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 LA FRANCE ORANGE MECANIQUE

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liliane
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MessageSujet: LA FRANCE ORANGE MECANIQUE   Sam 7 Sep - 7:23

Marseille : le récit minute par minute de la prise d'otages à l'hôpital Nord

Par Sophie Manelli


Dans la nuit du 12 au 13 août, à l'hôpital Nord, quatre soignantes ont été retenues près de 20 minutes sous la menace d'une arme à feu.
PHOTO PATRICK NOSETTO

"Ni prise d'otage, ni séquestration" à Marseille, a martelé hier le ministre de l'Intérieur Manuel Valls. Jean-Michel Budet, directeur général adjoint de l'AP-HM, a émis des réserves après nos révélations [1]. Il parle d'"un malade blessé par balles, détenteur d'une arme à feu, qui menaçait le personnel, verbalement, ce qui est assez habituel dans ce milieu."

Lui non plus "n'appelle pas ça une prise d'otages". Pour Jean-Claude Gaudin, "il semble que les faits aient été volontairement exagérés pour créer un nouveau coup médiatique". En ce qui nous concerne, nous n'entrerons pas dans les querelles sémantiques et nous maintenons notre version. Voici les faits, tels qu'ils se sont déroulés, minute par minute, racontés par un témoin direct. À sa demande, et pour respecter sa sécurité, nous préservons son anonymat.

Lundi 12 au soir, au service de chirurgie thoracique, deux infirmières et deux aides-soignantes prennent leur poste pour veiller sur 30 malades, des patients lourds pour la plupart. La chambre voisine de la salle des soins est occupée par un jeune homme blessé par balles, transféré la veille du service de réanimation. Le personnel, venu lui faire des soins, a trouvé son comportement étrange. Il est excité, méfiant. Tout au long la journée, il a reçu de nombreuses visites.

Dans la soirée, les infirmières sont informées qu'une greffe de poumons va être réalisée dans la nuit. Un greffon a été trouvé . La receveuse est prévenue. Elle doit arriver incessamment dans le service par ses propres moyens.

À minuit 30, le patient blessé par balles sort de sa chambre où deux visiteurs se sont attardés. Il est excité et transpirant. Il surgit dans la salle des soins et dégaine une arme, un revolver noir à la crosse marron. Il la pointe sur les quatre soignantes, à moins d'un mètre de distance. Il leur ordonne de fermer les portes de service."Le premier qui entre ou qui sort, je le bute. Et si vous donnez l'alerte, je reviens et je vous finis" lance-t-il aux quatre femmes tétanisées.

Les soignantes tentent de lui expliquer qu'il est impossible de verrouiller des portes battantes, et qu'elles n'ont pas de clés pour fermer les portes des chambres des malades.

Le téléphone portable du patient sonne à plusieurs reprises. Le ou les interlocuteurs mettent en garde le jeune homme : des hommes le cherchent dans l'hôpital. De fait, plus tôt dans la soirée, une infirmière de réanimation avait contacté le service de chirurgie thoracique pour signaler que des individus "très agressifs" demandaient à voir ce patient.

Les infirmières tentent d'expliquer au patient qu'une jeune femme en attente de greffe va bientôt se présenter dans le service. Elles ont peur qu'à son arrivée, il fasse usage de son arme. Mais le forcené pense qu'il s'agit d'une ruse pour alerter la sécurité et se montre encore plus menaçant. Les soignantes redoutent de voir surgir dans le service leurs collègues, sorties en début de soirée pour préparer le dossier de la transplantation à venir.

Au bout d'une vingtaine de minutes, l'alerte parvient enfin à être donnée à l'agent de sécurité de l'hôpital. Le vigile prévient un équipage de la Bac.

Entre-temps, le patient, toujours armé, marche jusqu'au bout du couloir, vers les portes battantes d'entrée du service où il se tient un instant. À son retour, il n'a plus d'arme.

Les policiers arrivent à l'hôpital. Dans les escaliers, ils croisent les deux visiteurs du patient qui s'en vont. Parvenus dans le service, les fonctionnaires fouillent l'individu, toujours dans le couloir, puis sa chambre, sans découvrir d'arme. Ils expliquent au personnel qu'ils n'ont pas le droit de perquisitionner les chambres des autres malades.

Le personnel est interrogé sur les faits, dans le couloir, en l'absence de toute confidentialité. Aucune des soignantes n'accepte de déposer plainte.

