Blues, Ramblin On My Mind, Stop Breaking Down...

Le mythe du musicien qui passe un pacte avec le diable connaît bien des variantes. En voici une version modernisée et en français.

La Gibson L1 est, grâce à Johnson, devenue mythique. Elle a même disposé de son propre site - dont l'adresse a hélas été reprise depuis par un site porno - (tout renseignement sur ce qu'est devenu le site original serait bienvenu). L'exemplaire de R. Johnson a été reconnu par hasard. Son propriétaire, qui ignorait qu'il détenait un trésor, l'a alors mise en vente (juillet 2006) pour un prix de départ de... 3 millions de livres sterling.

http://www.tgo.be/2grands_du_blues/robert_johnson.htm
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