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 ALAIN BASHUNG

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Nine
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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Jeu 17 Fév - 0:28

’Tels Alain Bashung’
l’album hommage




Deux ans après sa disparition, Alain Bashung est encore dans les mémoires.
"C’est un prince qui ce soir nous a quittés, un immense poète, un chanteur engagé",
déclarait le président de la République Nicolas Sarkozy au soir de sa mort.

Chez les artistes aussi, la peine était grande.

Une pléiade de stars ont ainsi accepté d’enregistrer un album hommage,
en reprenant les grands succès du chanteur.
Sur Tels Alain Bashung, on devrait retrouver :
Bertrand Cantat (Noir Désir), Benjamin Biolay,
Raphaël, ou encore -M-, Vanessa Paradis,
Renan Luce, Stephan Eicher ...
ou encore Gaëtan Roussel, l’ancien chanteur du groupe Louise Attaque
qui a collaboré sur Bleu Pétrole, le dernier album de Bashung.

Benjamin Biolay (Ma Petite Entreprise),
Raphaël (l'Apiculteur) ,
ou encore Gaëtan Roussel (J'passe pour une caravane),


Nous vous tiendrons informés pour la suite ...

Aucun Express par  Bertrand Cantat
d'après Universal.
On sait d'ores et déjà que la chanson Aucun Express,
extraite de l' album Fantaisie Militaire
-qui a été décisif dans la carrière du chanteur-
sera reprise par Bertrand Cantat.
voir vidéo de l'original plus haut !

Sortie le 26 avril 2011.
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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Jeu 17 Fév - 0:51

AUCUN EXPRESS


Aucun express ne m'emmènera
Vers la félicité
Aucun tacot n'y accostera
Aucun Concorde n'aura ton envergure
Aucun navire n'y va
Sinon toi

Aucun trolley ne me tiendra
Si haut perché
Aucun vapeur ne me fera fondre
Des escalators au chariot ailé
J'ai tout essayé
J'ai tout essayé

J'ai longé ton corps
Epousé ses méandres
Je me suis emporté
Transporté
Par delà les abysses
Par dessus les vergers
Délaissant les grands axes
J'ai pris la contre-allée
Je me suis emporté
Transporté

Aucun landau ne me laissera
Bouche bée
Aucun Walhalla ne vaut le détour
Aucun astronef ne s'y attarde
Aucun navire n'y va
Sinon toi

Aucun express ne m'emmènera vers
la félicité
Aucun tacot n'y accostera
Aucun Concorde n'aura ton envergure
Aucun navire n'y va
Aucun
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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Mer 23 Fév - 1:35

MES BRAS
ALAIN BASHUNG/JEAN FAUQUE


Avant-dernier album studio d'Alain Bashung,
L'Imprudence est sorti en 2002.
Chaleureusement accueilli par l'ensemble de la critique et du public
malgré son côté très austère, l'album reprend le chemin entamé en 1982
(20 ans, déjà !)
par Play Blessures et poursuivi en 1989 par Novice.
La face sombre de Bashung, qui collabore ici,
pour la dernière fois, avec Jean Fauque,
et qui a collaboré, pour une chanson, avec Miossec
(Faisons Envie, l'avant-dernière du disque).
Avec ses 66 minutes
(pour 13 titres, dont le morceau-titre de presque 10 minutes,
chanson la plus longue de Bashung),
L'Imprudence est l'album studio le plus long de l'artiste.
C'est aussi, de loin, le plus difficile d'accès.
A côté, Novice et Play Blessures ressemblent à une promenade
dans la prairie par un matin de mai ensoleillé.



J'étais censé t'étourdir
Sans aviron, sans élixir
J'étais censé te soustraire à la glu
Les impasses
Les grands espaces
Mes bras connaissent, mes bras connaissent
Une étoile sur le point de s'éteindre

J'étais censé te ravir
A la colère de Dieu
La douceur d'un blindé
Le remède à l'oubli
Mes bras connaissent, mes bras connaissent, mes bras connaissent
La menace du futur
Les délices qu'on ampute
Pour l'amour d'une connasse

J'étais censé t'encenser
Mes hélices se sont lassées
De te porter aux nues
Je me tue à te dire
Qu'on ne va pas mourir
Sauve-toi, sauve-moi
Et tu sauras où l'acheter, le courage

J'étais censé t'étourdir
Sans aviron, sans élixir
J'étais censé te couvrir
A l'approche des cyclones
Mes bras connaissent, mes bras connaissent
Sur le bout des doigts
La promesse d'un instant
La descente aux enfers
Mes bras connaissent
Mes bras mesurent la distance
Sauve-toi, sauve-moi
Et tu sauras où l'acheter, le courage

J'étais censé t'étourdir
Sans aviron, sans élixir
J'étais censé t'extraire
Le pieu dans le cœur
Qui t'empêche de courir
Mes bras connaissent, mes bras connaissent, mes bras connaissent
Une étoile sur le point de s'éteindre
Mes bras connaissent, mes bras connaissent
Sur le bout des doigts
Mes bras connaissent, mes bras connaissent
Une étoile sur le point de s'éteindre
Mes bras connaissent
Sauve-toi, sauve-moi
Mes bras connaissent.


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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Sam 12 Mar - 22:57

La prochaine édition de Fnac.mix



rendra hommage au seul album qui vit se rencontrer
les deux monstres sacrés de la chanson française :


'Play Blessures'
écrit par Alain Bashung et Serge Gainsbourg.


Ecrit par les deux journalistes et écrivains rock Pierre Mikaïloff et Arnaud Viviant,
mis en musique par le compositeur Fred Lô et le groupe RoCoCo,
ce spectacle relate l'élaboration de 'Play Blessures', sorti en 1982.

Accouché dans des vapeurs éthyliques, 'Play Blessures'
est un album jamais entendu dans la France d'alors, industriel et urbain,
synthétique et apocalyptique.
Sis au théâtre Marigny, ce récit prendra la voix de l'actrice Irène Jacob
et sera mis en chansons
par des prestations inédites d'artistes majeurs, anciens collaborateurs,
anciens complices ou fans absolus.

Ce spectacle est conçu spécialement pour Fnac.mix,
nouveau rendez-vous conçu par la Fnac comme un forum
où l'on échange et se rencontre autour de la musique, du dessin,
de la littérature, de la poésie, de la photo, du cinéma.

Spectacle d'Arnaud Viviant et Pierre Mikaïloff.
Mis en musique par Fred Lô et RoCoCo.
Lu par Irène Jacob.
Interprété par :
Barbara Carlotti, Joseph d'Anvers, Florent Marchet,
Axel Bauer, Boris Bergman, Alain Chamfort...

Informations complémentaires
http://www.theatremarigny.fr/fr/programmation/bdd/id/82-bashung-gainsbourg-re-play-blessures
Théâtre Marigny - lundi 28 mars - 20h30 -
Réservations : magasins Fnac – T
arif : 9 euros (Etudiants, moins de25 ans : 6 euros,
Adhérents Fnac : gratuit) - Billets à retirer en magasin, dans la limite des places disponibles
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Bridget



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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Sam 19 Mar - 14:15

L'album hommage à Bashung de sortie fin avril

Par PHILIPPE BROCHEN





Au menu: douze morceaux phare du chanteur défunt repris par Noir Désir, Gaëtan Roussel, Miossec, Dyonisos, Keren Ann, Biolay, Raphaël, Christophe...


La question occupe nuit et jour les plus éminents membres de la faculté: les reprises de morceaux présentent-elles un intérêt, même mineur? Sur disque et pas seulement live? Ceux qui répondent doublement par l'affirmative peuvent attendre avec excitation le 26 avril. Surtout s'ils sont fans d'Alain Bashung.

A l'occasion du deuxième anniversaire de la disparition de ce dernier, Barclay, son label, a organisé l'enregistrement d'un album hommage. Baptisé Tels, l'opus comprendra douze reprises de morceaux bashunguiens - neuf par des chanteuses et chanteurs, seuls trois titres ayant été confiés à des groupes.

Le casting, très majoritairement masculin, est globalement attrayant, qui réunit jeunes et artistes d'expérience, autour de morceaux majeurs de l'oeuvre de Bashung dans la deuxième partie de sa carrière, c'est-à-dire à partir des années 90, à l'exception de Je fume pour oublier que tu bois (1979) et Gaby oh Gaby (1980).

C'est Noir Désir qui ouvre le bal dans cet album avec Aucun express qui restera - sauf reformation très hautement improbable - son dernier morceau, la formation ayant splitté depuis l'enregistrement du morceau.

On attend aussi avec impatience de découvrir J'passe pour une caravane par Gaëtan Roussel, Je fume pour oublier que tu bois par Keren Ann, Osez Joséphine par Miossec et l'excellent Apiculteur par Raphaël - on espère toutefois que l'interprétation ne sera pas trop mièvre et chargée, le morceau original étant un sommet de dépouillement.

En revanche, on craint le pire - mais on espère se tromper - avec le monument Madame rêve repris par -M-, Volutes par Stephan Eicher et Gaby oh Gaby par BB Brunes (que viennent-ils foutre là?).

Enfin, la revisitation de Alcaline par l'inclassable Christophe devrait, sauf mauvaise surprise, constituer un des sommets de cet album, alors qu'on attend avec curiosité d'entendre Benjamin Biolay s'attaquer à Ma petite entreprise, Dionysos au difficile 2043 et Vanessa Paradis s'emparer du sublime Angora, ce qui n'est pas chose aisée.


http://next.liberation.fr/musique/01012326391-l-album-hommage-a-bashung-de-sortie-fin-avril



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liliane
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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Jeu 31 Mar - 10:07

Quand Gainsbarre rencontre Bashung : un album dans la débauche




En 1982, Gainsbourg et Bashung ont composé ensemble l’album « Play Blessures » d’Alain. 30 ans plus tard, un spectacle rendait hier soir un hommage à cette collaboration de deux géants de la chanson française. Ponctuée d’interprétations du disque par Axel Bauer ou encore Alain Chamfort, cette représentation menée par l’actrice Irène Jacob retraçait la naissance et la mort de ce duo improbable et évident à la fois.

Il était une fois, Gainsbourg et Bashung. Deux chanteurs écorchés vifs, rejoints par la noirceur de leur état d’esprit et la radicalité de leur sens artistique. Deux créateurs qui se retrouvent en 1982 pour composer un album à quatre mains, un album plus déconcertant qu’innovant, plus choquant qu’entraînant.

