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 CHRISTOPHE

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Bridget

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MessageSujet: CHRISTOPHE   Sam 28 Juin - 15:59


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CHRISTOPHE Etoile Etoile Etoile









Christophe, de son vrai nom Daniel Bevilacqua , est né le 13 octobre 1945 à Juvisy-sur-Orge, en banlieue parisienne.

Il est le fils d'un entrepreneur en maçonnerie d'origine italienne. Il était aussi un génie dans l'art du chant alors qu'il n'était qu'adolescent.

Très jeune, il est fasciné par l'« American way of life », tel qu'il est dépeint dans les films qu'il va souvent voir au cinéma.

Vers ses 8 ans, Édith Piaf et Gilbert Bécaud sont ses premières idoles, bientôt supplantées par le blues, véritable révélation pour l'adolescent : il découvre Robert Johnson et surtout John Lee Hooker.

À la fin des années 1950, comme bien des gens de sa génération (celle du baby-boom de l'après-guerre), il est alors marqué par Elvis Presley et James Dean, tout en développant une passion sincère pour le rock des pionniers de la maison Sun et le blues (il reconnaîtra avoir également été influencé par Georges Brassens).


Ayant trouvé sa vocation (de son propre aveu , il fonde un groupe amateur appelé « Danny Baby et les Hooligans », où il chante le plus souvent en yaourt (du faux anglais) tout en s'accompagnant à la guitare.


Après son service militaire, il entame une carrière de chanteur en solo.
En 1963, il enregistre son premier 45 tours sur le label de la célèbre salle parisienne, Golf Drouot. Reviens Sophie, inspirée par la musique noire américaine passe totalement inaperçu.


En 1965, il devient une vedette avec la ballade Aline, chronologiquement un des premiers slows de l'été en France avec le J'entends siffler le train de Richard Anthony.







Le succès colossal de ce titre (il s'en vendra un million d'exemplaires) dont il a écrit paroles et musiques lui vaudra quelque temps plus tard un procès pour plagiat du chanteur Jacky Moulière, qu'il perdra mais gagnera en appel à la fin des années 1970.

D'autres succès suivront à un rythme plus ou moins régulier : Les Marionnettes, J'ai entendu la mer ou Excusez-moi, Monsieur le professeur.

Grisé par sa réussite, il vit alors à cent à l'heure, au propre et au figuré, ses démêlés avec la maréchaussée parisienne pour excès de vitesse au volant de ses Ferrari Testarossa et Lamborghini faisant partie intégrante de sa légende.

Séducteur impénitent, il a une liaison avec la chanteuse Michèle Torr, qui aura de lui un fils appelé Romain né le 18 juin 1967 — quatre ans plus tard, il épousera Véronique (demi-soeur d'Alain Kan), avec laquelle il aura une fille appelée Lucie.

En 1967, il signe la bande originale du film La Route de Salina, de Georges Lautner, sa seule incursion dans le domaine cinématographique jusqu'à présent.


Au début des années 1970, sa popularité fléchit pendant une courte période, durant laquelle il se laisse pousser une moustache qui, avec sa longue chevelure blonde, peaufinera son image de latin lover et représente accessoirement un hommage à l'industriel italien Enzo Ferrari.

En 1971, Françis Dreyfus crée le label Disques Motors où sortiront désormais les albums de christophe.

Le déclic se produit à nouveau pour Christophe lorsque son producteur Francis Dreyfus lui adjoint les services du jeune parolier Jean-Michel Jarre, avec lequel il écrit l'album Les Paradis perdus, très influencé par le rock anglo-saxon de l'époque (Pink Floyd, Lou Reed).







Le succès est à nouveau au rendez-vous, la réussite de leur association étant concrétisée en 1975 par l'album et le 45 tours Les Mots bleus, un des sommets de la carrière de Christophe, qui lui permettra de renouveler son public.

Il se produit alors à l'Olympia à guichets fermés. Christophe a délaissé son look de jeune homme « comme il faut » des années 1960, pour revêtir la panoplie du dandy légèrement décadent chantant d'un air détaché le Dernier des Bevilacqua ou le tube Señorita.

