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 Victor Hugo

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MessageSujet: Victor Hugo   Jeu 10 Juil - 11:04

Artiste, écrivain, Poète et Romancier (Francais)
Né le 26 février 1802
Décédé le 22 mai 1885 (à l'âge de 83 ans)





Poète, romancier, dramaturge, critique, Victor Hugo est, certes, un auteur d’une stature incomparable et inégalée. Sa devise «!Ego Hugo!», qui traduit son orgueil légendaire (sa mégalomanie, selon ses détracteurs), a poussé Jean Cocteau à écrire que «!Victor Hugo était un fou qui se croyait Victor Hugo.!». Il n’en reste pas moins qu’à l’âge de trente ans, Victor Hugo, à la tête du mouvement romantique, avait révolutionné le théâtre et inventé une nouvelle langue poétique, et qu’à cinquante ans il eut le courage d’abandonner sans hésiter une existence confortable et une situation acquise pour l’exil, au nom de la résistance à la dictature de Napoléon III. Victor Marie Hugo fut, historiquement, un enfant de la Révolution. Ses parents firent connaissance en 1796 et se marièrent l’année suivante. Son père, Léopold Hugo, appartenait à une famille d’artisans de Nancy, tandis que sa mère, Sophie Trébuchet, était née dans la bonne bourgeoisie nantaise : Hugo était donc issu de deux milieux très différents. De l’union assez malheureuse de Léopold et Sophie naquirent trois enfants : Abel (1798), Eugène (1800) et Victor (1802).

Victor Hugo vit le jour le 26 février 1802 à Besançon où son père, qui s’était enrôlé très jeune, était en garnison. Léopold Hugo suivit les drapeaux vainqueurs de Bonaparte!; il connut une ascension rapide dans la hiérarchie militaire, ce qui lui permit d’accéder au poste de gouverneur d’Avellino en Italie, puis d’être nommé gouverneur de trois provinces et comte de Siguenza en Espagne. L’enfance de Victor fut quelque peu mouvementée, partagée entre Paris et les lieux de mutation de son père, entre l’amant de sa mère (le général Victor Lahorie) et les maîtresses de son père. À quatorze ans, le futur poète écrivit sur un cahier d’écolier : «!Je veux être Chateaubriand ou rien.!»

À dix-sept ans, il fonda avec son frère Abel une revue, le Conservateur littéraire, rédigée presque intégralement par lui. À vingt ans, le jeune poète publia ses Odes (1822), recueil encore classique par sa forme mais plein d’audace, qui lui valut une pension royale. Il devait le remanier quelques années plus tard, sous le titre Odes et Ballades (1828). La disparition de sa mère en 1821 permit à Victor d’épouser l’année suivante Adèle Foucher, son amie d’enfance. De ce mariage, il eut quatre enfants : Léopoldine (1824), Charles (1826), François-Victor (1828) et Adèle (1830).

En 1827, la préface que Victor Hugo rédigea à sa tragédie, Cromwell - sa première œuvre dramatique -, devint immédiatement le manifeste du théâtre romantique (voir Drame et art dramatique). Ce traité se divisait en trois parties : la première, à finalité destructrice, condamnait les règles aristotéliciennes de l’unité de lieu et de temps (deux des règles appliquées dans le théâtre classique), la deuxième partie recommandait en revanche de conserver la seule règle aristotélicienne acceptable, celle qui concernait l’unité d’action, tandis que la troisième partie affirmait le droit et le devoir, pour l’art, de représenter la réalité sous tous ses aspects. Hugo définissait ainsi, contre l’esthétique du théâtre classique, les règles d’un nouveau genre théâtral, le drame romantique.

Le drame romantique né des théories de Hugo se caractérise par l’introduction du laid et du grotesque sur la scène théâtrale, par un plus grand souci de la couleur locale et surtout par le mélange des genres - puisqu’au sein d’un même drame figurent des éléments tragiques et comiques.

Le 25 février 1830, la représentation de la pièce Hernani, qui donne à Hugo l’occasion de mettre lui-même en pratique ses principes, se déroula dans une atmosphère surchauffée par les polémiques entre défenseurs de la tradition et tenants des nouvelles doctrines. C’est cette soirée mouvementée, restée dans l’histoire littéraire sous le nom de «!bataille d’Hernani!», qui fit officiellement de Hugo le chef de file du romantisme français. Hugo illustra encore ses théories au théâtre, notamment avec des drames passionnés comme Le roi s’amuse (1832), interdit par la censure, Lucrèce Borgia (1833) ou Ruy Blas (1838), un de ses drames les plus connus.

Sa renommée de poète lyrique était confirmée par la publication de divers recueils de vers. L’éclatante révélation de Hugo comme poète romantique date en effet de 1829 avec le recueil des Orientales, nourri d’images de la Grèce en flammes et de visions de villes espagnoles. Des Feuilles d’automne (1831) au recueil les Rayons et les Ombres (1840), s’affirment les thèmes majeurs de la poésie hugolienne : la nature, l’amour, le droit du rêve. Dans les Voix intérieures (1837) apparaît le personnage d’Olympio, double et interlocuteur du poète, qui fut immortalisé peu après par le célèbre poème «!Tristesse d’Olympio!» dans les Rayons et les Ombres.

L’évolution de Hugo du catholicisme et du monarchisme vers une pensée libérale et sociale, vers la compassion pour le petit peuple, est perceptible dans toute son œuvre, mais c’est dans ses romans qu’elle apparaît de la façon la plus flagrante. C’est en 1831 que vit le jour le premier des grands romans historiques de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, qui met en scène un couple devenu mythique, Quasimodo et Esmeralda. Hugo avait débuté auparavant dans la prose avec Han d’Islande (1823) et Bug-Jargal (1826) et, en 1829, il avait publié un court texte contre la peine de mort : le Dernier Jour d’un condamné. D’emblée, le récit hugolien, quoique pittoresque et romanesque, prit une orientation très critique : raillant les genres en vogue, il posait en outre, sur le mode ironique le plus souvent, les problèmes de l’actualité politique et sociale ou de la misère ouvrière (Han d’Islande), tout en s’interrogeant sur les moyens par lesquels le peuple pourrait conquérir le droit à la parole (Notre-Dame de Paris).