Dans une ambiance très intimiste au Théâtre Marigny, Irène Jacob nous raconte l’histoire de cet album. A l’époque, Alain Bashung sort d’un album encensé par les critiques et applaudi par le public. Après « Gaby, oh Gaby », le tube « Vertige de l’amour » installe définitivement l’artiste au rang des nouveaux génies du rock.

Mais cette place, le chanteur n’en veut pas. Mal à l’aise devant son succès, héros de la chanson française malgré lui, Alain Bashung est bien décidé à changer de direction musicale. Une rupture artistique, quitte à saborder sa carrière.




Il se sépare du parolier Boris Bergman, à l’origine de ses tubes, et se rapproche de Serge Gainsbourg. Ou plutôt Gainsbarre. Car c’est dans le côté sombre de Gainsbourg qu’Alain Bashung se retrouve. Tous deux imaginent un nouvel album particulier, baignant dans la noirceur de leur état d’esprit commun, et emprunt de mélodies déconcertantes.

Le thème de l’album sera l’apocalypse. Pour composer les musiques et les paroles des chansons, les deux artistes ne se lâchent plus. Rue de Verneuil, chez Gainsbourg, au comptoir du bistrot de Paris, où l’homme à la tête de choux avait ses habitudes, les deux nouveaux comparses imaginent leurs compositions le verre à la main. Irène Jacob rappelle les mélanges douteux auxquels Gainsbourg initie Bashung. « Ricard arrosé de vodka, pourquoi mettre de l’eau, après tout, la vodka a la même couleur ! », « Téquila-champagne, une bombe ! » selon les mots de Gainsbarre rapportés par l’actrice.

Au final, l’album « Play Blessure » accouche dans les vapeurs d’alcool. Et le résultat déconcerte. A la maison de disque de Bashung, c’est la colère des producteurs ! A la station Europe1, qui a programmé une journée spéciale à l’occasion de la sortie de l’album, les animateurs n’en reviennent pas. Les fans non plus. Les critiques ne l’épargnent pas. L’album est un échec commercial.

Pourtant, aujourd’hui, près de 30 ans après ce disque kamikaze, les spécialistes de la musique sont unanimes : ce disque est une perle. Un joyau qui n’a pas rencontré le succès mérité. Hier soir, à la suite du spectacle, quelques experts débattent, tentent d’expliquer les raisons de cet échec, et ne se lassent pas de vanter les qualités de l’album « Play Blessures ». « Le disque s’inscrit dans la cold wave, c’est de la pop froide… C’est bel et bien de la pop, mais de la pop déconcertante » nous explique-t-on.

Mais le plus étrange n’est pas dans le destin du disque. Plutôt dans celui du duo. A la fin du spectacle, après les magnifiques interprétations de l’album chantées par Axel Bauer, Alain Chamfort, Joseph d’Anvers, Boris Bergman ou même Irène Jacob elle-même, cette dernière nous raconte la fin de la collaboration Bashung-Gainsbourg. « Après trois mois durant lesquels ils ne se sont pas quittés d’une semelle, ils ne se sont plus revus. Un peu comme deux comètes qui se seraient rencontrées un instant dans un même espace, avant de repartir chacune de son côté dans sa galaxie. A la naissance de son fils Arthur, Alain Bashung a tenté d’appeler Serge. Il lui a répondu un bref « Ouais ça va, à part ça ? ». Après, plus rien. »
fred guitton

http://you.leparisien.fr/spectacles-people/2011/03/28/quand-gainsbarre-rencontre-bashung-un-album-dans-la-debauche-7472.html

Fnac Mix « [Re]Play Blessures »
Un spectacle réalisé par Arnaud Viviant et Pierre Mikaïloff, avec Irène Jacob, Alain Chamfort, Axel Bauer, Boris Bergman, le groupe RoCoCo, Barbara Carlotti, Florent Marchet et Joseph d’Anvers.


Dernière édition par liliane le Mer 8 Oct - 15:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Mer 13 Avr - 21:47

TELS ALAIN BASHUNG

Jusqu’au 26 avril, jour de la sortie de “Tels Alain Bashung”, découvrez des extraits de cet hommage sur le site officiel www.alainbashung.fr et mesurez l’influence de Bashung sur toute une génération d’artistes…

12 d’entre eux (Noir Désir, Gaëtan Roussel, -M-, Benjamin Biolay, Keren Ann, Vanessa Paradis, Stephan Eicher, Dionysos, Christophe, BB Brunes, Miossec, Raphael) ont eu le choix dans le répertoire et ont fait entrer l’œuvre de Bashung dans la leur : par la grande porte.

Retrouvez-les tous sur l’album hommage “Tels Alain Bashung”, dès le 26 avril 2011.

http://alainbashung.artiste.universalmusic.fr/



DIONYSOS 2043

Question : Quel est la première chanson d’Alain Bashung qui vous a marqué ?

B. B. : "Osez Joséphine". Le clip m'a complètement hypnotisé la première fois que je l’ai découvert et il me fait toujours le même effet aujourd'hui. La guitare slide, la crinière du cheval et la chevelure de la guitariste mêlés à la voix d'Alain qui hante tranquillement le tout…
On devrait utiliser ce clip pour des séances d'hypnose. Sur moi en tous cas, cela fonctionnerait très bien.


Question : Qu’est-ce qui vous a séduit dans la chanson « 2043 » au point que vous décidiez d’en faire une reprise ?


B. B. : « 2043 », c'est la belle au bois dormant avec un cousin télépathique de Johnny Cash version gueule de bois (dormant), une sorte de Disney mélancolique. Ca donne envie de jouer dedans, de jouer avec.
On voulait l'embarquer dans notre univers, la malmener sans pour autant effacer Alain de l'histoire, de l'esprit. On a presque fonctionné comme des remixeurs, en essayant de nous surprendre nous-mêmes, mais en gardant l'esprit storytelling climatique de l'original.


Question : Pouvez-vous nous raconter les souvenirs qu’il vous reste de son intervention sur votre chanson, « La mécanique du cœur » ?


B. B. : Son humilité, son humour pince sans-rire, tendre… Sa veste spéciale qu'il revêtait comme un costume de super-héros pour enregistrer ses voix. Sa surprenante timidité de géant qui ne sait pas ou s’asseoir lorsqu'il est arrivé en studio. Le peu de mots, juste et précis dans sa force de proposition. Son inimitable faculté de faire sien le texte, comme s'il venait de l'écrire lui-même.
Son coup de fil alors qu'il était reparti en taxi pour me chanter des chœurs qu'il n'avait pas osé proposer pendant la session d'enregistrement...Chœurs que je me suis empressé d'aller essayer - et de garder.


MIOSSEC OSEZ JOSEPHINE

Question : Connaissant votre fascination pour l’album « Play Blessures », on s’attendait à ce que vous repreniez « Martine Boude » où « Scènes de manager » pour ce disque hommage. Pourquoi avoir choisi « Osez Joséphine » ?


B. B. : Parce que Play Blessures n’est tout bonnement pas « reprenable ». Comme on ne peut pas reprendre « 154 » de Wire. Parce que Nina Simone était la seule à pouvoir reprendre les Beatles.

Pour moi ce disque fondateur est intouchable. « Play », comme le disait Alain, a été fait par un groupe béni des étoiles.
J’ai repris Joséphine comme ces groupes de balluche, que connaissait bien Alain, pouvaient le faire. J’ai repris ce titre comme on le ferait un 14 juillet à Plouescat. Je suis le chanteur du bal, à sa place, comme j’ai pu faire la « vedette américaine » pour Alain à l’Olympia.


Question : En quoi Bashung a-t-il fait avancer le rock en France ?


B. B. : Il a rendu le terme « rock français » possible. Même s’il faudrait trouver un autre terme. « Rock français » : ça ne va pas. Citez-moi trente bons disques de rock français…


Question : Vous avez collaboré étroitement avec lui dans les années de « L’imprudence », quel souvenir de lui ressurgit immédiatement dans votre mémoire ?

B. B. : Je les garde, tendrement, pour ma gueule de tendre granit.


BB BRUNES GABY , OH GABY


Question : Comment décririez-vous Alain Bashung en cinq adjectifs ?

B. B. : Avant-gardiste et intemporel. Absurde. Poétique. Décalé. Inspirant.


Question : Quel regard portez-vous sur son parcours ? Pensez-vous qu’il a décomplexé le rock en France ?

B. B. : C’est un long et beau parcours truffé d'expérimentations. Une quête permanente de nouveaux sons, de nouvelles façons d'écrire, de percevoir et de penser les choses. Il a apporté son regard riche et novateur, avec des chansons parfois déroutantes au premier abord , rythmiquement et harmoniquement.

Il fait indéniablement partie des artistes qui ont décomplexé le rock en France au même titre que Gainsbourg, Piaf et Vian plus généralement pour la chanson et la littérature, ou encore Phoenix aujourd'hui. Il a sauvé le rock français en le réinventant.


Question : Pourquoi avoir choisi d’interpréter « Gaby Oh Gaby » ?

B. B. : Parce que c’est un peu le « Satisfaction » de Bashung, son grand tube porte-bonheur, son premier succès salvateur.
Nous aimons l’énergie et la fraicheur qui s'en dégagent et les paroles complètement surréalistes. Ca fait d’ailleurs déjà un petit moment que nous l'interprétons sur scène.



GAETAN ROUSSEL J'PASSE POUR UNE CARAVANE


Question : Vous avez travaillé en étroite collaboration avec Bashung sur son dernier album, quel souvenir de lui vous revient-il spontanément en mémoire ?

B. B. : Je me rappelle surtout la première fois que je suis allé chez lui et que j'ai entendu sa voix posée sur les deux premiers titres que je lui avais proposés : « Résidents de la République » et « Hier à Sousse ».
Heureusement, j'étais assis !


Question : Lorsque vous avez commencé votre collaboration, avez-vous ressenti une différence entre le personnage que vous imaginiez jusqu’alors, et celui que vous avez découvert humainement ?

B. B. : Je n'avais pas fantasmé outre mesure sur qui pouvait être Alain Bashung. J'ai rencontré une personne très délicate, attentive, exigeante et drôle.


Question : Vous auriez pu choisir de reprendre un titre que vous avez écrit pour lui, comme "Résidents de la République" ; pourquoi avoir porté votre attention sur " J’passe pour une caravane »?

