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Sujet: Re: ALAIN BASHUNG Mer 4 Mai - 10:08
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Alain Bashung ressuscité par Gérard Manset
Son livre « Visage d’un dieu inca » est le récit d’une amitié émouvante entre les deux chanteurs.
Benjamin Locoge - Paris Match
Manset et Bashung se sont rencontrés trop tard.
Pendant des années, leurs routes se sont croisées. Ils ont commencé tous les deux dans les années 60, ont tous deux atteint des statures de Commandeurs dans la chanson française.
Leurs carrières évoluaient en parallèle. Quand l’un sortait « Novice », l’autre régalait avec « Matrice ». Les liens sont évidents, les connexions logiques. Mais Bashung et Manset ne se connaissaient pas.
Il y avait eu une rencontre fugace aux Francofolies de La Rochelle, en 1985. Le premier s’y produisait, le second les photographiait, anonymement. Quelques clics, quelques regards furtifs.
Et puis le vide, jusqu’en 2005. Bashung chante pour le prix Vaudeville. Manset est dans l’assistance. Les numéros de téléphone s’échangent, enfin. Une amitié va naître.
Deux ans après la disparition du rockeur, Gérard Manset le fait revivre, sous sa plume, dans un court récit, « Visage d’un dieu inca ».
Manset aime l’écriture et l’autobiographie. Il dépeint un Bashung, perdu dans les affres de la création et se glisse dans le tableau. « Je me le représente massif, comme s’il était un cavalier chevauchant son destrier en vue d’une ville de sable à conquérir. »
Manset évoque leurs conversations : « Nous ne parlions pas de musique », écrit-il. Il lui donnera tout de même quelques-uns de ses plus beaux textes, « Comme un Lego » et « Je tuerai la pianiste », qui figurent sur « Bleu pétrole », ultime album du défunt.
Au fil des pages, Manset se dévoile aussi, justifie sa radicalisation, son refus d’apparaître, lui qui se méfie plus que tout de « l’apparence » : « Ce qui m’attristait était que le temps passe sans que j’aie cru bon, de mon côté, devoir infléchir ou modifier une once de quoi que ce soit. Attitude réfractaire. »
S’il règle aussi ses comptes avec les maisons de disques et certains chanteurs, c’est pour mieux faire comprendre combien sa naïveté l’a toujours guidé, lui qui s’étonne encore de ses rendez-vous manqués avec Jacques Brel ou Charles Aznavour, « ces stars inaccessibles, étanches ».
Manset, toujours à contre-pied, utilise des mots doux à l’encontre de Chloé Mons, épouse tant critiquée après le décès de l’artiste. D’habitude, les « Visages de dieux incas » font peur. Ici, celui de Bashung est limpide, émouvant et sincère.
« Visage d’un dieu inca », de Gérard Manset, éd. L’Arpenteur, 120 pages, 12 euros. Sortie le 6 mai. Point final
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Bridget
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Sujet: Re: ALAIN BASHUNG Lun 9 Mai - 20:19
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Bashung, le dieu inca
Gérard Manset a fréquenté Alain Bashung peu avant que celui-ci ne meure. Il raconte les deux dernières années de ce «fauve assoupi» que le rock français n'a pas fini de pleurer.
C'est la rencontre manquée de deux mousquetaires. Portrait de l'icône irradiante du rock français par un soldat de l'ombre.
Tout aurait pu les rapprocher, leurs routes ne se sont pas croisées, hors la dernière ligne droite. Dans «Bleu pétrole», son ultime album, Bashung chante trois titres de Manset (dont «Comme un lego») et le clôt par une reprise de «Il voyage en solitaire». La même année 2008, Manset ouvre son album par «Comme un lego».
Alter ego, alter écho. Les deux années précédant la mort d'Alain, ils se sont donc vus. Des tête-à-tête avec de longs silences. Manset cherche le sauvage qui est en lui, en eux, l'observe manger des fines de claire, espionne le «fauve bien assoupi», le «sage himalayen». Il s'en souvient comme d'«un cavalier chevauchant son destrier en vue d'une ville de sable à attaquer, demandant aux assiégés d'ouvrir les portes de la cité rock vassalisée». «Il me faisait penser à Germinal, ajoute Manset. J'aurais aimé le restituer par le burin, entamer le cuivre dans une gravure rendant sa lèvre songeuse.»
