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 GEORGES BRAQUE

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Bridget

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MessageSujet: GEORGES BRAQUE    Mar 10 Sep - 12:36

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GEORGES  BRAQUE  1882 - 1963










Il reste le peintre des oiseaux qui volent sur le plafond du Salon étrusque au Louvre et, bien sûr, l'initiateur du cubisme et l'inventeur des papiers collés.

Mais sa gloire est atténuée par celle de Picasso, son «compagnon de cordée» de l'avant-garde. C'est tout le souffle d'un artiste synonyme d'esprit français, héritier de Cézanne, Corot et Chardin, qu'entend faire renaître le Grand Palais.






L’oiseau noir et l’oiseau blanc,1960, Huile sur toile © Adagp, Paris



Georges Braque (1882-1963) est l’un des artistes majeurs du XXème siècle.


Peintre, graveur et sculpteur, il fut d’abord en tant qu’initiateur du cubisme et inventeur des papiers collés, une des figures de l’avant-garde du début du siècle avant de recentrer définitivement son oeuvre sur l’exploration méthodique et sérielle de la nature morte et du paysage qui font de lui le peintre français par excellence, héritier de Corot et de Chardin et dépositaire de la tradition classique mais aussi le précurseur de l’abstraction d’après-guerre.



Le Grand Palais accueille une rétrospective ambitieuse de son œuvre. Toutes les périodes de sa création y sont présentées, depuis le Fauvisme jusqu’à l’oeuvre ultime qui culmine dans les séries éblouissantes des grands ateliers et des oiseaux.


Le parcours chronologique insiste sur les temps forts de son travail, comme le cubisme, les Canéphores des années vingt ou les derniers paysages qu’aimait Nicolas de Staël.
Grâce à l’appui des collections du Musée national d’art moderne, Il rassemble les oeuvres clés de l’artiste ainsi que les séries de variations thématiques - paysages, guéridons, canéphores et ateliers – qui amplifient et résument ses recherches.


D’autres perspectives sont développées dans l’exposition : sa collaboration avec Pablo Picasso durant le cubisme ; l’étroite connivence de son art avec la musique, et sa proximité avec Erik Satie ; enfin sa complicité avec les poètes comme Pierre Reverdy, Francis Ponge et René Char et les figures intellectuelles déterminantes de son temps comme Carl Einstein ou Jean Paulhan.

Une section de l’exposition est quant à elle consacrée à l’oeuvre de Georges Braque vue par les photographes Man Ray, Doisneau ou Cartier-Bresson.





Balustre et crane 1938.






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Bridget

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MessageSujet: Re: GEORGES BRAQUE    Mar 10 Sep - 13:45

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À Varengeville, l'amour Braque







Braque dans l'atelier de sa maison de Varengeville @Robert Doisneau /Gamma-rapho




Disparu il y a cinquante ans, le peintre cubiste fera l'objet à la mi-septembre, au Grand Palais, d'une grande et spectaculaire rétrospective ­- la première depuis 1973.
Dans le petit village normand où il a vécu et travaillé jusqu'à sa son dernier souffle, personne ne l'a oublié.





La Bentley. Tout le monde à Varengeville-sur-Mer se souvient de la Bentley de Georges Braque. Grise et noire. Il raffolait du gris, Braque, et des voitures.
Un temps, il eut même des Alfa Romeo rouges qu'il repeignait dans cette couleur. A Varengeville, située à 12 kilomètres à l'ouest de Dieppe, en Seine-Maritime, la Bentley était conduite par un chauffeur en livrée qui l'amenait en réparation au garage Blondin, à l'entrée du village.


Le garage est toujours là, ainsi que la maison du «patron», comme l'appelait Jean Paulhan, à l'autre extrémité, au bord d'un chemin qui porte aujourd'hui le nom de Braque, connu autrefois sous la désignation de chemin communal numéro 22.

Braque a façonné Varengeville comme Varengeville a modelé sa palette. Ils ont fini par se confondre, sous le même ciel, au bord des hautes falaises blanches et de la mer qui se dérobe au-delà des champs et des valleuses. Il y fit construire sa maison en 1929 et, jusqu'à sa mort en 1963, y passa la moitié de l'année.
Trente-quatre années de travail, de marche, de fêtes en famille ou avec les amis: Miró, de Staël, Prévert, Char, Renoir (le cinéaste) et même Picasso.






