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 ALAIN BASHUNG

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Bridget

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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Dim 5 Juil - 13:12

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Gaetan Roussel : “Play blessures est l'album le plus risqué de Bashung”










Le temps d’un concert, l’ex-Louise Attaque revisite “Play blessures”, sorte d’OVNI coécrit avec Gainsbourg en 1982, fusion magistrale entre la fougue rockab et la torpeur clinique des boites à rythmes de l’époque.






Pourquoi reprendre cet album de Bashung, avec ses chansons impossibles à fredonner, probablement le moins accessible de la discographie du chanteur ?

Sans vouloir dénigrer ce que Bashung a fait avant, Play blessures est pour moi son premier album d’artiste avec un grand A. C’est comme un envol, avec une vraie prise de risque. C’est l’œuvre qui a déclenché tout ce qu’il a proposé ensuite.
Bashung sortait à ce moment-là de Gaby Oh Gaby et de Vertige de l’amour et il voulait passer à autre chose. Après cela, il ne s’est confronté qu’à la page blanche.



A sa sortie, Play Blessures, a été un échec commercial. Cherchez-vous ici à le réhabiliter ?

J’ai le désir que cet album soit en effet plus connu, et qu’il le soit par un autre public que les fans.

 

L’album s’inscrit aussi dans une époque – le tournant des années 1980 – où on osait tout : la période « berlinoise » de Bowie, celle de Suicide et d’Alan Vega, du Unbehagen de Nina Hagen, le krautrock, le post-punk...


Oui, on y retrouve aussi du premier Talking heads... Mais pour les Français tout ça était très nouveau. Cette guitare approximative façon Chuck Berry qui s’entrechoque avec des machines qui tournent derrière, c’est une vraie expérimentation.
Le son, dans Play blessures, c’est le mélange du tout. C’est la manière avec laquelle Bashung place sa voix, le mystère qu’il y met... L’album est aussi très singulier dans ses mots. C’est la première [et unique] collaboration de Bashung avec Gainsbourg.




L’auteur de La Javanaise y a en effet écrit la plupart des textes. Savez-vous comment s’est passée leur rencontre ?


Je sais que Bashung avait envie de travailler avec Gainsbourg et qu’il est allé sonner à sa porte. Bashung était quelqu’un qui aimait aller au contact des gens. Sans doute a-t-il jeté des mots, comme on jette des dés, et Gainsbourg s’en est emparé. Ceci étant, à cette époque, j’avais 10 ans, je n’ai pas suivi l’histoire de près…



Cette collaboration nous en rappelle une autre : la votre, sur le dernier Bashung Bleu pétrole (2008), dont vous avez signé un titre sur deux.


Bashung entrait alors dans une phase où chanter était redevenu pour lui un élément premier. Cela faisait déjà un certain temps qu’il travaillait sur ce CD lorsque je lui ai proposé d’abord trois titres guitare-voix (Résidents de la République, Hier à Sousse et Je t’ai manqué).
Puis, petit à petit, il a ouvert la porte aux propositions d’autres artistes [Joseph d’Anvers, Armand Meliès, Gérard Manset, NDLR]. Et l’idée de faire un album ensemble est venue. On est ensuite arrivé aux studios ICP, à Bruxelles, une fois que tous les morceaux étaient parfaitement calés. Bashung ne serait jamais entré en studio sans avoir tous les mots.



Revenons à votre reprise scénique de Play blessures. Comment y avez-vous imprimé votre marque ?

Avec le guitariste Philippe Almosnino, on a d’abord réenregistré l’album piste par piste dans mon petit studio personnel, à Bastille, comme si on démontait un objet. Deuxième étape : on a bousculé les sons et les structures jusqu’à trouver la bonne distance. Tout changer ou tout reprendre à l’identique n’auraient présenté d’intérêt ni dans un cas, ni dans l’autre.
Au final, sur scène, on est cinq : guitare, basse, clavier et ordinateur, MPC – l’idée d’utiliser cette machine, qui déclenche des samples, m’est venue en allant voir Damon Albarn sur la tournée du dernier album de Bobby Womack [disparu en 2014] qu’il a produit avec Richard Russel – et moi-même au chant.
Je me retrouve donc une heure sur scène sans guitare, ce qui est assez nouveau pour moi. En plus, on joue tout le concert derrière un tulle, sur lequel on projette des vidéos où l’on apparaît. Une expérience que j’ai reprise sur ma deuxième tournée solo (Orpailleur, 2013).