Un jour, Bashung lui fait écouter chez lui, à Barbès, la maquette de «Comme un lego». Manset l'interrompt, frappé par la foudre de la version.
Le livre saisit ce temps qui fuit, dans l'ignorance de la mort prochaine, l'invisible nostalgie d'un impossible partage. Tous deux nés après guerre, sur une rive opposée. Alain à Boulogne-Billancourt - mère ouvrière et père inconnu -, Gérard à Saint-Cloud, enfant des beaux quartiers. Ils se sont aperçus à l'automne 1965 au Pierre-Charron, boîte des Champs-Elysées: Bashung bataillant sur scène quand l'autre, minet du Drugstore, frimait avec Antoine Gallimard.
L'un transfigurait ses albums sur scène, jusqu'à la veille de sa mort. L'autre remettra toujours ses concerts au lendemain. Il faut attendre l'Olympia 2008 pour que Manset revive la scène originelle. Le chanteur de «Matrice» retrouve enfin celui de «Novice». Deux faces d'une même pièce.
François Armanet
«Visage d'un dieu inca» par Gérard Manset, Gallimard/l'Arpenteur
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Nine Admin
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Sujet: Re: ALAIN BASHUNG Ven 27 Mai - 19:55
Alain Bashung : Tels Alain Bashung ( Universal )
Un album hommage qui ne sent pas le formol ? Remercions le label Barclay pour ça.
Lorsqu'un artiste meurt, il n'est pas rare de voir son label (ou encore mieux, son EX-label qui conservait son back-catalogue sur une étagère poussiéreuse en attendant un crash d'avion/une overdose/une maladie létale fulgurante) vous sortir un best of ou un album hommage alors que le corps n'a même pas eu le temps de refroidir.
Dans le cas d'Alain Bashung, le label Barclay a fait preuve d'une certaine pudeur toute à son honneur :
la première intégrale ne sortira que huit mois plus tard (une éternité comparé à… tiens, Jean Ferrat), le best-of l'année d'après et cet album hommage un peu après l'anniversaire des deux ans de la disparition du chanteur (et oui, déjà !).
C'est aussi – et surtout – le soin particulier apporté au casting. Face aux nombreuses candidatures qui firent suite à l'annonce de ce tribute album, le label a choisi de privilégier les artistes qui auraient une histoire personnelle et/ou professionnelle avec Bashung. L'intérêt de piocher dans le carnet de bal du défunt, c'est que Monsieur Bashung n'étant pas n'importe qui, ses amis agglomérés sur un seul disque donnent au final un tracklisting des plus alléchants.
Les apprentis Columbo pourront donc s'amuser à relier les points au fil de l'écoute : Noir Désir ? Ils ont tourné ensemble et ont réenregistré "Volontaire" pour son album Climax (sur lequel on trouve aussi M). Gaëtan Roussel ? Facile : il a coécrit Bleu Pétrole. Vanessa Paradis ? Bashung lui a écrit la chanson "L'eau et le vin". Dionysos ? Facile aussi : Bashung a prêté sa voix à "Panique Mécanique " sur leur album la Mécanique du Cœur. Christophe ? Ami proche dont il a repris "Les Mots Bleus" en 1992.
Miossec ? A notamment co-écrit "Faisons Envie" sur L'Imprudence… Pour les autres, outre les abonnés à vie aux tributes made-in-Barclay (du genre Stephan Eicher, déjà présent sur ceux de Brassens et Brel), les histoires qui leur valent un créneau sur le disque seront peut-être plus personnelles ou plus anecdotiques ; tous partagent en tout cas une admiration sans borne pour le grand bonhomme qu'était Alain Bashung.
En matière d'hommage, plusieurs écoles cohabitent : certains, comme Noir Désir ou Vanessa Paradis, optent pour la reprise minimaliste laissant place à l'émotion.
D'autres tentent de "désapprendre" Bashung pour mieux s'approprier ses chansons, poussant parfois jusqu'au kidnapping (la version Dionysos de "2043" sonne comme une face B du diptyque Monsters in Love/La Mécanique du Cœur) ; une démarche de déconstruction qui aurait certainement ravi le maître, avec quelques jolies réussites signées Benjamin Biolay (et ses superbes arrangements sur "Ma Petite Entreprise"), Christophe ou Keren Ann.
