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 Musée PICASSO

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liliane
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MessageSujet: Musée PICASSO   Sam 3 Mai - 8:11


Musée Picasso : la grosse colère de Claude Picasso




Claude Picasso, qui représente la famille au conseil d'administration du musée, se dit "scandalisé et très inquiet" sur l'avenir du musée consacré à son père. Le chantier de restauration est terminé, mais le musée pourrait ne pas rouvrir avant l'automne.

Entre la ministre de la Culture et Claude Picasso, ça n'est pas franchement l'amour fou. "La France se fout de mon père !", s'énerve ainsi le fils de l'artiste, dans un entretien donné au Figaro. La raison de son courroux ? Après cinq ans de travaux, le musée Picasso, à Paris, ne rouvrira sans doute pas le mois prochain comme prévu. Au mieux en juillet, au pire à la rentrée, après la saison touristique donc.

Pourquoi ce délai ? Non pas parce que le chantier de rénovation a pris du retard, mais par la faute du ministère, raconte Claude Picasso. Le fils que l'artiste a eu avec Françoise Gilot est le représentant de la famille au conseil d'administration du musée. Il raconte au Figaro être allé voir Aurélie Filippetti, qui lui a expliqué ne pas pouvoir ouvrir "car il n'y avait pas de gardiens, et m'a soutenu que c'était à cause du retard du chantier. Or celui-ci a été livré à la date prévue, c'est-à-dire mardi."

La brouille Filippetti/Baldassari

La réalité est peut-être un peu plus complexe. Deux expertises ont été diligentées pour faire le point sur le climat social du musée : celle de l'Igac, l'Inspection générale des affaires culturelles, puis celle d'Oasys, un cabinet spécialisé, qui a conclu à l'impossibilité pour le musée de fonctionner en l'état, pour des raisons sociales et de mauvaise gestion du personnel.

En fait, Claude Picasso estime aujourd'hui que le projet fait les frais de la mésentente entre la ministre et l'actuelle directrice du musée, Anne Baldassari. Leur brouille est de notoriété publique, mais on ne remplace pas facilement une si grande connaisseuse de l'oeuvre de Picasso qui a, de plus, présidé à toute la réorganisation du nouveau musée Picasso.

"La France se fout de mon père et aussi de ma tête !"

Mais Claude Picasso va plus loin. "La vérité, c'est qu'il n'y a aucune envie positive d'ouvrir le musée. Je me fais balader, j'ai l'impression que la France se fout de mon père et aussi de ma tête !". Après le coup de sang, les menaces : pour fêter l'ouverture du musée, "je voulais offrir des documents de Dora Maar sur la création de Guernica, ainsi qu'un très important carnet de dessins. D'autres enfants de Picasso, ou certains de mes neveux, ont aussi des projets." Et de laisser entendre que ceci pourrait être bien mis à mal...

Des propos "très excessifs", juge pour sa part le ministère de la Culture, par la voix du directeur général du patrimoine, Vincent Berjot. "Nous avons dit il y a trois semaines que nous ne pouvions pas ouvrir en juin. La livraison de l'hôtel Salé est intervenue avec un mois de retard. Il vient seulement d'être livré. Il y a encore des travaux qui ne sont pas achevés sur d'autres bâtiments." D'ailleurs, "Anne Baldassari a reconnu elle-même que le musée ne pourrait pas ouvrir en juin. Nous ne sommes pas à quelques semaines près, après cinq ans de fermeture."
Par Guillaume Gaven

http://www.franceinfo.fr/politique/musee-picasso-la-grosse-colere-de-claude-picasso-1405179-2014-05-02


Dernière édition par liliane le Sam 3 Mai - 8:30, édité 1 fois
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liliane
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MessageSujet: Re: Musée PICASSO   Sam 3 Mai - 8:16

Musée Picasso : l'architecte affirme avoir «livré dans les temps»

En réponse aux propos de Vincent Berjot, directeur général du patrimoine au ministère de la Culture, Jean-François Bodin, qui signe l'agrandissement du musée Picasso, confirme que l'achèvement des travaux s'est fait dans les délais.


La livraison de l'hôtel Salé est-elle intervenue avec un mois de retard comme l'indique le communiqué du ministère de la Culture, pour expliquer l'ouverture retardée du Musée Picasso? Jean François Bodin, architecte de l'agrandissement du musée Picasso, et spécialiste de la rénovation de nombreux musées dont la Cité de l'architecture et du Patrimoine ou le Centre Pompidou à Paris, s'étonne de cette affirmation: «Il n'y a pas eu de retard. Le bâtiment a été réceptionné le 30 avril, à la date fixée par le directeur général du musée», dit-il.

«Le PV de réception a été signé le 30 avril, comme prévu et le bâtiment livré le 31 mars, comme prévu. Les essais de sécurité ont été faits, tout est fonctionnel: la climatisation, le chauffage, la sécurité. Pour moi, l'ouverture fin juin est encore jouable d'autant plus que je l'ai vu notamment au moment de Picasso et les maîtres, Anne Baldassari fait partie de ces grands conservateurs comme Suzanne Pagé, qui ont le geste sûr et accrochent très très vite. Il faudra juste faire un grand nettoyage poussière». Et trouver les gardiens, dont la présence est indispensable pour le retour des toiles dans les murs.

Le communiqué du ministère précise encore qu'«il y a encore des travaux qui ne sont pas achevés sur d'autres bâtiments». Le pluriel est inexact. L'hôtel, la nouvelle entrée et les locaux techniques associés sont bel et bien livrés. Reste en travaux la seule aile technique, décidée en 2012 par Mme Filippetti, qui jugeait opportune cette nouvelle tranche de travaux.

Sa construction permet d'abriter «un transformateur, une machine produisant du froid qui sinon serait restés dans une cabine dans le jardin. Elle offre aussi au musée un auditorium, des ateliers pédagogiques, un espace de réserve et des locaux pour le personnel», précise encore Jean-François Bodin, expliquant que cette aile devrait être achevée fin mai. Le jardin, qui aurait dû être achevé ce week-end, joue les prolongations: le maire du IIIe a demandé le changement d'une pergola.

http://www.lefigaro.fr/culture/2014/05/02/03004-20140502ARTFIG00330-musee-picasso-l-architecte-affirme-avoir-livre-dans-les-temps.php
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MessageSujet: Re: Musée PICASSO   Mar 13 Mai - 16:28

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Anne Baldassari licençiée ...par Mme Filippetti 




Musée Picasso : le ministère de la Culture met fin au mandat d'Anne Baldassari




Anne BALDASSARI


Titulaire d’un doctorat de troisième cycle en Art et Sciences sociales, Anne Baldassari a été d’abord chargée de mission au Fonds d’intervention culturelle (F.I.C.) en 1983-1984, puis chargée de mission au Fonds d’incitation à la création (F.I.A.C.R.E.) à la Délégation aux arts plastiques, en charge du programme « La commande publique dans les Monuments historiques » en 1984-1985.