Au fil du temps, le succès public ne se démentit pas, malgré quelques démêlés avec la censure (l’interdiction de Marion Delorme par exemple, en 1829). En 1833, Hugo rencontra Juliette Drouet, qui devait le suivre en exil et rester sa maîtresse dévouée pendant cinquante ans. Poète consacré, officialisé par son élection à l’Académie française en 1841 (voir Institut de France), Victor Hugo fut doublement affecté, au cours de l’année 1843, par l’échec de son drame les Burgraves, qui marquait le premier signe de la décadence du théâtre romantique, et surtout par la mort tragique de sa fille Léopoldine, noyée dans la Seine avec son mari.

Le poète composa en souvenir de son enfant les poèmes qui prirent place dans le quatrième livre des Contemplations (1856), «!Pauca Meae!». Mais les événements politiques lui réservaient d’autres tourments encore : au moment de la révolution de 1848, Victor Hugo était républicain, libéral et progressiste, et le journal qu’il avait fondé à cette époque, l’Événement, salua d’abord avec enthousiasme l’avènement de Louis-Napoléon Bonaparte. Mais le coup d’État du 2 décembre 1851 fit brusquement prendre conscience à Hugo des ambitions de Bonaparte, et le précipita bientôt sur la route de l’exil : «!Je resterai proscrit, voulant rester debout!». D’abord à Jersey, puis à Guernesey, dans sa maison de Hauteville House, il continua, pendant ses dix-neuf ans d’exil, de vilipender Napoléon III tout en se consacrant à la littérature.

Dans les Châtiments (1853), fruit du premier hiver d’exil, Hugo consacra à «!Napoléon le Petit!», comme il l’appelait, toute une série de vers aussi indignés que véhéments. L’ouvrage circula aussitôt en contrebande en France. Le recueil des Châtiments se compose de 6 200 vers, organisés en sept parties. Chacune de ces parties a pour titre une des formules qu’avait utilisées Napoléon III pour justifier son coup d’État. Le recueil s’ouvre sur un poème Nox («!nuit!») auquel répond un autre poème, Lux («!lumière, jour!») : le premier fait allusion aux ténèbres qui enveloppent le temps présent (le règne de Napoléon III), le second confirme l’espérance d’un avenir meilleur.

Une fois les Châtiments écrits et publiés, Victor Hugo se lança, avec sa poésie, à l’assaut de tous les domaines de la connaissance : connaissance de la nature, du moi et de l’univers dans les Contemplations (1856), exploration et synthèse de l’histoire dans la Légende des siècles (1859-1883), connaissance du divin dans Dieu (écrit en 1855, posthume, 1891) et dans la Fin de Satan (posthume, 1886). Si les Contemplations s’articulent encore autour de la terrible épreuve que fut pour le poète la mort de sa fille (les poèmes «!Autrefois!» et «!Aujourd’hui!» y évoquent Léopoldine), la Légende des siècles est le projet d’une épopée qui embrasse la totalité de l’histoire et dont les poèmes illustrent la suite des âges.

Dans la solitude de l’exil naquirent également les plus grands romans de Victor Hugo. Imaginé et travaillé dès 1840, à l’image des grands romans sociaux de Balzac ou de Sue, les Misérables fut publié en 1862 et accueilli avec réserve par la critique mais avec un enthousiasme délirant par le public, tant en Europe qu’aux États-Unis. Hugo confiait d’ailleurs à son éditeur, avant même d’avoir achevé la relecture des Misérables : «!Ma conviction est que ce livre sera un des principaux sommets, sinon le principal, de mon œuvre.!» Les Misérables met en scène l’histoire et le progrès du peuple en marche!; malgré cette dimension épique, les personnages principaux - leurs expériences, leur souffrance, etc. - sont nettement individualisés. Fantine, Jean Valjean, Cosette, Marius, Gavroche restent en effet dans leurs destins particuliers (quoique représentatifs de toute leur classe) les enjeux essentiels du récit.

À la vision réaliste du monde que proposent les romans de Balzac ou de Flaubert, s’oppose l’univers fabuleux (bien qu’historiquement marqué) des Travailleurs de la mer (1866) ou de l’Homme qui rit (1869). Les Travailleurs de la mer se présente comme le récit de la conquête de la nature par l’Homme, puisque les deux personnages principaux, Lethierry et Gilliatt, mus par leur idéal, y affrontent héroïquement la violence des tempêtes et de la faune marine. Quant à l’Homme qui rit, il conte les épreuves de Gwymplaine, fils d’un noble proscrit à cause de ses opinions républicaines dans l’Angleterre de la fin du XVe siècle. Les Travailleurs de la mer, l’Homme qui rit et Quatre vingt-treize, roman sur la Révolution écrit en 1872 lors d’un retour volontaire à l’exil, montrent avant tout l’échec de l’homme à réformer une société injuste et inégalitaire.

L’écroulement de l’Empire lors de la guerre contre la Prusse en 1870 permit à Victor Hugo de revenir en France. Son retour fut triomphal et, en février, il fut élu député à la Constituante avec 214 169 voix. Il avait de vastes projets politiques : abolition de la peine de mort, réforme de la magistrature, défense des droits de la femme, instruction obligatoire et gratuite, création des États-Unis d’Europe. Mais, au bout d’un mois, désillusionné, il démissionna. Avec l’Année terrible (1872), sa poésie retrouva le ton des Châtiments pour témoigner des événements de la Commune.

Hugo était alors devenu pour les Français une sorte de patriarche national des lettres. Lorsqu’il s’éteignit, le 22 mai 1885, un cortège de plusieurs centaines de milliers de personnes suivit, depuis l’Étoile jusqu’au Panthéon, le «!corbillard des pauvres!» qu’il avait réclamé. «!Je donne cinquante mille francs aux pauvres. Je désire être porté au cimetière dans leur corbillard. Je refuse l’oraison de toutes les Églises. Je demande une prière à toutes les âmes. Je crois en Dieu.!» : ce furent là ses dernières volontés.