À l'inverse, avec son "Madame Rêve" un peu trop maniéré, M rate le coche. Enfin, plutôt que d'égratigner son vieux pote dans une imitation hasardeuse , Miossec contourne l'obstacle avec brio en reprenant "Osez Joséphine" façon "chanteur de balluche de 14 juillet à Plouescat" (dixit l'intéressé) ; les BB Brunes n'auront hélas pas cette classe et foncent droit dans le mur avec leur version aspartame de "Gaby Oh Gaby".
Preuve qu'il faut parfois laisser faire les adultes.
Michael Rochette
Bridget
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Sujet: Re: ALAIN BASHUNG Dim 29 Mai - 15:41
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Alain Bashung, faisons envie
ARTE Jeudi, 2 juin 2011 à 22:20
Rediffusion dimanche 12 juin à 05H00 et samedi 18 juin à 13H00 (France, 2011, 52mn)
Une évocation inspirée du chanteur de "La nuit je mens", à travers les voix de l'album hommage Tels : Christophe, Vanessa Paradis, -M-, Gaëtan Roussel, les BB Brunes...
"Faisons envie / Jusqu'au dégoût / Pas de pitié / Pas de quartier / Faisons envie / Afin que rien ne meure / Pour que jamais tu ne m'oublies / Avant que l'on ne prenne peur."
C'est une chanson coécrite par Bashung et Miossec (pour L'imprudence, sorti en 2002) qui donne son titre à cette évocation pleine d'émotion et de panache : hommage à l'homme, à sa musique et à son univers, deux ans après sa mort.
La plupart des artistes de l'album Tels (douze reprises fameuses, dont "Alcaline" par Christophe, "Angora" par Vanessa Paradis, "Osez Joséphine" par Miossec, "Madame rêve" par -M-, "J'passe pour une caravane" par Gaëtan Roussel, "Gaby" par les BB Brunes...) offrent des témoignages vibrants de leurs rencontres avec celui qui fut, pour quelques-uns d'entre eux, un ami, et pour tous un inspirateur.
Un parolier hors pair aussi, dont l'esprit souffle peut-être sur ces conversations joliment mises en scène dans des ambiances nocturnes et urbaines : les beaux et bons mots sont au rendez-vous, dans les chansons comme dans les témoignages.
"Il est venu marcher sur mes plates-bandes, mais il les a fait fleurir", chuchote le grand Christophe à propos des "Mots bleus".
Vertige de l'amour
Le réalisateur Thierry Villeneuve accomplit un tour de force : évoquer en moins d'une heure, sans jamais avoir l'air de se presser, un parcours et une oeuvre si foisonnants.
La musique est omniprésente, des répétitions du groupe Mustang travaillant leur reprise gonflée de "La nuit je mens" au solo live de Mathieu Chedid roulant dans un taxi.
Les archives rares ou fameuses, extraits d'interviews, de films ou de concerts, se fondent harmonieusement dans ce puzzle arty aux multiples facettes, à l'image de Bashung lui-même.
http://www.arte.tv/fr/3836468.html
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Bridget
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Il m'aura fallu faucher les blés apprendre à manier la fourche pour retrouver le vrai faire table rase du passé
la discorde qu'on a semée à la surface des regrets n'a pas pris
le souffle coupé la gorge irritée je m'époumonais sans broncher
Angora montre-moi d'où vient la vie où vont les vaisseaux maudits
Angora sois la soie sois encore à moi
les pluies acides décharnent les sapins j'y peux rien, j'y peux rien coule la résine s'agglutine le venin
j'crains plus la mandragore j'crains plus mon destin j'crains plus rien
le souffle coupé la gorge irritée je m'époumonais sans broncher
Angora montre-moi d'où vient la vie où vont les vaisseaux maudits Angora sois la soie sois encore à moi
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Bridget
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Sujet: Re: ALAIN BASHUNG Sam 9 Juil - 23:56
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LA TOURNEE DES GRANDS ESPACES
Quatrième album live d'Alain Bashung, paru en 2004 chez Barclay.
Il retrace la tournée 2003-2004 qui fait suite à l'album L'Imprudence.