Conservateur au musée national d’art moderne du Centre Georges Pompidou de 1985 à 1990, elle est attachée à la conservation des collections historiques.
Intégrée au corps d’Etat des conservateurs du patrimoine en 1991, elle rejoint alors le ministère de la culture et de la communication à la Direction des musées de France -Inspection générale des musées.


Conservatrice au musée national Picasso depuis 1992, elle a la responsabilité du Centre de documentation, bibliothèque et archives et assure le commissariat de nombreuses expositions dont « Brassaï/Picasso. Conversations avec la lumière » (musée Picasso, 1er février – 1er mai 2000), Matisse – Picasso (Galeries nationales du Grand Palais, 22 septembre 2002 – 6 janvier 2003) et Bacon - Picasso, La vie des images (musée national Picasso, 2 mars – 30 mai 2005).


Anne Baldassari est nommé par Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication, comme conservateur du patrimoine, directrice du musée national Picasso, à compter du 22 octobre 2005.
En 2010 : Présidente de l’Etablissement public du Musée Picasso.



La ministre de la Culture a démis ce mardi de ses fonctions la présidente de l'établissement, contestée en interne pour sa gestion et son autoritarisme alors que la réouverture du musée a encore été repoussée. Du jamais-vu.


Anne Baldassari n’ouvrira pas le musée Picasso dont elle avait initié la rénovation il y a cinq ans maintenant.
Après un entretien qui a tourné à la confrontation ce mardi, la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, l’a démise de ses fonctions.



La mesure est extrême, jamais vue à l’encontre d’une personne qui a consacré sa carrière au musée, qu’elle dirige depuis dix ans.
Mais la ministre n’avait pas le choix, ayant constaté que son établissement ne pouvait plus fonctionner. Elle a cependant proposé à Anne Baldassari de procéder à l’accrochage du nouveau musée, en signe d’apaisement. Celle-ci aurait refusé tout net.


L'intérim serait confié à un inspecteur général, Jérôme Bouet. La succession devrait être rapide, départageant a priori deux conservateurs du centre Pompidou, Laurent Le Bon et Didier Ottinger.



L’issue était inéluctable. Samedi, la moitié du personnel, dont tous les conservateurs, avait demandé son départ. Lundi, une trentaine de personnes s’étaient réunies pour décider de se mettre en grève illimitée si elle était maintenue à son poste.
Anne Baldassari niant toutes les charges à son encontre, la ministre n’est toutefois pas parvenue à obtenir sa démission, afin de trouver une issue rapide à la crise qui paralyse son musée.


Ambition et management en force


«Elle aime la difficulté. Elle aurait pu renoncer dix fois», s’exclamait il y a un an et demi Ariane Bavelier, enthousiaste, dans le Figaro.
Dix années d’un engagement total pour transformer l’hôtel particulier du Marais, où elle se trouvait trop à l’étroit, en un établissement capable de s’imposer dans la cour des grands.

Et de recevoir un million de personnes dans l’année. L’hôtel Salé ayant besoin d’une rénovation, elle plaide sans relâche pour un programme ambitieux d’extension qui comprend, aujourd’hui, un bâtiment inesthétique prolongé jusqu’au plus bel hôtel particulier parisien du XVIIe siècle, une barrière en acier galvanisé tellement hideuse que l’architecte Jean-François Bodin doit la démonter devant la colère des riverains, un local pour l’accueil du public, un auditorium, un atelier pour enfants, un site de réserves restauré…


Elle parvient à acheter un bâtiment et un immeuble voisins pour y loger des bureaux. Résultat : une facture qui passe de 30 à 52 millions d’euros, financés à 60% par une tournée de la collection dans le monde. Un musée fermé depuis cinq ans et un chantier qui traîne depuis 2012…
Anne Baldassari a successivement annoncé la réouverture pour février 2012, octobre 2013, juin 2014, sans compter les dernières péripéties.


Admirée par un petit cercle de fidèles, Anne Baldassari a été débordée par sa propre ambition et un management en force. Il y a un an, le ministère ouvrait une procédure d’alerte pour souffrance au travail.
Le personnel vit dans «la peur», affirme un rapport officiel qu’elle a récusé comme partial.


Elle a survécu à un nombre record de reproches. Dès mars, l’inspection générale réclamait son départ. Le Figaro ouvrait une campagne en sa faveur, dénonçant les «oukases du gouvernement».«Son maintien à la direction ne devait plus poser de problème… le personnel qui s’active ne semble pas perturbé par la polémique», écrivait la journaliste.



Claude Picasso mettait tout son poids dans la bataille, mais l’insurrection du personnel a scellé son sort.


Vincent NOCE

http://www.liberation.fr/culture/2014/05/13/anne-baldassari-evincee-du-musee-picasso_1016236









Picasso, le musée qui les rend fous




Offrir à Pablo Picasso le plus bel écrin du monde, 3 800 mètres carrés magnifiquement restaurés. Un musée splendide pour ce peintre prolifique qui choisit la France. Une merveille qui fera se déplacer jusqu'au coeur de Paris la planète entière. Quelle belle ambition...


Pourtant chahutée dans une folle guerre, qui, depuis l'automne, déchire les beaux esprits de la Culture et ceux, excédés, du pouvoir. Une lutte complexe, aux alliances versatiles, dont le résultat est patent : Paris n'aura pas pour cet été son nouveau musée Picasso.



Jusqu'à la semaine passée, la querelle se tramait en silence. Soudain, Claude Picasso laisse éclater l'affaire. Dans une interview au Figaro, le fils de Pablo, représentant les héritiers du plus grand peintre du XXe siècle, s'insurge.


Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, aurait refusé que le musée de l'hôtel Salé, en travaux depuis cinq ans, ouvre comme prévu. Il lui reproche de se moquer de son père, de préférer s'amuser au Festival de Cannes plutôt que d'achever ce joyau parisien.
Surtout, il l'accuse de vouloir couper la tête de la patronne du musée Picasso, Anne Baldassari, dont il loue l'extrême compétence.
Un coup de tonnerre qui doit au moins autant à la colère filiale qu'à la tactique et qui lui vaut trois jours après d'être reçu par Manuel Valls, un autre fils de peintre.

