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 LEONARD COHEN

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Bridget

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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Mar 2 Déc - 23:32

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Le 9 Décembre sortira en DVD le film documentaire , réalisé par Lian Lunson en 2005 sur l'auteur, poète et chanteur

canadien Leonard Cohen : I'm Your Man







Le film, réalisé par Lian Lunson en 2005, associe des extraits d'un concert hommage organisé par Hal Willner et intitulé Came So Far From Beauty, qui eut lieu en janvier 2005 au Sydney Opera House de Sydney en Australie, à une série d'interviews réalisés avec Leonard Cohen.

Au cours de ces entretiens, Leonard Cohen parle de son enfance à Montréal, de sa manière d'approcher le métier d'écrivain. Il relate ses souvenirs au Chelsea Hotel à New York, parle de son séjour dans un monastère et de son amitié pour un maître zen Japonais. Il parle aussi de l'épouse du sculpteur québécois Armand Vaillancourt, qui fut l'inspiration pour Suzanne, une de ses plus célèbres chansons. Il fait aussi la lecture de la préface qu'il écrivit pour la traduction chinoise de Beautiful Losers.

On voit dans le documentaire plusieurs performances ou extraits de performances, notamment celles de Rufus Wainwright, Nick Cave, Jarvis Cocker du groupe Pulp, Kate et Anna McGarrigle. Tous ces artistes parlent de l'influence qu'à eu Leonard Cohen sur leur vie et leur carrière. On voit aussi le guitariste The Edge et le chanteur Bono de U2, qui interprètent vers la fin du documentaire la pièce Tower of Songs en compagnie de Cohen. Cette dernière prestation fut filmée à New York le 20 mai 2005.

Le documentaire contient des images de Leonard Cohen enfant, filmé sur Super 8. Aussi, les dessins, agrémentés de poème, que l'on aperçoit dans le film sont des œuvres de Cohen lui-même.

Leonard Cohen: I'm Your Man fut présenté au Festival du film de Toronto en 2005, puis en 2006 au festival de Sundance et au Festival du film de Berlin.





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Bridget

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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Mer 3 Déc - 22:56

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Un moment unique : A thousand of kisses deep , le poème version finale , récité



Léonard Cohen Paris Olympia 26/11/2008






A Thousand Kisses Deep / Ten New Songs (Oct. 2001)

Texte d'origine :
A thousand kisses deep

You came to me this morning
And you handled me like meat.
You´d have live alone to know
How good that feels, how sweet.
Anonymous, and hard, and fast -
(I´d know you in my sleep) -
Then born together, born at last
A thousand kisses deep.

I loved you when you opened
Like a lily to the heat.
I´m just another snowman
Standing in the rain and sleet,
Who loved you with his frozen love
His second-hand physique -
With all he is, and all he was
A thousand kisses deep.

All soaked in sex, and pressed against
The limits of the sea:
I saw there were no oceans left
For scavengers like me.
We made it to the forward deck
I blessed our remnant fleet -
And then consented to be wrecked
A thousand kisses deep.

It´s true that you could lie to me
It´s true you could to cheat
The means no longer guarantee
The virtue in deceit.
That truth is bent, that beauty spent,
That style is obsolete -
O since the Holy Spirit went
A thousand kisses deep.

(So what about this inner Light
That´s boundless and unique?
I´m slouching through another night
A thousand kisses deep.)

I´m turning tricks; I´m getting fixed,
I´m back on Boogie Street.
I tried to quit the business -
Hey, I´m lazy and I´m weak.
But sometimes when the night is slow,
The wretched and the meek,
We gather up our hearts and go
A thousand kisses deep.

(And fragrant is the thought of you,
The file is now complete -
Except what we forgot to do
A thousand kisses deep.)

The ponies run, the girls are young,
The odds are there to beat.
You win a while, and then it´s done -
Your little winning streak.
And summoned now to deal
With your invincible defeat,
You live your life as if it´s real
A thousand kisses deep.

(I jammed with Diz and Dante -
I did not have their sweep -
But once or twice, they let me play
A thousand kisses deep.)

And I´m still working with the wine,
Still dancing cheek to cheek.
The band is playing "Auld Lang Syne" -
The heart will not retreat.
And maybe I had miles to drive,
And promises to keep -
Your ditch it all to stay alive
A thousand kisses deep.

And now you are the Angel Death
And now the Paraclete;
Now you are the Quickening Breath
And now the Belsen heap.
No turning from the threat of love,
No acrobatic leap -
As witnessed here in time and blood
A thousand kisses deep




Copyright : Leonard Cohen, 1998.
Unrecorded song posted with Leonard's permission.
All rights reserved.

Copyright 2001 Leonard Cohen, Sharon Robinson and Sony/ATV Music Publishing Canada Company.



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Bridget

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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Mar 13 Jan - 22:07

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Quelques nouvelles Etoile

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liliane
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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Mar 24 Mar - 9:31

Leonard Cohen, Live in London

Cinq ans après son album studio Dear Heather et une tournée mondiale en 2008, dont trois concerts à l'Olympia à Paris, en novembre dernier, Leonard Cohen revient sur le devant de la scène le 31 mars prochain avec un CD/DVD baptisé Live in London . Cet album a été enregistré lors d'un concert le 17 juillet 2008 à l'O2 Arena de Londres. L'auteur de Suzanne et de So long Marianne est remonté sur scène le 19 février 2009 au Beacon Theatre de New York, soit 15 ans après sa dernière apparition aux États-Unis. Leonard Cohen fait aujourd'hui partie des rares chanteurs à avoir été intronisé au Panthéon du rock.
Date de sortie : 31/03/09
Label : Sony BMG
Site du label : www.sonybmg.fr
Site officiel de l'artiste : www.leonardcohen.com
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Nine
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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Jeu 26 Mar - 9:58

Leonard Cohen revient en France

Le bon vieux Léo a du apprécier ses concerts à l'Olympia en novembre dernier : il revient pour trois dates en juillet.

par Thomas Burge les inrocks

"Rare sur scène", comme on dit, Leonard Cohen est tout de même sorti de sa retraite en novembre dernier pour trois dates marquantes à l'Olympia. Qui lui ont sans doute plutôt plu : le Canadien vient d'annoncer trois nouvelles dates en juillet prochain, qui cette fois ne concerneront pas que Paris.

Il passera ainsi le 6 juillet au Zénith de Nantes, le lendemain dans le gros POPB parisien, puis le 9 au Zénith de Toulouse.

Les places sont mises en pré-vente aujourd'hui mercredi à cette adresse -les salles ont beau être plantureuses, il faudra sans doute se dépêcher pour pécho son précieux sésame.
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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Lun 13 Avr - 15:43

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Léonard Cohen : le live in London







A 74 ans, la légende folk canadienne refait parler d'elle.

De sa tournée évènement de 2008 qui marquait son retour sur scène après quinze ans d'absence, Leonard Cohen rapporte aujourd'hui ce double album live. Il s'agit du dix-huitième album du bonhomme et de son premier live depuis Field Commander Cohen: Tour of 1979 paru en 2001.

Enregistré à l'O2 Arena (Londres) le 17 juillet 2008, Live in London est disponible en CD et en DVD. Leonard Cohen y propose un set de 26 chansons piochées dans son immense répertoire. Everybody Knows, Suzanne, Hallelujah, I'm Your Man, First We Take Manhattan, If It Be Your Will...









Impossible de ne pas avoir des frissons en entendant résonner cette voix rauque reconnaissable entre mille et en goûtant à la profondeur de ces textes.

Cerise sur le gâteau, Leonard Cohen sera en tournée en France en juillet 2009. Il se produira le 6 juillet 2009 au Zénith de Nantes, le 7 juillet 2009 à Bercy (Paris) et le 9 juillet 2009 au Zénith de Toulouse.

A ne pas manquer.


Tracklist

CD1

1. Dance Me to the End of Love
2. The Future
3. Ain t No Cure For Love
4. Bird on the Wire
5. Everybody Knows
6. In My Secret Life
7. Who By Fire
8. Hey, That s No Way to Say Goodbye
9. Anthem
10. Introduction
11. Tower of Song
12. Suzanne
13. The Gypsy s Wife


CD2

1. Boogie Street
2. Hallelujah
3. Democracy
4. I m Your Man
5. Recitation w/ N.L.
6. Take this Waltz
7. So Long, Marianne
8. First We Take Manhattan
9. Sisters of Mercy
10. If It Be Your Will
11. Closing Time
12. I Tried to Leave You
13. Wither Thou Goest

Quelques extraits sont disponibles sur son site officiel .

SUZANNE , BIRD ON A WIRE etc



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liliane
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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Ven 17 Avr - 19:17

Leonard Cohen: l'artiste d'origine montréalaise sera intronisé au Temple de la renommée du rock and roll

Le chanteur, compositeur et poète d'origine montréalaise Leonard Cohen sera intronisé au Temple de la renommée du rock and roll ce lundi au cours d'une cérémonie tenue à l'hôtel Waldorf-Astoria, à New York.