B. B. : Si j'ai appris quelque chose au contact d'Alain Bashung, c'est qu'il faut savoir prendre des risques et se frotter à l'inconnu pour avancer. Je connais tellement l'histoire de « Résidents de la République » que j’aurais eu du mal à me défaire de certains tics et d'une impression de déjà vu.

Au delà de ca, le texte de « J’passe pour une caravane » est magnifique. J'ai tenté, en toute humilité, une version différente, que j'espère à la fois très respectueuse et un peu libre d'interprétation…



BENJAMIN BIOLAY MA PETITE ENTREPRISE


Question : Sans dévoiler des secrets de cuisine, comment se réapproprie t-on une chanson comme « Ma petite entreprise », dont les arrangements et la forme initiale paraît à des années lumière de son propre répertoire ?


B. B. : J'ai choisi "Ma petite entreprise" que j'ai transformée en quelque chose d'assez halluciné, de déstructuré. Il fallu que je la chante beaucoup pour oublier sa voix. Une fois que j'ai maîtrisé la chanson, je n'ai plus jamais écouté l'originale.


Question : Quel regard portez-vous sur le parcours musical de Bashung?

B. B. : Définitivement admiratif.


Question : Selon vous, avec le temps, quelle empreinte laissera Bashung dans la musique française ?

B. B. : Il sera sur le podium des très grands.




.


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Bridget



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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Mer 13 Avr - 22:16




.

Christophe raconte Bashung : « Il était beaucoup dans le silence »







Barclay sort le 26 avril un album de reprises hommage à Alain Bashung, deux ans après sa mort.

Douze artistes déclinent le répertoire du chanteur sur « Tels Alain Bashung », le titre du projet.

Parmi eux, Christophe, qui reprend « Alcaline », une chanson écrite par Bashung en 1989 sur « Novice ». (Voir la vidéo de la version originale)





Sa reprise croise les univers des deux chanteurs nés avec deux petites années d'écart à la sortie de la guerre.

On l'écoute, c'est bien Christophe qui chante. Les « oh ! oh ! » rigolards de Bashung manquent bien sûr, un peu d'orchestration 80's aussi – le titre a mué. (Ecoutez le morceau en exclusivité sur Rue89)



Mais un doute flotte, ne s'estompe pas tout à fait : on se surprend à croire que la chanson est de lui. N'est-ce pas Christophe qui affleure d'une phrase comme :

« T'aimes plus les mots roses que je t'écris ? »



Le chanteur, lui, n'avait rien remarqué. Ni « Aline » dans « Al(cal)ine », ni les mots roses en œillade à ses « Mots bleus ». Quand le titre est sorti, il est passé à côté, même s'il a gardé tous les albums de Bashung dans son appartement du quartier Denfert-Rochereau.


Il a fallu attendre 2002 et une interview croisée des deux hommes par Le Nouvel Observateur pour que Bashung avoue à Christophe l'appel du pied, muet, pudique, espiègle sans doute aussi si le mot n'était pas si sucré. Ça faisait vingt ans qu'ils ne s'étaient pas vus. « Nous étions deux Indiens », dit Christophe aujourd'hui.




« On parlait du travail, on jouait dans ma piaule »




Les deux Indiens se sont bien connus. De cette époque-là, à la fin des années 60, Christophe dit à présent qu'il vivait « à l'envers ». A l'envers, ça voulait dire voir les matins plutôt que vivre la nuit, et aussi voir Alain sur less coup de 11 heures – « se retrouver, c'était un truc de tous les jours. »


Ils partageaient un éditeur et un ami (Francis Dreyfus), « un point de rencontre ». Déjeuners à midi dans une brasserie (toujours la même), après-midi sur le matos que Christophe commençait alors à amasser – il ne cessera pas :


« Je sortais de la période des “Marionnettes” et d'“Aline”, je décidais de faire ma route, d'être plus près de ma personnalité. Un arrêt volontaire. J'avais l'impression d'avoir avec la musique davantage un contact d'arrangeur. Mon truc, c'était les orchestrations. Je viens de la musique expérimentale, en réalité.


Lui n'avait pas fait de disque et était très country. Rock et blues, bien sûr, mais très country, alors que je déteste ça. On parlait du travail, on jouait dans ma piaule, il chantait parfois, j'enregistrais, j'aimais lui faire le son. On écoutait, beaucoup. A 19h30, il se tirait avec son écharpe, son imper – il portait toujours un imper. »



« Il était beaucoup dans le silence »



Le type à l'imper était un taiseux. Les deux artistes se sont peu parlé, on sent que la sourdine était de rigueur entre eux deux. Ça a duré « un an, un an et demi », « un temps assez intimiste », dit Christophe. C'était il y a quarante ans. Il reste peu de choses de ces heures enfermées. Peu de mots aussi pour trouer la pudeur :



« Il se laissait porter. Un jour, je lui ai même fait enregistrer une belle connerie : un air de Wagner, juste parce que j'aimais “Tannhäuser”, c'est devenu un gros mélo. Il était beaucoup dans le silence. Il venait d'ailleurs : Strasbourg, l'Alsace. Moi, c'est l'Italie. »


« Quand Bashung a percé, il a parfois campé un sourire un peu ironique, un retrait quelque part dans le port du menton. Plus jeune, il souriait peu », se souvient Christophe, sensibilité concentrée.
Et puis les deux hommes se sont perdus. Ont perdu de vue le plaisir d'être à côté. Aucune fâcherie, apparemment, un déménagement ou deux éventuellement.





« Je crois qu'au fond, j'espérais qu'il guérirait »




Les années ont filé, indiennes, lointaines. Jamais ils ne se sont vus l'un chez l'autre et Christophe a changé de chez lui, fini par éprouver son temps sans plus sortir. Des retrouvailles de 2002 autour d'« Alcaline », Christophe dit encore :



« Lui qui ne parlait pas se mettait à parler. Moi à me taire. »


Jamais ils n'ont enregistré de duo (« J'ai horreur de ça, sauf sur scène peut-être »). Lorsque Christophe est remonté sur scène après vingt-cinq ans à faire sans, Bashung était dans la salle :

« J'avais écouté tous ses albums, mais toujours les mêmes en fait : “L'Apiculteur”, “Osez Joséphine”. Après ça, on est ensemble jusqu'au bout. »



« Ensemble » ? Quelques concerts tout juste, des moments au téléphone, l'essentiel n'est pas tangible (et vice versa) :


« Il n'est jamais venu chez moi mais personne n'est jamais venu depuis que je vis ici, depuis dix ans, disons. Sauf Louis Chedid peut-être, pour jouer aux échecs, regarder des films. Alain et moi, on était des chats nocturnes. »



La dernière fois que les deux hommes se sont vus, Bashung était « un peu fatigué ». Il ne lui a rien dit du cancer. Puis Christophe a appris. Un jour, au téléphone, Bashung lui a demandé s'il voulait passer chez lui. Christophe n'a pas dit non – il n'a rien dit du tout :


« Je ne l'ai plus jamais vu à partir du moment où il avait changé. Je ne voulais pas le voir comme ça. Je n'avais pas les couilles. Le cancer m'angoisse. Je crois qu'au fond, j'espérais qu'il guérirait. J'ai appris sa mort dans les journaux. »



http://www.rue89.com/2011/04/13/christophe-raconte-bashung-il-etait-beaucoup-dans-le-silence-199709


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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Mer 27 Avr - 13:50

ARTE - 2 JUIN 2011
HOMMAGE A BASHUNG



Deux ans après la disparition d’Alain Bashung, le documentaire inédit « Bashung, faisons envie » va témoigner de l’héritage et de l’influence de cet artiste majeur sur la scène musicale française.



Gaëtan Roussel, Keren Ann, Miossec, les BB Brunes, Dionysos, Christophe, Matthieu Chedid, Vanessa Paradis, Mustang, réinterprètent les titres phares de Bashung et livrent des témoignages vibrants de leurs rencontres avec celui qui fut, pour quelques-uns d'entre eux, un ami, et pour tous un inspirateur.



« Bashung, faisons envie » : Un documentaire de Thierry Villeneuve proposé le 2 juin à 22h10 sur Arte. Coproduction ARTE France, Barclay (France, 2011, 52mn).



http://www.leblogtvnews.com/article-arte-rend-hommage-a-bashung-le-2-juin-72634640.html


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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Mer 4 Mai - 11:08

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Alain Bashung ressuscité par Gérard Manset


Son livre « Visage d’un dieu inca » est le récit d’une amitié émouvante entre les deux chanteurs.

Benjamin Locoge - Paris Match





Manset et Bashung se sont rencontrés trop tard.

Pendant des années, leurs routes se sont croisées. Ils ont commencé tous les deux dans les années 60, ont tous deux atteint des statures de Commandeurs dans la chanson française.

Leurs carrières évoluaient en parallèle. Quand l’un sortait « Novice », l’autre régalait avec « Matrice ». Les liens sont évidents, les connexions logiques. Mais Bashung et Manset ne se connaissaient pas.

Il y avait eu une ­rencontre fugace aux Francofolies de La Rochelle, en 1985. Le premier s’y produisait, le second les photographiait, anonymement. Quelques clics, quelques regards furtifs.







Et puis le vide, jusqu’en 2005. Bashung chante pour le prix Vaudeville. Manset est dans l’assistance. Les ­numéros de ­téléphone s’échangent, enfin. Une amitié va naître.

Deux ans après la disparition du rockeur, Gérard Manset le fait revivre, sous sa plume, dans un court récit, « Visage d’un dieu inca ».

Manset aime l’écriture et l’autobiographie. Il dépeint un Bashung, perdu dans les affres de la création et se glisse dans le tableau. « Je me le représente massif, comme s’il était un cavalier chevauchant son destrier en vue d’une ville de sable à conquérir. »

Manset évoque leurs conversations : « Nous ne parlions pas de musique », écrit-il. Il lui donnera tout de même quelques-uns de ses plus beaux textes, « Comme un Lego » et « Je tuerai la pianiste », qui figurent sur « Bleu pétrole », ultime album du défunt.



Au fil des pages, Manset se dévoile aussi, justifie sa radicalisation, son refus d’apparaître, lui qui se méfie plus que tout de « l’apparence » : « Ce qui m’attristait était que le temps passe sans que j’aie cru bon, de mon côté, devoir infléchir ou modifier une once de quoi que ce soit. Attitude réfractaire. »

S’il règle aussi ses comptes avec les maisons de disques et certains chanteurs, c’est pour mieux faire ­comprendre combien sa naïveté l’a toujours guidé, lui qui s’étonne encore de ses rendez-vous manqués avec Jacques Brel ou Charles Aznavour, « ces stars inaccessibles, étanches ».