Dans un moment de vide intérieur, de son propre aveu, il dérape alors et tombe pour une courte période dans la drogue.




En 1978, il publie un de ses albums les plus audacieux, aujourd'hui considéré comme son plus bel album Le Beau Bizarre , qui n'aura pas le succès de ses prédécesseurs mais lui vaudra les louanges de la critique.

Les textes sont alors signés Bob Decout. Il collaborera ensuite avec Boris Bergman pour Samourai et avec son beau-frère Alan Z Kan pour Pas vu, pas pris.

Entre-temps, à la demande de sa femme Véronique, Christophe ressort en 1980 le 45 tours Aline et aligne trois millions et demi de ventes, à sa grande surprise.

En 1983, son troisième plus gros succès en simple sera à nouveau une ballade, Succès Fous, dont il vend quelques 600 000 copies et qui achèvera de le cataloguer (à tort) comme chanteur pour midinettes. En 1984 il sort "Voix sans issue" en yaourt.




Par la suite, son rythme de travail ne cessera de se ralentir : il compose deux titres pour le CD de Corynne Charby (qui avait joué dans le film à succès de Francis Veber "La Chèvre"), il publie un album d'adaptations de standards anglo-saxons des années 1940-1950 (Clichés d'amour), des 45 tours (Ne raccroche pas, qui se veut un clin-d'œil à l'adresse de la jeune Stéphanie de Monaco) mais ne fait plus de scène.


Il se consacre alors essentiellement à ses collections de juke-boxes, de disques rares et de grands films — sa cinéphilie était bien connue du directeur de la Cinémathèque française, Henri Langlois, à qui il prêta une copie originale de La Strada de Federico Fellini.

Mélomane averti, il se tient toujours au courant des dernières nouveautés, afin notamment d'actualiser sa propre musique. Perfectionniste jusqu'à la maniaquerie, il peut passer un an à travailler sur le son d'une simple partie de batterie !


Après un 45 tours passé à peu près inaperçu Chiqué chiqué en 1988, Christophe change de maison de disques en 1995. De Motors, il passe chez Epic, une division de Sony.


En 1996, il publie un album ambitieux mais qui ne fera guère parler de lui, Bevilacqua, où on l'entend en duo avec son idole en:Alan Vega du groupe américain « Suicide ».

Véritable disque d'ambiance, Bevilacqua surprend par sa modernité : Christophe y est lui-même et ne ressemble plus au dandy crooner des années 1970.


Très intéressé par la techno et les synthétiseurs, attiré par les nombreuses possibilités qu'offrent les ordinateurs, Christophe a pendant de longs mois bricolé et travaillé voix, sons et musique au studio situé dans sa résidence. Ses chansons ne sont pas écrites sur le modèle couplet-refrain-couplet, elles témoignent plutôt d'un esprit torturé, labyrinthique.


Cinq ans plus tard, Comm' si la terre penchait connaîtra un meilleur accueil, même si on est encore loin des scores de vente passés.

Il annonce alors son retour sur scène (où il ne s'était pas produit depuis 26 ans) et donne une série de magnifiques concerts à l'Olympia, s'étant entouré d'un excellent groupe pour recréer ses titres les plus célèbres.

Le disque Christophe Live à l'Olympia publié l'année suivante et le DVD témoignent parfaitement de cette magie retrouvée.

En 2004, il chante en duo avec Alain Bashung et avec Madonna sur la scène de l'Élysée Montmartre Les Mots bleus et Amsterdam.






En mars 2005, il apparaît sur la scène de l'Opéra-Comique pour offrir à Brigitte Fontaine une interprétation inoubliable de la chanson Hollywood (paroles de B. Fontaine, musique de Areski Belkacem).

En 2007, Christophe chante L'un dans l'autre sur l'album Arkhangelsk du trompettiste Erik Truffaz, morceau dont il a écrit les paroles .

En juin 2008, il sort chez AZ "Aimer ce que nous sommes" : une œuvre large, dans laquelle on retrouve les différents visages du chanteur. Plusieurs artistes ont collaboré à cet album, comme Isabelle Adjani, Daniel Filipacchi, Florian Zeller et son ancien producteur Françis dreyfus.