Claude Picasso est un homme d'affaires avisé, à la tête de la puissante Picasso Administration, société qui gère les droits de l'oeuvre du Malaguène. Il sait ce qu'il fait : en rendant public le drame, il tente de sauver la tête d'une femme menacée, une femme qui a nargué les musées du monde entier. Et qui, désormais, fait enrager le cabinet ministériel de la Culture.




Anne Baldassari, 59 ans, conservatrice du patrimoine, fille d'un militaire chanteur d'opéra, est une des meilleures expertes de l'oeuvre prolifique de Pablo Picasso.


En 2005, l'épouse de Christian Celine, un énarque de gauche, arrive aux archives de l'hôtel Salé, le prestigieux musée Picasso. L'endroit est charmant. Un hôtel particulier du Marais, construit au XVIIe siècle pour Aubert de Fontenay, qui dut sa fortune à son droit de prélever la gabelle, l'impôt sur le sel, d'où sa dénomination d'hôtel Salé.


Le musée fut ouvert douze ans après la mort de Picasso, ses héritiers ayant donné 5 000 oeuvres, afin de s'acquitter des droits de succession. La conservatrice fait montre d'énergie et d'un caractère difficile. En 2005, elle prend la tête de l'institution. En 2010, le statut juridique du musée change, elle devient la présidente de l'Établissement public administratif.


Autonomie de gestion, autonomie de finances, maîtrise totale du chantier... Et les mains libres sur la collection publique, unique au monde, des oeuvres du peintre, parmi les plus cotés. Un trésor, une bombe et une femme qui sait allumer les mèches.


Soutenue par l'État, la présidente du musée Picasso veut le rénover entièrement, doubler sa surface, occuper les cinq étages, créer un jardin exceptionnel, transformer l'établissement assoupi du Marais en un lieu capable d'attirer "1 million de visiteurs par an". Pour secouer l'endormi, elle le ferme en 2009 et part en croisade commerciale. D'abord en refusant, comme il est pourtant de coutume dans un musée public, de prêter ses oeuvres. N'ayant en effet reçu que peu d'argent public - 19 millions sur les 52 nécessaires - pour financer le chantier, Anne Baldassari se fait fort de trouver les financements. Le MoMA aimerait se faire prêter deux oeuvres d'une série précise, les "Guitares". Refus. Prêter ses tableaux au musée Picasso de Malaga, fondé par le petit-fils du maître, Bernard Picasso ? Refus encore. Pour voir les collections, il faut payer. La conservatrice n'a peur de rien, elle parvient même à bloquer une exposition, voulue par la Réunion des musées nationaux et le musée national d'Art moderne, sur Picasso et la modernité. Au ministère de la Culture, on la couvre encore.


"Irrespirable"



Durant trois ans, elle organise un "Picasso Tour", posant ses collections d'Abou Dhabi à Seattle, dans treize pays, attirant 6 millions de visiteurs. On ricane cependant quand la téméraire doit décrocher in extremis la collection exposée à Chengdu, l'organisateur véreux n'ayant jamais versé son dû.




Des règles aussi, parfois. En janvier 2010, elle signe une contribution dans le catalogue du fameux marchand d'art Larry Gagosian, qui expose à Abou Dhabi. Inédit pour une fonctionnaire chargée d'un musée public que de collaborer à la promotion du plus puissant galeriste du monde.

Elle ne se contente pas de mêler audacieusement marketing, quête de fonds et expertise, elle épuise ses équipes.
Un directeur général, ancien conseiller culture de Fillon, démissionne. Son successeur fait de même.
Puis c'est le directeur des travaux qui claque la porte, suivi de la directrice des publics."On dit qu'elle est caractérielle, mais c'est pis que cela ", chuchote un démissionnaire.
Confronté à cette valse inédite, le ministère nomme pour seconder Mme Baldassari Erol Ok, ancien directeur du cabinet de Fleur Pellerin. Un énarque qui se verrait bien la remplacer.

Pendant qu'autour d'elle les hommes fatiguent, les budgets explosent. En février 2012, la Cour des comptes s'inquiète que l'écart entre le budget prévu - 35 millions - et le budget nécessaire - 52 millions - soit " exorbitant".

Réponse de la présidente du musée : " Rien ne saurait mettre en doute le sérieux " de son équipe. N'a-t-elle pas apporté 60 % du budget nécessaire ?


D'ailleurs, comme Alain Seban, président du Centre Pompidou, ses pairs s'accordent à dire qu'" elle a ses défauts, mais elle a accompli un travail exceptionnel".


Enfermée parfois des jours entiers chez elle, gérant son chantier par textos, organisant selon certains "des séances d'humiliation publiques" ?
, elle clame qu'elle ouvrira au printemps 2014. Vingt employés sur 52 écrivent anonymement au ministère pour se plaindre de souffrance au travail.
Deux enquêtes sur le climat social sont diligentées, l'une confiée à l'Inspection générale du ministère, l'autre au cabinet privé Oasys. La médecine du travail est saisie. "


C'est la guerre, l'atmosphère est irrespirable", raconte un employé. Dans le petit monde de la culture, certains croient voir dans cette campagne une opération menée par le cabinet d'Aurélie Filippetti avec les syndicats contre la présidente. " Les hyènes sont lâchées ", confie un responsable du musée.




Anne Baldassari est désormais isolée. Son conseil d'administration, dans lequel siègent deux personnalités - Anne Sinclair, petite-fille de Paul Rosenberg, marchand des années 20 et 30 de Picasso, et Jean-Paul Claverie, conseiller du président de LVMH -, n'est pas renouvelé par le cabinet ministériel. Qui le laisse pourtant se réunir sans l'informer de son statut caduc...
Coup de force



À quelques mois de l'ouverture du musée, Aurélie Filippetti s'inquiète. Ne serait-il pas opportun d'écarter Baldassari, dont le mandat expire dans un peu plus d'un an ?


On négocie son départ, lui proposant une sortie honorable. Elle pourrait s'atteler à la rédaction d'un catalogue raisonné. Elle décline. Laurence Engel, imposée au cabinet de la ministre par l'Élysée, longtemps la soutint. Hélas, la chute de son compagnon, Aquilino Morelle, conseiller de Hollande, l'affaiblit et prive Baldassari d'un relais. Laurent Le Bon, qui dirige le Centre Pompidou de Metz, est également pressenti mais répond qu'à" sa connaissance le poste n'est pas libre ".



