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 Le Goncourt et les grands prix adorent le goût du sang

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liliane
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MessageSujet: Le Goncourt et les grands prix adorent le goût du sang   Ven 4 Nov - 17:07

Le Goncourt et les grands prix adorent le goût du sang

Faut-il mettre en scène un meurtre pour pouvoir prétendre à un prix littéraire? On ne peut s’empêcher de poser la question, tant l’horreur et le sang ont dominé les listes des grands prix français cette année.

Voyons plutôt. Leïla Slimani a remporté ce jeudi 3 novembre 2016 le Goncourt pour Chanson douce, roman noir racontant l’histoire d’une nounou qui tue les deux enfants dont elle a la charge. Le Renaudot est revenu à Yasmina Reza pour Babylone, un polar intimiste dans lequel un voisin commet un meurtre. Le Médicis, décerné mardi à Ivan Jablonka, a couronné un récit-essai partant d’un fait divers atroce, l’assassinat et le démembrement d’une jeune fille en 2011. Finaliste malheureux du Goncourt, Régis Jauffret raconte dans Cannibales la correspondance de deux femmes qui cherchent à assassiner un homme – soit le fils de l’une et le mari de l’autre – afin de le dévorer. Présent sur la dernière liste du Renaudot, Simon Liberati dressait dans California Girls le portrait des hippies gravitant autour du gourou Charles Manson, auteurs du sauvage assassinat de Sharon Tate et de ses amis à Los Angeles.


Autrefois cantonné au polar, le sang dégouline aujourd’hui sur les ouvrages que les grands prix font valoir comme le nec plus ultra de la littérature française. Mais d’où vient ce nouveau goût des jurés pour le gore? Membre de l’Académie Goncourt, Pierre Assouline soutient que les grands prix reflètent simplement «les tendances de la rentrée».

Pourtant, surreprésentés dans les listes des jurys, les romans sanglants sont loin de dominer la production littéraire de l’automne. On s’étonne ainsi que le touchant récit de Laurent Mauvignier sur le voyage d’un ado et de sa mère dans les steppes du Kirghizistan ne se soit pas imposé parmi les finalistes, tout comme le puissant roman sur l’éclosion féminine et l’afrocentricité de Léonora Miano. Car sans assassinat, Chanson douce conserve une écriture maîtrisée, mais tout de même bien lisse.
Par Marianne Grosjean

http://www.tdg.ch/culture/goncourt-grands-prix-adorent-gout-sang/story/29077162
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