Georges Braque à Varengeville , 1953 -by Robert Doisneau





A Varengeville, il y avait la Bentley, mais aussi la Simca Grand Sport cabriolet. «Braque, se souvient Guy Blondin, le fils du garagiste qui entretenait les voitures du maître, il ne faisait de mal à personne. Il faisait son petit machin de son côté.»
«Le petit machin», c'est-à-dire son œuvre de géant de la peinture moderne. Braque ne détestait pas les pointes de vitesse.



La Bentley et la Simca Grand Sport s'arrêtent devant un portail bleu recouvert de mousse verte. La demeure de Braque ne se voit pas. Elle tourne le dos au regard, est enfouie sous la frondaison des arbres à travers laquelle passe un pinceau de soleil.
La végétation dense recouvre la maison rectiligne de briques et de ciment, au toit de tuiles. Les herbes folles poussent dans le jardin. La propriété est inhabitée depuis la mort du peintre et de son épouse, Marcelle.



Conçue selon une idée de Georges Braque - il la voulait simple, épurée -, d'après les plans de l'architecte d'origine américaine Paul Nelson, autre habitant de Varengeville.

Sur une photographie de Mariette Lachaud, la gouvernante de la famille Braque, mais surtout une remarquable photographe, on voit Braque assis, entouré de Paul Nelson et des ouvriers du chantier. Braque n'a jamais oublié que son père était à l'origine peintre en bâtiment.




Les falaises que Monet avait peintes naguère



A côté de la demeure principale se trouve l'atelier avec sa verrière. Il y a encore quelques années, les enfants de Varengeville ou les admirateurs pouvaient y pénétrer et ramasser quelques pigments. Restent les troncs d'arbres émondés sur lesquels il aimait poser les blocs de craie qu'il travaillait, sculptait.



Né à Argenteuil en 1882, Braque a passé toute son enfance au Havre avant de venir à Paris, de faire escale dans le Sud fauviste, d'être blessé à la tête à la guerre de 14 avec le grade de sous-lieutenant (cette proximité avec la mort si déterminante) et de s'implanter dans le pays de Caux, royaume de la craie, de la glaise, fouetté par une mer verte, grise, laiteuse selon les saisons.



Il suffisait à Braque de sortir de chez lui, de traverser la route départementale, d'emprunter une sente herbeuse pour rejoindre la route de l'église, avant de descendre le sentier qui longe le presbytère, de passer devant la cabane du douanier peinte par Monet pour atteindre la gorge des Moutiers et la mer.






Georges Braque a Varengeville, Normandie, 1953 @Robert Doisneau





C'est un homme du grand air, un promeneur, un cycliste. Plus jeune, il arpentait à vélo les environs du Havre. Marcher, pédaler, se concentrer.


Tous les témoins ont été fascinés par l'intensité de son regard comme s'il s'abîmait dans le paysage. «Braque était enraciné dans la terre», écrit son remarquable biographe, Alex Danchev, auteur de Georges Braque, le défi silencieux.«Je travaille avec la matière et non pas avec des idées»,justifiait-il.

Ou comment être cubiste et paysan. La nature qu'il avale, digère dans le sillage de la baleine Moby Dick, une de ses grandes lectures. Du Normand, il a le goût du silence, de la spiritualité et la méfiance de l'engagement politique, des idéologies flamboyantes.







Vase devant une fenêtre  1939
The Metropolitan Museum of Art, New York, USA









Etre à l'unisson de la nature bien plus que la copier






La terre de Varengeville, cette campagne à la mer, est cisaillée par quatre gorges qui s'ouvrent sur la Manche: Les Moutiers, Vasterival, Le Petit Ailly et Mordal.
A l'entrée de l'une d'elles, un panneau d'interdiction de stationnement «sauf pêcheurs, artistes peintres, cinéastes professionnels».


Avant la Seconde Guerre mondiale, les pêcheurs laissaient leur doris sur les galets, ces fameuses barques qui serviront de modèle à Braque.
«Braque peint ses barques hors de toute présence humaine, le plus souvent échouées sur des galets, au pied des falaises crayeuses, devant des mers sombres et des ciels d'orage», écrit l'historien d'art Edouard Dor.