Manset, toujours à contre-pied, utilise des mots doux à l’encontre de Chloé Mons, épouse tant critiquée après le décès de l’artiste. D’habitude, les ­« Visages de dieux incas » font peur. Ici, celui de Bashung est limpide, émouvant et sincère.



« Visage d’un dieu inca », de Gérard Manset, éd. L’Arpenteur, 120 pages, 12 euros. Sortie le 6 mai. Point final



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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Lun 9 Mai - 21:19



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Bashung, le dieu inca



Gérard Manset a fréquenté Alain Bashung peu avant que celui-ci ne meure.
Il raconte les deux dernières années de ce «fauve assoupi» que le rock français n'a pas fini de pleurer.









C'est la rencontre manquée de deux mousquetaires.
Portrait de l'icône irradiante du rock français par un soldat de l'ombre.

Tout aurait pu les rapprocher, leurs routes ne se sont pas croisées, hors la dernière ligne droite.
Dans «Bleu pétrole», son ultime album, Bashung chante trois titres de Manset (dont «Comme un lego») et le clôt par une reprise de «Il voyage en solitaire». La même année 2008, Manset ouvre son album par «Comme un lego».


Alter ego, alter écho. Les deux années précédant la mort d'Alain, ils se sont donc vus. Des tête-à-tête avec de longs silences.
Manset cherche le sauvage qui est en lui, en eux, l'observe manger des fines de claire, espionne le «fauve bien assoupi», le «sage himalayen».
Il s'en souvient comme d'«un cavalier chevauchant son destrier en vue d'une ville de sable à attaquer, demandant aux assiégés d'ouvrir les portes de la cité rock vassalisée». «Il me faisait penser à Germinal, ajoute Manset. J'aurais aimé le restituer par le burin, entamer le cuivre dans une gravure rendant sa lèvre songeuse.»


Un jour, Bashung lui fait écouter chez lui, à Barbès, la maquette de «Comme un lego».
Manset l'interrompt, frappé par la foudre de la version.

Le livre saisit ce temps qui fuit, dans l'ignorance de la mort prochaine, l'invisible nostalgie d'un impossible partage.
Tous deux nés après guerre, sur une rive opposée. Alain à Boulogne-Billancourt - mère ouvrière et père inconnu -, Gérard à Saint-Cloud, enfant des beaux quartiers. Ils se sont aperçus à l'automne 1965 au Pierre-Charron, boîte des Champs-Elysées: Bashung bataillant sur scène quand l'autre, minet du Drugstore, frimait avec Antoine Gallimard.


L'un transfigurait ses albums sur scène, jusqu'à la veille de sa mort. L'autre remettra toujours ses concerts au lendemain.
Il faut attendre l'Olympia 2008 pour que Manset revive la scène originelle. Le chanteur de «Matrice» retrouve enfin celui de «Novice». Deux faces d'une même pièce.

François Armanet


«Visage d'un dieu inca» par Gérard Manset, Gallimard/l'Arpenteur



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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Ven 27 Mai - 20:55

Alain Bashung : Tels Alain Bashung
( Universal )



Un album hommage qui ne sent pas le formol ?
Remercions le label Barclay pour ça.


Lorsqu'un artiste meurt, il n'est pas rare de voir son label
(ou encore mieux, son EX-label qui conservait son back-catalogue
sur une étagère poussiéreuse en attendant
un crash d'avion/une overdose/une maladie létale fulgurante)
vous sortir un best of ou un album hommage alors que le corps
n'a même pas eu le temps de refroidir.

Dans le cas d'Alain Bashung, le label Barclay a fait preuve d'une certaine pudeur
toute à son honneur :


la première intégrale ne sortira que huit mois plus tard
(une éternité comparé à… tiens, Jean Ferrat), le best-of l'année d'après
et cet album hommage un peu après l'anniversaire
des deux ans de la disparition du chanteur (et oui, déjà !).

C'est aussi – et surtout – le soin particulier apporté au casting.
Face aux nombreuses candidatures qui firent suite à l'annonce de ce tribute album,
le label a choisi de privilégier les artistes qui auraient une histoire personnelle
et/ou professionnelle avec Bashung.
L'intérêt de piocher dans le carnet de bal du défunt, c'est que Monsieur Bashung
n'étant pas n'importe qui, ses amis agglomérés sur un seul disque
donnent au final un tracklisting des plus alléchants.

Les apprentis Columbo pourront donc s'amuser à relier les points au fil de l'écoute :

Noir Désir ?
Ils ont tourné ensemble et ont réenregistré "Volontaire" pour son album Climax (sur lequel on trouve aussi M). Gaëtan Roussel ? Facile :
il a coécrit Bleu Pétrole. Vanessa Paradis ?
Bashung lui a écrit la chanson "L'eau et le vin".
Dionysos ? Facile aussi : Bashung a prêté sa voix à "Panique Mécanique
" sur leur album la Mécanique du Cœur. Christophe ?
Ami proche dont il a repris "Les Mots Bleus" en 1992.

Miossec ?
A notamment co-écrit "Faisons Envie" sur L'Imprudence…
Pour les autres, outre les abonnés à vie aux tributes made-in-Barclay
(du genre Stephan Eicher, déjà présent sur ceux de Brassens et Brel),
les histoires qui leur valent un créneau sur le disque seront
peut-être plus personnelles ou plus anecdotiques ;
tous partagent en tout cas une admiration sans borne pour le grand bonhomme
qu'était Alain Bashung.

En matière d'hommage, plusieurs écoles cohabitent :
certains, comme Noir Désir ou Vanessa Paradis,
optent pour la reprise minimaliste laissant place à l'émotion.

D'autres tentent de "désapprendre" Bashung pour mieux s'approprier ses chansons,
poussant parfois jusqu'au kidnapping
(la version Dionysos de "2043" sonne comme une face B du diptyque
Monsters in Love/La Mécanique du Cœur) ;
une démarche de déconstruction qui aurait certainement ravi le maître,
avec quelques jolies réussites signées Benjamin Biolay
(et ses superbes arrangements sur "Ma Petite Entreprise"),
Christophe ou Keren Ann.

À l'inverse, avec son "Madame Rêve" un peu trop maniéré,
M rate le coche.
Enfin, plutôt que d'égratigner son vieux pote dans une imitation hasardeuse
, Miossec contourne l'obstacle avec brio en reprenant "Osez Joséphine"
façon "chanteur de balluche de 14 juillet à Plouescat" (dixit l'intéressé) ;
les BB Brunes n'auront hélas pas cette classe et foncent droit dans le mur
avec leur version aspartame de "Gaby Oh Gaby".

Preuve qu'il faut parfois laisser faire les adultes.

Michael Rochette
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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Ven 3 Juin - 0:38

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Angora - Alain Bashung (Alain Bashung - Jean Fauque / Alain Bashung) -


Album Fantaisie Militaire 1997


les pluies acides décharnent les sapins j'y peux rien, j'y peux rien
coule la résine s'agglutine le venin



Alain Bashung - Angora par Longtimeman




Il m'aura fallu faucher les blés
apprendre à manier la fourche
pour retrouver le vrai
faire table rase du passé

la discorde qu'on a semée
à la surface des regrets
n'a pas pris

le souffle coupé
la gorge irritée
je m'époumonais
sans broncher

Angora
montre-moi
d'où vient la vie
où vont les vaisseaux maudits

Angora
sois la soie
sois encore à moi

les pluies acides
décharnent les sapins
j'y peux rien, j'y peux rien
coule la résine
s'agglutine le venin

j'crains plus la mandragore
j'crains plus mon destin
j'crains plus rien

le souffle coupé
la gorge irritée
je m'époumonais
sans broncher

Angora
montre-moi
d'où vient la vie
où vont les vaisseaux maudits
Angora
sois la soie
sois encore à moi





.








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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Dim 10 Juil - 0:56

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LA TOURNEE DES GRANDS ESPACES




Quatrième album live d'Alain Bashung, paru en 2004 chez Barclay.

Il retrace la tournée 2003-2004 qui fait suite à l'album L'Imprudence.








J'passe pour une caravane ( Live )



Fabuleuse version live de : "J'passe pour une caravane" sur la tournée des Grands Espaces. ( mention spéciale pour Geoffrey Burton à la guitare, fabuleux... )










J'passe pour une caravane
Pour un chien qui n'en démord pas
Le labyrinthe
Conduit l'homme habile
À des étreintes
Loin du réconfort

J'passe de sas en sas
Et mes visites s'espacent
Des ombres s'échinent
À me chercher des noises
Le plus clair de mon temps
Dans la chambre noire
De l'étuve au blizzard
Des coups de latte
Un baiser
Des coups de latte
Un baiser
Des coups de latte
Un baiser

J'passe sous silence mes avatars
J'passe sur tes frasques
M'obnubiler pourquoi
Pour un vasistas
Loin du réconfort

J'passe de sas en sas
Et mes visites s'espacent
Mes élans me courent et m'entraînent
Vers d'autres riveraines
Vers la grande inconnue
Loin du réconfort

J'passe de sas en sas
Et mes visites s'espacent
Des ombres s'échinent
À me chercher des noises
Le plus clair de mon temps
Dans la chambre noire
De l'étuve au blizzard
Des coups de latte
Un baiser
Des coups de latte
Un baiser
Des coups de latte
Un baiser





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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Mer 24 Aoû - 17:50




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Gaby oh ! Gaby



Le premier tube du chanteur a introduit une nouvelle manière de faire du rock en France, grâce à son texte révolutionnaire.









Dans son film à sketchs J'ai toujours rêvé d'être un gangster, Samuel Benchetrit s'est amusé à mettre Arno et Bashung face-à-face, dans une cafétéria. Le chanteur belge y apostrophe son confrère. «Un de tes plus grands succès, c'est une chanson que tu m'as piquée. J'avais écrit Sandy oh ! Sandy, toi, tu as fait Gaby oh ! Gaby. Mais c'est pas grave, on s'en fout.»



L'histoire vraie de la genèse du premier tube de Bashung est à peine moins loufoque: il réunit tous les éléments qui en ont fait une légende. D'abord parce qu'il s'agissait, pour l'artiste de 33 ans qui galérait depuis près de quinze ans, du «morceau de la dernière chance».


