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 LUCRECE BORGIA à la Comédie Française

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Bridget

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MessageSujet: LUCRECE BORGIA à la Comédie Française    Lun 14 Juil - 16:54

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LA TROUPE DE LA COMÉDIE-FRANÇAISE PRÉSENTE SALLE RICHELIEU
DU 24 MAI AU 20 JUILLET 2014






Lucrèce Borgia









drame en trois actes de Victor Hugo

mise en scène Denis Podalydès,

avec Guillaume GALLIENNE Lucrèce Borgia , Éric RUF Don Alphonse d’Este , Éric GÉNOVÈSE Jeppo Liveretto , Christian HECQ Gube tta, Suliane BRAHIM Gennaro , Georgia SCALLIET la Princesse Negroni , ElliotJENICOT Astolfo et Montefeltro , Benjamin LAVERNHE Oloferno Vitellozzo , Sébastien POUDEROUX Don Apostolo et les élèves-comédiens de la Comédie-FrançaiseHeidi-Eva Clavier, Lola Felouzis, Pauline Tricot,trois femmes et troissoldats, Paul McAleer,Ascanio








Guillaume Gallienne et Éric Ruf © Christophe Raynaud de Lage, 2014, coll. Comédie-Française


Lucrèce Borgia

Sur Ferrare règne la sombre et vénéneuse Lucrèce Borgia, femme
de pouvoir aux mains tachées de sang, au corps incestueux, ajoutant aux crimes des Borgia celui de fratricide.

Gennaro, le fruit de son union avec son frère, ignore l’identité de ses parents. Lors d’un bal à Venise, Gennaro courtise une belle masquée, avant de découvrir avec horreur le visage de Lucrèce, tremblante
d’amour pour ce fils qu’elle approche en secret, dissimulée dans la féerie du carnaval.

Piquée par l’affront des amis de Gennaro qui l’ont démasquée,et soupçonnée d’adultère par son mari Don Alphonse, Lucrèce enclenche une vengeance déchirante dont l’implacable dessein ne peut être qu’inextricablement lié à la destinée de son fils .




Victor Hugo


Après la censure de Marion de Lorme et le retentissant Hernani, terrain de « bataille » entre tenants du classicisme et partisans du romantisme, Victor Hugo (1802-1885) écrit successivement en 1832 Le roi s’amuse et Lucrèce Borgia.  « Nées au même moment, sur le même point du cœur » (Préface), les deux pièces diffèrent par leur forme et leur destinée. Le roi s’amuse est interdit par le pouvoir royal dès la première représentation à la Comédie- Française tandis que Lucrèce Borgia, dont Hugo suit scrupuleusement les répétitions,prospère au Théâtre de la Porte Saint-Martin.

Hugo déforme la réalité historique et l’adapte à sa vision dramatique en entachant de fratricide non pas César Borgia mais Lucrèce, fine lettrée protectrice des arts, muée en monstre pétri d’amour maternel.

Perçue par George Sand comme l’œuvre « la plus puissante » de Hugo,
Lucrèce Borgia , image d’un « théâtre de la cruauté » tel que l’entend
Antonin Artaud, représente pour son auteur une victoire sur le pouvoir et la censure.




La Comédie Française




Lucrèce Borgia entre au répertoire de la Comédie-Française pendant la Grande Guerre en 1918. Le contexte particulier de représentation de cette pièce « moralement difforme » et une distribution discutée contribuent à l’échec de Lucrèce Borgia , après le succès de sa création en 1833 au Théâtre de la Porte Saint-Martin avec la célèbre Mlle George qui avait quitté la Comédie-Française.

Entre 1935 et 1948, les reprises sontplus heureuses. Mary Marquet et Louise Contat succèdent à Mme Segond-Weber. Jean-Luc Boutté la met en scène en 1994 dans les ultimes décors de Louis Bercut, avec Christine Fersen dans le rôle-titre. dans ce « jeu constant entre le bien et le mal, entre des dualités, des contraires, noir et rouge, carnaval
et processions [...]  , le masque joue un rôle prédominant.


Cette saison, Denis Podalydès donne chair à ce masque en
prêtant à Lucrèce, par le jeu du travestissement, les traits de
Guillaume Gallienne.











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Bridget

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MessageSujet: Re: LUCRECE BORGIA à la Comédie Française    Lun 14 Juil - 17:58

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Lucrèce Borgia, au coeur des ténèbres




C'est une production superbe que nous offre la Comédie-Française. La pièce de Victor Hugo est magnifiée par une interprétation originale et profonde, sur fond de décors dignes des encres et lavis du poète visionnaire.