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Bridget

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MessageSujet: Re: CHRISTOPHE   Sam 28 Juin - 17:22




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Christophe n'est pas un artiste prolifique.

Sept ans après la sortie de Comm' si la terre penchait, qui avait vu le dernier des Bevilacqua remonter sur scène pour la première fois en 25 ans, le 30 juin très exactement sortira Aimer ce que nous sommes.

Le neuvième album studio de Christophe a été réalisé par Christophe Van Huffel et verra les participations d'Eric Truffaz ou encore Isabelle Adjani. France 2 est partenaire de cette sortie et diffusera à partir d'aujourd'hui des courtes fictions basées sur des titres du nouvel album.



http://www.leblogmusique.net/2008/06/christophe-nouv.html




http://www.christophe-lesite.com/


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Nine
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MessageSujet: CHRISTOPHE BEVILACQUA   Lun 25 Aoû - 17:33

Voilà un article interessant du Figaro sur la sortie de son nouvel Album :

Christophe : «J'écris du son, pas des poèmes» ⭐

Propos recueillis par Bertrand Dicale

Il aura fallu quatre ans à l'interprète d'«Aline» pour enregistrer «Aimer ce que nous sommes», qui sort lundi, avec un générique étourdissant d'Isabelle Adjani à Erik Truffaz.
Cas unique dans l'histoire de la chanson française, Christophe est passé de l'état de chanteur de variétés indéfendable à celui d'icône sublimement élégante. L'interprète d'Aline, Les Marionnettes, Les Paradis perdus, Les Mots bleus, Señorita ou Succès fou est devenu un parangon de vertu pop dans un pays qui ne se remettra jamais tout à fait d'avoir vu naître Georges ­Bras­sens plutôt que Paul McCart­ney. Ses tubes historiques, qui faisaient les quarts d'heure de slows dans les bals populaires, se sont mués en classiques de la mélodie parfaite et du roman­tisme pleinement assumé.

Sept ans après son album studio précédent, six ans après son triomphal retour à l'Olympia, il sort lundi Aimer ce que nous sommes (chez AZ-Universal), œuvre d'art aristocratique et disque populaire, laboratoire de savant fou et conservatoire de la mélodie qui serre le cœur. Réalisé avec Christophe Van Huffel, par ailleurs démiurge du groupe Tanger, l'album de Christophe voit défiler le générique le plus étourdissant et bizarre (!) de l'année : les voix d'Isabelle ­Adjani et de Daniel Filipacchi, le batteur Carmine Appice, le trompettiste de jazz Erik Truffaz, le guitariste flamenco Moraito, le chanteur Diego Carrasco, le DJ Murcof, un enregistrement de la photographe Denise Colomb, les corbeaux de l'aube sur le boulevard du Montparnasse…

Des éblouissements romanesques, des féeries angoissantes, des histoires obliques : Christophe explore un univers hors normes comme un Palais du facteur Cheval dressé en pleine nuit parisienne.

LE FIGARO. Vous êtes réputé pour ne pas finir vos albums en avance. À quel moment jugez-vous que votre disque est terminé ?

Vous n'avez jamais un sentiment de « finitude », une impression de perfection ?

Aimer ce que nous sommes sort presque sept ans après votre précédent album, Comm'si la Terre penchait. Il vous a fallu tant de temps ?

On a commencé par Odore di Femina en 2004, dans une maison que l'on nous prêtait dans l'île de Ré, deux chambres, une douche, l'idéal. On a commencé par cette chanson en pensant aux Gitans, mais on n'est allé à Séville enregistrer avec eux que deux ans plus tard, et Carmine Appice est venu jouer dessus en 2007.

Et vous avez mixé en 2008…

Vous avez beaucoup d'auteurs différents pour les textes de ce disque, ainsi que des textes que vous signez vous-même. Comment se fait le partage ?

