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 ALAIN BASHUNG

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Bridget

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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Dim 5 Juil - 13:12

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Gaetan Roussel : “Play blessures est l'album le plus risqué de Bashung”










Le temps d’un concert, l’ex-Louise Attaque revisite “Play blessures”, sorte d’OVNI coécrit avec Gainsbourg en 1982, fusion magistrale entre la fougue rockab et la torpeur clinique des boites à rythmes de l’époque.






Pourquoi reprendre cet album de Bashung, avec ses chansons impossibles à fredonner, probablement le moins accessible de la discographie du chanteur ?

Sans vouloir dénigrer ce que Bashung a fait avant, Play blessures est pour moi son premier album d’artiste avec un grand A. C’est comme un envol, avec une vraie prise de risque. C’est l’œuvre qui a déclenché tout ce qu’il a proposé ensuite.
Bashung sortait à ce moment-là de Gaby Oh Gaby et de Vertige de l’amour et il voulait passer à autre chose. Après cela, il ne s’est confronté qu’à la page blanche.



A sa sortie, Play Blessures, a été un échec commercial. Cherchez-vous ici à le réhabiliter ?

J’ai le désir que cet album soit en effet plus connu, et qu’il le soit par un autre public que les fans.

 

L’album s’inscrit aussi dans une époque – le tournant des années 1980 – où on osait tout : la période « berlinoise » de Bowie, celle de Suicide et d’Alan Vega, du Unbehagen de Nina Hagen, le krautrock, le post-punk...


Oui, on y retrouve aussi du premier Talking heads... Mais pour les Français tout ça était très nouveau. Cette guitare approximative façon Chuck Berry qui s’entrechoque avec des machines qui tournent derrière, c’est une vraie expérimentation.
Le son, dans Play blessures, c’est le mélange du tout. C’est la manière avec laquelle Bashung place sa voix, le mystère qu’il y met... L’album est aussi très singulier dans ses mots. C’est la première [et unique] collaboration de Bashung avec Gainsbourg.




L’auteur de La Javanaise y a en effet écrit la plupart des textes. Savez-vous comment s’est passée leur rencontre ?


Je sais que Bashung avait envie de travailler avec Gainsbourg et qu’il est allé sonner à sa porte. Bashung était quelqu’un qui aimait aller au contact des gens. Sans doute a-t-il jeté des mots, comme on jette des dés, et Gainsbourg s’en est emparé. Ceci étant, à cette époque, j’avais 10 ans, je n’ai pas suivi l’histoire de près…



Cette collaboration nous en rappelle une autre : la votre, sur le dernier Bashung Bleu pétrole (2008), dont vous avez signé un titre sur deux.


Bashung entrait alors dans une phase où chanter était redevenu pour lui un élément premier. Cela faisait déjà un certain temps qu’il travaillait sur ce CD lorsque je lui ai proposé d’abord trois titres guitare-voix (Résidents de la République, Hier à Sousse et Je t’ai manqué).
Puis, petit à petit, il a ouvert la porte aux propositions d’autres artistes [Joseph d’Anvers, Armand Meliès, Gérard Manset, NDLR]. Et l’idée de faire un album ensemble est venue. On est ensuite arrivé aux studios ICP, à Bruxelles, une fois que tous les morceaux étaient parfaitement calés. Bashung ne serait jamais entré en studio sans avoir tous les mots.



Revenons à votre reprise scénique de Play blessures. Comment y avez-vous imprimé votre marque ?

Avec le guitariste Philippe Almosnino, on a d’abord réenregistré l’album piste par piste dans mon petit studio personnel, à Bastille, comme si on démontait un objet. Deuxième étape : on a bousculé les sons et les structures jusqu’à trouver la bonne distance. Tout changer ou tout reprendre à l’identique n’auraient présenté d’intérêt ni dans un cas, ni dans l’autre.
Au final, sur scène, on est cinq : guitare, basse, clavier et ordinateur, MPC – l’idée d’utiliser cette machine, qui déclenche des samples, m’est venue en allant voir Damon Albarn sur la tournée du dernier album de Bobby Womack [disparu en 2014] qu’il a produit avec Richard Russel – et moi-même au chant.
Je me retrouve donc une heure sur scène sans guitare, ce qui est assez nouveau pour moi. En plus, on joue tout le concert derrière un tulle, sur lequel on projette des vidéos où l’on apparaît. Une expérience que j’ai reprise sur ma deuxième tournée solo (Orpailleur, 2013).



   “Certains arrangements pourraient ressembler à du Prodigy”



Dans votre spectacle, que reste-t-il du son des années 1980 ?


Le concert ne reproduit pas le son des années 1980, ni d’ailleurs celui de l’album original. On y a surtout mis beaucoup de notre sensibilité. Il pourrait même ressembler au son des années 2000, dans la mesure où certains arrangements, par exemple, pourraient ressembler à du Prodigy.