Barques sur la grève 1960.






On dirait en effet des morceaux de bois brûlé, des spectres. Braque sort son carnet, fait quelques croquis - il ne peint pas sur le motif. Il a une fascination pour le minéral.
Aller au-delà des apparences, atteindre l'arête, la part sombre et dérobée de chacun, de chaque chose. Il a toujours aimé l'art étrusque.

Et sur le mur d'enceinte de l'église Saint-Valéry qui domine la gorge des Moutiers, sa phrase qui sert presque de mot d'ordre pour le cinquantième anniversaire de sa mort:
«J'ai le souci de me mettre à l'unisson de la nature, bien plus que de la copier.»


Braque ne se limite pas à Varengeville, il va dans les villages alentour, à Saint-Aubin-sur-Mer (la plage de Saussemare), à Veules-les-Roses.
«Il récupérait de grands galets, se remémore le galeriste Quentin Laurens, son héritier et filleul de sa femme Marcelle. On allait déjeuner au restaurant mais on allait également pique-niquer.»



La mer mais aussi les champs. Sur les photographies de Mariette Lachaud - où l'on découvre un Braque intime, inédit -, exposées cet été à la mairie de Varengeville avant de rejoindre le Grand Palais, on le voit assis sur une charrue, l'air joyeux.


«Il aimait les agriculteurs,affirme Yves Sagaert qui se souvient de Braque venant à la ferme de son père Norbert chercher du lait.De sa maison, il avait une vue magnifique sur la plaine.» Cette grande plaine du pays de Caux, royaume des oiseaux, des corbeaux, autre motif de Braque.






De grands oiseaux volaient dans l'atelier de Braque














Son lait, il allait le chercher aussi chez Paul Lavenu, son voisin, garde champêtre redouté, dont le képi et la haute taille lui donnaient une ressemblance avec le général de Gaulle. Sa femme s'appelait d'ailleurs Yvonne.

Paul Lavenu entretenait le jardin de Braque:«Le samedi, Mme Braque emmenait tante Yvonne au marché de Dieppe dans la Bentley», se souvient Véronique Fredou, nièce des Lavenu, qui montre un fauteuil en osier au liseré rouge ayant appartenu aux Braque, offert à son oncle et sa tante. «J'ai des cartes postales de Mme Braque qu'elle envoyait avant leur arrivée à Varengeville. Elle utilisait le mot “maître” pour parler de son mari. Et s'assurait que le jardin était bien entretenu. “Le maître demande si Paul a bien planté les graines.”»



Quand on interroge les Varengevillais sur le peintre, ils répondent en chœur: «Un homme discret.»


«Il était assez secret, le père Braque, se rappelle Michel Viandier dont le grand-père, Louis, a construit la maison du peintre, voire un peu distant.»
«On voyait surtout Mme Braque dans Varengeville, affirme Danièle Martin, infirmière retraitée. Elle était très généreuse avec les enfants de la commune.»



Braque n'était en rien un personnage austère ou hautain.«Dans la maison de Varengeville ça rigolait beaucoup, se souvient Quentin Laurens. L'existence y était belle et simple. Le matin, Braque allumait un feu dans la grande cheminée. Je me souviens de belles flambées et de soirées au coin du feu et de la lumière orangée du salon, reflétée par un abat-jour de couleur safran.
J'avais le droit aussi d'aller dans son atelier et de le regarder travailler. Il avait des oiseaux qu'il lâchait pour mieux les peindre. Il découpait et assemblait ses toiles lui-même car ses formats ne se trouvaient pas dans le commerce.
C'est vrai, il aimait le silence! Mais le dimanche, par exemple, le curé, le père Lecoq qui avait de l'embonpoint, venait déjeuner. Et les fins de repas tournaient aux plaisanteries de caserne.»



Marcelle Braque allait chaque dimanche à la messe. Elle y avait sa chaise.«Georges Braque a beaucoup fait pour la paroisse, assure le maire Patrick Boulier qui tient à ce que sa commune lui rende hommage grâce à des expositions, concerts et conférences.Il a non seulement créé des vitraux pour l'église Saint-Valéry et la chapelle Saint-Dominique, mais aussi participé à leur entretien.»