Après une dizaine de 45-tours, dès 1966, et deux albums (Roman-photo et Roulette russe), l'Alsacien d'adoption était considéré par la profession comme l'archétype du loser.

Un type brillant, auquel le succès populaire tournait autant le dos, ne pourrait jamais y arriver. C'est en substance ce que pensaient les cadres de la maison Philips, sur le point de lui rendre son contrat.
C'était sans compter sur l'enthousiasme d'un directeur de production sensible à son talent, Gérard Baqué. «C'est lors des obsèques d'Alain que celui-ci m'a avoué qu'il avait financé l'enregistrement d'un 45-tours en détournant une partie du budget de Paul Mauriat», se souvient Boris Bergman, alors parolier d'Alain Bashung.

Le roi de l'easy-listening à la française aurait, sans le vouloir, sauvé la carrière d'un des artistes aujourd'hui les plus respectés de notre ­patrimoine.



Initialement, la chanson devait figurer en face B d'Elle s'fait rougir toute seule, dont Bergman écrivit le texte au Japon.

«À mon retour, Alain m'a ­demandé d'écrire un nouveau refrain pour le morceau Max Amphibie, qu'on avait écarté de l'album Roulette russe.» Une pochade écrite à l'adresse de Max Amphoux, éditeur des chansons du duo.

«Ce gros fumeur, amateur de whisky qui ne s'étonnait de rien, nous reprochait de fumer des joints, était un peu homophobe sans le vouloir. Il m'a inspiré ce personnage qui se balade sous l'eau.»



Un million d'exemplaires



L'attaque de Gaby oh ! Gaby («J'fais mon footing au milieu des algues et des coraux, et j'fais mes pompes sur les restes d'un vieux cargo») témoigne de cette première mouture.

Réécrites par Bergman, les paroles s'attacheront à évoquer un travesti ou un transsexuel, Gaby, provenant de l'argot gaboune, qui désignait un homosexuel. Une astuce qui échappa à tout le monde lorsque le titre fut publié en février 1980. «Aucune radio ne voulait passer le titre, se souvient l'animateur télé Jacky Jakubowicz, à l'époque attaché de presse pour Bashung.

Le seul à nous avoir soutenus fut Jean-Bernard Hebey, dans l'émission de nuit “Poste restante”, sur RTL.»










Dans un paysage médiatique encore limité à trois radios périphériques et deux mensuels de rock, le titre peine à se faire connaître. «Je n'ai pas lâché le morceau, pendant six ou sept mois, on me répondait “ça ne marchera jamais”.»


Une chronique parue dans Best convainc Europe 1 de le passer trois fois par jour. «RTL a suivi, puis France Inter», se remémore Jacky.
«Nous étions en studio au pays de Galles lorsque la maison de disques nous a signalé qu'on était numéro un du hit-parade de France-Soir», témoigne Bergman, encore incrédule.

Pas ingrat, le parolier explique qu'il n'en serait pas là aujourd'hui sans cette chanson. Il faut dire que le tube, diffusé dans les campings et les boîtes de nuit pendant tout l'été 1980, doit beaucoup à sa plume. Elle lança une nouvelle manière de faire sonner le rock en français, dans un paysage encore dominé par Hallyday, Mitchell, Téléphone ou Trust.



«Alain a volontairement laissé la priorité à ce texte très récitatif, en mettant la musique en retrait.» Composé sur une grille d'accords rock'n'roll, le titre cite le pionnier Buddy Holly dès son intro, avec un riff de saxophone calqué sur celui de Reminiscing, à une octave d'écart.




Enregistrée au studio Ferber, à Paris, la chanson est complétée dans l'antre de l'ingénieur du son Dominique Blanc-Francard.
Alors que Bashung s'absente aux toilettes, Bergman griffonne sur le pupitre. «Il m'avait demandé d'ajouter des phrases pour la fin, j'ai décidé d'écrire des conneries pour le faire rire.


Je m'attendais qu'il bute sur : “À quoi ça sert la frite si t'as pas les moules…”, mais il l'a chantée avec un sang-froid incroyable.»
À la fin des prises, DBF lâche: «Vous avez un truc énorme, là.»

«On pensait qu'il disait ça pour nous remonter le moral», dit Bergman.



Gaby oh ! Gaby s'écoula à un million d'exemplaires. «On a été dépassés par le succès. Il m'a fallu dix ans pour réaliser qu'elle était générique d'une époque», avoue Bergman.

Le duo collaborera jusqu'à la fin de la décennie 1980, avec des ­interruptions, notamment sur l'album Play Blessures, coécrit en 1982 avec Gainsbourg et dans ­lequel Bashung règle ses comptes avec son tube:


«Je dédie cette angoisse à un chanteur disparu, Mort de soif dans le désert de Gaby.»




http://www.lefigaro.fr/musique/2011/08/23/03006-20110823ARTFIG00356--gaby-oh-gaby-d-alain-bashung.php



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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Jeu 3 Nov - 20:20


Le 7 novembre sort L'Homme à tête de chou, oeuvre culte de Serge Gainsbourg chanté par Alain Bashung peu avant sa mort en mars 2009. Voici, en exclusivité pour LEXPRESS.fr, le clip de Variations sur Marilou.

Le chanteur devait interpréter sur scène l'album revisité. La première a eu lieu en novembre 2009 à Grenoble, avec la bande son enregistrée par Alain Bashung et une chorégraphie signée Jean-Claude Gallotta. La bande originale sort le 7 novembre chez Barclay.



http://www.lexpress.fr/culture/musique/l-homme-a-tete-de-chou-avec-alain-bashung-le-clip_1047407.html
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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Lun 19 Mar - 8:40

Merci pour ce post dédié à Monsieur Bashung que j'adore

je rajoute si vous permettez à toutes ces belles vidéos, celle-ci.



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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Mar 10 Avr - 1:05

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" AUCUN EXPRESS "


Concert au Bataclan en 2003 filmé par Don Kent sur La Tournée Des Grands Espaces.



Alain Bashung Aucun Express par aureliendesbois



Aucun express ne m’emmènera
Vers la félicité
Aucun tacot n’y accostera
Aucun Concorde n’aura ton envergure
Aucun navire n’y va
Sinon toi

Aucun trolley ne me tiendra
Si haut perché
Aucun vapeur ne me fera fondre
Des escalators au chariot ailé
J’ai tout essayé
J’ai tout essayé


J’ai longé ton corps
Epousé ses méandres
Je me suis emporté
Transporté
Par-delà les abysses
Par-dessus les vergers
Délaissant les grands axes
J’ai pris la contre-allée
Je me suis emporté
Transporté

Aucun landau ne me laissera
Bouche bée
Aucun Walhalla ne vaut le détour
Aucun astronef ne s’y attarde
Aucun navire n’y va
Sinon toi



Aucun express ne m’emmènera
Vers la félicité
Aucun tacot n’y accostera
Aucun Concorde n’aura ton envergure
Aucun navire n’y va
Aucun



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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Mer 13 Juin - 20:30

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Un square Alain Bashung inauguré le 21 juin à Paris



Un square portant le nom d'Alain Bashung sera inauguré le 21 juin dans le XVIIIe arrondissement de Paris, a annoncé à l'AFP la Mairie de Paris.

Ce nouveau square, d'une superficie de 1500 m2, sera le troisième espace vert du quartier avec le square Léon et le square Saint Bernard-Saïd Bouziri.

Décédé le 14 mars 2009, le chanteur, qui habitait villa Poissonnière, une petite rue bordée de maisons au coeur du XVIIIe arrondissement, non loin de la Goutte d'or, était très impliqué dans la vie des associations locales, notamment le centre musical Fleury.





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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Ven 22 Juin - 17:00

Square parisien : ils ont osé Bashung !


Avenue du maréchal Leclerc, boulevard Jean Jaurès, place du Général de Gaulle, etc… Nous passons notre existence de piétons ou de quidams plus ou moins motorisés à circuler dans des artères à l'enseigne de militaires en principe glorieux ou de politiciens plus ou moins illustres. Bon, y'a aussi des scientifiques, c'est vrai.


avec le temps...

Mais curieusement, les artistes, en particulier ceux qui ont œuvré dans la musique contemporaine, n'ont que peu pignons sur rues. Pour une avenue Mozart, combien de ruelles Elvis Presley ? Comme si chanteurs et musiciens n'étaient pas vraiment dignes d'être mis en plaques. Moi, j'adorerais habiter passage Boby Lapointe ou Cours Joe Dassin, ça fait bien sur une carte de visite.
Ben justement, l'un de nos chanteurs préférés et regrettés vient d'obtenir les honneurs urbains : Alain Bashung a désormais son square, sis dans le XVIIIeme arrondissement de Paris, non loin de l'endroit où il habitait, près de la Goutte d'Or. L'inauguration aura lieu le 21 juin, le jour de la fête de la musique : 1500 m2 d'espace vert dédiés au chanteur disparu dans le désert de Gaby.


aupres de mon arbre...


Bashung rejoint ainsi la confrérie rare et privilégiée des artistes ainsi célébrés dans le paysage citadin. Parmi eux, Brassens (un parc à Paris, une rue à Sète ou à Issoudun), Brel (Saint Herblain, Chevigny, Bonneuil sur Marne, etc) Ferré (Angers) Bécaud (Chatellerault, Revel ) Ferrat (Limoges, La Seyne-sur-Mer) Nougaro (Auch, St Gaudens, Montpellier) ou Trenet (Montauban, Nemours, Audincourt, Aubergenville, Mèze…) sont déjà référencés sur vos GPS. Ainsi qu'Edith Piaf, dont le nom trône au dessus de l'asphalte de Lille ou d'Albi.


c'est une avenue extraordinaire...


Gainsbourg, lui, a eu droit à un petit jardin Porte des Lilas, au dessus du périf, tandis que Dalida a sa place et sa statue à Montmartre. Daniel Balavoine a les honneurs de Colombes, Pau ou Garges lès Gonesses.

Claude François bénéficie d'une rue à son nom, mais à Ismailia en Egypte, sa ville natale. Les citoyens de la ville de Béthune pétitionnent pour en obtenir une, tandis que les fans de Mike Brant, enterré en Israël, réclament la leur à Paris depuis plus de trente ans. Exception plaisante, Rory Gallagher, le guitariste irlandais disparu en 1995, en a obtenu une à Ris Orangis, ville où est situé Le Plan, la célèbre salle de concerts dans laquelle il s'est souvent produit. Sans oublier une impasse à ...Bédouin, petit village dans le Mont Ventoux.