Quel héritage Bashung nous laisse-t-il ?

La liberté, la curiosité, l’exigence, la prise de risque, les mots.




Gaëtan Roussel fait son cinéma : en parallèle au concert, rencontre autour de la projection de This is England le 2 juillet, à 20h30, et session acoustique autour de La Colline aux coquelicots le 5 juillet, à 11 heures, au Mk2-Quai de Seine, 14, quai de la Seine, Paris 19e .



http://www.telerama.fr/sortir/gaetan-roussel-play-blessures-est-l-album-le-plus-risque-de-bashung,128842.php

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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Sam 7 Nov - 22:21

L'enfance d'un Artiste qui s'appelle BASHUNG.



Ce titre est extrait de l'album : Roulette Russe

  • Année de sortie : 1979

Je suis né tout seul, près de la frontière
Celle qui vous faisait si peur hier
Dans mon coin, on faisait pas de marmots
La cigogne faisait tout le boulot
C'est pas facile d'être de nulle part
D'être le bébé von dem hasard

Hey ! Gipsy, t'as plus de veine que moi
Le blues, il sent bon dans ta voix
Elsass Blues, Elsass Blues
Ca m'amouse... Va falloir que je recouse

Elsa, encore un verre de Sylvaner
Pour graisser le rocking-chair de grand-mère
Mets ton papillon noir sur la tête
Je te ferai un câlin ce soir, après la fête
Faut pas que je parle aux Levy d'en face
Mémé m'a dit "Reste à ta place"

Hey ! Gipsy... j'aurai pas mon bac
Je ne ferai jamais la carrière de Bismarck
Elsass Blues, Elsass Blues
Ça m'amouse... Va falloir que je recouse
Elsass Blues, ça m'amouse
Va falloir que je recouse

J'habite un blockhaus sous la mer
Elsa est aussi belle qu'hier
Son papillon se noie dans mon blanc sec
J'ai pas trouvé le dernier Kraftwerk
Elsass Blues, Elsass Blues
Ca m'amouse... Va falloir, va falloir que je recouse

BORIS BERGMAN
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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Mar 18 Oct - 0:40

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1998

1998 : le disque qui a définitivement imposé Bashung en maître de la chanson française
L’œuvre la plus aboutie d’une discographie pourtant riche en tableaux de maîtres allait définitivement, bien que tardivement, installer Bashung comme figure majeure de la musique française de la charnière entre XXe et XXIe siècles.




Post Pop Dépression. Voilà comment aurait pu s’appeler ce qui restera à jamais le grand œuvre d’Alain Bashung. Un titre et une formule magnifique qu’Iggy Pop offrira 14 ans plus tard à son disque né après à la disparition de son ami David Bowie. « Post Pop » car le chanteur alsacien a connu quelques années plus tôt le retour aux sommets des charts avec Ma petite entreprise, l’un de ses classiques aux côtés des Vertige de l’amour et Gaby oh Gaby de la décennie précédente. « Dépression » car il traverse une nouvelle et intense crise personnelle suite à l’explosion en plein vol de son couple. Conjuguée à la noirceur qui envahit sa musique à travers les expérimentations qu’il tente depuis l’album Play Blessures, sa situation donnera naissance à un dixième album au titre en forme d’oxymore : Fantaisie Militaire.




Depuis 1994 et le disque précédent, Chatterton, qui embarquait sa petite entreprise vers les bénéfices, Bashung se consacre au grand écran, enchaînant peinard un rôle par an. Ma sœur chinoise, Le Jeu de la clé, Attends-moi, Mon père, ma mère, mes frères et mes sœurs… restent autant d’occasions de croiser sa silhouette de doux rêveur souvent paumé, toujours touchant.

Mais touché, il l’est aussi, à la limite de couler. « Alain avait dû interrompre la tournée Chatterton à cause de ses problèmes » se souvient Olivier Caillart, à l’époque directeur général de Barclay, sa maison de disques. Contraint à une cure de sommeil dans un établissement hospitalier de Meudon, séparé de sa femme et de son fils, le chanteur embarque son matelas et sa guitare dans le quartier parisien de Belleville. Il y loue un appartement sans âme dans un environnement où sa célébrité en fait vite une proie pour les dealers du coin, bien qu’il ne soit pas le mieux placé pour faire fleurir leur business.



“Il savait que le fait de se remettre à bosser était la seule façon de s’en sortir” Jean Fauque


Reclus chez lui, sa sonnette ne retentit que lors des visites de Jean Fauque, le parolier complice avec lequel il a tissé, sur Novice en 1989, une association brillamment poursuivie sur Osez Joséphine. « Nous nous sommes mis à travailler sérieusement à son retour, début 96, se souvenait Jean Fauque en 2014, dans une interview aux Inrocks à l’occasion de la réédition de Fantaisie Militaire. Il n’allait pas beaucoup mieux mais, comme en 1982, lorsqu’il s’était attelé à Play Blessures, il savait que le fait de se remettre à bosser était la seule façon de s’en sortir ».

