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 Peter Joseph

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Bridget

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MessageSujet: Peter Joseph   Dim 21 Oct - 20:25

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Peter Joseph, l’art du presque rien.





Le parcours profondément poétique de cet artiste anglais de 89 ans, adepte du dépouillement, est admirable.

Peter Joseph est un artiste secret. Il aime sa tranquillité. Il vit dans une jolie maison du sud-ouest de l’Angleterre, dans le comté de Gloucester, entouré de verdure. Le ciel y est immense. D’épais nuages blancs, cotonneux, le traversent, portés par un vent chargé de senteurs marines. Leur ombre court sur l’herbe grasse. L’après-midi, d’un pas hésitant, s’appuyant sur une canne, Peter Joseph se promène dans la campagne vallonnée — il est âgé de 89 ans. Chaque matin, par un petit escalier, il monte dans son atelier où, de la large fenêtre, il contemple le ciel, la forêt, les variations de la lumière.


Dans les années 1960, Peter Joseph peignait des monochromes géométriques. Une photographie en noir et blanc, annonçant son exposition dans une galerie londonienne en 1969, montre de dos une jeune femme nue devant un Grand Triangle jaune. Il faut vivre avec son temps. A partir des années 1970, les toiles deviennent bicolores : un rectangle entouré d’un étroit cadre plus foncé. Les coloris sont raffinés. La presse parle alors d’un art méditatif qu’elle rattache à ceux des grands Américains, Mark Rothko ou Barnett Newman. Puis, dans les décennies suivantes, peu à peu la géométrie des œuvres va se détendre, la fantaisie dominer, les formes naître.




“La peinture n’est pas juste de la couleur”




La peinture demeure abstraite mais de plus en plus soumise à la sensibilité de l’artiste. « La peinture n’est pas juste de la couleur, dit Peter Joseph. C’est de la lumière et de l’air que j’essaie de poser sur la toile, de l’ombre et de la lumière… Je tente de peindre l’atmosphère, de peindre la lumière elle-même. » Ce sont des nappes, des traces de peinture fluide sur des fonds monochromes d’un beige plus ou moins prononcé, plus ou moins grisé. Elles restituent des sensations lumineuses et des sentiments d’espace. L’artiste joue avec la subtilité des nuances — les fonds beiges ou deux bleus (ou deux verts) si proches que seul un regard attentif permet de les distinguer. Et, achevant la composition de l’œuvre, Peter Joseph trace au crayon sur le fond de fines lignes dessinant d’autres formes, comme s’il y avait là quelque chose d’inachevé — ou d’inachevable.

A la base des tableaux — et à côté d’eux —, l’artiste anglais réalise ce qu’il appelle des études. Il assemble et colle sur de petites toiles de coton des bouts de papier ou de toile préalablement peints puis coupés ou déchirés. Peter Joseph reprend donc le geste matissien, en le soumettant à une sorte d’improvisation : tirer au hasard dans l’amoncellement de papiers ceux qui, par leur proximité, lui offriront la sensation lumineuse la plus proche de ce qu’il ressent. C’est un art du presque rien. Il naît d’un rapport chromatique, d’un léger décalage des formes. Quand Eugène Leroy trouvait la lumière dans l’accumulation de matières, Peter Joseph la révèle dans le dépouillement. Les deux chemins mènent à la disparition afin que ne subsiste que la sensation.









Cézanne ne cherchait pas autre chose. Ce n’est pas tant la Sainte-Victoire qu’il peignait que l’air et la lumière entourant la montagne. C’est une obsession de peintre. Elle a son importance puisque c’est là, dans l’espace et la lumière, que nous existons. C’est peut-être même une obsession de vieux peintre, indifférent aux trompettes de la renommée, enfin libéré des contraintes, des pressions, des préjugés, des dogmes et des idéologies du milieu — Peter Joseph a, dit-on, récemment refusé une exposition à la Tate Gallery de Londres. Car pour l’artiste, la liberté n’est pas un don : elle se gagne tableau après tableau. Le parcours, ce parcours, profondément poétique, est admirable.


https://www.telerama.fr/sortir/peter-joseph,-lart-du-presque-rien,n5850561.php


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