Victor Hugo fut peut-être, de tous les écrivains français, le plus remarquable par la longévité de son inspiration et par sa parfaite maîtrise technique. Aussi aborda-t-il tous les thèmes, utilisa-t-il tous les registres et tous les genres, allant de la fresque épique au poème intimiste. Son influence est encore aujourd’hui incommensurable. Certains de ses textes d’observation comme Choses vues ou de ses textes critiques comme Littérature et philosophie mêlées (1834) ou William Shakespeare (1864) témoignent, s’il était besoin, de la cohérence esthétique et de la plénitude de l’œuvre hugolienne.

: chez.com/.../http://chez.com/damienbe/biohug.htm


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MessageSujet: Victor Hugo, mes romans "coups de coeur "! (suite)   Jeu 10 Juil - 11:06

Depuis toujours je suis fascinée par les écrits de Victor Hugo, romans, poèmes, discours... je dois mes premières lectures, à l'age de 11 ans, à mon père qui m'a laissé regarder un superbe livre ancien, recueil de plusieurs romans, sans penser que j'allais me plonger dans ces récits et ne plus jamais me séparer de ce livre ...
J'ai ainsi découvert très tôt : Quatrevingt-treize, les travailleurs de la mer, Bug Jargal, Han d'Islande, l'Homme qui rit, le dernier jour d'un condamné. Bien sur, je n'ai pas tout lu en une seule fois, il m'a fallu plusieurs années pour lire "intelligemment" ces romans, le style typique de V.Hugo m'a paru plutôt ardu au début ...
Si vous ne les connaissez pas, je ne peux que vous conseiller de les découvrir ... ce sont des chef-d'œuvres !



L'Homme qui rit
L'Homme qui rit est un roman de Victor Hugo qui fut publié en 1869.

Résumé
Ce livre est un des plus étranges de Victor Hugo. Les héros sont Ursus (l'ours), un vieil homme bourru au grand cœur, à l'érudition savante, vivant dans une roulotte qui cahote sur les routes anglaises sous le règne du roi Georges III. Ursus, présenté comme un misanthrope accompli, est accompagné d'un loup, Homo[1]. Celui-ci peut tout à fait être qualifié de loup hugolien (dans l'acception du terme) : puissant, gentil ; bref irréel. Le personnage principal qui apporte le titre au roman est Gwynplaine, un jeune garçon abandonné par les comprachicos et adopté par Ursus. Enfin, nous sommes en présence de Dea, nourrisson dont la mère est morte, elle aussi adoptée par Ursus. Comme dans les Misérables, un homme seul adopte un orphelin. Là, il s'agit de deux enfants : Gwynplaine et Dea. Le livre retrace l'histoire de cette cellule familiale reconstituée qui n'en est pas une. Gwynplaine a dix ans de plus que Dea mais en est amoureux, ne pouvant et ne voulant avouer à Dea cet amour. Les deux personnages sont marqués par des infirmités : le garçon a le masque d'un homme qui rit, une déformation chirurgicale des traits réalisée quand il était enfant par des enleveurs d'enfants, les comprachicos. Par ailleurs, Dea est aveugle, et ne se rend pas compte de la disgrâce physique de son compagnon.
Il fallait que la belle ne vît pas le défiguré. Pour ce bonheur, il fallait ce malheur. La providence avait fait Dea aveugle.

« Je représente l'humanité telle que ses maîtres l'ont faite. L'homme est un mutilé. Ce qu'on m'a fait, on l'a fait au genre humain. On lui a déformé le droit, la justice, la vérité, la raison, l'intelligence, comme à moi les yeux, les narines et les oreilles; comme à moi, on lui a mis au coeur un cloaque de colère et de douleur, et sur la face un masque de contentement"
V.Hugo

Ce roman est assez longuement évoqué dans le chef-d'oeuvre de James Ellroy, Le Dahlia noir, un roman policier très noir, où une jeune fille retrouvée assassinée présente des mutilations qui évoquent celles de L'Homme qui rit. Le personnage de Gwynplaine, ainsi qu'un tableau représentant un clown au sourire cruellement élargi, sont des motifs récurrents de l'histoire du Dahlia noir, que l'on retrouve dans l'adaptation cinématographique de Brian DePalma.
Le faciès tragi-comique du Joker, personnage de la bande dessinée Batman, est inspiré de la mutilation du héros de Hugo, telle qu'elle est représentée dans une adaptation cinématographie réalisée par Paul Leni en 1928.
http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Homme_qui_rit_%28Hugo%29


Quatrevingt-Treize
Quatrevingt-Treize (orthographe correcte) est le dernier roman de Victor Hugo. Paru en 1874, il a pour toile de fond les plus terribles phases de la Révolution française : la Terreur. À l'origine, ce roman devait constituer le premier volume d'une trilogie romanesque consacré à la Révolution française mais Victor Hugo n'a pas mené ce projet jusqu'à son terme. Quatrevingt-Treize est l'occasion pour Hugo d'exposer les fruits de sa longue réflexion sur la Révolution française et sa légitimité tout en faisant implicitement référence à la Commune.

Quatrevingt-treize met particulièrement en évidence le déroulement de la contre-révolution vendéenne et montre l'opposition entre les bleus, les révolutionnaires et les blancs, les monarchistes.
Hugo s'attache à ne pas prendre parti entre les deux modèles, il expose avec une égale rigueur les points négatifs et les vertus des deux camps. Une note personnelle de l'écrivain, datant de 1854, précise d'ailleurs la nature de son ambition : "Moi, si je faisais l'histoire de la Révolution (et je la ferai), je dirais tous les crimes des révolutionnaires, seulement je dirais quels sont les vrais coupables, ce sont les crimes de la monarchie".

