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 LE GUIDE DE L'AUTOMEDICATION

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liliane
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MessageSujet: LE GUIDE DE L'AUTOMEDICATION   Sam 30 Nov - 17:52

Le guide de l'automédication

Pour choisir les médicaments les plus efficaces et les mieux tolérés, la redaction du « Figaro Magazine » a demandé l'avis des experts de la revue « Prescrire » et du Pr Jean-Paul Giroud, de l'Académie de médecine. Voici leurs recommandations.

Nos experts :

le Pr Jean-Paul Giroud : Pharmacologue réputé, membre de l'Académie nationale de médecine, il est également membre de la commission d'Autorisation de mise sur le marché (AMM) et membre de la commission nationale de pharmacovigilance et de l'automédication au sein de l'Agence du médicament. Cet ancien expert de l'OMS sur les médicaments a été l'un des premiers à former les médecins à l'automédication. Il n'a aucun lien d'intérêt avec l'industrie pharmaceutique, ses travaux n'ont jamais été financés par un laboratoire ni par aucun organisme privé ou public. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur les médicaments, dont Médicaments sans ordonnance. Les bons et les mauvais!, aux Editions de La Martinière.

La revue «Prescrire» est une publication médicale mensuelle créée en 1981 par un petit groupe de médecins et de pharmaciens en quête d'informations fiables sur les médicaments et sur les stratégies thérapeutiques. Réputée pour son indépendance et son intransigeance vis-à-vis des lobbys pharmaceutiques, elle est uniquement financée par ses abonnés, sans subventions ni publicité. Tous ses rédacteurs sont des professionnels de santé (médecins exerçant en libéral ou à l'hôpital, pharmaciens, infirmiers) qui doivent garantir être sans lien avec l'industrie pharmaceutique et signent les articles du seul nom «Prescrire». La revue, devenue une référence, présente chaque mois une évaluation critique des nouveaux médicaments et publie tous les ans trois palmarès (médicaments, conditionnement, information) ainsi qu'une liste noire des médicaments (www.prescrire.org).

TRAITER LA TOUX

L'avis de Prescrire: la toux est souvent due à une infection virale respiratoire qui guérit spontanément en quelques jours ou semaines. Elle peut être un signal d'alerte d'affections parfois graves des voies respiratoires. Un avis médical est recommandé si elle s'accompagne de difficultés à respirer ou si elle persiste de manière inexpliquée. Il faut savoir qu'elle peut se soulager avec des boissons (eau sucrée) et des confiseries (type bonbons au miel) tout aussi efficaces mais présentant moins de dangers que des médicaments antitussifs, peu ou pas efficients, et qui exposent à des effets indésirables.

A choisir: les principes actifs tels que la codéine (Paderyl ou autre), le dextrométhorphane (Tuxium ou autre).

A écarter : les médicaments contenant plusieurs substances, car ils multiplient les risques d'effets indésirables, et notamment ceux qui contiennent un vasoconstricteur (Rhinadvil rhume ibuprofène/pseudoéphédrine, par exemple). Ces substances peuvent exposer à des effets indésirables graves comme l'hypertension artérielle ou l'accident vasculaire cérébral. Mucomyst, Muciclar, promus fluidifiants de l'expectoration, peuvent provoquer des nausées et des vomissements, voire des troubles respiratoires graves chez le nourrisson. La pentoxyvérine (Toclase toux sèche ou autre) est associée à un risque de trouble du rythme cardiaque.

L'avis du Pr Giroud : sur les 190 spécialités mises sur le marché, seules 15 sont à recommander. S'agissant de la toux grasse, les fluidifiants bronchiques et expectorants à base de carbocistéine, acetylcystéine, ambroxol… n'ont jamais démontré une efficacité dans l'élimination des sécrétions, alors qu'ils peuvent avoir des effets indésirables plus ou moins graves (maux d'estomac, nausées, allergies…). Les antitussifs à base de dextrométhorphane sont les seuls médicaments à recommander contre les toux sèches. Certaines toux ne doivent en aucun cas être traitées par des antitussifs et notamment celles provoquées par de l'asthme, un essoufflement lié à un problème cardiaque, un reflux gastro-œsophagien, une sinusite ou une otite, et certains médicaments contre l'hypertension… Bon à savoir: une inhalation à base de feuilles d'eucalyptus, de thym ou de serpolet est bénéfique, quel que soit le type de toux.