Débute alors un ping-pong musical où les idées du chanteur vont alterner coups droits et revers avec les mots de l’auteur. Bashung met plusieurs chansons en chantier et incite Fauque à lui fournir des lignes qu’ils smashent ensemble. Ainsi naissent les premières maquettes du disque qu’il soumet à Olivier Caillart. « C’était la première fois que je m’impliquais sur le processus de fabrication d’un album d’Alain, explique l’ex-boss de Barclay. Je me souviens parfaitement avoir entendu la première version de La nuit je mens…
Il m’a alors demandé comment et avec qui avancer, tout particulièrement en tant que producteur. Je lui ai proposé Ian Caple pour son travail avec les Tindersticks, qui me semblait parfait pour ce qu’il voulait. » Avec Anne Lamy, en charge de la production exécutive, Caillart élargit le casting aux Valentins, soit Jean-Louis Piérot aux claviers et l’inséparable Edith Fambuena aux guitares.
En parallèle, Bashung bosse aussi avec Richard Mortier, son guitariste passé aux claviers à qui il confie ses maquettes. Il lance alors chacune des parties, Mortier d’un côté, les Valentins de l’autre, sur le chantier de ses chansons durant des semaines avant de rassembler toutes les propositions et de les bidouiller. « Alain les faisait travailler pour arriver à ce qu’il avait déjà entendu, là où il voulait être. Et quelque part le conforter dans sa propre vision des morceaux. »




Pour épauler en tant qu’assistant ingénieur du son l’Anglais Ian Caple, Anne Lamy glisse judicieusement le nom de Jean Lamoot qui aura un rôle inattendu grâce à sa maîtrise de Pro Tools, logiciel d’enregistrement numérique dont les possibilités vont illuminer les yeux de Bashung et étancher sa soif d’expérimentations. Une fois les idées au clair, l’équipe investit au printemps 1997 le studio Antenna de Clichy pour quelques mois.

L’enregistrement s’effectue ensuite dans le Var, au studio Miraval, sous la houlette de Caple qui élargit l’équipe à l’international. Il recrute Martyn Barker, ex-batteur du groupe Shriekback, qui travaillera plus tard avec Beth Gibbons de Portishead dont le guitariste, Adrian Utley, est aussi appelé à la fantaisie militaire. La basse est confiée à Simon Edwards, musicien de l’ombre passé par Fairground Attraction, qui a posé quelques notes sur le cultissime Spirit of Eden de Talk Talk, un album qui constitue un point culminant artistique à l’ensemble de l’équipe. Quant aux arrangements de cordes majestueux, ils seront signés du musicien Joseph Racaille.
Bashung s’autorisera toutes les fantaisies civiles, à l’image de l’appropriation du titre country Samuel Hall téléporté du Far West dans l’ère de la drum’n’bass par le tandem Rodolphe Burger et Olivier Cadiot.



Le disque parait le 8 janvier 1998, immédiatement porté par la beauté tragique de la chanson La nuit je mens sortie en single un mois plus tard. Dernier grand hit de Bashung, il reste son morceau le plus magique, le plus surprenant, né d’un texte de Jean Fauque. Celui-ci expliquera lors d’une rencontre au Printemps de Bourges en 2012 avoir voulu s’attaquer au thème de l’héroïsme stupide avant de dériver sur celui du mensonge. « A l’époque, de nombreuses affaires sur la collaboration ressortaient dans les journaux : le procès Papon, Klaus Barbie, le passé trouble du président Mitterrand… On se disait que c’était facile de réécrire l’histoire cinquante ans après, mais nous-mêmes, aurions-nous été des lâches ou des héros ? »


Cette réflexion amène les deux à imaginer cette histoire d’un homme qui, ne sachant comment retenir l’amour qui le quitte, se vante de faux actes d’héroïsme. L’ombre du défunt Gainsbourg, avec lequel Bashung avait conçu Play Blessures en 1982, plane sur leur association, les deux s’imaginant comment le grand Serge réagirait à chacune de leurs lignes.


Avec Chatterton, Alain avait encore élargi son public. Avec Fantaisie Militaire, la presse s’emballe, d’autant que la pochette s’impose dans la famille des réussites inoubliables. Réalisée par Laurent Seroussi, on y surplombe un Bashung allongé dans un marais, le visage et les mains émergeant au milieu de lentilles d’eau vertes, couleur qui déplaît au chanteur. « Il m’a expliqué que le vert portait malheur et il était très réticent ». Seroussi tient bon et le résultat final, aussi beau qu’intrigant, ajoute à la magie du disque.