Braque, ce n'est pas seulement un souvenir mais une sorte de saint terriblement vivant. «Je me suis souvent recueilli devant son vitrail, L'Arbre de Jessé,pour lui demander de l'aide», reconnaît le peintre Jean Renut dont la cote internationale a flambé en quelques années et qui a créé lui aussi un vitrail pour l'église, représentant le Christ sur sa croix.
Je pense à Braque dix fois par jour. Quand j'avais une vingtaine d'années, je me suis même endormi une nuit devant sa tombe. Braque c'est toujours le patron!»



Braque, enterré au cimetière marin dans le même caveau que son épouse et Mariette Lachaud. Braque, dont la tombe est veillée par un grand oiseau blanc sur une mosaïque bleue. Braque, fouetté par les très grands vents.
Braque, le regard tourné selon les mots de Prévert«vers la mer étoilée, la mer entoilée»



A lire: «Georges Braque, le défi silencieux», d'Alex Danchev (Hazan) et «Sur les barques de Braque», d'Edouard Dor (Editions Michel de Maule)..







Varengeville-sur-Mer : l'hommage à Georges Braque par France3Haute-Normandie




http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2013/09/06/03015-20130906ARTFIG00449--varengeville-l-amour-braque.php






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MessageSujet: Re: GEORGES BRAQUE    Mer 11 Sep - 19:34





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L'injure faite à Georges Braque




Il est avec Picasso, l'inventeur du cubisme, mais c'est à l'artiste espagnol que la postérité a attribué la paternité du mouvement. Récit de l'une des grandes injustices de l'histoire de l'art.















En présentant Braque à Picasso fin 1907, Apollinaire ne se doutait pas du dialogue créatif qui allait naître entre les deux peintres.
Au moment de leur rencontre, Picasso et Braque occupaient des places très différentes dans le paysage artistique parisien.


Picasso était déjà considéré comme une personnalité forte et indépendante. Des collectionneurs avaient acquis des toiles de ses périodes bleue et rose et l'intérêt qu'Ambroise Vollard, le marchand le plus clairvoyant du temps, portait à son œuvre, ne faisait qu'ajouter à son prestige.


La carrière de Braque avait été moins précoce, et plus lente. Jusqu'à ses magnifiques toiles fauves exposées au Salon des indépendants de 1907 (La Baie de La Ciotat), il n'avait rien fait de particulièrement remarquable.






Georges Braque La Baie de la Ciotat  1906




C'est en 1908 que Picasso et Braque commencèrent à se voir quotidiennement, à visiter ensemble musées et expositions, à avoir de longues discussions et à se montrer leurs œuvres. Ils furent surpris de constater que leurs recherches allaient dans la même direction (Braque, Maisons à l'Estaque ; Picasso, La-Rue-des-Bois).






Georges Braque Maisons à l'Estaque







Picasso  La Rue des Bois





Mais de quelles recherches s'agissait-il ?

On comprend l'ahurissement des contemporains devant ces toiles «cubistes» où Braque et Picasso semblent voir le monde à travers un miroir brisé. Les cubes eux-mêmes tendent à disparaître pour faire place à des angles aigus, à des plans stridents et brefs, à des triangles imbriqués les uns dans les autres (Braque, Joueur de mandoline).










Les objets n'ont plus de contour et paraissent s'être cassés. La vision cubiste n'est plus celle de l'apparence, mais celle de l'esprit et de l'intelligence.
Entre les deux artistes, les variations sont infimes: primauté de la figure humaine chez Picasso, qui cristallise la zone des visages ; obsession de la nature morte chez Braque, désireux de maintenir un contact avec la réalité.


Ces grands duos permettent d'entrer dans le jeu d'échanges au jour le jour, de déceler la spécificité des démarches au sein de recherches communes, d'approcher deux tempéraments de natures contraires, qui sont allés prendre chacun chez l'autre ce dont il avait besoin pour avancer: Picasso, une aptitude à sérier les problèmes picturaux et de la rigueur ; Braque, de l'énergie et de l'imagination.