A choisir : pour les toux sèches : Tussidane, Tuxium, Activox, Capsyl, Pulmodexane, Vicks toux sèche…

A écarter : Broncalène Adulte, Euphon sirop, Dinacode avec codéine, Néo-Codion, Nortussine Adulte, Perdudoron.

LES MAUX DE TÊTE

L'avis de Prescrire : les maux de tête dus au manque de sommeil, au stress, à la fatigue, à la consommation d'alcool… sont sans gravité. Ils se soignent en automédication mais gare aux maux de tête inhabituels, beaucoup plus intenses.

A choisir : le paracétamol (Doliprane) avec une posologie limitée à 4 000 mg/jour chez l'adulte et 60 mg/kg et par jour chez l'enfant. Au-delà de cette dose, il n'est pas plus efficace mais il peut être toxique pour le foie. Les surdoses de paracétamol sont fréquentes car cette substance est intégrée dans 230 médicaments sans que les usagers en soient conscients. Les doses se cumulent lorsque l'on prend plusieurs traitements. L'ibuprofène, anti-inflammatoire non stéroïdien (Advil) de 200 à 400 mg toutes les 6 à 8 heures, 5 à 10 mg/kg et/jour chez les enfants, est efficace mais il peut provoquer des douleurs digestives et des nausées.

A écarter : la codéine, qui n'est disponible qu'associée au paracétamol et parfois aussi à la caféine, ce qui n'augmente pourtant pas l'effet antalgique (Compralgyl, Migralgine, Prontalgine…). Elle présente des risques de dépendance et de nausées. A éviter aussi, les vasodilatateurs (Sildénafil et autre) car ils provoquent... des maux de tête.

L'avis du Pr Giroud: même choix que la revue Prescrire, en donnant l'avantage au paracétamol (Doliprane). La prise de médicament de manière régulière peut entraîner des céphalées chroniques. Un traitement doit se limiter à 5 jours.

LA FIÈVRE AIGUË CHEZ L'ADULTE

L'avis de Prescrire: elle est sans danger lorsqu'elle est inférieure à 41 °C et manifestement due à une infection bénigne, mais mieux vaut prendre un avis médical en cas de fièvre chez les femmes enceintes, les patients fragiles, dénutris, ou de retour d'un voyage dans un pays tropical.

A choisir : le paracétamol (Doliprane).

A écarter : l'aspirine, qui expose à des effets indésirables.

L'avis du Pr Giroud: le paracétamol est une substance bien tolérée, sauf chez des personnes atteintes d'une insuffisance hépatique, et il peut aussi convenir à une femme enceinte. Préférez l'ibuprofène (Antarene Gé, par exemple) à l'aspirine, qui est contre-indiquée en cas de risques hémorragiques, d'ulcères du tube digestif, d'une maladie grave du foie, des reins ou du cœur, ou en cas de prise d'anticoagulants ou d'antiagrégants plaquettaires… Au-delà de trois jours, si la fièvre persiste, il faut consulter un médecin.

LE RHUME

L'avis de Prescrire : on ne connaît pas de médicaments assurant la guérison du rhume.

A choisir : le sérum physiologique peut apporter une petite aide pour humidifier ou dégager les voies nasales, à condition d'éviter les sprays sous pression chez les nourrissons.

A écarter : les vasoconstricteurs, y compris par voie nasale, qui exposent à des effets indésirables graves (Rhinadvil, Actifed, Dolirhume…). Evitez aussi les médicaments contenant un antihistaminique H1 (Fervex, Drill rhume), l'efficacité n'est pas démontrée mais les effets secondaires sont importants (somnolence, constipation, crise de glaucome…). Les antibactériens administrés par voie nasale (Mupirocine, Thiophène carboxylate) n'ont pas d'efficacité démontrée, de même que les antiseptiques par voie nasale (Benzododécinium….). Chez les enfants, la pulvérisation ou l'application nasale de mélanges contenant du menthol ou du camphre expose à des accidents graves tels que des convulsions.

L'avis du Pr Giroud : mêmes réserves que la revue Prescrire s'agissant des vasoconstricteurs (surtout chez les enfants de moins de 15 ans), des antihistaminiques H1, des antibactériens et des antiseptiques par voie nasale.
A choisir : un sérum physiologique isotonique en première intention, puis éventuellement un sérum physiologique hypertonique, de préférence en unidose, tels Physiologica ou Physiologica hypertonique. Ils peuvent être utilisés par tous pour décongestionner les fosses nasales.