   “Certains arrangements pourraient ressembler à du Prodigy”



Dans votre spectacle, que reste-t-il du son des années 1980 ?


Le concert ne reproduit pas le son des années 1980, ni d’ailleurs celui de l’album original. On y a surtout mis beaucoup de notre sensibilité. Il pourrait même ressembler au son des années 2000, dans la mesure où certains arrangements, par exemple, pourraient ressembler à du Prodigy.



Quel héritage Bashung nous laisse-t-il ?

La liberté, la curiosité, l’exigence, la prise de risque, les mots.




Gaëtan Roussel fait son cinéma : en parallèle au concert, rencontre autour de la projection de This is England le 2 juillet, à 20h30, et session acoustique autour de La Colline aux coquelicots le 5 juillet, à 11 heures, au Mk2-Quai de Seine, 14, quai de la Seine, Paris 19e .



http://www.telerama.fr/sortir/gaetan-roussel-play-blessures-est-l-album-le-plus-risque-de-bashung,128842.php

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Nine
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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Sam 7 Nov - 22:21

L'enfance d'un Artiste qui s'appelle BASHUNG.



Ce titre est extrait de l'album : Roulette Russe

  • Année de sortie : 1979

Je suis né tout seul, près de la frontière
Celle qui vous faisait si peur hier
Dans mon coin, on faisait pas de marmots
La cigogne faisait tout le boulot
C'est pas facile d'être de nulle part
D'être le bébé von dem hasard

Hey ! Gipsy, t'as plus de veine que moi
Le blues, il sent bon dans ta voix
Elsass Blues, Elsass Blues
Ca m'amouse... Va falloir que je recouse

Elsa, encore un verre de Sylvaner
Pour graisser le rocking-chair de grand-mère
Mets ton papillon noir sur la tête
Je te ferai un câlin ce soir, après la fête
Faut pas que je parle aux Levy d'en face
Mémé m'a dit "Reste à ta place"

Hey ! Gipsy... j'aurai pas mon bac
Je ne ferai jamais la carrière de Bismarck
Elsass Blues, Elsass Blues
Ça m'amouse... Va falloir que je recouse
Elsass Blues, ça m'amouse
Va falloir que je recouse

J'habite un blockhaus sous la mer
Elsa est aussi belle qu'hier
Son papillon se noie dans mon blanc sec
J'ai pas trouvé le dernier Kraftwerk
Elsass Blues, Elsass Blues
Ca m'amouse... Va falloir, va falloir que je recouse

BORIS BERGMAN
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Bridget

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MessageSujet: Re: ALAIN BASHUNG   Mar 18 Oct - 0:40

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1998

1998 : le disque qui a définitivement imposé Bashung en maître de la chanson française
L’œuvre la plus aboutie d’une discographie pourtant riche en tableaux de maîtres allait définitivement, bien que tardivement, installer Bashung comme figure majeure de la musique française de la charnière entre XXe et XXIe siècles.




Post Pop Dépression. Voilà comment aurait pu s’appeler ce qui restera à jamais le grand œuvre d’Alain Bashung. Un titre et une formule magnifique qu’Iggy Pop offrira 14 ans plus tard à son disque né après à la disparition de son ami David Bowie. « Post Pop » car le chanteur alsacien a connu quelques années plus tôt le retour aux sommets des charts avec Ma petite entreprise, l’un de ses classiques aux côtés des Vertige de l’amour et Gaby oh Gaby de la décennie précédente. « Dépression » car il traverse une nouvelle et intense crise personnelle suite à l’explosion en plein vol de son couple. Conjuguée à la noirceur qui envahit sa musique à travers les expérimentations qu’il tente depuis l’album Play Blessures, sa situation donnera naissance à un dixième album au titre en forme d’oxymore : Fantaisie Militaire.




Depuis 1994 et le disque précédent, Chatterton, qui embarquait sa petite entreprise vers les bénéfices, Bashung se consacre au grand écran, enchaînant peinard un rôle par an. Ma sœur chinoise, Le Jeu de la clé, Attends-moi, Mon père, ma mère, mes frères et mes sœurs… restent autant d’occasions de croiser sa silhouette de doux rêveur souvent paumé, toujours touchant.