Deux singles plus tard, La nuit je mens et Malaxe, Bashung s’embarque pour une longue tournée. Au succès public (entre 300 et 400.000 exemplaires écoulés de l’album) s’ajoute la reconnaissance de la profession envers celui qui, à cinquante ans bien tassés, tutoie enfin son meilleur.

Les Victoires de la Musique 1999 s’apprêtent à le consacrer mais, fidèle à sa discrétion maladive, il fuit comme la peste toute idée de cérémonie. Bien que sensible aux hommages, la forme ne lui convient guère, à lui qui serait le centre de la soirée. Bomber le torse n’a jamais été son truc, même pour cette victoire par KO. « Je lui ai rendu visite la veille au soir pour le convaincre de venir et l’ai quitté à deux heures du matin après avoir obtenu son accord » en sourit encore Olivier Caillart.

Bashung ne regrettera pas le déplacement puisque Fantaisie Militaire lui vaut pas moins de trois récompenses : Album de l’année, Artiste interprète de l’année et Meilleur clip pour La nuit je mens. Cerise plus tardive sur ce gâteau doré, l’album recevra en 2005 la Victoire des Victoires du meilleur album des 20 dernières années. Peu de temps après, le chanteur subira un contrôle fiscal peut-être dû à un inspecteur des impôts saisi par le succès télévisé du discret chanteur en cette grande soirée.



Le plus beau cadeau, Fantaisie Militaire l’offre à Bashung par la rencontre de sa future femme. Dans le clip de La nuit je mens que réalise Jacques Audiard, le chanteur en costume fume derrière la porte fenêtre de toilettes glauques. A côté de lui défilent des créatures qui vendent leurs charmes. Dans ces images qui semblent volées par la caméra apparaît Chloé Mons, avec laquelle il enregistrera en 2002 le mini-album Cantique des cantiques, un titre créé pour leur mariage sur une musique de Rodolphe Burger.


Jusqu’à sa mort en 2009, Bashung n’aura de cesse de peaufiner son art et ses recherches pour toujours bousculer son écriture. Sur L’Imprudence, ce ne sont pas deux mais cinq ateliers qu’il lance en parallèle pour assembler des chansons qui sonneront de façon encore plus expérimentale. Sa discographie se conclura en 2008 par le magnifique Bleu pétrole, avant sa disparition l’année suivante. Laissant ses fans et la France entière à une Post Bashung Depression toujours pas guérie.





http://www.lesinrocks.com/2016/10/13/musique/1998-le-disque-qui-a-definitivement-pose-bashung-en-maitre-de-la-chanson-francaise-11817291/
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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Dim 1 Juil - 14:30


Bashung qui reprend
une perle du collier de Madame PIAF.
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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Mer 5 Sep - 22:11


Exclusif :

un album posthume

pour Alain Bashung
Paris Match | Publié le 05/09/2018 à 18h34 |Mis à jour le  05/09/2018 à 18h46
Benjamin Locoge

Alain Bashung en 2009. Benoit Tessier/Reuters
Info Match.

Barclay sortira un fin novembre
un nouvel album studio d’Alain Bashung,
neuf ans après sa disparition,
intitulé «Après vous».

Ce sera l’événement de l’automne.
Barclay sortira fin novembre un nouvel album studio
d’Alain Bashung, neuf ans après sa disparition.
Le chanteur avait laissé dans ses tiroirs
de nombreuses maquettes,
mis de côté de nombreuses chansons,
pour choisir à chaque fois
celles qui lui paraissaient les plus pertinentes
pour ses albums.

A l’approche des 10 ans de sa mort,
Chloé Mons, sa veuve,
a donné son autorisation pour qu’Edith Fambuena,
collaboratrice régulière du chanteur,
se mette au travail sur dix titres inédits,
assez aboutis pour être terminés en studio.

L’inverse du dernier album de Johnny Hallyday,
prévu fin octobre, et qui a été enregistré de son vivant.

Le résultat devrait s’appeler « Après vous » 
et fera clairement frissonner les fans du chanteur.
Par ailleurs, une série de concerts
est en préparation pour avril 2019
autour du disque « Fantaisie militaire »
qui réunira les musiciens de l’époque.