Les membres du groupe The Dave Clark Five (Dave Clark, Lenny Davidson, Rick Huxley, Denny Payton et Mike Smith), ceux de The Ventures (Bob Bogle, Nokie Edwards, Gerry McGee, Mel Taylor, Don Wilson), Madonna et John Mellencamp feront également leur entrée au Temple de la renommée du rock and roll.

Little Walter sera pour sa part intronisé dans la catégorie "artiste d'appoint" et le nouveau prix "Ahmet Ertegun Award" (autrefois catégorie "autre que de la scène") sera accordé aux producteurs Gamble & Huff.

Les artistes de la scène intronisés ce lundi ont été choisis par 600 membres de la Fondation du Temple de la renommée (Rock and Roll Hall of Fame Foundation). Les artistes sont éligibles à un tel honneur 25 ans après la sortie de leur premier enregistrement.

En plus d'être honoré au cours de la cérémonie de New York et d'être accueilli au Temple de la renommée de la renommée du rock and roll, chaque artiste aura sa place au musée du Temple à Cleveland, dans l'Etat de l'Ohio.

http://www.showbizz.net/articles/20080310094445/leonard_cohen_lartiste_dorigine_montrealaise_sera_intronise_temple_renommee_rock_and_roll.html
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Moniquek6

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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Ven 17 Avr - 21:04

J'ai acheté son DVD il y a 3 jours, je le regarde chaque soir et je m'endors remplie de sérénitude après 3heures d'un régal indescriptible. Un spectacle d'une simplicité magique, une leçon d'humilité, un réchauffement du coeur, une réconciliation avec la vie.
Ne le manquez pas, son coût est dérisoire.
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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Sam 18 Avr - 18:22




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En souvenir du concert à l'Olympia du 26 Novembre 2008 , je vous ai recopié cet article de Rolling Stone , Avril 2009, introuvable sur le net !!!!

Je lui dois bien ça j'aime

Ps : The famous Blue Raincoat , par contre faisait partie du récital , ce soir là .







Tour de Chansons

par Belkacem Bahlouli
Rolling Stone, Avril 2009


Pour une tournée tiroir-caisse, selon la formuule consacrée, on peut dire que Léonard Cohen ne s’est pas contenté de faire les poches de ses inconditionnels.

Il leur en a vraiment donné pour leur argent . Beaucoup se sont indignés devant le prix à payer pour accéder au moment magique où ils (re)découvriraient, après quinze ans d’absence, la voix de Léonard Cohen, ci-devant chanteur, soixante-treize piges au compteur.

Cette voix, profonde et grave à vous coller des frissons, revenue réveiller quelqu’uns de vos plus beaux souvenirs, forcément. Et puis, il y a la prestance de l’homme, son regard, son attention. Non, il n’a arnaqué personne , Léonard !
Et ce double live –propulsé disque du mois, une première,la place étant d’ordinaire réservée aux nouveaux albums- est là pour le prouver, y compris de visu, puisque l’objet se décline tout naturellement en DVD.

Mieux qu’un Greatest Hits, c’est le témoignage rare d’un instant, intense, fugace, miraculeux.
Celui où Cohen fait renaître et résonner ses chansons comme autant d’hymnes qui ont fascinés plusieurs générations.

Et chacun de revivre « son « moment, unique, au fil de ce récital dont chaque instant distille
Une émotion comme on en éprouve que rarement.
On ne s’étendra même pas ici sur l’extraordinaire musicalité du groupe de neuf musiciens qui accompagne le Canadien sur scène tant l’essentiel, ici, réside ailleurs – dans le no man’s land impalpable de notre vécu : nulle virtuosité gratuite, le son avant tout. Un son porté par les volutes d’un Hammond B3 et nombre d’instruments acoustiques ( voire un saxophone parfois un tantinet agaçant ), les orchestrations de Cohen ayant souvent la coquetterie d’être déroutantes, surtout sur les derniers albums studio.

Comme toujours chez lui, l’essentiel réside dans la voix, cette voix de baryton, de séducteur, devenue plus rauque avec les années et qui donne un nouveau relief, un nouvel éclairage à cette sélection de classiques universels leur apportant……une nouvelle dimension, si l’on peut dire .
Avec son élégance naturelle, Cohen se réapproprie ces chansons maintes fois reprises et pas toujours de manière heureuse, leur insufflant un nouveau souffle.
Comme cette version de Hallelujah, jadis plombée par son orchestration, pompeuse et présentée ici dépouillée – mais à sa manière et non celle, certes magnifique mais un peu larmoyante, de Jeff Buckley.
Et surtout, il y a ces authentiques morceaux de bravoure que constituent toujours So long Marianne, Tower of song, Bird on a wire, First we take Manhattan, Suzanne ….et ce malgré des oublis notoires, impardonnables, comme Famous Blue Raincoat.
Il faut sans doute y discerner l’envie du dandy au feutre noir de mettre l’accent sur les vingt dernières années de sa carrière, et des chansons qu’on avait donc jamais entendues sur scène.

Et sur scène, Léonard donne vraiment. Il n’y a qu’à écouter Sisters of Mercy ou The Future pour sentir la conviction d’un auteur, dilettante en apparence, mais très grand professionnel devant son public : tour à tour émouvant, énergique, nostalgique- sans doute plus pour l’auditeur d’ailleurs que pour le chanteur lui-même, toujours à bonne distance des choses, l’œil de l’écrivain toujours aigu- mais d’une sincérité et d’une authenticité absolue .

Oui, c’était la tournée de l’année 2008 qu’il ne fallait pas manquer. Avant la séance de rattrapage en Juillet prochain à Paris-Bercy.




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liliane
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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Dim 17 Mai - 10:19

Léonard Cohen dans un hors-série collector

Tout sur Leonard Cohen dans un Hors-Série collector dès aujourd'hui disponible en kiosque, accompagné d'une compilation de reprises des plus grands titres du Canadien. Retrouvez ici l'édito du magazine en avant-première.
Créé le 15 mai 2009 - par Richard Robert



La dernière fois que je vous ai vus, c’était il y a quinze ans : je n’étais qu’un gamin de 60 ans, qui poursuivait un rêve un peu fou…”

C’est ainsi, sur le mode de l’autodérision, que Leonard Cohen a coutume d’ouvrir les concerts qu’il donne depuis un an sur les scènes du monde entier. Ceux qui ont eu le bonheur d’assister à ces retrouvailles ne le contrediront pas : oui, le Canadien n’est plus un gamin. Aujourd’hui, il serait plutôt un beau jeune homme de 74 ans, projetant sur son auditoire l’éclat de son génie poétique et musical, la lumière franche contenue dans les impérissables mélodies de Suzanne, Bird on the Wire ou I’m Your Man.

Pour tout dire, on n’imaginait pas le revoir ainsi, dans la force d’un âge qu’on croirait soustrait au travail d’érosion du temps. De plus en plus discret ces dernières années, il semblait s’être rangé des studios et des planches, goûtant enfin à l’une de ces retraites paisibles et intenses auxquelles les vieux combattants et les grands sages peuvent légitimement postuler. Il n’en était rien : ramené sur le devant de la scène par de sombres soucis financiers, Leonard Cohen a repris son errance, cette voie de l’exil qui, au fond, a toujours été la sienne. Partout, il a été accueilli avec une ferveur et une chaleur dont aucune star n’oserait rêver ; car de tels témoignages d’affection ne s’adressent qu’aux êtres chers. Il était normal que nous nous joignions à ces hommages.

Pour Les Inrockuptibles, Leonard Cohen est à la fois comme un parrain, un compagnon de route et un vieux frère. Noués dès le premier numéro de ce magazine, en 1986, les liens étroits qui nous unissent à lui nous ont valu de vivre de mémorables moments en sa compagnie – il en sera naturellement beaucoup question dans ces pages. Ils n’ont fait que se renforcer au fil du temps, au fur et à mesure que son nom et ses chansons s’imposaient dans l’esprit des artistes que nous aimions.

Ces liens, nous les avons tissés dans l’étoffe de l’admiration et du respect. Admiration pour une oeuvre d’une incomparable richesse, qui chante comme nulle autre la liberté périlleuse de l’oiseau perché sur sa branche, le destin du guerrier qui s’expose à la douce violence de l’amour, la lucidité de l’homme qui observe le chaos du monde depuis sa chambre nue. Respect pour le singulier parcours littéraire, musical et spirituel d’un homme qui a traversé son époque dans la plus souveraine solitude, sans jamais se plier à la dictature des modes ni aux servitudes volontaires acceptées par la majorité de ses contemporains. Ce hors-série est en définitive bien plus qu’un hommage : c’est un geste d’amitié, à l’image des nombreux hommages dont il fait toujours l’objet, comme le démontre le CD de reprises offert avec ce magazine. Rendez-vous dans quinze ans, dans cent ans ou dans mille ans, cher Leonard : soyez sûr que nous trinquerons une fois encore à votre belle jeunesse, et aux rêves si justes – puisqu’un peu fous – qui l’ont toujours portée.

http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/article/leonard-cohen-dans-un-hors-serie-collector/
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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Mar 7 Juil - 11:02





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Leonard Cohen : retour sur scène




Depuis 1993, Leonard Cohen semblait avoir tiré un trait sur toute activité scénique. Poussé par la nécessité, il a pourtant repris en 2008 son bâton de Canadien errant et prouvé qu’il n’était toujours pas résolu à déposer les armes. Il sera en concert le mardi 7 juillet à Paris-Bercy.








