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 JEAN KOBS UN POETE

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Nine
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MessageSujet: JEAN KOBS UN POETE   Mar 17 Juin - 2:13

Né de parents belges émigrés, Jean KOBS voit le jour le 12 avril 1912 à Hayingen (Elsass-Lothringen).


Des débuts de la Première Guerre mondiale jusqu’en 1919, il séjourne à Houffalize en Belgique. Il fait ses études au Petit Séminaire de Bastogne (1923 à 1932) et puis au Grand Séminaire de Namur (1932 à 1936).

Une fois les études terminées, il est ordonné prêtre et devient, en 1937, vicaire à Barvaux-sur-Ourthe. Il sera curé d’abord à Dinez-Houfalize (1942-1958), puis à Dave-sur-Meuse (1958 à 1977).
Jean Kobs meurt le 29 août 1981 à Godinne.

Il nous laisse une œuvre poétique importante (plus de 1600 poèmes) dont nous retiendrons les titres suivants :



Le Parfum du Silence (1949)
Les Roses de la Nuit (avec une préface d’Yves-Gérard LE DANTEC, 1953) :star:
Le Kobzar de l’Exil (2 tomes, 1973-1974)
La Mémoire du Silence (1983) et L’Offrande du Kobzar (anthologie de 300 poèmes extraits des précédents recueil, publiée à titre posthume par Marie-Thérèse BOULANGER en 1985).
Une excellente étude consacrée à l’œuvre poétique de Jean KOBS a été faite par Ferdinand STOLL, professeur émérite à l’Université du Luxembourg :
Le Prince du Sonnet : Jean Kobs, curé de campagne (1912-1981) :star: (Publications du Centre Universitaire de Luxembourg, 1991).
Ferdinand STOLL et Laurent FELS comptent rééditer les œuvres complètes de l’abbé Kobs au fil des années à venir.
Par ailleurs, Michel PIRSON a réalisé une monumentale anthologie regroupant un choix judicieux des poèmes religieux de Jean Kobs (Éditions namuroises, 2006).

http://www.servicedulivre.be/fiches/k/kobs.htm
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MessageSujet: Re: JEAN KOBS UN POETE   Mar 17 Juin - 2:17

Automnale


Lorsque le vent du soir fait gémir les vieux arbres
Qui se penchent tremblants sur les sentiers déserts
Et quand le jet d’eau pleure en la vasque de marbre,
La nuit s’en vient vers moi pour me chanter des airs.

Elle a peur de rester dans le jardin d’automne
Ou de marcher dessus les feuilles du tilleul,
Et pour passer le temps pénible et monotone
Elle tâche de voir si je suis vraiment seul.

J’entends ses petits pas près des portes dallées
Et vois cligner ses yeux dans le fond du jardin ;
Son écharpe d’argent glisse par les allées :
Elle voudrait venir près de moi, c’est certain.

Alors, n’en pouvant plus, j’entr’ouvre la fenêtre :
Elle avance à pas lents en dessous du balcon,
Et je sens son soupir frileux qui me pénètre
Et sa main caressante à l’entour de mon front.

Car elle sait combien sa présence m’enchante :
Si je n’étais pas seul je ne la verrais pas,
Et n’entendrais jamais sa complainte touchante
Habile, au fond du cœur, à l’infiltrer tout bas.

Et nous restons ainsi, très longtemps, solitaires,
À nous dire à mi-voix notre songe secret ;
Mais qui pourrait jamais savoir le rythme austère
Du monde, que la Nuit ne livre qu’à regret.




JEAN KOBS
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MessageSujet: Re: JEAN KOBS UN POETE   Mar 17 Juin - 2:21

Kobzar

Si tu chantas, soir et matin, toute ta vie,
C’est moins pour le plaisir ou pour le réconfort
De savoir que ta voix résonne et s’amplifie
Que pour bercer un cœur par de secrets accords.


Si tu n’avais voulu que plaire à tout le monde,
Tu n’aurais fait ici que de frêles chansons
Qu’on se plût à chanter quelquefois à la ronde
Et dont les purs rêveurs n’éprouvent nuls frissons.



Tu n’as sans doute aimé que plaire à quelques âmes,
Ou des soirs que tu vis, ou des nuits qui viendront,
Pour leur communiquer les éclats et la flamme
Où se sont consumés tes instants sous ton front.


Tu ne fus point peut-être un passant trop avare
Des larmes de ses yeux, des peines de son cœur ;
Tu semas tout au vent, d’un voyage bizarre,
Du parfum de tes doigts, du pollen de ta fleur.


Et des chants dont ta bouche a vu la délivrance
Tu ne sauras jamais ce qu’il peut subsister ;
Qu’importe car après tant de jours de souffrance
Tu verras ton Amour, si tu l’as su chanter.


Il se pourrait qu’un jour une âme fût ravie
De trouver par hasard dans ta voix un peu d’or,
Puisqu’il faut tant de chants pour bercer une vie
Et qu’il en fait si peu pour faire vivre un mort.

Jean KOBS

(dedié à tous les auteurs)
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