Un ciel tourmenté, en lourdes masses de nuages et percées nacrées, éclaire et assombrit la scène d’un même mouvement. Ce ciel de théâtre, imaginé par Eric Ruf, en peintre qui s’inspirerait des encres et lavis de Victor Hugo autant qu’en scénographe attentif aux architectures du songe, traduit exactement l’essence du spectacle signé par Denis Podalydès.














Les lumières de Stéphanie Daniel sont mates, les visages pâles, les vêtements, costumes magnifiques de Christian Lacroix, se jouent de toutes les gammes du noir –le rouge éclatera chez la Princesse Negroni.












Les musiques et les sons réunis par Bernard Vallery sont funèbres dans l’emportement harmonieux comme dans le fracas assourdissant.

Avouons-le : au début, on a le sentiment que la musique vient en bouffées trop nombreuses et que ces bouffées soulignent, surlignent trop le texte. Mais Denis Podalydès a voulu donner une dimension d'opéra à la représentation.


Une gondole lugubre comme un corbillard occupe la scène, hérissée des piquets de la lagune, lorsque le rideau se lève. Nous sommes à Venise.
Mais que l’on s’aventure à Ferrare, et ces piquets seront toujours là, comme les signes agressifs d’un monde hostile où le danger rôde sans cesse et où la mort frappe avidement.



Et à la fin, ils seront clairement les piquets d'exécution des jeunes gens pris au piège...Même si l'exécution est empoisonnement hypocrite.




Dans la première scène -deux heures plus tard il y aura sept cadavres sur le plateau....- les personnages sont masqués. Des masques couleur chair qui accentuent les traits de chacun, sans les trahir. Ils ont été conçus par un des jeunes comédiens de la troupe, Louis Arene.














Au cœur du projet de Denis Podalydès, une décision impérieuse : confier le rôle-titre à Guillaume Gallienne. Ensemble, ils le disent, ils ont réfléchi à la question de l’onnagata japonais : un homme traduit, selon des codes très subtils, l’essence du féminin.
Mais comment demeurer dans le mélodrame, comment se soumettre à ce qu’il exige de réalisme tout en étant un homme qui incarne une femme ?



On a le sentiment que les artistes, ici, répondent et par le cérémonial et par la sincérité. L’entrée de Lucrèce, celle de Guillaume Gallienne, torse nu, sans perruque, entrée lente tandis qu’on ajuste sa robe, dit bien : un homme va jouer cette femme hors normes.



Ensuite, dans la douleur comme dans la cruauté, on ne pense plus jamais que Lucrèce est incarnée par un homme. On ne doit plus le penser, même si la Lucrèce sévère, non flamboyante (comme on l'imagine, rugissante et terrible) qu'a choisie Guillaume Gallienne, qu'a choisie Denis Podalydès, nous reconduit sans cesse à la question de base...




Pour Gennaro, Podalydès joue sur le trouble sans jamais dévoiler sa vraie nature : qui fréquente la troupe reconnaît la ravissante Suliane Brahim, mais elle a la fougue d’un jeune capitaine et sans doute peut-on s’y tromper…












Ce nœud dramaturgique, chaque spectateur en fera sa lecture, bouleversé par la force grandiose de Victor Hugo qui ne craint ni le grotesque, ni le sublime et les tresse fermement.




La distribution est excellente et chacun ici apporte son supplément de présence et d’inventivité personnelle. Eric Génovèse, Geppo, Benjamin Lavernhe, Oloferno, Sébastien Pouderoux, Don Apostolo, Paul Mc Aleer, Ascanio et Stéphane Varupenne, Maffio, le frère d’armes de Gennaro, sont très présents et frappants.


Gilles David compose un rugueux Rustighello, Elliott Jenicot passe avec autorité d’Astolfo à Montefeltro et Christian Hecq, offre à Gubetta le supplément de mille et une trouvailles glaçantes autant que farcesques : il est en cela magistralement « hugolien ».














Georgia Scalliet sensuelle et irrésistible dans sa robe rouge feu, est une Negroni infernale. C’est chez elle que meurt la jeunesse, chez elle que les chants les plus lugubres saturent l’espace, chez elle que se dénoue, par l’anéantissement, le drame.



Eric Ruf, qui signe donc l’univers pictural de la représentation, est aussi Don Alphonse d’Este, l’époux jaloux, imaginant que Gennaro est l’amant de Lucrèce.



Il ne craint pas plus le poison que les Borgia. Visage fin, voix nuancée, le comédien donne au personnage une sévérité d’Escurial (si l’on ose quitter l’Italie).