Résumé
L'histoire débute sur le débarquement du marquis de Lantenac, prenant la tête de la révolte contre-révolutionnaire de Bretagne contre les partisans de la république. Il sera traqué par les révolutionnaires, et en particulier par son neveu, Gauvain, passé du côté des révolutionnaires, contrôlé par Cimourdain.
On assiste à la confrontation de deux modèles, de deux visions de l'Histoire, de deux systèmes de Valeurs. Le marquis de Lantenac incarne l'ancien modèle, celui du Sacré, de la Tradition, de la Fidélité, de l'anti-matérialisme au profit du spirituel, tandis que son neveu incarne le modernisme et l'idéalisme révolutionnaire et républicain.Un troisième personnage plane sur ce livre et éclipse ces deux protagonistes par le caractère fouillé qu'en donne Hugo, il en est le personnage principal, il s'agit de Cimourdain, l'envoyé du comité de salut public, ancien prêtre qui fut appointé par Lantenac pour être le précepteur de Gauvain à qui il a transmis son idéal républicain. Mais autant Gauvain illustre la République dans sa magnanimité, sa fraternité, autant Cimourdain est la face noire, inflexible de la révolution, pour reprendre une expression de Hugo "la ligne droite qui ne connait pas la courbe", ce qui signifie qu'il ne veut pas connaître l'humain, ses sentiments. Cimourdain et les pauvres hères représentés par 3 enfants abandonnés sont les héros de ce livre, chacun portant en soi le drame et sa propre fin.
Une bonne partie du texte traite par ailleurs d'une rencontre (imaginaire) entre trois grandes figures de la révolution française, Marat, Danton et Robespierre, et décrit une séance de l'assemblée de la Convention.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Quatrevingt-treize


Les Travailleurs de la mer
Les Travailleurs de la mer est un roman de Victor Hugo, publié en 1866, durant l'exil du poète à Guernesey.
Il est dédié à l'île de Guernesey:
Je dédie ce livre au rocher d'hospitalité et de liberté, à ce coin de vieille terre normande où vit le noble petit peuple de la mer, à l'île de Guernesey, sévère et douce, mon asile actuel, mon tombeau probable.

Résumé
Mess Lethierry, est propriétaire de la Durande, un steamer coulé par la machination criminelle de deux aventuriers liés au Sieur Clubin. Fou de rage à l'idée que le moteur révolutionnaire de son steamer soit définitivement perdu, Lethierry promet sa nièce, Déruchette, à celui qui récupèrera le moteur de l'épave coincée entre des rochers au large de Guernesey. Gilliatt, aussi robuste que rêveur, mais surtout épris de Déruchette, accepte le défi proposé par Mess Lethierry (les pages très robinsoniennes relatant la solitude de Gilliatt parmi les rochers de Douvres figurent parmi les plus belles de la prose poétique française). Après maintes péripéties, le rusé Gilliatt réussit sa mission mais s'aperçoit à son retour que Déruchette est éprise d'un jeune pasteur (Ebenezer), que celui-ci l'aime en retour et que les deux jeunes amants se sont secrètement fiancés. Il renonce alors, jusqu'en une issue tragique, à Déruchette.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Travailleurs_de_la_mer
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MessageSujet: Victor Hugo, mes romans "coups de coeur "! (suite et fin)   Jeu 10 Juil - 11:07

Bug Jargal
Bug-Jargal, écrit en 1818, est le premier roman de Victor Hugo. Écrit par l’auteur, en quinze jours à la suite d’un pari, à l’âge de seize ans, Bug-Jargal paraît dans la revue le Conservateur littéraire en 1819 mais ne sera édité pour la première fois qu’en 1826.
Tout au long de Bug-Jargal c’est le capitaine Léopold d'Auverney qui raconte l’histoire qu’il a lui-même vécu.
L’histoire se passe à Saint-Domingue où l’oncle de Léopold possède une plantation. Léopold est amoureux de la fille de son oncle, Marie, avec qui il doit se marier. Un jour Léopold se lie d’amitié avec l’un des esclaves et lui empêche la mort à plusieurs reprises. Mais cet esclave, nommé Pierrot ou Bug Jargal est aussi amoureux de Marie. Le soir de leur mariage, une révolte se déclenche parmi les esclaves et Marie est enlevée par Bug Jargal. Léopold est retenu prisonnier par un autre chef Noir et doit mourir...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bug-Jargal

ANECDOTE
Spoiler:
 

Han d’Islande

Han d’Islande est un roman de jeunesse de Victor Hugo, publié en 1823. Tout comme celle de Bug-Jargal, la genèse de ce roman est curieuse...

Spoiler:
 

Quant à l'accueil réservé à cette œuvre, il est plus que mitigé : Han d'Islande, que Victor Hugo termine après son mariage, compte, au moment de sa parution, beaucoup de détracteurs et peu de défenseurs...

Spoiler:
 

L'action se déroule au XVIIe siècle dans un royaume nordique, imaginé par l’auteur.
Un bandit sanguinaire, Han d'Islande, terrorise la population qui entoure sa vie de sombres légendes. Un jeune chevalier, Ordener, aime une jeune fille qui vit dans une prison avec son père, autrefois ministre, arrêté et incarcéré à cause de fausses accusations portées contre lui par un rival, désireux de prendre sa place de chancelier du royaume. Ordener se lance à la recherche du bandit, qui a en sa possession des documents qui prouvent l’innocence du père de sa bien-aimée.
Le lecteur fait alors la connaissance de Han d’Islande, un être bestial qui partage sa solitude avec un ours et boit du sang humain. Son fils a été noyé pendant que lui-même revenait d'un rendez-vous avec la femme qu'il aime et qui l'a trahi avec un arquebusier. Comme il ignore le nom de son rival, Han décide de massacrer tout le régiment.
En même temps, le diabolique chancelier essaie lui aussi de retrouver Han, qu'i1 voudrait placer à la tête d'une insurrection qui lui donnerait les pouvoirs les plus étendus sur ce royaume. Mais ni le courage d'Ordener, qui a failli tuer Han au cours d'un duel, ni la témérité du chancelier, qui rejoint ce dernier au moment même où celui-ci a tué son fils, ne réussiront à faire plier le monstre.
À la fin, les documents qu'on recherche seront retrouvés sur le corps d'un malheureux gardien de la morgue, Spiagudry ; le prisonnier sera innocenté et réhabilité ; Ordener et sa bien-aimée trouvent le bonheur, et Musdoemon, l’âme damnée du chancelier, est exécuté par son frère, le bourreau Orugix. Han d'Islande, de son côté, se laisse emprisonner, mais à la seule fin de pouvoir mettre le feu à la caserne des arquebusiers. Mal lui en prend, car lui-même périt, victime de son frénétique désir de vengeance.
Bien qu’il ne soit qu’un simple mélodrame, ce roman nous révèle déjà la manière de Hugo et son goût pour les contrastes violents qui révèlent le combat perpétuel du bien et du mal. Le personnage de Han atteint à une hallucinante puissance lyrique et fait de ce livre un des documents les plus significatifs du premier romantisme.