Ce chefd’oeuvre de la chanson française
n’avait pas connu de tournée à sa sortie,
Bashung ayant déserté la scène
à cette période tourmentée de sa vie.
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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Dim 30 Sep - 20:23



Alain Bashung
- En amont Nouvel album à paraître le 23 novembre
1er extrait ""Immortels"" déjà disponible:
https://AlainBashung.lnk.to/Immortels

 Texte et musique de Dominique A Réalisé
par Edith Fambuena Extrait de l'album inédit ""En amont"
 à paraître le 23 novembre Vidéo réalisée
par Christophe Acker
Producteur executif Frederic Alenda Suburb.tv
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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Jeu 11 Oct - 22:36



Bashung d’outre-tombe : on a écouté “En amont”, son album posthume







[size=16]Le 23 novembre sortira “En amont”, disque posthume d’Alain Bashung. Un recueil de chansons enregistrées sommairement avant sa mort, et étoffées depuis sous la houlette d’Edith Fambuena, réalisatrice de “Fantaisie Militaire”. Décryptage en six points.
[/size]






Ainsi donc, la voix fascinante de Bashung s’apprête-elle à briser le silence... Soyons honnête : on peut sans risque parier sa chemise que l’album, En amont, sera encensé. D’abord parce que tout ce que faisait Bashung, au moins depuis Fantaisie Militaire en 1998, semblait pour la plupart des critiques, frappé du sceau du génie. Ensuite, parce que près de dix ans après sa mort, et dans un paysage musical en manque criant de références, un disque posthume est forcément un événement. Et un vecteur d’émotions.



Mais comment se présente-t-il au juste, et que nous raconte-t-il ? Un premier single, Immortels (titre emblématique s’il en est) tourne déjà sur les radios ; le 23 novembre, jour de la sortie du disque, dix autres chansons seront révélées... En avant-première, nous avons pu les écouter. Avant d’entrer dans le détail au moment de leur sortie commerciale, voici ce qu’il faut d’ores et déjà en retenir.


D’où viennent ces chansons ?

Des sessions préparatoires de Bleu Pétrole, le dernier disque studio de Bashung (2008). A chaque album, le chanteur sollicitait un certain nombre d’auteurs, ou d’auteurs-compositeurs, afin qu’ils lui taillent un répertoire sur mesure. Il « maquettait » ensuite les chansons qu’il était susceptible de retenir... Mais a minima : avec des orchestrations sommaires, et en posant dessus ce qu’on appelle une « voix témoin » –  pas forcément emplie de toutes les intentions d’une interprétation définitive. Tous les artistes font à peu près la même chose.




Vient ensuite la deuxième sélection, au terme de laquelle sont choisis les morceaux qui figureront effectivement sur le disque – et qui seront alors retravaillés musicalement et, sauf exceptions, réenregistrés par le chanteur. Ces onze chansons inédites sont donc des chutes de studio. Des brouillons, que Bashung avait finalement décider d’abandonner.





Pourquoi les sortir aujourd’hui ?




Parce que c’était son souhait, assure sa veuve, Chloé Mons, elle-même chanteuse, et qui apparaît sur le projet en tant que « conseiller artistique ». « Alain m’a dit souvent : “Bébé, il y a beaucoup de choses à réécouter dans le studio. Il y aura beaucoup de choses à sortir, il faudra s’en occuper” », écrit-elle dans un texte envoyé à la presse. Le disque sort quatre mois avant les dix ans de la mort de Bashung (en mars). Et juste avant Noël.





Ont-elles été retravaillées ?

Oui. Car l’idée n’était pas de publier des documents sonores, mais bel et bien des chansons abouties, telles que, peut-être, Bashung les aurait conçues s’il les avait gardées… D’où l’indispensable intervention d’un ou d’une musicienne, capable de saisir l’esprit de l’artiste. En l’occurrence, c’est une femme qui s’est chargée de cette tâche délicate : Edith Fambuena, dont le travail de réalisatrice avait fait l’unanimité sur Fantaisie Militaire.




A vrai dire, on ne voit pas qui d’autre aurait eu la légitimité nécessaire. Fambuena a opté pour la sobriété. Plusieurs morceaux affichent un dépouillement orchestral assez osé. Les guitares, instruments majeurs du disque, ne sont jamais tonitruantes. La tonalité y est même souvent plus folk que rock. Il ne s’agit pas d’épater, de distraire, encore moins de faire danser, mais de donner à écouter Bashung avec une certaine solennité. Du coup, la voix est clairement en avant, davantage même que sur nombre de ses disques précédents.





Quelle est la tonalité de l’album ?



Trois de ces chansons brossent de tendres portraits de femmes ; elles figurent parmi nos préférées, par la subtilité qu’elles déploient, et l’effet de surprise qu’elles suscitent. Moins étonnantes, d’autres jouent la carte du mystère avec des textes qui collent à l’imagerie codée de Bashung. Surtout, si la première partie du disque est traversée de clarté, la seconde affiche sans détour sa mélancolie – voire une franche noirceur.




Globalement, le rythme est plutôt lent, les mélodies répétitives, le chant posé et sans effet, ce qui peut donner une sensation de sécheresse (comme sur le single Immortels, qu’on préfère chanté par Dominique A). On a tellement dans l’oreille les interprétations enveloppantes de Bashung, que ce chant « de maquette » peut sembler manquer d’amplitude. Il n’y a guère que sur un titre qu’Edith Fambuena a choisi de le gonfler d’une réverb, ce qui lui va vraiment bien.