Ultime coup de force, Anne Baldassari annonce que l'hôtel Salé ouvrira fin juillet, passant outre le fait que l'aile technique, nécessaire à la conservation des oeuvres, n'est pas achevée.

Aussitôt, la ministre s'interpose. Ce sera septembre, au mieux. La responsable politique a une carte en main. La conservatrice souhaitait confier la surveillance des lieux à une entreprise privée. La CGT s'en émeut, Filippetti lui donne raison. Il faut désormais muter, former, roder 40 fonctionnaires.
Ensuite seulement il sera possible d'accrocher les oeuvres, conservées dans un entrepôt de Montreuil.
Promis, à l'automne 2014, Paris aura son nouveau musée Picasso. Belle date, quelques mois avant que le mandat de sa présidente expire. "Donnez-moi un musée, je le remplirai", disait Picasso. Qui ne savait pas de quelles folies son musée serait l'écrin.



http://www.lepoint.fr/societe/picasso-le-musee-qui-les-rend-fous-13-05-2014-1822412_23.php



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liliane
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MessageSujet: Re: Musée PICASSO   Mar 13 Mai - 21:02

Bernard Picasso : "Il est clair que la Rue de Valois abandonne les musées"

Le petit-fils du peintre réagit au débarquement de la directrice du musée Picasso, Anne Baldassari, après une crise sans précédent.

Après les millions trouvés par dizaines par la présidente Anne Baldassari pour la rénovation de l'établissement, le retard des travaux après cinq ans de fermeture, les pétitions des employés, le grand coup de gueule de Claude Picasso, représentant des ayants droit du peintre de Malaga, et enfin des machinations politiques en tout genre (cf. Le Point du 7 mai), un nouveau rebondissement a eu lieu ce 13 mai dans le feuilleton qui secoue en ce moment le musée Picasso. Contre toute attente, après la cascade de chaos médiatiques qui discréditaient une administration gérant un patrimoine colossal d'oeuvres de celui qui est tout simplement considéré comme le plus grand peintre du XXe siècle, le service de communication d'Aurélie Filippetti a annoncé qu'elle mettait fin aux fonctions d'Anne Baldassari. Encore la semaine dernière, pourtant, était claironnée, par la ministre, une inauguration du musée dans sa nouvelle configuration en septembre par la présidente en poste.


Bernard Picasso, petit-fils de l'artiste, n'a pas été avisé de cette décision. Sa réaction est assez vive : "Il est clair que la Rue de Valois abandonne les musées. Elle a accepté le projet des travaux, à charge pour la présidente de trouver le financement des opérations. Je soutiens Claude Picasso dans son attitude qui a consisté à soutenir Anne Baldassari et à s'offusquer du retard pris par l'ouverture." Le petit-fils de Picasso s'étonne en outre de la promesse faite par le ministère de nommer dans les quinze jours un nouveau président, la procédure administrative classique étant particulièrement contraignante.

Conjoncture bousculée

Dans cette conjoncture pour le moins bousculée, il importe manifestement pour la Rue de Valois de nommer un nouveau patron qui fera l'unanimité ou presque. Exit donc tous les opportunistes politiques en mal d'un poste de grand prestige. Les bruits de couloir laissent entendre deux candidats crédibles à la tête de l'institution : Laurent Le Bon, aujourd'hui directeur du Centre Pompidou-Metz, qui a été récemment recalé coup sur coup à la tête du Louvre et du musée national d'Art moderne ; Didier Ottinger, conservateur au musée national d'Art moderne. Les deux présentent, comme l'exige le règlement du musée Picasso, toutes les "compétences scientifiques nécessaires".

Reste que Laurent Le Bon semble désormais le favori, ayant déjà montré, contrairement à Didier Ottinger, des compétences en matière de gestion des ressources humaines. Car, dans cette affaire, il semble bien que ce soit le personnel du musée qui sort vainqueur, face à la puissance de la famille Picasso qui promettait, elle, encore des donations à l'occasion de l'ouverture.

Le 10 mai dernier, la presse recevait directement un communiqué signé "d'une vingtaine d'agents du musée Picasso" - dont l'identité n'était pas déclinée - qui déclarait "impossible de travailler sereinement dans ces conditions à l'ouverture du musée". La menace était lancée. La voix de ce groupe masqué l'a manifestement emporté.


Judith Benhamou-Huet

http://www.lepoint.fr/culture/bernard-picasso-il-est-clair-que-la-rue-de-valois-abandonne-les-musees-13-05-2014-1822553_3.php
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MessageSujet: Re: Musée PICASSO   Ven 16 Mai - 16:53

Musée Picasso : Anne Sinclair démissionne et Anne Baldassari s'explique

Le sinistre feuilleton du musée Picasso se poursuit. «Anne Sinclair a donné sa démission du Conseil d'Administration du musée Picasso», indique Claude Picasso, qui lui entend bien y rester pour veiller sur le sort du musée dont il se dit «très inquiet». Par ses statuts, le Conseil d'administration du musée Picasso compte deux représentants du ministère de la Culture, un du Budget, deux personnalités de droit, le Maire du IIIe, représentant de la Ville de Paris à qui appartient l'Hôtel Salé, et Claude Picasso, représentant de la famille. Il compte trois personnalités qualifiées.

Depuis sa création, elles étaient Jean-Paul Claverie, pour sa connaissance du mécénat et du monde des musées ( après avoir été conseiller de Jack Lang, ministre de la Culture, il est en charge du mécénat de LVMH), Maria Embiricos, pour sa connaissance de l'œuvre de Picasso qu'elle collectionne, et Anne Sinclair, pour sa connaissance du peintre (elle est la petite-fille de Paul Rosenberg, marchand d'art et ami de Picasso) et des publics qu'elle possède en tant que journaliste.

On peut comprendre qu'Anne Sinclair ait choisi de jeter l'éponge. La situation est «scandaleuse et ubuesque», comme l'a dit dans nos colonnes Claude Picasso. Après avoir secrètement choisi de ne pas renouveler le Conseil d'administration au début de l'automne, tout en le laissant de se tenir en présence de ses propres représentants, après avoir refusé les diverses propositions de médiation émises par Claude Picasso et un autre membre du CA qui aurait pu permettre l'ouverture du musée dans les délais, après avoir différé la nomination d'un Directeur des relations humaines, le ministère, qui vient de renommer le Conseil d'administration, a choisi de placer Jérôme Bouët, à la place de Maria Embiricos.