Difficile de répertorier ainsi toutes les artères musicales de France. Mais on ne peut que regretter qu'elles soient si peu nombreuses. Prendre un café à la terrasse d'un bistrot de la rue Mano Solo, se garer dans l'allée Jimi Hendrix ou flâner sur les quais John Lennon, avouez que ça aurait une autre gueule…

Philippe Barbot

http://fr.news.yahoo.com/blogs/c-est-ma-tournee/square-parisien-ils-ont-osé-bashung-144236636.html
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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Jeu 11 Juil - 21:13

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Gaëtan Roussel fait revivre Bashung



Dernier collaborateur d'Alain Bashung, avec qui il réalisa et écrivit l'essentiel de l'album Bleu pétrole (2008), Gaëtan Roussel a été approché par les Francofolies de La Rochelle pour une création, Re-Play Blessures, remise en son de Play Blessures, quatrième album de l'aventureux crooner, mort d'un cancer du poumon le 14 mars 2009, à l'âge de 61 ans.









Les samedi 13 et dimanche 14 juillet, au Grand Théâtre de la Coursive, le chanteur du groupe Louise Attaque – qui proposera, fin septembre, un second chapitre à sa fructueuse discographie solo (trois Victoires de la musique en 2011 pour l'album Ginger) – s'attaquera à un disque-clé de l'histoire de Bashung comme de celle de la chanson rock française.



"J'ai découvert Play Blessures vers 1990", se souvient Gaëtan Roussel, qui n'avait que 10 ans à la sortie de l'album, en 1982. "J'avais été marqué par son approche très libre, très décomplexée. Ce disque m'a depuis beaucoup accompagné."


Concentré de beauté bancale et anguleuse, confrontant glaçon synthétique et flamme électrique, humeurs cold wave et rockabilly, l'album fut considéré à sa publication comme un suicide commercial, quand il était d'abord le tremplin d'une renaissance artistique.




DOUTES ET ANGOISSE




Après des années de tâtonnements et de galères, Alain Bashung avait fini par accéder au succès public, par la grâce de deux tubes, Gaby oh ! Gaby et Vertige de l'amour, boostant respectivement les ventes des albums Roulette russe (1979) et Pizza (1981).


Doutes et angoisses étaient nés de cette réussite. "J'étais en porte à faux, expliquait Bashung dans un entretien repris par Gilles Verlant dans sa biographie de Serge Gainsbourg (Gainsbourg, Albin Michel).
Les kids venaient uniquement pour entendre les tubes (...). Ils ne rentraient pas dans le reste de mes chansons, et le public rock ne venait pas me voir, en suivant le vieux raisonnement tubes = récup' = vendu au show-biz."



Pour annihiler ces malentendus, Bashung prend alors le parti de la radicalité. Fâché à l'époque avec son habituel parolier, Boris Bergman, le chanteur propose l'aventure à Serge Gainsbourg.
Revenu en grâce via la Jamaïque, mais inconsolable de sa rupture avec Birkin, Gainsbarre va jouer le jeu de celui en qui il voit un petit frère spirituel et un sérieux compagnon de bringue.


"On avait rendez-vous tous les jours chez lui, à 15 heures, confiait Alain Bashung, lors d'entretiens avec Marc Besse (Bashung(s), une vie, Albin Michel). On commençait par une vodka-Ricard, puis on passait à la tequila rapido (...).
Puis on bossait, et à 20 heures on partait faire la foire dans Paris, dans des boîtes de strip-tease minables, on buvait du mousseux, on pissait dans les taxis... La vie quoi !"


"Je ne comprends toujours pas comment ils ont pu être aussi efficaces dans un tel délire", s'étonne Gaëtan Roussel, en rappelant que deux semaines suffirent au duo pour boucler les textes des chansons.


"A partir de ce disque, Bashung devient un artiste avec un grand A, capable de remise en question et de renouvellement à chaque album."




"RETROUVER LES SENSATIONS D'ORIGINE"



Pour réinventer cette œuvre en concert, le Parisien d'origine aveyronnaise a d'abord choisi de la réenregistrer. "Avec le guitariste Philippe Almosnino, et Benjamin Lebeau, des Shoes, aux machines, nous avons essayé de retrouver des sensations d'origine, en utilisant par exemple les boîtes à rythme de l'époque, en recréant ce frottement entre matière synthétique et organique.


" Puis est venu le temps de la déstructuration, de la recréation live, pour que se glissent la personnalité de Roussel et sa voix rêche, cherchant à humaniser les échos nasillards du Bashung originel.


"Ce disque propose toujours une double lecture, celle d'une production à la fois très froide et très physique, celle de textes à la fois dadaïstes et à vif", analyse Roussel, prenant l'exemple des vertiges vécus de C'est comment qu'on freine ou des doutes exposés dans le premier couplet de J'croise aux Hébrides ("Je dédie cette angoisse à un chanteur disparu/Mort de soif dans le désert de Gaby").


Durant l'enregistrement de Bleu pétrole, il avait trop peu parlé de Play Blessures avec son aîné. Mais, dans sa propre carrière, marquée elle aussi par un immense succès (2,5 millions d'exemplaires du premier album de Louise Attaque vendus), dont il a fallu s'émanciper pour se réinventer, Gaëtan Roussel a gardé en tête cet exemple de prise de risque et ce principe de renouvellement par les rencontres.

Celle de Bashung reste inoubliable. "A travailler à son contact, j'ai pu me sentir perdu, jamais abandonné."


Re-Play Blessures, avec Gaëtan Roussel, les samedi 13 et dimanche 14 juillet, 20 heures. La Coursive, Grand Théâtre, aux Francofolies de La Rochelle. 32 euros. Les Francofolies de La Rochelle, du vendredi 12 au mardi 16 juillet. Francofolies.fr


Stéphane Davet.



http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/07/11/gaetan-roussel-fait-revivre-bashung_3445848_3246.html




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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Mer 22 Oct - 14:45

“Fantaisie Militaire”
(édition Super Deluxe, 3CD, tirage limité)
Livre disque 25cm x 25cm – Livret 28 pages

Sortie le 27 octobre 2014






« Nous en sommes au quatrième album ensemble et, plus on avance dans le temps, plus Alain montre son niveau d’exigence et plus il a le souci du détail. De plus, tant qu’on n’a pas le texte quasiment fini, je n’ai pas d’indication musicale. Avec raison, il me dit : “Jeannot, ne t’inquiète pas pour la musique, quand on a le texte, je peux te pondre cinq ou six versions différentes et on choisira la meilleure.” Et c’est ce qu’il a fait devant moi pour “La Nuit je mens”. »

Cette phrase de Jean Fauque, parolier et compagnon de route d’Alain Bashung, résume parfaitement le déroulement de l’enregistrement de Fantaisie Militaire. Les mois s’étirent et chaque chanson voit naître de multiples versions toutes plus différentes les unes des autres.

C’est en retrouvant sur les bandes multipistes plus de cent versions des titres figurant sur cet album qu’est née l’idée de ce super Deluxe qui propose le travail des différents réalisateurs, musiciens, arrangeurs (Les Valentins, Richard Mortier, Jean Lamoot…)

3 CD composent ce projet :

- L’album original (CD 1)

- 28 versions inédites (démos, préprod, mises à plats, versions alternatives...) sur les CD 2 et 3

Ces versions ont toutes été mixées par Jean Lamoot (ingénieur du son sur cet album) et offrent des Fantaisies militaires inside Bashung.


- TRACKLISTING –



CD 1 - Fantaisie militaire (album original)

1. Malaxe (Alain Bashung - Jean Fauque / Alain Bashung - Les Valentins)
2. La nuit je mens (Alain Bashung - Jean Fauque / Alain Bashung - Les Valentins)
3. Fantaisie militaire (Alain Bashung - Jean Fauque / Alain Bashung)
4. 2043 (Alain Bashung - Jean Fauque / Alain Bashung)
5. Mes prisons (Alain Bashung - Jean Fauque / Alain Bashung)
6. Ode à la vie (Alain Bashung - Jean Fauque / Alain Bashung - Jean-Marc Lederman)
7. Dehors (Alain Bashung - Jean Fauque / Alain Bashung - Les Valentins)
8. Samuel Hall (Olivier Cadiot / Rodolphe Burger)
9. Aucun express (Alain Bashung - Jean Fauque / Alain Bashung)
10. Au pavillon des lauriers (Alain Bashung - Jean Fauque / Alain Bashung)
11. Sommes-nous (Alain Bashung - Jean Fauque / Alain Bashung)
12. Angora (Alain Bashung - Jean Fauque / Alain Bashung)



CD 2 - Les fantaisies militaires part 1

1. Malaxe (pré-production Les Valentins version 3)
2. Malaxe (pré-production Richard Mortier version 2)
3. Malaxe (version alternative)
4. La nuit je mens (mise à plat version 1)
5. La nuit je mens (mise à plat version 2)
6. Fantaisie militaire (pré-production Richard Mortier)
7. Fantaisie militaire (pré-production Les Valentins)
8. 2043 (pré-production Les Valentins)
9. 2043 (maquette Jean-Marc Lederman)
10. Mes prisons (pré-production Les Valentins)
11. Mes prisons (pré-production Richard Mortier)
12. Ode à la vie (version alternative 1 - maquette Jean-Marc Lederman)
13. Ode à la vie (version alternative 4 - maquette Jean-Marc Lederman) instrumental
14. Ode à la vie (maquette Jean Lamoot)
15. Ode à la vie (avec Rachid Taha)



CD 3 - Les fantaisies militaires part 2

1. Dehors (pré-production Les Valentins)
2. Dehors (pré-production Richard Mortier)
3. Samuel Hall (avec Rodolphe Burger)
4. Samuel Hall (version alternative de Rodolphe Burger)
5. Aucun express (pré-production Richard Mortier version 2)
6. Aucun express (pré-production Les Valentins) 4’07
7. Au pavillon des lauriers (pré-production Richard Mortier version 2)
8. Au pavillon des lauriers (pré-production Les Valentins)
9. Sommes-nous (pré-production Richard Mortier version 1)
10.Sommes-nous (pré-production Richard Mortier version 2)
11.Sommes-nous (version alternative) instrumental
12. Angora irréel (enregistré en 1997)
13. Angora (maquette Claude Arini / Take 1)


http://www.universalmusic.fr/alain-bashung/actu/alain-bashung-fantaisie


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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Mer 22 Oct - 15:38