Qui a écrit les chansons ? 


On retrouve sans surprise Arman Méliès et Joseph d’Anvers, qui avaient déjà travaillé avec Bashung. Les autres ? Dominique A, Doriand, Mickaël Furnon (de Mickey3D), Raphaël, Daniel Darc et Xavier Plumas (de Tue Loup). Tous avaient donc postulé pour figurer sur Bleu Pétrole ; ce disque posthume leur offre une sorte de revanche. Pour tout dire, seul le titre de Mickaël Furnon semble décalé, voire hors de propos. Les autres auraient pu sans mal se glisser sur Bleu Pétrole. Enfin, mention particulière à Nos âmes à l’abri, la très jolie chanson de clôture, écrite par Doriand et composée par Bashung : elle fait de nouveau entrer de la lumière dans le discours, et se charge de sens en évoquant la mort et ses suites. Des chœurs très délicats y apportent une douceur rassurante.








S’agit-il vraiment d’inédits ?

Oui et non. Au moins cinq de ces titres ont été enregistrés par leurs auteurs, après que Bashung les avait retoqués. C’est le cas des deux morceaux de Dominique A (Immortels et Seul le chien) ; de Ma peau va te plaire de Joseph d’Anvers ; de La mariée de Doriand ; et de Salinas de Raphaël. Mais inutile d’aller écouter ces versions pour tenter de capter la teneur de ce disque posthume : Bashung avait une façon si personnelle de s’emparer des chansons, qu’il les faisait totalement siennes. Uniques. C’est aussi cela, cette force d’incarnation si marquante et si rare, qui sera à coup sûr acclamée le 23 novembre.




https://www.telerama.fr/musique/bashung-doutre-tombe-on-a-ecoute-en-amont,-son-album-posthume,n5845247.php


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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Lun 29 Oct - 20:24

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Le 23 novembre sortira "En amont", magnifique album inédit du grand manitou du rock français
mort il y a dix ans. Voici son histoire secrète.


Par Grégoire Leménager, avec François Armanet et Sophie Delassein
Publié le 28 octobre 2018 à 09h06




Il y a quelques mois, un virement inattendu a atterri sur le compte en banque de Dominique A. Ça venait de Barclay. Le chanteur de "Rendez-nous la lumière" s’est demandé à quel titre il recevait "ce salaire de musicien". Puis il s’est souvenu. C’était pour une prise de guitare mise en boîte plus de dix ans auparavant, dans les studios ICP de Bruxelles, en compagnie d’Alain Bashung. La chanson s’appelait "Immortels", il l’avait écrite et composée pour le grand manitou du rock français. Celui-ci élaborait alors son ultime album, "Bleu pétrole".


A l’idée que sa chanson plaise au maître, Dominique A était "sur un petit nuage". Il sait que "Bashung a ensuite travaillé plusieurs versions, notamment avec Martin Barker et Simon Edwards qui avaient déjà assuré la section rythmique sur les disques 'Fantaisie militaire' et 'l’Imprudence'". Mais il a un jour compris qu’"Immortels" avait été "retoquée".
En effet, "Bleu pétrole" est sorti sans elle le 24 mars 2008. Son auteur a fini par se la réapproprier l’année suivante sur son propre album, "la Musique". Entre-temps, Bashung était mort, foudroyé à 61 ans par un cancer du poumon, le 14 mars 2009.

C’est pourtant avec "Immortels" que Bashung vient de ressusciter. Depuis fin septembre, sa voix d’outre-tombe tourne en boucle sur les ondes, les réseaux sociaux, les plateformes de téléchargement. Et c’est bouleversant, ces mots qui surgissent du néant :


"Je ne t’ai jamais dit / mais nous sommes immortels."



Le contexte enrichit le texte, comme on dit à l’université. Dominique A, très "troublé", dit n’avoir "pas aimé" la chanson quand il l’a reçue, deux jours avant sa mise en ligne. Mais elle sonne comme une révélation. Le 23 novembre, elle ouvrira "En amont", album posthume qui rassemble onze morceaux écartés de "Bleu pétrole". Les arrangements sont discrets, la guitare folk domine, mais ces faces B ne sont pas des rogatons. Sur "Bleu pétrole", Bashung avait fini par privilégier des chansons signées Arman Méliès, Joseph d’Anvers, Gérard Manset et, surtout, Gaëtan Roussel.

Ici, on retrouve d’excellents titres dus à Méliès et d’Anvers, mais il y a aussi de sacrées chansons comme "les Salines", de Raphaël, "Elle me dit les mêmes mots", écrite par son vieux camarade Daniel Darc, ou encore la saisissante "Montevideo", signée par Mickaël Furnon de Mickey 3D, où l’on entend Bashung psalmodier : "J’ai mis du vent / J’ai mis du vent sous mon chapeau". Est-ce une réminiscence du fameux "Quand j’aurai du vent dans mon crâne", de Boris Vian ? Question de contexte, là encore, car "Montevideo" enchaîne sur un tout autre genre de confidence : "J’ai mis du temps / pour oublier que j’t’aimais trop." Peu importe. Il y a des mots qui donnent la chair de poule, et Bashung a toujours eu l’art de suggérer mille choses à la fois.