Inspecteur général des affaires culturelles, il a exercé les fonctions de directeur de la musique, de la danse, du théâtre et du spectacle au ministère de la culture et de la communication et exercera l'intérim en attendant la nomination du nouveau président. «D'abord il n'est pas une personnalité qualifiée ni sur mon père ni sur les musées. Ensuite, il déséquilibre en toute illégalité le CA en donnant un siège supplémentaire au ministère», dit Claude Picasso.

«Mais enfin je ne suis pas tout à fait le grouillot de service.»
Anne Baldassari au micro de RTL

Anne Sinclair avait passé une heure lundi à plaider auprès d'Aurélie Filippetti en faveur d'un protocole imaginé entre Matignon, l'Elysée et les avocats d'Anne Baldassari : celle-ci accrocherait les œuvres en sa qualité de présidente du musée et le quitterait sitôt l'inauguration achevée. Arguant d'«un climat de travail extrêmement dégradé, une profonde souffrance au travail et une atmosphère anxiogène mettant en danger les agents», la ministre a préféré la démettre de ses fonctions, annonçant la nomination d'un nouveau président sous quinzaine.

Ce ne sera pas facile: celle du successeur d'Alfred Pacquement à la tête du musée national d'Art moderne a pris des mois. En outre, la délicate question de l'accrochage reste entière : Claude Picasso a dans nos colonnes taxé par avance «d'imposteur» quiconque reprendrait à sa charge l'accrochage de la collection, touche finale de l'agrandissement du musée et du toilettage des collections mené depuis cinq ans par Anne Baldassari.

Si la Ministre a proposé à la présidente démise de le réaliser par respect pour son travail scientifique, celle -ci n'y semble guère disposée. «Mais enfin je ne suis pas tout à fait le grouillot de service. Donc je veux bien faire l'accrochage si les conditions sont dignes», a déclaré Anne Baldassari, effectivement l'un des meilleurs experts de Picasso, ce matin sur RTL et qui attend toujours le décret d'éviction signé par le président de la République.

«Tout ceci est très brutal et très choquant»
Me Henri Leclerc, avocat d'Anne Baldassari
Anne Baldassari en a profité pour donner sa version de la déstabilisation opérée à son encontre depuis des mois: «Cela a été d'abord de ne pas nommer les instances de représentation du personnel. Ça c'était à la fin septembre 2013. Ensuite de bloquer le Conseil d'administration depuis le mois d'octobre 2013. Puis ensuite de mettre en cause ma légitimité, ça c'était en novembre 2013. Et dès ce moment-là, Claude Picasso a pris des positions extrêmement fortes, de soutien et puis d'interrogation. Parce qu'au-delà de ma personne, il s'agit d'une institution majeure avec une importance internationale», a-t-elle indiqué, taxant de «fabriqués» les rapports de l'Inspection générale des Affaires culturelles sur la souffrance du personnel.

«Puisque mon départ était annoncé, certains hauts fonctionnaires du ministère de la Culture sont venus constater que les travaux étaient effectivement finis. Ce qui était, la semaine dernière, contesté», a -t-elle ajouté. Le ministère, qui avait fait le choix de gardiens de musée fonctionnaires par opposition à un marché public externalisé et a tardé à faire leur recrutement - ce qui empêchait le retour des œuvres dans l'Hôtel Salé -, arguait un retard de livraison du bâtiment..
.
«Tout ceci est très brutal et très choquant», a déclaré à propos de l'éviction d'Anne Baldassari, son avocat, Me Henri Leclerc, grand avocat de la cause des droits de l'homme. Tout ceci est aussi un monstrueux gâchis, en cette période où la culture doit compter ses subsides. Outre les donations accompagnant l'ouverture du musée que Claude Picasso reporte aujourd'hui sine die, les recettes de billetterie des mois d'été sont perdues. Et dire que ça aurait dû être une fête...

Ariane Bavelier

http://www.lefigaro.fr/culture/2014/05/16/03004-20140516ARTFIG00218-musee-picasso-anne-sinclair-demissionne-et-baldassari-s-explique.php

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MessageSujet: Re: Musée PICASSO   Mer 21 Mai - 13:55




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Musée Picasso ....suite !



La ministre de la Culture sera à 16h à l'Hôtel Salé, où elle n'a pas mis les pieds depuis l'été 2013, pour s'entretenir avec les collaborateurs.

Une partie d'entre eux, traumatisée par les décisions du ministère, lui remettra une lettre de soutien à Anne Baldassari.



La crise au musée Picasso continue. Après au Figaro qui, outré du retard dans la réouverture du musée, déclarait: «La France se fout de mon père», les choses s'étaient accélérées aboutissant à l'éviction d'Anne Baldassari, la présidente du musée, en raison, précisait le communiqué du ministère de la Culture du «climat de travail extrêmement dégradé».

Une décision qui avait, par la suite, amenée Anne Sinclair à démissionner du Conseil d'administration, faute d'avoir réussi à jouer les médiateurs.


Aujourd'hui à 16h, Aurélie Filippetti sera à l'Hôtel Salé, où elle n'a pas mis les pieds depuis l'été 2013, pour s'entretenir avec les collaborateurs.
Alors qu'il semblait qu'Anne Baldassari avait fait l'unanimité contre elle, une partie du personnel vient de signer une lettre de soutien qui sera remis à la ministre.......




«Madame la Ministre,

Vous venez de prendre la décision de mettre fin aux fonctions de Madame Anne Baldassari, Présidente du musée national Picasso et vous avez choisi de nous rencontrer au musée mercredi 21 mai.

Jusqu'au dernier moment, nous, agents du musée, avons espéré que la crise qui agitait le musée depuis plusieurs mois se dénouerait de manière digne afin que la Présidente puisse ouvrir le musée dont elle porte le projet scientifique depuis 2005. C'est une des raisons pour lesquelles nous ne nous étions pas exprimés jusqu'alors.

Aujourd'hui, nous avons le sentiment d'avoir été pris en otage et tenions à vous faire savoir que nous ne sommes en rien solidaires des actions menées au sein du musée par une partie, et une partie seulement, du personnel, et dont nous n'avons pas été informés.