L’ARMEE DES OMBRES

Un riche et passionnant coffret retrace la genèse de Fantaisie
Militaire, le chef-d'œuvre d'Alain Bashung. Fausses pistes, parties de Baby-foot, chantiers avortés et soirées Twin Peaks :

Le récit d'une épopée par ceux qui l'ont vécue de l'intérieur.

par Christophe Conte photo Jean-Baptiste Mondino




Cette nuit-là, une princesse est morte. Encastrée dans un pylône du tunnel de l'Alma. A près de mille kilomètres du point d'impact, au matin du 31 août 1997, la nouvelle parvient par diverses sources jusqu'aux oreilles incrédules d'une petite bande franco-anglaise, qui enregistre à Correns, dans le Var, un album où, au détour d'une chanson, il est question d'une "belle au bois dormant" qui "a fermé ses écoutilles“. Edilh Fambuena, moitié du groupe Les Valentins. reçoit un message d'alerte sur son pager, le cuistot déboule affolé à la table du petit-déjeuner, dans les jardins calmes de la propriété du studio Miraval, pour confirmer le drame. Le réalisateur britannique lan Caple, ainsi que ses compatriotes musiciens qui œuvrent depuis plusieurs semaines sur cet album d'un chanteur français, sont particulièrement ébranlés et la journée s'annonce bizarre, froissée, dissipée et mélancolique. "j'me fais du souci pour le prince”, dit une autre chanson. Quatre mois plus tard, le  6 janvier 1998 sort le dixième album d'Alain Bashung.

Chacun se rappelle de ce qu'il faisait au moment où on a appris la mort de Lady Diana. Tout le monde se souvient également du choc que constitua la première rencontre avec Fantaisie militaire.

Un peu moins de trois ans auparavant. Alain Bashung est comme le “soldat sans joie” de le chanson qui inspirera le titre de l'album. Tout juste séparé de sa femme, Chantal. et loin de son fils Arthur, il erre dans le parc d'une maison de repos à Meudon. où il a été admis en raison d'une dépression carabinée, réplique encore plus raide de celle qui l'avait foudroyé au début des années 80. Témoin de ces deux naufrages. son vieil ami Jean Fauque est cette fois l'un des rares à lui rendre visite au Pavillon des Lauriers, d'après lequel ils baptiseront l'un des morceaux à venir. Fauque est désormais le partenaire de jeux de mots attitré de Bashung et depuis le succès d'Osez Joséphine, puis de Ma petite entreprise et de l'album Chatterton leurs parties de jokari sémantique donnent lieu à l'une des chorégraphies poétiques les plus admirées de la place.

Pas sûr toutefois qu'ils aient le cœur à la déconne, ni que leurs réflexes télépathiques s'accordent avec autant d'harmonie qu'hier, mais ils possèdent un peu de temps devant eux. "Nous nous sommes mis
à travailler sérieusement à son retour, début 96
. se souvient Jean Fauque. Il n'allait pas beaucoup mieux mais, comme en 1982 lorsqu'il s'était attelé à Play blessures, il savait que le fait de se remettre à bosser était la seule façon de s'en sortir. "

Alain a eu l'idée curieuse, après son divorce, de louer un appartement sans luxe dans l'un des points les plus chauds du quartier de Belleville,
lui qui avait passé plusieurs années dans la campagne de la région
parisienne. Repéré au bout de quelques jours par les dealers du coin, qui ont flairé la bonne pâte généreuse et lui soudoient des biffetons sans excès de diplomatie, il rechigne de plus en plus à mettre une santiag dehors.

Deux ou trois fois par semaine, Jean Fauque traverse Paris en diagonale depuis le XV‘ arrondissement pour soumettre à son pote les textes qu'il a noircis les nuits précédentes. Les deux compères, cloîtrés dans cet appartement au plafond anormalement bas, se livrent alors à des exercices chirurgicaux qui demandent parfois des semaines de scalpel et de sutures.

Fauque : "Alain l’ignorait. parce que je préférais ne pas l’emmerder avec ça, mais j ‘étais moi-même dans une situation familiale pas très drôle. Je laissais ainsi chaque fois un petit garçon de 2 ans avec sa mère suicidaire, sans savoir ce que j allais retrouver le soir. Comme Alain étalt encore très fragile. très accablé. on ne peut pas dire qu'on se soit mis au boulot dans les meilleures conditions "

Pour corser un peu plus les opérations, Bashung s'est mis en tête de travailler sur plusieurs chansons à la fois, au lieu de les débiter l'une après l'autre comme sur Chatterton. Il encourage Fauque à lui fournir ainsi le plus de matière première possible, soit des pages entières de textes, jusqu'à une dizaine par chanson, parfois quinze, qu'ils feront ensuite réduire chimiquement pour en extraire le nectar. “Il lui arrivait
de déplacer un bout d'un texte vers un autre. il changeait les choses de place. ne gardait qu'une phrase pour construire autre chose autour. Il voulait placer la borne toujours un peu plus haut, son niveau d'exigence grimpait d'album en album. il avait trop peur de la redite, la facilité.”
Un processus lent, long, douloureux parfois, que Bashung reproduira ensuite avec les musiciens appelés à imaginer des parures pour ces mots perchés.

Echaudé par l'expérience Chatterton, où il s'était retrouvé dans un studio d'enregistrement coûteux sans avoir en main toutes les solutions musicales, contraint de faire venir des musiciens en catastrophe pour colmater les brèches, Bashung a décidé d'opérer différemment. Cette fois il enregistrera toutes les voix, accompagné d'un seul rythme, d'une boucle rudimentaire, voire d'un simple métronome et livrera sans autre indication le matériau brut à des “bidouilleurs”. Il aime bien le terme ‘bidouilleurs’, mais n'a pas encore de noms en tête pour l’illustrer.
Jean Fauque fait des heures sup pour appuyer sur le magnéto et régler le micro, tandis que sa maison de disques dépêche parmi son staff une tête chercheuse chargée d’orchestrer ce ballet complexe avec l'extérieur. Elle s'appelle Anne Larny, c'est une jeune directrice artistique arrivée deux ans plus tôt chez Barclay avec une étiquette de spécialiste en "black music’ et la voilà envoyée au feu auprès de l'un des artistes français réputés les plus difficiles, exigeants et opaques.
“J'étais forcément impressionnée par Alain, se souvient Anne, mais quand j ‘ai débarqué pour la première fois chez lui, dans son appartement de Belleville où il avait collé aux murs des posters d'indiens, je l'ai trouvé tout petit, tout faible et il m'a vraiment fait de la peine. J'ai donc tout de suite eu envie de l'entourer. Je sentais qu'il avait besoin de quelqu'un avec qui il allait aussi pouvoir se sentir bien humainement parce que, artistiquement, j’avais plus à apprendre de lui que l’inverse.”

Parmi les  “bidouilleurs“ dont il s'est mis en quête, Bashung a déjà pris contact avec une vieille connaissance, Richard Mortier, qui fut son guitariste sur scène pendant cinq ans au cours des années 80 et
qu'il n'avait jamais perdu de vue. "De temps en temps. on buvait un coup et on refaisait le monde. témoigne Mortier. ll savait que j'avais commencé à travailler avec des machines, et comme il était venu habiter pas loin de chez moi, à Belleville, il m'a demandé de lui fournir des boucles rythmiques pour poser les voix des futures morceaux. Ensuite, il m'a proposé de faire des essais d'arrangements, de directions musicales et finalement je me suis retrouvé a faire une quarantaine de maquettes. Moi, je jubilais d'avoir cette chance de construire des décors autour de ses mélodies, qui même sans
rien possédaient déjà une force incroyable.’


En parall!èle, Anne Lamy lui a soumis d’autres pistes, afin d'ouvrir différents chantiers et de multiplier les propositions. Antonin Moral, un touche-à-tout de l'entourage de -M-, est approché. Mais son attitude
un peu trop mercenaire pour un Bashung plus indien que cow-boy va lui valoir de se faire éjecter très tôt. En revanche, lorsque Anne Lamy lui présente Jean-Louis Piérot, l'autre moitié des Valentins, c'est le coup de foudre. "Il aimait bien ce qu'on avait fait avec Brigitte Fontaine, notamment l'arrangement de claviers de La Femme à barbe. C'était la direction dans laquelle il souhaitait aller. Lorsqu'on s'est rencontrés, on a aussi beaucoup parlé d'un album qu'on adore tous les deux : Spirit of Eden de Talk Talk et très vite il m'a donné deux titres pour faire des essais : Au Pavillon des Lauriers et Dehors.
Comme nous formions un binôme avec Edith Fambuena, je l'ai entraînée avec moi dans cette aventure et on a senti
immédiatement que ça collait avec Alain, même si, au départ, on ne pensait pas qu'on irait jusqu'au bout du processus de l'album.
"

Edith confirme : "Il n'y avait aucune information harmonique sur les morceaux. On pouvait interpréter ses mélodies de mille façons
différentes, d'autant que la voix était souvent plus parlée que chantée. Il nous a demandé d'oublier ce qu'on connaissait de lui. de faire comme s'il s'agissait de nos propres morceaux et de nous laisser aller le plus possible à des expériences, sans nous donner de limites."


Richard Mortier d'un côté, Les Valentins de l'autre, restait désormais à trouver quelqu'un capable de faire la synthèse de ces différents ateliers, de croiser et fluidifier au mieux les idées qui auront jailli à distance, une fois qu'elles auront été validées par Alain. Anne Lamy recommande Jean Lamoot, un jeune ingénieur du son qui, entre autres qualités, est doté de deux essentielles : il s'agit d'un garçon affable et réservé, comme les aime Bashung, et surtout il est l'un des seuls en France à maîtriser le système Pro Tools, logiciel appelé à révolutionner la musique assistée par ordinateur. "Quand j'ai présenté Pro Tools à Alain, se souvient Lamoot, j'ai senti qu'il attendait ça depuis des années. Cette machine, il l'avait anticipée sans le savoir sur ses enregistrements précédents, en procédant à des collages, des déplacements de parties de guitare d'un morceau à l’autre, de façon artisanale et souvent fastidieuse. Désormais, ce qu'il avait en tête, il pouvait le faire en quelques clics. Il savait qu'avec cet album, il allait pouvoir aller aussi loin qu'il le souhaitait, tester des tas de choses, expérimenter chaque idée jusqu'au bout."

