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 Amanda Galsworthy

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Bridget

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MessageSujet: Amanda Galsworthy   Ven 27 Déc - 19:53

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Elle a traduit Mitterrand, Chirac et Sarkozy !


Sarkozy battu, Hollande la congédie





© Elodie Grégoire/Le Point


De 1984 à 2012, Amanda Galsworthy fut la traductrice attitrée des locataires de l'Élysée.
Confidences, anecdotes et témoignages...





Le 23 octobre 1984, profitant de l'état grippal de Brigitte Sauzay, l'interprète de Danielle Mitterrand, Amanda débuta au service de la première dame, lors d'une visite au Royaume-Uni.

"Un lucky break", dit-elle. C'est Christopher Thiéry, l'interprète en chef de l'Élysée, qui pensa à elle pour cette première mission. "Il fallait être couvert en présence de la reine et Christopher Thiéry a considéré qu'étant anglaise j'avais sûrement un chapeau dans ma garde-robe", sourit Amanda.
Cette visite intervenait dans un fort climat de tensions entre les deux pays, après une obscure affaire d'explosifs retrouvés dans les jardins de la résidence de l'ambassadeur de France à Londres.

Les services secrets de la Couronne accusaient les services français d'être à l'origine de ce "canular". François Mitterrand était furieux. Peu avant le dîner de gala organisé à l'ambassade de France en l'honneur de la reine, le président français, accompagné d'un aréopage de conseillers, croisa Amanda au pied d'un escalier.


"Dites-moi, vous qui êtes anglaise, savez-vous d'où vient cette histoire [d'explosifs] ?" lui demanda-t-il. "Je ne sais pas", s'est-elle contentée de répondre." Je suis convaincue qu'il me testait. Il ne faisait jamais rien au hasard", affirme Amanda, qui confie, au passage, ne jamais avoir résolu ce mystère : Mitterrand savait-il ou non parler anglais ?



Après cette expérience britannique, elle multiplia les missions auprès du président à la rose, qui se vantait devant Margaret Thatcher d'avoir une traductrice d'origine anglaise. "Elle est des nôtres !" plaisantait-il, sans que l'on connaisse, sur le moment, la réaction du Premier ministre britannique.



Quand Amanda évoque le nom de Jacques Chirac, son regard s'éclaire. Chirac, c'est la grande classe. Le seul président qui a osé interrompre, pour elle, un déjeuner officiel. "Amanda needs to eat. Mangez, Amanda ! Allez, mangez !" insista-t-il, alors qu'il fallait à l'interprète une totale disponibilité buccale pour pouvoir assurer les échanges...

"Vous ne voulez pas manger ? Eh bien, on arrête le déjeuner", trancha Chirac, faisant signe à ses hôtes de faire une pause, sous le regard ébahi d'Amanda.

Dans d'autres circonstances, mais toujours attablé, l'ancien président alla jusqu'à lui beurrer des tartines et les lui passer discrètement.

Un jour qu'elle fêtait l'anniversaire de sa fille, laquelle avait invité plusieurs copines à la maison ainsi qu'une sorcière pour l'animation, son téléphone sonna. Chirac recevait le Premier ministre singapourien. Amanda fut donc priée de se rendre à l'Élysée le plus rapidement possible.
Après l'entretien, le président, qui avait relevé une certaine inquiétude dans l'oeil de son interprète, prit de ses nouvelles. "Ça va moyen", répondit-elle. Chirac se raidit. "Ça va moyen ?" s'inquiéta-t-il.
Amanda évoqua l'anniversaire de sa fille, les copines dans le salon et la sorcière au milieu. Très vite, Chirac se saisit d'un stylo et d'une carte sur laquelle il écrivit un mot à l'attention de la fille d'Amanda. "Maintenant, partez vite !" lui enjoignit-il.