Dans les années 60, les ménagères canadiennes regardent chaque après-midi Take Thirty, une sorte d’Aujourd’hui madame diffusé sur la chaîne CBC.
Un jour de 1966, l’animatrice Adrienne Clarkson, des trémolos dans la voix, leur annonce qu’elle a l’honneur d’accueillir un jeune poète et écrivain très en vue de Montréal.
Il s’appelle Leonard Cohen et a une fois encore défrayé la chronique avec son deuxième roman, Beautiful Losers. L’excitation de la présentatrice se teinte d’une angoisse qu’elle a bien de la peine à dissimuler.


Peu de temps avant le début de l’émission, Cohen lui a en effet appris qu’il avait l’intention de pousser la chansonnette en direct. “Personne, dans l’équipe, ne l’avait jamais entendu chanter une note, racontera-t-elle en 2000. Nous étions terrifiés : nous craignions que notre adoration absolue pour lui en prenne un coup.
Ce que nous voulions, c’était faire une interview très sérieuse avec Leonard Cohen le Poète. Finalement, l’entretien fut ridicule. Mais la chanson, elle, fut une révélation.”



Pour sa première apparition télévisuelle en tant que chanteur, Cohen décide d’interpréter The Stranger Song. L’éloquence naturelle de sa voix monocorde, la beauté tranchante de ses textes et l’obsédant roulis de ses arpèges de guitare font aussitôt leur effet sur le public.

Après l’émission, le Canadien, avec ce langage imagé et concis qui le caractérise, lâchera ces quelques mots : “Le temps est révolu, Adrienne, où les poètes, revêtus de longues capes noires, s’asseyaient sur des escaliers de marbre.” C’est de cette façon qu’il est entré dans la carrière musicale : comme un poète qui, après avoir saisi l’épée du verbe, a choisi de poursuivre son combat en prenant les armes de la chanson populaire.




UN ÉTERNEL RECOMMENCEMENT



Quarante ans plus tard, c’est le même homme qui terrasse tranquillement les foules lors de concerts marathons de trois heures. Depuis le 11 mai 2008, date à laquelle il a allumé les premiers feux d’une longue tournée internationale, Leonard Cohen dispense les bienfaits d’une oeuvre marquée du sceau de la grâce et de l’excellence.

De Montréal à Paris, de New York à Athènes, de Sydney à Londres (où a été filmé le DVD Live in London), il abandonne dans son sillage le souvenir d’un humble géant, qui n’a pas sacrifié ses exigences sur l’autel de la banalité et de l’ennui.
Alors même qu’elle touche à son crépuscule, la vie de cet homme semble briller comme une aube. L’auteur de Suzanne est de ces êtres rares dont chaque geste, chaque parole, chaque pensée porte l’empreinte d’un commencement.



En 2009, Cohen nous apparaît donc comme il était apparu en 1966 aux téléspectatrices de CBC. Et l’écoute de ses chansons reste une expérience fondatrice, qui nous ramène à chaque fois à la beauté des origines.

Sa voix, ses textes et ses mélodies exhalent ce parfum de nouveauté vraie que seules les très anciennes histoires savent diffuser.

Ce prodige n’a rien de paradoxal : il est l’apanage des hommes qui se sont fait du temps qui passe un ami bienveillant. Cohen s’est octroyé une liberté que beaucoup de ses contemporains ont cru bon d’abdiquer : celle de vivre et de créer à son propre rythme, à son propre pas.
Quatorze albums étalés sur quatre décennies : le Canadien est un membre éminent de la confrérie des intermittents de la parole. Il sait la valeur sacrée du silence, et la haute responsabilité qu’engage le désir de le briser.



Aujourd’hui, on peut bien sûr s’interroger sur la suractivité scénique d’un homme qui, ces dernières années, avait visiblement envisagé de se retirer lentement mais sûrement des affaires musicales.

Absent des planches depuis 1993, Leonard Cohen ne donnait plus guère de ses nouvelles. Son dernier album, le très éthéré Dear Heather (2004), ressemblait à un geste d’adieu, exécuté avec un mélange de légèreté et de solennité qui collait parfaitement avec l’élégance du personnage.


On se dit alors que notre homme s’était ménagé là une belle sortie par le haut. Sauf qu’un an plus tard, un très méchant coup du sort allait le ramener brutalement sur terre. Cohen découvrait en effet que Kelley Lynch, sa manageuse et conseillère de longue date, avait détourné la quasi-totalité de l’argent qu’il avait amassé au cours de sa carrière : près de huit millions de dollars étaient ainsi partis en fumée.


Avec cette clairvoyance désenchantée qui ne l’a jamais quitté, Cohen a fini par voir dans cette épreuve le signe que sa vie de nomade n’était pas achevée : il lui fallait reprendre son bâton de Canadien errant.
A ceci près que, cette fois-ci, sa soif de voyage serait dictée par une nécessité extérieure, et non plus intérieure.
Aujourd’hui, il ne s’en cache pas : sa tournée mondiale a été motivée par le besoin de se refaire, au sens financier du terme. Mais on est prêt à parier qu’il a aussi vu dans cette aventure un bon moyen de se refaire en tant qu’homme et en tant que musicien.

Renaître à soi, encore et toujours : pour Cohen, cette idée-là a toujours été une juste définition du métier de vivre. On ne voit pas pourquoi il en changerait à 74 ans.



LIBERTÉ, BEAUTÉ, FRATERNITÉ



Ceux qui ont eu le privilège d’assister à ses concerts ou de visionner Live in London peuvent en témoigner : le crooner au chapeau n’arpente pas le globe pour s’adonner à un simple et misérable relevé de compteurs.

Cohen n’a jamais eu l’attitude d’une star, d’un surhomme avide d’exercer ses super- pouvoirs sur un troupeau bêlant de fans.

Sans fausse modestie, il a même souvent répété qu’il avait énormément appris de ses auditeurs. Il est peut-être le seul chanteur populaire qui considère son public comme un maître. Et il sait comment un élève doit traiter son maître : avec respect, mais aussi avec le désir jamais éteint de remettre en cause son savoir, de lui prouver que même l’esprit le plus érudit n’en a jamais fini d’apprendre.



C’est ce que Cohen réalise sur scène : il rend hommage à tous ceux qui connaissent ses classiques sur le bout des doigts, tout en leur montrant qu’ils étaient loin d’avoir tout entendu, tout compris. Sa voix, plus pénétrante que jamais, puise dans ses chansons des vérités qu’on ne leur soupçonnait pas : ses interprétations soufflantes d’Hallelujah, de Bird on the Wire ou de Who by Fire font office de révélations.



Parce qu’ils font sans cesse appel à notre intelligence et à notre sensibilité, les concerts de Leonard Cohen exaltent tout ce qu’on peut avoir de meilleur en soi. Quitte à être taxé de mièvrerie, on affirmera même qu’ils ont le don de faire vibrer une corde qui, en ces temps de cynisme généralisé et d’individualisme forcené, n’a guère l’occasion de résonner : ils réveillent le sentiment de fraternité, la joie si souvent déçue d’appartenir à la communauté des hommes.



Se rassembler autour de ce brave Leonard, c’est se retrouver enfin entre camarades. Un mot terriblement galvaudé, devenu insipide à force d’avoir été mâché et remâché par d’innombrables vieilles ganaches, mais auquel le Canadien a su rendre toute sa saveur.


Assister à un concert de Leonard Cohen, où chacun peut goûter à l’avènement de la beauté sans se soucier de sa catégorie d’âge, de sa nationalité ou de son origine sociale, c’est renouer avec une humanité qui refuse de se laisser parquer dans des compartiments aussi artificiels qu’infamants.


Qu’un type de cette trempe jouisse aujourd’hui d’une telle aura n’est que justice. Pour employer un mot auquel il a également su redonner tout son sens, on dira même que ça n’est que justesse.


http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/t/1246809601/article/leonard-cohen-retour-sur-scene/




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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Ven 17 Juil - 18:57

Quand la musique........ ausi est prise en otage




http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6950
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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Ven 17 Juil - 19:16



Voilà la réponse à ce dernier article, qui dépasse l'impudeur, quand il s'agit de celui qui a chanté l'Amour et la Liberté !

"Le mal qui est dans le monde vient presque toujours de l'ignorance"
Albert Camus (la peste).

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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Sam 8 Aoû - 20:22

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LEONARD COHEN CONTRE VENTS ET MARÉES EN ISRAËL









Malgré la polémique qui fait rage depuis plusieurs mois, Leonard Cohen se produira bien en septembre en Israël. Les places pour son concert se sont vendues en moins d'une journée.

N’en déplaise aux Palestiniens ou à quiconque, Leonard Cohen chantera bien en Israël. Pour le plus grand plaisir des Israéliens. En dépit de la polémique née il y a plusieurs mois à l’annonce de son concert, le chanteur juif se produira bien le 24 septembre prochain dans un stade proche de Tel Aviv.