Nous étions fortement mobilisés autour du projet scientifique, artistique et muséal dans son ensemble de très haut niveau porté par la Présidente, qui garantissait la renommée et l'assise internationale du musée Picasso. Nous n'avons d'ailleurs cessé de travailler pour la réouverture en collaborant activement avec l'ensemble de l'équipe.

Ayant conduit avec succès deux expositions itinérantes dans le monde entier, financé à 60% et supervisé les travaux de rénovation de l'Hôtel Salé, Anne Baldassari s'est toujours montrée un vrai serviteur de l'État, portant un projet d'une force et d'une crédibilité scientifique incontestable dont elle est le garant mondialement respecté, et en ayant constamment à l'esprit la défense des intérêts de l'Etat.

Pour ces raisons, nous sommes consternés que le ministère et ses services n'aient pas tout mis en oeuvre pour résoudre un problème social interne.

Depuis l'envoi d'une lettre anonyme de 22 agents le 14 janvier dernier, jusqu'à la transmission à l'AFP le 7 mai d'un communiqué de presse par un membre de l'équipe au nom de 25 agents anonymes, au mépris des consignes de silence sur la crise qui nous avaient été imposées par notre hiérarchie, une partie du personnel a toujours mené cette bronca dans le dos de l'autre.

Sans vouloir minimiser le malaise de certains, nous souhaitons témoigner du fait qu'il est loin d'être imputable à la seule Présidente. En outre, personne ne s'est préoccupé des inquiétudes du reste du personnel.

Les propos retranscrits par la presse n'ont jamais été tempérés par les nôtres. Les questions posées lors des enquêtes diligentées par les services du ministère nous ont toutes semblé orientées.

La nomination d'un médiateur annoncée par vos services et susceptible de dénouer au mieux de l'intérêt général la crise latente, n'a jamais été actée. Pas plus qu'il n'a été répondu à nos demandes répétées d'assemblée générale. Nous pourrions ainsi multiplier les exemples de dysfonctionnements dont nous avons été les témoins impuissants.

Par cette lettre, nous souhaitons donc apporter un témoignage contradictoire à tout ce qui a pu être écrit et dit récemment. Nous sommes infiniment tristes face à un tel gâchis et choqués par l'aberration de l'éviction de la Présidente à l'orée de la réouverture après tant d'efforts et de travail fourni.»




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Bridget

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MessageSujet: Re: Musée PICASSO   Dim 15 Juin - 13:57

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Coups tordus au Musée Picasso





Règlements de comptes, menaces de vengeance, colère du fils de l'artiste... Le psychodrame risque de compromettre la réouverture en septembre de l'établissement. Enquête.










Les yeux bleus, le regard dense, les cheveux lâchés comme toujours sur les épaules, Anne Baldassari s'est réfugiée loin de Paris.
Humiliée mais prête pour un dernier baroud. "On ne peut pas me jeter dehors et en même temps accaparer mon travail. Je ne me laisserai pas faire", dit au "Nouvel Observateur" l'ex-présidente du Musée Picasso, brutalement limogée par Aurélie Filippetti, le 13 mai dernier.




Et si la ministre de la Culture n'en avait pas tout à fait fini avec le psychodrame qui agite depuis plusieurs mois le célèbre hôtel particulier de la rue de Thorigny ?
A l'en croire, tout serait prêt. Cinq ans après sa fermeture pour cause de travaux de rénovation et d'agrandissement, le musée n'attendrait plus que le public pour l'inauguration prévue en septembre prochain. Mais la ministre, qui n'a pas souhaité répondre à nos questions, semble avoir oublié un détail : les cimaises blanches demeurent désespérément vides. Pas un tableau, pas une gravure, pas un dessin.



Et pour cause, c'est Anne Baldassari qui préparait depuis des mois ce nouvel accrochage. Elle avait retenu quatre cent cinquante œuvres parmi les cinq mille appartenant aux collections du musée.


Concevoir un parcours mettant en valeur le peintre le plus célèbre du monde ne s'improvise pas. C'est un travail de titan. Aurélie Filippetti le sait si bien qu'elle a proposé à Anne Baldassari - après l'avoir débarquée à la hussarde ! - de réaliser l'accrochage en vue de la réouverture.




"Par respect pour son travail scientifique."



La ministre aurait sans doute dû y penser avant. Non seulement Anne Baldassari refuse de jouer "le grouillot de service" mais elle n'entend pas céder à d'autres le projet de "programme scientifique et culturel" qu'elle avait transmis au ministère avant son éviction.

Je possède un droit moral et intellectuel sur cet accrochage et j'envisage de le faire valoir", affirme-t-elle.

S'il le faut, elle demandera à son avocat, Me Henri Leclerc, d'aller en justice.



Sur le plan humain, ce qui s'est passé est monstrueux, raconte cette femme blessée qui a consacré dix ans de sa vie au Musée Picasso. Depuis des mois, je vis un enfer. J'ai perdu beaucoup de mes illusions éthiques et politiques. Je suis une femme de gauche, non pas de la gauche politique - je n'ai jamais été encartée dans un parti - mais de la gauche utopiste.
Ce que j'ai vécu, ce que j'ai vu, m'a complètement démolie."



Alors Anne Baldassari le répète : elle ne pliera pas. Et elle ne fera pas l'accrochage inaugural du Musée Picasso.



La tâche en reviendra à son remplaçant Laurent Le Bon désigné très rapidement. Une étonnante célérité. Le ministère de la Culture a publié un appel à candidatures le 19 mai et demande aux postulants de se manifester avant... le 29 mai. Dix jours !


La succession d'Henri Loyrette au Louvre, pour ne citer que cet exemple, avait pris des mois. Les délais serrés imposés pour le Musée Picasso apportent de l'eau au moulin de tous ceux qui estiment que le débarquement de la présidente Baldassari était prévu de longue date. Et qu'il a avant tout servi à dégager la voie à celui ou celle qui piaffait en coulisses pour prendre sa place.







Une troublante chronologie



La chronologie des événements est troublante. Dès le début de l'année, Laurence Engel, alors directrice de cabinet d'Aurélie Filippetti (et épouse du conseiller Aquilino Morelle, à l'époque encore en poste à l'Elysée) assure à plusieurs interlocuteurs que les jours d'Anne Baldassari sont comptés.



Pourtant, à ce moment-là, le confit entre certains agents du musée et la présidente n'a pas encore éclaté au grand jour. Mais l'affaire est déjà bouclée, assure la collaboratrice de la ministre. Mieux, pour succéder à Anne Baldassari, un nom circule avec insistance : Laurence Engel, elle-même !