Certaines scènes sont bouleversantes : ainsi quand Lucrèce veut la grâce de Gennaro. On atteint là, par le tranchant du jeu tenu, retenu d'Eric Ruf, impressionnant d'Alphonse d'Este que rien ne semble devoir toucher tant il est certain que Lucrèce et Gennaro le trompent, et par le jeu de Guillaume Gallienne, Lucrèce bouleversée, coeur de mère qu'ignore complètement son rigoureux époux, on atteint là des hauteurs grisantes de jeu.




Le spectacle est vif

Podalydès dirige en chorégraphe et serre son cadre lorsque l’exige une scène.

Sans doute certains ne seront pas complètement convaincus parce qu'il abandonne la pensée de l'onnagata pour se référer à la mise en scène d'Antoine Vitez à Avignon avec Nada Strancar dans le rôle-titre, Jean-Pierre Jorris dans celui d'Alphonse d'Este et Joël Denicourt, au destin tragique, jeune comédien lumineux, dans celui de Gennaro.



ll est clair que les deux pensées ne peuvent pas travailler au même spectacle et sans doute Guillaume Gallienne n'a-t-il pas eu la tâche facile et qu'il est littéralement écartelé entre ces deux lignes, comme Lucrèce est tiraillée entre l'amour maternel et ses pulsions destructrices. C'est tout le projet de Victor Hugo : le coeur de mère dans l'individu monstre...



On entend à merveille chacun.

Parfois les personnages s’adressent à la salle, la prennent à témoin en un geste très représentatif de la pensée d’Hugo.



Une pensée sublimée par l’interprétation de Suliane Brahim, époustouflante en jeune homme courageux et candide qui porte sur son cœur les lettres de sa mère. Mais le sang ne lui souffle rien et Madame Lucrèce ne touche pas Gennaro.



Et Gennaro, dans cette version de la pièce, devient le personnage principal, d'autant plus que dans son cas, le travestissement d'une femme ne fait que donner plus de fragilité adolescente au personnage. Et parce que cette femme est une interprète très fine et profonde, Gennaro prend toute la lumière.



On n'analysera pas ici le couple des frères d'armes, Gennaro et Maffio, mais la qualité des interprètes lui donne de jolies moirures, évidemment.




Altière et solitaire est la Lucrèce de Guillaume Gallienne. Elle souffre en silence. Elle aime. Hugo sait que si son cœur de mère bat, on aimera le monstre. Guillaume Gallienne a trouvé la juste distance et sa sincérité dissout toute réserve. Il est au cœur d’Hugo.





http://blog.lefigaro.fr/theatre/2014/05/lucrece-borgia-au-coeur-des-te.html






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MessageSujet: Re: LUCRECE BORGIA à la Comédie Française    Sam 27 Juin - 13:17

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Sur Culturebox : "Lucrèce Borgia", version Podalydès-Gallienne, en direct de la Comédie Française.



C'est un spectacle événement que Culturebox vous propose de suivre en direct de la Comédie-Française, vendredi 26 juin à 20h30.
Avec le talentueux et singulier Guillaume Gallienne dans le rôle titre, Denis Podalydès à la mise en scène et Eric Ruf à la scénographie, quant aux costumes, ils sont de Christian Lacroix...
L'auteur n'est rien moins que Victor Hugo.




L'histoire : Lucrèce, fille de pape, a eu un fils, Gennaro, de son union incestueuse avec son frère César. Le jeune homme devenu soldat de la République de Venise, ignore tout de son identité. Comment avouer l'impossible vérité ?


Guillaume Gallienne endosse avec dignité et générosité cette héroïne hugolienne, Lucrèce Borgia, l'incestueuse, l'empoisonneuse, la monstrueuse. L'inversion des genres dans un monde où l'on avance masqué, Podalydès l'a voulu également pour le fils secret, Gennaro, joué avec délicatesse et lyrisme par Suliane Brahim.


Il y a dans ce spectacle de Denis Podalydès des scènes inoubliables : l'entrée de Gallienne torse nu sur la lagune, se transformant peu à peu en Lucrèce sur la musique de Verdi, celle machiavélique où se joue la vie de Gennaro entre Lucrèce et son époux Don Alphonse, interprété par Thierry Hancisse.

A la toute fin de l'oeuvre ce moment déchirant où Lucrèce avoue à Gennaro qu'elle est sa mère.





Lucrèce Borgia par la troupe de la Comédie-Française



http://culturebox.francetvinfo.fr/live/theatre/theatre-classique/lucrece-borgia-par-la-troupe-de-la-comedie-francaise-222399

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