Je sais comment j'écris mes textes, je sais ma formule magique, mes secrets de création, je veux autre chose. Il m'a rendu la chanson quelques heures plus tard. Je l'ai trouvée en allumant mon ordinateur. Je l'ai lue une fois, pas deux. Et tout a résonné en même temps que le play-back que je connaissais par cœur. Dans la minute qui suivait, je savais que l'album s'appellerait Aimer ce que nous sommes et que je ne reviendrais pas dessus.
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Bridget

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MessageSujet: Re: CHRISTOPHE   Ven 9 Jan - 22:18




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Christohe sera à l'Olympia le 11, 12, 13 Mars 2009 !





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Bridget

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MessageSujet: Re: CHRISTOPHE   Sam 14 Fév - 0:49



Son passage dans mon taratata à moi , ce soir avec un trés beau duo avec Phoebe Killdeer , sur une MAGNIQUE chanson de .....

Mister Donovan : Perfect Day une merveille !


Enjoy !

CHRISTOPHE / Phoebe KILLDEER : Perfect Day
TARATATA N° 302 (Tour. le 27/10/08 / Diff. France 4 le 27/02/09)
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liliane
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MessageSujet: Re: CHRISTOPHE   Jeu 5 Mar - 16:23

Christophe : « En musique, je suis un chineur »
Propos recueillis par Annie Grandjanin (Figaroscope)
04/03/2009


Crédits photo : ©Lucie BEVILACQUA



VARIETES. Phénomène dans le métier, Christophe est passé du statut de chanteur de gentilles variétés à celui d'artiste culte. Son dernier album sorti en juin, Aimer ce que nous sommes, réunit un casting impressionnant. Rencontre (nocturne) avec un artiste qui intrigue autant qu'il séduit.


LE FIGAROSCOPE. - Quel effet cela vous fait d'être considéré comme un artiste culte ?

CHRISTOPHE. - Je m'en fous ! Je trouve très égoïste d'attendre d'un artiste qu'il ne change pas de style. Moi, j'aime les mélodies, le flamenco, l'électro… J'ai juste suivi ma route émotionnelle. Je fonctionne à l'instinct. Il faudrait sans doute demander aux musicologues. Mais, là encore, ce serait une erreur.


Pourquoi ?

C'est à cause d'eux que la musique s'éteint. Ces analyses, ces critiques ne mènent à rien. Un jour, un mec a écrit que mon dernier album était un naufrage ! Heureusement, d'autres ont pensé le contraire. Ce qui m'intéresse, c'est de surprendre, moi le premier. Quand j'écris et compose, j'entends quelque chose qui vient d'ailleurs. En musique, je suis un chineur. Je passe mon temps à écouter ce qui se fait de nouveau. Dans les taxis, à la radio, j'écoute beaucoup les jeunes. J'aime bien que quelqu'un me mette la claque, me rende jaloux, parce que cela me redonne l'envie.


Qui vous a mis la claque récemment ?

Housse de Racket, un groupe très pointu, avec qui je suis devenu ami. Mais mon vrai coup de cœur, c'est Camille. Je la trouve sexy et j'aime bien sa folie. Je l'aurais bien imaginée dans mon spectacle, se déplaçant sur un fil, telle une funambule, comme dans un film de Coppola. Peut-être qu'elle ne m'apprécie pas, d'ailleurs, mais je m'en tape : moi, je l'aime !


Et la scène, est-ce un exercice que vous aimez ?

C'est à force de voir des artistes comme David Bowie ou Lou Reed en concert que j'ai dit oui. Mais ce n'est pas mon truc. C'est un vrai combat de boxe.


C'est la raison pour laquelle vous tenez à être bien entouré ?