Sarkozy battu, Hollande la congédie



La période Nicolas Sarkozy a, et de loin, été pour Amanda la plus intense. La conférence de Copenhague sur le climat, en 2009, a été un cauchemar.
Près de vingt-six heures de négociations, sans dormir, en ayant très peu mangé...
Elle se souvient également de sa première conférence de presse avec Sarkozy, qui s'était soldée par une polémique. Après un entretien avec Vladimir Poutine, le président français, qui s'était présenté, fébrile, devant les journalistes, avait été accusé d'être ivre. "Il était seulement essoufflé", rapporte Amanda, qui a dès lors mesuré le "décalage" entre la réalité et la perception médiatique.



Elle reprend ce terme, "décalage", lorsqu'elle parle de George W. Bush, un des présidents américains les plus haïs. Sans juger de sa politique, Amanda l'a toujours perçu comme un homme fin, intelligent, qui plus est galant, se démenant, par exemple, chaque fois pour lui trouver une chaise.



Avec Sarkozy, elle n'était pas seulement derrière lui, mais "avec lui", comme elle dit. La crise de 2008 les a rendus inséparables. À tel point qu'elle connaissait son Sarkozy sur le bout de la langue et pouvait terminer ses phrases. Ce fut le cas, un jour, dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche. Barack Obama en a souri, Nicolas Sarkozy aussi. "La prochaine fois, c'est elle qui fera l'entretien à ma place", a plaisanté le président français.


Le premier déplacement officiel de Sarkozy en Angleterre, en mars 2008, a été un grand moment pour cette enfant du pays. "J'étais épatée par le parcours de Carla durant cette visite", avoue Amanda, qui, dans les pas de Sarkozy, avait souvent un sentiment de "History in the making".



Et pour cause. Sarkozy le martelait : "Il faut moraliser le capitalisme." Une expression intraduisible en anglais. Aussi intraduisible, selon Amanda, que les conférences de presse de John Major, qui usait souvent du jargon du cricket pour appuyer ses démonstrations économiques.


À défaut, donc, d'une formule idoine, elle expliquait aux interlocuteurs du président le sens de la moralisation du capitalisme, jusqu'au jour où elle entendit à la radio David Cameron évoquer le "capitalism with a conscience". Elle tenait enfin sa formule !



En 2012, Sarkozy battu, le cabinet de François Hollande décide de mettre un terme à sa collaboration avec l'Élysée. Amanda n'a pas compris. Ou, plutôt, trop bien compris.


Parce qu'elle excellait dans l'exercice de son métier, au point de faire un avec le président sortant, d'épouser ses intonations, ses traits de joie ou de colère, elle a été considérée comme une sarkozyste.


"Si cela me manque ? Oui et non. Je me suis recentrée sur Alto-International [la boîte qu'elle a créée en 1997, qui regroupe un réseau d'interprètes et de traducteurs internationaux, NDLR]. C'est ma fierté, mon bébé. J'apprends à lire des bilans !" sourit celle qui fréquente désormais moult patrons du CAC 40.




http://www.lepoint.fr/politique/elle-a-traduit-mitterrand-chirac-et-sarkozy-27-12-2013-1774716_20.php







"Je me dois de n'être qu'une voix, la voix de l'autre"

Amanda Galsworthy



Entretien avec Amanda Galsworthy, interprète free lance pour l'Elysée et présidente d'Alto-International






« Tout le paradoxe de mon métier est d'être à la fois hyper-présente mais, en même temps, totalement transparente. explique Amanda Galsworthy,

« Je me dois de n'être qu'une voix, la voix de l'autre ». Interprète en langue anglaise, appréciée par les plus grands dirigeants (de Margaret Thatcher à Georges Bush, Gordon Brown ou Tony Blair), Amanda Galsworthy travaille en free lance pour la présidence de l'Elysée depuis 25 ans.


D'elle, le grand public n'aperçoit parfois que la chevelure blonde, au plus près de l'oreille du président.