Les places mises en vente samedi à 18h30 se sont d'ailleurs vendues comme des petits pains : en moins d’une journée, le concert affichait complet, a indiqué dimanche le distributeur, Avi Messing. En tout, quelques 47 000 billets à des prix allant de 90 à 315 dollars (63 à 221 euros) se sont écoulés.

Pourtant, l’inoubliable interprète de «Everybody knows» ou encore «I’m your man» avait été sévèrement mis en garde, à plusieurs reprises, contre la tenue de cette prestation à Ramat Gan.


La Campagne Palestinienne pour le Boycott Universitaire et Culturel d’Israël (PACBI), en premier lieu, n’a eu de cesse ces derniers mois de dénoncer l’«insulte» que représentait ce concert pour le peuple palestinien.

«Dans une lettre ouverte à Cohen en mai, nous l’avons mis en garde en disant que nous considérerons ses spectacles en Israël comme une forme de complicité dans les graves violations du droit international, et nous lui avons rappelé que, en violant l’appel palestinien au boycott contre Israël, il remettait en mémoire le sale souvenir des artistes qui ont violé l’appel au boycott contre l’apartheid en Afrique du Sud et avaient tenu à se produire à Sun City, s’attirant la condamnation et le dégoût de toutes les personnes de conscience partout dans le monde», écrivait encore récemment le groupe d’intellectuels fondé en 2004.



UN «BLANCHIMENT» DES CRIMES DE GUERRE



Dans une lettre ouverte publiée également au mois de mai, des intellectuels pro-Palestiniens du Royaume-Uni, dont trois professeurs membres du Comité britannique pour les universités de la Palestine, estimaient que l’artiste chanterait pour un public qui utilisera sa présence pour «blanchir» ses crimes de guerre.

Ils rappelaient en outre au chanteur, également poète, que le bouddhisme, une philosophie qu'il a adopté il y a plusieurs années –il a passé six ans dans un monastère bouddhiste près de Los Angeles de 1993 à 1999, puis plusieurs mois en Inde en 2001-, défend la «bonne action».


Leonard Cohen a par ailleurs été déclaré persona non grata à Ramallah «tant qu’il aura l’intention de blanchir le régime israélien d’apartheid colonial en se produisant en Israël», selon les termes de la PACBI. Le chanteur devait donner un concert dédicacé aux prisonniers palestiniens, mais il n’en sera rien.



TOURNÉE MONDIALE


Pour tenter d’apaiser les tensions, le chanteur aujourd’hui âgé de 74 ans, avait annoncé que tous les bénéfices de son concert seraient reversés à un fonds qui vient d’être créé au bénéfice d’organisations israéliennes et palestiniennes travaillant pour la réconciliation, en partenariat avec Amnesty International.


Mais la PACBI a au contraire redoublé de critiques. «En tant qu’une des partisans les plus puissants au monde pour les droits de l’homme et le droit international, vous [Amnesty, ndlr] allez ainsi contrecarrer les efforts non violents et efficaces de la société civile palestinienne et internationale pour mettre un terme aux violations israéliennes du droit international et des principes des droits de l’homme», a-t-elle fustigé.


Leonard Cohen n’a pas commenté la controverse. Il s’est contenté de maintenir son show. Le Canadien a retrouvé la scène il y a un an pour une tournée mondiale, destinée, dit-on, à renflouer ses comptes, après avoir été ruiné par son ancienne manageuse. Cette tournée est déjà passée par la France l'été dernier, puis à nouveau au Palais Omnisports de Paris-Bercy début juillet, pour un succès unanime.


Marie Desnos - Parismatch.com

http://www.parismatch.com/Culture-Match/Musique/Actu/Leonard-Cohen-contre-vents-et-marees-en-Israel-117815/





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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Lun 28 Sep - 23:51



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Leonard Cohen chante devant 50 000 personnes en Israël

CONCERT POUR LA PAIX | Leonard Cohen a dédié son concert à la paix entre Israéliens et Palestiniens. Le chanteur canadien s'est produit dans un stade près de Tel Aviv.









ATS | 25.09.2009 | 09:31

L'artiste a annoncé que les recettes iraient à un Fonds pour les familles endeuillées. Il a chanté sur une estrade entourée de banderoles portant les inscriptions "paix" en hébreu, arabe et anglais.


Très applaudi, Leonard Cohen a rendu à hommage à "ceux qui ont tout perdu et sont prêts à surmonter leur souffrances pour aller vers la paix". Le chanteur âgé de 75 ans est apparu en pleine forme. Il avait été hospitalisé vendredi dernier après s'être évanoui sur scène lors d'un concert au vélodrome de Valence, en Espagne.


Leonard Cohen souhaitait se produire à Ramallah (Cisjordanie). Il a dû y renoncer suite à des pressions de groupes palestiniens lui reprochant ses sympathies pour Israël. L'artiste a vécu plusieurs années dans un monastère bouddhiste en Californie, sans pour autant renoncer à son judaïsme.

http://www.tdg.ch/leonard-cohen-chante-devant-50-000-personnes-israel-2009-09-25



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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Mar 29 Sep - 23:24

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Confession d’un prophète


Notes sur la tournée européenne de Leonard Cohen (juin-décembre 2008

par Christophe Lebold
Université Marc Bloch, Strasbourg









Hear the voice of the Bard
Who present past and future sees
Whose ears have heard
The holy word
That walked among the ancient trees.
William Blake, Songs of Experience


1 Le 21 septembre dernier, Leonard Cohen a fêté ses 74 ans sur scène à Bucarest. Son signe astrologique est donc « vierge » et les Vierges sont, dit-on, épris de perfection.


2 J’ai eu la chance d’assister à cinq concerts de la tournée européenne, et je l’affirme : dès les premiers instants, lorsqu’on voit le chanteur arriver sur scène en sautillant comme un jeune homme, svelte, l’élégance racée –fédora de crooner et costume sombre croisé– avec cet air de séducteur roublard qui vient de faire un mauvais coup, cet air hilare d’un vieillard qui sait cacher au monde qu’il est l’auteur unique de l’Ancien Testament et faire croire à toutes les femmes qu’il est encore un poète adolescent ;

lorsqu’aux premières notes chantées, cette voix profonde nous transporte dans les sous-terrains du grave où confusément l’on sent que, une fois dissipée la fumée de cinquante ans de gitanes sans filtre, nous seront révélées rien moins que la vérité, les voies de Dieu et de l’amour terrestre ;

lorsque, très vite, cette voix se fond avec ces chœurs angéliques (Sharon Robinson et les Webb Sisters) et qu’elle déplie sous les voûtes des zéniths modernes et des vieux théâtres le mariage de la terre et du ciel ; l

orsque ce splendide orchestre sapé comme des gangsters met en place un venimeux petit mélange de guitares bluesy (Bob Metzger en grande forme), de jazz-pop très néo-sixties (saxophone de Dino Soldo et très bel orgue Hammond de Neil Larsen) et de flamenco solennel et proprement ensorcelé (oud, mandoline et guitare de Xavier Mass), on sent bien que la perfection n’est pas le but de ce groupe-là, mais bien plutôt leur point de départ.

Ou pour reprendre les propos du journaliste du magazine anglais Mojo : « God is in the house ».



3 Les trois heures de concert creusent un autre sillon : comment exploiter les failles du parfait, comment rendre bouleversants, vivifiants et drôles ces objets d’artisanat ciselés et intimes que sont les chansons de Leonard Cohen, comment leur faire passer l’épreuve du concert, comment enfin toucher au cœur un public qui a entendu ces chansons mille fois?
Cohen gagne ce pari risqué haut la main, tous les soirs de sa tournée, et il profite de l'occasion pour donner à ses cadets une très belle leçon de classe.



4 Le spectacle est d’une grande élégance visuelle et sonore : balance parfaite, lumières ocres et bleues, orchestre posé sur tapis d’Orient, jeunes demoiselles cravatées pour les chœurs et hommes plutôt mûrs côté musique, tous vêtus avec une élégance d’un autre âge.

On apprécie l’air aguerri des musiciens, l’intimité qu’ils ont avec leur instrument, l’absolue liberté qui leur permet d’atteindre en quelques notes la profondeur sans jamais être démonstratif.
Et il faut entendre « Hallelujah » magnifié par un solo d’orgue Hammond qui mélange folie et ferveur, il faut entendre cet oud qui nous fait pénétrer dans une Méditerranée médiévale au début de « Who by Fire » d'où, pour peu, émaneraient les flammes des holocaustes nocturnes. En fermant les yeux, on ne sait plus si on est au pays de Moïse ou d’Homère.



5 Et puis il faut voir, au centre de la scène, Leonard Cohen. Il faut le voir explorer toutes les nuances, tous les plaisirs de la gravité, le voir présenter ses musiciens en les saluant solennellement, à la japonaise ; le voir suivre, l’air recueilli, leurs solos, son chapeau feutre porté sur le cœur ; il faut surtout le voir chanter les genoux ployés, les yeux fermés, la diction précise.