A la déclaration de guerre, Braque dut rejoindre son régiment à Paris. Picasso l'accompagna à la gare d'Avignon. C'est là que prit fin leur dialogue de plusieurs années.


Tout de suite, la plupart des écrivains et des critiques firent de Picasso le fondateur du cubisme. Pire: quand Braque était mentionné, on le citait comme simple disciple. Il aurait pourtant suffi de mettre en parallèle des toiles des deux artistes pour reconnaître leur parfaite connivence, mais les raisons de la primauté de Picasso aux yeux du public étaient évidentes: sa personnalité était plus flamboyante que celle de Braque.





Tous voyaient en lui le chef de file de la peinture d'avant-garde. Ce n'est qu'après la guerre que l'on commença à comprendre le véritable rôle de Braque dans l'invention du cubisme.
Daniel Henry Kahnweiler, qui fut leur marchand à tous deux, écrivit en 1920: «Dans l'élaboration du nouveau style, leurs apports à l'un et à l'autre furent étroitement entremêlés. Leur quête mentale mutuelle et parallèle a scellé l'union de deux tempéraments tout à fait différents




Désormais séparés, les deux artistes continuèrent à s'informer l'un de l'autre, mais quelle différence entre Picasso, statufié de son vivant, qui transforme en or tout ce qu'il touche et Braque dont la vie, sans hardiesse, n'éclaire nullement sa peinture!




Alors que Picasso a droit tous les ans à un cortège d'expositions des deux côtés de l'Atlantique, où la seule mention de son nom assure une cohorte de visiteurs, la rétrospective que le Grand Palais consacre à Braque cet automne est la première depuis près de quarante ans.



Par bonheur, tout y est, ou presque, tout ce qu'on pouvait espérer, les chefs-d'œuvre et les œuvres clés. On y retrouvera la prédilection de Braque pour les intérieurs et les natures mortes, la lente et profonde réflexion qui n'a cessé de soutenir ses inventions plastiques et la sobre gravité de sa palette qui font de lui l'héritier des grands maîtres du classicisme français, de Nicolas Poussin à Paul Cézanne.



Véronique Prat


http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2013/09/06/03015-20130906ARTFIG00449--varengeville-l-amour-braque.php















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MessageSujet: Re: GEORGES BRAQUE    Mar 17 Sep - 19:53




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Braque : La Période Fauve






Anvers ,1906   Art Institute of Chicago, USA





Né en 1904, disparu quatre ans plus tard sans constituer à proprement parler une école ni élaborer une doctrine, le fauvisme rassemble des artistes préoccupés par la création d'un nouveau langage pictural, essentiellement fondé sur la couleur.

C'est le critique d’art Louis Vauxcelles qui donne son nom au fauvisme. A l'occasion du Salon d'automne de 1905, où une sculpture classicisante d'un certain Marque est présentée dans une salle réunissant des œuvres aux couleurs très vives, signées Camoin , Flandrin , Matisse , Marquet , Rouault , il écrit dans le journal Gil Blas : « La candeur de ce buste surprend au milieu de l'orgie de tons purs : Donatello parmi les fauves. » La violence de ces toiles passe alors pour exprimer une sauvagerie inhumaine.








L'Estaque 1906  Centre Pompidou, Paris, France




Ces Fauves cependant, loin d'être des peintres de pur instinct, ont pour la plupart suivi une formation académique.

Henri Matisse et Albert Marquet se sont rencontrés à l'École des beaux-arts, qu'ont aussi fréquentée Charles Camoin et Henri Manguin[/url], tandis que Jean Puy se perfectionne à l'académie Julian.

L'atelier de Gustave Moreau , où ils se retrouvent, passe alors pour être un véritable foyer de révolte où « tous les insurgés contre la routine, tous ceux qui entendent se développer selon le sens de leur individualité se sont groupés ». Raoul Dufy , Othon Friesz , Georges Braque , tous trois originaires du Havre, fréquentent, quant à eux, l'atelier de Bonnat .








Paysage à l'Estaque (III) 1906  Art Institute of Chicago, USA





Ces peintres, auxquels se joignent bientôt Maurice de Vlaminck , Kees Van Dongen , formeront le noyau actif du fauvisme. Au-delà de préoccupations artistiques communes, ces jeunes créateurs partagent un certain nombre d'idées sur la société.