Daniel Darc et Bashung en 2007. (BELLIA/DALLE)



"Alain était vraiment lessivé"


Pour comprendre d’où sortent ces chansons, il faut revenir au milieu des années 2000. Bashung est allé au bout de son goût pour la sorcellerie avec son grand œuvre au noir de 2002 : "l’Imprudence", cette symphonie punk peuplée de sons étranges, ce disque-monstre qui, raconte le critique Stéphane Deschamps dans un beau livre, a mobilisé "une douzaine de musiciens bidouilleurs fous dans un studio transformé en base expérimentale de la Nasa, version vintage" (1).

Il a enchaîné en revenant sur scène, après huit ans d’absence, pour la mythique "Tournée des grands espaces" lancée au Bataclan. Maintenant, il veut renouer avec la simplicité, les mélodies, une émotion plus directe. Avec la chanson, quoi. Il veut "plus chanter qu’écrire".

Mais pour ça, il faut des textes. Et Bashung n’a pas grand-chose en magasin. Sa femme, Chloé Mons, raconte :

"Alain était fatigué de se taper le schéma commercial album, promotion, tournée, etc. Il vivait mal de devoir faire ça pour des raisons financières. S’il avait pu, il se serait arrêté, j’en suis sûre. Il avait envie qu’on vive à la campagne, qu’on fasse de la musique pour le plaisir.

Il aimait énormément la musique country, c’est ce dont il avait envie. Mais il était vraiment lessivé. Il me disait : 'J’ai l’impression d’avoir tout dit, je suis à plat, j’ai besoin de nouvelles matières.' C’est pour ça qu’il y a eu une espèce d’appel d’offres pour trouver des textes."

Joseph d’Anvers n’est pas près de l’oublier. Il avait 27 ans. Il a envoyé trois textes par mail au directeur artistique du chanteur, "comme on lance une bouteille à la mer". Le lendemain, il était invité à boire un café chez Alain Bashung :
"J’étais dans mes petits souliers. J’y suis allé avec ma Mobylette 103. Il habitait rue de la Goutte-d’Or, il y avait une grande allée pavée. Je m’étais mis sur mon 31, mais lui était très décontracté, paternel, doux, gentil. Ce n’était pas le Bashung qu’on voyait à la télé, il n’était pas vraiment peigné. Il s’est tout de suite mis à mon niveau.

Il a dû faire un litre et demi de café. On a tout bu. C’était assez déroutant, je pensais qu’on allait parler travail, prendre la guitare. Pas du tout. On a parlé de Björk, de rock’n’roll, de Massive Attack. Je pense que ça le servait de savoir ce que j’aimais, si on avait des points communs."
Les trois textes de Joseph d’Anvers s’intitulaient "Tant de nuits", "Ma peau va te plaire" et "En amont". Le premier s’est retrouvé sur "Bleu pétrole", le deuxième figure aujourd’hui sur l’album posthume et le troisième, écarté une nouvelle fois, lui donne son titre.

"Je ne suis pas très fier de moi. Je n’ai pas une grande confiance en moi. Mais quand j’ai écrit pour Bashung, ça a été une des rares fois dans ma vie où j’ai été fier.
A l’école, sur les fiches où on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je disais que je voulais devenir Alain Bashung."
Dominique A se souvient bien, lui aussi, de la façon dont les choses se sont passées :

"Tout ce que la France compte d’auteurs-compositeurs a été sollicité pour 'Bleu pétrole'. La première étape de ce disque, ce sont des morceaux que je reçois sur un CD, avec la voix de Bashung qui fait du yaourt sur des morceaux folks, country, très américains dans le son. Avec pour tâche de mettre des mots là-dessus.
Je lui ai dit que je ne savais pas faire ça, j’ai proposé de lui écrire une chanson. Je m’y suis collé et 'Immortels' est venu très facilement, en une heure, texte et musique."