http://www.ac-strasbourg.fr/pedago/lettres/Victor%20Hugo/Han/Introduction.htm
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Nine
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Ven 11 Juil - 10:24

Merci infiniment Cassiopée, belle étoile qui nous offre un morceau de choix de la
plus belle écriture Française. j'aime

Un bonheur à lire flower

contente d'avoir retrouvé ma connection pour decouvrir ton sujet.
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Nine
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Sam 12 Juil - 19:18

Où donc est le bonheur ?



Où donc est le bonheur ? disais-je. - Infortuné !
Le bonheur, ô mon Dieu, vous me l'avez donné.
Naître, et ne pas savoir que l'enfance éphémère,
Ruisseau de lait qui fuit sans une goutte amère,
Est l'âge du bonheur, et le plus beau moment
Que l'homme, ombre qui passe, ait sous le firmament !

Plus tard, aimer, - garder dans son coeur de jeune homme
Un nom mystérieux que jamais on ne nomme,
Glisser un mot furtif dans une tendre main,
Aspirer aux douceurs d'un ineffable hymen,
Envier l'eau qui fuit, le nuage qui vole,
Sentir son coeur se fondre au son d'une parole,
Connaître un pas qu'on aime et que jaloux on suit,
Rêver le jour, brûler et se tordre la nuit,
Pleurer surtout cet âge où sommeillent les âmes,
Toujours souffrir ; parmi tous les regards de femmes,
Tous les buissons d'avril, les feux du ciel vermeil,
Ne chercher qu'un regard, qu'une fleur, qu'un soleil !

Puis effeuiller en hâte et d'une main jalouse
Les boutons d'orangers sur le front de l'épouse ;
Tout sentir, être heureux, et pourtant, insensé !
Se tourner presque en pleurs vers le malheur passé ;
Voir aux feux de midi, sans espoir qu'il renaisse,
Se faner son printemps, son matin, sa jeunesse,
Perdre l'illusion, l'espérance, et sentir
Qu'on vieillit au fardeau croissant du repentir,
Effacer de son front des taches et des rides ;
S'éprendre d'art, de vers, de voyages arides,
de cieux lointains, de mers où s'égarent nos pas ;
Redemander cet âge où l'on ne dormait pas ;
Se dire qu'on était bien malheureux, bien triste,
Bien fou, que maintenant on respire, on existe,
Et, plus vieux de dix ans, s'enfermer tout un jour
Pour relire avec pleurs quelques lettres d'amour !

Vieillir enfin, vieillir ! comme des fleurs fanées
Voir blanchir nos cheveux et tomber nos années,
Rappeler notre enfance et nos beaux jours flétris,
Boire le reste amer de ces parfums aigris,
Etre sage, et railler l'amant et le poète,
Et, lorsque nous touchons à la tombe muette,
Suivre en les rappelant d'un oeil mouillé de pleurs
Nos enfants qui déjà sont tournés vers les leurs !

Ainsi l'homme, ô mon Dieu ! marche toujours plus sombre
Du berceau qui rayonne au sépulcre plein d'ombre.
C'est donc avoir vécu ! c'est donc avoir été !
Dans la joie et l'amour et la félicité
C'est avoir eu sa part ! et se plaindre est folie.
Voilà de quel nectar la coupe est remplie !

Hélas ! naître pour vivre en désirant la mort !
Grandir en regrettant l'enfance où le coeur dort,
Vieillir en regrettant la jeunesse ravie,
Mourir en regrettant la vieillesse et la vie !

Où donc est le bonheur, disais-je ? - Infortuné !
Le bonheur, ô mon Dieu, vous me l'avez donné !

Victor Hugo, Les Feuilles d'Automne, XVIII



Dernière édition par Nine le Jeu 14 Jan - 11:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Sam 12 Juil - 19:53

Merci Anny,
Je ne me souvenais plus de ce poème, mais V. Hugo en a tant écrit ... il est très beau, et pleins d'émotions, je comprends tes larmes ! la vie, l'amour, le chagrin, la mort, tout ce qui hantait et inspirait le poète, l'homme, le père ... comment ne pas s'enrichir intérieurement en lisant ces mots !
Mille et un bisous Anny bisous :sunny:
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liliane
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Lun 20 Oct - 16:07

« Stella »
(écrit en juillet 1853)



Je m'étais endormi la nuit près de la grève.
Un vent frais m'éveilla, je sortis de mon rêve,
J'ouvris les yeux, je vis l'étoile du matin.
Elle resplendissait au fond du ciel lointain
Dans une blancheur molle, infinie et charmante.
Aquilon s'enfuyait emportant la tourmente.
L'astre éclatant changeait la nuée en duvet.
C'était une clarté qui pensait, qui vivait ;
Elle apaisait l'écueil où la vague déferle ;
On croyait voir une âme à travers une perle.
Il faisait nuit encor, l'ombre régnait en vain,
Le ciel s'illuminait d'un sourire divin.
La lueur argentait le haut du mât qui penche ;
Le navire était noir, mais la voile était blanche ;
Des goélands debout sur un escarpement,
Attentifs, contemplaient l'étoile gravement
Comme un oiseau céleste et fait d'une étincelle;
L'océan, qui ressemble au peuple, allait vers elle,
Et, rugissant tout bas, la regardait briller,
Et semblait avoir peur de la faire envoler.
Un ineffable amour emplissait l'étendue.
L'herbe verte à ses pieds frissonnait éperdue,
Les oiseaux se parlaient dans les nids ; une fleur
Qui s'éveillait me dit : C'est l'étoile ma sœur.
Et pendant qu'à longs plis l'ombre levait son voile,
J'entendis une voix qui venait de l'étoile
Et qui disait : - Je suis l'astre qui vient d'abord.
Je suis celle qu'on croit dans la tombe et qui sort.
J'ai lui sur le Sina, j'ai lui sur le Taygète ;
Je suis le caillou d'or et de feu que Dieu jette,
Comme avec une fronde, au front noir de la nuit.
Je suis ce qui renaît quand un monde est détruit.
O nations ! je suis la Poésie ardente.
J'ai brillé sur Moïse et j'ai brillé sur Dante.
Le lion Océan est amoureux de moi.
J'arrive. Levez-vous, vertu, courage, foi !
Penseurs, esprits ! montez sur la tour, sentinelles !
Paupières, ouvrez-vous ! allumez-vous, prunelles !
Terre, émeus le sillon ; vie, éveille le bruit ;
Debout, vous qui dormez ; car celui qui me suit,
Car celui qui m'envoie en avant la première,
C'est l'ange Liberté, c'est le géant Lumière !