A écarter : Actifed jour et nuit, Actifed rhume, Dolirhume paracétamol, Fervex, Gomenol, Humex rhume, Locabiotal, Nazinette du Dr Gilbert, Pérubore inhalation, Thinedril, Rhinofébral, Rhinureflex, Rhumagrip, Nurofen rhume. Eviter les produits sous pression, surtout chez les jeunes enfants.

LE MAL DE GORGE

L'avis de Prescrire : il peut être lié à une irritation de la gorge, au tabac, à un reflux gastro-œsophagien, mais aussi à une irritation provoquée par des médicaments (traitement anticancéreux, immunodépresseurs…). La plupart des maux de gorge guérissent spontanément en quelques jours. Un avis médical est conseillé lorsqu'ils sont intenses et gênent les mouvements de la tête, du cou ou la parole.

A choisir : le paracétamol (Doliprane) sans dépasser les doses indiquées.

A écarter : les pastilles à sucer contenant des anti-inflammatoires non stéroïdiens (Strefen), les anesthésiques locaux lidocaïne ou tétracaïne (Solutricine, Vocadys), à sucer ou à pulvériser.

L'avis du Pr Giroud : 72 spécialités sont répertoriées en la matière, mais les produits du confiseur, voire des grandes surfaces, type Ricola menthol ou au miel citron, sont aussi efficaces et meilleur marché que les Humex, Solutricine maux de gorge et autres Valda et Vicks... La plupart de ces produits contiennent des antiseptiques inutiles, car les maux de gorge ne sont provoqués ni par une bactérie ni par un virus. Si la douleur est trop forte, elle peut se calmer à l'aide du paracétamol (Doliprane) ou de l'ibuprofène (Advil).

L'ACNÉ

L'avis de Prescrire : pour traiter l'acné des adolescents, une hygiène douce (nettoyage avec un savon sans savon) est souvent suffisante.

A choisir : l'application de peroxyde de benzoyle à 5 % (Papclair ou autre) réduit l'acné légère à modérée, sans effets indésirables importants.

A écarter : les antiseptiques moussants et l'acide glycolique, les topiques gras et occlusifs qui peuvent entraîner des comédons. Les rétinoïdes (Locacid, Roaccutane, Differine) sont à proscrire chez la femme enceinte car ils exposent l'enfant à naître à des malformations congénitales.

L'avis du Pr Giroud : deux produits à base de peroxyde de benzoyle, le Brevoxyl 4 % crème, le Curaspot 5 % gel méritent d'être retenus. Les autres sont à éviter, et en particulier ceux qui contiennent du soufre, telle la pommade Dermo-sulfuryl, qui peut aggraver l'acné.

L'HERPÈS LABIAL

L'avis de Prescrire : les antiviraux en application locale sont peu efficaces.

A choisir : la substance aciclovir (Activir Aciclovir, Herpevir, Remex…) raccourcit la durée des lésions cutanées d'environ 2 jours si le traitement débute dès l'apparition des premiers symptômes. Le penciclovir (Denavir) n'a pas d'effet supérieur.

A écarter : l'ibacitabine (Cuterpes), le docosanol (Erazaban) n'ont pas d'efficacité démontrée.

L'avis du Pr Giroud : mêmes recommandations que celle de la revue Prescrire. Les traitements homéopathiques tel l'Abbé Chaupitre n° 59 sont nuls et non avenus. Le Cuterpes 1 % est un médicament dépassé. Tous les traitements sont à éviter chez les enfants de moins de 6 ans.

SOIGNER UNE PLAIE SUPERFICIELLE

L'avis de Prescrire : une plaie cutanée superficielle se soigne d'abord par un lavage à l'eau et au savon, puis on rince abondement et l'on couvre la plaie avec un pansement à surveiller et à changer dès qu'il est souillé. On vérifie aussi la vaccination antitétanique.

A choisir : la chlorhexidine (Dosiseptine) en solution aqueuse à 0,05 % ou l'hypochlorite de sodium (Dakin Cooper ou autre).

A écarter : les antiseptiques ne sont pas très utiles et peuvent retarder la cicatrisation et faire l'objet d'une contamination microbienne. Renoncez à l'alcool à 90° et à 70°, qui sont irritants et douloureux. Le mercurochrome et autres colorants rouges n'ont pas d'efficacité démontrée et peuvent entraîner des dermites de contact et gêner la surveillance de la plaie.