Après s'être rendu dans le Sud par deux fois pour suivre les travaux des Valentins dont il a aimé les propositions, Bashung commence à entrevoir l'ampleur du chantier et mandate Anne Lamy afin de trouver un écrin capable de l'accueillir. "Je suis partie en repérage, j'imaginais un endroit à l'écart de Paris, et je revenais ainsi avec des photos de maisons suffisamment vastes et confortables pour accueillir tout le monde. Et puis, pour des raisons pratiques, nous avons fini par atterrir
au studio Antenna, place de Clichy, à Paris. Alain s'est installé dans un hôtel un peu miteux en face du studio, un endroit fréquenté par les prostituées du quartier; ce qui l’amusait beaucoup. Il nous racontait chaque matin les histoires qu'il avait observées pendant la nuit, il s'y
sentait parfaitement à son aise. "


Pendant plus de trois mois, au printemps 1997, le studio Antenna transformé en ruche, est entièrement dévolu à la préproduction de ce futur album qui n'a pas encore de nom. Les Valentins occupent une pièce proche de la cuisine. Richard Mortier est à l'étage, tandis que Jean Lamoot a installé sa station gare de triage dans le studio principal. Bashung est à la fois présent et fantomatique, laissant ses ouailles opérer dans leur coin et taillant le plus souvent la bavette avec le cuisinier, un jeune réchappé de la galère, qu'il a pris en affection et qu'il a surnommé le duc de Guise en raison de sa barbichette.

Jean-Louis Piérot : "La cuisine, c'était son poste de commandement. Il était perché sur son tabouret avec ses clopes, ses journaux et, mine de rien, il tendait l‘ oreille sur ce qui sortait des différents espaces de travail. Je pense qu'il envisageait déjà des mélanges dans sa tête, mais il ne voulait rien entendre du résultat tant que nous n'en étions pas nous-mêmes satisfaits."

Richard Mortier : "Alain était comme un super réalisateur. un coach qui pousse à se dépasser, à aller dans le contre-emploi pour trouver
des chemins hors des automatismes. Il m'a par exemple demandé, moi qui suis guitariste, de travailler sur des cordes. Il aimait bien les ambiances orientales que j'avais écrites pour Sapho, il recherchait quelque chose d ‘approchant, que l'on entendra dans les cordes de Mes
prisons, Sommes-nous ou Au Pavillon des Lauriers. "


Pour la première fois. avec la réédition de Fantaisie militaire en version augmentée, on a donc accès à ce grand chantier. avec deux CD bonus qui contiennent pas moins de vingt-huit versions alternatives des douze
titres de l'album. Et on mesure mieux à quel point cette construction empirique était nécessaire pour qu'au final se décante un disque à la maîtrise parfaite et aux audaces infinies. Les versions "in progress" de
Malaxe, le titre qui ouvrira Fantaisie militaire résonnent étonnamment avec le texte, qui parle "d'ébauche au pied de la falaise, d'extrait de roche sous l’éboulis ".

C'est bien dans cette façon de malaxer les matières sonores et textuelles que Bashung sera parvenu au sommet de son art hybride et combinatoire.

Au détour d'une version particulièrement spectrale, bipolaire et sublime d’Angora, on découvre même quelques vers abandonnés qui renaîtront sur l'une des dernières chansons proposées par Bashung à son équipe de "bidouilleurs" : "On m'a vu dans le Vercors, voleur d 'amphores, faire la cour à des cerbères, faire l'amour, faire le mort...” De la petite mallette qu'il trimbale toujours avec lui et qui contient, parfaitement ordonnées, toutes les pistes, maquettes et esquisses consignées sur des D.A.T., Alain extrait donc tardivement cette chanson baptisée La nuit je mens. "J'ai ce truc-là, voyez si vous pouvez en faire quelque-chose". dit-il un jour à Edith Fambuena et Jean-Louis Piérot, cette cerise sur le gâteau étant partie pour devenir la chanson totem de l'album, celle qui établira la connexion avec le grand public et deviendra à la longue l'un des classiques foudroyants de la chanson française.

"On cherchait à faire un truc sur l'héroïsme un peu bidon, se rappelle Jean Fauque. Moi j ‘avais une ébauche de texte qui s'intitulait Vercors, dont il n'a gardé que la première phrase. On a déroulé tous les termes liés aux jeux du cirque, aux Romains, pour parler d'un type dont la femme s'est barrée et qui tente de la reconquérir en essayant de passer pour un héros.

Dans l'actualité de l'époque, il y avait aussi pas mal de sujets qui tournaient autour de la Résistance et de la collaboration. Les histoires avec Touvier, Papon, le passé de Mitterrand qui commençait à remonter en surface, ça nous a sans doute influencés indirectement."
Parmi les protagonistes qui œuvrent jour et nuit sur cet album encore mal dégrossi, personne ne sait exactement comment Alain envisage la suite. Sont—ils en train de travailler sur des versions définitives ou des maquettes ?

Le flou, maintenu jusqu'au bout, permet d'entretenir une émulation, sans intention manipulatrice de Bashung, mais parce qu'il veut aller le plus loin possible dans l'élaboration en arborescence de son disque. "Je ne savais pas si j'allais poursuivre le processus jusqu'à son terme, se rappelle Jean Lamoot.

Et puis il a été question d'un réalisateur anglais et d'un déménagement dans un plus grand studio. J'étais un peu déçu, forcément, qu'on ne me fasse pas confiance pour réaliser l'album. Mais finalement, Alain a tenu à m'amener avec lui pour poursuivre ce que j'avais amorcé. " Même
son de cloche avec Les Valentins, qui se rendront également au studio Miraval, près d'Aix-en-Provence, pour jouer les parties de guitares et les claviers, notamment sur les morceaux qu'ils ont composés autour des mélodies de Bashung. Richard Mortier, épuisé par les nuits sans sommeil que lui ont demandé les préproductions, est quant à lui victime d'un infarctus peu avant la migration vers le Sud.

Pour l'Anglais Ian Caple, choisi pour réaliser l'album, Bashung est un parfait inconnu : "A l'époque, ma connaissance de la musique française s'arrêtait à Melody Nelson de Gainsbourg et aux versions des chansons
de Brel par Scott Walker: J'ai reçu une cassette avec huit titres et j'ai immédiatement vu le potentiel énorme de ces chansons, surtout Malaxe, même si je ne comprenais rien aux textes. Je trouvais juste les démos un peu froides - malgré l'excellent travail de Jean -, car elles étaient essentiellement issues de machines. J'ai très vite compris
que mon travail consisterait à amener de la chaleur et de la dynamique lors de l'enregistrement. "
Entre autres faits d'armes récents, Caple a travaillé avec les Tindersticks, sextet élégantissime dont il a révélé toutes les nuances orchestrales. ainsi qu'avec Tricky, dans un registre plus urbain et anxiogène.

Cette double focale plaît à Bashung, qui admire la scène expérimentale de Bristol comme le lyrisme clair-obscur des Londoniens en costards. la "bidouille" électronique et les cordes mélodramatiques.

"Lors de notre première rencontre, Alain m 'a confié vouloir créer un mélange de ces différentes atmosphères, confirme lan Caple et il était impressionné que le même homme ait pu produire les deux !“ Un casting à Londres, auquel participe Edith, permet de recruter une section rythmique pour l'album. Le bassiste Simon Edwards, qui a notamment joué avec Talk Talk ainsi que le batteur Martyn Barker [ex-Shriekbackl, seront ainsi du voyage à Miraval, rejoints plus tard par le guitariste de Portishead, Adrian Utley, une idée d'Anne Lamy, mais dont l'attitude trop renfrognée et les propositions peu éclatantes laisseront à Bashung un goût amer.

Un film amateur des Valantins témoigne de l'atmosphère alternativement potache et studieuse qui règne à Miraval. entre sessions épiques et parties de Baby-foot, visionnages de Twin Peaks et grandes tablées au soleil. "Cet enregistrement, c'était comme une bulle pour nous tous, se souvient Jean-Louis Piérot. On traversait tous des périodes difficiles, Alain avec son divorce, Edith et moi dont les pères étaient tombés malades et allaient décéder pendant l'album, mais chacun laissait ses soucis en dehors du studio. On bossait comme des dingues mais l'ambiance était joyeuse, et Alain faisait tout pour ça, il semblait vraiment heureux. " Un jour, raconte lan Caple, un orage terrible éclate, et des chauves-souris se mettent à envahir la cabine, comme pour rappeler que cet album est aussi l'un des plus tourmentés et hantés de son auteur, en même temps que l'un de ses plus lumineux."

Une section de cordes, dirigée par Joseph Racaille, se tiendra au retour au studio Davout à Paris. Avec un orchestre composé uniquement de filles, ce qui plaisait particulièrement à Bashung. Il posera les voix
définitives au moment du mixage, à Londres, une fois que tout ce majestueux puzzle aura été rassemblé.

lan Caple : ‘Je souhaitais qu'il soit parfaitement détendu pour chanter, comme s'il était en train de me raconter une histoire dans un café. Je lui ai donc trouvé une chaise confortable, il était attablé face à un verre de vin, et il a chanté merveilleusement. Je ne me rendais pas compte de l'importance de ce disque sur le moment, j'en ai pris conscience lorsque je suis revenu à Paris au mois de janvier, et que j'ai entendu La nuit je mens dans le taxi.“

LesinRocKuptibles n°986 du 22 au 28 octobre 2014
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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Ven 24 Avr - 13:12

L'EAU ET LE VIN

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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Lun 27 Avr - 8:23

Ce lundi 27 avril, entre 20 et 22 heures sur Europe 1 : émission spéciale Alain Bashung.



Avec le journaliste Christophe Conte qui est allé à la rencontre de Boris Bergman (parolier et auteur) et Jean Fauque (qui collabora à l'écriture de ses textes).

La station communique que "Vous pourrez retrouver également le chanteur Christophe (qui le fréquenta au début de sa carrière), Yan Péchin (son guitariste) et Jean-Baptiste Mondino (réalisateur de certains de ses clips). Ils se livrent sur leur relation avec Alain Bashung et racontent la manière dont il travaillait. L'occasion d'ébaucher un portrait de cet artiste à la fois lumineux, mystérieux et tourmenté".
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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Aujourd'hui à 3:45

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