Les châtiments, Livre VI « La stabilité est assurée », XV, 1853.


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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Mer 6 Jan - 16:55

Lorsque ma main frémit si la tienne l'effleure




Lorsque ma main frémit si la tienne l'effleure,
Quand tu me vois pâlir, femme aux cheveux dorés,
Comme le premier jour, comme la première heure,
Rien qu'en touchant ta robe et ses plis adorés ;

Quand tu vois que les mots me manquent pour te dire
Tout ce dont tu remplis mon sein tumultueux ;
Lorsqu'en me regardant tu sens que ton sourire
M'enivre par degrés et fait briller mes yeux ;

Quand ma voix, sous le feu de ta douce prunelle,
Tremble en ma bouche émue impuissante à parler,
Comme un craintif oiseau tout à coup pris par l'aile
Qui frissonne éperdu sans pouvoir s'envoler ;

Ô bel être créé pour des sphères meilleures,
Dis, après tant de deuils, de désespoirs, d'ennuis,
Et tant d'amers chagrins et tant de tristes heures
Qui souvent font tes jours plus mornes que des nuits ;

Oh ! dis, ne sens-tu pas se lever dans ton âme
L'amour vrai, l'amour pur, adorable lueur,
L'amour, flambeau de l'homme, étoile de la femme,
Mystérieux soleil du monde intérieur !

Ne sens-tu pas, dis-moi, passer sur ta paupière
Le souffle du matin, des ténèbres vainqueur ?
Ne vient-il pas des voix tout bas te dire : espère !
N'entends-tu pas un chant dans l'ombre de ton coeur

Oh ! recueille ce chant, âme blessée et fière !
Cette aube qui se lève en toi, c'est le vrai jour.
Ne crains plus rien ! Dieu fit tes yeux pour la lumière,
Ton âme pour le ciel et ton coeur pour l'amour !

Regarde rayonner sur ton destin moins sombre
Ce soleil de l'amour qui pour jamais te luit,
Qui, même après la mort, brille sorti de l'ombre,
Qui n'a pas de couchant et n'aura pas de nuit !
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Dim 12 Juin - 10:25

Ruy Blas de Victor Hugo
Acte I, scène 1.



La vision de l'enfer Jerome Bosch.

Le puissant Don Salluste de Bazan se lamente à Madrid sur ses déboires,
Toute ressemblance avec des personnages réels est fortuite.
Ruy Blas par Victor Hugo. (1838)
C'est un oligarque.
D’ailleurs il le porte sur lui, avec son costume «de velours noir»
et son «riche manteau de velours vert clair, brodé d’or et doublé de satin noir».
Est-il victime d’un complot ?
...

« Ah ! C’est un coup de foudre ! …
— oui, mon règne est passé,
Gudiel !
— renvoyé, disgracié, chassé ! —
Ah ! Tout perdre en un jour !
— L’aventure est secrète
Encor, n’en parle pas. —
Oui, pour une amourette,
— chose, à mon âge, sotte et folle, j’en conviens! —
Avec une suivante, une fille de rien !
Séduite, beau malheur !
parce que la donzelle
Est à la reine, et vient de Neubourg avec elle,
Que cette créature a pleuré contre moi,
Et traîné son enfant dans les chambres du roi ;
Ordre de l’épouser.
Je refuse. On m’exile !
On m’exile !
Et vingt ans d’un labeur difficile,
Vingt ans d’ambition, de travaux nuit et jour ;
Le président haï des alcades de cour,
Dont nul ne prononçait le nom sans épouvante ;
Le chef de la maison de Bazan, qui s’en vante ;
Mon crédit, mon pouvoir; tout ce que je rêvais,
Tout ce que je faisais et tout ce que j’avais,
Charge, emplois, honneurs, tout en un instant s’écroule
Au milieu des éclats de rire de la foule ! »
...
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Lun 4 Juil - 0:30

Bon appétit, messieurs !