Mais touché, il l’est aussi, à la limite de couler. « Alain avait dû interrompre la tournée Chatterton à cause de ses problèmes » se souvient Olivier Caillart, à l’époque directeur général de Barclay, sa maison de disques. Contraint à une cure de sommeil dans un établissement hospitalier de Meudon, séparé de sa femme et de son fils, le chanteur embarque son matelas et sa guitare dans le quartier parisien de Belleville. Il y loue un appartement sans âme dans un environnement où sa célébrité en fait vite une proie pour les dealers du coin, bien qu’il ne soit pas le mieux placé pour faire fleurir leur business.



“Il savait que le fait de se remettre à bosser était la seule façon de s’en sortir” Jean Fauque


Reclus chez lui, sa sonnette ne retentit que lors des visites de Jean Fauque, le parolier complice avec lequel il a tissé, sur Novice en 1989, une association brillamment poursuivie sur Osez Joséphine. « Nous nous sommes mis à travailler sérieusement à son retour, début 96, se souvenait Jean Fauque en 2014, dans une interview aux Inrocks à l’occasion de la réédition de Fantaisie Militaire. Il n’allait pas beaucoup mieux mais, comme en 1982, lorsqu’il s’était attelé à Play Blessures, il savait que le fait de se remettre à bosser était la seule façon de s’en sortir ».

Débute alors un ping-pong musical où les idées du chanteur vont alterner coups droits et revers avec les mots de l’auteur. Bashung met plusieurs chansons en chantier et incite Fauque à lui fournir des lignes qu’ils smashent ensemble. Ainsi naissent les premières maquettes du disque qu’il soumet à Olivier Caillart. « C’était la première fois que je m’impliquais sur le processus de fabrication d’un album d’Alain, explique l’ex-boss de Barclay. Je me souviens parfaitement avoir entendu la première version de La nuit je mens…
Il m’a alors demandé comment et avec qui avancer, tout particulièrement en tant que producteur. Je lui ai proposé Ian Caple pour son travail avec les Tindersticks, qui me semblait parfait pour ce qu’il voulait. » Avec Anne Lamy, en charge de la production exécutive, Caillart élargit le casting aux Valentins, soit Jean-Louis Piérot aux claviers et l’inséparable Edith Fambuena aux guitares.
En parallèle, Bashung bosse aussi avec Richard Mortier, son guitariste passé aux claviers à qui il confie ses maquettes. Il lance alors chacune des parties, Mortier d’un côté, les Valentins de l’autre, sur le chantier de ses chansons durant des semaines avant de rassembler toutes les propositions et de les bidouiller. « Alain les faisait travailler pour arriver à ce qu’il avait déjà entendu, là où il voulait être. Et quelque part le conforter dans sa propre vision des morceaux. »




Pour épauler en tant qu’assistant ingénieur du son l’Anglais Ian Caple, Anne Lamy glisse judicieusement le nom de Jean Lamoot qui aura un rôle inattendu grâce à sa maîtrise de Pro Tools, logiciel d’enregistrement numérique dont les possibilités vont illuminer les yeux de Bashung et étancher sa soif d’expérimentations. Une fois les idées au clair, l’équipe investit au printemps 1997 le studio Antenna de Clichy pour quelques mois.

L’enregistrement s’effectue ensuite dans le Var, au studio Miraval, sous la houlette de Caple qui élargit l’équipe à l’international. Il recrute Martyn Barker, ex-batteur du groupe Shriekback, qui travaillera plus tard avec Beth Gibbons de Portishead dont le guitariste, Adrian Utley, est aussi appelé à la fantaisie militaire. La basse est confiée à Simon Edwards, musicien de l’ombre passé par Fairground Attraction, qui a posé quelques notes sur le cultissime Spirit of Eden de Talk Talk, un album qui constitue un point culminant artistique à l’ensemble de l’équipe. Quant aux arrangements de cordes majestueux, ils seront signés du musicien Joseph Racaille.
Bashung s’autorisera toutes les fantaisies civiles, à l’image de l’appropriation du titre country Samuel Hall téléporté du Far West dans l’ère de la drum’n’bass par le tandem Rodolphe Burger et Olivier Cadiot.