Tout le proclame : cet homme est en mission. Comme un vieil alchimiste penché sur le creuset de la gravité même, il cherche à distiller tout l’humour et la joie qu’il peut y avoir dans le sérieux. On goûte dans le public ce paradoxe d’un recueillement si profond qu’il rejoint l’aisance. S'exprime aussi tout ce qu’il peut y avoir de subversif dans un tel excès d’élégance et dans des vers comme « Give me Christ or give me Hiroshima ! ».



6 Tandis que défilent presque trente chansons et quatre décennies de carrière (une dizaine de standards des sixties et seventies, autant de titres des années quatre-vingt, et presqu’autant de titres plus récents), on se retrouve confronté à ce que l’on aurait presque négligé, à savoir l’essentiel : à quel point ces textes sont magistralement écrits.
« Famous Blue Raincoat », « Everybody Knows », « Gypsy Wife », « If it Be your Will » : il y a là une patte de maître, des chefs-d’œuvre de précision métrique, des concentrés de sens et d’images, mystérieux et concis.
On sent dans tout le concert la force d’attaque, l’impact et la dangerosité de cette petite littérature de trois minutes. Au détour d’une rime, d’une image ou d’une inflexion de voix, on est soudain vaincu, touché, en larmes.
Chaque soir, l’émotion est là, palpable : partout des yeux embués, des mains serrées, des sourires ravis, des cœurs ouverts, des gens surpris de voir articuler si précisément l’apocalypse de leur existence:

Everybody knows that you’re in trouble.
Everybody knows what you’ve been through
From that bloody cross on top of Calvary
to that beach in Malibu.
Everybody knows it’s coming apart
Take one last look at this sacred heart before it blows
Everybody knows



7 Car s’il est vrai que la voix de Cohen est à la fois son arme secrète (elle fonde son autorité et suffit à attester la réalité du monde de la chute …) et son joker (elle lui permet de changer de ton, d’en rajouter, et de charmer), s’il est vrai aussi qu’il est devenu un grand, un authentique et un très redoutable crooner, ce qui réunit chaque soir tous ces gens est ailleurs.



8 Le centre vif de ces concerts, c’est la force et la conviction avec laquelle est affirmée la vision première du chanteur : la certitude que l’homme doit être brisé pour avoir accès à la lumière. Chaque soir, Cohen récite:

Ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack in everything
That’s how the light gets in


9 Dès lors on comprend pourquoi Cohen se comporte comme un vieux samouraï : ses chansons sont des armes de guerre dont l'objectif est de nous atteindre au cœur, ce cœur dont il aime à répéter qu’il grille dans nos poitrines comme de la viande de kebab sur sa broche.
Elles ont donc besoin de toute la violence de la beauté, qui rendra possible ce miracle : proclamer dissoute la solitude de l’homme. Et c’est ce qui se produit, soir après soir, lorsque les foules debout refusent de s’asseoir ou d’arrêter d’applaudir, gagnées par l'élan mystique de Cohen. Les paroles nous ont brisés, l’harmonie nous console et l’espace d’un instant, plus personne n'est seul.



10 Et l’on comprend alors que cette classe n’est pas décorative, qu’elle n’a rien à voir non plus avec un professionnalisme à l’américaine, mais qu’elle est au service d’un projet : la production de ces instants de grâce où est possible l’ouverture des cœurs.



11 On comprend aussi que Cohen a une audace unique. A l’heure où les groupes branchés courent une fois de plus après l’utopie d’une radicalité néo-punk et jouent à l’underground pour accoucher d’un rock faussement décérébré, à l’heure où la chanson mainstream semble donner dans un second degré stérile, ou une espèce de pornographie du sentiment, l'audace de Cohen est de faire sens, et sa provocation consiste à faire surgir la profondeur.

Suivant sa disposition rabbinique fondamentale, il dit le sens du monde. Le concert devient une expérience spirituelle où se crée un nouveau genre : la chanson dévotionnelle de masse, empreinte de sagesse biblique (« If it be your Will ») de paradoxes zen (« Heart with no Companion ») et de prophétisme social que les circonstances rendent très aigu (« Democracy is Coming to the USA »).



12 Il ne reste plus à Cohen, au long de ces trois heures, qu’à explorer et à décliner toutes les nuances de la gravité, les jouissances du solennel : sérieux à demi (« I tried to leave you » après les rappels), ironique mais sérieux comme jamais (« I’m your Man »), jamais plus sérieux que quand il démonte ses postures ou qu’il se moque de lui-même.
Car l'humour n’est pas l'élément le moins classieux des concerts. Ainsi, lorsqu’il fait, plusieurs minutes l’exégèse de la profondeur des « do dum dum / dum, da do dumm dumm » des choristes à la fin de « Tower of Song », lorsqu’il rappelle qu’à sa dernière tournée, quatorze ans plus tôt « [he] was sixty years old. Just a kid with a crazy dream », lorsqu’il récite la longue liste des prozacs et autres friandises qu’il est censé avoir pris ces quinze dernières années, avant de demander à la foule : « What have you been doing ? », on est très proche de la stand-up comedy, et Dieu sait comme le désespoir cohenien sait être drôle.



13 Alors s’il fallait retenir l’un ou l’autre moment de cette tournée européenne, ce serait à Dublin le jour de la fête des pères, lorsque quinze mille spectateurs transis de froid sous la pluie glacée reprennent en cœur un « Hallelujah » qui semble alors écrit spécialement pour l’Irlande souffrante et que Cohen, ému, s’agenouille devant la foule pour la remercier .

Ce serait, à Manchester, l’attaque sexy et directe de « First we Take Manhattan » transformée pour l’occasion en petit funk électrique très sixties porté par l’orgue Hammond, un Cohen ployé qui chante l’entrée de son air le plus torve tandis qu’un spectateur très anglais derrière moi lâche à sa voisine: « this is just too exciting ».

Ce serait à Francfort lorsque Cohen prend congé pendant l’hymne biblique (« Wither thou goest ») qui clôt le concert avec ses mots: « It’s gettin’ chilly out there. Don’t catch a cold. Listen to your mum and be as lucky as Volkswagen.”



14 Ou ce serait à Dublin encore dans un pub près du Royal Hospital, où, deux heures après le concert, je me retrouve à chanter avec des dizaines d’Irlandais, à voir les couples se faire et se défaire dans le whisky et la Guinness, et à porter avec les gérants du pub, de l'autre côté du comptoir, un toast après l’autre à Leonard Cohen.



15 On sort de là incrédule et on tente de comprendre ce qu'on a vu.



16 Il y avait l’impact scénique d’un Brel, le sens de la dérision et la sophistication d’un Gainsbourg, mais en plus, le souffle d’une littérature d’une autre trempe : la force visionnaire d’un William Blake, tout simplement.

On a le sentiment d’avoir participé en effet à une expérience spirituelle et de revenir mieux armé sur la ligne du front de nos vies : plus drôles, plus généreux, plus avisés. On a pris, avec la foule, une leçon de classe. Et, chose non négligeable, un vieil ami nous a parlé :

We have heardThe voice of the bard,
Who present, past and future sees
Whose ears have heard
The holy word
That walked among the ancient trees.



17 Pour plus d’informations sur la tournée: www.leonardcohenfiles.com

Chant, guitare et claviers : Leonard Cohen
Direction musicale et basse : Roscoe Beck
Oud, bandurria, et guitare douze cordes : Javier Mas
Batterie : Rafael Gayol
Guitare électrique : Bob Metzger
Orgue Hammond B3 : Neil Larsen
Saxophone et instruments à vent : Dino Soldo
Choristes : Sharon Robinson et les Webb Sisters


Référence électronique

Christophe Lebold, « Confession d’un prophète », Transatlantica [En ligne], 1 | 2009, mis en ligne le 02 septembre 2009, Consulté le 29 septembre 2009. URL : http://transatlantica.revues.org/index4326.html


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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Jeu 5 Nov - 22:40





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01-Mar-10 Caen
France Zenith


03-Mar-10 Lille
France Zenith

05-Mar-10 Strasbourg
France Zenith

07-Mar-10 Marseille
France Dome

09-Mar-10 Grenoble
France Palais des Sports

11-Mar-10 Tours
France Grand Hall

13-Mar-10 Bratislava
Slovakia Sibamac Arena

15-Mar-10 Zagreb
Croatia Arena

Member presale Nov 6 at 9 am CET
17-Mar-10 Ljubljana

19-Mar-10 Moscow
Russia Kremlin Palace




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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Dim 31 Jan - 11:27


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Michael Jackson et Leonard Cohen brillent aux Grammy Awards


LOS ANGELES (Reuters) -

Un nouveau Grammy Award, décerné samedi à titre posthume, est venu grossir la collection de Michael Jackson et six autres artistes, dont Leonard Cohen et Loretta Lynn, ont été distingués pour l'ensemble de leur oeuvre.

Malgré leur goût prononcé pour les "spotlights", les proches du "roi de la pop", décédé le 25 juin d'une surdose de sédatifs à l'âge de 50 ans, n'ont pas assisté à la cérémonie, organisée au Wilshire Ebell Theatre de Los Angeles.