les 7 péchés capitaux J.BOSH

– Ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! voilà votre façon
De servir, serviteurs qui pillez la maison !
Donc vous n’avez pas honte et vous choisissez l’heure,
L’heure sombre où l’Espagne agonisante pleure !
Donc vous n’avez ici pas d’autres intérêts
Que remplir votre poche et vous enfuir après !
Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,
Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !
– Mais voyez, regardez, ayez quelque pudeur.
L’Espagne et sa vertu, l’Espagne et sa grandeur,
Tout s’en va. – Nous avons, depuis Philippe Quatre,
Perdu le Portugal, le Brésil, sans combattre ;
En Alsace Brisach, Steinfort en Luxembourg ;
Et toute la Comté jusqu’au dernier faubourg ;
Le Roussillon, Ormuz, Goa, cinq mille lieues
De côte et Fernambouc, et les Montagnes Bleues !
Mais voyez. – Du ponant jusques à l’orient,
L’Europe qui vous hait, vous regarde en riant.
Comme si votre roi n’était plus qu’un fantôme,
La Hollande et l’Anglais partagent ce royaume ;
Rome vous trompe ; il faut ne risquer qu’à demi
Une armée en Piémont, quoique pays ami ;
La Savoie et son duc sont pleins de précipices.
La France pour vous prendre attend des jours propices.
L’Autriche aussi vous guette. Et l’infant bavarois
Se meurt, vous le savez. – Quant à vos vice-rois,
Médina, fou d’amour, emplit Naples d’esclandres,
Vaudémont vend Milan, Legañez perd les Flandres.
Quel remède à cela ? – L’État est indigent,
L’État est épuisé de troupes et d’argent ;
Nous avons sur la mer, où Dieu met ses colères,
Perdu trois cents vaisseaux, sans compter les galères.
Et vous osez !... – Messieurs, en vingt ans, songez-y,
Le peuple, – j’en ai fait le compte, et c’est ainsi ! –
Portant sa charge énorme et sous laquelle il ploie,
Pour vous, pour vos plaisirs, pour vos filles de joie,
Le peuple misérable, et qu’on pressure encor,
A sué quatre cent trente millions d’or !
Et ce n’est pas assez ! et vous voulez, mes maîtres !… –
Ah ! j’ai honte pour vous ! – Au-dedans, routiers, reîtres,
Vont battant le pays et brûlant la moisson.
L’escopette est braquée au coin de tout buisson.
Comme si c’était peu de la guerre des princes,
Guerre entre les couvents, guerre entre les provinces,
Tous voulant dévorer leur voisin éperdu,
Morsures d’affamés sur un vaisseau perdu !
Notre église en ruine est pleine de couleuvres ;
L’herbe y croît. Quant aux grands, des aïeux, mais pas d’œuvres.
Tout se fait par intrigue et rien par loyauté.
L’Espagne est un égout où vient l’impureté
De toute nation. – Tout seigneur à ses gages
A cent coupe-jarrets qui parlent cent langages.
Génois, Sardes, Flamands. Babel est dans Madrid.
L’alguazil, dur au pauvre, au riche s’attendrit.
La nuit on assassine, et chacun crie : À l’aide !
– Hier on m’a volé, moi, près du pont de Tolède ! –
La moitié de Madrid pille l’autre moitié.
Tous les juges vendus. Pas un soldat payé.
Anciens vainqueurs du monde, Espagnols que nous sommes.
Quelle armée avons-nous ? À peine six mille hommes,
Qui vont pieds nus. Des gueux, des juifs, des montagnards,
S’habillant d’une loque et s’armant de poignards.
Aussi d’un régiment toute bande se double.
Sitôt que la nuit tombe, il est une heure trouble
Où le soldat douteux se transforme en larron.
Matalobos a plus de troupes qu’un baron.
Un voleur fait chez lui la guerre au roi d’Espagne.
Hélas ! les paysans qui sont dans la campagne
Insultent en passant la voiture du roi.
Et lui, votre seigneur, plein de deuil et d’effroi,
Seul, dans l’Escurial, avec les morts qu’il foule,
Courbe son front pensif sur qui l’empire croule !
– Voilà ! – L’Europe, hélas ! écrase du talon
Ce pays qui fut pourpre et n’est plus que haillon.
L’État s’est ruiné dans ce siècle funeste,
Et vous vous disputez à qui prendra le reste !
Ce grand peuple espagnol aux membres énervés,
Qui s’est couché dans l’ombre et sur qui vous vivez,
Expire dans cet antre où son sort se termine,
Triste comme un lion mangé par la vermine !
– Charles Quint, dans ces temps d’opprobre et de terreur,
Que fais-tu dans ta tombe, ô puissant empereur ?
Oh ! lève-toi ! viens voir ! – Les bons font place aux pires.
Ce royaume effrayant, fait d’un amas d’empires,
Penche... Il nous faut ton bras ! au secours, Charles Quint
Car l’Espagne se meurt, car l’Espagne s’éteint !
Ton globe, qui brillait dans ta droite profonde,
Soleil éblouissant qui faisait croire au monde
Que le jour désormais se levait à Madrid,
Maintenant, astre mort, dans l’ombre s’amoindrit,
Lune aux trois quarts rongée et qui décroît encore,
Et que d’un autre peuple effacera l’aurore !
Hélas ! ton héritage est en proie aux vendeurs.
Tes rayons, ils en font des piastres ! Tes splendeurs,
On les souille ! Ô géant ! se peut-il que tu dormes ? –
On vend ton sceptre au poids ! un tas de nains difformes
Se taillent des pourpoints dans ton manteau de roi ;
Et l’aigle impérial, qui, jadis, sous ta loi,
Couvrait le monde entier de tonnerre et de flamme,
Cuit, pauvre oiseau plumé, dans leur marmite infâme !

Victor Hugo, Ruy Blas, III, 2.


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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Dim 11 Nov - 14:01

O Muse, contiens-toi!...


L'Arbre de vie. G. KLIMT

O Muse, contiens-toi! muse aux hymnes d'airain!
Muse de loi juste et du droit souverain!
Toi dont la bouche abonde en mots trempés de flamme,
Etincelles de feu qui sortent de ton âme,

Oh! ne dis rien encore et laisse-les aller!
Attends que l'heure vienne où tu puisses parler.
Endure le spectacle en vierge résignée.
Qu'à peine un mouvement de ta lèvre indignée.
Révèle ton courroux au fond du coeur grondant.
Dans ce siècle où chacun, noyant ou fécondant,
Se répand au hasard comme l'eau d'un orage,
Où l'on ne voit partout qu'impuissance et que rage,
Qu'inutiles fardeaux qu'on s'obstine à rouler,
Que Samsons écrasés sous ce qu'il font crouler,
Le plus fort est celui qui tient sa force en bride.
L'océan quelquefois montre à peine une ride.
Jusqu'au jour d'éclater, plus proche qu'on ne croit,
Ne te dépense pas. Qui se contient s'accroît.

Aie au milieu de tous l'attitude élevée
D'une lente déesse à punir réservée,
Qui, recueillant sa force ainsi qu'un saint trésor,
Pourrait depuis longtemps et ne veut pas encor!