Quelques semaines plus tard, en mars 2014, un rapport sur le Musée Picasso, commandé à l'Inspection générale des Affaires culturelles (Igac), un corps directement placé sous l'autorité de la ministre, fuite opportunément dans la presse.

Il est assassin pour Anne Baldassari. Les inspecteurs dénoncent ses "absences répétées", son "management brutal", une "déstabilisation permanente" des équipes qui, disent-ils, ont provoqué une "cascade de démissions". Bref, des conclusions sans appel qui ne peuvent qu'inciter la ministre à réagir.






La mécanique est enclenchée



Les regards se tournent vers Laurence Engel qui pourrait, prédisent les initiés, faire coup double : non seulement occuper le poste d'Anne Baldassari, mais aussi fusionner "Picasso" avec le Centre Pompidou (dont le mandat de l'actuel président, Alain Seban, arrive à terme en 2015) !




Pendant ce temps, au sein même du Musée Picasso, les ennemis de la présidente Baldassari - et Dieu sait si elle n'en manque pas - s'activent. Ils se réunissent, écrivent des lettres pour se plaindre du "climat de travail extrêmement dégradé" à l'intérieur de l'établissement.
En janvier, ils en appellent directement à Aurélie Filippetti. La mécanique est enclenchée, l'étau se resserre.






La fusion "Picasso-Pompidou" en question




Si Aquilino Morelle n'avait pas fait cirer ses chaussures à l'Elysée, le projet de fusion "Picasso-Pompidou" - un vieux serpent de mer jamais mis en œuvre - aurait peut-être pu voir le jour.


Las, à la mi-avril, le conseiller de François Hollande, accusé d'avoir franchi les limites du confit d'intérêts en travaillant pour des laboratoires pharmaceutiques, est contraint à la démission. Dix jours plus tard, Laurence Engel abandonne elle aussi ses fonctions au ministère.
Ses chances d'être propulsée à la tête de "Picasso" et de "Pompidou" sont quasiment réduites à néant.




Aujourd'hui l'intéressée assure : "Je n'ai jamais été candidate. Je ne le suis pas davantage à ce jour." Il n'empêche. Rien n'a pu arrêter la machine infernale lancée contre Baldassari. Le mal est fait, ses heures sont comptées, il faut la remplacer. Il y a gros à parier que les postulants sont nombreux.




L'affaire Picasso dénote un sérieux appétit, dans l'entourage de la ministre, pour les postes prestigieux. Même quand ils n'ont pas les compétences scientifiques requises pour y prétendre, comme c'est le cas de Laurence Engel ou de l'une de ses proches amies, Romane Sarfati, conseillère chargée des arts plastiques auprès d'Aurélie Filippetti, qui vient d'être nommée directrice générale de la Cité de la Céramique - Sèvres & Limoges

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On a l'impression que tous ces conseillers ont la trouille de perdre leur poste, résume un ancien de la rue de Valois, alors ils jouent au jeu des chaises musicales. On peut vraiment se poser des questions."





Un autre rapport dit le contraire



L'enquête de l'Igac, à l'origine du départ d'Anne Baldassari, suscite elle aussi des interrogations. Pour scrupuleux et intègres qu'ils soient, ses auteurs ont omis de tenir compte d'un autre rapport de l'Igac publié à peine un an avant, en mars 2013, et dont les conclusions sont diamétralement opposées.



Ce rapport, que "le Nouvel Obs" a retrouvé, souligne "la part déterminante prise par la directrice dans la réalisation d'un projet complexe et financièrement lourd".
Le musée est, à l'époque, encore en pleins travaux et les inspecteurs se félicitent que ces derniers n'aient "pris aucun retard et permettent de croire à l'ouverture du musée rénové à la date prévue".



Ils relèvent toutefois que "l'implication d'une équipe réduite sur plusieurs fronts (expositions d'une part, travaux d'autre part, sans parler de la préfiguration de l'ouverture) génère des tensions fortes au sein de l'équipe".
Rien que de très classique, selon eux : "On retrouve là le confit fréquent entre volonté passionnée de faire et respect scrupuleux des procédures."





En conclusion, ils préconisent "une nouvelle équipe dirigeante, sous direction de l'actuelle directrice, [ ...] recomposée à haut niveau de compétences".
Certes, il peut se passer des choses en un an. Mais comment expliquer qu'en mars 2013 Anne Baldassari soit félicitée, confortée, voire absoute de toute faute (à lire le rapport, les "tensions" dans l'équipe étaient inévitables) et que, douze mois plus tard, elle devienne celle qui empêche la bonne marche du musée.






"Valls terrorisé par Filippetti"



"Je suis écoeuré", dit au "Nouvel Obs". Claude Picasso qui n'accepte toujours pas le limogeage de l'ex-présidente. Déjà, début mai, dans un entretien accordé au "Figaro", le fils du peintre avait tapé du poing sur la table : "La France se fout de mon père !"

Selon lui, le musée aurait pu réouvrir dès le mois de juin.
Le bâtiment a été livré à la date prévue. Son inauguration devait être l'occasion d'une fête inouïe. On l'a transformée en bérézina. Si le ministère est énervé par Mme Baldassari je le suis par Mme Filippetti !"



A la suite de ce coup de gueule, Claude Picasso avait été reçu par Manuel Valls en personne. Il avait suggéré au Premier ministre d'autoriser la réouverture du musée, au début de l'été, Anne Baldassari étant maintenue dans ses fonctions le temps de l'accrochage et de l'inauguration.



"Manuel Valls m'a affirmé qu'il me contacterait pour me donner des nouvelles, révèle aujourd'hui Claude Picasso. J'attends toujours son coup de fil.
Il m'a donné l'impression d'être terrorisé par Aurélie Filippetti. Il m'a dit par exemple : "Vous savez, c'est difficile de lui parler." Je sentais qu'il se dérobait, qu'il redoutait de l'affronter."
Un fils en colère




La colère du fils de Pablo Picasso (et de Françoise Gilot) n'est pas à prendre à la légère. Ce passionné de photographie (il a été assistant de Richard Avedon à New York), qui vit entre Genève, New York et Paris, a joué un rôle déterminant dans la naissance du musée dédié à son père, tant au moment de la première dation des héritiers Picasso à l'Etat en 1979 que lors de la donation de la collection particulière de l'artiste, comportant des toiles de Cardin, Courbet, Cézanne, Matisse, Braque.