La suite, c’est Chloé Mons qui la détaille :
"Alain sentait bien que c’était une chanson importante. Jusqu’au bout, ça semblait embêtant de ne pas la garder sur 'Bleu pétrole'. Mais une fois tombé très malade, il avait du mal à chanter 'Nous sommes immortels'. Et puis il y avait déjà sur l’album une chanson qui évoque la fin : 'Comme un Lego', de Manset. Ç’aurait été trop plombant…
Mais désormais, les deux disques vont ensemble. 'Bleu pétrole' parle de la mort en se situant juste avant, et là, avec 'En amont', on a traversé le miroir."
"L’album posthume était là, il ne demandait qu’à sortir"

En musique comme ailleurs, il n’est pas si simple d’accéder à la simplicité. "Bleu pétrole" s’est fait comme les autres disques de Bashung : à tâtons. Chloé Mons confie même que "tout un premier album a d’abord été fait, puis abandonné parce qu’il était raté". C’est quand Gaëtan Roussel, le leader de Louise Attaque, est arrivé sur le chantier que "ça s’est bien passé". De mauvaises langues lui reprocheront d’avoir placé ses titres aux dépens des autres ? Tant pis. Une chose est sûre, c’est qu’il y a quatre ans, Chloé Mons s’est décidée à archiver le contenu du "studio" de Bashung.

"C’est la pièce de notre maison où on travaillait. Il y a plein de boîtes, de caisses, de disques durs, de vieilles cassettes, des DVD, des CD, des mini-DVD, des DAT, des trucs qui n’existent plus… Toutes sortes de bandes, dans tous les formats. Il a parfois fallu trouver la machine capable de les lire. Et dans ce matériel, parfois anecdotique, il y avait les inédits de 'Bleu pétrole'. L’album posthume était là, il ne demandait qu’à sortir.

Il y avait une vingtaine de chansons, mais on a choisi, avec Barclay, les morceaux les plus aboutis et qui formaient l’ensemble le plus cohérent."





Bashung et Raphaël sur scène pendant la tournée "les Aventuriers d’un autre monde", en 2007. (MAHO/DALLE)



Au printemps dernier, les onze chansons retenues ont ainsi été confiées à Edith Fambuena. Parce qu’elle avait beaucoup travaillé avec Bashung sur "Fantaisie militaire", l’ex-guitariste des Valentins avait une légitimité assez incontestable pour soigner les arrangements d’"En amont". Elle a passé son été à ce lifting délicat. Chloé Mons :

"La plupart des versions de départ étaient en guitare-voix. L’idée était d’en rajouter le minimum, que ce soit sobre et juste comme Alain l’était, avec cette classe-là.

J’avais aussi tout le temps en tête la musique qu’il a écoutée jusqu’à la fin de sa vie : Johnny Cash, Gene Vincent, Roy Orbison… Quand il avait le blues, c’est ce qu’il écoutait, et pas autre chose."
Le résultat est magnifique. Edith Fambuena a eu le bon goût de maintenir les chansons dans un état intermédiaire entre ce qu’elles étaient à l’origine et ce que Bashung en aurait sans doute fait, sans prétendre se substituer à lui. Et leurs auteurs eux-mêmes ont été saisis par ce qu’ils ont entendu revenir soudain du passé. Arman Méliès se souvient :

"J’avais proposé 'les Arcanes' à Alain. Ça lui avait beaucoup plu, mais je ne connaissais pas la version qui sort sur l’album posthume. Il avait posé sa voix sur l’instrumental que je lui avais envoyé. Mais je ne savais pas qu’il avait ensuite appris les accords de guitare pour les rejouer dessus. C’est très beau."
Quant à Raphaël, qui avait participé avec Bashung, Aubert, Cali, Darc et Kolinka, en 2007, à la tournée "les Aventuriers d’un autre monde", il ne se souvenait même pas de lui avoir envoyé une chanson, "et encore moins qu’il l’ait chantée". Barclay lui en a fait parvenir le fichier cet été :

"Une voix et un instrumental que j’avais sans doute faits à la maison, car mes guitares étaient complètement fausses."
Il a donc demandé de "refaire une boucle avec une guitare" pour "les Salines" : encore une chanson sur la mort, à moins qu’elle ne raconte "l’histoire d’un mec solitaire travaillé par le bien, le mal, la rédemption, ou l’histoire d’un migrant". Comme il prend en ce moment des cours de guitare flamenco, il l’a transformée en une "espèce de blues du désert, âpre et simple", dans une atmosphère arabo-andalouse très dépouillée, où la voix unique, fragile, entêtante et totalement habitée d’Alain Bashung semble s’enrouler sur elle-même. Retrouver cette voix a été un choc. Raphaël analyse :

"Les inédits d’un mort sont toujours troublants. Là, la chanson était fantomatique. Elle parle d’âmes perdues, d’une légion disparue. J’ai l’impression qu’un revenant est venu frapper dans mon crâne."
Le 23 novembre prochain, il est probable que cette impression-là sera largement partagée. "En amont" est, littéralement, un beau disque hanté.



(1) "Alain Bashung, sa belle entreprise", par Stéphane Deschamps, Hors Collection, 29 euros.

"En amont", par Alain Bashung (Barclay).


https://www.nouvelobs.com/culture/20181022.OBS4271/alain-bashung-l-histoire-secrete-de-son-album-posthume.html

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