Va cependant! - contemple et le ciel et le monde.
Et que tous ceux qui font quelque travail immonde,
Que ces trafiquants vils épris d'un sac d'argent,
Que ces menteurs publics, au langage changeant,
Pleins de méchanceté dans leur âme hypocrite
Et dorés au dehors de quelque faux mérite,
Toux ceux, grands et petits, que marque un sceau fatal,
Que l'envieux bâtard accroupi dans le mal,
Que ce tribun valet, plus lâche qu'une femme,
Qui dans les carrefours vend sa parole infâme,
Toujours prêt pour l'or à souffleter la loi,
Forgeant l'émeute au peuple ou la censure au roi,
Que l'ami faux par qui la haine s'ensemence,
Et ceux qui nuit et jour occupent leur démence
D'une orgie effrontée au tumulte hideux,
Te regardent passer tranquille au milieu d'eux,
Saluant gravement les fronts que tu révères,
Muette, et l'oeil pourtant plein de choses sévères!
Fouille ces coeurs profonds de ton regard ardent.
Et que, lorsque le peuple ira se demandant:
- Sur qui donc va tomber, dans la foule éperdue,
Cette foudre en éclairs dans ses yeux suspendue? -
Chacun d'eux, contemplant son oeuvre avec effroi,
Se dise en frissonnant: C'est peut-être sur moi!

En attendant, demeure impassible et sereine.
Qu'aucun pan de ta robe en leur fange ne traîne;
Et que tous ces pervers tremblent dès à présent
De voir auprès de toi, formidable, et posant
Son ongle de lion sur ta lyre étoilée,
Ta colère superbe à tes pieds muselée!

6 septembre 1836

06/09/1836
Victor Hugo
Les Voix intérieurs
Recherche d'un poème
des poèmes


... Si certains Artistes bien inspirés, bénis du son et des mots pouvaient prendre exemple ..
si certains talents, se méfiaient un peu du "hasard" ou d' un arbre mal placé ..
çà serait parfait, vraiment ! ...

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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Dim 9 Fév - 19:44

Ô drapeau de Wagram ! ô pays de Voltaire !

Puissance, liberté, vieil honneur militaire,
Principes, droits, pensée, ils font en ce moment
De toute cette gloire un vaste abaissement.
Toute leur confiance est dans leur petitesse.
Ils disent, se sentant d’une chétive espèce :
— Bah ! nous ne pesons rien ! régnons. ─ Les nobles cœurs !
Ils ne savent donc pas, ces pauvres nains vainqueurs,
Sautés sur le pavois du fond d’une caverne,
Que lorsque c’est un peuple illustre qu’on gouverne,
Un peuple en qui l’honneur résonne et retentit,
On est d’autant plus lourd que l’on est plus petit !
Est-ce qu’ils vont changer, est-ce là notre compte ?
Ce pays de lumière en un pays de honte ?
Il est dur de penser, c’est un souci profond,
Qu’ils froissent dans les cœurs, sans savoir ce qu’ils font,




Les instincts les plus fiers et les plus vénérables.
Ah ! ces hommes maudits, ces hommes misérables
Éveilleront enfin quelque rébellion
À force de courber la tête du lion !
La bête est étendue à terre, et fatiguée
Elle sommeille, au fond de l’ombre reléguée ;
Le mufle fauve et roux ne bouge pas, d’accord ;
C’est vrai, la patte énorme et monstrueuse dort ;
Mais on l’excite assez pour que la griffe sorte.
J’estime qu’ils ont tort de jouer de la sorte.



Octobre 1849.
 
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Mar 12 Jan - 13:38

VICTOR HUGO DE RETOUR D'EXIL ..

Les paroles me manquent pour dire à quel point m’émeut
l’inexprimable accueil que me fait le généreux peuple de Paris.
Citoyens, j’avais dit : Le jour où la république rentrera, je rentrerai.
Me voici.

Deux grandes choses m’appellent.
La première, la république. La seconde, le danger.
Je viens ici faire mon devoir.
Quel est mon devoir ?
C’est le vôtre, c’est celui de tous.
Défendre Paris, garder Paris.
Sauver Paris, c’est plus que sauver la France,
c’est sauver le monde.

Paris est le centre même de l’humanité. Paris est la ville sacrée.
Qui attaque Paris attaque en masse tout le genre humain.
Paris est la capitale de la civilisation, qui n’est ni un royaume,
ni un empire, et qui est le genre humain tout entier dans son passé et dans son avenir.
Et savez-vous pourquoi Paris est la ville de la civilisation ?
C’est parce que Paris est la ville de la révolution.

Qu’une telle ville, qu’un tel chef-lieu, qu’un tel foyer de lumière,
qu’un tel centre des esprits, des cœurs et des âmes, qu’un tel cerveau
de la pensée universelle puisse être violé, brisé, pris d’assaut, par qui ?
par une invasion sauvage ? cela ne se peut.
Cela ne sera pas. Jamais, jamais, jamais !

Citoyens, Paris triomphera, parce qu’il représente l’idée humaine
et parce qu’il représente l’instinct populaire.

L’instinct du peuple est toujours d’accord avec l’idéal de la civilisation.
Paris triomphera, mais à une condition :
c’est que vous, moi, nous tous qui sommes ici,
nous ne serons qu’une seule âme ; c’est que nous ne serons
qu’un seul soldat et un seul citoyen, un seul citoyen pour aimer Paris,
un seul soldat pour le défendre.

À cette condition, d’une part la république une,
d’autre part le peuple unanime, Paris triomphera.
Quant à moi, je vous remercie de vos acclamations
mais je les rapporte toutes à cette grande angoisse
qui remue toutes les entrailles, la patrie en danger.

Je ne vous demande qu’une chose, l’union !
Par l’union, vous vaincrez.

Étouffez toutes les haines, éloignez tous les ressentiments,
soyez unis, vous serez invincibles.

Serrons-nous tous autour de la république en face de l’invasion,
et soyons frères. Nous vaincrons.
C’est par la fraternité qu’on sauve la liberté.



(SI LES TEXTES SONT LA, IL NE FAUT PAS LES UTILISER,
A DES FINS POLITIQUES.)



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