Le disque parait le 8 janvier 1998, immédiatement porté par la beauté tragique de la chanson La nuit je mens sortie en single un mois plus tard. Dernier grand hit de Bashung, il reste son morceau le plus magique, le plus surprenant, né d’un texte de Jean Fauque. Celui-ci expliquera lors d’une rencontre au Printemps de Bourges en 2012 avoir voulu s’attaquer au thème de l’héroïsme stupide avant de dériver sur celui du mensonge. « A l’époque, de nombreuses affaires sur la collaboration ressortaient dans les journaux : le procès Papon, Klaus Barbie, le passé trouble du président Mitterrand… On se disait que c’était facile de réécrire l’histoire cinquante ans après, mais nous-mêmes, aurions-nous été des lâches ou des héros ? »


Cette réflexion amène les deux à imaginer cette histoire d’un homme qui, ne sachant comment retenir l’amour qui le quitte, se vante de faux actes d’héroïsme. L’ombre du défunt Gainsbourg, avec lequel Bashung avait conçu Play Blessures en 1982, plane sur leur association, les deux s’imaginant comment le grand Serge réagirait à chacune de leurs lignes.


Avec Chatterton, Alain avait encore élargi son public. Avec Fantaisie Militaire, la presse s’emballe, d’autant que la pochette s’impose dans la famille des réussites inoubliables. Réalisée par Laurent Seroussi, on y surplombe un Bashung allongé dans un marais, le visage et les mains émergeant au milieu de lentilles d’eau vertes, couleur qui déplaît au chanteur. « Il m’a expliqué que le vert portait malheur et il était très réticent ». Seroussi tient bon et le résultat final, aussi beau qu’intrigant, ajoute à la magie du disque.


Deux singles plus tard, La nuit je mens et Malaxe, Bashung s’embarque pour une longue tournée. Au succès public (entre 300 et 400.000 exemplaires écoulés de l’album) s’ajoute la reconnaissance de la profession envers celui qui, à cinquante ans bien tassés, tutoie enfin son meilleur.

Les Victoires de la Musique 1999 s’apprêtent à le consacrer mais, fidèle à sa discrétion maladive, il fuit comme la peste toute idée de cérémonie. Bien que sensible aux hommages, la forme ne lui convient guère, à lui qui serait le centre de la soirée. Bomber le torse n’a jamais été son truc, même pour cette victoire par KO. « Je lui ai rendu visite la veille au soir pour le convaincre de venir et l’ai quitté à deux heures du matin après avoir obtenu son accord » en sourit encore Olivier Caillart.

Bashung ne regrettera pas le déplacement puisque Fantaisie Militaire lui vaut pas moins de trois récompenses : Album de l’année, Artiste interprète de l’année et Meilleur clip pour La nuit je mens. Cerise plus tardive sur ce gâteau doré, l’album recevra en 2005 la Victoire des Victoires du meilleur album des 20 dernières années. Peu de temps après, le chanteur subira un contrôle fiscal peut-être dû à un inspecteur des impôts saisi par le succès télévisé du discret chanteur en cette grande soirée.



Le plus beau cadeau, Fantaisie Militaire l’offre à Bashung par la rencontre de sa future femme. Dans le clip de La nuit je mens que réalise Jacques Audiard, le chanteur en costume fume derrière la porte fenêtre de toilettes glauques. A côté de lui défilent des créatures qui vendent leurs charmes. Dans ces images qui semblent volées par la caméra apparaît Chloé Mons, avec laquelle il enregistrera en 2002 le mini-album Cantique des cantiques, un titre créé pour leur mariage sur une musique de Rodolphe Burger.


Jusqu’à sa mort en 2009, Bashung n’aura de cesse de peaufiner son art et ses recherches pour toujours bousculer son écriture. Sur L’Imprudence, ce ne sont pas deux mais cinq ateliers qu’il lance en parallèle pour assembler des chansons qui sonneront de façon encore plus expérimentale. Sa discographie se conclura en 2008 par le magnifique Bleu pétrole, avant sa disparition l’année suivante. Laissant ses fans et la France entière à une Post Bashung Depression toujours pas guérie.





http://www.lesinrocks.com/2016/10/13/musique/1998-le-disque-qui-a-definitivement-pose-bashung-en-maitre-de-la-chanson-francaise-11817291/
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