La distinction, qui vient s'ajouter aux 13 Grammys décrochés pendant sa carrière, a été remise à son manager Franck DiLeo, qui a présenté le chanteur comme "un type très drôle", doté d'un sens de l'humour inégalable.

Mal rasé et coiffé d'un chapeau mou, Leonard Cohen a, quant à lui, noté avec une pointe de cynisme qu'aucun de ses enregistrements n'avait jamais retenu l'attention du jury.

"Alors que nous approchions de ligne d'arrivée, que certains d'entre nous ont déjà franchie, je n'imaginais pas décrocher un Grammy Award. En fait, j'ai toujours été touché par le peu d'intérêt qu'ils (les membres du jury) m'ont manifesté", a-t-il expliqué, déclenchant un tonnerre d'applaudissements.

Le chanteur canadien, âgé de 75 ans, a en fait été distingué il y a deux an à travers un disque d'Herbie Hancock auquel il a participé.


Un autre Grammy posthume a été décerné à Bobby Darrin, auteur de tubes tels que "Mack the Knife" ou "Splish Splash" dans les années 50 et 60. L'artiste, qui souffrait d'une malformation cardiaque, est décédé en 1973 à l'âge de 37 ans après une opération.

Retenue auprès de son frère malade, Lorreta Lynn, star de la country qui fête cette année ses 50 ans de carrière, n'a pas pu recevoir son prix.

Dean Goodman, version française Jean-Philippe Lefief

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-41554462@7-37,0.html
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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Sam 6 Fév - 13:38

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L'Europe devra attendre la venue de Leonard Cohen






Le public européen de Leonard Cohen devra encore attendre avant d’applaudir son idole sur scène. Le chanteur a préféré repousser sa tournée de six mois après s'être blessé au dos en faisant de l'exercice, ont annoncé vendredi ses représentants. Six mois, c’est le délai de convalescence que devra observer le chanteur, 75 ans, pour se rétablir selon ses médecins.


La tournée européenne de Leonard Cohen, qui devait débuter à Caen le 1er mars prochain et comptait 9 dates, ne commencera finalement pas avant le 15 septembre 2010. Elle s'achèvera le 7 octobre à Moscou. En attendant, le chanteur est condamné au repos. Il faut dire que sa dernière tournée avait été éprouvante. Leonard Cohen a joué 191 concerts dans le monde entier depuis qu'il a repris la scène, en mai 2008, après s'en être retiré durant quinze ans.


Leonard Cohen était pourtant apparu alerte samedi à Los Angeles, où il recevait un Grammy Award pour l'ensemble de sa carrière. Il avait alors récité Tower of Song au public. Et sa veine créatrice ne semble pas s'épuiser : lors de la cérémonie, sa collaboratrice Sharon Robinson avait annoncé que le chanteur venait de finir une nouvelle chanson intitulée Different Sides.



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Nine
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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Ven 14 Mai - 1:10

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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Mer 30 Juin - 0:30

A 75 ans, Leonard Cohen décide de sortir un nouvel album.
La sortie devrait avoir lieu au printemps 2011.







Il avait décidé de prendre sa retraite après de récents problèmes de santé, et bien finalement l'appel de la musique aura été plus fort.

Leonard Cohen annonce la sortie de son nouvel album pour le printemps 2011. Les dix ou onze compositions ont été écrites avant sa tournée mondiale de l'an dernier. Pour cet opus, le compositeur- interprète canadien se chargera seul de la production. Une première, car Leonard Cohen avait l'habitude de co-produire chacun de ses albums.

Le dernier album de Leonard Cohen Dear Heather remonte à 2004. Mais pendant toutes ces années, l'artiste ne s'est pas tourné les pouces. L'auteur de Hallelujah a publié un recueil de poèmes intitulé Book of longing , en 2006. Il s'est ensuite rendu aux quatre coins du monde pour une tournée en 2009.


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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Dim 15 Aoû - 19:26

Leonard Cohen: "Je crois que les artistes sont des enfants"


En 1988, Leonard Cohen accorde un entretien aux Inrockuptibles. A la rencontre d'un homme qui manie à merveille l'art de la dialectique. Interview tirée du hors-série des Inrocks consacré à Leonard Cohen, disponible sur l'appli iPad des Inrocks. Leonard Cohen sera en tournée en France en septembre, et prépare un nouvel album pour 2011.



La chanson-titre de votre nouvel album, "I’m Your Man", trace le portrait d’un homme caméléon, prêt à tout pour l’amour d’une femme. L’opposé de l’image que l’on peut avoir de vous.

C’est vrai que ce que dit cette chanson est nouveau pour moi, comme la musique. Elle est un peu comique, car le personnage est prêt à n’importe quoi pour avoir cette femme.

Et cela vous ressemble ?

Oui, c’est moi. C’est dangereux de s’identifier totalement à une chanson, car une chanson représente une certaine vérité à un certain moment. Il est dangereux de l’accepter comme un slogan. Je reste fidèle aux nécessités de l’imagination. C’est la seule fidélité qu’un écrivain doit embrasser. Mais c’est vrai que dans ma vie il y a eu des choses qui m’ont amené à ce que je suis aujourd’hui. De temps en temps, on se trouve dans des situations bouleversantes : je m’y trouvais pendant l’écriture de ce disque, je pense que les chansons le reflètent.

Etait-ce une période de doute ?

Le doute et la croyance, on se promène entre les deux. Plus la croyance est grande, plus le doute est grand, c’est connu… Je ne sais pas quel est le but, car je ne suis pas encore mort ! De temps en temps, on a une perspective un peu plus généreuse sur soi-même, de temps en temps on est vraiment dans la merde.

Cette dialectique du doute et de la foi est très féconde chez les artistes…

Moi, je n’ai pas réussi à trouver de solution pour ma vie, je me sens comme lorsque j’avais 15 ans. Le contexte est différent, mais sur le fond, c’est la même chose. Je ne suis pas sociologue, je ne suis pas philosophe, je ne sais pas du tout ce qui se passe autour de moi. J’essaie d’être généreux avec mes amours, mes amis, ma famille, mes associés dans le travail, mais je me sens comme à 15 ans.

Vous avez donc les mêmes angoisses, les mêmes doutes que lorsque vous étiez jeune…

Il y a quelque chose de différent : la perspective que donne l’expérience et une certaine puissance, la force d’avoir été accepté par la terre. Je ne parle pas du tout professionnellement, mais je veux dire qu’on doit être là, que ce n’est pas une faute d’être ici. Ça, c’est une évolution. Le reste, les angoisses, les doutes, tout ça existe encore, même plus intensément parfois. La réussite professionnelle est quelque chose qu’on ne peut pas toucher. C’est ainsi : je suis heureux d’avoir un public dans le monde entier, même s’il est modeste, mais ça ne m’apporte pas de confort.

Mais ça doit être rassurant.

C’est rassurant à un certain niveau, parfois cela apporte une espèce de bonheur, mais cela augmente aussi les problèmes et les conflits : ce n’est pas du tout la solution pour une vie. Je crois que chacun paie un grand prix pour sa vie, il n’y a pas de free rides, tout le monde paie, tout le monde paie le maximum pour chaque vie. Je pense que le maximum pour moi, en comparaison de ce que les autres ont à supporter, n’est pas grand-chose. Mais pour moi, c’est le maximum.

Pensez-vous être quelqu’un d’égoïste ?

Je pense que la quantité d’égoïsme est plus ou moins la même en chacun. Il y a toujours un grand désir de domination, c’est évident, mais certains esprits sont plus raffinés, ils ont réussi à circonscrire un peu l’ambition, cette ambition féroce que tout le monde possède. J’ai appris à faire comme si je n’étais pas dévoré par le désir. Mais il y a des gens, comme par exemple mon ami Phil Spector, qui s’attachent à ne pas supprimer cet égoïsme, mais à le laisser sortir, le glorifier, et d’un certain point de vue c’est magnifique. Il y a quelque chose de magnifique chez quelqu’un qui ne résiste pas à exprimer son égoïsme.

Il y a une forme d’égocentrisme dans vos chansons…

Dans les chansons ou dans l’art, si je peux utiliser ce mot (je ne sais pas du tout si ce que je fais est de l’art), on essaie d’arriver à un équilibre en soi. On peut faire quelque chose qui existe de manière gracieuse dans le monde, qui n’a pas l’odeur de l’ego et du désir, qui en possède une autre, l’odeur de quelque chose qui est accepté, pas stérilisé, mais lavé dans l’imagination, quelque chose qui ne pue pas. La création est le seul endroit où l’on peut établir quelque chose qui possède un équilibre, une grâce, une raison. Nous, nous n’avons pas de raison d’être. Nous sommes ici, c’est tout. Se chercher une raison d’être, c’est ridicule.