J'passe pour une caravane ( Live )
Fabuleuse version live de : "J'passe pour une caravane" sur la tournée des Grands Espaces. ( mention spéciale pour Geoffrey Burton à la guitare, fabuleux... )
J'passe pour une caravane Pour un chien qui n'en démord pas Le labyrinthe Conduit l'homme habile À des étreintes Loin du réconfort
J'passe de sas en sas Et mes visites s'espacent Des ombres s'échinent À me chercher des noises Le plus clair de mon temps Dans la chambre noire De l'étuve au blizzard Des coups de latte Un baiser Des coups de latte Un baiser Des coups de latte Un baiser
J'passe sous silence mes avatars J'passe sur tes frasques M'obnubiler pourquoi Pour un vasistas Loin du réconfort
J'passe de sas en sas Et mes visites s'espacent Mes élans me courent et m'entraînent Vers d'autres riveraines Vers la grande inconnue Loin du réconfort
J'passe de sas en sas Et mes visites s'espacent Des ombres s'échinent À me chercher des noises Le plus clair de mon temps Dans la chambre noire De l'étuve au blizzard Des coups de latte Un baiser Des coups de latte Un baiser Des coups de latte Un baiser
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Dernière édition par Bridget le Mer 24 Aoû - 16:51, édité 1 fois
Bridget
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Sujet: Re: ALAIN BASHUNG Mer 24 Aoû - 16:50
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Gaby oh ! Gaby
Le premier tube du chanteur a introduit une nouvelle manière de faire du rock en France, grâce à son texte révolutionnaire.
Dans son film à sketchs J'ai toujours rêvé d'être un gangster, Samuel Benchetrit s'est amusé à mettre Arno et Bashung face-à-face, dans une cafétéria. Le chanteur belge y apostrophe son confrère. «Un de tes plus grands succès, c'est une chanson que tu m'as piquée. J'avais écrit Sandy oh ! Sandy, toi, tu as fait Gaby oh ! Gaby. Mais c'est pas grave, on s'en fout.»
L'histoire vraie de la genèse du premier tube de Bashung est à peine moins loufoque: il réunit tous les éléments qui en ont fait une légende. D'abord parce qu'il s'agissait, pour l'artiste de 33 ans qui galérait depuis près de quinze ans, du «morceau de la dernière chance».
Après une dizaine de 45-tours, dès 1966, et deux albums (Roman-photo et Roulette russe), l'Alsacien d'adoption était considéré par la profession comme l'archétype du loser.
Un type brillant, auquel le succès populaire tournait autant le dos, ne pourrait jamais y arriver. C'est en substance ce que pensaient les cadres de la maison Philips, sur le point de lui rendre son contrat. C'était sans compter sur l'enthousiasme d'un directeur de production sensible à son talent, Gérard Baqué. «C'est lors des obsèques d'Alain que celui-ci m'a avoué qu'il avait financé l'enregistrement d'un 45-tours en détournant une partie du budget de Paul Mauriat», se souvient Boris Bergman, alors parolier d'Alain Bashung.
Le roi de l'easy-listening à la française aurait, sans le vouloir, sauvé la carrière d'un des artistes aujourd'hui les plus respectés de notre patrimoine.
Initialement, la chanson devait figurer en face B d'Elle s'fait rougir toute seule, dont Bergman écrivit le texte au Japon.
«À mon retour, Alain m'a demandé d'écrire un nouveau refrain pour le morceau Max Amphibie, qu'on avait écarté de l'album Roulette russe.» Une pochade écrite à l'adresse de Max Amphoux, éditeur des chansons du duo.
«Ce gros fumeur, amateur de whisky qui ne s'étonnait de rien, nous reprochait de fumer des joints, était un peu homophobe sans le vouloir. Il m'a inspiré ce personnage qui se balade sous l'eau.»
Un million d'exemplaires
L'attaque de Gaby oh ! Gaby («J'fais mon footing au milieu des algues et des coraux, et j'fais mes pompes sur les restes d'un vieux cargo») témoigne de cette première mouture.
Réécrites par Bergman, les paroles s'attacheront à évoquer un travesti ou un transsexuel, Gaby, provenant de l'argot gaboune, qui désignait un homosexuel. Une astuce qui échappa à tout le monde lorsque le titre fut publié en février 1980. «Aucune radio ne voulait passer le titre, se souvient l'animateur télé Jacky Jakubowicz, à l'époque attaché de presse pour Bashung.