Fait incroyable à ce poste, Amanda est non seulement l'interprète de Nicolas Sarkozy depuis 2007, mais elle l'était aussi pour Jacques Chirac.
Comme elle assistait auparavant en anglais François Mitterrand. C'est inédit dans la Vème République.




Née british, sa voix ne laisse transparaître aucun soupçon d'accent. « Mon père, diplomate, a toujours oeuvré pour l'entrée de la Grande Bretagne dans la Communauté Européenne.
Pour ses quatre enfants, il a voulu expérimenter in vivo la construction européenne. Chacun de nous a grandi en apprenant une langue différente. L'allemand, l'espagnol... et pour moi - je suis la petite dernière - le français.

Nous avons vécu notre enfance à l'étranger, au gré de ses postes, en Thaïlande, en Belgique, à Bonn, à Mexico. J'ai fait toute ma scolarité dans des établissements français.
Quand nous nous sommes installés à Paris, j'avais 9 ans, il adorait me tester.
Une nuit, il a brutalement ouvert la porte de ma chambre en hurlant « Fire, Fire » pour savoir dans quelle langue j'allais m'exprimer spontanément. J'ai répondu en français « Papa arrête, laisse moi tranquille... »


Son père est satisfait. Amanda est le fruit le plus accompli de son expérience. Pour lui, sa cadette se doit de devenir interprète. Mais à l'adolescence, la jeune fille préfère dans un premier temps l'anthropologie à Cambridge, puis les lettres modernes.

« Dans les grandes universités anglaises, on apprend à réfléchir, à analyser, à argumenter, c'est une formation extraordinaire. A 21 ans, quand j'ai rencontré sur le campus mon futur mari, un Français, normalien agrégé, j'ai choisi de rentrer à Paris et je me suis inscrite à l'Ecole Supérieure d'Interprètes et de traducteurs, l'ESIT, rattachée à Paris-Dauphine.

Dés que j'ai passé le concours, j'ai su que ce métier était fait pour moi. » Son père avait raison, Amanda a toutes les dispositions pour réussir dans cette voie.
Sur 300 élèves à concourir, ils ne sont que 50 en première année, et une dizaine à la sortie.
Ce métier ne tolère ni l'erreur ni l'à-peu-près ; la précision et la confidentialité figurent au code de déontologie.
Ecole de l'humilité, il faut savoir être concentrée à 400 % et s'astreindre à la plus grande transparence possible.



Le lendemain de son diplôme, la chance lui sourit. En septembre 1984, elle accompagne Danielle Mitterrand en qualité d'interprète lors du voyage officiel du couple présidentiel à Londres. Son professionnalisme fait merveille.

Au fil des années, des conférences pour les Nations Unies, les non alignés, la Communauté européenne, le quai d'Orsay, elle cumule les heures d'interprétation.

« Dans cette profession, nous ne sommes pas des machines à terminologie. Notre devoir est de comprendre. »

Affaire de ton, de culture générale aussi. Amanda doit rendre compte le plus fidèlement possible ce qui en français peut paraître naturel mais qui en anglais pourrait sembler ridicule.
Au cour des discussions stratégiques entre les dirigeants du monde, elle est tenue au secret défense. Les anecdotes, elle les garde pour elle-même. Seules quelques unes appartenant au passé peuvent être racontées.


Comme ce soir où appelée en urgence auprès de François Mitterrand, en ligne avec Georges Bush, elle s'est retrouvée dans le bureau du président à l'Elysée, ses écouteurs sur les oreilles, un son quasi inaudible, devant interpréter sans ciller, alors même que Baltique, le labrador du président, s'était enquis de lui lécher la joue les deux pattes sur ses épaules. « François Mitterrand me regardait, il n'a rien dit.


A la fin de l'entretien, il a juste demandé mon nom. « Galsworthy Monsieur Le Président. » Et il m'a remerciée. C'était un homme distant. Je n'ai jamais su si il comprenait ou non l'anglais.