Bien sûr. Malheureusement ce n'est pas Isabelle (Adjani, NDLR) qui fera l'ouverture. Mais il y aura Erik Truffaz, qui me donne la chair de poule, Carmine Appice, Moraito Chico, un dieu du flamenco… Et, comme je suis passionné de design et d'architecture, Andrée Putman « habillera » mon spectacle. Le public est là pour être distrait. Mais, honnêtement, je me fais plaisir avant tout : si je donne le sentiment d'être heureux, les gens vont aimer…



Un sacré casting
Pour cet album, enregistré de nuit entre Paris, Londres et Séville, Christophe s'est offert un beau casting. Outre Christophe Van Huffel (du groupe Tanger) pour la coréalisation, il a confié le mixage à Paul « P-Dub » Walton (The Cure, Bjork). On reconnaîtra le timbre d'Isabelle Adjani sur Wo wo wo wo. Côté musiciens, on retrouve l'excellent trompettiste de jazz Erik Truffaz, Carmine Appice à la batterie et Eumir Deodato (Kool and The Gang, Sinatra…) pour diriger la section de cordes. À noter également la présence de deux artistes de flamenco : Moraito et Diego Carrasco.



Christophe à l'Olympia , 28, bd des Capucines (IXe). Dates : les 11, 12 et 13 mars à 20 heures. Tél . : 08 92 68 33 68. Places : de 46 à 68 €.


http://www.lefigaro.fr/scope/articles-musiques/2009/03/04/08007-20090304ARTFIG00012-christophe-en-musique-je-suis-un-chineur-.php


Dernière édition par liliane le Jeu 8 Oct - 13:53, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: CHRISTOPHE   Lun 9 Mar - 12:30



Les damiers incertains de Christophe, en répétition continue






En mars 2002, Christophe revenait en scène après vingt-sept ans d'effacement. L'homme qui aime la lumière, mais "celle des vitrines la nuit, la lumière qui dort", dit-il, avait épaté son monde en créant un spectacle fluorescent, rideau de théâtre et écran de cinéma, tout un parcours, des Marionnettes (1965) à Ces petits luxes (2001).

En 2008, Christophe a enregistré l'album Aimer ce que nous sommes, qu'il désire transposer en scène, sans économie de moyens.
En pleine crise, il a parié sur un spectacle à 530 000 euros pour trois Olympia (du 11 au 13 mars), une première à Clermont-Ferrand (le 8 mars), à la Coopérative de mai, où il a répété, flanqué des 80 affiliés au projet, dont beaucoup de célébrités. A trois jours de la générale, le puzzle n'était pas rassemblé. Mais le brouillard convient aux risque-tout.

Le lieu influence, et Christophe l'absorbe.

Pierres de lave noire de la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Clermont-Ferrand, blanc laiteux du bonhomme Michelin, potentat local. Sur la scène, il y aura aussi du noir et blanc. Des films conçus par des cracks des arts plastiques, les vidéastes Dominique Gonzalez-Foerster et Ange Leccia ; des damiers bicolores, ceux, si typiques, de la designer Andrée Putman, scénographe de ce spectacle. Elle lui offre un siège "poli-miroirs", un banc éléphant, et a fait expédier l'un de ses pianos Pleyel géométriques, tellement chic.

Andrée Putman, 83 ans, fille de la bourgeoisie, d'abord promise à une carrière de concertiste, a participé à l'aventure Prisunic - un seul prix pour tous -, et y a installé le design en 1957 avec ce slogan : "Le beau au prix du laid".

Christophe s'est installé à Clermont-Ferrand dans l'ancienne coopérative ouvrière Michelin. L'endroit, sis place du 1er-Mai, où les "Michelin" venaient acheter des cahiers ou de la farine, est devenu La Coopérative de mai, salle de musique actuelle. Depuis son ouverture, il y a neuf ans, jamais le lieu n'avait connu telle effervescence. Des caisses, des consoles, car, dit Christophe, "je suis un fou de son, j'ai des machines, j'appuie sur des pédales pour produire des échos, des répétitions".

Alors, il y en a partout, s'amuse Didier Veillault, le directeur de la "Coopé", pourtant habitué aux artistes hors cadre - il a abrité la première "résidence" artistique de Christophe en 2002, hébergé Alain Bashung et sa troupe en répétition pendant un mois et tout récemment Morrissey, l'ex-Smith, venu y régler le son et les lumières de son futur tour de chant.

Mais là, "c'est du jamais-vu. Bercy dans le Puy-de-Dôme".

