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 FRANCOISE SAGAN - UNE JOLIE PETITE MUSIQUE

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liliane
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MessageSujet: FRANCOISE SAGAN - UNE JOLIE PETITE MUSIQUE   Dim 15 Juin - 12:22

ne jolie petite musique
Publié par Pierre Courade
Vendredi 13 Juin 2008 11h02
Sagan, comme la saga d'un petit bout de femme devenue mythe vivant du XXe siècle. La Sagan de Diane Kurys c'est la saga de la mode, de la culture, de la fête et de l'insouciance du milieu du siècle dernier à nos jours.

Sagan est déjà comparé à la La Môme d'Olivier Dahan sorti il y a tout juste un peu plus d'un an. Si c'est pour faire le parallèle entre les performances de Marion Cotillard et de Sylvie Testud (qui avait également joué dans La Môme), on peut dire que Sagan est au moins, si ce n'est mieux, réussi que La Môme. Sans caricatures, ce qui est difficile lorsque l'on interprète un "personnage" comme Françoise Sagan, Sylvie Testud est Françoise Sagan. De Bonjour tristesse à 18 ans jusqu'à son décès à l'âge de 69 ans, Sylvie Testud a l'apparence, a le phrasé, a le vocabulaire de Sagan, cette petite musique qui s'écoule tout au long du film.

Un remarquable Palmade
Une petite musique, une petite femme... On repense encore une fois à la môme Piaf d'autant que l'époque coïncide avec les débuts de la jeune Sagan. Mais dès le début du film, une petite musique de téléfilm nous déstabilise. Bien installé dans nos fauteuils de cinéma, la narration et la réalisation d'un téléfilm de prestige jurent par rapport à l'ampleur de l'écran et de l'œuvre de Sagan.

Il faut dire, on le sait, que Diane Kurys devait à la base réaliser un téléfilm pour France 2 et qu'au fil du tournage l'idée d'en faire un véritable film de cinéma a germé. Et cette hésitation entre fiction et œuvre cinématographique déstabilise pendant toute la première partie du film. Trop d'ellipses, trop de sous-entendus incompris, trop de Sagan, trop de Testud... Dommage en tout cas que le début soit raté.

Et puis, très vite, la réalisation reprend le dessus. Les personnages prennent plus de profondeur. Une révélation du cinéma français pointe même le bout de son nez : Pierre Palmade. Grâce à ce téléfilm devenu film, il crève (enfin) tous les écrans de cinéma de France. Il fait vivre le personnage de Jacques Chazot et apporte la touche drôle et tendre du film. Une véritable performance.

« Voilà votre dessert »
On passe d'une époque à une autre sans anicroche, emporté par les tubes des époques successives (twist, rock, pop 80's,...), transporté par les modes et les soirées mondaines.

Sagan, c'est aussi une tragédie. La tragédie de voir cette artiste tomber dans tous les excès tout en restant calme en apparence. Certaines scènes sont même "violentes" tant la réalité de la vie de Sagan était tortueuse et tourmentée. « Voilà votre dessert », annonce la gouvernante de Sagan en lui apportant un plateau rempli de cocaïne.

On n'apprend pas grand chose de la vie littéraire de Sagan. Un peu comme pour La Môme, les frasques sont préférées à l'œuvre artistique.

Sagan est réussi, même si le début et la dernière scène sont en deçà de ce que l'on attend d'un film de cinéma. Un film terrifiant de réalisme, étonnant de sensibilité. Touchant et prenant.


http://www.ozap.com/film/sagan/82862#tab_fiche_critique
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Bridget

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MessageSujet: Re: FRANCOISE SAGAN - UNE JOLIE PETITE MUSIQUE   Ven 25 Juil - 21:16

.
Je n'ai pas vu le film de Diane Kurys , je n'aime pas les adaptations de livres au cinéma , quel manque d'imagination de la part des

réalisateurs .....mais je suis persuadée que Sylvie Testud y est admirable !

Par contre , je viens de terminer le livre de Marie-Dominique Lelièvre " Sagan , A bout portant " qui est beaucoup plus qu'une biographie ....

Extrémement bien écrit et documenté , on y assiste à la lente déchéance de Sagan qui brule sa vie par les deux bouts ........mais au fait

que faire d'autre avec des bleus à l' âme ?

http://bibliobs.nouvelobs.com/2008/01/03/rebonjour-sagan


Morte , Sagan continue de subir ce dont, lorsqu’elle était bien vivante et que son cœur battait fort la chamade , on ne cessait de l’accabler : d’être une people , une icône , une allégorie , un accident qui se prolonge , une mythologie au sens exact où Barthes l’entendait.
On regrette au passage que la romancière, injustement traitée par la postérité, ne bénéficie pas toujours de la même curiosité.
Car, à l’exception de son premier livre, « Bonjour tristesse », et de son indémodable recueil de portraits, « Avec mon meilleur souvenir », son œuvre est négligée, et l’on n’ose plus compter les titres d’elle, des «Merveilleux Nuages» aux «Yeux de soie», de «Un orage immobile» à «la Laisse», de «Toxique» au «Garde du cœur», qui ont cessé d’être réédités.
Comme si le lourd passif financier qu’elle avait légué à son fils unique, Denis, se doublait, à la colonne pertes et profits, d’un même passif littéraire.