Volontiers anarchistes, antimilitaristes, anticléricaux, ils s'attaquent aux valeurs bourgeoises et posent dans l'enthousiasme les bases d'une nouvelle esthétique. En raison des fortes personnalités qui le composent, le fauvisme ne peut se définir en une seule formule, chaque artiste lui ayant imprimé un caractère particulier.







Port de La Ciotat (I) 1906  Centre Pompidou, Paris, France






La palette de Braque dans sa période fauve se compose de tons froids, bleus, verts, violets, rehaussés de quelques touches de couleurs vives.
En 1906, le port d'Anvers lui inspire des vues très animées, où se juxtaposent des surfaces colorées simplifiées à l'extrême; les lourds nuages flamands sont traités dans une gamme de couleurs non réalistes : jaune, rose, vert, bleu, violet.

Friesz, compagnon de Braque à Anvers, exécute des paysages dans des tons proches, bien que plus assourdis, qui témoignent des échanges incessants entre les deux artistes.







Viaduc de l'Estaque  1907   Minneapolis Institute of Arts, USA






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MessageSujet: Re: GEORGES BRAQUE    Dim 29 Sep - 18:21

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La période cubiste








Bateau de pêche 1909  The Museum of Fine Arts, Houston, USA





Lors de l’exposition de ses toiles à la galerie Kahnweiler, le critique Louis Vauxcelles compare sa peinture à un amoncellement de petits cubes.
Le mot est dit, de 1909 à 1912, Braque et Picasso élaborent les théories du cubisme. L'artiste ne va plus chercher à copier la nature, mais à la décomposer en masses pour la recomposer. Il représentera le modèle selon plusieurs points de vue, mais en une seule image fixe (comme si le peintre tournait autour du modèle pour en peindre l’intégralité).







Compotier et cartes  1913 Centre Pompidou, Paris, France




Ainsi aura lieu une multiplication des facettes. Les formes seront alors géométrisées et simplifiées ainsi que les couleurs qui seront majoritairement des camaïeux de gris et de bruns. Il s’agit d’une peinture toujours figurative, mais complexe.








Femme assise au chevalet  1936  The Metropolitan Museum of Art, New York, USA





Parallèlement, Georges Braque poursuit sa peinture de paysages influencée par Cézanne, paysages qu'il finit par abandonner pour les natures mortes pour lesquelles il est très connu (Guitare et Compotier en 1909). Il a aussi peint quelques figures comme Torse de femme en 1911.






En 1911, il s’aperçoit que sa peinture s’éloigne trop du modèle. Sa peinture tend vers l’abstraction et cela lui déplaît.
Pour renouer avec le réel, il innove avec l’introduction directe dans sa peinture d'objets du réel.









Le Portugais 1912




Dans Le Portugais, l'une des figures majeures de cette période, les plans s'échelonnent au sein d'un espace dont la cohérence est assurée par l'âpre rigueur de la composition aux touches mouchetées dans une lumière blonde qui est aussi celle des toiles de Piccasso,
Tous deux, obéissant au même désir de réalité, reproduisent des lettres d'imprimerie au pochoir; elles équilibrent l'échelonnement de l'espace.




Pablo Picasso loue la villa des Clochettes le 25 juin 1912 à Sorgues. Georges Braque le rejoint en louant la villa Bel-Air début août.
Picasso fit emporter les pierres où il avait peint un tableau ovale.

Braque y découvrit la technique des papiers collés que Picasso adopta en novembre. Se souvenant de sa formation d'artiste décorateur il fit des imitations de matière notamment dans Femme à la guitare en 1913. Georges Braque introduit également dans sa peinture des collages, que ce soit de papiers peints, de journaux, d’affiches.







Statue d'épouvante 1913




Cette technique est appelée « papiers collés ». Il est maintenant plutôt question d’aplats de papier dans un plan frontal que d’amoncellement de volumes, c'est la phase synthétique du Cubisme.

Il réalise également une série de trois toiles, Les Oiseaux, suite à une commande du Louvre. Elles sont visibles sur le plafond de la salle Henri-II.




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