Chris Isaak dit que les artistes ont un ego sans limites…

Ça, c’est l’expression d’un homme qui veut dire que son ego est plus grand que les autres ! La plupart des artistes – je ne parle pas des grands artistes – sont dans un jardin d’enfants, ils ne savent pas du tout ce qui se passe dans le monde. Un soldat, un policier, un avocat, un homme d’affaires en savent beaucoup plus qu’un artiste. Ils sont les derniers à savoir ce qui se passe ici. Les poètes ne sont pas du tout des hommes d’expérience, peu d’entre eux entrent vraiment dans la vie intérieure pour voir exactement ce qui s’y passe. Ça, c’est leur métier, mais très peu acceptent le défi de leur métier. Les grands poètes sont très rares, très peu disent des choses qui illuminent. Beaucoup se plaignent, souffrent, parlent de leur amour perdu, de leur amour trouvé… Mais le vrai son de l’expérience n’existe pas chez la plupart des chanteurs. Pour chaque décennie, il n’apparaît peut-être qu’une Edith Piaf. Il y a dans sa voix une expérience, ce n’est pas uniquement la capacité musicale ou technique de chanter une chanson, il y a quelque chose dans la voix qui parle d’une expérience profonde. On trouve la même chose dans la voix de Ray Charles, mais c’est très rare.

Alors, quelle est la valeur de tous les autres ?

C’est la valeur de tous ceux qui travaillent. On a besoin de chansons, on a vraiment besoin de chansons. Je ne dis pas ça pour minimiser le rôle des artistes, pour nier leur contribution, mais il faut dire qu’on a besoin des chansons, des émissions de télévision, des cigarettes, on a besoin des maisons de disques… C’est notre monde, on a besoin de toutes sortes de contributions, et chacune est très importante. Il y a beaucoup de chansons et de chanteurs que j’aime bien, que j’adore écouter quand je fais la vaisselle, quand je fais l’amour, quand je veux changer mon état d’esprit ; de temps en temps je veux fumer une cigarette, boire un café, et tout ça est nécessaire. Mais il faut garder certains critères d’excellence… Ou plutôt non, il ne faut pas vraiment les garder car ils sont parfaitement évidents lorsqu’ils apparaissent. Nous autres, nous contribuons de la meilleure manière possible, mais il faut se rendre compte exactement d’où nous sommes et de ce que nous sommes : nous faisons des chansons, nous donnons un peu… Je crois vraiment que les artistes sont des enfants en comparaison avec les hommes et les femmes du monde.

C’est peut-être parce que ce sont des enfants que les artistes sont très tournés sur eux-mêmes.

Oui, c’est vrai. Mais je pense que le fait de travailler pour l’art, les règles qu’il impose, les règles du marché, tout ça n’en fait pas le cadre idéal pour essayer de projeter son ego. Les artistes ont certainement une expérience de l’ego, mais pour continuer dans ce travail, il faut en accepter les limites. Ensuite, il y a une espèce de discipline, comme une frustration, quelque chose dans le travail qui raffine l’ego. C’est donc le contraire : les vrais artistes arrivent à un esprit très modeste… Mais je ne parle pas de moi, je parle là des artistes qui ont trouvé quelque chose, qui ont réussi à exprimer quelque chose. Je sens dans leur travail quelque chose de modeste, de discipliné, de circoncisé.

Vous distinguez artistes d’excellence et artistes mineurs. Comment jugez-vous votre travail ?

Lorsque j’ai le temps de le faire (ce qui est très rare), je me pose la question, et généralement mes verdicts sont très sévères. De temps en temps, quelque chose survient et ma position sur l’échelle s’améliore, mais c’est très rare ! Dans les interviews que je donne, tous les deux ou trois ans, je suis obligé de me poser des questions. Mais la plupart du temps, je suis en première ligne d’une bataille qui est ma vie, je n’ai pas le temps de me demander pourquoi je suis là, si je suis beau, ou le plus beau, ou le moins beau, je suis là et j’ai des choses à faire.

Vous êtes un homme qui doute énormément, mais qui renvoie une image de sagesse.

Je connais un peu la sérénité… Pour un pêcheur ou un chasseur, il y a une sorte de sérénité, de silence, qui n’est pas la même que celle d’un philosophe : il est là, il doit capturer quelque chose, il doit rester alerte, avoir des doutes parce que le terrain est dangereux. S’il abandonne le doute, il peut mourir à tout instant. Il faut rester très alerte. Et cet état n’admet pas beaucoup de temps pour réfléchir sur l’état lui-même. Car le danger est réel et non pas intellectuel. Au premier rang de cette bataille, il n’y a pas de choses intellectuelles. Rester vif et alerte au milieu de tous ces dangers, c’est le problème de tout le monde. La sérénité n’est pas un état, c’est une tension : l’acceptation d’une tension entre deux choses, entre l’action et la contemplation, entre deux polarités. Si on accepte les deux polarités, alors on trouve une espèce de sérénité, mais ce n’est pas une condition statique.

Que pensez-vous de votre public ? En voyant Godard dans les médias, on a l’impression qu’il ne s’adresse qu’à ceux qui lui ressemblent…

Godard est un très grand cinéaste, même s’il ne m’a pas choisi pour un rôle qu’il m’avait proposé ! Il m’a appelé une fois pour me demander d’essayer quelque chose – c’était il y a deux ou trois ans je crois.

Pour Détective ?

Oui, c’est ça… Il a choisi Johnny Hallyday finalement. Mais je ne sais pas exactement si c’était pour ça ou pour que j’écrive la musique, ce n’était pas très clair. Il m’a dit qu’il me rappellerait pour qu’on se voie, et je n’ai plus jamais eu de ses nouvelles… Mais malgré ça, c’est un très grand cinéaste ! Sa place est assurée dans l’histoire du cinéma, personne ne peut le discuter. Les choses qu’il dit en dehors de ses films n’ont aucune valeur, elles sont peut-être vraies, peut-être pas, c’est à discuter, ce n’est pas la question du cinéma. Ses idées politiques me paraissent très primitives, cette position à gauche, qu’il croit être la sienne, est complètement obsolète à mon avis… Mais ça, c’est hors de son travail. Il peut dire n’importe quoi, on s’y intéresse parce que c’est Jean-Luc Godard, mais ce n’est pas là qu’il vit, il n’habite pas ses conversations. Il habite dans ses films, qui transcendent ses idées politiques.

Chez moi aussi, ce que je dis sur les chansons, sur les chanteurs n’est rien. Je peux dire des choses dans mes chansons que je ne peux exprimer dans les conversations, voilà pourquoi j’en écris. Mais moi, à l’inverse de Godard, j’ai l’impression que les gens sont exactement comme moi, j’ai l’impression que dans le coeur tout le monde est exactement le même. On a les mêmes faims, les mêmes appétits, l’appétit pour l’amour, la sécurité, nous sommes tous des enfants de 3 ans, vraiment.

Mais vous avez une manière très particulière de vivre ces choses.

J’ai réussi à faire des choses qui sont plus ou moins authentiques, j’ai réussi à toucher des gens ici ou là, pas autant que les chanteurs populaires. Je ne suis pas un chanteur vraiment populaire, j’ai un public modeste mais assez universel.

Beaucoup de jeunes groupes, d’Echo & the Bunnymen aux Sisters of Mercy, se réclament de vous. En avez-vous rencontré ?

Oui, j’ai rencontré beaucoup de jeunes musiciens et chanteurs, et ça me fait très plaisir d’avoir créé quelque chose qu’ils estiment, de rencontrer ces gens qui me citent comme influence ou qui peuvent trouver un peu de plaisir dans ce que j’ai fait… Ce n’est pas très profond mais c’est vrai ! Ian McCulloch (leader d’Echo & the Bunnymen – ndlr), lors de ma dernière tournée, a même voyagé un peu avec nous, en Irlande et en Angleterre. J’ai également rencontré You’ve Got Foetus (J.G. Thirlwell – ndlr) on Your Breath, un homme merveilleux. Il a écrit cette chanson merveilleuse, Gums Bleed… Nick Cave, Suzanne Vega aussi…

Même si ce sont des gens reconnus, il s’agit surtout d’outsiders par rapport au music business.

Moi aussi je suis un peu marginal, je peux le prouver avec mes ventes ! Je comprends cette idée d’outsider… Mais je suis convaincu que pratiquement tout le monde dans le showbusiness se considère comme outsider : Tom Bennett, Liz Taylor, Frank Sinatra, Bruce Springsteen, surtout Bob Dylan, tout le monde veut être outsider !

En ce moment, une espèce de cynisme consiste à dire que tout se vaut. Qu’en pensez-vous ?

Telles sont les qualités nécessaires pour survivre dans cette époque : cynisme, puissance, ennui. On peut penser que ce sont des qualités sans qualité, mais elles ont la capacité de permettre aux gens de survivre : ceux qui ont eu la capacité d’être cyniques, durs, indifférents sont ceux qui ont réussi. Au bout d’un certain temps, ces qualités deviennent obsolètes et de nouvelles qualités apparaissent. Elles s’appelleront peut-être intégrité, sincérité et, dans ce cas, les artistes qui les possèdent s’affirmeront dans le cadre du marché. Mais peut-être que le cynisme demeurera…

Est-ce que la littérature vous a poussé à écrire ?

Certains livres. Je ne lis pas beaucoup. Je lis en ce moment tous les livres de Robertson Davies, un écrivain canadien auquel j’avais résisté jusqu’à maintenant.

Y a-t-il eu des écrivains ou des personnages déterminants ?