C’est la première vertu de Marie-Dominique Leliève , étourdissante biographe de «Sagan à toute allure» : elle s’intéresse à la femme parce qu’elle admire l’écrivain; elle ausculte Françoise Quoirez parce que Sagan l’épate.
«Jamais je n’ai été déçue», confesse-t-elle, la relisant.
Elle ne cache d’ailleurs pas qu’elle eût aimé lui ressembler, dans le style de vie et dans le style littéraire.
Comme elle, écrire vite et juste. Comme elle, rouler sur la nationale 7 en Aston Martin.
Comme elle, être légère, brillante, virtuose, inapprivoisable.
Comme elle, s’amuser avec ses personnages de roman au point parfois de les négliger. Comme elle, avoir de provocants «goûts de playboy».
Comme elle, distiller «une morale sans sermon, un art de vivre tendre, généreux, narquois, élégant». Comme elle…

«Françoise Quoirez n’est pas jolie, elle est pire: irrésistible.»

Le ton est donné. La portraitiste de «Libé» a du chien.
Voici donc, sous sa plume griffue, la libertine en espadrilles, vouée à de grandes vacances perpétuelles.
Voici la bisexuelle enjouée, insatiable, clandestine et «pas farouche» (dixit Claude Perdriel, avec un certain sourire), dans le lit de laquelle passèrent aussi bien Peggy Roche que Massimo Gargia, Ava Gardner que Bob Westhoff, Juliette Gréco que Guy Schoeller, Annick Geille que Michel Déon, tant d’autres encore, vite croqués, vite recrachés, tournez manège.
Voici la fille du Causse au «corps costaud» qui montait les chevaux à cru mais que, très tôt, la drogue va ronger au point de métamorphoser, à une vitesse stupéfiante, au sens propre, la sportive hâlée en femme chétive de 1,63 mètre dont la diététique s’apparentait à de «l’art conceptuel».
A 18 ans, elle écrit son premier roman sous Maxiton et Corydrane. A 22 ans, pour calmer la souffrance causée par une polynévrite, elle prend goût au Palfium 875, devient accro à la morphine.
A 40 ans, après une opération du pancréas que l’alcool a boursouflé, elle ajoute la cocaïne pour se réveiller à la morphine pour dormir. Des bleus à l’âme. Aux bras, aussi.

Car les folies de Françoise avaient un prix. Sa légende fut ruineuse.
Pour la première fois, une biographie ose chiffrer le déficit et montrer l’envers, parfois sordide, du décor en trompe-l’œil. L’incessant ballet de SOS-Médecins pour obtenir, en trichant, des injections miraculeuses.
La ronde nocturne des dealers et autres voyous du milieu qui lui procurent ses quatre grammes quotidiens, soit la bagatelle de 15 000 euros par mois. Les overdoses suivies de comas à répétition, à Paris comme à Mexico.
Et puis les fraudes fiscales pour payer la poudre, la sombre affaire Elf, l’opprobre, la chute et la condamnation à douze mois de prison avec sursis. Autour d’elle, tout est contaminé, même son fox-terrier Banco succombe après avoir sniffé les mouchoirs de sa maîtresse.
A la fin, elle a tout perdu: «Les êtres qui lui étaient chers, son manoir, ses souvenirs d’enfance, ses droits d’auteur passés et à venir. Elle n’a même plus de quoi s’acheter un paquet de cigarettes. Le pire, c’est qu’elle n’arrive plus à écrire.»

Le 1er janvier 1994, le compte de Sagan présente un découvert de 1 002 687 francs.
Que sa nouvelle compagne, Ingrid Mechoulam, moitié banquière, moitié geôlière, va effacer en vendant un diamant afin de signer un chèque de 1 289 193 francs. Preuve que, lorsqu’elle enquête, Marie-Dominique Lelièvre est d’une précision d’huissière.

Considérant, avec Nietzsche, qu’«un bon écrivain n’a pas seulement son propre esprit, il a aussi l’esprit de ses amis», la biographe a beaucoup fait parler Bernard Frank et Florence Malraux, les deux plus fidèles amis de Françoise avec laquelle ils formaient une enfantine triade de la timidité.
De Bernard, elle écrit qu’il tenait du «nounours hirsute, de l’objet transitionnel, plus que de l’amant».
De Florence, qu’elle est une «grande âme»: n’a-t-elle pas poussé son amour de Sagan jusqu’à acheter, elle qui est si distinguée, de la poudre à des dealers, dans des lieux interlopes, pour pallier le manque de sa sœur de cœur? Ces deux-là, Bernard qui va bientôt mourir et Florence, seule rescapée du bonheur, seule survivante du désastre, donnent à ce livre saganesque son architecture secrète, son irrépressible émotion et ses révélations.

Et puis Marie-Dominique Lelièvre a su passer la frontière qui limite les biographies habituelles.
Elle est allée au-delà des faits, des dates, des témoignages et du petit cimetière de Seuzac, elle a cherché à se glisser dans la peau de son idole, de cette «héroïne littéraire dont la vie prolonge et dépasse l’œuvre romanesque».
De Françoise, elle a visité les maisons, consulté les cahiers à spirale Clairefontaine, écouté les 33-tours, dormi dans le lit d’Equemauville, caressé la garde-robe et porté l’un des pulls, un cardigan camel, taille médium. Il lui va très bien, c’en est même troublant. Ces deux femmes fauves devaient bien se retrouver un jour.


«Sagan à toute allure», par Marie-Dominique Lelièvre, Denoël


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Dernière édition par Bridget le Ven 8 Aoû - 23:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: FRANCOISE SAGAN - UNE JOLIE PETITE MUSIQUE   Ven 25 Juil - 21:30

Je ne sais pas ce que vaut la critique du nouvel obs, mais en tout cas, elle m'a donné l'envie d'acheter le livre.


merci
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MessageSujet: Re: FRANCOISE SAGAN - UNE JOLIE PETITE MUSIQUE   

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