Jacques Chirac, lui, est un homme qui aime les gens. Lors d'un déjeuner avec Gerhard Schröder, les interprètes étant assis derrière les chefs d'Etat - ce qui n'est pas pratique, on entend mal - Jacques Chirac a lancé en plein entretien. « Amanda needs to eat » et le président de me passer des tartines beurrées par dessus son épaule. »
Amusant mais dérangeant. Impossible de traduire la bouche pleine.


Avec Nicolas Sarkozy, la relation est différente. « Il me fait une confiance totale. Au Sommet de Copenhague, nous avons travaillé non stop pendant 24 heures. Lors d'une rencontre de chefs d'Etat, même si des conseillers ou des ministres assistent à l'entretien, on entend que les voix des présidents et celles des interprètes. »

Précision, confidentialité, rapidité... Pendant 20 ans, Amanda a transmis les clefs du métier aux étudiants de l'ESIT.



Alto-International un service à l'anglaise



De même, face à l'absence de réponse coordonnée efficace, adaptée aux entreprises en quête d'interprètes, Amanda a créé sa propre société, Alto-International, en 1997.
Son idée ? Organiser un réseau d'interprètes et de traducteurs, pour offrir un service à l'anglo-saxonne, flexible et efficace, 24/24 h et 365 jours par an.


Positionnée dans le haut de gamme, la société emploie six salariés. Ses références ? Les fleurons du CAC 40. Interprétation, traduction, édition de rapports annuels, coaching, Alto-International a une base line « Say what you mean »

Forte d'un réseau de milliers de traducteurs dans le monde, dans toutes les langues, du coréen au kirghiz, Alto-International réalise l'essentiel des traductions simultanées de France 24 breaking news. Elections de mi-mandat, répression syrienne, crise grecque, attentat terroriste, catastrophe environnementale...

A tour de rôle, 24/24 h, chacune des collaboratrices d'Alto-International se relaie pour trouver en moins d'une heure un traducteur capable de couvrir immédiatement les événements.
Une communication boursière possède un timing précis, aucun retard ne peut être toléré, il faut aller vite. Alto-International travaille avec des collaborateurs en Nouvelle Zélande pour traduire dans la nuit si il le faut.
L'an dernier, l'entreprise a réalisé une croissance de 10 % de son activité. En pleine crise, c'est une belle performance ; la signature de nouveaux contrats a permis de compenser les réductions budgétaires engagées par les directions des achats. Les tarifs des prestations haut de gamme d'Alto-International International sont à la hauteur des services proposés. Chaque client a son interlocutrice privilégiée.



« En tant que société de service, il nous faut négocier avec tact, avoir le sens de la diplomatie, sourire en permanence ; nous devons sans cesse allier douceur et fermeté. Les valeurs féminines sont très importantes. Alto-International vit par et pour son équipe.
Mes collaboratrices travaillent à mes côtés depuis plusieurs années. Annabella Escande, a débuté, en tant que stagiaire, aujourd'hui elle dirige Alto-International avec moi. Je suis consciente de ma responsabilité vis à vis de mes six collaboratrices et de leur famille. Je prends mes décisions stratégiques en fonction. Je n'ai jamais licencié ! »




A quelques mois des élections présidentielles, en pleine tourmente européenne, c'est l'heure des rapports annuels, Alto-International oeuvre à plein régime.


Amanda vit en parallèle au rythme des interprétations pour Nicolas Sarkozy. Et demain, en mai, que se passera-t-il ?
« On verra » dit Amanda. Stoïque, elle est convaincue, quelque soit sa réputation et l'expérience acquise, qu'à chacune de ses interprétations, elle se doit d'être à son maximum. Elle n'a pas le droit à l'erreur.




http://www.latribune.fr/carrieres/parcours-de-femme/20120210trib000682668/je-me-dois-de-n-etre-qu-une-voix-la-voix-de-l-autre.html
















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