Le seul à nous avoir soutenus fut Jean-Bernard Hebey, dans l'émission de nuit “Poste restante”, sur RTL.»
Dans un paysage médiatique encore limité à trois radios périphériques et deux mensuels de rock, le titre peine à se faire connaître. «Je n'ai pas lâché le morceau, pendant six ou sept mois, on me répondait “ça ne marchera jamais”.»
Une chronique parue dans Best convainc Europe 1 de le passer trois fois par jour. «RTL a suivi, puis France Inter», se remémore Jacky. «Nous étions en studio au pays de Galles lorsque la maison de disques nous a signalé qu'on était numéro un du hit-parade de France-Soir», témoigne Bergman, encore incrédule.
Pas ingrat, le parolier explique qu'il n'en serait pas là aujourd'hui sans cette chanson. Il faut dire que le tube, diffusé dans les campings et les boîtes de nuit pendant tout l'été 1980, doit beaucoup à sa plume. Elle lança une nouvelle manière de faire sonner le rock en français, dans un paysage encore dominé par Hallyday, Mitchell, Téléphone ou Trust.
«Alain a volontairement laissé la priorité à ce texte très récitatif, en mettant la musique en retrait.» Composé sur une grille d'accords rock'n'roll, le titre cite le pionnier Buddy Holly dès son intro, avec un riff de saxophone calqué sur celui de Reminiscing, à une octave d'écart.
Enregistrée au studio Ferber, à Paris, la chanson est complétée dans l'antre de l'ingénieur du son Dominique Blanc-Francard. Alors que Bashung s'absente aux toilettes, Bergman griffonne sur le pupitre. «Il m'avait demandé d'ajouter des phrases pour la fin, j'ai décidé d'écrire des conneries pour le faire rire.
Je m'attendais qu'il bute sur : “À quoi ça sert la frite si t'as pas les moules…”, mais il l'a chantée avec un sang-froid incroyable.» À la fin des prises, DBF lâche: «Vous avez un truc énorme, là.»
«On pensait qu'il disait ça pour nous remonter le moral», dit Bergman.
Gaby oh ! Gaby s'écoula à un million d'exemplaires. «On a été dépassés par le succès. Il m'a fallu dix ans pour réaliser qu'elle était générique d'une époque», avoue Bergman.
Le duo collaborera jusqu'à la fin de la décennie 1980, avec des interruptions, notamment sur l'album Play Blessures, coécrit en 1982 avec Gainsbourg et dans lequel Bashung règle ses comptes avec son tube:
«Je dédie cette angoisse à un chanteur disparu, Mort de soif dans le désert de Gaby.»
Dernière édition par Bridget le Mar 10 Avr - 0:06, édité 1 fois
liliane Admin
Nombre de messages: 9249 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: ALAIN BASHUNG Jeu 3 Nov - 19:20
Le 7 novembre sort L'Homme à tête de chou, oeuvre culte de Serge Gainsbourg chanté par Alain Bashung peu avant sa mort en mars 2009. Voici, en exclusivité pour LEXPRESS.fr, le clip de Variations sur Marilou.
Le chanteur devait interpréter sur scène l'album revisité. La première a eu lieu en novembre 2009 à Grenoble, avec la bande son enregistrée par Alain Bashung et une chorégraphie signée Jean-Claude Gallotta. La bande originale sort le 7 novembre chez Barclay.
Aucun express ne m’emmènera Vers la félicité Aucun tacot n’y accostera Aucun Concorde n’aura ton envergure Aucun navire n’y va Sinon toi
Aucun trolley ne me tiendra Si haut perché Aucun vapeur ne me fera fondre Des escalators au chariot ailé J’ai tout essayé J’ai tout essayé
J’ai longé ton corps Epousé ses méandres Je me suis emporté Transporté Par-delà les abysses Par-dessus les vergers Délaissant les grands axes J’ai pris la contre-allée Je me suis emporté Transporté
Aucun landau ne me laissera Bouche bée Aucun Walhalla ne vaut le détour Aucun astronef ne s’y attarde Aucun navire n’y va Sinon toi
Aucun express ne m’emmènera Vers la félicité Aucun tacot n’y accostera Aucun Concorde n’aura ton envergure Aucun navire n’y va Aucun