La patiente attendue pour la greffe se présente. En voyant qu'il y a "foule" dans les couloirs (policiers, agents de sécurité...), elle s'écrie , ravie, "Tout ce monde rien que pour moi !"

Les interrogatoires terminés, l'équipage de la Bac se retire. Le patient déambule toujours dans le couloir du service . Le personnel, qui ignore où est passée son arme, s'inquiète. Les cadres de soins arrivent, décident qu'il faut expulser l'individu . Mais celui-ci refuse de sortir du service. Il a peur d'être attendu dehors.

Le patient finit par quitter l'unité pour se réfugier aux urgences, où il réclame des calmants.

Informé des faits, le directeur de l'hôpital signe une décharge de sortie du patient hors avis médical, au motif qu'il a contrevenu au règlement de l'établissement. L'homme est raccompagné jusqu'à la grille de l'établissement. Il est 3 heures du matin.

Les soignantes extrêmement choquées poursuivent leur nuit de travail, comme si de rien ne s'était passé. En guise de cellule de soutien psychologique, elles procèdent à la préparation, toujours délicate, de la transplantation pulmonaire. Depuis les faits, ces quatre soignantes, traumatisées, sont en accident du travail reconnu.


http://www.laprovence.com/article/edition-marseille/2518133/cetait-bien-une-prise-dotages-a-lhopital-nord.html


Dernière édition par liliane le Mar 10 Sep - 8:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LA FRANCE ORANGE MECANIQUE   Mar 10 Sep - 8:32


Marseille : le silence complice des élites et de la presse


Voilà trois semaines, au lendemain des faits, j’adressais à la presse locale un récit des événements tels qu’ils s’étaient déroulés dans l’hôpital Nord de Marseille, événements qui avaient conduit à l’agression d’un infirmier. J’avais recueilli ces informations auprès d’un témoin direct mais terrorisé et ne voulant pas, de ce fait, témoigner à la police. Ce témoignage avait été ignoré par les journaux, sans doute parce que Valls était présent et qu’il ne fallait pas gâcher la fête ni infirmer ses propos lénifiants. Le ministre de l’Intérieur déclarait en effet ce jour-là : « 17 crimes seulement à Marseille depuis le début de l’année !»

Voici ce que j’écrivais.

Un infirmier vient encore d’être victime, hier, à Marseille, de la « Valls hésitation » du tandem police-justice du gouvernement Hollande en matière de sécurité.

Cette attaque s’ajoute à une longue série :

– tentative de règlement de comptes par arme à feu vendredi 9 août vers
2 h 30 du matin par un individu d’une trentaine d’années, « connu des services de police », venu d’un « quartier sensible ».

– lundi 12 août, un individu lui aussi « connu des services de police » a été admis à l’hôpital Nord après avoir reçu 6 balles de gros calibre. Les équipes l’ont sauvé, Mais peu après, un véritable gang investit les lieux, avertissant le rescapé des velléités de la bande adverse de terminer le travail, c’est-à-dire de le liquider.

L’homme alors menace le personnel hospitalier afin de faire boucler les accès. Face au refus pour cause d’impossibilité technique, le commando réitère la menace en exigeant a minima la fermeture de la chambre. Cette fois, la police, appelée, a pu maîtriser le « patient » et lui passer les menottes.

La presse a été tenue à l’écart, ou n’a pas souhaité relayer l’information.

Mais le même drame, ou à peu près, s’est répété le 19 août. Un premier « patient » ayant été soigné, d’autres sont arrivés dans la nuit et sont repartis furieux (de quoi ?) non sans avoir, cette fois, poignardé un infirmier, heureusement seulement légèrement blessé.

Si l’on veut la tolérance zéro, seule efficace en l’espèce, il faut cesser d’occulter la violence quotidienne qui soumet nos soignants, gardiens, professeurs, postiers, policiers, pompiers à la peur et au danger. Il faut prendre des mesures judiciaires immédiates contre les coupables au lieu de vider les prisons.

Écrit à l’Estaque le 20 août, où l’on ne parle que du conducteur trouvé la veille à 22 heures, criblé de balles… Au moins un règlement de comptes qui aura épargné le personnel de l’hôpital Nord.

On se console de peu dans la France Orange Mécanique.


Catherine Rouvier

http://www.bvoltaire.fr/catherinerouvier/marseille-le-silence-complice-des-elites-et-de-la-presse,34937
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