Des écrans baladeurs, des bribes de musique écoutées au coin d'un couloir. "Christophe et ses partenaires travaillent la nuit. Ils discutent. Ils sont comme des enfants, et nous sommes un peu envahis, mais heureux."
L'opération coûte cher. Selon Laurent Castagnié, producteur de Christophe depuis 2002 au sein de Love 8 Spectacles (Alan Vega, Chemical Brothers...), "environ 700 000 euros, si l'on inclut la préparation de la tournée en province et à l'étranger" - 80 concerts à géométrie variable, dont des "événements", comme Les Nuits du bassin de Neptune le 15 juillet au château de Versailles, Les Nuits botaniques de Bruxelles et un final imaginé, en mars 2010, à la Cité de la musique.

Christophe a voulu réunir en scène les extra-ordinaires invités du disque. Tous, sauf le compositeur électronique Murcof, retenu au Mexique, ont répondu présent. Parce que Christophe est un musicien hors norme. "Les silences nous lient", dit l'intéressé.

Love 8 s'est associée pour l'occasion à Caramba Productions, plus à même de gérer des dates provinciales forcément délicates pour un artiste culte, éloigné du grand public, conquis avec Aline.
De ce hiatus, que dit Andrée Putman ? "Il a tout d'une rock star avec une facette underground attirante et il est en même temps le chanteur qui doit être à l'origine du plus grand nombre de mariages et de coups de foudre en France." La designer aime la chanson Les Mots bleus (paroles de Jean-Michel Jarre). "C'est normal. Andrée, avec ses grands yeux bleus...", dit sa fille Olivia Putman, qui veille aux destinées de l'agence avec son frère Cyrille.

Christophe a rencontré Laurent Castagné dans des circuits de nuit. C'est à la télé, chez Ardisson, qu'il a croisé Cyrille Putman, venu présenter Premières pressions à froid (éd. Robert Laffont), autobiographie abrasive d'un ex-junky. Cyrille Putman a présenté Christophe à sa mère. "Le charme magnétique de notre première rencontre a ouvert en grand les portes de l'imagination", dit cette dernière. A l'agence Putman, on a été "bons élèves. Nous avons passé du temps à regarder la vidéo de l'Olympia 2002, nous sommes partis de ce qu'il voulait chanter pour lui construire un écrin". Aucun croquis n'existe.

Avec Christophe, tout se construit par bribes, Textos, appels nocturnes, idées furtives. C'est flou, ce le sera jusqu'au bout. "C'est étrange. Nous travaillons avec des gens très lents, dit Laurent Castagnié, ils n'ont pas d'heures régulières, les idées ne sont jamais figées. Gail Ann Dorsey, la bassiste, retrouve la sensation du work in progress des années 1970."

Ce que l'on sait ? Peu, et l'essentiel. Qu'il y aura de la musique, et en scène un juke-box tiré de la collection personnelle de Christophe. "Un AMI (Automatic Musical Instrument) de 1947. L'histoire du disque me suit toute ma vie. C'est un objet magique, une pleine lune ! Il éclaire, il faut parfois l'éteindre !", dit Christophe. "Il apportera de la couleur", précise Olivia Putman. Les Gitans andalous viendront à Clermont, mais on ignore toujours la date de leur arrivée.


Le 8 mars, Coopérative de mai à Clermont-Ferrand. Du 11 au 13 mai à l'Olympia de Paris (complet).

Véronique Mortaigne

http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/03/07/les-damiers-incertains-de-christophe-en-repetition-continue_1164917_3246.html
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MessageSujet: Re: CHRISTOPHE   Mar 10 Mar - 21:55


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Christophe,
le funambule en liberté







La seule limite que Christophe connaisse, est celle de son imagination, débordante. Aimer ce que nous sommes son dernier album, affichait la mine crâneuse d'un défi impossible à transposer en concert.

Le chanteur dévoilait, dimanche soir, les contours du spectacle qu'il présentera trois soirs de suite, dès mercredi, à l'Olympia de Paris.