L'avis du Pr Giroud : un grand nombre d'antiseptiques sont déconseillés en automédication car leur efficacité est faible et ils peuvent provoquer des complications. Choisir de préférence un antiseptique à base de chlorhexidine aqueuse (Cetavlex aqueux ou Chlorhexidine aqueuse Gilbert). Les antiseptiques à base d'iode, dont la povidone iodée (Bétadine dermique) ont un bon rapport efficacité/tolérance en application locale, mais doivent être évités chez la femme enceinte ou allaitante.

BRÛLURES CUTANÉES SUPERFICIELLES

L'avis de Prescrire : le bon geste est de refroidir la zone brûlée avec de l'eau froide pendant une vingtaine de minutes. Aucun type de pansement n'a montré une supériorité sur les autres.

A choisir : une couche de vaseline blanche stérile recouverte de compresses, à changer fréquemment, sans antibiotique ni antiseptique.

A écarter : l'application régulière sur une brûlure de sulfadiazine argentique, antibactérien (Flammazine) ou d'un antiseptique tel que la chlorhexidine ou la povidone iodée (Bétadine) qui semblent ralentir la cicatrisation et expose aux effets indésirables.

L'avis du Pr Giroud : appliquer une crème calmante type Dexeryl, qui est peu allergisante. Elle contient trois substances: du glycérol, de la vaseline et de la paraffine liquide. La Biafine peut être utilisée avec cette réserve toutefois, les fabricants ont «nettoyé» une formule trop chargée, regroupant une dizaine de substances, pour les transformer en excipients. C'est un coup de jeune artificiel.

A écarter : Baume des Pyrénées, Brulex, Cicatryl, Lelong pommade, Oxyplastine.

LES BRÛLURES D'ESTOMAC

L'avis de Prescrire : les brûlures d'estomac sont souvent causées par des remontées acides de l'estomac vers l'œsophage. Elles peuvent être déclenchées par l'alimentation, le stress, ou par certains médicaments comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens et l'aspirine. Si les symptômes se prolongent, il est préférable de consulter un médecin.

A choisir : les médicaments antiacides, qui associent les sels d'aluminium et de magnésium, à prendre entre les repas et au coucher. Mais mieux vaut ne pas en prendre en cas de traitement en cours, car ils interfèrent avec de nombreux médicaments, ou respecter un intervalle de deux heures entre la prise d'antiacides et la prise d'autres médicaments. La ranitidine, un antihistaminique H2 (Azantac) est efficace et ses effets indésirables sont rares. L'oméprazole (Mopralpro) est le traitement de référence des reflux gastro-œsophagiens les plus gênants.

A écarter : la cimétidine, antihistaminique H2, pour les risques d'interactions médicamenteuses. Le métoclopramide (Primperan) ou la dompéridone (Motilium, Péridys), qui font partie de la classe des neuroleptiques, et exposent à des effets indésirables. La dompéridone peut augmenter le risque de mort subite chez le nourrisson

L'avis du Pr Giroud : parmi les pansements antiacides qui associent les sels d'aluminium et de magnésium, on peut citer le Maalox maux d'estomac, à prendre une heure après le repas. Mais il est contre-indiqué pour les enfants de moins de 15 ans. On peut aussi recommander les produits à base d'alginate comme le Gaviscon. Si les troubles persistent, il faut consulter.

A écarter : les inhibiteurs de la sécrétion acide de l'estomac à base de famotidine (Pepcidac), qui agissent plus lentement et ont des effets indésirables plus importants.

Identifier le médicament

Nous avons indiqué toutes les marques des médicaments en italique afin de les reconnaître plus facilement. Le nom commercial se distingue de l'appellation internationale des médicaments, qui est celui des substances contenues dans le médicament et qui servent de «dénomination commune internationale» (DCI), afin de les nommer de la même manière partout dans le monde.

Le cas particulier des femmes enceintes

Des enquêtes ont montré que les femmes enceintes recouraient à l'automédication en ignorant les effets indésirables possibles sur leur enfant à naître. Plus que jamais, dans cette situation, la prudence s'impose. «On manque de données sur les effets des médicaments sur le fœtus, et en particulier sur les effets à long terme, souligne Bruno Toussaint. C'est un domaine orphelin de la recherche.» Attention les remèdes les plus courants sont loin d'être sans risques. Ainsi, si le paracétamol ne présente pas un grand danger à condition de respecter les doses, l'ibuprofène est déconseillé. Il peut perturber le système rénal de l'enfant, voire augmenter le risque de fausse couche. Par précaution, le Pr Jean-Paul Giroud conseille aux femmes enceintes ou à celles qui allaitent de s'abstenir de se soigner sans avis médical.

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/11/29/21583-guide-lautomedication
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