Je ne suis pas au musée tous les jours, explique-t-il. Mais ce que je sais, c'est qu'Anne Baldassari a réussi à lever plus de 30 millions d'euros pour financer une part importante des travaux, et cela en organisant une vingtaine d'expositions à travers le monde.
Par les temps qui courent, ce n'est quand même pas rien ! Elle a su mener à bien le chantier de rénovation. Et le bâtiment est prêt. Alors qu'est-ce qu'on attend pour l'ouvrir ?"




L'artiste Daniel Buren, ami d'Anne Baldassari qu'il connaît depuis trente et un ans, ne fait pas, lui non plus, dans la langue de bois : "Ce qu'on a fait à Anne est absolument ignoble. On la harcèle depuis des mois. Elle est l'une des grandes spécialistes mondiales de l'œuvre de Picasso, elle a su exploiter les richesses des collections du musée qu'elle dirigeait, elle a mis en lumière, à travers de nombreuses expositions et des publications, des aspects inédits du peintre.

Maintenant on la vire comme une malpropre à quelques semaines - ou quelques mois, on ne sait plus - de l'inauguration du musée ! Alors qu'elle a fait tout le boulot ! Anne est quelqu'un de très clair et très tranché. C'est une bosseuse. Il faut savoir suivre son rythme. Je plains son successeur. Même s'il a une solide formation de conservateur, il lui sera impossible de réaliser un accrochage cohérent dans les temps impartis."





Aujourd'hui, c'est clan contre clan



D'autant qu'au sein des équipes du musée la situation s'est un peu plus dégradée. Aujourd'hui, c'est clan contre clan. Les anti-Baldassari (les 22 agents qui avaient adressé une lettre en janvier au ministère de la Culture pour réclamer la tête de la présidente) contre les pro-Baldassari qui viennent à leur tour d'écrire à Aurélie Filippetti pour déplorer sa gestion du confit :

Nous avons le sentiment d'avoir été pris en otage. Nous ne sommes en rien solidaires des actions menées au sein du musée par une partie, et une partie seulement, du personnel, et dont nous n'avons pas été informés."



Un de ces agents a accepté de nous parler, sous couvert d'anonymat : "Ce qui s'est passé ici n'est vraiment pas joli. La ministre a été nulle. Comment a-t-elle pu laisser dire qu'il existait un climat de "peur" dans notre établissement ? C'est incroyable ! Des gens ont été heurtés, insatisfaits, certainement. Mais il y a eu beaucoup de manipulations."




L'ambiance de règlements de comptes internes est tellement dégradée que le même agent en vient à évoquer ce directeur général, "connu pour venir au bureau avec sa raquette de tennis", mais qui a démissionné en juillet 2013, sous prétexte qu'il ne pouvait pas travailler avec Baldassari. "Il était injoignable pendant le tournoi de Roland- Garros, poursuit l'employé. Ce qui ne l'a pas empêché de laisser entendre par la suite que l'atmosphère était insupportable au musée, c'est gonflé !



L'enquête de l'Igac, qui se base entre autres sur des rapports de la médecine du travail, est aussi tordue. Quand je me suis présenté devant le médecin, il m'a demandé tout de suite : "Vous êtes stressé ? Qu'est-ce que vous pensez du retard de la transmission du PSC ?" J'étais sidéré. Je ne vais pas voir un médecin pour qu'il me demande ce que je pense du projet scientifique et culturel du musée !


" Tout aurait été fait pour affaiblir la présidente, même la mutinerie des agents protestataires aurait été organisée :
Notre actuel directeur général a organisé une réunion clandestine avec certains salariés, ce sont eux qui ont ensuite écrit à la ministre pour qu'elle vire Baldassari. C'est du jamais-vu dans un musée ou même dans une institution publique."
Sac de nœuds et silence radio




Quel sac de nœuds ! On connaissait les séries télé, voici la série musée. Nous avons tenté de contacter le directeur général de l'établissement, Erol Ok. "Il est en réunion", nous a-t-on répondu. Quelques minutes plus tard, coup de fil du chargé de communication d'Aurélie Filippetti :
Vous voulez parler à Erol Ok ? Il ne s'exprimera pas. Désormais, c'est nous qui assurons la communication du musée."



La surprise passée, nous proposons donc de recueillir le point de vue de la ministre. La demande a été enregistrée comme on dit. Depuis, silence sur la ligne.



Pourtant, le conseil d'administration du musée a été convoqué pour le 10 juin. Trois personnalités qualifiées siégeaient, jusqu'à il y a encore quelques mois, dans ce conseil d'administration : Jean-Paul Claverie, conseiller pour le mécénat auprès de Bernard Arnault, le patron de LVMH, la journaliste Anne Sinclair et la collectionneuse Maria Embiricos.



"C'est tout à fait par hasard, lors d'une conversation avec Laurence Engel, cet hiver, que j'ai appris que ces trois personnes ne seraient pas renouvelées", s'indigne Claude Picasso. Il a cru y voir une preuve supplémentaire des manigances du ministère. Finalement, la menace a été écartée : Jean-Paul Claverie siégera à nouveau dans cette assemblée.






Anne Sinclair a préféré claquer la porte




Anne Sinclair a également été sollicitée pour un deuxième mandat. Mais après un entretien avec Aurélie Filippetti (au cours duquel elle a plaidé le maintien de Baldassari) et à l'issue duquel elle n'a pas obtenu gain de cause, la journaliste a préféré claquer la porte.
Sa remplaçante, Anne-Marie Charbonneaux, ex-présidente du Centre national des Arts plastiques de 2007 à 2012, vient tout juste d'être nommée.


Reste la troisième personnalité qualifiée, Jérôme Bouët, inspecteur général des Affaires culturelles (Igac !) et actuel président par intérim du musée. "Cette nomination est aussi absurde que non conforme aux statuts du musée, s'indigne Claude Picasso. L'Etat a déjà deux représentants au conseil d'administration."



Le fils du peintre a déjà annoncé des représailles : il suspend la donation qu'il entendait faire à l'occasion de l'inauguration.
Il s'agissait d'un carnet de Picasso et de Max Jacob, ainsi que des photographies de Dora Maar (la compagne de l'artiste) prises au moment où le peintre travaillait sur l'un de ses chefs-d'oeuvre... "Guernica" ! "On verra plus tard", dit Claude Picasso.


A bon entendeur...





http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20140606.OBS9756/enquete-coups-tordus-au-musee-picasso.html


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