Je pense que pour moi c’était le cinéma et les livres, et la nature, la lune. La lune continue de m’impressionner, de m’étonner ! Le fait que nous partagions cette vie avec les femmes, pour moi, est une des choses étonnantes.

Aujourd’hui encore ?

Oh oui, de plus en plus ! Je suis étonné qu’il y ait deux marques d’humanité ! Hommes et femmes. C’est toujours plein de surprises et de dangers. Mais ce qui m’a influencé, c’était quelques prières dans la liturgie du Sénégal, quelques mélodies, quelques vers de poètes. Une strophe parmi toute l’oeuvre d’un poète peut me changer. Par exemple, quand j’ai lu Federico García Lorca, vers 15, 16 ans, je me rappelle deux, trois phrases qui ont fortement influencé mon style, ont complètement changé ma vision, dix mots… Il y a des gens que j’ai admirés, et j’admire de plus en plus les gens qui ont fait quelque chose. C’est si difficile de continuer, je le sais maintenant. J’admire ceux qui continuent, mais aussi ceux qui ont fait quelque chose et qui ont arrêté.

Avez-vous l’impression de vous être parfois trompé ?

Non, pas vraiment trompé. Je m’étais allié à une certaine tradition à mes débuts et, à un moment, je l’ai abandonnée. Mais je ne me suis pas senti trompé. C’est vrai qu’on peut marcher avec une certaine tradition et découvrir qu’on s’est perdu, on est alors obligé de trouver d’autres camarades. C’est un peu comme Robertson Davies : je ne voulais pas le lire car je pensais qu’il était dépassé, pas vraiment dans notre siècle… Et je pense que j’ai raté beaucoup de choses avec ce genre de préjugés.

On a parlé de Godard et de son point de vue politique. On a l’impression que vous voulez vous détacher de ce genre de choses…

Ce n’est pas une question de détachement, c’est une question de confusion. Ce n’est pas un parti pris d’indifférence : je suis les événements comme un feuilleton, mais je ne les comprends pas, je ne peux pas pénétrer les événements.

Votre dernier album, "I’m Your Man", est une sorte de bilan, plutôt négatif et pessimiste…

Moi, je trouve dans cet album une certaine autorité, une certaine force d’esprit que je ne pensais pas exister à ce moment- là, car je n’étais pas fort en moi-même lorsque j’ai fait ce disque. Mais les chansons me paraissent si complètes – un début, un milieu, une fin, une idée directrice, une générosité… Je n’aime pas parler en ces termes de mon propre travail, mais il me donne là l’impression d’être plein, viril, adulte.

Lorsque vous dites “I used to live for music”, doit-on vous prendre au mot?

Je pense que c’est moi… Je ne veux pas avoir peur de mes amertumes. Oui, je suis amer, il y a des choses qui m’ont beaucoup déçu, qui m’ont changé. Mais je ne suis pas obligé de faire semblant de ne pas être amer.

Si l’on devait prendre une chanson de l’album…

J’aime bien Tower of Song, c’est mon histoire. Et la dernière phrase est vraiment très égocentrique : “You’ll be hearing from me baby, long after I’m gone”… On croit ce genre de choses de temps en temps…

Dans cette chanson, vous ironisez sur votre “golden voice”. Quand vous êtes-vous rendu compte que vous possédiez un don particulier ?

J’ai un don, mais c’est le don d’agir sans avoir de golden voice ! Je sais très bien que je chante faux la plupart du temps, mais continuer d’être chanteur malgré ces limites, c’est pour moi passionnant.

http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/t/49218/date/2010-08-11/article/leonard-cohen-je-crois-que-les-artistes-sont-des-enfants/?tx_ttnews[sViewPointer]=2&cHash=bc6b38050449ed4587e0881473436031


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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Sam 11 Sep - 15:02


Etoile " Songs from the Road " le nouvel album live de Leonard Cohen Etoile







Après avoir célébré ses 40 ans de fidélité au label Columbia en 2007 et avoir été intronisé au sein de la mythique institution du Rock And Roll Hall of Fame, Leonard Cohen annonçait en janvier 2008 le lancement d’une grande tournée qui allait mettre fin à 15 années d’absence.

Pour l’occasion, il est allé se produire aux quatre coins du globes, offrant des performances live considérées par beaucoup comme ses meilleures.

L’album Songs from the Road compile certaines de ses prestations. On retrouve ainsi une douzaine des plus grands succès du poète canadien, interprétés entre Tel Aviv et Londres, entre salles de concert, festivals, arènes et stades géants.







La tracklist suivante devrait sortir en différents formats (CD, DVD, Blu-Ray, and Vinyl)





Lover, Lover, Lover (Ramat Gan Stadium, Tel Aviv, Israel, September 24, 2009)

Bird On the Wire (Clyde Auditorium, Glasgow, Scotland, November 6, 2008)

Chelsea Hotel (Royal Albert Hall, London, England, November 17, 2008)

Heart With No Companion (Oberhausen King Pilsener Arena, Oberhausen, Germany, November 2, 2008)

That Don't Make it Junk (O2 Arena, London, England, November 13, 2008)

Waiting for the Miracle (HP Pavilion, San Jose, California, November 13, 2009)

Avalanche (Gothenburg Scandinavium, Gothenburg, Sweden, October 12, 2008)

Suzanne (MENA Arena, Manchester, England, November 30, 2008)

The Partisan (Hartwall Arena, Helsinki, Finland, October 10, 2008)

Famous Blue Raincoat (O2 Arena, London, England, November 13, 2008)

Hallelujah (Coachella Music Festival, Indio, California, April 17, 2009)

Closing Time (John Labatt Centre, London, Ontario, May 24, 2009)


Première vidéo mise en ligne sur Amazon vidéo


http://www.amazon.fr/gp/mpd/permalink/m22CSIJ7T5MRG8

Sortie le 13 septembre 2010.

http://www.leonardcohenfiles.com/fromroad.html




.


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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Dim 19 Sep - 17:50



.














15-Sept-10 Caen
France Zenith


17-Sept-10 Grenoble
France Palais des Sports


19-Sept-10 Strasbourg
France Zenith


21-Sept-10 Marseille
France Dome


23-Sept-10 Tours
France Grand Hall

25-Sept-10 Lille
France Zenith

27-Sep-10 Hannover
Germany Arena

29-Sep-10 Dortmund
Germany Westfalenhalle

1-Oct-10 Stuttgart
Germany Schleyerhalle

4-Oct-10 Katowice
Poland Spodek Arena


7-Oct-10 Moscow
Russia Kremlin Palace


10-Oct- 10 Warsaw
Poland Towar

12-Oct-10 Ljubljana
Slovenia Arena Stozice


13-Oct-10 Bratislava
Slovakia NTC Sibamac Arena (NEW VENUE))


28-Oct-10
29-Oct-10 Auckland
New Zealand Vector Arena


31-Oct-10
1-Nov-10 Wellington
New Zealand TSB Arena


3-Nov-10 Christchurch
New Zealand Westpac Arena


6-Nov-10 Brisbane
Australia Brisbane Entertainment Centre


8-Nov-10
9-Nov-10 Sydney
Australia Acer Arena


12-Nov-10
13-Nov-10 Melbourne
Australia Rod Laver Arena


15-Nov-10 Hobart
Australia Derwent Entertainment Centre


18-Nov-10 Adelaide
Australia Adelaide Entertainment Centre


24-Nov-10 Perth
Australia ME Bank Stadium


27-Nov-10 Phnom Penh
Cambodia


4-Dec-10 Honolulu
Hawaii Blaisdell Concert Hall


8-Dec-10 Portland
Oregon Rose Quarter Theatre of the Clouds

10-Dec-10
11-Dec-10 Las Vegas
Nevada The Colosseum at Caesars Palace


http://www.leonardcohenfiles.com/



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MessageSujet: Re: LEONARD COHEN   Jeu 26 Mai - 21:07



"A Thousand Kisses Deep"

The ponies run, the girls are young,
The odds are there to beat.
You win a while, and then it’s done –
Your little winning streak.
And summoned now to deal
With your invincible defeat,
You live your life as if it’s real,
A Thousand Kisses Deep.

I’m turning tricks, I’m getting fixed,
I’m back on Boogie Street.
You lose your grip, and then you slip
Into the Masterpiece.
And maybe I had miles to drive,
And promises to keep:
You ditch it all to stay alive,
A Thousand Kisses Deep.

And sometimes when the night is slow,
The wretched and the meek,
We gather up our hearts and go,
A Thousand Kisses Deep.

Confined to sex, we pressed against
The limits of the sea:
I saw there were no oceans left
For scavengers like me.
I made it to the forward deck.
I blessed our remnant fleet –
And then consented to be wrecked,
A Thousand Kisses Deep.

I’m turning tricks, I’m getting fixed,
I’m back on Boogie Street.
I guess they won’t exchange the gifts
That you were meant to keep.
And quiet is the thought of you,
The file on you complete,
Except what we forgot to do,
A Thousand Kisses Deep.

And sometimes when the night is slow,
The wretched and the meek,
We gather up our hearts and go,
A Thousand Kisses Deep.

The ponies run, the girls are young,
The odds are there to beat . . .
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