Christophe répétait depuis fin janvier, à Paris, mais c'est bien à Clermont-Ferrand qu'ont eu lieu les derniers réglages de sa tournée 2009-2010. Les derniers ? Pas si sûr. À deux heures de la générale, le chanteur, placé au centre du dispositif scénique, apportait encore des modifications au déroulement du show. En coulisses, Didier Veillaut, directeur de la Coopéra­tive de Mai, salle rock qui a accueilli les répétions, se demande comment présenter la soirée au public.

Le chanteur, présent depuis le début de la semaine, a été rejoint au compte-gouttes par ses différents invités. Près de cent personnes, dont trente-cinq sur scène, orchestrent ce retour de Christophe sur les planches.

Le producteur Laurent ­Castanié (Love 8 Spectacles) couve son artiste des yeux avec une tendresse qui lui a donné envie de le suivre dans cette nouvelle folie au coût astronomique de 700 000 €, préparation comprise.

Pour le ­soutenir, il a fait appel en novembre dernier à son confrère Luc ­Gaurichon (Caramba Productions), chargé d'organiser les dates en Régions - 80 au total entre cette année et la suivante. Sans celles-ci, le spectacle ne saurait être rentable, ­loin ­de là.

Isolé des aléas d'un métier en crise, Christophe est demeuré un artiste essentiel dans un paysage où les chanteurs sont tentés de devenir comptables avant tout.

La seule limite que ce créateur connaisse est celle de son imagination, débordante. Aimer ce que nous sommes, son dernier album, affichait la mine crâneuse d'un défi impossible à transposer en concert : multitude de climats, pléiade d'invités, diversités des inspirations. Plutôt que d'en donner une version ramassée, Christophe a visé l'extravagance, en invitant tous les participants à le suivre sur scène.




Élégance et magnétisme



Hormis Isabelle Adjani et le musicien électro Murcoff, tous ont répondu présents.
Même Carmine Appice, batteur de feu Vanilla ­Fudge et Cactus, groupes de rock lourd des années 1970, superbe sur deux titres et inutile sur un solo dérisoire.
Il en faudrait plus pour décontenancer Christophe dont l'élégance et le magnétisme sont tels qu'il ne se laisse jamais éclipser par ses invités.

Audacieux, il consacre la première partie aux titres de son dernier album. Scénographie signée Andrée Putman, projections réalisées par les plasticiens Dominique Gonzalez-Foerster et Ange Leccia, on est à des années-lumière de l'ordinaire du concert rock.


Dirigées par l'ancien collaborateur de Sinatra, Eumir Deodato, seize jeunes femmes sont aux cordes, tandis qu'un des juke-boxes de la collection personnelle du chanteur illumine une scène sous éclairage tamisé.







Assis sur un tabouret dessiné par Andrée ­Putman, Christophe est éclatant, sa voix si singulière caressant les textures tissées par ses complices.

Erik Truffaz pose quelques notes de trompette, Gail Ann Dorsey (vue aux côtés de Bowie dix ans durant) est à la basse, sous l'œil bienveillant de Christophe Van Huffel, directeur musical depuis 2002.

L'irruption de Los Flamencos, groupe de gitans andalous (chant, danse, percussions, guitare) donne fièvre et ferveur à une proposition résolument high-tech. Filmée par Héléna Noguerra, une danseuse souligne la sensualité d'Odore di Femina, chanson à partir de laquelle le spectacle devient totalement bouleversant. Entracte.

«Il ne fait pas Les Mots bleus ?», s'interroge une fan de la première heure.
Dans la deuxième partie, au démarrage très dépouillé façon piano-bar filmé par David Lynch, Christophe égrène son passé. Le Beau bizarre, Les Marionnettes, Succès fou, Señorita version andalouse précèdent un sublime Les Paradis perdus, avant le générique final.

Près de 3 heures après le début de la soirée, il semble heureux de ce nouveau voyage. Dans sa loge, il commencera déjà à imaginer ce qu'il faudra changer d'ici à l'Olympia.
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http://www.lefigaro.fr/musique/2009/03/10/03006-20090310ARTFIG00178-christophe-le-funambule-en-liberte-.php
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MessageSujet: Re: CHRISTOPHE   Jeu 12 Mar - 16:35